[0001] La présente invention concerne un gréement pour engin à voiles. Elle concerne plus
particulièrement un perfectionnement pour son gréement, grâce auquel le point d'amure
de la voile d'avant peut être déplacé en dehors et au-de là du plan vertical contenant
la bôme de retenue de la grand voile.
[0002] L'invention trouve son application particulièrement avantageuse, mais non exclusive,
dans le domaine des voiliers.
[0003] Depuis l'aube des civilisations, l'envoûtement de la mer a exercé son effet magique
et, tout au long de l'histoire, les hommes ont répondu à cet appel, grâce à des navires
propulsés par la force du vent.
[0004] Les navires à voiles ont tout d'abord été des bateaux utilitaires de commerce ou
des bateaux militaires. Mais depuis le début du siècle, la navigation à voile est
devenue une activité sportive pratiquée par de nombreux passionnés, dont certains
pratiquent la voile à un haut niveau de performance. Ainsi les constructeurs ont toujours
cherché à améliorer les performances de leurs constructions, par des modifications
des volumes des coques et des matériaux utilisés, des améliorations dans la coupe
des voiles ainsi que dans leur structure. Mais rien, à ce jour, n'a été fait de déterminant
au niveau du gréement, qui est, somme toute, resté tout à fait traditionnel.
[0005] Certaines tentatives d'amélioration de gréement ont été faites comme, par exemple,
selon le dispositif divulgué par le brevet antérieur français N° 72 33383 ou encore
N° 77 31104. Mais ces gréements ne sont pas satisfaisants et n'ont en fait jamais
été utilisés.
[0006] La présente invention permet d'améliorer les performances de la combinaison des voiles,
grâce à un dispositif facile à mettre en oeuvre.
[0007] Ainsi, selon l'invention, le gréement pour engin à voiles est du type qui comprend
une coque ou similaire de plan vertical de symétrie générale, sur laquelle est monté
un mât, sur lequel sont destinés à être hissés une grand voile et un foc, ladite grand
voile étant retenue par son bord d'attaque sur le mât, tandis que sa bordure est retenue
sur une bôme par, respectivement, son point d'amure et son point d'écoute, ladite
bôme étant articulée sur le mât par son extrémité avant, pour être déplacée latéralement
de part et d'autre du plan par pivotement de la bôme selon un angle par rapport au
plan de symétrie, tandis que le foc est retenu par sa têtière et son point d'amure,
et est caractérisé en ce que le point d'amure du foc est monté mobile en déplacement
latéral de part et d'autre du plan et en ce que ledit gréement comprend des moyens
de déplacement permettant de provoquer le déplacement latéral du point d'amure du
foc par simple pivotement de la bôme, ces moyens étant constitués par un ensemble
intermédiaire de liaisons reliant cynématiquement la bôme et le point d'amure du foc.
[0008] Selon une caractéristique complémentaire, l'ensemble de liaisons comprend au moins
une pièce pivotante d'orientation, liée à la bôme de grand voile.
[0009] Selon une autre caractéristique, le point d'amure du foc est fixé directement ou
indirectement à la pièce pivotante d'orientation.
[0010] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention se dégageront de la description
qui va suivre en regard des dessins annexés qui ne sont donnés qu'à titre d'exemples
non limitatifs
Les figures 1 à 7 illustrent un premier mode de réalisation.
La figure 1 est une vue latérale.
Les figures 2, 3 et 4 sont des vues de dessus montrant le voilier du premier mode
de réalisation selon trois allures différentes, la figure 2 étant du près serré, la
figure 3 du près, la figure 4 du grand largue.
Les figures 5 et 7 sont des vues illustrant plus particulièrement un mode de réalisation
de l'ensemble intermédiaire de liaisons.
La figure 5 est une vue de dessus.
La figure 6 est une vue latérale.
La figure 7 est une vue de dessus de l'ensemble de retenue vertical.
Les figures 8 à 11 illustrent un deuxième mode de réalisation.
La figure 8 est une vue similaire à la figure 6, mais du deuxième mode de réalisation.
Les figures 9, 10 sont des vues similaires aux figures 2 et 4, mais du deuxième mode
de réalisation de l'ensemble intermédiaire de liaisons.
La figure 11 est une vue de dessus similaire à la figure 5.
La figure 12 illustre une autre variante de réalisation
[0011] Nous allons tout d'abord donner quelques définitions qui sont connues en elles-mêmes.
[0012] Un voilier portant la référence générale (1) comprend une coque (2) de plan vertical
de symétrie général (P) sur laquelle est monté un mât (3) et comprend un voile d'avant
appelée « foc » (4) et une voile d'arrière appelée « grand voile » (5). Le mât (3)
est tenu en position verticale ou sensiblement verticale par un gréement dit « dormant
» constitué de câbles d'acier. Les voiles sont hissées ou descendues par ce que l'on
appelle le gréement courant.
[0013] La grand voile (5) en tissu synthétique a la forme générale d'un triangle limité
par le bord d'attaque (6), la chute (7) et la bordure (8). Le bord d'attaque (6) est
engagé dans un rail du mât, tandis que la bordure (8) est engagée dans un rail de
la bôme (9). Le foc (4) est en tissu synthétique et a aussi la forme d'un triangle
limité par le bord d'attaque (10), la chute (11) et la bordure (12).
[0014] Les trois coins de la grand voile (5) s'appellent :
- pour le coin du haut, la têtière de grand voile (13),
- pour le coin inférieur avant, le point d'amure de grand voile (14),
- pour le coin inférieur arrière, le point d'écoute de grand voile (15).
[0015] Notons que le point d'écoute (15) de la grand voile est retenu par l'extrémité arrière
(41) de la bôme (19), tandis quent d'écoute (15) du foc (18).
[0016] Pour progresser, le navigateur doit, en fonction de sa direction par rapport au vent,
placer ses voiles, grand voile (5) et foc (4) soit d'un côté, soit de l'autre, en
les bordant par l'intermédiaire d'écoutes, respectivement, par l'écoute de grand voile
(25) et l'écoute de foc (26). Les voiles sont donc soit en position dite "tribord
amures" et donc, dans ce cas, le point d'écoute (15) de la grand voile (5) et le point
d'écoute (17) du foc (4) sont placés à bâbord, soit en position dite "bâbord amures"
et, dans ce cas, le point d'écoute (17) de la grand voile (5) et le point d'écoute
(17) du foc (4) sont placés à tribord.
[0017] Selon l'invention, le point d'amure (17) du foc (4) peut être déplacé latéralement
soit côté tribord, soit côté bâbord pour être placé en dehors du plan de symétrie
(P), du côté opposé au déplacement (d1) du point d'écoute (15) de la grand voile (5)
par rapport au plan de symétrie (P), tandis que le déplacement (d2) du point d'amure
(17) du foc (4) est provoqué par le déplacement (d1) du point d'écoute (15) de la
grand voile.
[0018] Selon une autre caractéristique de l'invention, le point d'amure (17) du foc (4)
peut être déplacé en dehors et au-delà et/ou en -deçà du plan (P1), ce dernier étant
le plan vertical passant par la bôme (9), c'est-à-dire le plan vertical passant par
le point d'amure (14) et le point d'écoute (15) de la grand voile.
[0019] Ainsi, le déplacement (d1) du point d'amure (17) du foc (4), pour un réglage déterminé,
est proportionnel au déplacement latéral (d2) du point d'écoute (15) de la grand voile
(5). Par ailleurs, le gréement comprend des moyens de réglage permettant de déplacer
le point d'amure (17) du foc (4) pour le disposer en dehors du plan (P1), en deçà
ou au-delà de ce dernier.
[0020] Selon l'invention, l'angle (B) formé par le plan de symétrie (P) et le plan vertical
(P2) passant par le point d'amure (17) du foc (4) et l'axe (Y, Y') du mât (3) est
égal ou différent de l'angle (A) formé par le plan de symétrie (P) et le plan vertical
(P1). Ainsi, la différence entre l'angle (B) et l'angle (A) est égale à une valeur
(C) égale ou différente de zéro, selon le réglage choisi par le skipper, et ce, grâce
aux moyens de réglage évoqués précédemment sur lesquels nous reviendrons en détails
dans la suite de la description. Par ailleurs, on notera que la valeur (C) n'est pas
nécessairement constante au cours du déplacement de la bôme.
[0021] Pour ce faire, le déplacement (d1) du point d'amure (17) du foc (4) est lié cinématiquement
au déplacement (d2) du point d'écoute (15) de la grand voile (5).
[0022] Cette liaison cinématique est réalisée par un ensemble de liaisons (20) comprenant
au moins une pièce pivotante (21) liées directement ou indirectement à la bôme (9)
afin que le déplacement en pivotement de ladite bôme (9) entraîne en pivotement la
pièce pivotante d'orientation du foc (21) et provoque ainsi le déplacement du point
d'amure (17) du foc (4).
[0023] Notons que la pièce pivotante d'orientation (21) retenant le point d'amure du foc
peut avoir un pivotement identique ou différent de celui de la bôme.
[0024] Les figures 1 à 7 illustrent un premier mode de réalisation selon lequel l'ensemble
de liaisons (20) comprend une pièce pivotante d'orientation (21) qui a la forme générale
d'un « X », tandis que le mât (3) passe dans un trou central (27) réalisé au centre
de ladite pièce pivotante. Cette pièce pivotante pivote latéralement autour d'un axe
coïncident avec l'axe de pivotement de la bôme.
[0025] Par ailleurs, la pièce pivotante d'orientation du foc (21) comprend deux bras arrières
(28a, 28b) formant un « V », divergents ouvert vers l'arrière, et deux bras avant
(29a, 29b), dont les extrémités respectives (30a, 30b) portent deux brins complémentaires
avant (31a, 31b) convergeant en un point central avant de retenue (32). Le point d'amure
(17) du foc (4) est avantageusement relié au point central avant de retenue grâce
à une biellette avant (33) s'étendant vers le haut. Il va de soi que la pièce pivotante
d'orientation peut avoir une toute autre forme, sans pour autant sortir du cadre de
l'invention.
[0026] Ajoutons que l'ensemble de retenue avant (42), constitué par les deux brins complémentaires
avant convergents (31a, 31b), est articulé sur la pièce pivotante d'orientation (21)
et forme un plan incliné vers l'avant et vers le bas qui est mobile en pivotement
autour d'un axe transversal (XX') dont la position est maintenue grâce à une drisse
de retenue (34).
[0027] On notera que la pièce pivotante d'orientation (21) comprend un rail (35) de point
d'écoute du foc. Par ailleurs, la position relative des deux bras convergents arrières
(28a, 28b) par rapport à la bôme (9), qui va conditionner la position du point d'amure
(17) du foc (6) est réalisée grâce à des moyens de réglage constitués par deux systèmes
d'écoute de réglage (36a, 36b), qui constituent les moyens de réglage évoqués précédemment.
[0028] Les figures 8 à 11 illustrent un deuxième mode de réalisation de l'ensemble de liaisons
intermédiaire (20). La figure 8 est une vue latérale d'une variante d'exécution d'un
ensemble intermédiaire de liaisons (20), selon laquelle ce dernier est constitué comme
précédemment par au moins une pièce pivotante (21'), tandis que le foc est retenu
à l'extrémité d'un bras de retenue avant (210) articulé sur une pièce pivotante complémentaire
(211).
[0029] Selon cet autre mode de réalisation, la pièce pivotante (21') a, par exemple, la
forme d'un « Y » comprenant deux bras divergents (29'a, 29'b) tandis que la branche
longitudinale (37) est reliée à la bôme par un ensemble de biellettes de liaisons
(38a, 38b). Bien entendu, la pièce pivotante d'orientation (21') pourrait avoir une
toute autre forme comme, par exemple, la forme d'un "T".
[0030] Par ailleurs, on notera que le point d'amure (17) du foc (4) est fixé indirectement
à l'extrémité avant (24) du bras de retenue avant (210).
[0031] La position angulaire, relative du bras de retenue avant (210) par rapport aux deux
bras divergents (29'a, 29'b), est réglable. A cet effet, des moyens de réglage sont
prévus et sont avantageusement constitués par un système d'écoute réglable (39a, 39b)
permettant de positionner l'extrémité de la bôme de foc (19) plus ou moins loin du
plan de symétrie de la pièce pivotante (21').
[0032] On a compris que, grâce aux moyens mis en oeuvre, le déplacement du point d'amure
(17) du foc (4) était provoqué et se faisait automatiquement par le déplacement du
point d'écoute (15) de la grand voile (5) tandis que l'angle (B) formé par le plan
vertical (P2) passant par l'axe du mât (3) et le point d'amure (17) du foc et le plan
(P) est égal ou différent de l'angle (A) formé par le plan (P1) et ledit plan de symétrie
(P).
[0033] La figure 12 illustre une autre variante de réalisation selon laquelle l'extrémité
avant de la bôme comprend deux bras divergents (90a, 90b), dont les extrémités sont
reliées par des écoutes de réglage (390a, 390b) à une pièce pivotante d'orientation
(21") dont l'extrémité arrière est articulée sur la bôme (9).
[0034] Il va de soi que l'invention peut être utilisée pour tous types d'engin à voiles
tels que chars à voiles ou autres, et que la bordure (8) de la grand voile n'est pas
forcément engagée dans un rail de bôme.
[0035] On ajoutera que l'ensemble de liaisons intermédiaire pourrait être aussi un dispositif
hydraulique piloté. Il pourrait d'ailleurs en être de même pour le moyen de réglage.
[0036] De la description ci-dessus, on a compris que le point d'amure du foc se déplaçait
automatiquement avec le pivotement de la bôme, grâce aux moyens de déplacement, et
que le gréement comprenait des moyens de réglage de façon à ce que le barreur puisse
placer ses voiles de telle sorte que l'angle (B) soit égal ou différent de l'angle
(A). Ainsi, la différence entre l'angle (B) et l'angle (A) est égale à une valeur
(C) égale ou différente de zéro. On notera aussi que les deux moyens sont indépendants
et que le barreur peut modifier la valeur de (C) soit avant réglage de la grand voile,
soit pendant ledit réglage, soit après ce réglage.
[0037] Dans l'exemple de réalisation donné à titre d'exemple le mât est retenu par des haubans,
mais l'invention s'applique aussi, à tout autre système de mâture et notamment aux
mât tournant sans haubanage.
[0038] Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisation décrits et représentés
à titre d'exemples, mais elle comprend aussi tous les équivalents techniques ainsi
que leurs combinaisons.
1. Gréement pour engin à voiles (1) du type qui comprend une coque ou similaire (2) de
plan vertical de symétrie générale (P) sur laquelle est monté un mât (3) sur lequel
sont destinés à être hissés une grand voile (5) et un foc (4), ladite grand voile
étant retenue par son bord d'attaque (6) sur le mât (3), tandis que sa bordure (8)
est retenue sur une bôme (9) par, respectivement, son point d'amure (14) et son point
d'écoute (15), ladite bôme étant articulée sur le mât par son extrémité avant (40),
pour être déplacée latéralement de part et d'autre du plan (P) par pivotement de la
bôme selon un angle (A) par rapport au plan de symétrie (P), tandis que le foc (4)
est retenu par sa têtière (16) et son point d'amure (17), ce dernier étant monté mobile
en déplacement latéral de part et d'autre du plan (P), caractérisé en ce que ledit gréement comprend des moyens de déplacement permettant de provoquer le déplacement
latéral du point d'amure (17) du foc par simple pivotement de la bôme, ces moyens
étant constitués par un ensemble intermédiaire de liaisons (20, 20') reliant cynématiquement
la bôme (9) et le point d'amure (17) du foc.
2. Gréement d'engin à voiles (1) selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'ensemble de liaisons (20) comprend au moins une pièce pivotante (21, 21') liée
à la bôme de grand voile (9).
3. Gréement d'engin à voiles (1) selon la revendication 2, caractérisé en ce que le point d'amure (17) du foc est fixé directement ou indirectement à la pièce pivotante
(21).
4. Gréement d'engin à voiles (1) selon la revendication 3, caractérisé en ce qu'il comprend des moyens de réglage (36a, 36b - 39a, 39b - 390a, 390b) pour que l'angle
(B) formé par le plan de symétrie (P) et le plan vertical (P2) passant par le point
d'amure (17) du foc (4) et l'axe (Y, Y') du mât (3) soit égal ou différent de l'angle
(A) formé par le plan de symétrie (P) et le plan vertical (P1).
5. Gréement d'engin à voiles (1) selon la revendication 4, caractérisé en ce que la pièce pivotante (21) est reliée à la bôme par deux systèmes d'écoute de réglage
(36a, 36b - 39a, 39b - 390a, 390b).
6. Gréement d'engin à voiles (1) selon la revendication 4, caractérisé en ce que les moyens de réglage sont constitués par un dispositif hydraulique.
7. Gréement d'engin à voiles (1) selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce la pièce pivotante (21') est reliée à la bôme (19) par un ensemble de biellettes
de liaisons (38, 38b).
8. Gréement d'engin à voiles (1) selon la revendication 7, caractérisé en ce l'ensemble de biellettes de liaisons (38, 38b) forme un parallélogramme déformable.