[0001] La présente invention concerne une installation de chauffage de produits, notamment
visqueux, comprenant au moins une conduite chauffante pour l'écoulement desdits produits.
Il pourra s'agir en particulier de produits alimentaires qui doivent être soumis à
des traitements de cuisson, stérilisation, pasteurisation, thermisation ou tout autre
traitement essentiel dans la transformation des aliments. Il pourrait s'agir aussi
du traitement d'effluents pour la valorisation de certains sous-produits.
[0002] Lors de ces opérations, le traitement doit être réalisé de la façon la plus efficace
possible, et la qualité des produits devra rester excellente, but recherché dans toutes
les industries agro-alimentaires, où l'on doit respecter les règlements et prescriptions
en matière de teneur en vitamines, texture, couleur des produits etc.
[0003] Dans certaines installations connues, on effectue un chauffage en continu du produit,
celui-ci s'écoulant sans interruption dans une conduite à paroi conductrice de la
chaleur et chauffée de l'extérieur. La vitesse du produit reste cependant nulle sur
la paroi, et son écoulement laminaire est la cause d'une mauvaise transmission de
la chaleur et d'une hétérogénéité importante dans le chauffage du produit, qui est
sensiblement moins important au centre de l'écoulement qu'au voisinage de la paroi.
Ceci est d'autant plus gênant que la température de paroi doit être relativement élevée
du fait du faible coefficient d'échange thermique. En outre, le temps de chauffage
est également important, la puissance transférable par unité de puissance étant faible.
[0004] Le but de la présente invention est de remédier à ces inconvénients de la technique
antérieure, et d'homogénéiser beaucoup plus le traitement thermique du produit, donc
d'augmenter la qualité du produit traité, sans devoir augmenter la puissance de chauffage
mise en jeu pour un débit donné.
[0005] A cet effet, une installation conforme à la présente invention est caractérisée en
ce que la conduite chauffante comporte au moins une section tubulaire en matériau
électriquement isolant dont les deux extrémités peuvent être obturées chacune par
une électrode, les deux électrodes étant reliées à une source d'alimentation en courant
électrique, et des volumes du produit à chauffer étant amenés séquentiellement entre
les électrodes pour y séjourner pendant un temps de chauffage ohmique déterminé, le
courant passant entre les électrodes en traversant dans toute sa section le volume
de produit introduit et immobilisé entre elles, ensuite de quoi le volume du produit
traité est évacué de ladite conduite.
[0006] On effectue ainsi un chauffage ohmique et volumique dans la masse du produit et de
façon parfaitement homogène, puisque le produit ne s'écoule pas dans la conduite pendant
son traitement, et qu'il n'y a pas de paroi chaude. Le produit ne s'y écoule que pendant
son introduction ou son évacuation de la conduite. On pourra donc mettre en jeu une
énergie de chauffage moins importante que dans les installations connues, tout en
obtenant un résultat meilleur, du fait de la diminution des pertes. Certes le produit
est stoppé dans la conduite pendant son traitement, mais en mettant en oeuvre plusieurs
conduites alimentées en parallèle et fonctionnant avec un certain décalage, on pourra
obtenir un débit important, avec un écoulement du produit traité pratiquement ininterrompu.
[0007] L'installation pourra encore être caractérisée en ce que la section tubulaire de
la conduite est ronde et en ce que les électrodes, en forme de disques circulaires
de diamètre correspondant, sont montées à demeure à ses deux extrémités en étant mobiles
en rotation autour d'un axe diamétral, et ceci entre deux positions : une position
d'ouverture parallèle à l'axe de la conduite, pour laquelle les électrodes libèrent
le passage et permettent l'introduction du volume de produit dans la section avant
chauffage ainsi que son évacuation après chauffage, et une position de fermeture perpendiculaire
à cet axe de la conduite, pour laquelle cette section est obturée, pendant l'opération
de chauffage.
[0008] On peut encore prévoir que chaque électrode est reliée d'une part mécaniquement à
un axe moteur propre à la faire pivoter entre ses positions d'ouverture et de fermeture,
et d'autre part électriquement à la source d'alimentation électrique par l'intermédiaire
d'une borne de raccordement, ces liaisons mécanique et électrique étant assurées par
des passages étanches de traversée de la paroi de la conduite.
[0009] Avantageusement, la conduite sera constituée de plusieurs sections tubulaires alignées
de sorte à constituer un passage continu et lisse, deux sections voisines étant séparées
par un tronçon de liaison tubulaire en matériau électriquement isolant et constituant
un logement pour une électrode intermédiaire, lequel tronçon de liaison sera relié
aux deux sections voisines par des brides de fixation, des tronçons constituant logements
à électrode du même type étant prévus aux deux extrémités de ladite conduite et étant
reliés par des brides à des tuyauteries à raccords métalliques, respectivement d'entrée
et de sortie.
[0010] On pourra prévoir par exemple que chaque conduite sera constituée de deux sections
successives et comportera par suite trois électrodes disposées respectivement dans
trois tronçons de liaison. L'électrode intermédiaire sera alors avantageusement raccordée
à une phase d'une source de courant alternatif monophasé par l'intermédiaire d'un
transformateur d'isolement, les électrodes d'extrémité étant reliées à l'autre phase
ainsi qu'à la terre. On pourra aussi utiliser, pour les puissances importantes, une
alimentation en triphasé, avec quatre électrodes définissant trois sections de chauffage,
les électrodes extrêmes étant raccordées à la terre. En d'autres termes, la conduite
est alors constituée de trois sections successives et comporte par suite quatre électrodes
disposées respectivement dans quatre tronçons de liaison, les électrodes intermédiaires
étant raccordées aux phases d'une source de courant alternatif triphasé par l'intermédiaire
d'un transformateur d'isolement, et les électrodes d'extrémité étant reliées à la
terre.
[0011] Afin d'augmenter le débit d'une installation conforme à l'invention et de faire en
sorte que le produit traité s'en écoule de façon quasi continue, il sera encore avantageux
de prévoir que cette installation comportera plusieurs conduites alimentées en volumes
de produit en parallèle mais avec des cycles de chauffage décalés, de sorte qu'une
conduite soit en phase d'alimentation ou d'évacuation en produit tandis qu'une autre
conduite sera en phase de chauffage. L'alimentation électrique pourra être commune
aux différentes conduites, par mise en oeuvre d'un organe de puissance connectant
à tour de rôle l'alimentation sur la conduite qui doit être mise en phase de chauffage.
[0012] Un mode d'exécution de l'invention va maintenant être décrit à titre d'exemple nullement
limitatif avec référence à la figure unique du dessin ci-annexé qui représente de
façon schématique une installation à trois électrodes et deux sections.
[0013] La conduite de traitement thermique de l'installation comporte deux sections tubulaires
1 à section transversale ronde, alignées et séparées l'une de l'autre par un tronçon
de liaison intermédiaire 2i de même section et constituant un logement pour une électrode
en forme de disque circulaire épais et à bords arrondis, de diamètre correspondant,
référencée en 3. La matière constituant les sections et tronçons de la conduite est
une matière électriquement isolante présentant une bonne tenue mécanique en température,
telle que par exemple le polypropyléne utilisable jusqu'à des températures de l'ordre
de 100°C, ou le PEEK utilisable jusqu'à 200 à 250 °C. On peut aussi envisager d'utiliser
de la céramique, du verre ou encore un composite en résine imprégnée de fibres de
verre. En 4 on a schématisé un vérin ou autre moteur propre à faire pivoter sur commande
l'électrode autour de son axe diamétral vertical, pour l'amener soit dans la position
d'ouverture représentée sur la figure, pour laquelle le disque d'électrode 3 est parallèle
à l'axe de la conduite et autorise le passage des produits, soit dans une position
de fermeture pour laquelle l'électrode 3 est amenée dans une position perpendiculaire
à cet axe et obture complètement la conduite. En 5 on a représenté aussi schématiquément
une borne de raccordement électrique pour assurer la liaison électrique entre l'électrode
3 et une source d'alimentation en courant alternatif, non représentée. Les traversées
de la paroi de la conduite par ces liaisons mécanique et électrique sont assurées
par des passages étanches 6m et 6e de tout type connu.
[0014] A l'opposé du tronçon intermédiaire 2i, les sections 1 sont raccordées à deux autres
tronçons exactement semblables et servant de logements à des électrodes semblables
et connectées de la même manière que dans le tronçon intermédiaire ; il s'agit d'un
tronçon d'entrée 2e et d'un tronçon de sortie 2s, eux-mêmes reliés à de courtes tuyauteries
en acier inoxydable équipées de raccords métalliques normalisés 7. Les connexions
entre sections 1 et tronçons d'une part, entre tronçons extrêmes 2e, 2i et raccords
7 d'autre part, sont assurées par des brides 8.
[0015] Au point de vue du schéma électrique (non représenté), la borne 5 centrale est raccordée
à une phase du réseau de courant alternatif monophasé par l'intermédiaire d'un transformateur
d'isolement afin d'éviter tout bouclage de courant avec le réseau distributeur, et
les bornes 5 d'extrémité sont reliées à l'autre phase ainsi qu'à la terre. Un tore
de mesure peut être inséré dans cette liaison afin de contrôler le courant de fuite
et de pouvoir couper l'alimentation en cas de dépassement d'un seuil prédéterminé,
ceci par sécurité. L'ensemble de l'installation est fixé horizontalement sur un socle
en matière isolante, et un capot (également non représenté) recouvre toute la zone
de travail pour éviter un contact des opérateurs avec les parties sous tension lors
du fonctionnement.
[0016] Ce fonctionnement de l'installation, dont les différentes phases peuvent être gérées
par un automate, est le suivant
- commande de la rotation des électrodes 3 pour les amener dans une position d'ouverture
parallèle à l'axe de la conduite de traitement ;
- introduction, par l'extrémité d'entrée de la conduite, du produit à traiter grâce
à un système de pompage et éventuellement à un gaveur en cas de produit extrêmement
visqueux ;
- commande de la rotation des électrodes 3 pour les amener clans une position de fermeture
perpendiculaire à l'axe de la conduite, déterminant ainsi deux sections de chauffage
identiques ;
- mise en tension des électrodes pendant le temps nécessaire à la montée en température
jusqu'à la valeur choisie, puis coupure de l'alimentation, éventuellement après un
palier de maintien en température ;
- rotation en sens inverse des électrodes pour les ramener en position d'ouverture ;
et
- remise en marche du système de pompage, le produit arrivant dans la conduite chassant
le produit traité qui en est ainsi évacué.
[0017] Un nouveau cycle identique au précédent peut alors être réalisé.
[0018] On comprend que les caractéristiques géométriques et électriques de l'installation
seront déterminées à partir d'un cahier des charges spécifiant les températures initiale
et finale du produit, ses conductivités électriques à ces températures ainsi que le
débit horaire du produit, nombre d'opérations horaires ou temps de chauffage. Les
dimensionnements seront calculés en prenant en compte notamment la tension maximale
applicable sur les électrodes et la densité de courant admissible à leur surface qui,
avec certains matériaux, pourra être de l'ordre de 2500 A/m
2 en continu, avec une fréquence de 50 Hz.
[0019] Le matériau des électrodes sera choisi en fonction de la nature du produit traité,
de la densité de courant et de sa fréquence. Il ne devra y avoir en principe ni corrosion
ni réaction électrochimique avec le produit. De tels matériaux sont proposés dans
le brevet français n° 98 03 154 au nom de la demanderesse.
[0020] La présente invention a l'avantage de permettre le chauffage de produits très visqueux
et thermosensibles, et d'éliminer un grand nombre des inconvénients des installations
classiques, quelle que soit la viscosité du produit. Il n'y a pas risque de surchauffe,
en absence de paroi chaude, et le chauffage du produit présente une excellente homogénéité
et peut être relativement rapide, même avec une énergie électrique mise en jeu réduite.
Il est à noter que les produits devront avoir de préférence une conductivité électrique
inférieure à 20 S/m.
[0021] Enfin et comme déjà indiqué plus haut, on peut augmenter encore le débit d'une telle
installation en mettant en oeuvre plusieurs conduites alimentées, au point de vue
produit, en parallèle, avec décalage dans le temps des différentes phases de fonctionnement,
une conduite étant par exemple en phase d'introduction ou d'évacuation du produit
tandis qu'une autre sera en phase de chauffage. Ces phases seront de préférence commandées
par un automate ou autre organe de commande, lequel pourra aussi connecter automatiquement,
par l'intermédiaire d'un organe de puissance, l'alimentation en courant alternatif
sur les électrodes de la seule conduite qui sera en phase de chauffage. De la sorte
on pourra rendre pratiquement continue la production de produit traité, sans augmenter
le besoin en puissance électrique installée.
1. Installation de chauffage de produits, notamment visqueux, comprenant au moins une
conduite chauffante pour l'écoulement desdits produits, caractérisée en ce que cette conduite comporte au moins une section tubulaire (1) en matériau électriquement
isolant dont les deux extrémités peuvent être obturées chacune par une électrode (3),
les deux électrodes (3) étant reliées à une source d'alimentation en courant électrique,
et des volumes du produit à chauffer étant amenés séquentiellement entre les électrodes
(3) pour y séjourner pendant un temps de chauffage ohmique déterminé, le courant passant
entre les électrodes en traversant dans toute sa section le volume de produit introduit
et immobilisé entre elles, ensuite de quoi le volume du produit traité est évacué
de ladite conduite.
2. Installation selon la revendication 1, caractérisée en ce que la section tubulaire est ronde et en ce que les électrodes (3), en forme de disques circulaires de diamètre correspondant, sont
montées à demeure à ses deux extrémités en étant mobiles en rotation autour d'un axe
diamétral, et ceci entre deux positions : une position d'ouverture parallèle à l'axe
de la conduite, pour laquelle les électrodes (3) libèrent le passage et permettent
l'introduction du volume de produit dans la section (1) avant chauffage ainsi que
son évacuation après chauffage, et une position de fermeture perpendiculaire à cet
axe de la conduite, pour laquelle cette section (1) est obturée, pendant l'opération
de chauffage.
3. Installation selon la revendication 2, caractérisée en ce que chaque électrode (3) est reliée d'une part mécaniquement à un axe moteur propre à
la faire pivoter entre ses positions d'ouverture et de fermeture, et d'autre part
électriquement à la source d'alimentation électrique par électrique étant assurées
par des passages étanches (6m, 6e) de traversée de la paroi de la conduite.
4. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la conduite est constituée de plusieurs sections tubulaires alignées ( 1 ) de sorte
à constituer un passage continu et lisse, deux sections voisines étant séparées par
un tronçon de liaison (2i) tubulaire en matériau électriquement isolant et constituant
un logement pour une électrode (3) intermédiaire, lequel tronçon de liaison (2i) est
relié aux deux sections voisines (1) par des brides de fixation (8), des tronçons
(2e, 2s) constituant logements à électrode du même type étant prévus aux deux extrémités
de ladite conduite et étant reliés par des brides (8) à des tuyauteries à raccords
métalliques (7), respectivement d'entrée et de sortie.
5. Installation selon la revendication 4, caractérisée en ce que la conduite est constituée de deux sections (1) successives et comporte par suite
trois électrodes (3) disposées respectivement dans trois tronçons de liaison (2e,
2i, 2s), l'électrode (3) intermédiaire étant raccordée à une phase d'une source de
courant alternatif monophasé par l'intermédiaire d'un transformateur d'isolement,
et les électrodes (3) d'extrémité étant reliées à l'autre phase ainsi qu'à la terre.
6. Installation selon la revendication 4, caractérisée en ce que la conduite est constituée de trois sections successives et comporte par suite quatre
électrodes disposées respectivement dans quatre tronçons de liaison, les électrodes
intermédiaires étant raccordées aux phases d'une source de courant alternatif triphasé
par l'intermédiaire d'un transformateur d'isolement, et les électrodes d'extrémité
étant reliées à la terre.
7. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle comporte plusieurs conduites alimentées en volumes de produit en parallèle mais
ayant des cycles de chauffage décalés, de sorte qu'une conduite est en phase d'alimentation
ou d'évacuation en produit tandis qu'une autre conduite est en phase de chauffage.
8. Installation selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que lesdites conduites sont constituées de polypropylène, de PEEK, de céramique, de verre
ou d'un composite en résine imprégnée de fibres de verre ou analogues.