[0001] L'invention concerne le domaine des serrures des véhicules automobiles.
[0002] De telles serrures permettent le maintien en position fermée d'un ouvrant pour véhicule
automobile ; elle permet aussi de décrocher l'ouvrant par action sur une commande
d'ouverture intérieure ou extérieure reliée à la serrure et actionnable par un utilisateur.
Une telle serrure est typiquement montée sur l'ouvrant du véhicule. Elle présente
un pêne dont la fonction est de fixer par rapport à la serrure un doigt monté sur
le véhicule, ou au contraire de libérer le doigt. On appelle ouverture de la serrure
l'action de libérer le doigt, ce qui permet le décrochage de l'ouvrant ; inversement,
on appelle fermeture de la serrure le fait de maintenir le doigt dans la serrure,
ce qui interdit le décrochage de l'ouvrant. Le pêne est sollicité vers sa position
de fermeture par le doigt lors de la fermeture de l'ouvrant, un cliquet interdisant
le retour du pêne vers sa position d'ouverture et le maintien de la serrure en position
fermée en l'absence de sollicitation extérieure sur la serrure.
[0003] Dans ce contexte, on appelle levier d'ouverture extérieure - respectivement intérieure
- la pièce de la serrure reliée à la commande d'ouverture extérieure - respectivement
à la commande d'ouverture intérieure. On appelle "condamnation" de la serrure l'action
d'interdire l'ouverture de la serrure par action sur la commande d'ouverture extérieure
; la "décondamnation" est l'opération inverse, qui rétablit l'ouverture de la serrure
lorsque l'on agit sur la commande d'ouverture extérieure. Pour une portière de véhicule
automobile, ces opérations sont classiquement assurées à l'aide d'une tirette de frise
ou d'un actionneur électromécanique. Pour un coffre de véhicule ou une portière avant,
on utilise aussi un verrou pour la condamnation ou la décondamnation.
[0004] On appelle "super-condamnation" de la serrure le fait, dans une serrure condamnée,
d'interdire l'ouverture de la serrure par action sur la commande d'ouverture intérieure.
La super-condamnation évite notamment que le bris d'une vitre de la portière du véhicule
permettre d'ouvrir la portière du véhicule depuis la commande d'ouverture intérieure.
La "dé-super-condamnation" est l'opération inverse, qui rétablit l'ouverture de la
serrure lorsque l'on agit sur la commande d'ouverture intérieure. Pour une portière
de véhicule automobile, ces opérations sont classiquement assurées à l'aide d'un actionneur
électromécanique spécifique. A titre d'exemple, les véhicules vendues par la société
Peugeot sous la référence 406 année modèle 2000, ou par la société Audi sous la référence
A4, année modèle 2000, utilisent des serrures de ce type.
[0005] On appelle "sécurité enfant" la fonction qui permet d'inhiber l'ouverture de la serrure
depuis la commande d'ouverture intérieure, que la serrure soit condamnée ou non ;
cette fonction évite l'ouverture accidentelle d'une portière depuis l'intérieur, notamment
par des enfants. Elle est souvent disponible pour les portes arrières des véhicules
automobiles. Pour une portière arrière de véhicule automobile, ces opérations sont
classiquement assurées à l'aide d'un bouton de commande ou d'un actionneur électromécanique.
Les véhicules vendus par la société VW sous la référence Golf, année modèle 2000,
ou par la société Renault sous la référence Laguna II, année modèle 2000 proposent
une telle solution.
[0006] On appelle "override" (du verbe anglais outrepasser) la fonction permettant d'ouvrir
la serrure en la décondamnant en même temps ou, en présence d'une sécurité enfant,
de décondamner la serrure par action sur la commande d'ouverture intérieure. Cette
fonction permet en cas d'accident au passager arrière d'un véhicule muni d'une sécurité
enfant activée de décondamner la serrure et permettre l'ouverture de la portière depuis
l'extérieur.
[0007] Il existe des serrures mécaniques et électromécaniques, mettant en oeuvre une ou
plusieurs de ces fonctions.
[0008] EP-A-0 694 644 propose une serrure à ouverture électrique de véhicule automobile.
L'ouverture de la serrure est assurée électriquement par la manoeuvre d'un actionneur
alimenté par la batterie du véhicule. Il est prévu une source d'énergie de secours
constituée d'une batterie de secours implantée dans la portière à laquelle la serrure
est associée. En cas de disfonctionnement de l'alimentation électrique fournie par
la batterie du véhicule, la serrure est susceptible d'être ouverte grâce à l'alimentation
électrique fournie par la batterie de secours.
[0009] Cette solution pose d'abord un problème de dimensionnement du moteur d'ouverture
de la serrure ; en effet, le moteur doit permettre non seulement l'ouverture de la
serrure dans les conditions normales d'utilisation, mais aussi l'ouverture de la serrure
dans des conditions dégradées, par exemple après un choc. On estime que le rapport
de la force nécessaire dans les conditions dégradées à la force nécessaire dans les
conditions normales est de l'ordre de 3, la force variant typiquement de 300 N à quelques
1000 N. Le moteur et son réducteur sont donc conçus pour permettre l'ouverture en
conditions dégradées, ce qui conduit à des surdimensionnements électrique et mécanique
par rapport au besoin en conditions normales. Le dimensionnement du moteur pose aussi
un problème pour l'alimentation de secours ; celle-ci doit en effet être capable de
fournir au moteur l'énergie nécessaire à l'ouverture sous forte charge.
[0010] La serrure installée par la société Renault sur le véhicule vendu sous la marque
Laguna 2 présente un pêne actionné par un ensemble formé d'un cliquet et d'un contre-cliquet
nommé ci-après ensemble-cliquet. La serrure présente un levier d'ouverture intérieure
et un levier d'ouverture extérieure, distinct du levier d'ouverture intérieure. Une
cale ou doigt mobile vient s'interposer entre une portée du levier d'ouverture extérieure
et une portée de l'ensemble-cliquet. Lorsque la cale s'interpose entre la portée du
levier d'ouverture extérieure et la portée de l'ensemble cliquet, la rotation du levier
d'ouverture extérieure provoque la rotation du cliquet et l'ouverture de la serrure
; inversement, lorsque la cale ne s'interpose pas entre les portées, la rotation du
levier d'ouverture extérieure n'entraîne pas la rotation du cliquet et la serrure
est condamnée. Une deuxième cale ou doigt mobile vient s'interposer entre une portée
du levier d'ouverture intérieure et un deuxième levier en prise avec l'ensemble cliquet
; la deuxième cale fonctionne de façon similaire à la première, son retrait assurant
la supercondamnation ou l'activation de la sécurité enfant et son interposition la
dé-supercondamnation ou la désactivation de la sécurité enfant ; l'override est assuré
lorsque la serrure se trouve à l'état dé-supercondamnée par une came commandée par
le levier d'ouverture intérieure et dont le mouvement provoque l'interposition de
la première cale entre les portées du levier d'ouverture extérieure et du cliquet.
[0011] Lorsque la serrure est motorisée, un premier moteur assure le déplacement de la première
cale pour condamner ou décondamner la serrure. Le déplacement de la première cale
est aussi commandé mécaniquement par un verrou, le moteur ne disposant pas d'alimentation
de secours. Un bouton de secours sur le chant de la porte permet, en cas de panne
électrique ou de pile vide de condamner la serrure, puis de fermer la porte pour abandonner
le véhicule portière condamnée. Un deuxième moteur assure le déplacement de la deuxième
cale pour permettre la supercondamnation/dé supercondamnation ou l'activation/désactivation
sécurité enfant.
[0012] Dans cette serrure, seules la condamnation, la décondamnation, la supercondamnation,
la dé-supercondamnation et l'activation / désactivation de la sécurité enfant sont
assurées par les moteurs électriques ; l'ouverture reste purement mécanique.
[0013] EP-A-0 589 158 propose à la figure 2 une serrure, avec un l'actionneur d'ouverture
électrique, qui agit sur le cliquet. L'actionneur est déclenché par des contacts prévus
dans les commandes d'ouverture extérieure et intérieure. Un levier rotatif présente
une position de repos et une position active; l'actionneur d'ouverture électrique
permet de faire passer le levier rotatif de la position de repos à la position active.
Le levier rotatif est relié mécaniquement par des câbles aux commandes d'ouverture
extérieure et intérieure. Dans la position de repos, le levier rotatif n'agit pas
sur le cliquet. Dans la position active, le levier rotatif est adapté à solliciter
le cliquet lorsqu'il est entraîné mécaniquement depuis les commandes d'ouverture intérieure
et extérieure. Une alimentation de secours assure l'alimentation de l'actionneur en
cas de défaillance de la batterie du véhicule. Ainsi, la serrure est une serrure à
ouverture électrique lorsque l'actionneur d'ouverture électrique n'agit pas sur le
cliquet; l'ouverture mécanique à travers le levier rotatif est alors débrayée. En
cas de collision ou de défaillance de la batterie du véhicule, l'actionneur d'ouverture
électrique sollicite le levier rotatif pour le faire passer dans sa position active
et la serrure est ouverte mécaniquement.
[0014] Cette solution présente les inconvénients suivants. Si l'actionneur d'ouverture électrique
est défaillant, la serrure ne peut être ouverte ni électriquement, ni mécaniquement.
Il en est de même si le faisceau de porte est coupé, de sorte que l'actionneur n'est
plus relié ni à la batterie du véhicule, ni à la batterie de secours. Le risque d'auto-ouverture
est géré par redondance électronique sur la base de l'information vitesse; cette solution
peut s'avérer insuffisante pour la situation parking en dévers.
[0015] A la figure 3, ce même document propose que le corps de l'actionneur d'ouverture
électrique soit mobile et sollicité par un ressort. Un système de câble permet, à
partir de la commande d'ouverture extérieure et la commande d'ouverture intérieure
de déplacer axialement le corps de l'actionneur d'ouverture électrique pour solliciter
le cliquet. Ainsi, même en cas de panne d'alimentation électrique, il est possible
d'ouvrir mécaniquement la serrure en déplaçant le corps de l'actionneur. Le système
de câble n'est actionné que sur lorsque la course de déplacement de la commande d'ouverture
extérieure ou de la commande d'ouverture intérieure est supérieure à la course nécessaire
à déclencher les capteurs commandant l'ouverture électrique. Dans ce mode de réalisation,
la serrure est une serrure à ouverture électrique et mécanique; ni l'ouverture électrique
ni l'ouverture mécanique ne sont débrayables.
[0016] Il n'est pas décrit dans ce document comment assurer des fonctions de condamnation,
super-condamnation, sécurité enfant, override. Comme l'ouverture mécanique est toujours
embrayée, une action trop rapide ou trop violente sur les commandes d'ouverture provoque
à la fois une ouverture électrique et une ouverture mécanique, ce qui peut endommager
l'actionneur d'ouverture électrique.
[0017] EP-A-0 828 049 propose une serrure avec un élément de couplage entraîné mécaniquement
par des câbles reliés aux commandes d'ouverture intérieure et extérieure. L'élément
de couplage est monté à rotation sur le même axe que le cliquet. Une glissière de
couplage est mobile en translation entre une position de couplage et une position
de retrait. Dans la position de couplage, la glissière de couplage transmet la rotation
de l'élément de couplage vers le cliquet. Dans la position de retrait, la rotation
de l'élément de couplage est sans effet sur le cliquet; ceci assure la condamnation,
la sécurité enfant et la super-condamnation. Un entraînement électrique auxiliaire
entraîne l'élément de couplage ou le cliquet; l'entraînement électrique est commandé
sur le début de la course des commandes d'ouverture.
[0018] Ces solutions présentent les inconvénients suivants. Dans l'hypothèse où l'entraînement
électrique auxiliaire entraîne l'élément de couplage, la serrure est une serrure à
ouverture mécanique assistée électriquement; une action trop rapide ou trop violente
sur les commandes d'ouverture provoque à la fois une ouverture électrique et une ouverture
mécanique, ce qui peut endommager l'entraînement électrique auxiliaire. Si l'entraînement
électrique auxiliaire est bloqué, la serrure ne peut plus être ouverte, ni électriquement,
ni mécaniquement.
[0019] L'hypothèse où l'entraînement électrique auxiliaire entraîne le cliquet n'est pas
décrite en détails. Dans cette hypothèse, si l'entraînement électrique auxiliaire
est bloqué, la serrure ne peut plus être ouverte, ni électriquement, ni mécaniquement.
[0020] DE-A-196 00 524 propose différentes serrures. Dans tous les modes de réalisation,
l'ouverture mécanique est assurée par la rotation d'un segment denté, qui vient entraîner
en rotation le cliquet par une portée 1.15. Dans aucun mode de réalisation n'est prévu
que l'ouverture électrique soit débrayable. Ce document présente donc les inconvénients
décrits précédemment.
[0021] WO-A-01 66889 décrit une serrure présentant un moteur électrique, qui est susceptible
d'entraîner en rotation une butée excentrée à travers un couplage. Un levier de couplage
permet d'embrayer le couplage, de sorte que le moteur entraîne la butée excentrée;
dans la position de débrayage, le moteur n'entraîne pas la butée excentrée. La butée
excentrée agit sur un levier de position, qui agit sur le cliquet. Le levier de couplage
est entraîné par un levier d'actionnement intérieur et par un levier d'actionnement
extérieur, qui sont respectivement entraînés par la commande d'ouverture extérieure
et par la commande d'ouverture extérieure. En fonctionnement normal la serrure s'ouvre
électriquement, lorsque le couplage est embrayé par action sur une des commandes d'ouverture,
sur le levier d'actionnement correspondant et sur le levier de couplage. Une fonction
d'ouverture de secours, non décrite en détail, permet une action directe du levier
d'actionnement intérieur ou extérieur sur le cliquet, dans une surcourse des commandes
d'ouverture.
[0022] Il existe donc un besoin d'une serrure électrique, permettant d'assurer partiellement
ou complètement les diverses fonctions mentionnées plus haut - condamnation, décondamnation,
supercondamnation, dé-supercondamnation, activation / désactivation de la sécurité
enfant, override - tant dans les conditions normales que dans les conditions dégradées.
Cette serrure devrait être aussi résistante que possible aux différentes pannes.
[0023] L'invention propose donc, dans un mode de réalisation, une serrure à ouverture extérieure
électrique et à ouverture intérieure mécanique embrayable.
[0024] La serrure présente avantageusement un actionneur dont l'actionnement assure l'ouverture
électrique de la serrure, tel un moteur électrique d'une puissance électrique inférieure
à 100 W, voire inférieure à 80 W.
[0025] Dans un mode de réalisation, la serrure comprend
- un mécanisme d'embrayage présentant une position d'embrayage et une position de débrayage
; et
- un levier dont l'actionnement provoque l'ouverture de la serrure lorsque le mécanisme
d'embrayage est en position d'embrayage.
[0026] Dans encore un mode de réalisation, la serrure présente un mécanisme d'embrayage
de l'ouverture mécanique intérieure, qui comprend un actionneur de secours dont l'actionnement
fait passer le mécanisme de la position d'embrayage à la position de débrayage. Cet
actionneur est par exemple un moteur électrique d'une puissance électrique inférieure
ou égale à 10 W.
[0027] L'invention propose aussi un module, présentant :
- une telle serrure ;
- une liaison mécanique reliée par une extrémité à la serrure.
[0028] On peut aussi prévoir dans le module un ou plusieurs des éléments suivants
- une commande d'ouverture reliée à l'autre extrémité de la liaison mécanique ;
- un commutateur dont l'état est représentatif de l'actionnement de la commande d'ouverture.
[0029] L'invention propose encore un véhicule présentant un ouvrant muni d'une telle serrure
ou d'un tel module. La serrure peut alors présenter un actionneur dont l'actionnement
assure l'ouverture électrique de la serrure ; l'actionneur présente une puissance
adaptée à la réaction de joints de l'ouvrant à vaincre en conditions normales.
[0030] D'autres caractéristiques et avantages de la description apparaîtront à la lecture
de la description qui suit, donnée à titre d'exemple et en référence aux figures qui
montrent :
- figure 1, une vue schématique d'une serrure selon un mode de réalisation de l'invention,
dans une position fermée, secours d'ouverture mécanique débrayé;
- figures 2 à 4, des vues de la serrure de la figure 1, montrant le déplacement des
différentes pièces de la serrure au cours de l'ouverture électrique de la serrure
en fonctionnement normal ;
- figures 5 et 6, des vues de la serrure de la figure 1, montrant le déplacement des
différentes pièces de la serrure au cours de l'ouverture mécanique de la serrure en
fonctionnement dégradé;
- figure 7, un diagramme du fonctionnement de la serrure des figures 1 à 6;
- figure 8, une vue schématique d'une serrure selon un autre mode de réalisation de
l'invention, dans une position fermée et super-condamnée;
- figure 9, une vue de la serrure de la figure 8, montrant le déplacement des différentes
pièces de la serrure lors d'une tentative d'ouverture depuis la commande d'ouverture
intérieure;
- figure 10, une vue de la serrure de la figure 8, dans une position fermée dé-supercondamnée;
- figure 11, une vue de la serrure de la figure 8, montrant le déplacement des différentes
pièces lors d'une ouverture mécanique depuis la commande d'ouverture intérieure;
- figure 12, un diagramme de fonctionnement du fonctionnement de la serrure des figures
8 à 11.
[0031] L'invention propose de fournir, dans une serrure, une ouverture électrique, ainsi
qu'une ouverture mécanique embrayable.
[0032] En l'absence d'embrayage de l'ouverture mécanique, dans les conditions normales d'utilisation,
la serrure se comporte comme une serrure purement électrique ; elle présente donc
les avantages d'une telle serrure purement électrique, notamment pour ce qui est de
la simplification de la gestion des diverses fonctions d'autorisation et d'interdiction
d'ouverture mentionnées plus haut.
[0033] La serrure est munie d'une ouverture mécanique embrayable, susceptible d'être utilisée
en conditions dégradées. De ce fait, il n'est pas nécessaire que le moteur d'ouverture
électrique de la serrure soit dimensionné pour permettre l'ouverture dans les conditions
dégradées : il suffit que le moteur soit dimensionné pour permettre l'ouverture dans
les conditions normales ; l'invention permet donc d'utiliser un moteur moins puissant
que dans les solutions purement électriques de l'état de la technique.
[0034] Dans la description qui suit, on utilise les mots vertical, horizontal, gauche, droite,
haut et bas en référence à la position de la serrure représentée sur les figures.
Cette position est illustrative et ne doit pas être comprise comme limitant la position
de la serrure en fonctionnement.
[0035] La figure 1 est une vue schématique d'une serrure selon un mode de réalisation de
l'invention, dans une position fermée et condamnée. La figure montre le pêne 2, qui
est monté à rotation autour d'un axe 4. La rotation du pêne 2 autour de l'axe 4, dans
le sens inverse des aiguilles d'une montre, permet l'ouverture de la porte comme représenté
aux figures 4 ou 6. Le pêne est sollicité par un ressort dans le sens des aiguilles
d'une montre, vers sa position d'ouverture.
[0036] Dans la position du pêne représentée à la figure 1, le cliquet empêche l'ouverture
de la porte en maintenant le pêne sur un doigt non représenté. La forme exacte du
pêne comme son mouvement sont connus en soi et ne sont pas décrits plus en détail.
Ils peuvent d'ailleurs être modifiés sans que ceci n'ait d'incidence sur le fonctionnement
de la serrure.
[0037] La figure 1 montre encore un contre-cliquet 6, ainsi qu'un cliquet 8. Le cliquet
et le contre-cliquet sont mobiles en rotation autour d'un axe 10. Le cliquet et le
contre-cliquet apparaissent plus clairement aux figures 3 et 4. Ils sont solidaires
l'un de l'autre : l'utilisation de deux pièces est avantageuse pour des contraintes
de montage. La rotation du contre-cliquet 6 et du cliquet 8 autour de l'axe 10, dans
le sens inverse des aiguilles d'une montre, a pour effet de permettre la rotation
dans le sens inverse des aiguilles d'une montre du pêne 2, et donc l'ouverture de
la serrure.
[0038] Comme le montre mieux la figure 3, sur laquelle le cliquet et le contre-cliquet sont
représentés en avant-plan, le contre-cliquet 6 a une forme sensiblement circulaire
; il présente une première portée 12 et une deuxième portée 14. Un appui sur l'une
ou l'autre de ces portées permet de faire tourner le cliquet dans le sens inverse
des aiguilles d'une montre. Le cliquet 8 est solidaire du contre-cliquet 6 de sorte
à être entraîné en rotation par le contre-cliquet lorsque celui-ci tourne dans le
sens inverse des aiguilles d'une montre. Il présente un doigt 16, qui vient au contact
du pêne pour empêcher son mouvement lorsque la serrure est fermée et verrouillée,
dans la position représentée à la figure 1. Le mouvement du doigt 16 libère en rotation
le pêne, comme représenté aux figures 4 ou 6. Le cliquet et le contre-cliquet sont
sollicités par un ressort non représenté, vers la position de fermeture et de condamnation
représentée à la figure 1.
[0039] La figure 1 montre encore un levier 18 d'ouverture manuelle ou mécanique de la porte.
Le levier 18 est monté en rotation autour de l'axe 10 du cliquet ; il est relié par
un câble ou tringle 20 d'ouverture extérieure à une commande d'ouverture extérieure
non représentée. Il est relié par un câble ou tringle 22 d'ouverture intérieure à
une commande d'ouverture intérieure, non représentée. L'actionnement de la commande
d'ouverture extérieure (respectivement intérieure) provoque, par l'intermédiaire du
câble 20 (respectivement 22) une rotation du levier 18 autour du deuxième axe 10,
dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le levier 18 présente aussi une portée
24 permettant d'entraîner le contre-cliquet 6 lorsque l'ouverture mécanique de la
serrure est embrayée, comme expliqué plus bas en référence aux figures 5 et 6. Le
levier 18 présente encore une lumière 26, dont la fonction apparaîtra dans la description
qui suit. Un ressort non représenté rappelle le levier 18 vers sa position de fermeture
représentée à la figure 1, dans le sens des aiguilles d'une montre
[0040] La figure 1 montre sous la référence 28 un moteur d'ouverture électrique de la serrure.
Le moteur 28 entraîne en translation suivant l'axe vertical de la figure 1 un bras
d'entraînement 30. Le moteur est alimenté électriquement par le circuit électrique
principal du véhicule ; il est dimensionné pour permettre l'ouverture de la serrure
et de la porte dans des conditions normales de fonctionnement. On peut typiquement
utiliser pour le moteur 28 un moteur à courant continu de puissance typique 40 Watts
électrique (pour une réaction de joints en condition normale) et de vitesse à vide
de l'ordre de 12 500 trs/min.
[0041] La serrure présente une cale 32 d'autorisation d'ouverture. Cette cale 32 est montée
à l'extrémité d'un bras 34. A l'autre extrémité, le bras présente un tenon 36, qui
s'engage dans la lumière 26 du levier. Un ressort 38 sollicite le bras 34 vers la
gauche sur la figure 1. Dans la position de condamnation de la serrure représentée
à la figure 1, lorsque le levier 18 est en position de repos, le tenon 36 s'appuie
contre l'extrémité gauche de la lumière 26, sous l'effet de la sollicitation du ressort
38 ; le bras 34 et la cale 32 sont alors ramenés vers la droite par le levier et écartés
de la première portée 12 du cliquet et du bras d'entraînement 30.
[0042] Dans cette position, l'excitation du moteur 28 et le déplacement du bras d'entraînement
30 ne permettent pas de faire tourner le cliquet ; la cale 32 constitue donc une sécurité
contre l'ouverture accidentelle en cas d'excitation intempestive du moteur 28.
[0043] Lorsque la commande d'ouverture intérieure ou extérieure est actionnée, le levier
18 tourne autour de l'axe 10 dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, comme
représenté sur la figure 3. Dans cette position, le ressort 38 sollicite le bras 34
vers la gauche, et la cale 32 vient se positionner entre la première portée 12 du
contre-cliquet et le bras d'entraînement 30. Dans cette position, comme expliqué plus
bas, la cale autorise le déclenchement de l'excitation du moteur 28 en venant fermer
un contact ; sa position entre le bras 30 et la première portée 12 du cliquet permet
l'ouverture de la porte par excitation du moteur 28.
[0044] En cas de dysfonctionnement du moteur 28, si le bras d'entraînement 30 se déplace
vers la première portée 12 du contre-cliquet et reste bloqué dans cette position,
la lumière 26 du levier permet néanmoins la rotation du levier : en effet, si le levier
18 tourne, la cale 32 vient au contact du bras 30 et est bloquée dans son déplacement.
Le levier peut continuer à tourner, le tenon 36 se déplaçant dans la lumière 26 à
l'encontre de la sollicitation du ressort 38. La lumière 26, le ressort 38 et le tenon
36 sont donc une sécurité contre le dysfonctionnement du moteur 28. Cette liaison
élastique entre la cale et le levier évite le blocage de la serrure en cas de panne
du moteur lorsque le bras est en position basse.
[0045] Enfin, la forme cylindrique ou arrondie de la cale 32 facilite la libération de la
cale sous l'effet du ressort de rappel du levier 18, dans le cas où le bras d'entraînement
30 serait bloqué dans la position représentée à la figure 3 ou 4. La libération de
la cale évite dans ce cas que la serrure ne soit bloquée dans une position ouverte.
[0046] La figure 1 montre enfin les éléments du mécanisme d'embrayage de l'ouverture mécanique
de la serrure. Ce mécanisme comprend un bras 40, qui est monté à rotation autour d'un
troisième axe 42. Le mouvement du bras 40 autour de l'axe 42 est commandé par un moteur
44 de secours fonctionnant sous très faible charge. Le moteur permet de faire tourner
le bras 40 dans un sens ou dans l'autre, pour les raisons expliquées plus bas. Sur
le bras 40 est monté un doigt d'embrayage mécanique 46. Lorsque le moteur de secours
44 provoque la rotation du bras 40 dans le sens inverse des aiguilles d'une montre,
l'extrémité 48 du doigt 46 vient s'interposer entre la portée 24 du levier 18 et la
deuxième portée 14 du contre-cliquet. La référence 50 désigne un organe de guidage
de l'extrémité 48 du doigt 46. Le doigt 46 est monté à rotation sur le bras 40, de
sorte à permettre à son extrémité 48 de tourner autour du deuxième axe 10 en même
temps que le levier et le contre-cliquet.
[0047] On prévoit pour l'actionnement de la serrure les contacts suivants. Un premier contact
est prévu au niveau de la commande d'ouverture extérieure et est activé lorsque l'utilisateur
manipule cette commande. Comme expliqué plus haut, un deuxième contact est actionné
par la cale 32 d'autorisation d'ouverture, lorsqu'elle s'interpose entre le bras 30
et la première portée 12 du cliquet. Un contact de portière ouverte présente deux
états représentatifs de l'état ouvert ou fermé de la portière.
[0048] Dans les conditions normales, le fonctionnement de la serrure est représenté aux
figures 2 à 4. La figure 2 montre le déplacement du levier, en cas d'action sur la
commande d'ouverture extérieure (respectivement intérieure). Le câble ou la tringle
20 (respectivement 22) transmet le déplacement de la commande d'ouverture au levier,
qui tourne autour du deuxième axe 10, comme représenté par la flèche 60 (respectivement
62). Sous l'effet de la rotation du levier 18, la cale d'autorisation d'ouverture
32 est entraînée vers la gauche de la figure 2, comme représenté par la flèche 64
; elle vient s'interposer entre le bras 30 et la première portée 12 du contre-cliquet.
En bout de course, elle vient actionner le deuxième contact.
[0049] On notera simplement que dans les conditions normales de fonctionnement, la charge
sur les liaisons entre le levier 18 et les commandes d'ouverture intérieure et extérieure
est faible : les liaisons transmettent simplement une force nécessaire pour entraîner
la rotation du levier, à l'encontre de la force du ressort rappelant le levier vers
la position de la figure 1. Cette force peut être de l'ordre de 10 à 20 N. Dans les
conditions normales, le doigt 48 n'interagit pas avec le levier, de sorte que la rotation
du levier est sans effet sur le contre-cliquet. Il n'est donc pas nécessaire, à ce
stade, que les liaisons présentent un bon rendement, compte tenu de la faible force
à appliquer. Ceci permet d'utiliser pour les liaisons des systèmes à rendement plus
faible, par exemple de simples câbles dans des gaines suivant des parcours torturés.
On peut aussi prévoir des câbles plus longs que la distance entre la serrure et les
commandes ; ceci présente l'avantage de permettre d'uniformiser la serrure et les
liaisons pour différents modèles de portière. Ceci présente aussi l'avantage de libérer
la contrainte de conception de la portière : la distance entre la serrure et les commandes
d'ouvertures n'est plus un paramètre limitant dans la conception de la portière.
[0050] On notera aussi que la liaison entre le levier et les commandes d'ouverture intérieure
ou extérieure est actionnée à chaque tentative d'ouverture de la serrure ; ceci assure
que les liaisons fonctionnent régulièrement, et évite les dysfonctionnements pouvant
résulter d'un longue période sans utilisation.
[0051] La figure 3 montre le déplacement du bras 30 sous l'action du moteur 28. Sur la figure
3 comme sur la figure 4, pour la clarté de l'explication, le levier 18 est représenté
derrière le cliquet et le contre-cliquet. L'activation du deuxième contact par la
cale 32 provoque l'excitation du moteur 28, qui entraîne le bras 30 vers la cale 32
et la première portée du contre-cliquet, comme représenté par la flèche 66. Sous l'effet
de la force d'entraînement du moteur 28, transmise par le bras 30 et la cale 32, le
cliquet et le contre-cliquet sont entraînés en rotation autour du deuxième arbre 10,
dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ; ce mouvement de rotation est représenté
à la figure 3 par la flèche 68.
[0052] La figure 4 montre la fin du mouvement d'ouverture de la serrure ; le cliquet et
le contre-cliquet tournent comme symbolisé par la flèche 68, et libèrent en rotation
le pêne 2. Sous l'action de l'effort de réaction de joints auquel est soumise la portière,
celui-ci tourne dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, comme symbolisé par
la flèche 70 et libère le doigt de fermeture monté sur le véhicule. La portière s'ouvre.
[0053] Une fois que la portière s'ouvre, le contact de portière ouverte change d'état ;
le moteur 28 est commandé pour remonter le bras 30 ; la cale 32 est libérée et le
levier 18 revient dans la position de la figure 1 au relâcher de la commande d'ouverture
extérieure. Le cliquet est rappelé vers la position de la figure 1, de sorte que la
fermeture de la portière ramène le pêne et le cliquet dans la position de la figure
1.
[0054] Le contact disposé dans la commande d'ouverture extérieure permet de déclencher l'identification
de l'utilisateur, pour un verrou sans contact. La position de ce contact dans la commande
d'ouverture extérieure permet aussi de déclencher cette identification dès que la
commande est actionnée. Par rapport à une solution dans laquelle l'identification
de l'utilisateur serait déclenchée par le deuxième contact, on gagne pour l'identification
le temps de transmission mécanique du mouvement depuis la commande extérieure vers
la cale 32.
[0055] On peut commander l'ouverture de la serrure depuis la commande d'ouverture intérieure
sans munir cette commande de contact : le contact actionné par la cale 32 suffit à
commander le moteur 28. Comme expliqué plus bas, munir une des deux commandes d'ouverture
d'un contact permet de déterminer celle des deux commandes dont l'actionnement provoque
la rotation du levier 18 ; cette information est utile, par exemple pour une fonction
d'override.
[0056] Comme expliqué plus haut, le moteur 28 d'ouverture électrique de la serrure est simplement
dimensionné pour permettre l'ouverture de la serrure dans les conditions normales
de fonctionnement. Comme précisé précédemment, il suffit que le moteur présente une
puissance électrique de l'ordre de 40 watts électrique pour une réaction de joints
de 300N en utilisation normale, ou plus généralement, une puissance électrique inférieure
à 80 voire 100 W pour une réaction de joints supérieure en utilisation normale. A
titre de comparaison, le moteur d'une serrure purement électrique du genre de celle
décrite dans EP-A-0 694 664 doit présenter une puissance électrique de l'ordre de
l'ordre de 170 watts pour assurer l'ouverture de la serrure, même dans des conditions
dégradées.
[0057] La réaction de joints mentionnée ici est la force exercée par les joints sur l'ouvrant,
qui s'oppose à la fermeture de l'ouvrant. Elle est mesurée au niveau du doigt monté
sur le véhicule, et correspond à la force qu'exerce la serrure sur ce doigt pour maintenir
la porte en position fermée. Cette réaction de joints est typiquement de 300 à 700
N selon les véhicules, dans les conditions normales d'utilisation. On appelle dans
ce contexte "conditions normales d'utilisation" un état du véhicule (ou plus exactement
de l'ouvrant et de son entourage) en l'absence de toute dégradation et correspondant
aux conditions nominales. Les dégradations par rapport à ces conditions normales d'utilisation
résultent de déformations de l'ouvrant ou du véhicule, par exemple à la suite de chocs.
Dans ce cas, la force de réaction de joints est typiquement trois fois supérieure
à la valeur nominale, et prend des valeurs de 1 000 à 2 100 N. On pourrait donc caractériser
les conditions normales d'utilisation par une force de réactions de joints inférieure
à 700 N. La valeur de puissance du moteur est choisie en fonction de la force de réaction
de joints. Comme indiqué plus haut, la puissance électrique peut varier dans une plage
de 40 à 80 ou 100 watts électrique lorsque la force de réaction de joints varie dans
une plage de 300 à 700 N. La puissance est adaptée à la force de réaction de joints
nominale et est de préférence calculée pour une force de réaction de joints légèrement
supérieure à la force nominale, par exemple 10 à 20 % au-dessus de la force nominale.
Ainsi, il n'est pas nécessaire d'utiliser un moteur d'une puissance de 100 watts pour
une force de réaction de joints de 300 N.
[0058] Les figures 5 et 6 montrent des vues de la serrure de la figure 1, montrant le déplacement
des différentes pièces de la serrure au cours de l'ouverture mécanique de la serrure.
Cette ouverture mécanique est typiquement utilisée en fonctionnement dégradé, en cas
de panne de l'un des éléments assurant l'ouverture électrique, en cas de coupure de
l'alimentation électrique du véhicule, ou en cas de choc augmentant la force nécessaire
à l'ouverture au-delà de la force que peut exercer le moteur 28.
[0059] La figure 5 montre une vue de la serrure après alimentation du moteur de secours
44 pour embrayer l'ouverture mécanique de la serrure ; comme le montre la figure,
le déclenchement du moteur de secours 44 provoque la rotation du bras 40 autour de
l'axe 42, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre comme symbolisé sur la figure
5 par la flèche 72. Du fait de cette rotation, le doigt d'embrayage mécanique se déplace
vers le levier 18 et le contre-cliquet 6. La présence de l'organe de guidage 50 aide
à ce que l'extrémité 48 du doigt vienne s'interposer entre la portée 24 du levier
18 et la deuxième portée 14 du contre-cliquet. Dans la position de la figure 5, l'ouverture
mécanique de la serrure est embrayée, dans la mesure où l'actionnement de la commande
d'ouverture extérieure ou intérieure provoque l'ouverture de la serrure, indépendamment
du moteur 28, comme expliqué en référence à la figure 6.
[0060] On comprend que le moteur 44 est simplement dimensionné pour permettre la rotation
du bras 40 et le déplacement du doigt 46 ; de ce fait, ce moteur peut être dimensionné
pour une faible charge ; on peut typiquement utiliser pour le moteur 44 un moteur
à courant continu de puissance typique 10 Watts électrique et de vitesse à vide de
l'ordre de 4000 à 6000 trs/min. On entend ici par puissance le simple produit de la
tension de consigne par l'intensité du moteur au démarrage; cette valeur n'est pas
représentative de la puissance moyenne consommée par le moteur (le rapport entre l'énergie
consommée par le moteur au cours de la rotation du bras 40 et la durée de cette rotation).
En pratique, la puissance moyenne consommée par le moteur est de l'ordre de 1 W. Comme
le moteur présente une faible puissance et n'est soumis qu'à une faible charge, il
est possible de prévoir une alimentation de secours compacte et peu onéreuse ; on
peut utiliser une simple pile, une batterie, un supercondensateur, ou autre, fournissant
une tension de l'ordre de 0 à 6 V. Une telle alimentation de secours peut être logée
dans la porte du véhicule. On comprend encore que l'embrayage de l'ouverture mécanique
nécessite simplement que le moteur de secours 44 entraîne le bras 40 en rotation dans
le sens de la flèche 72. Un moteur à un sens suffirait donc pour embrayer l'ouverture
mécanique, le bras 40 pouvant alors être rappelé par un ressort vers la position de
débrayage de l'ouverture mécanique. Il est toutefois avantageux de prévoir un moteur
44 de secours à double sens, sans que le bras 40 ne soit sollicité par un ressort
de rappel. Ceci assure qu'en cas de défaillance de l'alimentation de secours, le bras
40 reste dans la position dans laquelle il se trouve et ne soit pas nécessairement
ramené vers la position de débrayage de l'ouverture mécanique de la figure 1. On peut
notamment prévoir de suivre la tension aux bornes de l'alimentation de secours ; si
cette tension descend en dessous d'une valeur prédéterminée, l'ouverture mécanique
est embrayée. Ceci assure qu'il reste possible d'ouvrir la serrure, dans toutes les
circonstances. Un tel embrayage est avantageusement couplé à une annonce à l'utilisateur
l'invitant à changer l'alimentation de secours.
[0061] Il est aussi avantageux de faire fonctionner le moteur 44, à intervalles réguliers,
hors de toute période de fonctionnement - par exemple lors de l'ouverture de la porte.
Un tel actionnement permet d'éviter les risques de blocage mécanique dus à une immobilisation
prolongée ; il permet aussi de détecter les éventuelles pannes du moteur 44.
[0062] La figure 6 montre une vue de la serrure lors d'une ouverture mécanique. Une action
sur la commande d'ouverture intérieure ou sur la commande d'ouverture extérieure provoque
la rotation du levier 18. Du fait de la présence de l'extrémité 48 du doigt entre
la portée 24 du levier 18 et la deuxième portée 14 du contre-cliquet, la rotation
du levier 18 provoque la rotation du contre-cliquet 6 et l'ouverture du pêne ; le
mouvement de l'ensemble cliquet et du pêne est similaire à celui décrit plus haut
et n'est pas détaillé à nouveau. On a porté à la figure 6 les flèches 74 et 76 représentatives
du mouvement de rotation de l'ensemble cliquet 6-8 et du pêne 2. On a aussi porté
à la figure 6 les flèches 78 et 80 représentatives de la rotation du levier 18 sous
l'action de la commande d'ouverture extérieure ou intérieure, qui provoque la rotation
de l'ensemble cliquet.
[0063] L'ouverture mécanique implique de transmettre depuis la commande d'ouverture vers
le levier la force nécessaire à la rotation de l'ensemble cliquet. Cette force est
plus importante que celle transmise par la commande au levier dans un fonctionnement
normal illustré à la figure 2. Ceci n'empêche pas d'utiliser pour les liaisons entre
les commandes et le levier des systèmes à rendement faible : l'ouverture mécanique
n'est utilisée qu'en mode dégradé. Il est alors acceptable qu'une force plus importante
soit nécessaire pour ouvrir la porte.
[0064] Le fonctionnement de la serrure est le suivant. En mode normal, l'ouverture de la
serrure s'effectue comme expliqué en référence aux figures 2 à 4. Dans ce mode, il
suffirait d'un contact - le contact de la cale 32 pour déclencher le moteur 28 et
donc l'ouverture de la serrure.
[0065] La condamnation ou la décondamnation de la serrure peuvent être assurées de façon
purement logicielle. Il suffit pour condamner la serrure de ne pas déclencher le moteur
28, même lorsque le contact de la cale 32 est commuté. La décondamnation de la serrure
s'effectue en autorisant le déclenchement du moteur par le contact de la cale.
[0066] Si un verrou est prévu, sur une portière avant par exemple, il n'est pas nécessaire
que le verrou soit lié mécaniquement à la serrure : on peut simplement prévoir que
le verrou actionne un commutateur, dont le changement d'état sert pour déclencher
la condamnation ou la décondamnation.
[0067] Dans ce mode de réalisation le plus simple, il n'y a pas de distinction entre la
condamnation et la supercondamnation. Cette distinction apparaît si l'on prévoit un
deuxième contact au niveau de la commande d'ouverture intérieure ou extérieure - il
est précisé plus haut en quoi il peut être avantageux de prévoir ce deuxième contact
sur la commande d'ouverture extérieure. Dans ce cas, l'état des deux contacts permet
de déterminer, pour une rotation du levier 18, quelle commande d'ouverture a été actionnée.
Il est possible d'assurer une condamnation en n'inhibant le déclenchement du moteur
28 que lorsque la commande d'ouverture extérieure est actionnée et en autorisant le
déclenchement du moteur 28 lorsque la commande d'ouverture intérieure est actionnée.
La supercondamnation consiste alors à inhiber le déclenchement du moteur 28, quelle
que soit la commande d'ouverture utilisée. La décondamnation et la dé-supercondamnation
sont encore purement logicielles.
[0068] De même, une distinction entre l'actionnement de la commande d'ouverture intérieure
et la commande d'ouverture extérieure permet de fournir une sécurité enfant et un
override logiciels. La sécurité enfant consiste à inhiber le déclenchement du moteur
28 lorsque seule la commande d'ouverture intérieure est actionnée. L'override, peut
aussi être fourni par logiciel.
[0069] En mode normal, la serrure de la figure 1 fournit donc les diverses fonctions d'autorisation
et d'interdiction d'ouverture mentionnées plus haut.
[0070] En mode dégradé, la serrure fonctionne comme représenté à la figure 6, après embrayage
de l'ouverture mécanique de secours comme représenté à la figure 5. On peut entrer
en mode dégradé, par exemple pour les raisons suivantes.
[0071] Le passage en mode dégradé peut simplement résulter de la constatation que l'actionnement
de la commande d'ouverture intérieure ou extérieure ne provoque pas l'ouverture de
la serrure et le décrochage de l'ouvrant sur lequel la serrure est montée. Pour une
portière, cette absence de décrochage de l'ouvrant est détectable dès lors qu'est
prévu un contact de portière ouverte : la commutation du contact de la cale 32 sans
commutation ultérieure du contact de portière ouverte signifie que le levier 18 a
été entraîné en rotation par la commande d'ouverture intérieure ou extérieure, sans
que la portière ne s'ouvre. On peut alors embrayer l'ouverture mécanique de secours,
de sorte qu'à la tentative suivante, la portière s'ouvre mécaniquement. Ce passage
en mode dégradé peut avoir pour cause une panne d'alimentation électrique du moteur
28, une force d'ouverture de la serrure supérieure à celle que peut fournir le moteur
28 ou une panne du moteur 28 lui-même. De même, on peut utiliser la commutation du
contact de la cale 32 pour obtenir le réembrayage du secours mécanique en cas de panne
électrique, suite à une commande de condamnation déclenchée depuis l'intérieur par
des moyens connus en soi (bouton intérieur par exemple). On peut encore embrayer la
commande mécanique en situation d'urgence, détectée par exemple par la mise en oeuvre
d'un équipement de sécurité du véhicule comme un coussin gonflable ("air-bag") ou
un système anti-blocage (ABS).
[0072] Le passage en mode dégradé peut aussi résulter d'une surveillance de l'alimentation
de secours, comme expliqué plus haut. On évite ainsi qu'une condamnation de la serrure
interdise d'ouvrir la porte en cas de choc ou de panne de l'alimentation principale
du véhicule.
[0073] A l'inverse de la serrure de l'état de la technique équipant le véhicule de marque
Laguna, la serrure décrite aux figures utilise un embrayage unique pour l'ouverture
mécanique, qui agit tant sur la commande d'ouverture intérieure que sur la commande
d'ouverture extérieure. Ceci repose sur la constatation qu'en mode dégradé - en situation
d'urgence - il n'est pas gênant de permettre l'ouverture à partir des commandes d'ouverture
extérieure et intérieure. Cette constatation permet de simplifier les moyens utilisés
pour l'embrayage mécanique de la serrure.
[0074] Comme le moteur de secours n'est utilisé que pour l'embrayage de l'ouverture mécanique,
il n'a pas à être dimensionné pour des charges importantes ; son alimentation de secours
est aussi réalisable à peu de frais.
[0075] Pour l'utilisateur, la réaction de la commande d'ouverture, en mode normal, est insensible
à la réaction des joints de l'ouvrant ; la force que l'utilisateur exerce sur la commande
est la somme de la force nécessaire à déplacer la commande à l'encontre de la sollicitation
de son ressort et de la force nécessaire à la rotation du levier 18. Cette somme de
forces est indépendante de la force nécessaire pour faire tourner l'ensemble cliquet
6-8 et ouvrir la serrure. La force exercée par l'utilisateur sur la commande d'ouverture
intérieure ou extérieure peut être de l'ordre de 10 N. En mode dégradé, la force est
plus importante - ce qui n'est pas dirimant. La force dans ce cas peut être de l'ordre
de 80 N.
[0076] La figure 7 est un diagramme du fonctionnement de la serrure des figures 1 à 6. On
a représenté sur la figure l'actionneur d'ouverture électrique - le moteur 28 dans
l'exemple - ainsi que la base mécanique de la serrure - le cliquet 8 associé au contre-cliquet
6 dans l'exemple. La figure montre encore un détecteur d'action mains libres 52, qui
est par exemple un détecteur de proximité d'une clef. Depuis l'extérieur, la serrure
est susceptible d'être ouverte à l'aide de la commande d'ouverture extérieure 54.
Depuis l'intérieur, la serrure est susceptible d'être ouverte à partir de la commande
d'ouverture intérieure, la figure montrant encore la commande d'override 58. La figure
7 montre en traits gras les liens mécaniques, entre
- la commande d'ouverture extérieure et la base mécanique;
- la commande d'ouverture intérieure et la base mécanique,
- l'actionneur d'ouverture électrique et la base mécanique.
Comme expliqué plus haut, les liens mécaniques d'une part entre la commande d'ouverture
extérieure et la base mécanique et d'autre part entre la commande d'ouverture intérieure
et la base mécanique sont susceptibles d'être embrayés ou débrayés. Ceci est symbolisé
sur la figure 7 par l'actionneur 59 de débrayage des liens mécaniques; dans l'exemple
des figures 1 à 6, cet actionneur est constitué du moteur 44 avec le bras 40 et le
doigt 46. Cet actionneur permet de débrayer ou d'embrayer mécaniquement les liens
mécaniques; ceci est symbolisé par les interrupteurs 55 et 57 sur les liens mécaniques
entre d'une part la commande d'ouverture extérieure et la base mécanique et d'autre
par entre la commande d'ouverture intérieure et la base mécanique, ainsi que par les
liens mécaniques depuis l'actionneur 59 vers ces interrupteurs 55 et 57.
[0077] Par ailleurs, comme expliqué plus haut, du fait de la cale d'autorisation d'ouverture,
l'ouverture électrique de la serrure est susceptible d'être embrayée ou débrayée,
mécaniquement. Autrement dit, dans l'état embrayé, l'ouverture électrique - le déclenchement
du moteur électrique 28 - a pour effet d'ouvrir la serrure; dans l'état débrayé, le
déclenchement du moteur n'a pas d'effet sur l'ouverture de la serrure. Structurellement,
la cale d'autorisation d'ouverture assure l'embrayage ou le débrayage de l'actionneur
d'ouverture électrique 28. Ceci est représenté sur la figure par l'interrupteur 53
entre l'actionneur d'ouverture électrique 28 et la base mécanique de la serrure. La
figure montre en trait fins que l'action sur la commande d'ouverture intérieure ou
extérieure a pour effet d'embrayer l'ouverture électrique de la serrure; à l'état
de repos, l'ouverture électrique est toujours débrayée. Par ailleurs, les ressorts
représentés symboliquement sur la figure indiquent la sécurité élastique en cas de
blocage du moteur 28 : l'ouverture mécanique reste possible même si le moteur est
bloqué.
[0078] La figure montre en traits interrompus les commandes logicielles. L'ouverture de
la serrure depuis l'extérieur est commandée par logiciel lorsque la commande d'ouverture
extérieure est actionnée - ce qui a pour effet de déplacer la cale d'autorisation
d'ouverture pour embrayer l'ouverture électrique de la serrure - et que les capteurs
détectent une demande d'ouverture. Cette demande d'ouverture peut résulter de l'action
sur la commande d'ouverture extérieure, comme expliqué plus haut; on peut aussi, comme
représenté sur la figure, prévoir une redondance avec le capteur 52. La condamnation
de la serrure depuis l'extérieur peut être commandée depuis le détecteur 52.
[0079] L'ouverture de la serrure depuis la commande d'ouverture intérieure est aussi commandée
par logiciel, lorsque la commande d'ouverture intérieure est actionnée - ce qui a
pour effet de déplacer la cale d'autorisation d'ouverture pour embrayer l'ouverture
électrique de la serrure - et que le ou les capteurs détectent une demande d'ouverture
par actionnement de la commande d'ouverture intérieure. Comme expliqué plus haut,
la fonction de sécurité enfant est mise en oeuvre de façon logicielle, en empêchant
l'ouverture malgré l'actionnement de la sécurité enfant. La fonction d'override est
aussi une fonction logicielle.
[0080] Dans la serrure des figures 1 à 6, la cale d'autorisation d'ouverture n'est pas indispensable.
Elle assure comme expliqué plus haut une protection contre l'ouverture accidentelle
en cas d'autoamorçage du moteur et permet de continuer à utiliser les commandes mécaniques
de la serrure lorsque le moteur est bloqué dans la position d'ouverture. Toutefois,
on pourrait parfaitement se passer de ces fonctions et ne pas prévoir de cale d'autorisation
d'ouverture.
[0081] Dans la position fermée de la serrure et dans l'état décondamné, l'embrayage mécanique
de la serrure est débrayé. Autrement dit, les liens mécaniques entre la commande d'ouverture
intérieure et le cliquet 8 ainsi que les liens mécaniques entre la commande d'ouverture
extérieure et le cliquet sont interrompus. Ces liens mécaniques participent à la condamnation,
dans la mesure où leur débrayage ou leur retrait est nécessaire à la condamnation
de l'ouverture mécanique de la serrure. Toutefois, ce ne sont pas les liens mécaniques
qui servent à décondamner, puisqu'ils ne sont pas embrayés, même lorsque la serrure
est décondamnée. Les avantages de ces caractéristiques sont décrits plus haut : la
serrure est une serrure purement électrique et non pas une serrure à ouverture assistée
électriquement; on évite ainsi que la course des commandes déclenche l'ouverture électrique
puis provoque l'ouverture mécanique en fin de course. Même si l'utilisateur actionne
brutalement la commande d'ouverture intérieure ou la commande d'ouverture extérieure,
la fin de la course ne peut pas interférer avec le fonctionnement du moteur.
[0082] Un autre problème des serrures de l'état de la technique est celui de la diversité.
En effet, les serrures des portières gauches ou droites sont généralement symétriques,
du fait des contraintes spatiales sur la position de la serrure dans la portière et
du doigt correspondant sur le véhicule. Par ailleurs, la fonction sécurité enfant
n'est souvent prévue que pour les portières arrières, tandis qu'un verrou n'est prévu
que sur les portières avant. Enfin, dans les serrures mécaniques ou électromécaniques
de l'état de la techniques, les liaisons mécaniques entre la serrure et les commandes
d'ouverture extérieure et intérieure sont adaptées à chaque modèle de portière. Il
est donc courant que pour un même véhicule soient prévus quatre modèles de serrure
; pour des véhicules d'une même gamme, il peut être nécessaire de prévoir pour chaque
portière de chaque véhicule un modèle de module de serrure - serrure, liaisons mécaniques
vers les commandes d'ouvertures intérieure ou extérieure, et le cas échéantes commandes
d'ouvertures. Cette diversité des modèles complique la fabrication et engendre des
coûts supplémentaires.
[0083] La serrure décrite en référence aux figures apporte une solution à ce problème de
diversité. En effet, comme expliqué plus haut, la serrure permet d'utiliser pour les
liaisons avec les commandes d'ouverture extérieure et intérieure des systèmes à rendement
faible, d'une longueur supérieure à la distance la plus courte entre la serrure et
la commande. Ainsi, il est possible, pour une même portière, de choisir les systèmes
de liaison de sorte que le module de serrure s'adapte à tous les véhicules de la gamme.
Il suffit pour cela de dimensionner le système de liaison de sorte à permettre au
module d'être monté sur le véhicule avec la plus grande distance entre les commandes
et la serrure ; le module peut alors être monté sur les portières de tous les autres
véhicules de la gamme : la longueur plus importante que nécessaire du système de liaison
n'étant pas un problème.
[0084] Par ailleurs, on comprend de la description qui précède que les fonctions d'autorisation
et d'interdiction d'ouverture peuvent être logicielles, sans qu'il ne soit nécessaire
que la serrure présente des éléments mécaniques particuliers, notamment pour la sécurité
enfant ou l'override ; de même, la présence d'un verrou sur une portière ne nécessite
pas de pièce mécanique particulière sur la serrure. Il est ainsi possible d'utiliser
la même serrure pour les portières avant et arrière.
[0085] Ainsi, la serrure permet de fournir un module utilisable pour les portières avant
et arrière, sur différents véhicules. Si l'on converse des serrures symétriques pour
les portières gauches et droites, il suffit de fournir deux modules pour équiper tous
les véhicules d'une gamme. La serrure constitue donc une réponse au problème de diversité.
[0086] Les figures 8 à 11 montrent un exemple d'une autre serrure. Cette serrure est similaire
à celle des figures 1 à 6; toutefois, au lieu de ne prévoir qu'un embrayage unique
pour les commandes d'ouverture extérieure et intérieure, on utilise une liaison mécanique
pour la commande d'ouverture intérieure et une liaison électrique pour la commande
d'ouverture extérieure. La figure 8 montre une vue schématique de la serrure dans
une position fermée et super-condamnée. Les éléments de la serrure qui sont similaires
à ceux de la figure 1 portent les mêmes références et ne sont pas décrits à nouveau.
On reconnaît donc le pêne 2, le levier 18, le câble ou tringle d'ouverture intérieure
22, le contre-cliquet 6, le cliquet 8, le moteur d'ouverture électrique avec son bras
d'entraînement 82, le bras 40, le moteur 44, le doigt d'embrayage 46 et l'organe 50
de guidage.
[0087] A l'inverse de la serrure de la figure 1, la serrure de la figure 8 ne présente pas
de cale d'autorisation d'ouverture avec le bras et le tenon. De la sorte, le bras
d'entraînement 82 du moteur 28 porte directement sur la première portée 12 du contre-cliquet
6 lorsque le moteur 28 est actionné. La forme du bras d'entraînement 82 du moteur
28 est légèrement différente sur la figure 8, comparée à la figure 1, du fait de l'absence
de la cale d'autorisation d'ouverture; plus précisément, le bras 82 présente une dimension,
suivant sa direction de déplacement, sensiblement égale à la somme des dimension du
bras 30 et de la cale 32; ceci permet de ne pas modifier la course du moteur 28 pour
assurer l'ouverture.
[0088] En outre, la serrure ne présente pas de câble ou tringle d'ouverture extérieure 20.
Structurellement, le levier 18 est identique à celui des figures 1 à 6, mais on comprend
que l'on pourrait se passer de la lumière et de la partie servant à recevoir le câble
d'ouverture extérieure.
[0089] Dans l'état représenté à la figure 8, la serrure est fermée et supercondamnée ou
en mode de sécurité enfant. Comme à la figure 1, le doigt d'embrayage 46 est remonté
et ne se trouve pas entre les portées 14 et 24 du levier 18 et du contre-cliquet 6.
[0090] La figure 9 montre, pour cet état de la serrure, le déplacement des pièces de la
serrure lors d'une tentative d'ouverture depuis la commande d'ouverture intérieure;
le levier 18 est entraîné en rotation autour de l'axe 10 par la traction du câble
22, comme représenté sur la figure par la flèche 84. La portée 24 du levier s'approche
de la deuxième portée du contre-cliquet 6. Du fait de la position du doigt d'embrayage
46, la rotation du levier 18 n'est pas transmise au contre-cliquet. L'action sur la
commande d'ouverture intérieure ne provoque donc pas l'ouverture mécanique de la serrure,
qui est débrayée. Dans un état supercondamné ou avec sécurité enfant, l'ouverture
électrique de la serrure n'est pas non plus déclenchée, de sorte que la tentative
d'ouverture depuis la commande d'ouverture intérieure est sans effet sur l'ouverture
de la serrure.
[0091] La figure 10 montre une vue de la serrure de la figure 8, dans une position fermée
dé-super-condamnée; le pêne 2 est dans la même position qu'à la figure 8. Le doigt
d'embrayage 46 se trouve dans la position basse, de telle sorte que son extrémité
48 se trouve entre les portées 14 et 24. On passe de la position supercondamnée (ou
sécurité enfant) de la figure 8 à la position de la figure 10 en déplaçant le bras
40 à l'aide du moteur 44, comme symbolisé sur la figure 10 par la flèche 86.
[0092] La figure 11 est une vue de la serrure, montrant le déplacement des différentes pièces
lors d'une ouverture mécanique depuis la commande d'ouverture intérieure, depuis l'état
représenté à la figure 10. On a représenté à la figure le contour de toutes les pièces,
pour plus de clarté. Une action sur la commande d'ouverture intérieure provoque la
rotation du levier 18 dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, comme symbolisé
par la flèche 84. La portée 24 du levier 18 pousse l'extrémité 48 du doigt d'embrayage
46, qui sollicite la deuxième portée du contre-cliquet 6. Sous cette action, le contre-cliquet
6 et le cliquet 8 tournent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, autour
de l'axe 10; cette rotation est symbolisée sur la figure par la flèche 88. La rotation
du cliquet et du contre-cliquet provoque, comme expliqué en référence aux figures
4 ou 5, la rotation du pêne 2 autour de l'axe 4, symbolisée sur la figure par la flèche
90. L'ouverture est une ouverture purement mécanique, sans que le moteur 28 ne soit
déclenché.
[0093] La figure 12 est un diagramme du fonctionnement de la serrure des figures 8 à 11,
dans l'exemple où l'actionnement de la commande d'ouverture intérieure provoque une
ouverture électrique. On a représenté sur la figure l'actionneur d'ouverture électrique
100 - le moteur 28 et son bras 82 dans l'exemple - ainsi que la base mécanique 102
de la serrure - le cliquet 8 associé au contre-cliquet 6 dans l'exemple. La figure
montre à nouveau le détecteur 52, la commande d'ouverture extérieure 54, la commande
d'ouverture intérieure 56, la commande d'override 58 et l'actionneur 59 de débrayage
des liens mécaniques.
[0094] La figure 12 montre en traits gras les liens mécaniques, entre d'une part
- l'actionneur d'ouverture électrique 100 et la base mécanique 102;
- la commande d'ouverture intérieure 56 et la base mécanique 102.
Comme expliqué plus haut, les liens mécaniques entre la commande d'ouverture intérieure
et la base mécanique sont susceptibles d'être embrayés ou débrayés. Ceci est symbolisé
sur la figure 12 par l'actionneur 59 de débrayage des liens mécaniques et par l'interrupteur
104; dans l'exemple des figures 8 à 11, cet actionneur est constitué du moteur 44
avec le bras 40 et le doigt 46. Cet actionneur permet de débrayer ou d'embrayer mécaniquement
l'ouverture mécanique de la serrure.
[0095] La figure montre en traits interrompus les commandes logicielles respectives, entre
- le capteur 52 et l'actionneur d'ouverture électrique 100;
- la commande d'ouverture extérieure 54 et l'actionneur d'ouverture électrique 100;
- la commande d'ouverture intérieure 56 et l'actionneur d'ouverture électrique 100;
- la commande d'override 58 et l'actionneur d'ouverture électrique 100.
[0096] Le fonctionnement de la serrure est le suivant.
[0097] L'ouverture de la serrure depuis la commande d'ouverture extérieure 54 est électrique
et s'effectue par déclenchement du moteur 28, de sorte que le bras d'entraînement
82 provoque la rotation du contre-cliquet 6. On ne prévoit pas de câble ou tringle
vers le levier. De la sorte, il n'est pas nécessaire de prévoir sur la portière du
véhicule une commande d'ouverture extérieure ou une serrure. On peut le cas échéant
prévoir une redondance d'alimentation, de capteur ou logicielle pour sécuriser l'ouverture
de la serrure par une télécommande extérieure. La condamnation et la décondamnation
de la serrure sont des opérations purement logicielles, qui n'impliquent aucun élément
mécanique. Le risque d'auto-ouverture n'est pas géré comme dans l'exemple des figures
1 à 6 par une ouverture électrique embrayable et débrayable. On peut prévoir un capteur
dans la commande d'ouverture extérieure, de sorte à détecter l'actionnement de la
commande d'ouverture extérieure (si elle existe). L'ouverture électrique est alors
commandée de façon logicielle lorsque le capteur 52 et le capteur de la commande d'ouverture
extérieure indiquent tous les deux une demande d'ouverture de la serrure. On peut
aussi prévoir un circuit de surveillance externe (watchdog en langue anglaise) sur
l'électronique d'ouverture pour limiter les risques d'auto-ouverture. La figure montre
donc un trait interrompu entre d'une part le capteur 52 et l'actionneur 100 et d'autre
part entre la commande d'ouverture extérieure 54 et l'actionneur 100. Dans l'exemple
de la figure, on a prévu une redondance entre une commande d'ouverture extérieure
et un détecteur d'actionnement mains libres. On pourrait aussi utiliser des capteurs
différents. Pour l'ouverture extérieure, la position du doigt 46 est aussi sans incidence.
[0098] L'ouverture de la serrure depuis l'intérieur est une ouverture mécanique. Dans l'état
condamné, super-condamné ou sécurité enfant, le doigt 46 est dans la position remontée
de la figure 8; une action sur la commande d'ouverture intérieure déplace le levier
18, mais n'a pas d'effet sur le cliquet et le contre-cliquet. Sur le schéma de la
figure 12, ces états correspondent à une ouverture de l'interrupteur 104 par l'actionneur
de débrayage 59, de sorte que l'ouverture mécanique depuis la commande d'ouverture
intérieure est débrayée. Lorsque la serrure est décondamnée, en l'absence de sécurité
enfant, le doigt 46 est dans la position basse de la figure 10; sur le schéma de la
figure 12, ceci correspond à fermer l'interrupteur 104, de sorte à embrayer l'ouverture
mécanique de la serrure. L'actionnement de la commande d'ouverture intérieure 56 agit
sur la base mécanique 102 pour provoquer l'ouverture de la serrure.
[0099] Le fait d'abaisser le doigt d'embrayage 46, comme représenté à la figure 10, dé-super-condamne
la serrure ou désactive la sécurité enfant. Lorsque ce doigt est abaissé, une action
sur la commande d'ouverture intérieure provoque l'ouverture de la serrure, comme expliqué
en référence à la figure 11. La serrure est donc une serrure à ouverture extérieure
purement électrique, à ouverture intérieure purement mécanique, avec des liens mécaniques
débrayables pour la super-condamnation ou pour la sécurité enfant.
[0100] La condamnation de la serrure est une opération logicielle, tout comme la décondamnation.
La super-condamnation de la serrure s'obtient en montant le doigt 46, tout comme la
sécurité enfant. Ces fonctions sont donc assurées par le débrayage de l'ouverture
mécanique intérieure. L'override est une opération logicielle, qui n'implique pas
de déplacement du doigt 46.
[0101] Comme dans l'exemple des figures 1 à 6, la serrure des figures 8 à 11 permet de réduire
le problème de la diversité et de limiter le besoin d'une alimentation de secours
dans la porte. La serrure des figures 8 à 11 permet aussi de simplifier la structure
des portières, dans la mesure où elle n'implique pas de liens mécaniques entre la
commande d'ouverture extérieure et la serrure. On pourrait aussi en utilisant d'autres
capteurs que le capteur de la commande d'ouverture extérieure décrit dans l'exemple,
se passer complètement de commande d'ouverture extérieure.
[0102] Il est avantageux, pour la serrure de la figure 8, que le doigt 46 se trouve entre
les portées 14 et 24 en position de repos. Ceci évite de devoir prévoir dans la porte
une alimentation de secours pour le moteur 44. En effet, si le doigt 46 en position
de repos est en position haute, il est préférable de disposer dans la porte du véhicule
une alimentation de secours - batterie, capacité ou autre - susceptible de permettre,
en cas d'accident, un embrayage des liens mécaniques. A l'inverse, si le doigt 46
se trouve au repos dans la position basse, il est possible de super-condamner la serrure
ou de fournir une sécurité enfant dès le démarrage du véhicule, sans prévoir d'alimentation
de secours; il suffit pour cela, à l'aide de la batterie du véhicule, de remonter
le doigt 46. Si on laisse toujours le doigt 46 en position basse sur la portière conducteur
- autrement dit si l'on ne permet pas la super-condamnation de la portière conducteur
- il reste toujours une portière susceptible d'être ouverte depuis la commande d'ouverture
intérieure, même en cas d'accident.
[0103] De façon alternative à ce qui est décrit en référence à la figure 9, on pourrait
prévoir, comme dans l'exemple des figures 1 à 6, une ouverture électrique par le moteur
28, déclenchée par le mouvement de la commande d'ouverture intérieure ou par le mouvement
du levier. Dans ce cas, l'actionnement de la commande d'ouverture intérieure représenté
à la figure 9 aurait pour effet de déclencher l'ouverture électrique. Cette solution
permet de fournir une ouverture électrique de la serrure depuis la commande d'ouverture
intérieure. Elle présente l'inconvénient d'imposer une alimentation de secours pour
abaisser le doigt 46 en cas de défaillance de l'ouverture électrique, pour permettre
l'ouverture mécanique de la serrure au moins depuis la commande d'ouverture intérieure.
[0104] Une autre alternative est de prévoir une ouverture assistée électriquement depuis
la commande d'ouverture intérieure. Dans ce cas, lorsque la serrure est décondamnée,
en l'absence de super-condamnation ou de sécurité enfant, le doigt 46 est en position
basse comme représenté à la figure 10. Une action sur la commande d'ouverture intérieure
provoque le déplacement du levier et déclenche l'ouverture par le moteur. Cette solution
présente les inconvénients d'une ouverture mécanique assistée, en particulier les
risques lors d'un actionnement brutal de la commande d'ouverture intérieure. Elle
évite aussi de prévoir une alimentation de secours dans la portière et permet de n'utiliser
qu'un moteur 44 de très faible puissance pour actionner le doigt 46.
[0105] Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisation décrits à titre
d'exemple. En particulier, les formes des différentes pièces assurant l'ouverture
électrique ou mécanique de la serrure - ensemble cliquet, levier, etc. - peuvent varier
; le levier 18 pourrait ainsi être une pièce montée à translation, bien qu'une telle
pièce montée à translation ne soit pas couverte par une définition stricte du mot
"levier". On a mentionné des ressorts assurant le rappel des différentes pièces de
la serrure ; on pourrait aussi prévoir une fermeture électrique de la serrure. Il
est particulièrement avantageux de ne prévoir qu'un embrayage unique pour les commandes
d'ouverture extérieure et intérieure ; on pourrait toutefois prévoir des liaisons
distinctes pour chaque commande. Les exemples mentionnent des moteurs électriques
; on pourrait aussi utiliser pour l'ouverture électrique de la serrure ou l'embrayage
d'ouverture mécanique des actionneurs différents, comme des actionneurs pneumatiques.
[0106] On a décrit une configuration avec trois commutateurs permettant d'assurer les différentes
fonctions d'autorisation et d'interdiction d'ouvertures. Il est avantageux que le
circuit de secours, commandant le déclenchement du moteur de secours 44 soit relié
non seulement à l'alimentation de secours, au moteur de secours et au circuit principal
du véhicule, mais aussi à ces trois commutateurs. Ainsi, l'ouverture mécanique peut
être embrayée sur détection d'une situation dégradée par le circuit principal du véhicule,
un ordre étant transmis au circuit commandant le moteur de secours. L'ouverture mécanique
peut aussi être embrayée sur détection autonome du circuit de secours, à partir des
trois commutateurs : par exemple, en cas de panne du moteur 28, le circuit de secours
peut déclencher l'embrayage de l'ouverture mécanique de la serrure, même si l'alimentation
principale du véhicule est assurée.
[0107] Les différents circuits ou logiciels de commande de la serrure ne sont pas décrits
en détails ; ils peuvent être réalisés par l'homme du métier, à l'aide de composants
connus en soi dans l'état de la technique.