[0001] La présente invention concerne le domaine des dispositifs d'affichage à base de cristaux
liquides.
[0002] Les cristaux liquides sont largement utilisés dans un grand nombre de dispositifs
d'affichage, tels que des afficheurs alphanumériques, des écrans plats, des valves
optiques, etc..
[0003] Généralement un dispositif d'affichage à base de cristaux liquides comprend deux
plaques ou substrats parallèles assurant le confinement du cristal liquide. Ces plaques
ou substrats sont munis d'une part de moyens permettant de contrôler l'orientation
et l'ancrage du cristal liquide et d'autre part d'électrodes permettant d'appliquer
un champ électrique sur le cristal liquide pour modifier la configuration de celui-ci.
[0004] Dans les dispositifs à base de cristaux liquides nématiques, qui font l'objet de
la présente invention, on utilise un cristal liquide nématique, achiral ou chiralisé
par exemple en ajoutant un dopant chiral, avec un pas d'hélice supérieur à quelques
micromètres. L'orientation et l'ancrage du cristal liquide à proximité des surfaces
sont définis par des couches ou des traitements d'alignement appliquées sur les substrats,
qui imposent, en l'absence de champ électrique, une texture uniforme ou faiblement
tordue.
[0005] La plupart des dispositifs proposés et réalisés à ce jour sont monostables. En l'absence
de champ électrique une seule texture est réalisée dans le dispositif. Cette texture
correspond à un minimum absolu de l'énergie totale de la cellule. Sous champ électrique
cette texture est déformée continûment et ses propriétés optiques varient en fonction
de la tension appliquée. A la coupure du champ, le nématique revient à nouveau dans
la seule texture monostable.
[0006] Une autre classe d'afficheurs nématiques est celle des nématiques bistables. Dans
ce cas, au moins deux textures distinctes peuvent être réalisées dans la cellule.
Ces textures correspondent aux même ancrages sur les surfaces et sont stables ou métastables
en l'absence de champ électrique. La commutation entre les deux états est réalisée
par l'application de signaux électriques appropriés. Mais une fois l'image inscrite,
celle-ci reste mémorisée en absence de champ grâce à la bistabilité (ou métastabilité).
Cette mémoire des afficheurs bistables est très attractive pour de nombreuses applications.
Elle permet un faible taux de rafraîchissement des images. Elle permet ainsi, par
exemple, de diminuer la consommation des appareils portables.
[0007] Un exemple typique d'afficheur bistable est présenté schématiquement sur la figure
1. On trouvera un descriptif de ce dispositif dans les documents [1] et [2]. Les deux
textures bistables, T
0 et T
180, représentées respectivement sur les figures la et 1b, diffèrent entre elles par
une torsion de ±180° et sont topologiquement incompatibles. Le pas spontané du nématique
est choisi sensiblement égal au quart de l'épaisseur de la cellule, pour rendre les
énergies de T
0 et T
180 essentiellement égales. Sans champ il n'existe aucun autre état avec une énergie
plus basse : T
0 et T
180 présentent une vraie bistabilité. Sous fort champ électrique une texture presque
homéotrope H (figure 1c) est obtenue, avec au moins un des ancrages sur les substrats
« cassé »: les molécules sont normales à la plaque ou substrat au voisinage de sa
surface. A la coupure du champ électrique, la cellule est guidée vers l'un ou l'autre
des états bistables, en favorisant un couplage élastique (T
0) ou hydrodynamique (T
180) entre les deux ancrages de surface. Optiquement, les deux états T
0 et T
180 sont très différents et permettent d'afficher des images en noir et blanc avec un
contraste supérieur à 100.
[0008] Une autre classe de dispositifs cristaux liquides à mémoire sont les afficheurs de
type ordre - désordre. Ces dispositifs présentent une texture uniforme ou régulière,
et un grand nombre de textures désordonnées, avec une forte densité de défauts. De
tels dispositifs sont évoqués dans les documents [3] et [4]. Dans ces dispositifs
la lumière est fortement diffusée et dépolarisée sur les défauts. Les propriétés optiques
des textures désordonnées changent proportionnellement à la densité des défauts ce
qui permet l'affichage de niveaux de gris, indispensable pour obtenir des images de
bonne qualité en noir, gris et blanc ou en couleur.
[0009] Cependant les dispositifs proprement dits bistables, avec seulement deux états d'égale
énergie, de textures régulières, sont intrinsèquement mal adaptés pour un affichage
à teintes de gris. En effet dans ces dispositifs, seulement deux textures bistables
distinctes peuvent être affichées et gardées dans chacun des pixels de l'image.
[0010] Différentes approches ont été proposées pour tenter de rendre les dispositifs bistables
compatibles avec un affichage en niveaux de gris.
[0011] Pour les afficheurs rapides (par exemple écrans vidéo) il est possible d'obtenir
des niveaux de gris par digitalisation de l'image et découpe temporelle de la trame
vidéo en plusieurs sous-trames avec des durées en rapport 1 : 2 : 4 ...Dans chaque
sous-trame l'état du pixel varie pour assurer en moyenne le niveau digital d'intensité
voulue. Cette approche, adaptée seulement aux dispositifs ultra-rapides (par exemple
aux afficheurs cristaux liquides ferroélectriques) présente des nombreuses difficultés.
Elle demande des pilotes compliqués (besoin de mémoire de trame). De plus le multiplexage
est difficile (besoin de réaliser des sous-trames très courtes). Enfin cette approche
sacrifie la bistabilité. En effet, les niveaux de gris ne sont pas des états réels
du pixel mais une moyenne temporelle des états bistables et quand le rafraîchissement
de l'image est coupé, l'image s'arrête. Elle affiche le dernier état des pixels. C'est
une image en noir et blanc.
[0012] Une autre approche consiste à sous diviser spatialement chacun des pixels - l'image
digitalisée est affichée comme une moyenne spatiale des états en noir et blanc réalisés
dans les sous-pixels. La bistabilité de l'image est conservée, mais le dispositif
est compliqué (très petites dimensions des sous-pixels, augmentation considérable
du nombre des sous-pixels à adresser pour la même résolution spatiale, difficultés
de multiplexage).
[0013] La présente invention a pour but de proposer de nouveaux moyens permettant de réaliser
un affichage à base de cristaux liquides, propre à permettre l'obtention de niveaux
de gris.
[0014] Le document [5] présente par exemple un dispositif nématique d'affichage bistable
comprenant une couche de cristaux liquides nématique, ayant deux textures métastables
qui diffèrent entre elles d'une torsion de 360°, qui est compatible avec un affichage
en niveaux de gris.
[0015] Il met en oeuvre les fluctuations aléatoires induites du flux ou de la température
du directeur nématique à travers la cellule pour générer une échelle de gris. Pour
cela, il applique :
- un champ de réinitialisation qui oriente tous les cristaux dans la position P2π de torsion à 360°, en appliquant une grande impulsion, suivie par une courte relaxation
(comme indiqué sur la figure 2), puis
- une impulsion donnée courte, proche de la transition de Fredericks.
[0016] Alors, selon les variations aléatoires du directeur local, le procédé créé une texture
blanche ou une texture noire P
2π et obtient ainsi des niveaux de gris.
[0017] Ce but est atteint dans le cadre de la présente invention grâce à un dispositif nématique
d'affichage bistable selon la revendication 1.
[0018] Dans le cadre de la présente invention, le cristal liquide utilisé peut être dopé
pour devenir chiral et correspondre à un cholestérique.
[0019] La présente invention concerne également un procédé d'affichage mettant en oeuvre
un dispositif nématique d'affichage bistable comprenant :
- une couche de cristal liquide nématique, placée entre deux substrats munis d'électrodes
et de moyens d'alignement qui assurent des ancrages monostables du cristal liquide
sur les surfaces, la symétrie et la force d'au moins un des ancrages permettant la
cassure de l'ancrage sous champ électrique perpendiculaire aux substrats, et
- des moyens pour appliquer un champ électrique sur le cristal liquide, entre les deux
substrats, et casser l'ancrage sur au moins une des surfaces, avec un passage transitoire
du directeur de surface parallèle au champ et relaxation après la coupure du champ
vers l'une ou l'autre de deux textures bistables ou métastables, qui différent entre
elles d'une torsion de 180° et sont toutes les deux compatibles avec les ancrages
monostables,
caractérisé par le fait que le procédé comprend les étapes consistant à :
- réaliser, après la cassure de l'ancrage, des textures, mixtes où lesdites textures
bistables coexistent en proportion contrôlée dans un même pixel, séparées par des
lignes de disinclinaison 180° en volume ou par des murs de réorientation 180° sur
une des surfaces, et
- stabiliser à long terme les textures mixtes par transformation des lignes de volume
en murs de surface et immobilisation de ces murs sur la surface, les moyens de stabilisation
comprenant des moyens aptes à appliquer des impulsions électriques sur le cristal
liquide dont l'amplitude est comprise entre le seuil de Fredericks et le seuil de
cassure de l'ancrage.
[0020] D'autres caractéristiques, buts et avantages de la présente invention apparaitront
à la lecture de la description détaillée qui va suivre, et en regard des dessins annexés,
donnés à titre d'exemples non limitatifs et sur lesquels :
- la figure 1 représente schématiquement une cellule d'affichage bistable à cristaux
liquides conforme à l'état de la technique, les figures 1a et 1b illustrant deux états
stables de la cellule et la figure 1c illustrant un état transitoire sous champ électrique,
- la figure 2 représente une photographie d'un pixel d'une cellule d'affichage à cristaux
liquides conforme à la présente invention,
- la figure 3 représente l'architecture conforme à la présente invention résultant d'un
défaut de surface sur une plaque de confinement, la figure 3a représentant la cellule
sous champ électrique et la figure 3b représentant la cellule après coupure du champ
électrique,
- les figures 4a et 4b illustrent deux types de lignes de défaut susceptibles d'exister
dans un dispositif d'affichage conforme à la présente invention,
- la figure 5 représente schématiquement l'énergie d'une ligne de défaut de volume V
en fonction de sa distance z par rapport à la surface;
- la figure 6 représente l'orientation du directeur du nématique, sous champ électrique
modéré, intermédiaire entre le seuil de Frederiks et le seuil de cassure de l'ancrage,
- les figures 7a et 7b représentent schématiquement l'évolution d'une ligne de disinclinaison
en volume vers un mur de surface,
- la figure 8 représente, pour deux polarités, l'amplitude d'une tension de « collage
» apte à transformer des lignes de disinclinaison de volume en murs de surface,
- la figure 9 représente la transmission optique d'une cellule munie de deux polariseurs,
en fonction de l'amplitude d'impulsions de commutation de durée fixe, et
- la figure 10 montre six niveaux de gris différents obtenus sur une cellule conforme
à la présente invention.
[0021] L'architecture typique d'un pixel nématique bistable, commuté par cassure de l'ancrage,
est schématisée sur la figure 1. Une fine couche de cristal liquide nématique 10,
d'épaisseur d<5 µm, de préférence d<2 µm, est contenue entre deux substrats 20, 30
(en verre, plastique, etc.). De tels substrats 20, 30 sont également dénommés plaques
ou lames. Deux électrodes 22, 32, dont au moins une est transparente, sont déposées
respectivement sur la face intérieure des substrats 20, 30, pour permettre d'appliquer
au cristal liquide un champ électrique perpendiculaire aux substrats 20, 30. Des couches
d'alignement 24 et 34 définissent des ancrages monostables sur les substrats 20, 30:
en absence de champ, sur chaque surface, une orientation unique du directeur nématique
n est imposée par la couche d'alignement 24, 34. Cette direction est appelée axe facile
e.
[0022] Sur la lame 20 (lame maître), l'alignement est planaire ou oblique, avec une forte
énergie d'ancrage zénithale : pendant la commutation, sous fort champ électrique,
l'orientation du directeur de surface
n1 reste proche de l'axe facile
e1 et après la coupure du champ,
n1 revient parallèle à
e1.
[0023] Sur la lame 30 (lame esclave), l'orientation est planaire (axe facile
e2 parallèle au plan de la cellule) et l'ancrage zénithal est faible ou modéré. Sous
fort champ électrique, l'ancrage de cette lame casse (figure 1c) : le directeur à
la surface n
2 s'oriente parallèlement au champ et perpendiculairement à
e2. Cette orientation correspond au maximum de l'énergie d'ancrage et à un couple d'ancrage
nul. Après la coupure du champ électrique, le directeur
n2 se trouve en équilibre instable (absence de couple) et peut revenir vers l'équilibre
de deux façons différentes : avec n
2 parallèle (T
O, figure 1a) ou antiparallèle (T
180, figure 1b) à
e2. En effet, ces deux états sont également compatibles avec l'ancrage monostable (le
nématique est un système d'ordre quadripolaire et les états
n2 et -
n2 sont équivalents). De cette façon après la commutation par cassure d'ancrage on réalise
l'une ou l'autre des textures (T
0 ou T
180).
[0024] Le choix de la texture finale se fait par de faibles couplages entre les deux ancrages,
transmis par le nématique 10, qui perturbent l'équilibre instable de la lame esclave
30 à la coupure du champ. Une coupure brusque favorise les couplages hydrodynamiques
(effet backflow de volume et de surface) et produit la texture tordue T
180. Une coupure graduelle favorise le couplage statique (par élasticité de courbure)
et impose l'état final quasi-uniforme T
0.
[0025] Les deux textures T
0 et T
180 sont topologiquement distinctes : une transition continue entre elles est impossible
car elle exige une cassure ou de l'ancrage ou de l'ordre nématique. Pour un nématique
achiral la texture T
180 est métastable. C'est à dire qu'elle a une énergie plus forte que T
0, mais une forte barrière énergétique l'empêche de se transformer spontanément en
T
0 en absence de champ. A long terme T
180 peut quand même se transformer en T
0 par nucléation et propagation de défauts (lignes de disinclinaison 180°). On peut
empêcher cette commutation parasite par chiralisation du nématique avec des dopants
chiraux à un pas P proche de P=4d. De cette façon les énergies des deux textures s'égalisent
et une vraie bistabilité est atteinte : on obtient un afficheur nématique bistable
qui fonctionne en noir et blanc ou plus précisément en « tout ou rien ».
[0026] Le dispositif d'affichage à niveaux de gris conforme à la présente invention, reprend
la structure de base illustrée sur la figure 1 et précédemment décrite.
[0027] On retrouve en effet sur les figures 3 et suivantes, qui illustrent des cellules
conformes à la présente invention, deux plaques 20, 30 munies d'électrodes 22, 32,
et de couches d'alignement 24 et 34, conformes aux dispositions précédemment décrites.
On aperçoit par ailleurs sur la figure 3, schématiquement illustrés, des moyens 40
reliés aux électrodes 22, 32 et adaptés pour appliquer, entre celles-ci, et donc sur
le matériau cristal liquide 10, des impulsions électriques de commande d'amplitude
et de durée contrôlées.
[0028] Les inventeurs ont en effet démontré que dans le même type de dispositif, il est
possible de réaliser et de stabiliser des états gris analogiques intermédiaires contrôlables
pour obtenir un afficheur bistable à teintes de gris. Ces états correspondent à des
textures « mixtes », c'est à dire que les deux textures bistables coexistent dans
le même pixel (figure 2). L'état mixte est donc un mélange aléatoire de deux types
de domaines - les domaines « inscrits » (texture T
180, noire entre polariseurs croisés) et domaines « effacés » (texture T
0, blanche en orientation diagonale entre polariseurs croisés). Localement, un seul
état est réalisé dans chacun des domaines, uniforme sur toute la surface du domaine.
La surface des domaines est de l'ordre de 100.d
2, petite par rapport à la surface totale du pixel, et un grand nombre de micro-domaines
sont réalisés dans le même pixel, permettant de réaliser un grand nombre de niveaux
de gris par variation de leur densité moyenne. L'intensité transmise ou réfléchie
du pixel est donc une moyenne pondérée des intensités des deux types de domaines et
peut varier continuellement entre 0% (état noir) et 100% (état blanc).
[0029] L'origine des états mixtes est l'équilibre instable du directeur de surface après
la cassure de l'ancrage de la lame esclave 30. Dans cet état la moindre perturbation
suffit pour induire une relaxation rapide du directeur nématique sur la surface
n2 vers l'une ou l'autre des deux positions parallèle ou antiparallèle à
e2 (figure 1), et donc vers la texture finale T
0 ou T
180. Si la tension de l'impulsion de commande dépasse largement le seuil de cassure de
l'ancrage, les couplages statiques et dynamiques entre les deux surfaces sont forts
et tout le pixel va commuter vers une seule texture uniforme (état blanc ou noir).
Par contre, au ras du seuil de cassure les couplages sont faibles et les perturbations
locales (on peut les considérer comme un «bruit» local qui se superpose au signal
de commande) sont suffisantes pour induire les états mixtes.
[0030] Les inventeurs ont déterminé que des perturbations locales peuvent être créées en
contrôlant une dispersion de la force d'ancrage sur la surface. L'énergie locale d'ancrage
sur la surface peut en effet varier dans certaines limites qui dépendent de la nature
et de l'uniformité des couches d'alignement. De cette façon, un champ de commande
uniforme peut localement dépasser ou ne pas dépasser le seuil de cassure de l'ancrage.
Il induira des textures finales mixtes, dont le niveau de gris est une fonction de
la tension des impulsions.
[0031] Les inventeurs ont également démontré que les perturbations locales peuvent être
créées par la topographie de la surface, par exemple une épaisseur variable de la
couche d'alignement. Cette topographie peut être périodique (réseau unidimensionnel
ou bidimensionnel de surface) ou aléatoire, par exemple une surface micro structurée.
Dans ces cas la tension de cassure de l'ancrage varie avec l'épaisseur locale du film
cristal liquide car le champ n'est plus uniforme. Il est écranté plus ou moins fortement
par les propriétés diélectriques de la couche d'ancrage.
[0032] Les inventeurs ont également déterminé que des textures mixtes peuvent être obtenues
en appliquant des champs électriques légèrement non uniformes sur un pixel, en utilisant
par exemple des électrodes dont la résistance ou l'état de surface ne sont pas uniformes.
Cela donne un champ dont l'intensité sur la surface ou l'orientation varie (champ
légèrement oblique), ce qui perturbe plus ou moins fortement la cassure de l'ancrage.
[0033] Sur la figure 3 est présenté schématiquement le champ électrique inhomogène créé
autour d'une irrégularité 36 de la surface de l'électrode 32 sur la lame esclave 30
et les perturbations induites dans la texture sous champ (figure 3a). Après relaxation
à la coupure du champ (figure 3b) une texture mixte est obtenue, avec les deux textures
bistables induites des deux cotés de l'irrégularité de surface.
[0034] Un moyen conforme à la présente invention, pour réaliser les textures mixtes, est
de provoquer, pendant l'impulsion de commande, des instabilités de texture transitoires,
d'origine hydrodynamique, flexoélectrique ou dues à la polarité intrinsèque de la
surface. Toutes ces instabilités, d'origine dynamique ou statique, conduisent à des
déviations périodiques du directeur nématique par rapport à son état d'équilibre en
volume et sur la surface, avec une période comparable à l'épaisseur de la cellule.
Sous fort champ l'amplitude de ces instabilités est très faible, mais quand le champ
est proche du seuil de cassure elles peuvent être suffisantes pour induire des textures
mixtes.
[0035] Un autre moyen conforme à la présente invention, permettant de réaliser des textures
mixtes, est lié aux écoulements transitoires de cisaillement du cristal liquide pendant
l'application du champ (effet backflow) sur la surface et dans le volume, qui perturbent
aussi l'orientation du directeur. Sur des surfaces inhomogènes ou rugueuses ces écoulements
provoquent des légères inhomogénéités transitoires de l'orientation du directeur sur
la surface. La coupure du champ après la cassure de l'ancrage mais avant la relaxation
complète des écoulements induit donc encore une fois une texture mixte du pixel.
[0036] Les inventeurs ont cependant déterminé que, une fois créées, les textures mixtes
peuvent évoluer dans le temps et relaxer vers des états uniformes noir ou blanc par
propagation des lignes des défauts, qui séparent les domaines correspondant aux deux
textures bistables principales.
[0037] Plus précisément, ils ont déterminé que dans la géométrie de l'afficheur qui fait
l'objet de la présente invention deux types de lignes de défauts peuvent exister,
avec des structures et des mobilités différentes.
[0038] Un premier type de ligne de défauts est illustré sur la figure 4a. Il s'agit de lignes
de disclinaison 180°. Ces lignes de défaut (schématisées sous forme de la région V
sur la figure 4a), ont un coeur fondu, isotrope ou biaxe. A ce niveau le paramètre
d'ordre nématique s'annule ou même change de signe. En équilibre ces lignes sont disposées
dans le plan médian de la cellule et forment des boucles fermées qui entourent les
domaines qui composent la texture mixte. Ces lignes sont très mobiles et peuvent se
déplacer avec un frottement visqueux dans le plan du dispositif sous l'action des
forces élastiques ou des écoulements. Si l'énergie de distorsion par unité de surface
des deux textures bistables est différente (par exemple nématique achiral ou cholestérique
avec un pas mal adapté à l'épaisseur de la cellule) une force élastique agit sur la
ligne et la déplace. Localement, après le passage de la ligne, la texture de plus
haute énergie (texture métastable) est remplacée par l'autre texture. La surface occupée
par la texture métastable diminue progressivement et à long terme tout le pixel s'uniformise
dans l'état stable, (blanc ou noir). Même pour des textures bistables avec la même
énergie (cas d'un pas cholestérique bien adapté à l'épaisseur de la cellule) la tension
de la ligne de défaut (énergie par unité de longueur) fait rétrécir et disparaître
à long terme les boucles de disclinaison, induisant une évolution lente du niveau
de gris vers 0% ou 100%.
[0039] Une autre structure possible des lignes de défauts est schématisée sur la figure
4b. Il s'agit dans ce cas de murs de réorientation du directeur de surface de 180°
(la région S sur la figure 4b), qui séparent les régions où existent les deux textures
bistables. A travers le mur, le directeur de surface tourne progressivement de 180°.
Ces lignes, localisées sur la surface, sont beaucoup moins mobiles que les lignes
de volume à cause de leur viscosité effective plus élevée et, surtout, d'une friction
« solide » due à l'accrochage de la ligne sur les irrégularités de surface et/ou à
la mémoire locale de l'ancrage. Due à la friction solide, il existe un seuil de la
force appliquée sur la ligne au-dessous duquel la ligne reste « collée » sur la surface
et ne se déplace pas. Pour la plupart des surfaces ce seuil est très élevé et même
pour les nématiques achiraux la différence d'énergie entre les deux textures n'est
pas suffisante pour dépasser ce seuil. Grâce aux « collage » des lignes de défauts,
une bistabilité infinie est obtenue pour les états de niveau de gris arbitraire.
[0040] L'énergie par unité de longueur des deux types de défauts est très différente (figure
5). Les murs de surface ont moins d'énergie de distorsion volumique totale et pas
du tout d'énergie de coeur (ils n'ont pas un coeur fondu et dans le mur l'ordre nématique
n'est pas fortement perturbé). Par contre, ils ont une forte contribution d'énergie
d'ancrage due à la désorientation du directeur de surface dans le mur par rapport
à l'axe facile imposé par la couche d'alignement. En général, l'énergie totale est
plus basse pour les murs de surface, ce qui favorise la transformation des lignes
de disclinaison en murs de surface. Pour obtenir cette transformation il est nécessaire
de rapprocher le coeur de la ligne de la surface (le coeur « traverse » la surface
et devient un coeur virtuel). Sur la figure 5 est schématisée l'énergie de la ligne
de volume V en fonction de sa distance z par rapport à la surface. Une forte barrière
(B) d'énergie d'ancrage sépare les états S (mur de surface) et V (ligne en volume)
et empêche la ligne de disclinaison de se rapprocher suffisamment près de la surface.
En raison de cette barrière, les lignes de volume V restent, en absence de champ électrique,
dans le milieu de la cellule, sans se transformer en murs de surface.
[0041] Après la cassure de l'ancrage, quand une texture mixte se forme, les deux types de
structure des lignes de défauts sont présentes, parfois même sur des régions différentes
de la même boucle. Les lignes de volume très mobiles vont donc se déplacer sous l'action
de la force de tension de ligne et éventuellement de la force due à une différence
des énergies des deux textures bistables (si le pas chiral dévie de sa valeur optimale).
Le pixel va donc relaxer à long terme vers un autre niveau de gris, différent de celui
imposé par l'impulsion de commande, car seulement les domaines complètement entourés
par des lignes de surface vont survivre.
[0042] Pour obtenir des niveaux de gris stables à long terme il est donc nécessaire de «
coller » toutes les lignes de disinclinaison sur la surface par leur transformation
en murs de réorientation 180°. Les inventeurs ont découvert que cette transformation
peut être obtenue efficacement par l'application d'impulsions électriques de tension
et durée appropriées. Sous champ électrique modéré, intermédiaire entre le seuil de
Frederiks et le seuil de cassure de l'ancrage, le directeur du nématique s'oriente
dans le volume, parallèlement au champ, à l'exception des régions proches des deux
surfaces (figure 6). Les deux textures bistables principales se transforment sous
champ d'une façon différente : T
0 s'incline partout dans la même direction, tandis que la texture « demi-tour » en
torsion T
180 conserve sa contrainte topologique de rotation de 180°, devenant un « demi-tour »
en flexion. A proximité de la lame maître 20, d'ancrage fort et oblique, la distorsion
du directeur est uniforme. Sur la lame esclave 30, d'ancrage planaire faible, le directeur
de surface est légèrement oblique à cause du couple électrique. Mais dans les deux
textures, les signes sont opposés (± α). Un mur de réorientation de surface 2α est
donc créé en face de la disinclinaison. Entre le mur de surface et la ligne de volume
le directeur reste perpendiculaire au champ électrique sous la contrainte topologique
et une forte énergie électrique est stockée dans cette région. Pour minimiser cette
énergie, la ligne est poussée par la force électrique correspondante vers la surface
(figure 7a). Si la force électrique est assez grande pour dépasser la barrière énergétique,
la ligne de disinclinaison se transforme en mur de surface (figure 7b) avec un coeur
virtuel.
[0043] La tension seuil U
c pour le collage des défauts, c'est à dire pour la transformation de lignes de disinclinaison
en volume, en murs de surface, dépend de l'épaisseur de la cellule, de la force d'ancrage
sur la surface, de la polarité et de la durée de l'impulsion τ (à cause de la friction
pour le transport de la ligne vers la surface). La valeur typique de U
c est de quelques volts.
[0044] Sur la figure 8 est présentée la dépendance U
c(τ), mesurée expérimentalement pour une cellule conforme à la présente invention du
type précédemment décrit. On voit que des signaux de « collage » relativement faibles
et courts permettent de stabiliser les lignes de défauts et d'obtenir une bistabilité
infinie des textures mixtes. Ces signaux peuvent être envoyés indépendamment des signaux
de commutation, après la relaxation de l'ancrage cassé, ou ils peuvent être intégrés
dans la dernière partie des signaux de commande.
Exemple de réalisation :
[0045] L'exemple ci-dessous correspond à un exemple non limitatif du dispositif proposé
dans la présente invention, réalisé et étudié par les inventeurs.
Une cellule cristal liquide 10 d'épaisseur 1,6 µm a été montée entre deux lames de
verre 20, 30 de 1,1 mm d'épaisseur. Ces lames 20, 30 étaient recouvertes d'une couche
transparente et conductrice d'oxyde mixte d'indium et d'étain. La lame maître 20 a
reçu une évaporation rasante à 85° de mono-oxyde de silicium. L'ancrage du cristal
liquide 10 est ainsi fort et incliné d'environ 30° sur cette lame maître 20. La lame
esclave 30 a reçu une évaporation inclinée à 75°. L'ancrage obtenu sur cette lame
esclave 30 est planaire faible. Le cristal liquide utilisé est le pentylcyanobiphényl
(5CB) dopé par le matériau S811 (Merck) pour obtenir une torsion spontanée de 90°
sur l'épaisseur de la cellule à la température du laboratoire. Les deux états de la
cellule possèdent ainsi la même énergie.
[0046] Les inventeurs ont observé, à l'aide d'un microscope muni d'un dispositif classique
d'enregistrement des images, l'évolution des domaines après l'application d'impulsions
de commutation proches du seuil.
[0047] La courbe sur la figure 8 donne les valeurs d' impulsions de « collage » des deux
polarités qui permettent de figer les domaines dans cette cellule. La différence entre
les deux polarités s'explique en tenant compte du champ local produit par la surface.
[0048] La courbe de la figure 9 montre la transmission optique de la cellule munie de deux
polariseurs en fonction de l'amplitude d'impulsions de commutation de durée fixe (800
µs). Sur cette figure 9, on note un état blanc, pour une amplitude d'impulsions de
commutation inférieure à 10V, des états de gris qui évoluent progressivement du blanc
vers le noir, pour des amplitudes d'impulsions de commutation évoluant entre 10 et
14V, et un état noir pour des tensions de commutation supérieures à 14V. La stabilité
infinie des niveaux de gris (résultant de l'application des impulsions de commutation
d'amplitude comprise entre 10 et 14V) a été obtenue en appliquant, après ces impulsions
de commutation, un palier de collage de 5 volts et de même durée (800 µS). Plus généralement
cette tension de collage est comprise entre 2V et 10V.
[0049] La figure 10 montre six niveaux de gris différents réalisés dans cette cellule (états
L2 à L7 sur la figure 9).
[0050] En résumé, la présente invention propose un dispositif d'affichage nématique bistable
à niveaux de gris. Le dispositif utilise un principe d'affichage connu dans sa structure
générale, mettant en oeuvre deux textures bistables tordues respectivement de 0° et
180°. La commutation est obtenue par cassure de l'ancrage sous l'action d'impulsions
de commande. Avec des signaux proches du seuil de cassure, un état mixte est obtenu
dans chaque pixel, les deux textures bistables étant réalisées respectivement dans
des micro-domaines. Le rapport des surfaces occupées par les deux états (et donc le
niveau de gris correspondant) est contrôlé par la tension de commande. L'état gris
du pixel est conservé sans changement à long terme, par une transformation contrôlée
des lignes de disclinaison en volume entre les micro-domaines en murs de surface (stables
a l'infini à cause du frottement solide sur la surface).
[0051] Bien entendu, la présente invention n'est pas limitée au mode de réalisation particulier
qui vient d'être décrit, mais s'étend à toutes variantes conformes à son esprit.
BIBLIOGRAPHIE
[0052]
- [1] "Fast bistable nematic display using monostable surface switching", I. Dozov, M. Nobili;
G. Durand, Appl. Phys. Lett. 70, 1179 (1997),
- [2] WO-A-97 17632,
- [3]"Bistable display device based on nematic liquid crystals allowing grey tones",
R. Barberi, G. Durand, R. Bartolino, M. Giocondo, I. Dozov, J Li, EP 0773468, US 5995173, JP 9274205 (1998),
- [4] D. K. Yang, J. L. West, L ; C. Chien and J. W. Doane J. Appl. Phys. 76,1331 (1994),
- [5] "Random domain formation in 0° - 306° bistable nematic twist cells", H. Bock, Appl.
Phys. Lett., 2905-2097 (1998).
1. Dispositif nématique d'affichage bistable comprenant :
une couche de cristal liquide nématique (10), placée entre deux substrats (20, 30)
munis d'électrodes (22, 32) et de moyens d'alignement (24, 34) qui assurent des ancrages
monostables du cristal liquide (10) sur les surfaces, la symétrie et la force d'au
moins un des ancrages permettant la cassure de l'ancrage sous champ électrique perpendiculaire
aux substrats (20, 30),
. des moyens (40) pour appliquer un champ électrique sur le cristal liquide, entre
les deux substrats (20, 30), et casser l'ancrage sur au moins une des surfaces, avec
un passage transitoire du directeur de surface parallèle au champ et relaxation après
la coupure du champ vers l'une ou l'autre de deux textures bistables ou métastables,
qui différent entre elles d'une torsion de 180° et sont toutes les deux compatibles
avec les ancrages monostables,
caractérisé par le fait qu'il comprend en outre :
des moyens de contrôle (40) pour réaliser, après la cassure de l'ancrage, des textures
mixtes où lesdites textures bistables coexistent en proportion contrôlée dans un même
pixel, séparées par des lignes de disinclinaison 180° en volume ou par des murs de
réorientation 180° sur une des surfaces, et
des moyens (40) de stabilisation à long terme des textures mixtes par transformation
des lignes de volume en murs de surface et l'immobilisation de ces murs sur la surface,
les moyens de stabilisation comprenant des moyens aptes à appliquer des impulsions
électriques sur le cristal liquide dont l'amplitude est comprise entre le seuil de
Fredericks et le seuil de cassure de l'ancrage.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé par le fait que le cristal liquide (10) est dopé pour être chiral et correspondre à un cholestérique.
3. Dispositif selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé par le fait que les moyens (40) conçus pour appliquer un champ électrique sur le cristal liquide,
sont adaptés pour appliquer un champ électrique proche du seuil de cassure des ancrages
du cristal liquide, sur l'une au moins des surfaces.
4. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle (40) comprennent au moins une couche d'alignement dont la
surface est ondulée périodiquement ou aléatoirement.
5. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle (40) comprennent des moyens aptes à définir une dispersion
de la force d'ancrage sur l'une au moins des surfaces.
6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle (40) comprennent des couches d'alignement non uniformes.
7. Dispositif selon l'une des revendications 5 ou 6, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle (40) sont adaptés pour appliquer un champ électrique de commande
uniforme.
8. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle comprennent des moyens (40) aptes à appliquer des champs électriques
légèrement non uniformes sur un pixel.
9. Dispositif selon la revendication 8, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle (40) comprennent des électrodes (22, 32) dont la résistance
ou l'état de surface ne sont pas uniformes.
10. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle comprennent des moyens (40) aptes à provoquer, pendant une
impulsion de commande, des instabilités de texture transitoires, d'origine hydrodynamique,
flexoélectrique ou dues à la polarité intrinsèque de la surface.
11. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé par le fait que les moyens de contrôle comprennent des moyens (40) aptes à provoquer, pendant une
impulsion de commande, des écoulements transitoires de cisaillement du cristal liquide.
12. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 11, caractérisé par le fait que les moyens (40) de stabilisation comprennent des moyens aptes à appliquer des impulsions
électriques sur le cristal liquide.
13. Dispositif selon la revendication 12, caractérisé par le fait que les moyens (40) de stabilisation comprennent des moyens aptes à appliquer des impulsions
électriques d'une amplitude de quelques volts, sur le cristal liquide.
14. Dispositif selon l'une des revendications 12 ou 13, caractérisé par le fait que les moyens (40) de stabilisation comprennent des moyens aptes à appliquer des impulsions
électriques d'une amplitude comprise entre 2V et 10V, de préférence de l'ordre de
5V, sur le cristal liquide.
15. Dispositif selon l'une des revendications 12 à 14, caractérisé par le fait que les moyens (40) de stabilisation comprennent des moyens aptes à appliquer des impulsions
électriques sur le cristal liquide, indépendamment des signaux de commutation assurant
la cassure de l'ancrage, après la relaxation de l'ancrage cassé.
16. Dispositif selon l'une des revendications 12 à 14, caractérisé par le fait que les moyens (40) de stabilisation comprennent des moyens aptes à appliquer sur le
cristal liquide, des impulsions électriques intégrés dans la dernière partie des signaux
de commande assurant la cassure de l'ancrage.
17. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 16, caractérisé par le fait que les moyens (40) conçus pour appliquer un champ électrique sur le cristal liquide,
sont adaptés pour appliquer un champ électrique variable, proche du seuil de cassure
des ancrages du cristal liquide, sur l'une au moins des surfaces, l'ampitude du champ
permettant de contrôler le niveau de gris obtenu.
18. Procédé d'affichage mettant en oeuvre un dispositif nématique d'affichage bistable
comprenant :
. une couche de cristal liquide nématique (10), placée entre deux substrats (20, 30)
munis d'électrodes (22, 32) et de moyens d'alignement (24, 34) qui assurent des ancrages
monostables du cristal liquide sur les surfaces, la symétrie et la force d'au moins
un des ancrages permettant la cassure de l'ancrage sous champ électrique perpendiculaire
aux substrats, et
des moyens (40) pour appliquer un champ électrique sur le cristal liquide, entre les
deux substrats, et casser l'ancrage sur au moins une des surfaces, avec un passage
transitoire du directeur de surface parallèle au champ et relaxation après la coupure
du champ vers l'une ou l'autre de deux textures bistables ou métastables, qui différent
entre elles d'une torsion de 180° et sont toutes les deux compatibles avec les ancrages
monostables,
caractérisé par le fait que le procédé comprend les étapes consistant à :
. réaliser, après la cassure de l'ancrage, des textures mixtes où lesdites textures
bistables coexistent en proportion contrôlée dans un même pixel, séparées par des
lignes de disinclinaison 180° en volume ou par des murs de réorientation 180° sur
une des surfaces, et
. stabiliser à long terme les textures mixtes par transformation des lignes de volume
en murs de surface et immobilisation de ces murs sur la surface, en appliquant des
impulsions électriques sur le cristal liquide dont l'amplitude est comprise entre
le seuil de Frederiks et le seuil de cassure de l'ancrage.
1. Nematic bistable display device comprising:
• a nematic liquid-crystal layer (10) placed between two substrates (20, 30) provided
with electrodes (22, 32) and with anchoring means (24, 34) which ensure monostable
surface anchoring states of the liquid crystal (10), the symmetry and the force of
at least one of the anchoring states allowing the anchoring to be broken in an electric
field perpendicular to the substrates (20, 30);
• means (40) for applying an electric field to the liquid crystal, between the two
substrates (20, 30), and for breaking the anchoring to at least one of the surfaces,
with a transient passage of the surface director parallel to the field and relaxation
after the field has been cut off towards one or other of two bistable or metastable
textures, which differ from each other by a 180° twist and are both compatible with
monostable anchoring states;
characterized in that it furthermore includes:
• control means (40) for producing, after the anchoring has been broken, hybrid textures
in which the said bistable textures coexist in a controlled proportion in the same
pixel, the said textures being separated by 180° disclination lines in the volume
or by 180° reorientation walls on one of the surfaces; and
• means (40) for long-term stabilization of the hybrid textures by transformation
of the volume lines into surface walls and immobilization of these walls on the surface,
the stabilizing means (40) comprising means capable of applying electrical pulses
to the liquid crystal, the amplitude of which is between the Fredericks threshold
and the anchoring breaking threshold.
2. Device according to Claim 1, characterized in that the liquid crystal (10) is doped so as to be chiral and to correspond to a cholesteric.
3. Device according to either of Claims 1 and 2, characterized in that the means (40) designed to apply an electric field to the liquid crystal are suitable
for applying an electric field close to the threshold for breaking the anchoring of
the liquid crystal to at least one of the surfaces.
4. Device according to one of Claims 1 to 3, characterized in that the control means (40) comprise at least one alignment layer, the surface of which
is periodically or randomly corrugated.
5. Device according to one of Claims 1 to 4, characterized in that the control means (40) comprise means capable of defining a dispersion in the anchoring
force on at least one of the surfaces.
6. Device according to Claim 5, characterized in that the control means (40) comprise non-uniform alignment layers.
7. Device according to either of Claims 5 and 6, characterized in that the control means (40) are suitable for applying a uniform electric drive field.
8. Device according to one of Claims 1 to 4, characterized in that the control means comprise means (40) capable of applying slightly non-uniform electric
fields to a pixel.
9. Device according to Claim 8, characterized in that the control means (40) comprise electrodes (22, 32) the resistance or the surface
finish of which is not uniform.
10. Device according to one of Claims 1 to 4, characterized in that the control means comprise means (40) capable of causing, during a drive pulse, transient
texture instabilities which are of hydrodynamic or flexoelectric origin, or are due
to the intrinsic polarity of the surface.
11. Device according to one of Claims 1 to 4, characterized in that the control means comprise means (40) capable of causing, during a drive pulse, transient
shear flows of the liquid crystal.
12. Device according to one of Claims 1 to 11, characterized in that the stabilizing means (40) comprise means capable of applying electrical pulses to
the liquid crystal.
13. Device according to Claim 12, characterized in that the stabilizing means (40) comprise means capable of applying electrical pulses to
the liquid crystal with an amplitude of a few volts.
14. Device according to either of Claims 12 and 13, characterized in that the stabilizing means (40) comprise means capable of applying electrical pulses to
the liquid crystal with an amplitude of between 2 V and 10 V, preferably around 5
V.
15. Device according to one of Claims 12 to 14, characterized in that the stabilizing means (40) comprise means capable of applying electrical pulses to
the liquid crystal, independently of the switching signals which ensure that the anchoring
is broken, after relaxation of the broken anchoring.
16. Device according to one of Claims 12 to 14, characterized in that the stabilizing means (40) comprise means capable of applying electrical pulses to
the liquid crystal which are incorporated into the last part of the drive signals
for ensuring that the anchoring is broken.
17. Device according to one of Claims 1 to 16, characterized in that the means (40) designed to apply an electric field to the liquid crystal are suitable
for applying a variable electric field, close to the threshold for breaking the liquid-crystal
anchoring on at least one of the surfaces, the amplitude of the field being used to
control the grey scale obtained.
18. Method employing a nematic bistable display device comprising:
• a nematic liquid crystal layer (10) placed between two substrates (20, 30) provided
with electrodes (22, 32) and with alignment means (24, 34) which ensure monostable
surface anchoring states of the liquid crystal, the symmetry and the force of at least
one of the anchoring states allowing the anchoring to be broken in an electric field
perpendicular to the substrates; and
• means (40) for applying an electric field to the liquid crystal, between the two
substrates, and for breaking the anchoring on at least one of the surfaces, with a
transient passage of the surface director parallel to the field and relaxation after
the field has been broken towards one or other of the two bistable or metastable textures,
which differ from each other by a 180° twist and are both compatible with monostable
anchoring states;
characterized in that the method comprises the steps consisting in:
• producing, after the anchoring has been broken, hybrid textures in which the said
bistable textures coexist in a controlled proportion within the same pixel, the said
textures being separated by 180° disclination lines in the volume or by 180° reorientation
walls on one of the surfaces; and
• stabilizing the hybrid textures long term by transformation of the volume lines
into surface walls and immobilization of these walls on the surface, by applying electrical
pulses to the liquid crystal, the amplitude of which is between the Fredericks threshold
and the anchoring breaking threshold.
1. Bistabile nematische Anzeigevorrichtung, umfassend:
eine Schicht aus nematischem Flüssigkristall (10), die zwischen zwei mit Elektroden
(22, 32) und Ausrichtungsmitteln (24, 34) ausgestatteten Substraten (20, 30) angeordnet
ist, welche monostabile Verankerungen des Flüssigkristalls (10) auf den Oberflächen
sicherstellen, wobei die Symmetrie und die Kraft mindestens einer der Verankerungen
das Brechen der Verankerung unter einem elektrischen Feld gestatten, das senkrecht
zu den Substraten (20, 30) ist,
Mittel (40), um ein elektrisches Feld an dem Flüssigkristall zwischen den zwei Substraten
(20, 30) anzulegen und die Verankerung auf mindestens einer der Oberflächen zu brechen,
mit einem vorübergehenden Durchtritt des Direktors durch die parallel zum Feld verlaufende
Oberfläche und Relaxation nach Aufheben des Felds in Richtung der einen oder der anderen
der beiden bistabilen oder metastabilen Strukturen, die sich durch eine Drehung von
180 ° unterscheiden und alle beide mit den monostabilen Verankerungen kompatibel sind,
dadurch gekennzeichnet, dass sie darüber hinaus umfasst:
Steuerungsmittel (40) zur Herstellung von gemischten Strukturen nach dem Brechen der
Verankerung, wobei die bistabilen Strukturen mit gesteuertem Verhältnis in demselben
Pixel koexistieren, getrennt durch Linien der Nicht-Neigung um 180 ° im Volumen oder
durch Wände der Umorientierung um 180 ° auf einer der Oberflächen und
Mittel (40) zur Langzeitstabilisierung von gemischten Strukturen durch Umwandlung
von Volumenlinien in Oberflächenwänden und die Immobilisierung dieser Wände auf der
Oberfläche, wobei die Mittel (40) zur Stabilisierung Mittel umfassen, die geeignet
sind, elektrische Impulse an dem Flüssigkristall anzulegen, deren Amplitude zwischen
der Frederiks-Schwelle und der Schwelle des Brechens der Verankerung eingeschlossen
liegt.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Flüssigkristall (10) so dotiert ist, dass er chiral ist und einem cholesterischen
entspricht.
3. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Mittel (40), die zum Anlegen eines elektrischen Felds an dem Flüssigkristall
ausgelegt sind, so angepasst sind, dass ein elektrisches Feld in der Nähe der Schwelle
des Brechens der Verankerungen des Flüssigkristalls auf mindestens einer der Oberflächen
angelegt wird.
4. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel (40) mindestens eine Ausrichtungsschicht umfassen, deren Oberfläche
periodisch oder zufällig gewellt ist.
5. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel (40) Mittel umfassen, die so angepasst sind, dass sie eine Dispersion
der Verankerungskraft auf mindestens einer der Oberfläche festlegen.
6. Vorrichtung nach Anspruch 5, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel (40) nicht-gleichförmige Ausrichtungsschichten umfassen.
7. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 oder 6, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel (40) zum Anlegen eines elektrischen Felds mit gleichförmiger
Steuerung geeignet sind.
8. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel Mittel (40) umfassen, die geeignet sind, an einem Pixel elektrische
Felder anzulegen, die etwas nicht-gleichförmig sind.
9. Vorrichtung nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel (40) Elektroden (22, 32) umfassen, deren Widerstand oder Oberflächenzustand
nicht gleichförmig ist.
10. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel Mittel (40) umfassen, die dazu geeignet sind, während eines
Steuerungsimpulses vorübergehende Strukturinstabilitäten hydrodynamischen, flexoelektrischen
oder auf der intrinsischen Polarität der Oberfläche beruhenden Ursprungs hervorzurufen.
11. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Steuerungsmittel Mittel (40) umfassen, die geeignet sind, während eines Steuerungsimpulses
vorübergehende Scherflüsse des Flüssigkristalls hervorzurufen.
12. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 11, dadurch gekennzeichnet, dass die Stabilisierungsmittel (40) Mittel umfassen, die geeignet sind, elektrische Impulse
an dem Flüssigkristall anzulegen.
13. Vorrichtung nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, dass die Stabilisierungsmittel Mittel (40) umfassen, die geeignet sind, elektrische Impulse
mit einer Amplitude von einigen Volt an dem Flüssigkristall anzulegen.
14. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 12 oder 13, dadurch gekennzeichnet, dass die Stabilisierungsmittel (40) Mittel umfassen, die geeignet sind, elektrische Impulse
mit einer Amplitude zwischen 2 V und 10 V einschließlich, vorzugsweise in der Größenordnung
von 5 V, an dem Flüssigkristall anzulegen.
15. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 12 bis 14, dadurch gekennzeichnet, dass die Stabilisierungsmittel (40) Mittel umfassen, die geeignet sind, nach der Relaxation
der gebrochenen Verankerung elektrische Impulse an dem Flüssigkristall anzulegen,
unabhängig von Umschaltungssignalen, die das Brechen der Verankerung sicherstellen.
16. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 12 bis 14, dadurch gekennzeichnet, dass die Stabilisierungsmittel (40) Mittel umfassen, die geeignet sind, an dem Flüssigkristall
integrierte elektrische Impulse im letzten Teil der Steuerungssignale, welche das
Brechen der Verankerung sicherstellen, anzubringen.
17. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 16, dadurch gekennzeichnet, dass die Mittel (40), die zum Anlegen eines elektrischen Felds an dem Flüssigkristall
ausgelegt sind, zur Anwendung eines variablen elektrischen Felds nahe der Schwelle
des Brechens der Flüssigkristallverankerungen auf mindestens einer der Oberflächen
geeignet sind, wobei die Amplitude des Felds die Steuerung der erhaltenen Graustufe
ermöglicht.
18. Verfahren zum Anzeigen, welches eine bistabile nematische Anzeigevorrichtung einsetzt,
welche umfasst:
eine Schicht aus nematischem Flüssigkristall (10), die zwischen zwei mit Elektroden
(22, 32) und Ausrichtungsmitteln (24, 34) ausgestatteten Substraten (20, 30) angeordnet
ist, welche monostabile Verankerungen des Flüssigkristalls (10) auf den Oberflächen
sicherstellen, wobei die Symmetrie und die Kraft mindestens einer der Verankerungen
das Brechen der Verankerung unter einem elektrischen Feld gestatten, das senkrecht
zu den Substraten ist,
Mittel (40), um ein elektrisches Feld an dem Flüssigkristall zwischen den zwei Substraten
anzulegen und die Verankerung auf mindestens einer der Oberflächen zu brechen, mit
einem vorübergehenden Durchtritt des Direktors durch die parallel zum Feld verlaufende
Oberfläche und Relaxation nach Aufheben des Felds in Richtung der einen oder der anderen
der beiden bistabilen oder metastabilen Strukturen, die sich durch eine Drehung von
180 ° unterscheiden und alle beide mit den monostabilen Verankerungen kompatibel sind,
dadurch gekennzeichnet, dass das Verfahren die Schritte umfasst, die bestehen aus:
Herstellen nach dem Brechen der Verankerung von gemischten Strukturen, wobei die bistabilen
Strukturen in einem gesteuerten Verhältnis in demselben Pixel koexistieren, getrennt
durch Linien der Nicht-Neigung um 180 ° oder durch Wände der Umorientierung um 180
° auf einer der Oberflächen, und
Langzeitstabilisierung der gemischten Strukturen durch Umwandlung der Volumenlinien
in Oberflächenwände und Immobilisierung dieser Wände auf der Oberfläche, indem man
elektrische Impulse an dem Flüssigkristall anlegt, deren Amplitude zwischen der Frederiks-Schwelle
und der Schwelle des Brechens der Verankerung eingeschlossen ist.