[0001] La présente invention a pour objet un procédé de fabrication de sucre raffiné à partir
de jus sucré, tel qu'un jus brut de canne à sucre ou de betterave à sucre ; elle a
également pour objet une installation pour la mise en oeuvre de procédé.
[0002] A ce jour, la production de sucre raffiné (ou sucre blanc) à partir de la canne à
sucre comprend un certain nombre de traitements réalisés en sucrerie suivis par un
certain nombre de traitements supplémentaires réalisés en raffinerie.
[0003] Schématiquement, les principales étapes de traitement en sucrerie sont l'extraction
du sucre par broyage - pressage de la canne ou par diffusion ce qui conduit à un jus
sucré brut, la clarification de ce jus par ajout de chaux, neutralisation de cette
dernière par du gaz carbonique (dans le cas de la betterave) et décantation du jus
ainsi traité, la concentration du jus résultant et enfin la cristallisation et le
turbinage du sucre généralement en trois étapes, ce qui conduit à l'obtention de sucre
roux et d'une mélasse.
[0004] En raffinerie, les opérations auxquelles est soumis le sucre roux sont pour l'essentiel
un affinage (lavage des cristaux par une solution aqueuse saturée de sucre puis turbinage)
pour éliminer les impuretés situées à la surface des cristaux, une remise en solution
du sucre résultant, une clarification, une décoloration, une cristallisation et un
turbinage. Du fait de la pureté relativement élevée du sirop soumis à cette cristallisation,
cette dernière opération est plus difficile qu'en sucrerie et exige deux à trois jets,
la pureté de l'égout du dernier jet est encore très élevée et le sucre qu'il contient
est extrait par une cristallisation complémentaire en 3 ou 4 étapes, dite cristallisation
« de bas produits », qui conduit à la production d'un sucre très coloré, qui est recyclé
en tête de la raffinerie, et d'une mélasse. On notera qu'en raison de la viscosité
élevée du produit soumis à cette cristallisation, cette dernière est coûteuse en matériel
et en énergie.
[0005] Depuis plusieurs années, un certain nombre de procédés ont été étudiés pour améliorer
la qualité du sucre au niveau de la sucrerie.
[0006] Ainsi, Kwock et al ont proposé, dans le brevet US N° 5 554 227, un procédé conduisant
à la production d'un sucre roux à basse coloration dit SVLC « Super Very Low colour
» par enchaînement des opérations de filtration sur membrane, d'adoucissement et de
cristallisation. Ce procédé permet une simplification du raffinage du sucre roux et
en particulier la suppression des opérations d'affinage et d'épuration. Il permet
également la mise en oeuvre d'une étape de chromatographie pour récupérer le sucre
des mélasses et améliorer ainsi le rendement d'extraction de la sucrerie. Cette chromatographie
conduit généralement à la production de deux fractions, à savoir un extrait riche
en sucre et un raffinat contenant les impuretés du sucre.
[0007] Mc Kearny et al ont pour leur part proposé, dans la demande internationale WO 95/16
794, la chromatographie comme moyen de purification des jus de betterave après leur
clarification, adoucissement et concentration et avant cristallisation. Ce document
montre qu'en partant d'un sirop d'une pureté (pourcentage en poids de sucre par rapport
à la matière sèche) d'environ 90 %, la chromatographie permet de remonter cette pureté
à au moins 94 %. La cristallisation d'un tel sirop en trois jets fournit un sucre
blanc et une mélasse d'une pureté d'environ 60 %.
[0008] Cependant, l'application de ce procédé au jus de canne n'est pas envisageable d'un
point de vue économique.
[0009] En effet, la production de sucre blanc à partir de jus de canne, exige de partir
d'un sirop ayant une pureté très supérieure à celle d'un sirop de betterave, à savoir
de l'ordre de 98 % au lieu de 94 %. Dans ces conditions, il devient impossible de
produire du sucre blanc avec un bon rendement par une cristallisation à 3 jets car
pour préserver la qualité du sucre produit, il n'est pas possible de cristalliser
à chaque jet plus de 50 à 60 % du sucre présent.
[0010] Une solution à ce problème serait de prolonger la cristallisation par 2 ou 3 jets
dits d'épuisement, ce qui revient à reproduire la cristallisation des bas produits
mise en oeuvre en raffinerie, et que l'on cherche précisément à éviter.
[0011] Le but de la présente invention est donc de résoudre le problème susvisé de manière
économique et pour ce faire elle propose un procédé de fabrication de sucre raffiné
(ou sucre blanc) à partir d'un jus sucré tel que du jus brut de canne à sucre ou de
betterave à sucre, contenant des sucres et des impuretés, ce procédé étant caractérisé
en ce qu'il comprend les opérations :
- de filtration tangentielle du jus sucré pour obtenir un rétentat et un filtrat,
- d'adoucissement du filtrat pour obtenir un filtrat adouci,
- de concentration du filtrat adouci pour obtenir un sirop adouci,
- de chromatographie du sirop adouci pour obtenir un extrait enrichi en sucres et un
raffinat enrichi en impuretés,
- de cristallisation à deux ou plus de deux jets, de l'extrait pour obtenir du sucre
raffiné et un égout, et
- de combinaison de l'égout avec le sirop adouci afin qu'ils soient tous deux soumis
à l'opération de chromatographie.
[0012] Ainsi, conformément à la présente invention il n'y a pas prolongement de la cristallisation,
mais recyclage de l'égout du dernier jet de cristallisation pour le soumettre à l'opération
de chromatographie conjointement avec le sirop issu de l'opération de concentration.
[0013] Il n'y a donc plus production de mélasse, les non-sucres (impuretés) du jus sucré
étant éliminés dans la fraction raffinat de la chromatographie et le sucre du dernier
égout étant récupéré dans la fraction extrait de ladite chromatographie, ce qui augmente
le rendement global.
[0014] Avantageusement, le procédé selon l'invention comprend en outre une opération de
clarification du jus sucré avant de le soumettre à l'opération de filtration tangentielle
; cette clarification élimine les matières non dissoutes.
[0015] Par ailleurs, l'opération de filtration tangentielle sera de préférence choisie parmi
une ultrafiltration tangentielle, une microfiltration tangentielle et une nanofiltration
tangentielle ; ces techniques de filtration, qui mettent en oeuvre des membranes appropriées,
sont bien connues dans la technique antérieure.
[0016] L'opération d'adoucissement comprend de préférence une opération d'échange d'ions
faisant appel à une résine échangeuse d'ions (cations), par exemple sous forme Na
+.
[0017] On notera qu'avant de soumettre l'extrait formé au cours de l'opération de chromatographie,
à l'opération de cristallisation, on le soumet à une opération de concentration.
[0018] Le procédé selon l'invention peut en outre comprendre une opération de décoloration
de l'extrait, de préférence l'extrait concentré, avant de le soumettre à l'opération
de cristallisation ; cette décoloration peut être constituée par le traitement de
l'extrait par une résine absorbante.
[0019] On ajoutera que selon l'invention, il est avantageusement prévu une opération de
régénération de la résine échangeuse d'ions mise en oeuvre dans l'opération d'adoucissement,
au moyen du raffinat produit lors de l'opération de chromatographie.
[0020] La présente invention a par ailleurs pour objet une installation pour la mise en
oeuvre du procédé ci-dessus décrit, cette installation étant caractérisée en ce qu'elle
comprend :
- une source de jus sucré,
- des moyens de filtration tangentielle du jus sucré provenant de cette source, ces
moyens comprenant une sortie de filtrat,
- des moyens d'adoucissement du filtrat comprenant une sortie de filtrat adouci,
- des moyens de concentration du filtrat adouci, comprenant une sortie de sirop,
- des moyens de chromatographie dudit sirop, comprenant une sortie de raffinat et une
sortie d'extrait,
- des moyens de concentration de l'extrait, comprenant une sortie d'extrait concentré,
- des moyens de cristallisation, à deux ou plus de deux jets, de l'extrait concentré,
comprenant des moyens de récupération de sucre cristallisé et des moyens de récupération
de l'égout du dernier jet de cristallisation, et
- des moyens d'amenée de cet égout en tête des moyens de chromatographie.
[0021] L'installation ci-dessus peut en outre comprendre des moyens de décoloration de l'extrait
concentré issu de la sortie d'extrait concentré des moyens de concentration.
[0022] Enfin, les moyens d'adoucissement comprennent avantageusement une résine échangeuse
d'ions, des moyens d'amenée du raffinat en tête des moyens d'adoucissement étant alors
prévus en vue de la régénération de ladite résine.
[0023] Un mode de réalisation de la présente invention est décrit ci-après avec référence
à la figure unique ci-jointe qui est une représentation schématique de l'installation
selon l'invention.
[0024] Le produit de départ mis en oeuvre dans ce procédé est un jus brut de canne, par
exemple obtenu par broyage - pressage de cannes, ce qui conduit à un résidu fibreux
(bagasse) et un jus brut ; en variante, on peut faire appel à la technique de diffusion
consistant à épuiser par de l'eau chaude des cannes découpées en fragment, ce qui
conduit à un résidu et à un jus brut. Bien entendu, le jus brut de départ pourrait
également être un jus brut de betterave à sucre.
[0025] Le jus brut susvisé, qui contient des sucres et des non-sucres est éventuellement
soumis à une clarification.
[0026] Cette clarification a pour but d'éliminer la majeure partie des matières solides
en suspension. A cet effet, le jus brut est amené par la pompe de circulation 1 et
le conduit 2 à la partie haute d'un réservoir de floculation 3, après avoir été réchauffé
de préférence à 70-105° C, par exemple au moyen d'un échangeur de chaleur indirect
4. Dans ce réservoir 3, il est mélangé sous agitation vive avec une suspension de
chaux éteinte stockée dans le réservoir 5 et amenée depuis ce dernier à la partie
haute du réservoir 3 par une pompe de circulation 6 et un conduit 7. Un agent floculant,
tensioactif cationique, anionique ou non-ionique, tel que le Separan de la Société
DEGREMONT, est ensuite introduit dans le jus chaulé. Habituellement, la dose de chaux
sera de 0,5 à 4 g/l de jus et la quantité d'agent floculant sera de 1 à 10 mg/kg de
matière sèche du jus à traiter. Le jus chaulé additionné de l'agent floculant est
alors amené par un conduit 8 dans un bac de décantation 9.
[0027] Bien que cela ne soit pas représenté sur la figure unique, le fond du bac 9 peut
être pourvu d'un conduit et d'une pompe d'extraction amenant le dépôt solide rassemblé
dans la partie conique du bac 9 dans une unité de filtration (par exemple filtre rotatif),
le filtrat étant ensuite ramené dans le bac 9. Après un temps de contact de l'ordre
de 30 à 120 minutes entre le jus sucré brut et l'agent floculant, le liquide surnageant
(jus clarifié) dans le bac 9 est extrait de ce dernier par une pompe de circulation
10 refoulant dans une unité 11 de microfiltration tangentielle, d'ultrafiltration
tangentielle ou de nanofiltration tangentielle. Si nécessaire, le surnageant ainsi
soutiré du bac 9 peut être réchauffé afin que l'opération dans cette unité 11 ait
lieu à une température de l'ordre de 70 à 99° C et de préférence de 95 à 99° C. La
membrane utilisée dans l'unité 11 peut être du type organique ou du type minéral (par
exemple en TiO
2 ou ZrO
2) et présenter un seuil de coupure correspondant à un poids moléculaire d'au moins
1 000, de bons résultats étant obtenus avec une membrane d'ultrafiltration ayant un
seuil de coupure correspondant à un poids moléculaire de 300 000, ainsi qu'avec une
membrane de microfiltration ayant un diamètre de pore de 0,1 µm. Ainsi, utilisation
peut être faite par exemple de la membrane KERASEP® disponible auprès de la société
française TECH-SEP ou de la membrane FIMTEC® GR 90 PP de la société américaine DOW.
La vitesse de circulation tangentielle du jus clarifié est adaptée à la géométrie
du module de micro-, ultra- ou nanofiltration mis en oeuvre et pourra être de l'ordre
de 2 à 9 m/s, de préférence 6 m/s. Cette vitesse de circulation est réglée par la
pompe 10, étant précisé qu'une partie du jus filtré est ramenée par une conduite de
retour 11
a à l'aspiration de ladite pompe 10.
[0028] Le filtrat (perméat) issu de l'unité 11 est ensuite acheminé par un conduit 12 dans
un réservoir de stockage 13 à partir duquel il est soutiré par une pompe 14 pour être
amené en tête d'une colonne d'adoucissement 15 remplie d'une résine échangeuse de
cations, notamment une résine cationique forte, sous la forme Na
+ et/ou K
+, par exemple une résine de Rhom et Haas. Cette colonne est pourvue, à sa partie haute,
d'une amenée 16 de filtrat reliée au refoulement de la pompe 14 et, à sa partie basse,
d'un conduit 17 de sortie de filtrat adouci (teneur en ions Ca
2+ et/ou Mg
2+ de l'ordre de 10 à 50 ppm), les ions Ca
2+ et/ou Mg
2+ présents dans le filtrat amené en tête de colonne (teneur en ions Ca
2+ et/ou Mg
2+ de l'ordre de 300 à 3000 ppm) étant retenus par la résine au cours de la progression
du filtrat à travers la colonne en déplaçant les ions Na
+ et/ou K
+ de cette résine.
[0029] Le filtrat adouci évacué par le conduit 17 parvient ensuite dans un réservoir 18
d'où il est soutiré par une pompe 19 pour être amené dans une unité de concentration
20 qui peut être par exemple un évaporateur tel qu'un évaporateur à flot tombant.
Le sirop obtenu en sortie de cette unité 20 est ensuite amené par une pompe 21 dans
une unité de chromatographie 22. Cette unité peut être du type colonne comprenant
un support fixe constitué par une résine cationique forte, sous la forme Na
+ et/ou K
+, par exemple la résine DOWEX® C356 de la société DOW, le liquide d'élution étant
de l'eau amenée en partie haute de la colonne par un conduit 23. Cette même colonne
22 est pourvue à sa partie basse d'un conduit 24 d'évacuation d'un premier effluent
liquide (raffinat) appauvri en sucres, enrichi en sels de Na et/ou K et élué en premier
lieu et d'un conduit 25 d'évacuation d'un second effluent liquide (extrait) enrichi
en sucres, appauvri en sels de Na et/ou K et élué en second lieu. Ledit raffinat issu
du conduit 24 est reçu dans un bac de stockage 26. En raison de sa forte teneur en
ions Na
+ et/ou K
+, ledit raffinat peut avantageusement être utilisé comme liquide de régénération de
la colonne d'adoucissement 15. A cet effet, le raffinat reçu dans le bac de stockage
26 est amené via une pompe 27 en tête de la colonne d'adoucissement 15. Le circuit
26-27 sera mis en service lorsque l'on souhaitera régénérer la résine garnissant la
colonne 15, ledit raffinat servant de liquide de régénération en raison de sa teneur
élevée en Na
+ et/ou K
+. Dans ce but, il suffira d'arrêter la pompe 14, mettre en marche la pompe 27 et dériver
l'effluent s'échappant du conduit 17 vers un réservoir autre que le réservoir 18.
[0030] Quant à l'extrait issu du conduit 25, il est amené dans une unité de concentration
28 qui peut par exemple être du même type que l'unité de concentration 20 susvisé.
[0031] On notera que l'unité de chromatographie 22 peut en variante être du type à lit mobile
simulé séquentiel.
[0032] Si on le souhaite, l'extrait concentré obtenu en sortie de l'unité 28 est ensuite
amené par une pompe 29 dans une unité de décoloration 30 qui peut comprendre une colonne
garnie d'une matière absorbante telle que du noir animal, du charbon actif ou une
résine de décoloration par exemple une résine anionique forte sous forme de chlorure,
telle que la résine IRA 900® de Rohm et Haas. Dans cette colonne 30, la décoloration
est de préférence réalisée à chaud, par exemple à 80° C. La nature et la quantité
de matière absorbante seront choisies pour obtenir un sucre cristallisé blanc.
[0033] L'extrait ainsi décoloré est ensuite amené dans une unité de cristallisation 31 à
plusieurs jets, trois jets dans l'installation représentée.
[0034] Plus précisément, cette unité 31 comprend trois étages de cristallisation 32, 33,
34 correspondant respectivement aux trois jets susvisés. A chacun de ces étages est
formé du sucre cristallisé qui est séparé de l'égout par turbinage. Le sucre cristallisé
est évacué par des moyens d'évacuation appropriés référencés globalement 35.
[0035] Par ailleurs, l'égout de troisième jet évacué de l'étage 34 par le conduit 36 est
amené via une pompe de circulation 37 en un point situé entre la pompe 21 et l'unité
de chromatographie 22, de manière à être mélangé au sirop issu de l'unité de concentration
20 ; un bac de stockage d'égout (non représenté) est éventuellement présent sur le
circuit amenant l'égout en cause de l'étage 34 à l'unité de chromatographie 22.
[0036] Conformément à la présente invention, la pureté en saccharose (exprimée par le pourcentage
de saccharose par rapport à la matière sèche) et le degré de coloration (exprimé en
unités ICUMSA) de différents effluents formés au cours du procédé mis en oeuvre dans
l'installation décrite ci-dessus, sont comme suit :

[0037] Les chiffres qui précèdent montrent que le procédé et l'installation selon l'invention
permettent l'obtention d'un sucre cristallisé de grande qualité ; en effet, au lieu
d'une couleur standard de l'ordre de 1000 ICUMSA, on produit selon l'invention un
sucre à moins de 200 ICUMSA, voire moins de 100 ICUMSA en augmentant le taux de clairçage,
étant précisé qu'il est même possible d'obtenir un sucre de très basse couleur (<
50 ICUMSA) si l'on met en oeuvre la décoloration dans l'unité 30.
[0038] Par ailleurs, par rapport à une sucrerie conventionnelle, le procédé selon l'invention
permet un rendement d'extraction du sucre calculé à l'entrée de l'atelier de cristallisation
qui passe de 88 % à plus de 96 %.
1. Procédé de fabrication de sucre raffiné à partir de jus sucré tel que du jus brut
de canne à sucre ou de betterave à sucre, contenant des sucres et des impuretés, qui
comprend les opérations :
- de filtration tangentielle du jus sucré pour obtenir un rétentat et un filtrat,
- d'adoucissement du filtrat pour obtenir un filtrat adouci,
- de concentration du filtrat adouci pour obtenir un sirop adouci,
- de chromatographie du sirop adouci pour obtenir un extrait enrichi en sucres et
un raffinat enrichi en impuretés, et
- de cristallisation à deux ou plus de deux jets, de l'extrait pour obtenir du sucre
raffiné et un égout,
caractérisé en ce qu'il comprend en outre l'opération :
- de combinaison de l'égout avec le sirop adouci afin qu'ils soient tous deux soumis
à l'opération de chromatographie.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend en outre une opération de clarification du jus sucré avant de le soumettre
à l'opération de filtration tangentielle.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que l'opération de filtration tangentielle est choisie parmi une ultrafiltration tangentielle,
une microfiltration tangentielle et une nanofiltration tangentielle.
4. Procédé selon la revendication 1, 2 ou 3, caractérisé en ce que l'opération d'adoucissement comprend une opération d'échange d'ions faisant appel
à une résine échangeuse d'ions.
5. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend en outre une opération de concentration de l'extrait avant de le soumettre
à l'opération de cristallisation, pour obtenir un extrait concentré.
6. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'il comprend en outre une opération de décoloration de l'extrait avant de le soumettre
à l'opération de cristallisation.
7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que l'opération de décoloration comprend le traitement dudit extrait par une résine absorbante.
8. Procédé selon la revendication 6 ou 7, caractérisé en ce que l'opération de décoloration est effectuée sur l'extrait concentré.
9. Procédé selon l'une des revendications 4 à 8, caractérisé en ce qu'il comprend de plus une opération de régénération de la résine échangeuse d'ions mise
en oeuvre dans l'opération d'adoucissement, au moyen du raffinat produit lors de l'opération
de chromatographie.
10. Installation pour la mise en oeuvre du procédé selon l'un quelconque des revendications
précédentes,
caractérisée en ce qu'elle comprend :
- une source de jus sucré,
- des moyens de filtration tangentielle du jus provenant de cette source, ces moyens
comprenant une sortie de filtrat,
- des moyens d'adoucissement du filtrat comprenant une sortie de filtrat adouci,
- des moyens de concentration du filtrat adouci, comprenant une sortie de sirop,
- des moyens de chromatographie du sirop, comprenant une sortie de raffinat et une
sortie d'extrait,
- des moyens de concentration de l'extrait, comprenant une sortie d'extrait concentré,
- des moyens de cristallisation, à deux ou plus de deux jets, de l'extrait concentré,
comprenant des moyens de récupération de sucre cristallisé et des moyens de récupération
de l'égout du dernier jet de cristallisation, et
- des moyens d'amenée de cet égout en tête des moyens de chromatographie.
11. Installation selon la revendication 10, caractérisé en ce qu'elle comprend en outre des moyens de décoloration de l'extrait concentré issu de la
sortie d'extrait concentré des moyens de concentration.
12. Installation selon la revendication 10 ou 11, caractérisé en ce que les moyens d'adoucissement comprennent une résine échangeuse d'ions et en ce qu'elle comprend en outre des moyens d'amenée du raffinat en tête des moyens d'adoucissement
en vue de la régénération de ladite résine.