(19)
(11) EP 1 452 665 A1

(12) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN

(43) Date de publication:
01.09.2004  Bulletin  2004/36

(21) Numéro de dépôt: 03100449.2

(22) Date de dépôt:  25.02.2003
(51) Int. Cl.7E04F 15/04, E04B 5/12
(84) Etats contractants désignés:
AT BE BG CH CY CZ DE DK EE ES FI FR GB GR HU IE IT LI LU MC NL PT SE SI SK TR
Etats d'extension désignés:
AL LT LV MK RO

(71) Demandeur: D'Huyvetter, Ignace
1301 Bierges (BE)

(72) Inventeur:
  • D'Huyvetter, Ignace
    1301 Bierges (BE)

(74) Mandataire: Van Straaten, Joop et al
OFFICE KIRKPATRICK S.A., Avenue Wolfers, 32
1310 La Hulpe
1310 La Hulpe (BE)

   


(54) Système de plancher en bois


(57) Système de plancher en bois comprenant des planches (14) et des pièces de fixation (2) aptes à maintenir contre un support (18) lesdites planches (14) malgré d'éventuelles contractions et dilatations de celles-ci, tout en gardant lesdites pièces (2) non apparentes, où des ailes (8) sont aptes à être introduites dans une rainure (16) d'une des planches (14), où chaque aile (8) prend appui, lorsque le système est assemblé, substantiellement en un point d'une rainure (16), et où, pour chaque pièce (2), la hauteur des branches (6) est inférieur à la hauteur du point le plus bas de l'aile (8) correspondante. De tels systèmes de plancher en bois sont particulièrement bien adaptés pour un usage extérieur, par exemple pour les planchers de terrasse.




Description

Domaine de l'invention



[0001] L'invention se rapporte à un système de plancher en bois comprenant au moins deux planches en bois aptes à être disposées côte à côte et ayant chacune des chants qui sont pourvus de rainures s'étendant dans le sens de la longueur des planches; et au moins une pièce de fixation des planches à un support, chaque pièce ayant un profil en U, formant une base et deux branches; au sommet de chacune des branches se trouvant une aile orientée vers l'extérieur du U, apte à être insérée dans la rainure d'une des planches; chaque aile formant au repos un angle u inférieur à 90 degrés par rapport à la branche au sommet de laquelle elle se trouve; chaque pièce au repos définissant une différence de hauteur h1 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes et sa base, et une différence de hauteur h2 entre le sommet de chacune de ses branches et sa base; chaque pièce définissant en outre, lorsque les planches sont fixées au support par l'au moins une pièce, une différence de hauteur h3 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes et sa base; chaque différence de hauteur h1 étant plus petite que la différence de hauteur h3 correspondante.

État de la technique



[0002] De tels systèmes de plancher en bois sont bien connus dans l'état de la technique et présentent un certain nombre d'avantages. Le premier réside dans le fait que les moyens de fixation ne sont pas ou peu apparents une fois le système de plancher assemblé tout en permettant une disposition avec un faible écartement entre elles des planches côte à côté, ce qui constitue un avantage esthétique recherché. Dans le métier, par hyperbole, les moyens de fixation non apparents sont souvent qualifiés d'invisibles, même si, sous une certain angle, les pièces de fixation peuvent être visibles à travers l'écartement des planches. Le second avantage réside dans le fait que les planches ne doivent être ni percées ni traversées par des moyens de fixation tels que des clous ou vis, ce qui évite toute infiltration ou remontée d'eau par capillarité qui risquerait de provoquer une altération rapide du bois et une dégradation non désirée du plancher. Ce second avantage est particulièrement important dans le cas de système de plancher en bois pour terrasse extérieure, où la présence d'eau due par exemple à la pluie peut être abondante.

[0003] De nombreux types de systèmes de plancher en bois sont connus dans l'état de la technique. Par exemple, la demande de brevet européen EP 1106842 A1 décrit un système de plancher, dont la pièce de fixation comprend, d'une part, une ouverture oblongue permettant, après qu'une vis ait été partiellement vissée dans une lambourde du support, le coulissement de la pièce par rapport au support et, d'autre part, des ailes qui, lorsque les planches sont fixées au support par la pièce, sont en contact sur presque toute leur surface avec la partie inférieure de la rainure dans laquelle elles sont chacune insérées.

[0004] Le système de plancher tel que décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1 présente plusieurs problèmes. D'une part, il réagit mal aux contractions et dilatations du bois. D'autre part, l'opération de montage de celui-ci est complexe.

Résumé de l'invention



[0005] Le but de l'invention est de fournir un système de plancher en bois qui, d'une part, ne présente généralement, dans des conditions d'utilisation normale, ni jeu entre les ailes de la pièce de fixation et les planches, ni arrachement des ailes, ni détachement de la pièce de fixation ou des planches, suite à des contractions ou dilatations du bois au cours du temps, et dont, d'autre part, l'opération de montage est simple.

[0006] A cette fin, le système de plancher en bois selon l'invention est caractérisé en ce que, lorsque les planches sont fixées au support par l'au moins une pièce, chaque aile prend appui dans la rainure d'une des planches substantiellement en un point et chaque différence de hauteur h3 est plus petite que la différence de hauteur h2 correspondante.

[0007] Pour mieux comprendre l'invention, il est utile d'analyser les problèmes du système de plancher décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1.

[0008] Tout d'abord, dans le système de plancher décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1, suite à une contraction du bois, l'épaisseur des planches diminue et, dès lors, les ailes de la pièce n'entrent plus en contact avec la partie inférieure de la rainure, créant ainsi un jeu entre les ailes de la pièce de fixation et les planches. Ce jeu peut alors lui-même créer un ballottement des planches de plancher, et, avec celui-ci, une instabilité désagréable, des nuisances sonores et une usure prématurée aux points de fixation et de contact avec le support. Une contraction au cours du temps du bois est par exemple causée par des variations d'humidité, par une exposition prolongée au soleil, par des variations de température, par le vieillissement du bois ou à l'effet combiné de ces causes. De telles contractions peuvent être observées de manière saisonnière, c'est-à-dire cyclique, ou de manière structurelle, c'est-à-dire sur le long terme. Ce problème est résolu dans le système de planche selon l'invention grâce à l'élasticité des ailes de la pièce de fixation, comme expliqué plus loin.

[0009] De la même manière et pour des raisons similaires, toujours dans le système de plancher décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1, le bois subit également des dilatations et les planches subissent des changements d'épaisseur en conséquence. Le deuxième problème du système de plancher décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1 est lié à de telles dilatations et à ses effets. Une dilatation du bois entraîne en effet une élévation des ailes de la pièce de fixation, causant une déformation de la base de la pièce, ladite base prenant ainsi une forme concave. Cette déformation peut à partir d'un certain point être permanente, accentuant de ce fait en cas de contraction ultérieure du bois le jeu décrit précédemment ainsi que l'ampleur du ballottement consécutif possible. Dans le cas de dilatations plus importantes, un arrachement des ailes peut également se produire, voire une rupture de la pièce à sa base ou encore un arrachement de la vis du support, entraînant un détachement de planches. Ce problème est également résolu dans le système de planche selon l'invention grâce à l'élasticité des ailes de la pièce de fixation, comme expliqué plus loin.

[0010] Le troisième problème du système de plancher décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1 est la complexité de l'opération de montage de celui-ci. En effet, après avoir vissé partiellement les vis, il faut poser les lames de bois entre les rangées de vis partiellement vissées, introduire les pièces de fixation en les faisant coulisser à l'intérieur des rainures et autour de la vis et enfin achever le vissage avec un outil spécial jusqu'à un blocage suffisant des planches par la pièce. Cela constitue un procédé délicat, qui comporte en outre, du moins dans la réalisation particulière du système de plancher du document de l'état de la technique cité dans laquelle les bords des rainures sont inclinés vers le bas et les ailes vers le haut, une difficulté supplémentaire. Cette difficulté supplémentaire réside dans le fait que, lors du vissage final à un chant d'une planche, ladite planche en cours de fixation et non encore fixée à son autre chant a tendance à s'écarter de la pièce vissée sous l'effet de la pression de la pièce sur la pente de la rainure. Ce problème est résolu dans le système de planche selon l'invention grâce à la forme des rainures et grâce à l'élasticité des ailes de la pièce de fixation, comme expliqué plus loin.

[0011] Dans le système de plancher selon l'invention, lorsque les planches sont fixées au support par l'au moins une pièce, c'est-à-dire une fois l'opération de montage du système terminée, le système de plancher en bois selon l'invention est tel que chaque aile, ayant subi durant le montage une déformation élastique, l'ayant amenée à être orientée selon un angle supérieur à l'angle qu'elle avait au repos, tend à revenir à l'orientation qu'elle avait au repos et, de cette façon, exerce une force de retenue vers le bas et pince la partie de planche se trouvant sous la rainure sur laquelle ladite aile prend appui. En d'autres termes, l'élasticité de chaque aile, c'est-à-dire le fait qu'elle soit déformable et non rigide, permet de bloquer une planche entre son support et le point d'appui de ladite aile sans jeu possible, même après une dilatation ou contraction du bois dans une certaine mesure. Plus spécifiquement, ladite élasticité de chaque aile et sa tendance à revenir à son orientation initiale engendre une force qui ne peut s'exercer que par l'existence d'un bras de levier allant du sommet de la branche correspondante du U, c'est-à-dire celle à laquelle ladite aile est attachée, au point d'appui de ladite aile dans la rainure correspondante, c'est-à-dire celle sur laquelle l'aile s'appuie. Le bras de levier et le moment de flexion associé engendrent une force grâce au fait que chaque aile prend appui dans une rainure substantiellement en un point, ce point d'appui étant de préférence assez loin du sommet de la branche du U, voire à l'extrémité de l'aile.

[0012] Une combinaison d'éléments complémentaires est nécessaire pour que l'effet désiré de blocage des planches sous l'effet de l'élasticité des ailes puisse être correctement obtenu. D'une part, il est nécessaire que le point d'appui de chaque aile dans une rainure reste suffisamment loin du sommet de la branche correspondante quelque soit la dilatation du bois, du moins dans des conditions normales d'utilisation. De cette façon, la longueur du bras de levier reste importante et le moment de flexion résultant également. Il est donc important qu'à tout moment l'inclinaison d'une aile reste inférieure à l'inclinaison du bord inférieur de la rainure correspondante, afin d'éviter qu'un point de l'aile situé entre le point d'appui escompté de ladite aile ne vienne buter contre la rainure et raccourcir ainsi sensiblement la longueur du bras de levier.

[0013] D'autre part, il est nécessaire que la base de la pièce de fixation soit suffisamment rigide pour que la déformation de ladite pièce de fixation causée par une dilatation du bois ait essentiellement lieu au droit du lien entre l'aile et la branche du U et non dans la base.

[0014] La combinaison des éléments mentionnés ci-dessus est réalisée dans le système de plancher en bois selon l'invention grâce au fait que, lorsque les planches sont fixées au support par l'au moins une pièce, chaque différence de hauteur h3 est plus petite que la différence de hauteur h2 correspondante.

[0015] Dans une réalisation particulière du système de plancher en bois selon l'invention, les rainures des planches sont munies d'un chanfrein facilitant l'insertion des ailes lors du montage. L'opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention s'en trouve simplifiée grâce à cela.

Brève description des figures



[0016] Ces aspects ainsi que d'autres aspects de l'invention seront clarifiés dans la description détaillée de modes de réalisation particuliers de l'invention, référence étant faite aux dessins des figures, dans lesquelles :

Fig. 1a montre une représentation schématique de profil d'un exemple de pièce de fixation du système de plancher en bois selon l'invention, ladite pièce de fixation étant au repos, c'est-à-dire ses ailes non insérées dans une rainure d'une planche;

Fig. 1b montre une représentation schématique vue de haut de la pièce de fixation de la Fig. 1a;

Fig. 2a montre une représentation schématique de profil de la pièce de fixation de la Fig. 1a et d'une partie d'une planche, au cours d'une opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention;

Fig. 2b montre une représentation schématique de profil d'un exemple de la pièce de fixation de la Fig. 2a et d'une partie d'une planche, à la fin d'une opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention.



[0017] Les figures ne sont pas dessinées à l'échelle. Généralement, des éléments semblables sont dénotés par des références semblables dans les figures.

Description détaillée de modes de réalisation particuliers



[0018] La Fig. 1a montre une représentation schématique du profil d'un exemple de pièce de fixation (2) au repos du système de plancher en bois selon l'invention. Le profil de ladite pièce de fixation (2) est en U, le U comprenant une base (4) et deux branches (6). A l'extrémité de chaque branche (6) du U se trouve une aile (8) orientée vers l'extérieur du U et formant un angle, respectivement identifié par u et u' pour chacune des deux ailes (8), inférieur à 90 degrés par rapport à la branche (6) correspondante. En outre, une ouverture (10) est ménagée dans la base (4) de la pièce (2), destinée au passage des moyens de fixation (12) de la pièce (2) au support (18). Il sera clair pour l'homme du métier que, bien que la présence de cette ouverture (10) constitue une solution préférée, une solution semblable sans ouverture est possible.

[0019] Sont en outre représentées les différences de hauteur h1, h'1 et h2, h'2, où h1 et h'1 correspondent aux différences de hauteur entre le point le plus bas de chaque aile (8) et la base (4) et h2 et h'2 correspondent aux différences de hauteur entre le sommet de chaque branche (6) et la même base (4).

[0020] Il sera clair pour l'homme du métier qu'il faut entendre par système de plancher tout assemblage de planches (14) côte à côte, que ce soit par exemple un plancher classique ou un parquet, à l'horizontale ou incliné, autoportant ou non, et que l'assemblage de planches (14) soit monté à l'extérieur ou à l'intérieur, par exemple pour une terrasse couverte ou non ou encore le long d'une piscine.

[0021] Il sera en outre clair pour l'homme du métier qu'il faut entendre par moyens de fixation (12) tout élément permettant rendre substantiellement solidaire la pièce de fixation (2) et le support (18) dans des conditions normales d'utilisation. Ces moyens de fixation (12) peuvent par exemple être une ou des vis, un ou des clous, une ou des agrafes ou tout autre moyen d'attache, même si la présence d'une vis est la solution préférée afin d'éviter que la base (4) de la pièce de fixation (2) ne se soulève sous l'effet de la dilatation du bois qui agirait à la manière d'un pied-de-biche.

[0022] Par conditions normales d'utilisation, il faut comprendre ici des conditions de température et d'humidité comme trouvées dans l'environnement d'une terrasse extérieure, c'est-à-dire typiquement des températures de l'air comprises entre moins 40 degrés Celsius et 50 degrés Celsius et des taux d'humidité relative de l'air compris entre 20 pour cent et 100 pour cent. Par exemple et à titre illustratif, des essais concluants en chambre climatique ont été réalisés avec des planches (14) de 85 cm sur 85 cm, fixées sur des chevrons ou fixées sur cadre métallique et chevrons. Ces planches (14) en bois exotique, comme l'ipé ou le padouk d'Afrique, ou en bois indigène résineux, comme le mélèze ou pin, ont été soumises pendant une semaine aux conditions climatiques suivantes : soit une humidité relative de 30 pour cent et une température de l'air de 25 degrés, soit une humidité relative de 90 pour cent et une température de l'air de 15 degrés, soit une humidité relative de 60 pour cent et une température de l'air de 15 degrés. Dans chaque cas, le système s'est comporté de la manière escomptée, c'est-à-dire sans arrachement ni création d'un jeu.

[0023] Il est à noter que l'aire totale de la surface formée par l'au moins une ouverture (10) dans la surface de la base (4) est préférablement aussi petit que possible pour garantir une rigidité suffisante de la base (4) de la pièce (2) pour les raisons mentionnées précédemment. Par exemple, ladite aire totale est avantageusement inférieure à un quart de l'aire de la surface de ladite base (4). Préférablement même, au travers de la base (4) de chaque pièce (2) ne se trouve qu'une seule ouverture (10). Cette ouverture (10) est donc préférablement petite et compacte, c'est-à-dire par exemple de forme substantiellement circulaire, avantageusement de diamètre inférieur à 10 mm, voire inférieur à 8 mm ou encore d'un diamètre égal à environ 5 mm. Il faut en effet par exemple éviter une ouverture (10) qui comprendrait une partie allongée pour une raison quelconque, qui déforcerait alors la base (4) de la pièce (2) et pourrait entraîner une déformation de ladite base (4), rendant consécutivement moindre l'efficacité opérationnelle du moment de flexion des ailes (8), ou même un arrachement au droit de la base (4).

[0024] Il sera clair pour l'homme du métier que ledit support (18), quant à lui, ou structure portante du plancher, peut par exemple être constitué d'une pluralité de lambourdes, de chevrons ou d'un socle quelconque, éventuellement prépercée pour le passage des moyens de fixation (12), et comprenant un cadre métallique ou non. Les lambourdes sont préférablement constituées de bois parmi le tatajuba, le pin et le bankirai.

[0025] Le rayon du coude liant chaque aile (8) est par exemple et préférablement égal à environ deux fois l'épaisseur du flanc, ceci afin de limiter les tensions internes induites lors de l'emboutissage.

[0026] La Fig. 1b représente schématiquement la pièce (2) de la Fig. 1a vue de haut. Sont représentées les deux ailes (8) attachées aux branches (6) dont seule la tranche est visible, lesdites branches (6) étant liées à la base (4). Dans la base (4) est ménagée une ouverture (10) comme mentionnée plus haut.

[0027] La Fig. 2a représente schématiquement, lors d'un exemple d'opération de montage, la pièce (2), le support (18) sur lequel ladite pièce (2) est apte à être fixée et les planches (14) dont les chants sont munies de rainures (16), qui définissent chacune une lèvre inférieure et une lèvre supérieure dans un chant d'une planche (14). Plus spécifiquement, la pièce (2) est représentée lorsque les ailes (8) s'élèvent suite au déplacement des planches (14) dans la direction indiquée par les flèches horizontales représentées en pointillées. Par exemple, le déplacement des planches (14) peut être causé par le fait que la personne qui assemble le système pousse sur lesdites planches (14) pour faire rentrer les ailes (8) dans les rainures (16). Le sens du mouvement d'élévation des ailes (8) lors de l'emboîtement est indiqué sur la Fig. 2a par les deux flèches vers le haut et en pointillées.

[0028] Dans l'exemple de réalisation particulière du système de plancher selon l'invention représenté sur la Fig. 2a, les rainures (16) comprennent un chanfrein à leur arête inférieure. Ce chanfrein facilite le montage et est préférablement tel que son arête inférieure se trouve à une hauteur inférieure à h1.

[0029] Les planches (10), ou lames, sont par exemple en bois exotique comme l'ipé, le padouk ou en bois indigène comme le mélèze ou le pin, éventuellement traité en autoclave, résineux ou non, dur ou tendre. Il sera clair pour l'homme du métier que les planches (10) peuvent être constituée d'un bois quelconque sans s'écarter de l'invention décrite ici. Les bois exotiques comme l'ipé et le padouk sont préférés car leur taux de dilatation est moins important que celui des bois indigènes comme le mélèze ou le pin, même si les essais effectués montrent que le système fonctionne correctement dans les deux cas. Il sera clair pour l'homme du métier que, dans le cas du bois indigène, des rainures peuvent éventuellement être creusées longitudinalement dans la surface inférieure des planches (14) afin de réduire ou d'empêcher un tuilement desdites planches (14) qui pourrait apparaître lors de la dilatation du bois.

[0030] Selon une réalisation particulière de l'opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention et comme illustré à la Fig. 2a, la pièce (2) est d'abord fixée sur le support (6) par des moyens de fixation (12) et ensuite l'emboîtement décrit précédemment est effectué.

[0031] La Fig. 2b représente schématiquement les planches (16) fixées au support (18) par la pièce (2). A ce moment l'écart visible (20) entre les deux planches (16) est suffisamment faible à la fois pour atteindre l'objectif esthétique recherché de disposition assez proche des planches (16) entre elles et pour permettre l'écoulement entre les planches (16) de l'eau en cas de pluie par exemple, depuis la surface des planches (16) vers un éventuel système de drainage.

[0032] Sur la Fig. 2b sont en outre représentées les différences de hauteur h3 et h'3 entre le point le plus bas de chaque aile (8) et la base (4) de la pièce de fixation (2). Ce sont ces différences de hauteur h3 et h'3 qui augmentent faiblement suite aux dilatations du bois et diminuent faiblement suite aux contractions du bois. Ces dites différences de hauteur h3 et h'3 sont respectivement supérieures aux différences de hauteur h1 et h'1 définies précédemment. Cette caractéristique, déjà connue dans l'état de la technique, permet effectivement de garantir un blocage des planches (16) par les ailes (8). Cependant, afin de garantir une continuité dans ledit blocage, ou en d'autres termes afin d'éviter l'apparition d'un jeu comme décrit précédemment, que ce soit suite à une dilation du bois, suite à une contraction du bois ou suite à une succession de dilatations et de contractions du bois, il est en sus nécessaire que les différences de hauteur h3 et h'3 soient respectivement plus petites que les différences de hauteur h2 et h'2 et qu'en outre les ailes (8) prennent appui substantiellement en un point des rainures (16). Ceci permet comme décrit précédemment l'application efficace du moment de flexion ou moment fléchissant des ailes (8).

[0033] Le fait que les ailes (8) prennent appui substantiellement en un point des rainures (16) est particulièrement important et constitue un point essentiel du système de plancher en bois selon l'invention. Afin d'éviter l'arrachement des ailes (8) ou la déformation importante et non désirée de la base (4), le point d'appui de chaque aile (8) dans la rainure (16) est de préférence mais pas nécessairement à l'extrémité de l'aile (8) de façon à produire un moment fléchissant optimal. Une aile (8) en contact sur presque toute sa longueur avec une rainure (16) engendrerait très probablement des problèmes d'arrachement, de déformation de la base (4) ou de création d'un jeu comme décrit plus haut. Le but de l'invention est notamment d'offrir une solution pour échapper à ces problèmes.

[0034] Sur la Fig. 2b sont enfin représentées les angles v et v' qui sont, comme les angles u et u', inférieurs à 90 degrés. Lesdits angles v et v' sont les angles d'une pièce de fixation (2) telle que décrite ici compris entre chaque aile (8) et sa branche (6) correspondante. Les angles v et v' varient en fonction de l'épaisseur de la lèvre inférieure des planches (14) mais restent généralement inférieurs à 90 degrés dans des conditions d'utilisation normale. Lors du serrage, ces angles v et v' se rapprochent de 90 degrés et peuvent par exemple imposer un déplacement de l'extrémité de l'aile d'environ 0.5 mm. Les angles u et u' sont quant à eux de préférence compris entre 80 degrés et 89 degrés, ou entre 84 degrés et 87 degrés, et avantageusement d'environ 86 degrés. Il sera néanmoins clair pour l'homme du métier que les angles décrits peuvent ci-dessous dépendre du coefficient de dilatation radial ou axial du bois ou d'autres caractéristiques de celui-ci, sans s'écarter de l'invention décrite ici.

[0035] Il sera également clair pour l'homme du métier que, à la fin de l'opération de montage, les ailes (8) peuvent venir ou non buter contre le fond des rainures (16) sans que cela n'ait d'impact important sur le principe de l'invention.

[0036] En ce qui concerne la composition de la pièce de fixation (2), celle-ci doit comporter des propriétés d'élasticité particulières de façon à correctement et durablement compenser la dilatation et la contraction du bois, en restant généralement dans la zone élastique du matériau, c'est-à-dire sous la limite de déformation plastique, pour les déplacements impliqués par des conditions normales d'utilisation. De préférence, chaque pièce (2) est en acier inoxydable, ce qui garantit une résistance durable à la corrosion due aux intempéries, mais pas en un acier inoxydable quelconque. Tous les aciers inoxydables n'offrent en effet pas des propriétés d'élasticité appropriées et prendre n'importe lequel ne garantit d'aucune manière une retenue suffisante de la lèvre inférieur des planches (14). Il faut par exemple choisir un acier inoxydable de type ressort, comme l'acier inoxydable austénitique de type 301 défini par la norme de l'American Iron and Steel Institute (AISI). De préférence mais sans être limitatif, l'acier inoxydable dans lequel est formée chaque pièce de fixation (2) contient une concentration de carbone supérieure à 0,08 pour cent. La concentration telle que donnée ici est une concentration en poids.

[0037] De préférence également et toujours sans être limitatif, la pièce de fixation est réalisée dans un acier inoxydable austénitique de type 301 AISI dont la classe d'écrouissage est C1000, C1150 ou C1300, lesdites classes étant définies par la norme européenne EN 10088-2 et correspondant respectivement à des charges de rupture de 1000 MPa à 1150 Mpa, de 1150 MPa à 1300 MPa et de 1300 MPa à 1500 MPa. Les fourchettes de résistance à la rupture telles que données ici sont mesurées dans le sens long sur éprouvette de 20 mm sur 80 mm selon la norme EN 10002-1. Un acier comprenant ces caractéristiques est particulièrement bien adapté grâce à son élasticité pour que les ailes (8) répondent de façon appropriée aux mouvements du bois.

[0038] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, la pièce de fixation (2) a subi un traitement thermique de surface pour en améliorer ses caractéristiques mécaniques de rigidité et éventuellement son esthétique.

[0039] Pour des pièces d'acier inoxydable telles que décrites ci-dessus, des essais d'arrachement ont démontré la tenue des composantes de l'assemblage sans déformation intempestive de la pièce (2) ni destruction de la lèvre inférieur de la planche (14) dans des conditions normales d'utilisation. La destruction de la lambourde du support (18) s'est produite sous l'effet d'un effort de 2.5 tonnes par mètre carré. Il sera néanmoins clair pour l'homme du métier que les résultats de ces essais ne sont donnés qu'à titre illustratif et ne constituent en aucune manière une restriction au système de plancher en bois selon l'invention.

[0040] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), les ailes (8) de chaque pièce (2) prennent appui sur une surface substantiellement horizontale de la rainure (6) d'une des planches (14). Par surface substantiellement horizontale d'une rainure (6), il faut comprendre surface suffisamment peu inclinée de façon à éviter dans la mesure du possible le repoussement de ladite planche (14) lors de l'emboîtement des ailes (8) dans ladite rainure (6) pendant une opération de montage. Cela peut par exemple être une rainure (6) dans laquelle chaque aile (8) prend appui sur une surface inclinée selon un angle inférieur à 10 degrés par rapport à l'horizontale, ou de préférence inférieure à 5 degrés voire inférieure à 3 degrés par rapport à l'horizontale.

[0041] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, la base (4) de chaque pièce (2) comprend au moins un bossage (22) à sa surface apte à rigidifier ladite base (4). La base (4) ainsi rigidifiée permet que les efforts sur la pièce (2) dus à une dilatation du bois soient essentiellement compensés par le mouvement des ailes (8) et non par une déformation de la base (4). De préférence, il y a deux bossages (22) à la surface de la base (4), par exemple de part et d'autre d'une ouverture unique (10) ou disposées symétriquement par rapport à plusieurs ouvertures (10). De tels bossages (22), au nombre de deux, sont montrés aux Fig. 1a et 1b.

[0042] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, destinée à remplir le même objectif de rigidité de la base (4) comme expliqué plus haut, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), la base (4) de chaque pièce (2) touche le support (18), c'est-à-dire que soit ladite base (4) est directement en contact avec le support (18) soit indirectement en contact avec le support (18), un élément solide mince quelconque étant alors intercalé entre la base (4) de la pièce (2) et le support (18). Le fait que la base (4) touche le support (18) permet de rendre la base (4) aussi rigide que possible par serrage de la pièce (2) sur le support (18).

[0043] Un exemple d'opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention est décrit ci-dessous. Dans cet exemple, la première planche (14) est d'abord fixée de manière classique par vis noyée et bouchonnage ou grâce à un système de vissage à l'envers. Ensuite, des pièces de fixation (2) sont fixées partiellement ou complètement sur le support (18) à des endroits bien précis, et la deuxième planche (14) destinée à être disposée à côté de la première est poussée ou glissée contre les pièces de fixation (2) déjà placées de façon à ce que les ailes (8) des pièces (2) s'élèvent légèrement et soient introduites dans la ou les rainures (16) des planches (14). Si elles ne l'ont été que partiellement, les vis de la fixation des pièces (2) au support (18) sont alors serrées complètement afin d'assurer la maintien de l'ensemble et, ainsi de suite, les planches (14) suivantes sont placées côte à côté pour former le plancher. Cet exemple d'opération de montage est avantageux car il permet de réaliser une économie de temps. Il sera clair pour l'homme du métier que les planches (14) peuvent également être inclinées lors du montage afin de faciliter l'introduction des ailes (8) dans les rainures (16).

[0044] En résumé, l'invention peut être décrite comme suit : Système de plancher en bois comprenant des planches (14) et des pièces de fixation (2) aptes à maintenir contre un support (18) lesdites planches (14) malgré d'éventuelles contractions et dilatations de celles-ci, tout en gardant lesdites pièces (2) non apparentes, où des ailes (8) sont aptes à être introduites dans une rainure (16) d'une des planches (14), où chaque aile (8) prend appui, lorsque le système est assemblé, substantiellement en un point d'une rainure (16), et où, pour chaque pièce (2), la hauteur des branches (6) est inférieur à la hauteur du point le plus bas de l'aile (8) correspondante. De tels systèmes de plancher en bois sont particulièrement bien adaptés pour un usage extérieur, par exemple pour les planchers de terrasse.


Revendications

1. Système de plancher en bois comprenant
   au moins deux planches (14) en bois aptes à être disposées côte à côte et ayant chacune des chants qui sont pourvus de rainures (16) s'étendant dans le sens de la longueur des planches (14); et
   au moins une pièce de fixation (2) des planches (14) à un support (18),
   chaque pièce (2) ayant un profil en U, formant une base (4) et deux branches (6);
   au sommet de chacune des branches (6) se trouvant une aile (8) orientée vers l'extérieur du U, apte à être insérée dans la rainure (16) d'une des planches (14);
   chaque aile (8) formant au repos un angle u inférieur à 90 degrés par rapport à la branche (6) au sommet de laquelle elle se trouve;
   chaque pièce (2) au repos définissant une différence de hauteur h1 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes (8) et sa base (4), et une différence de hauteur h2 entre le sommet de chacune de ses branches (6) et sa base (4);
   chaque pièce (2) définissant en outre, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), une différence de hauteur h3 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes (8) et sa base (4);
   chaque différence de hauteur h1 étant plus petite que la différence de hauteur h3 correspondante;
   caractérisé en ce que,
   lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2),
   chaque aile (8) prend appui dans la rainure (16) d'une des planches (14) substantiellement en un point; et
   chaque différence de hauteur h3 est plus petite que la différence de hauteur h2 correspondante.
 
2. Système selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'au travers de la base (4) du U se trouve au moins une ouverture (10) apte à accueillir des moyens de fixation (12) de ladite pièce (2) sur le support (18).
 
3. Système selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), la base (4) de chaque pièce (2) touche le support (18).
 
4. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), les ailes (8) de chaque pièce (2) prennent appui sur une surface substantiellement horizontale de la rainure (16) d'une des planches (14).
 
5. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la base (4) de chaque pièce (2) comprend au moins un bossage (22) à sa surface apte à rigidifier ladite base (4).
 
6. Système selon la revendication 5, caractérisé en ce que ladite base (4) comprend deux bossages (22) à sa surface.
 
7. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'angle u est compris entre 80 degrés et 89 degrés.
 
8. Système selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'angle u est compris entre 84 degrés et 87 degrés.
 
9. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'aire totale de la surface formée par l'au moins une ouverture (10) dans la surface de la base (4) de chaque pièce (2) est inférieure à un quart de l'aire de la surface de ladite base (4).
 
10. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'au travers de la base (4) de chaque pièce (2) ne se trouve qu'une seule ouverture (10).
 
11. Système selon la revendication 10, caractérisé en ce que ladite ouverture (10) forme à la surface de ladite base (4) une forme substantiellement circulaire.
 
12. Système selon la revendication 11, caractérisé en ce que ladite forme a une diamètre inférieur à 8 mm.
 
13. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que chaque pièce (2) est en acier inoxydable.
 
14. Système selon la revendication 13, caractérisé en ce que l'acier inoxydable de chaque pièce (2) comprend une concentration de carbone supérieure à 0,08 pour cent.
 
15. Système selon la revendication 13, caractérisé en ce que chaque pièce (2) est en acier inoxydable austénitique de type 301 AISI.
 
16. Système selon la revendication 15, caractérisé en ce que ledit acier inoxydable austénitique de type 301 AISI est de classe d'écrouissage C1000, C1150 ou C1300.
 
17. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les planches (2) comprennent un chanfrein dans une arête inférieure des rainures (16).
 




Dessins










Rapport de recherche