[0001] La présente invention est relative à un procédé de commande de la quantité de carburant
injecté dans un moteur à combustion interne à injection directe. Plus particulièrement,
l'invention est relative à un tel procédé mis en oeuvre à l'aide d'un injecteur alimenté
par du carburant sous pression, l'ouverture dudit injecteur étant déclenchée électromagnétiquement
par alimentation d'un bobinage électrique formant partie de l'injecteur avec un pic
de courant de durée prédéterminée.
[0002] Les injecteurs de carburant à commande électromagnétique sont bien connus, de même
que le procédé de commande d'un tel injecteur évoqué ci-dessus (voir par exemple le
brevet des USA 5 381 297). On sait qu'un tel injecteur comprend une aiguille mobile
sous l'action d'un champ électromagnétique développé par un bobinage électrique alimenté
par un courant convenable, entre une position où une extrémité de cette aiguille obture
une ouverture percée dans un siège définissant un passage pour un carburant à injecter
dans un cylindre de moteur à combustion interne, et une position où l'aiguille dégage
cette ouverture pour permettre une telle injection. Au repos l'aiguille est chargée
contre son siège par un ressort de tarage et par la pression du carburant admis dans
l'injecteur. Pour surmonter cette charge, et permettre l'ouverture de l'injecteur,
il est nécessaire d'alimenter transitoirement le bobinage avec un courant de forte
intensité, de l'ordre d'une dizaine d'Ampères par exemple, le pic de courant ainsi
appliqué étant suivi par l'application d'un courant plus faible assurant le maintien
de l'ouverture de l'injecteur pendant un temps modulé en fonction de la quantité de
carburant à injecter.
[0003] Lorsqu'on utilise un tel injecteur pour alimenter en essence un cylindre d'un moteur
à combustion interne à injection directe, on souhaite actuellement disposer d'une
possibilité de réglage de cette quantité de carburant dans une large gamme. En effet,
quand un tel moteur fonctionne à faible charge avec un mélange air/carburant pauvre
en carburant et stratifié, la quantité d'essence à injecter doit être très faible.
Par contre, à régime élevé et pleine charge, il faut injecter dans le moteur une quantité
importante d'essence, dans un temps très court, inférieur à 5ms à 6000t/mn. Le rapport
des débits de carburant extrêmes, ou "dynamique" de l'injecteur, doit alors être très
élevé, avantageusement de l'ordre de 20.
[0004] Pour se rapprocher de cette valeur on a proposé d'accroître la pression de l'essence
délivrée à l'injecteur lorsque celui-ci doit débiter une grande quantité d'essence.
C'est ainsi, par exemple, que l'on alimente l'injecteur avec de l'essence à la pression
de 50 bars pour les faibles quantités d'essence à injecter, et de 110 bars pour les
fortes quantités. On a pu ainsi obtenir une dynamique de 15, environ, considérée comme
encore insuffisante.
[0005] Le meilleur état de la technique est représenté par le brevet EP 0 893 594, qui divulgue
le préambule de la revendication 1.
[0006] La présente invention a donc pour but de fournir un procédé de commande de la quantité
de carburant injecté dans un moteur à combustion interne à injection directe, par
un injecteur à dynamique élevée, typiquement de l'ordre de 20.
[0007] On atteint ce but de l'invention, ainsi que d'autres qui apparaîtront à la lecture
de la description qui va suivre, avec un procédé de commande de la quantité de carburant
injectée dans un moteur à combustion interne à injection directe par un injecteur
alimenté par du carburant sous pression, l'ouverture dudit injecteur étant déclenchée
électromagnétiquement par alimentation d'un bobinage électrique formant partie de
l'injecteur avec un pic de courant prédéterminé, ce procédé étant remarquable en ce
que ladite durée dudit pic de courant est fonction croissante de ladite pression du
carburant.
[0008] Comme on le verra plus loin en détails, ce procédé permet d'élargir la gamme des
valeurs de quantités de carburant injectées, aussi bien du côté des très faibles quantités
que du côté des quantités les plus fortes.
[0009] Suivant une autre caractéristique du procédé selon l'invention, la durée dudit pic
de courant est aussi fonction croissante de la durée d'un temps d'ouverture prédéterminé
dudit injecteur.
[0010] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description qui va suivre et à l'examen du dessin annexé dans lequel
:
- la figure 1 est un graphe montrant l'évolution temporelle 1) du courant dans le bobinage
d'un injecteur commandé selon la présente invention pour régler le temps d'ouverture
de l'injecteur, et 2) d'un signal logique de commande de l'injecteur, et
- la figure 2 représente des graphes montrant l'évolution de la quantité de carburant
débitée par l'injecteur en fonction de la durée de son temps d'ouverture, dans différentes
conditions de fonctionnement de cet injecteur, ces graphes permettant d'illustrer
et d'expliquer les performances du procédé de commande suivant l'invention.
[0011] On se réfère à la figure 1 du dessin annexé où l'on a représenté le graphe de l'évolution
de l'intensité I du courant électrique établi par le procédé suivant l'invention dans
le bobinage d'un injecteur de carburant à commande électromagnétique, pour ouvrir
cet injecteur et le fermer après que celui-ci ait délivré, à un cylindre de moteur
à combustion interne à injection directe, une quantité Q prédéterminée d'essence.
Classiquement cette quantité est déterminée par un calculateur de gestion du moteur
à partir de paramètres de fonctionnement de ce moteur tels que la pression d'air à
l'admission du moteur, le régime de ce moteur, etc... et de paramètres représentatifs
des demandes en couple moteur formulées par le conducteur, dans un véhicule automobile
propulsé par le moteur, ces demandes pouvant être déterminées par le taux d'enfoncement
d'une pédale d'accélérateur, par exemple.
[0012] Le profil temporel de courant I représenté à la figure 1 est commandé et calculé
par un circuit de commande d'injecteur lui-même alimenté par des signaux convenables
émis par un microprocesseur formant partie du calculateur. Pour ce faire le microprocesseur
émet un signal logique S
L (voir fig. 1) définissant la durée totale (t
2-t
0) d'excitation du bobinage avec le courant I de commande d'ouverture de l'injecteur
pendant un temps T
i prédéterminé, calculé par le calculateur en fonction de la quantité de carburant
à injecter dans un cylindre du moteur.
[0013] La conformation générale du profil du courant I est classique. C'est ainsi que, préférablement,
au basculement (à t
0) du signal S
L signalant au circuit de commande d'injecteur une demande d'ouverture de l'injecteur
formulée par le calculateur, le circuit de commande envoie dans le bobinage de l'injecteur
un courant de "précharge" permettant de stocker de l'énergie dans ce bobinage, pour
faciliter l'ouverture effective ultérieure de l'injecteur, à un instant t
1 prédéterminé, comme on le verra plus loin. Pour ce faire, le courant dans le bobinage
pendant l'intervalle (t
1-t
0) est stabilisé à une valeur sensiblement constante, juste suffisante pour ne pas
déclencher l'ouverture de l'injecteur.
[0014] Le courant de précharge est établi dans ce bobinage en appliquant entre les bornes
de celui-ci une tension hachée qui donne au courant le profil en dents de scie représenté
à la figure 1. Une telle alimentation, décrite dans le brevet des USA 5 381 297 précité,
est avantageuse en ce qu'elle tire parti du courant d'auto-induction qui se développe
dans le bobinage de l'injecteur, pour limiter la puissance électrique consommée lors
du pic de courant ultérieur.
[0015] A l'instant t
1, par l'application au bobinage d'une impulsion de tension de durée convenable, le
circuit de commande d'injecteur conforme le courant admis dans la bobine selon le
pic de courant, de durée T
1, représenté à la figure 1. La montée du courant dans le bobinage est avantageusement
rapide, grâce à la précharge du bobinage, et culmine par exemple à une valeur de 11
Ampères environ et à une tension d'environ 70 V. Cette rapidité provoque une ouverture
effective immédiate, à l'instant t
1, de l'injecteur, par arrachement de l'aiguille de l'injecteur, du siège sur laquelle
elle est chargée par un ressort et par la pression du carburant. La force d'arrachement
est appliquée électromagnétiquement à cette aiguille à l'aide d'un flux magnétique
développé dans le bobinage (sur l'axe duquel l'aiguille est placée), par la brusque
montée du courant dans ce bobinage à l'instant t
1. Le temps d'ouverture T
i, calculé préalablement par le calculateur, est alors décompté par le circuit de commande
à compter de l'instant t
1, jusqu'à l'instant t
2 tel que t
2=t
1+T
i, instant auquel l'injecteur doit se refermer pour que la quantité de carburant injectée
pendant l'intervalle de temps (t
2-t
1) soit conforme à celle établie par le calculateur.
[0016] Pour assurer une fermeture brusque et précise de l'injecteur à l'instant t
2, il convient que le courant passant alors dans le bobinage soit aussi faible que
possible. C'est pourquoi, après le pic de courant de durée T
1, le courant est ramené, par une étape de décroissance rapide de durée T
2 à une valeur plus basse, de quelques Ampères, suffisante néanmoins pour maintenir
l'injecteur ouvert pendant un temps prédéterminé. Le courant I
m, sensiblement constant, "de maintien" est établi lui aussi par application au bobinage
de l'injecteur d'une tension hachée. Le temps T
2 est fonction de T
1 et de la tension de la source d'énergie électrique qui alimente l'injecteur, soit
la tension de la batterie dans le cas d'un moteur monté dans un véhicule automobile.
[0017] La durée T
1 du courant de pic est, de manière connue, fonction du temps d'ouverture T
i de l'injecteur, prédéterminé par le calculateur, ou "temps d'injection". Suivant
une caractéristique de la présente invention, cette durée T
1 est, aussi, fonction croissante de la pression du carburant alimentant l'injecteur.
[0018] On se réfère aux graphes de la figure 2 du dessin annexé pour expliquer et justifier
cette caractéristique du procédé selon la présente invention.
[0019] On a représenté en A le graphe (en trait plein) de l'évolution de la quantité de
carburant Q (mesurée en milligrammes par exemple) débitée par l'injecteur, en fonction
de la durée T
i du temps d'ouverture de cet injecteur, dans le cas classique où la pression P
carb du carburant est fixe, de l'ordre de 50 bars et où la durée T
1 du pic de courant d'ouverture de l'injecteur est fixe aussi, de l'ordre de 400 µs,
alors que le courant de maintien I
m est de 3,5A.
[0020] Ce graphe présente une partie linéaire dans laquelle on peut régler la quantité Q1
de carburant avec une dynamique Q1
max/Q1
min de l'ordre de 10, au maximum, comme on l'a vu plus haut.
[0021] Comme on l'a vu plus haut, aussi, en relevant la pression du carburant, par exemple
à 110 bars (graphe B) on peut relever la quantité de carburant maximale injectée aux
fortes charges, à haut régime (T
i est alors de l'ordre de 5ms). La dynamique atteinte est alors de l'ordre de 15.
[0022] Suivant la présente invention, on propose de faire varier la pression de carburant
et la durée T
1 du pic de courant en fonction de la charge du moteur.
[0023] Aux faibles charges on utilise alors une pression de carburant modérée, de l'ordre
de 50 bars par exemple et un pic de courant de durée raccourcie, 200 µs par exemple,
avec un courant de maintien de 3,5 A par exemple. Ces conditions correspondent au
graphe C (en trait interrompu) de la figure 2. Le tarage du ressort qui charge l'aiguille
de l'injecteur est réalisé de manière à régler au plus bas la valeur Q2
min de la plus petite quantité de carburant injectable, de manière à accroître la dynamique
du réglage de la quantité de carburant, cette valeur Q2
min étant nettement inférieure à la valeur correspondante Q1
min obtenue quand le tarage du ressort est réalisé avec T
1=400 µs.
[0024] On peut encore abaisser la quantité minimum de carburant délivrée jusqu'à une valeur
Q3
min < Q2
min, repérée sur le graphe E de la figure 2, établi dans les mêmes conditions de pression
de carburant (50 bars) et de durée du pic de courant (200 µs) que le graphe C. On
atteint ce résultat en abaissant le courant de maintien comme illustré à la figure
1, par exemple de 3,5 A (graphe en trait plein) à 2,5 A (graphe en trait interrompu).
La décroissance du courant, à partir de l'instant t
2, se faisant avec la même pente dans les deux cas, le graphe en trait interrompu passe
par le seuil S de fermeture de l'injecteur plus tôt que le graphe en trait plein.
Il en résulte un raccourcissement (de Δt) de la durée effective d'ouverture de l'injecteur
et donc une réduction de la quantité de carburant injecté, et notamment de la quantité
minimum Q3min de carburant injecté.
[0025] En fixant ainsi la valeur du courant de maintien lorsque la pression de carburant
est relativement basse (50 bars) à une valeur plus faible que lorsque cette pression
est relativement haute (200 bars), soit en faisant croître la valeur du courant avec
la pression de carburant, on accroît encore la dynamique de réglage de la quantité
de carburant débitée, conformément au but poursuivi par la présente invention.
[0026] Aux fortes charges (ou T
i∼5ms) on délivre à l'injecteur du carburant à forte pression, par exemple 120 bars,
et on relève la durée du pic de courant à T
1 = 400 µs, le courant de maintien étant réglé à 3,5 A. La caractéristique Q = f(T
i) alors obtenue correspond au graphe D de la figure 2. Sur ce graphe il apparaît que
la quantité maximale de carburant Q2
max délivrable par injecteur en est fortement relevée, par rapport à celles données par
les graphes des figures A, B et C. Cette quantité maximale de carburant Q2
max pourrait être encore plus fortement relevée en poussant la durée du pic de courant
à T
1 = 600 µs par exemple.
[0027] On remarquera que l'abaissement du tarage du ressort mentionné ci-dessus permet de
relever encore la pression de carburant délivrable à l'injecteur (de 110 à 120 bars
par exemple), voir graphes B et D) et autorisant cependant l'ouverture de celui-ci,
ce qui est favorable à l'accroissement de la dynamique du réglage de la quantité de
carburant à injecter.
[0028] Ainsi, en combinant les caractéristiques d'injection définies par les graphes C ou
E aux basses charges du moteur, avec celles définies par le graphe D aux fortes charges
du moteur, on arrive à régler la quantité de carburant à injecter avec la dynamique
recherchée, de l'ordre de 20, conformément au but annoncé en préambule de la présente
description.
[0029] Le calculateur de gestion du moteur calcule en fonction de la charge du moteur, les
valeurs de la pression de carburant à établir et des temps T
1 et T
2 applicables à chaque injection de carburant. Ces valeurs T
1 et T
2 sont transmises, par des liaisons du type SPI ou CAN par exemple, au circuit de commande
d'injecteur qui conforme en conséquence le profil temporel du courant à appliquer
à l'injecteur.
[0030] Bien entendu l'invention n'est pas limitée au mode de réalisation décrit et représenté
qui n'a été donné qu'à titre d'exemple. C'est ainsi que la précharge, avantageuse,
du bobinage préalable à l'application du pic de courant, n'est cependant pas indispensable,
l'invention s'appliquant ainsi également à un injecteur alimenté par un courant dont
le profil est dépourvu de cette précharge. De même, l'invention est applicable à des
injecteurs alimentés par du carburant à pression variable comme à des injecteurs alimentés
à pression constante. Dans le cas d'une panne de régulation de la pression de carburant,
la valeur haute de celle-ci se trouve normalement limitée par le tarage d'une soupape
de sécurité. La croissance, suivant l'invention, de la durée du pic de courant avec
celle de la pression du carburant jusqu'à cette valeur haute, établit alors un fonctionnement
en "mode dégradé" de l'alimentation en carburants des injecteurs.
1. Verfahren zum Steuern der Kraftstoffmenge (Q), die in eine Brennkraftmaschine mit
Direkteinspritzung von einem Injektor eingespritzt wird, der mit Kraftstoff unter
Druck (P
carb) beaufschlagt wird, wobei das Öffnen des Injektors durch Beaufschlagen einer einen
Teil des Injektors bildenden elektrischen Spule nach einem vorgegebenen Stromprofil
elektromagnetisch ausgelöst wird, bei dem:
- man die Beaufschlagung der Spule so steuert, dass man eine Stromspitze einer vorgegebenen
Dauer (T1) erhält, wobei die Dauer (T1) der Stromspitze eine ansteigende Funktion des Drucks (Pcarb) des Kraftstoffes ist,
- wobei dieses Verfahren dadurch gekennzeichnet ist, dass
- man anschließend eine rasche Abnahme der Stromstärke bewirkt, wobei die Dauer (T2) dieser Abnahme eine Funktion der besagten Dauer (T1) und der Spannung der den Injektor beaufschlagenden elektrischen Energiequelle ist,
und
- man den Strom während einer vorgegebenen Haltezeit auf einem im wesentlichen konstanten
Wert stabilisiert, der eine ansteigende Funktion des Kraftstoffdrucks (Pcarb) ist.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Dauer (T1) der Stromspitze ferner eine Funktion der Dauer einer vorgegebenen Öffnungszeit (T1) des Injektors ist.
3. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass die Dauer (T1) der Stromspitze von ungefähr 200µs für einen Kraftstoffdruck (Pcarb) von ungefähr 50 bar bis ungefähr 600µs für einen Kraftstoffdruck (Pcarb) von ungefähr 120 bar verläuft.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass man eine Vorspannung der Spule vor Anlegen der Stromspitze bewirkt.