[0001] La présente invention concerne le traitement de pièces en alliage d'aluminium, en
particulier de pièces destinées à constituer des composants aéronautiques, et plus
spécialement un procédé d'anodisation d'une pièce en alliage d'aluminium.
ARRIERE PLAN DE L'INVENTION
[0002] Pour éviter l'utilisation de produits chimiques contenant du chrome hexavalent, on
a déjà proposé des procédés d'anodisation de l'aluminium et de ses alliages, utilisant
un bain d'anodisation aqueux contenant de l'acide sulfurique et de l'acide borique.
Une bonne illustration d'un tel procédé d'anodisation sulfo-borique est donnée dans
le document US-A-4,894,127. Dans ce procédé connu, on utilise un bain électrolytique
aqueux comportant essentiellement de l'acide sulfurique, avec une concentration comprise
entre 30,5 g/l et 52 g/l, et de l'acide borique, avec une concentration comprise entre
5,2 g/l et 10,7 g /l.
[0003] Un tel procédé d'anodisation est relativement efficace pour appliquer un revêtement
d'oxyde d'aluminium sur un alliage d'aluminium avec une solution d'acide sulfurique
et d'acide borique. Le revêtement anodisé ainsi obtenu est au moins comparable et,
pour ce qui est de la résistance à la corrosion, équivalent aux revêtements anodisés
et colmatés réalisés dans des bains contenant une solution aqueuse d'acide sulfurique
et d'acide chromique. La supériorité du procédé du document US-A-4,894,127 par rapport
à d'autres procédés antérieurs d'anodisation sulfo-borique réside dans l'obtention
de revêtements de faible épaisseur, en particulier de 1 µm à 3 µm, ce qui est tout
particulièrement intéressant dans le domaine de l'aéronautique. Cependant, les compositions
indiquées pour la mise en oeuvre d'un tel procédé sont très larges, ce qui peut conduire
à l'obtention de caractéristiques d'une grande disparité pour les couches obtenues.
En outre, il est délicat de maîtriser l'épaisseur d'oxyde obtenue à l'issue du traitement.
Il est à noter que dans le cadre de ce procédé connu, on applique à la pièce qui est
plongée dans le bain électrolytique, une tension qui augmente linéairement de 5 V
à 20 V, avec une densité de courant sur ladite pièce qui reste voisine de 100 A/m
2.
[0004] On peut également citer le document EP-A-0 048 909 décrivant un autre procédé d'anodisation
utilisant un bain d'anodisation qui est essentiellement constitué d'acide sulfurique
et d'acide phosphorique, avec en particulier des concentrations respectives de [50
g/l ; 50 g/l], [63 g/l ; 37 g/l] et [75 g/l ; 25 g/l]. La présence d'acide sulfurique
peut cependant s'avérer indésirable dans certaines situations, si l'on cherche à obtenir
de faibles épaisseurs de revêtement, en particulier inférieures à 3 µm.
[0005] On pourra également se référer au document US-A-4 861 440 décrivant l'utilisation
d'un bain d'anodisation contenant de l'acide sulfurique et au moins un acide carboxylique,
avec une concentration élevée d'acide sulfurique (112 g/l à 150 g/l).
[0006] Il existe par ailleurs d'autres techniques d'anodisation utilisant un bain d'anodisation
aqueux comportant essentiellement de l'acide sulfurique à l'exclusion de tout autre
acide, avec pour l'acide sulfurique une concentration élevée, en général de l'ordre
de 200 g/l. Le document US-A-4 554 216 décrit ainsi un procédé d'anodisation utilisant
un bain comportant de l'acide sulfurique à une concentration de 166 g/l à 230 g/l.
Le bain aqueux est à une température basse (0°C à 5°C), et on applique sur la pièce
plongée dans ledit bain une densité de courant élevée (200 A/m
2 à 300 A/m
2). On utilise couramment dans le domaine aéronautique des procédés d'anodisation avec
des bains électrolytiques comportant de l'acide sulfurique avec une concentration
comprise entre 180 g/l et 250 g/l. Les techniques existantes se sont systématiquement
cantonnées dans cette gamme élevée de concentrations en acide sulfurique pour les
bains d'anodisation, en raison d'un choix fondé sur la courbe donnant les variations
de la conductivité électrique en fonction de la concentration en acide sulfurique.
En effet, cette courbe de variations a sensiblement une forme de parabole tournée
vers le bas, et présente un maximum dans la zone correspondant aux concentrations
comprises entre 180 g/l et 220 g/l pour l'acide sulfurique. Les spécialistes se sont
donc invariablement basés sur la recherche d'une conductivité électrique maximale
pour le bain électrolytique. En effet, il est connu que cette conductivité électrique
élevée est favorable à une croissance rapide de l'épaisseur d'oxyde. Ceci explique
le choix systématique de concentrations élevées (au moins égales à 200 g/l) pour l'acide
sulfurique présent dans le bain électrolytique.
[0007] Les techniques connues d'oxydation anodique sulfurique présentent cependant le triple
inconvénient d'une difficulté à contrôler l'épaisseur de revêtement, et de l'obtention
à la fois d'une porosité toujours élevée du fait de la concentration élevée en acide
sulfurique et d'une rugosité non maîtrisée. Le contrôle de l'épaisseur ou du poids
de revêtement est certes délicat, car on est en présence de deux phénomènes qui se
développent concurremment l'un à l'autre au cours du processus d'anodisation, à savoir
un phénomène électrolytique qui correspond à la croissance d'une couche interface,
et un phénomène chimique de dissolution de la couche barrière formée à l'interface
entre le substrat et le revêtement formé et en surface de la couche poreuse en contact
avec l'électrolyte. La porosité de la couche de revêtement obtenue, dont on sait qu'elle
est dépendante de la composition chimique de l'électrolyte, et en particulier de la
concentration en acide sulfurique, est donc systématiquement élevée, ce qui donne
un effet globalement défavorable sur les caractéristiques de la couche obtenue.
[0008] L'homme de l'art sait que l'anodisation en milieu acide (pH < 2,5) est essentiellement
poreuse, et que, si l'on veut éviter une porosité élevée sur les pièces traitées,
il faut alors se reporter sur des techniques d'anodisation en milieu plus neutre,
permettant d'obtenir une anodisation barrière avec une couche non poreuse.
[0009] L'arrière-plan technologique de l'invention est également illustré par les documents
US-A-3 563 867, US-A-6 149 795, US-A-4 968 389 et JP-A-2000/026997.
OBJET DE L'INVENTION
[0010] La présente invention a pour objet de proposer un procédé d'anodisation plus performant,
qui se rattache essentiellement aux techniques d'oxydation anodique sulfurique, mais
permettant un meilleur contrôle de l'épaisseur ou du poids de revêtement, tout en
évitant d'obtenir une porosité élevée sur les pièces traitées.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0011] Ce problème est résolu conformément à l'invention grâce à un procédé d'anodisation
d'une pièce en alliage d'aluminium, comprenant les étapes successives suivantes :
- on fournit un bain d'anodisation aqueux comportant essentiellement de l'acide sulfurique,
avec une concentration comprise entre 55 g/l et 85 g/l, à l'exclusion de toute présence
d'acide phosphorique ou d'acide borique ;
- on maintient le bain précité à une température constante essentiellement comprise
entre 15°C et 27°C ;
- on plonge ladite pièce dans ledit bain ;
- on applique à ladite pièce plongée dans ledit bain une tension essentiellement comprise
entre 5 V et 30 V, avec une faible densité de courant sur ladite pièce ; et
- on maintient ladite pièce dans ledit bain jusqu'à obtention de l'épaisseur de revêtement
désirée qui est sensiblement comprise entre 1 µm et 3 µm.
[0012] Des modalités particulières relatives aux étapes précitées du procédé d'anodisation
selon l'invention seront décrites plus en détail ci-après, et l'on pourra en particulier
prévoir que le bain d'anodisation aqueux comporte également un acide-alcool ayant
une à trois fonctions acide, afin de limiter la dissolution de la couche de revêtement
obtenue, ceci pour avoir une parfaite homogénéité de la porosité dans toute l'épaisseur
de la couche, sans pour autant perdre la conductivité électrique du bain qui favorise
une bonne croissance de ladite couche.
[0013] On va maintenant décrire plus en détail le procédé d'anodisation selon l'invention,
en exposant les différentes plages associées à chacun des paramètres du procédé, avec
à chaque fois une indication des valeurs préférées telles qu'elles ont pu être déduites
des essais menés par la demanderesse.
[0014] La première étape du procédé d'anodisation selon l'invention consiste à fournir un
bain d'anodisation aqueux comportant essentiellement de l'acide sulfurique, avec une
concentration comprise entre 55 g/l et 85 g/l, à l'exclusion de toute présence d'acide
phosphorique ou d'acide borique. Certains auteurs préfèrent mentionner des concentrations
indiquées en pourcentage massique : en l'espèce les limites précitées indiquées en
g/l correspondent à des valeurs de concentrations allant de 5,36 % à 8,2 % en poids.
[0015] Il est important de noter que la gamme précitée de concentrations est très inférieure
aux concentrations utilisées dans les techniques connues d'anodisation sulfurique
rappelées plus haut, lesquelles se situaient entre 180 g/l et 220 g/l. Il a fallu
donc renverser un préjugé en ne recherchant pas une conductivité électrique maximale
du bain électrolytique, et par suite en quittant le domaine systématiquement recommandé
des concentrations élevées en acide sulfurique.
[0016] La concentration du bain en acide sulfurique sera de préférence essentiellement comprise
entre 57 g/l et 67 g/l, une valeur hautement préférée se situant au voisinage de 62
g/l (soit légèrement au-dessus de 6% en poids).
[0017] La deuxième étape préparatoire du procédé d'anodisation selon l'invention consiste
à maintenir le bain d'anodisation aqueux précité à une température constante, qui
est essentiellement comprise entre 15°C et 27°C. De préférence, le bain sera maintenu
à une température constante voisine de 22°C.
[0018] On plonge donc la pièce en alliage d'aluminium à traiter dans le bain d'anodisation
aqueux ainsi préparé.
[0019] Fondamentalement, on applique alors à ladite pièce plongée dans ledit bain une tension
essentiellement comprise 5 V et 30 V, avec une faible densité de courant sur ladite
pièce.
[0020] La tension appliquée à la pièce plongée dans le bain pourra être calée sur une valeur
constante pendant toute la durée du traitement d'anodisation, ladite valeur constante
étant alors comprise entre 5 V et 30 V. Avantageusement alors, on choisira une valeur
constante de tension comprise entre 7 V et 20 V.
[0021] Il est apparu cependant plus intéressant, pour augmenter encore la maîtrise parfaite
de la croissance du revêtement d'oxyde, de prévoir une tension appliquée à la pièce
plongée dans le bain qui est d'abord calée sur une première valeur constante, puis,
après une durée prédéterminée, sur une seconde valeur constante plus élevée que la
première, lesdites première et seconde valeurs constantes étant toutes deux comprises
entre 5 V et 30 V.
[0022] A ce titre, il est apparu particulièrement avantageux de choisir une première valeur
constante de tension comprise entre 5 V et 11 V, cette valeur faible permettant de
maîtriser la croissance modérée de la couche d'oxyde, et une seconde valeur constante
de tension comprise entre 15 V et 30 V, ceci pour avoir les propriétés recherchées
de la couche barrière. L'utilisation de deux paliers successifs de tension, dont la
durée sera essentiellement fonction de l'épaisseur désirée de revêtement, permet d'édifier
plus rapidement la couche barrière tout en conservant la maîtrise de la croissance
du revêtement. La demanderesse a effectué de nombreux essais, et a en particulier
constaté à la lumière des courbes de cinétique de croissance tracées que l'on obtenait
d'excellents résultats avec un premier palier à 10 V, pendant une durée de l'ordre
de vingt-cinq minutes, suivi d'un deuxième palier de 20 V pendant une durée de quinze
minutes.
[0023] Ainsi que cela a été dit plus haut, on utilise une densité de courant relativement
faible sur la pièce qui est plongée dans le bain électrolytique. Le terme « faible
» signifie en l'espèce que cette densité de courant est sensiblement inférieure à
100 A/m
2.
[0024] Dans la pratique, il apparaît intéressant de prévoir une densité de courant essentiellement
inférieure à 80 A/m
2, en étant de préférence comprise entre 30 A/m
2 et 70 A/m
2. Des valeurs optimales pour la densité de courant, avec les valeurs de tension précitées,
se situent aux alentours de 34 à 35 A/m
2.
[0025] Dans le cadre du procédé d'anodisation tel que précédemment décrit, on maintient
enfin la pièce à traiter dans le bain électrolytique jusqu'à obtention de l'épaisseur
de revêtement désirée, laquelle est sensiblement comprise entre 1 µm et 3 µm.
[0026] A ce titre, il est intéressant de noter que l'on avait déjà utilisé des concentrations
relativement basses d'acide sulfurique dans des techniques d'anodisation dure, mais
les épaisseurs de revêtement concernées n'avaient rien à voir avec les valeurs présentement
envisagées, puisque l'on s'intéressait à des revêtements très épais de l'ordre de
250 µm. Les autres paramètres de l'anodisation dure se situaient également largement
en dehors des gammes prévues dans le présent procédé (tension élevée allant jusqu'à
120 V, densités de courant élevées de l'ordre de 250 A/m
2, et températures basses allant de -5°C à +5°C) : on ne saurait donc comparer le présent
procédé d'anodisation avec les techniques antérieures d'anodisation dure.
[0027] Dans le cadre de développements plus avancés du procédé d'anodisation précédemment
décrit, il est apparu en outre intéressant d'envisager d'ajouter dans le bain d'anodisation
aqueux un acide-alcool ayant une à trois fonctions acide, avec une concentration correspondante
qui reste faible, mais comprise entre 12 g/l et 22 g/l.
[0028] Cet ajout d'un acide-alcool avec une faible concentration paraît intéressant pour
limiter la dissolution de la couche et pour accroître la mouillabilité de l'électrolyte,
et ainsi obtenir une parfaite homogénéité de porosité dans toute l'épaisseur de la
couche, et tout cela sans altérer la conductivité électrique du bain électrolytique.
Les acides-alcools sont particulièrement intéressants dans ce cas, car ils sont totalement
miscibles à l'élecrolyte à température ambiante. On obtient donc une grande stabilité
dans la vitesse de dissolution avec un maintien très satisfaisant de la conductivité
électrique.
[0029] De préférence, l'acide-alcool utilisé dans le bain sera l'acide tartrique (acide-alcool
ayant deux fonctions acide, de formule C
4H
6O
6) ou l'acide citrique (acide-alcool ayant trois fonctions acide, de formule C
6H
8O
7). La concentration de l'acide tartrique ou de l'acide citrique sera alors de préférence
essentiellement comprise entre 12 g/l et 17 g/l, la concentration optimale relevée
lors des essais effectués se situant au voisinage de 17 g/l.
[0030] Le choix de l'acide tartrique et de l'acide citrique apparaît en outre particulièrement
intéressant dans la mesure où l'on souhaite d'une part avoir un pH stabilisé à une
valeur faible, et d'autre part disposer d'un oxydant fort, dont l'activité électrochimique
est élevée sans pour autant être agressive, et donc non génératrice de piqûrations.
On s'aperçoit ainsi que l'oxydation anodique sulfo-tartrique ou sulfo-citrique apparaît
beaucoup plus séduisante que l'oxydation anodique sulfo-borique des techniques antérieures,
en particulier celle qui est décrite dans le document US-A-4 894 127. En effet, on
obtient ici une excellente stabilité de la dissolution de la couche d'alumine.
[0031] L'ajout d'acide tartrique ou d'acide citrique dans le bain dans le cadre de l'invention
permet d'avoir une dissolution de la couche d'alumine qui est plus faible qu'avec
l'acide sulfurique seul, et de plus la densité de courant dans le bain ne chute pas
comme ce serait le cas avec d'autres acides, comme l'acide borique, en raison de l'action
sur les tensions superficielles.
[0032] Il est par ailleurs important de prévoir que la pièce à traiter subisse un traitement
préliminaire de dégraissage/décapage ou de désoxydation avant d'être plongée dans
le bain.
[0033] Dans les techniques traditionnelles, on utilisait une première étape de dégraissage,
suivie d'un rinçage, suivi ensuite d'une deuxième étape de décapage en milieu alcalin
ou plus généralement dans une solution aqueuse d'acide sulfurique et d'acide chromique,
suivie enfin d'un nouveau rinçage. Il apparaît cependant plus intéressant d'utiliser
un produit capable d'effectuer directement en une seule étape un dégraissage/décapage
satisfaisant, et l'on pourra avantageusement utiliser une solution composée d'acide
phosphorique additionnée d'agents tensio-actifs anioniques, tel que le produit commercialisé
sous la référence «NOVACLEAN AL-85» par la société allemande HENKEL SURFACE TECHNOLOGIES.
L'utilisation d'un tel produit permet d'avoir un décapage uniforme, c'est-à-dire sans
présence d'une quelconque attaque superficielle.
[0034] Il est enfin intéressant de prévoir que la pièce traitée subisse un traitement ultérieur
de colmatage du revêtement.
[0035] Le colmatage de revêtement doit assurer une double fonction qui est de développer
à la fois la promotion de l'adhérence et la résistance à la corrosion. Ce colmatage
est classiquement effectué par un trempage dans de l'eau chaude à une température
au moins égale à 97°C, ou dans une solution diluée de bichromate de potassium. On
préférera une solution d'eau désionisée à une température comprise entre 85°C et 98°C,
le trempage étant réalisé pendant une durée qui est fonction de l'épaisseur de revêtement
obtenue. En variante, on pourra utiliser également du molybdate de sodium (MoNa
2O
4, 2H
2O) ou du sulfate de manganèse (MnO
4S, H
2O), ou encore une immersion dans un produit de colmatage particulièrement efficace
à base d'acétates de nickel ou d'acétates de lithium, par exemple en utilisant respectivement
le produit commercialisé par la société HENKEL SURFACE TECHNOLOGIES précitée sous
la référence «ANOSEAL 1000» ou «ENVIROSEAL 2500».
[0036] Parmi les nombreux essais effectués par la demanderesse, on peut citer un premier
exemple d'oxydation anodique sulfurique, avec un bain d'anodisation aqueux comportant
de l'acide sulfurique dans une concentration de 62 g/l. On a observé alors une croissance
régulière de la couche de revêtement, avec une parfaite maîtrise des faibles épaisseurs,
sans modification de la rugosité initiale du substrat.
[0037] D'autres essais avec un bain d'anodisation sulfo-citrique peuvent être également
mentionnés, avec une concentration de 62 g/l en acide sulfurique et de 17 g/l en acide
citrique. Pour les autres conditions opératoires, on peut mentionner que la température
constante à laquelle le bain a été maintenu était de 22°C, et que la tension appliquée
était de 10 V pendant un premier palier de 25 mn puis de 20 V pendant un second palier
de 15 mn. On est alors parvenu à obtenir une épaisseur de revêtement de faible porosité,
comprise entre 2,8 µm et 3,2 µm.
[0038] A titre indicatif, les essais réalisés ont été effectués sur les alliages d'aluminium
de références 2024 T 351 et 7175 T 7351.
[0039] Après colmatage, on a pu constater que les pièces ainsi traitées présentaient encore
un aspect très satisfaisant après 500 heures d'exposition au brouillard salin. En
outre, les caractéristiques d'abattement en fatigue restaient très satisfaisantes
par rapport aux techniques connues d'oxydation anodique sulfo-borique ou chromique.
[0040] On est ainsi parvenu à réaliser un procédé d'anodisation très performant qui permet
à la fois de contrôler l'épaisseur ou le poids de revêtement et la rugosité, et d'obtenir
une porosité faible à la surface des pièces traitées.
[0041] L'invention n'est pas limitée au procédé qui vient d'être décrit, mais englobe au
contraire tout procédé d'anodisation équivalent rentrant dans la définition générale
donnée en tête de description.
1. Procédé d'anodisation d'une pièce en alliage d'aluminium, comprenant les étapes successives
suivantes :
- on fournit un bain d'anodisation aqueux comportant essentiellement de l'acide sulfurique,
avec une concentration comprise entre 55 g/l et 85 g/l, à l'exclusion de toute présence
d'acide phosphorique ou d'acide borique ;
- on maintient le bain précité à une température constante essentiellement comprise
entre 15°C et 27°C ;
- on plonge ladite pièce dans ledit bain ;
- on applique à ladite pièce plongée dans ledit bain une tension essentiellement comprise
entre 5 V et 30 V, avec une faible densité de courant sur ladite pièce ; et
- on maintient ladite pièce dans ledit bain jusqu'à obtention de l'épaisseur de revêtement
désirée qui est sensiblement comprise entre 1 µm et 3 µm.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel la concentration du bain en acide sulfurique
est essentiellement comprise entre 57 g/l et 67 g/l, en étant de préférence voisine
de 62 g/l.
3. Procédé selon la revendication 1 ou la revendication 2, dans lequel le bain est maintenu
à une température constante voisine de 22°C.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, dans lequel la tension appliquée à la
pièce plongée dans le bain est calée sur une valeur constante pendant toute la durée
du traitement d'anodisation, ladite valeur constante étant comprise entre 5 V et 30
V.
5. Procédé selon la revendication 4, dans lequel la valeur constante de tension est comprise
entre 7 V et 20 V.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, dans lequel la tension appliquée
à la pièce plongée dans le bain est d'abord calée sur une première valeur constante,
puis, après une durée prédéterminée, sur une seconde valeur constante plus élevée
que la première, lesdites première et seconde valeurs constantes étant toutes deux
comprises entre 5 V et 30 V.
7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel la première valeur constante de tension
est comprise entre 5 V et 11 V, et la seconde valeur constante de tension est comprise
entre 15 V et 30 V.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, dans lequel la densité de
courant sur la pièce plongée dans le bain reste notablement inférieure à 100 A/m2.
9. Procédé selon la revendication 8, dans lequel la densité de courant est essentiellement
inférieure à 80 A/m2, en étant de préférence comprise entre 30 A/m2 et 70 A/m2.
10. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, dans lequel le bain d'anodisation
aqueux comporte également un acide-alcool ayant une à trois fonctions acide, avec
une concentration comprise entre 12 g/l et 22 g/l.
11. Procédé selon la revendication 10, dans lequel l'acide-alcool utilisé dans le bain
est l'acide tartrique ou l'acide citrique, et la concentration de cet acide-alcool
est essentiellement comprise entre 12 g/l et 17 g/l.
12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 11, dans lequel la pièce à traiter
subit un traitement préliminaire de dégraissage/décapage avant d'être plongée dans
le bain.
13. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, dans lequel la pièce traitée
subit un traitement ultérieur de colmatage du revêtement.