Objet de l'invention
[0001] La présente invention a pour objet la fabrication de bandes d'acier par laminage
à froid, particulièrement les bandes d'acier destinées à des traitements de formage,
par exemple l'emboutissage profond.
[0002] L'invention concerne plus particulièrement un procédé pour le traitement thermique
d'une bande d'acier laminée à froid, dans le but de lui conférer une haute résistance
et une grande formabilité.
Etat de la technique
[0003] D'une manière générale, les bandes d'acier destinées à des opérations de formage,
notamment de haute formabilité, sont des bandes laminées à froid. Ce type de bande
présente en effet des propriétés favorables, et en particulier une bonne ductilité,
pour les opérations envisagées. D'une manière générale, ces propriétés sont le résultat
de traitements thermiques de recuit et de refroidissement bien connus.
[0004] On sait par ailleurs qu'il est possible de produire des aciers présentant d'une part
une haute résistance et d'autre part une ductilité élevée en leur conférant une structure
biphasée (appelée aussi, en anglais, structure « dual phase »). Cette structure biphasée
est essentiellement constituée par une matrice ferritique douce, dans laquelle sont
dispersées de fines particules de martensite. En schématisant, on considère que la
matrice ferritique assure la ductilité de l'acier, tandis que la résistance est donnée
par la martensite, qui est une phase de dureté élevée, obtenue par une opération de
trempe.
[0005] D'un point de vue métallurgique, on forme la structure biphasée définie ci-dessus
dans une bande d'acier en soumettant celle-ci à un traitement thermique adéquat en
plusieurs étapes comportant un recuit et une trempe. Selon un procédé connu, le recuit
est opéré en chauffant la bande d'acier jusqu'à une température de recuit située dans
le domaine intercritique du diagramme d'équilibre de l'acier, entre les points de
transformation A1 (température de l'eutectoïde) et A3 (température minimum à laquelle
la phase austénitique γ est la seule phase stable de l'acier). La bande d'acier est
ensuite maintenue à cette température de 'recuit pendant un temps suffisant pour convertir
la structure ferritique initiale de l'acier en une structure mixte de ferrite et d'austénite.
On exécute ensuite la trempe en refroidissant brutalement la bande d'acier jusqu'à
une température inférieure à la température Ms de transformation de l'austénite en
martensite.
[0006] Un procédé de ce type est notamment décrit et revendiqué dans le document WO-A-02/00947.
Dans ce procédé connu, la température du recuit, située dans le domaine intercritique
entre les points d'équilibre A1 et A3 de l'acier, est sélectionnée de façon à assurer
la formation d'au maximum 20% (de préférence de 10 à 15%) en volume d'austénite dans
la structure mixte de ferrite et d'austénite, afin de conférer à l'acier une résistance
élevée sans affecter sensiblement sa ductilité. On cite les températures de 725 à
825°C. Pour la température de trempe, inférieure à la température critique Ms, on
cite les températures inférieures à 350°C, par exemple les températures de 120 à 340°C
ou la température ambiante.
[0007] Le traitement thermique des bandes d'acier selon le procédé décrit ci-dessus est
de préférence effectué selon un processus continu, dans une installation en ligne.
Des raisons d'investissement et d'encombrement au sol imposent de limiter la durée
des différentes étapes du procédé. Ainsi, dans le procédé connu décrit dans la demande
de brevet susdite, le chauffage de la bande d'acier jusqu'à la température de recuit
est effectué à une vitesse d'au moins 150°C/s, avantageusement de 150 à 350°C/s, le
maintien de la bande d'acier à cette température n'excède pas 20 s et la vitesse de
refroidissement jusqu'à la température critique de trempe Ms est d'au moins 300°C/s
(par exemple de 300 à 1000°C/s).
[0008] Dans le procédé connu qui vient d'être décrit, il s'est révélé particulièrement difficile,
voire impossible, d'atteindre l'équilibre thermodynamique de la structure mixte de
ferrite et d'austénite à l'issue du recuit, ce qui rend le procédé instable. En pratique,
il est en effet apparu que cet équilibre ne pouvait être atteint qu'à la suite d'une
très longue durée de maintien de la bande d'acier à la température de recuit. Cette
longue durée nécessite la construction d'une ligne très longue, représentant des investissements
importants d'exploitation industrielle.
Buts de l'invention
[0009] L'invention vise à remédier à cet inconvénient du procédé connu décrit plus haut,
en fournissant un procédé nouveau pour le traitement thermique d'une bande d'acier
laminée à froid, qui confère à celle-ci des propriétés de résistance mécanique reproductibles,
particulièrement une grande ductilité et une haute résistance, dans des installations
industrielles en ligne d'encombrement réduit.
Principaux éléments caractéristiques de l'invention
[0010] L'invention concerne un procédé pour le traitement thermique d'une bande d'acier
laminée à froid, comprenant un chauffage jusqu'à une température de recuit supérieure
à la température A3, une stabilisation à ladite température de recuit et une trempe
jusqu'à une température inférieure à la température critique Ms de transformation
martensitique, le procédé étant caractérisé en ce qu'on sélectionne une température
de recuit supérieure à la température A3 de transformation austénitique et en ce qu'entre
la stabilisation à la température de recuit et la trempe, on soumet la bande d'acier
à un refroidissement jusqu'à une température intermédiaire située dans le domaine
intercritique entre les points de transformation A1 et A3, et on la stabilise à ladite
température intermédiaire.
[0011] Dans le procédé selon l'invention, les températures A1 et A3 sont bien connues du
milieu sidérurgique. La température A1 correspond à la température de l'eutectoïde
du diagramme d'équilibre de l'alliage fer-carbone. Il est d'environ 725°C mais peut
varier en fonction des éléments d'alliage de l'acier et de la vitesse de chauffage
de la bande d'acier jusqu'à la température de recuit. La température A3 est la température
minimum à laquelle la phase γ est la seule phase stable de l'acier. Elle dépend de
la composition de l'acier, particulièrement de sa teneur en carbone, et de la vitesse
de chauffage jusqu'à la température du recuit.
[0012] La température critique Ms de transformation martensitique est également bien connue
dans le milieu sidérurgique. Elle est la température limite sous laquelle, lors d'un
refroidissement rapide de l'acier depuis la température du recuit, l'austénite est
transformée en martensite sans formation de perlite. Cette température critique et
la vitesse de refroidissement nécessaire à la transformation en martensite dépendent
de la composition de l'acier et de la température de recuit.
[0013] Selon l'invention, la température du recuit est supérieure à la température A3 de
l'acier, de sorte que l'acier traité se trouve alors dans le domaine austénitique
du diagramme d'équilibre des phases de l'acier. Le choix de la température optimum
du recuit va dépendre de la composition de l'acier, notamment de sa teneur en carbone.
Dans le cas d'un acier faiblement allié, comprenant de 0,08 à 0,15% en poids de carbone,
la température du recuit est généralement supérieure à 830°C et se situe avantageusement
entre 850 et 880°C.
[0014] Le chauffage de la bande d'acier jusqu'à la température de recuit est avantageusement
effectué à grande vitesse, de manière à réduire l'encombrement de l'installation de
recuit et à optimiser la structure cristalline de l'acier. Des vitesses supérieures
à 100°C/s sont recommandées, les vitesses de 100 à 300°C/s étant préférées. Le chauffage
de l'acier jusqu'à la température de recuit peut être effectué dans un four chauffé
par tout moyen de chauffage classique. Celui-ci peut par exemple comprendre un chauffage
au gaz naturel, un chauffage au mazout ou un chauffage électrique par induction. De
tels fours sont bien connus en technique.
[0015] A l'issue du chauffage jusqu'à la température de recuit, la bande d'acier est soumise
à une étape de stabilisation. Au cours de celle-ci, la bande d'acier est maintenue
à la température du recuit pendant un temps suffisant pour transformer l'acier en
austénite et former une austénite homogène. .La durée de cette étape de stabilisation
dépend de la température à laquelle on l'effectue et de la composition de l'acier.
Cette étape de stabilisation étant réalisée dans un four thermostatisé, on a intérêt
à la rendre aussi courte que possible, pour des considérations d'encombrement et d'investissement.
En pratique, on la maintient généralement sous 1 minute, les durées de 1 à 20 s convenant
généralement bien.
[0016] Selon l'invention, la stabilisation à la température de recuit est suivie d'un refroidissement
jusqu'à une température intermédiaire située dans le domaine intercritique. Par définition,
le domaine intercritique est le domaine d'équilibre de l'acier, situé entre la température
A1 et la température A3. Il correspond au domaine de coexistence d'une phase ferritique
α et d'une phase austénitique γ. Le choix de la valeur optimum pour la température
intermédiaire va dépendre des propriétés recherchées pour la bande d'acier soumise
au traitement thermique. En général, on la choisit de manière qu'à l'équilibre il
y corresponde au maximum 20% (par exemple de 5 à 20%) en poids d'austénite, les valeurs
de 10 à 15% en poids d'austénite convenant généralement bien. Cette température optimum
dépend de la température A3 de l'acier concerné et, par conséquent, de la composition
de celui-ci et peut aisément être déterminée au départ du diagramme d'équilibre des
aciers. En pratique, des températures de 600 à 750°C conviennent bien dans la majorité
des cas.
[0017] Le refroidissement jusqu'à la température intermédiaire est généralement effectué
à l'aide d'un refroidissement au gaz (« gas jet cooling »). On l'effectue avantageusement
à une vitesse supérieure à 50°C/s, par exemple de 100 à 150°C/s.
[0018] Le refroidissement -de la bande d'acier jusqu'à la température intermédiaire est
suivi d'une stabilisation à cette température. La stabilisation à la température intermédiaire
consiste à maintenir la bande d'acier à la température intermédiaire sélectionnée
pendant un temps suffisant pour transformer une fraction de l'austénite en ferrite
et atteindre l'équilibre thermodynamique des deux phases en présence (ferritique et
austénitique) . La durée de la stabilisation à la température intermédiaire est généralement
supérieure à 2 s. En pratique, elle est habituellement d'au moins 5 s. On n'a pas
intérêt à ce qu'elle dépasse 25 s. Les durées de 5 à 15 s conviennent généralement
bien. La phase de stabilisation à la température intermédiaire est effectué de préférence
dans un four à faible inertie, aussi nommé un four tunnel.
[0019] A l'issue de la stabilisation à la température intermédiaire, la bande d'acier est
soumise à une trempe. Celle-ci consiste à refroidir la bande d'acier jusqu'à une température
inférieure à la température critique Ms, avec une vitesse de refroidissement suffisante
pour transformer la phase austénitique en martensite sans formation de perlite. Le
choix des valeurs optimum pour la température de trempe et la vitesse de refroidissement
va dépendre notamment de la composition de l'acier et de la température intermédiaire.
Ces valeurs optimum peuvent être déterminées aisément par des essais au laboratoire.
En pratique, on choisit une température de début de trempe entre 600 et 750°C et une
vitesse de refroidissement supérieure à 100°C/s. La trempe peut par exemple être effectuée
par pulvérisation d'un brouillard d'eau et air comprimé ou par immersion dans un bain
d'eau chaude (par exemple à une température de 70 à 90°C). Pour le refroidissement
jusqu'à la température de trempe, des vitesses de 300 à 1000°C/s sont spécialement
recommandées.
[0020] Dans une forme de réalisation particulière du procédé selon l'invention, on effectue
la trempe en immergeant la bande d'acier dans un bain de galvanisation, idéalement
un bain de zinc fondu à une température de 460 à 500°C.
[0021] Dans une autre forme de réalisation particulière du procédé selon l'invention, à
l'issue de la trempe, on soumet la bande d'acier à une opération de survieillissement,
destinée à précipiter le carbone soluble formé lors de la transformation de l'austénite
en martensite. Par cette opération, on réduit la sensibilité de l'acier au vieillissement
et on améliore sa ductilité.
[0022] Par comparaison avec le procédé connu décrit plus haut, le procédé selon l'invention
permet de conférer à des bandes d'acier laminées à froid des propriétés mécaniques
optimum, qui sont reproductibles, dans des installations industrielles en ligne, ne
nécessitant pas un encombrement et un investissement excessifs. Ce résultat avantageux
du procédé selon l'invention, en particulier la reproductibilité des propriétés recherchées,
est imputable, d'une part, au choix d'une température de recuit qui place le point
d'équilibre thermodynamique de l'acier dans la zone austénitique et, d'autre part,
à faire précéder la trempe d'un refroidissement jusqu'à une température intermédiaire
qui place le point représentatif de l'acier dans le domaine intercritique. Les inventeurs
ont trouvé que ce résultat avantageux du procédé selon l'invention trouve son origine
dans la vitesse de transformation et de diffusion de carbone dans l'acier au cours
du recuit et au cours du refroidissement intermédiaire qui suit celui-ci. Les inventeurs
ont notamment trouvé que dans le procédé selon l'invention, la transformation directe
d'une phase ferritique unitaire en une phase austénitique unitaire, par chauffage,
suivie d'une transformation de ladite. phase austénitique unitaire en une phase mixte
de ferrite et d'austénite par refroidissement requiert moins de temps qu'une transformation
directe d'une phase ferritique unitaire en une phase mixte de ferrite et d'austénite
par chauffage (procédé connu décrit dans le document WO-A-02/00947).
[0023] Le procédé selon l'invention s'applique à toutes les bandes d'acier à basse teneur
en carbone du type biphasé (ou « dual phase ») défini plus haut. Il convient spécialement
bien aux bandes d'acier LC ('Low Carbon') laminées à froid de 0,3 à 2 mm d'épaisseur,
destinées à un formage tel qu'appliqué dans la fabrication de composants utilisés
dans l'industrie automobile. Plus particulièrement, le procédé de traitement thermique
selon l'invention s'applique spécialement bien aux bandes d'acier à basses teneurs
en carbone et en manganèse, notamment aux bandes d'acier contenant de 0,06 à 0,2%
en poids de carbone et de 0,6 à 2,0% en poids de manganèse. Des exemples d'aciers
LC pour lesquels le procédé selon l'invention convient bien comprennent de 0,08 à
0,15% en poids de carbone et de 0,6 à 1,5% en poids de manganèse. La teneur en silicium
est de préférence inférieure à 0,5% en poids, par exemple située entre 0,01 et 0,4%
en poids.
[0024] La bande d'acier laminée à froid mise en oeuvre dans le procédé de traitement thermique
selon l'invention provient généralement d'une brame fabriquée dans un laminoir à chaud.
[0025] En conséquence, l'invention concerne également un procédé de fabrication d'une bande
d'acier adapté au formage, selon lequel on soumet une brame d'acier à un laminage
à chaud à une température située dans la zone austénitique de l'acier, on soumet la
tôle recueillie du laminage à chaud à un bobinage à une température de 680 à 750°C,
puis à un laminage à froid avec un taux de réduction de 50 à 80% et on soumet ensuite
la tôle recueillie du laminage à froid à un traitement thermique conforme à l'invention.
[0026] L'invention a également pour objet des bandes d'acier adapté au formage, obtenues
au moyen du procédé de fabrication selon l'invention, décrit ci-dessus, particulièrement
des bandes d'acier destinées à l'industrie automobile.
Brève description des figures
[0027] La figure 1 est un diagramme schématisant les différentes étapes opératoires de deux
procédés distincts pour le traitement thermique d'une bande d'acier doux à structure
biphasée, destinée à un formage.
[0028] La figure 2 est un schéma montrant le mécanisme de formation de l'austénite avec
en ordonnée la fraction volumique indiquée par P, à partir d'une structure homogène
ferritique (courbe 11) ou à partir d'une structure homogène austénitique (courbe 12).
[0029] Dans ces figures, des mêmes notations de référence ont des significations identiques.
Description détaillée de l'invention
[0030] A la figure 1, l'échelle des abscisses représente le temps et l'échelle des ordonnées
représente les températures. La ligne désignée dans son ensemble par la notation de
référence 1 représente le procédé de traitement thermique de l'état de la technique.
La ligne désignée dans son ensemble par la notation de référence 5 représente un procédé
de traitement thermique conforme à l'invention.
[0031] Le procédé selon l'état de la technique, schématisé par la ligne 1 à la figure 1
comprend les étapes successives. suivantes
- un chauffage 2 de la bande d'acier jusqu'à une température de recuit T1 située dans la zone intercritique (entre les températures A1 et A3) de l'acier traité;
- une stabilisation 3 de l'acier à la température de recuit T1;
- une trempe 4 jusqu'à la température ambiante, à une vitesse supérieure à la vitesse
critique de transformation de l'austénite en martensite.
[0032] Le procédé selon l'invention, schématisé par la ligne 5 à la figure 1, comprend les
étapes opératoires suivantes :
- un chauffage 6 de la bande d'acier jusqu'à une température de recuit T2 située dans la phase austénitique (au-dessus de la température A3) de l'acier traité
;
- une stabilisation 7 de l'acier à la température de recuit T2;
- un refroidissement 8 jusqu'à une température T3 située dans la zone intercritique (entre les températures A1 et A3) de l'acier traité;
- une stabilisation 9 de l'acier à la température T3;
- une trempe 10 jusqu'à la température ambiante, à une vitesse supérieure à la vitesse
critique de transformation de l'austénite en martensite.
[0033] A la figure 2, l'échelle des abscisses désigne le temps et l'échelle des ordonnées
désigne la teneur en austénite de l'acier. La ligne 11 correspond au traitement thermique
selon l'état de la technique (schématisé par la ligne 1 à la figure 1) et la ligne
12 correspond au traitement thermique selon l'invention (schématisé par la ligne 5
à la figure 1).
[0034] Dans le traitement thermique schématisé par la ligne 11, l'acier initialement dans
la zone d'équilibre de la ferrite est chauffé à la température de recuit T
1 située dans la zone intercritique du diagramme d'équilibre (entre les températures
A1 et A3). Une fraction de la ferrite se transforme en austénite et un temps substantiel
t
1 est nécessaire pour atteindre l'équilibre.
[0035] Dans le traitement thermique schématisé par la ligne 12, l'acier est d'abord chauffé
à la température de recuit T
2 située dans la zone d'équilibre de l'austénite (supérieure à la température A3 du
diagramme d'équilibre). Le temps nécessaire pour obtenir une transformation de la
totalité de la ferrite en austénite est très court et représenté par t
2. Ensuite, l'acier est refroidi jusqu'à la température intermédiaire T
3 située dans la zone intercritique du diagramme d'équilibre et maintenu à cette température
le temps nécessaire pour obtenir une transformation d'une fraction d'austénite en
ferrite.
[0036] On observe sur le diagramme de la figure 2 qu'avec le procédé selon l'invention,
le temps total t
3 nécessaire pour obtenir la structure biphasique stable de ferrite et d'austénite
est nettement inférieur au temps t
1 qui est nécessaire dans le procédé de l'état de la technique.
Description de quelques exemples d'exécution
[0037] Les exemples décrits ci-après vont faire apparaître l'intérêt du procédé selon l'invention.
[0038] Dans chacun des exemples on a mis en oeuvre une bande en acier faiblement allié (0,1%
en poids de carbone et 1,25% en poids de manganèse) de 0,7 mm d'épaisseur, provenant
d'un laminoir à froid. La bande d'acier a été soumise à un traitement thermique, dans
le but de lui conférer une structure biphasée (ou « dual phase ») comprenant des grains
de martensite dispersées dans une matrice de ferrite.
Exemple 1 (essai de référence)
[0039] La bande d'acier a été soumise à un traitement thermique conforme à l'état de la
technique, représenté schématiquement par la ligne 1 à la figure 1. Ce traitement
thermique a comporté un chauffage rapide 2 de quelques secondes jusqu'à une température
de recuit de 800°C, une stabilisation 3 à cette température pendant 3 minutes et une
trempe 4 jusqu'à la température ambiante.
[0040] A l'issue de l'essai, on a mesuré les propriétés mécaniques de la bande d'acier et
on a analysé la structure cristalline de l'acier. Les résultats sont consignés dans
le tableau 1 ci-dessous, dans lequel
- YS désigne la limite élastique exprimée en mégapascal (MPa) ;
- TS désigne la charge de rupture à la traction, exprimée en mégapascal (MPa) ;
- Eltot désigne l'allongement total à la rupture par traction, exprimé en % de la longueur
initiale de l'éprouvette ;
- F désigne une phase de ferrite ;
- M désigne une phase de martensite ;
- P désigne une phase de perlite.
Exemple 2 (essai de référence)
[0041] La bande d'acier a été soumise à un traitement thermique conforme à l'état de la
technique, représenté schématiquement par la ligne 1 à la figure 1. Ce traitement
thermique a comporté un chauffage rapide de quelques secondes jusqu'à une température
de recuit de 800°C, une stabilisation à cette température pendant 3 minutes suivie
d'un refroidissement dans l'eau bouillante (2 secondes) jusqu'à une température de
641°C et une trempe jusqu'à la température ambiante.
[0042] Les propriétés mécaniques et la structure de l'acier à l'issue de l'essai sont consignés
dans le tableau 1 ci-dessous.
Exemple 3 (essai de référence)
[0043] La bande d'acier a été soumise à un traitement thermique conforme à l'état de la
technique, représenté schématiquement par la ligne 1 à la figure 1. Ce traitement
thermique a comporté un chauffage rapide de quelques secondes jusqu'à une température
de recuit de 800°C, une stabilisation à cette température pendant 3 minutes suivie
d'un refroidissement à l'air (14 secondes) jusqu'à une température de 516°C et une
trempe jusqu'à la température ambiante.
[0044] Les propriétés mécaniques et la structure de l'acier à l'issue de l'essai sont consignés
dans le tableau 1 ci-dessous.
Exemple 4 (conforme à l'invention)
[0045] La bande d'acier a été soumise à un traitement thermique conforme à l'invention,
représenté schématiquement par la ligne 5 à la figure 1. Ce traitement thermique a
comporté un chauffage rapide 6 de quelques secondes jusqu'à une température de recuit
de 865°C, une stabilisation 7 à cette température pendant 40 secondes, un refroidissement
intermédiaire rapide 8 de vitesse supérieure à 100°C/s jusqu'à une température de
650°C, une stabilisation 9 à la température de 650°C pendant 10 secondes et une trempe
10 jusqu'à la température ambiante.
[0046] Les propriétés mécaniques et la structure de l'acier à l'issue de l'essai sont consignés
dans le tableau 1 ci-dessous.
Tableau 1
| Exemple N° |
YS |
TS |
YS/TS |
Eltot |
Microstructure |
| 1 |
576 |
951 |
0,61 |
9 |
55%F+45%M |
| 2 |
276 |
545 |
0,51 |
15 |
91%F+3%M+6%P |
| 3 |
378 |
726 |
0,52 |
16 |
91%F+9%M |
| 4 |
313 |
633 |
0,58 |
17 |
91%F+9%M |
[0047] Une comparaison des résultats des exemples 1 à 3 montre que dans le procédé de l'art
antérieur une structure biphasée stable de ferrite et de martensite nécessite une
stabilisation de longue durée à la température de recuit (3 minutes), suivie d'un
refroidissement préliminaire lent (14 secondes) avant la trempe. En l'absence de ce
refroidissement préliminaire lent, la structure obtenue n'est pas stable ni reproductible
ou contient une phase de perlite inopportune, préjudiciable aux propriétés mécaniques
de la bande d'acier. Le procédé de l'invention permet d'obtenir les caractéristiques
souhaitées en terme de stabilité de la microstructure et propriétés mécaniques, sans
nécessiter une longue période de recuit, ni un refroidissement lent avant la trempe.
1. Procédé pour le traitement thermique d'une bande d'acier laminée à froid, comprenant
un chauffage jusqu'à une température de recuit supérieure à la température A3, une
stabilisation à ladite température de recuit et une trempe jusqu'à une température
inférieure à la température critique Ms de transformation martensitique, caractérisé en ce qu'on sélectionne une température de recuit supérieure à la température A3 de transformation
austénitique et en ce qu'entre la stabilisation à la température de recuit et la trempe, on soumet la bande
d'acier à un refroidissement jusqu'à une température intermédiaire située dans le
domaine intercritique entre les points de transformation A1 et A3, et on la stabilise
à ladite température intermédiaire.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'on sélectionne une température de recuit supérieure à 830°C.
3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'on sélectionne une température de recuit comprise entre 850 et 880°C.
4. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'on exécute le chauffage jusqu'à la température de recuit à une vitesse supérieure
à 100°C/s.
5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce qu'on exécute le chauffage jusqu'à la température de recuit à une vitesse comprise entre
100 et 300°C/s.
6. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la stabilisation à la température de recuit est inférieure à 1 min.
7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce que la stabilisation à la température de recuit est de 1 à 20 s.
8. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce qu'on sélectionne une température intermédiaire comprise entre 600 et 750°C.
9. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce qu'on effectue le refroidissement de la température de recuit jusqu'à la température
intermédiaire à une vitesse supérieure à 50°C/s.
10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce qu'on effectue le refroidissement de la température de recuit jusqu'à la température
intermédiaire à une vitesse comprise entre 100 et 150°C/s.
11. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, caractérisé en ce que la stabilisation à la température intermédiaire a une durée de 5 à'15 s.
12. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 11, caractérisé en ce que, pour tremper la bande d'acier, on l'immerge dans un bain de galvanisation maintenu
à une température comprise entre 460 et 500°C.
13. Procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisé en ce qu'on met en oeuvre une bande d'acier LC contenant de 0,08 à 0,15% en poids de carbone
et de 0,6 à 1,5% en poids de manganèse.
14. Procédé de fabrication d'une bande d'acier adapté au formage, selon lequel on soumet
une brame d'acier à un laminage à chaud à une température située dans la zone austénitique
de l'acier, on soumet la tôle recueillie du laminage à chaud à un bobinage à une température
de 680 à 750°C, puis à un laminage à froid avec un taux de réduction de 50 à 80% et
on soumet ensuite la tôle recueillie du laminage à froid à un traitement thermique
conforme à l'une quelconque des revendications 1 à 13.
15. Bande d'acier pour formage, obtenue au moyen d'un procédé conforme à la revendication
14.
16. Bande d'acier selon la revendication 15, destinée à l'industrie automobile.