Domaine de l'invention
[0001] L'invention se rapporte à un système de plancher en bois comprenant au moins deux
planches en bois aptes à être disposées côte à côte et ayant chacune des chants qui
sont pourvus de rainures s'étendant dans le sens de la longueur des planches; et au
moins une pièce de fixation des planches à un support, chaque pièce ayant un profil
en U, formant une base et deux branches; au sommet de chacune des branches se trouvant
une aile orientée vers l'extérieur du U, apte à être insérée dans la rainure d'une
des planches; chaque aile formant au repos un angle u inférieur à 90 degrés par rapport
à la branche au sommet de laquelle elle se trouve; chaque pièce au repos définissant
une différence de hauteur h
1 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes et sa base, et une différence
de hauteur h
2 entre le sommet de chacune de ses branches et sa base; chaque pièce définissant en
outre, lorsque les planches sont fixées au support par l'au moins une pièce, une différence
de hauteur h
3 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes et sa base; chaque différence
de hauteur h
1 étant plus petite que la différence de hauteur h
3 correspondante.
État de la technique
[0002] De tels systèmes de plancher en bois sont bien connus dans l'état de la technique
et présentent un certain nombre d'avantages. Le premier réside dans le fait que les
moyens de fixation ne sont pas ou peu apparents une fois le système de plancher assemblé
tout en permettant une disposition avec un faible écartement entre elles des planches
côte à côté, ce qui constitue un avantage esthétique recherché. Dans le métier, par
hyperbole, les moyens de fixation non apparents sont souvent qualifiés d'invisibles,
même si, sous une certain angle, les pièces de fixation peuvent être visibles à travers
l'écartement des planches. Le second avantage réside dans le fait que les planches
ne doivent être ni percées ni traversées par des moyens de fixation tels que des clous
ou vis, ce qui évite toute infiltration ou remontée d'eau par capillarité qui risquerait
de provoquer une altération rapide du bois et une dégradation non désirée du plancher.
Ce second avantage est particulièrement important dans le cas de système de plancher
en bois pour terrasse extérieure, où la présence d'eau due par exemple à la pluie
peut être abondante.
[0003] De nombreux types de systèmes de plancher en bois sont connus dans l'état de la technique.
Par exemple, la demande de brevet européen EP 1106842 A1 décrit un système de plancher,
dont la pièce de fixation comprend, d'une part, une ouverture oblongue permettant,
après qu'une vis ait été partiellement vissée dans une lambourde du support, le coulissement
de la pièce par rapport au support et, d'autre part, des ailes qui, lorsque les planches
sont fixées au support par la pièce, sont en contact sur presque toute leur surface
avec la partie inférieure de la rainure dans laquelle elles sont chacune insérées.
[0004] Le système de plancher tel que décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842
A1 présente plusieurs problèmes. D'une part, il réagit mal aux contractions et dilatations
du bois. D'autre part, l'opération de montage de celui-ci est complexe.
Résumé de l'invention
[0005] Le but de l'invention est de fournir un système de plancher en bois qui, d'une part,
ne présente généralement, dans des conditions d'utilisation normale, ni jeu entre
les ailes de la pièce de fixation et les planches, ni arrachement des ailes, ni détachement
de la pièce de fixation ou des planches, suite à des contractions ou dilatations du
bois au cours du temps, et dont, d'autre part, l'opération de montage est simple.
[0006] A cette fin, le système de plancher en bois selon l'invention est caractérisé en
ce que, lorsque les planches sont fixées au support par l'au moins une pièce, chaque
aile prend appui dans la rainure d'une des planches substantiellement en un point
et chaque différence de hauteur h
3 est plus petite que la différence de hauteur h
2 correspondante.
[0007] Pour mieux comprendre l'invention, il est utile d'analyser les problèmes du système
de plancher décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1.
[0008] Tout d'abord, dans le système de plancher décrit dans la demande de brevet européen
EP 1106842 A1, suite à une contraction du bois, l'épaisseur des planches diminue et,
dès lors, les ailes de la pièce n'entrent plus en contact avec la partie inférieure
de la rainure, créant ainsi un jeu entre les ailes de la pièce de fixation et les
planches. Ce jeu peut alors lui-même créer un ballottement des planches de plancher,
et, avec celui-ci, une instabilité désagréable, des nuisances sonores et une usure
prématurée aux points de fixation et de contact avec le support. Une contraction au
cours du temps du bois est par exemple causée par des variations d'humidité, par une
exposition prolongée au soleil, par des variations de température, par le vieillissement
du bois ou à l'effet combiné de ces causes. De telles contractions peuvent être observées
de manière saisonnière, c'est-à-dire cyclique, ou de manière structurelle, c'est-à-dire
sur le long terme. Ce problème est résolu dans le système de planche selon l'invention
grâce à l'élasticité des ailes de la pièce de fixation, comme expliqué plus loin.
[0009] De la même manière et pour des raisons similaires, toujours dans le système de plancher
décrit dans la demande de brevet européen EP 1106842 A1, le bois subit également des
dilatations et les planches subissent des changements d'épaisseur en conséquence.
Le deuxième problème du système de plancher décrit dans la demande de brevet européen
EP 1106842 A1 est lié à de telles dilatations et à ses effets. Une dilatation du bois
entraîne en effet une élévation des ailes de la pièce de fixation, causant une déformation
de la base de la pièce, ladite base prenant ainsi une forme concave. Cette déformation
peut à partir d'un certain point être permanente, accentuant de ce fait en cas de
contraction ultérieure du bois le jeu décrit précédemment ainsi que l'ampleur du ballottement
consécutif possible. Dans le cas de dilatations plus importantes, un arrachement des
ailes peut également se produire, voire une rupture de la pièce à sa base ou encore
un arrachement de la vis du support, entraînant un détachement de planches. Ce problème
est également résolu dans le système de planche selon l'invention grâce à l'élasticité
des ailes de la pièce de fixation, comme expliqué plus loin.
[0010] Le troisième problème du système de plancher décrit dans la demande de brevet européen
EP 1106842 A1 est la complexité de l'opération de montage de celui-ci. En effet, après
avoir vissé partiellement les vis, il faut poser les lames de bois entre les rangées
de vis partiellement vissées, introduire les pièces de fixation en les faisant coulisser
à l'intérieur des rainures et autour de la vis et enfin achever le vissage avec un
outil spécial jusqu'à un blocage suffisant des planches par la pièce. Cela constitue
un procédé délicat, qui comporte en outre, du moins dans la réalisation particulière
du système de plancher du document de l'état de la technique cité dans laquelle les
bords des rainures sont inclinés vers le bas et les ailes vers le haut, une difficulté
supplémentaire. Cette difficulté supplémentaire réside dans le fait que, lors du vissage
final à un chant d'une planche, ladite planche en cours de fixation et non encore
fixée à son autre chant a tendance à s'écarter de la pièce vissée sous l'effet de
la pression de la pièce sur la pente de la rainure. Ce problème est résolu dans le
système de planche selon l'invention grâce à la forme des rainures et grâce à l'élasticité
des ailes de la pièce de fixation, comme expliqué plus loin.
[0011] Dans le système de plancher selon l'invention, lorsque les planches sont fixées au
support par l'au moins une pièce, c'est-à-dire une fois l'opération de montage du
système terminée, le système de plancher en bois selon l'invention est tel que chaque
aile, ayant subi durant le montage une déformation élastique, l'ayant amenée à être
orientée selon un angle supérieur à l'angle qu'elle avait au repos, tend à revenir
à l'orientation qu'elle avait au repos et, de cette façon, exerce une force de retenue
vers le bas et pince la partie de planche se trouvant sous la rainure sur laquelle
ladite aile prend appui. En d'autres termes, l'élasticité de chaque aile, c'est-à-dire
le fait qu'elle soit déformable et non rigide, permet de bloquer une planche entre
son support et le point d'appui de ladite aile sans jeu possible, même après une dilatation
ou contraction du bois dans une certaine mesure. Plus spécifiquement, ladite élasticité
de chaque aile et sa tendance à revenir à son orientation initiale engendre une force
qui ne peut s'exercer que par l'existence d'un bras de levier allant du sommet de
la branche correspondante du U, c'est-à-dire celle à laquelle ladite aile est attachée,
au point d'appui de ladite aile dans la rainure correspondante, c'est-à-dire celle
sur laquelle l'aile s'appuie. Le bras de levier et le moment de flexion associé engendrent
une force grâce au fait que chaque aile prend appui dans une rainure substantiellement
en un point, ce point d'appui étant de préférence assez loin du sommet de la branche
du U, voire à l'extrémité de l'aile.
[0012] Une combinaison d'éléments complémentaires est nécessaire pour que l'effet désiré
de blocage des planches sous l'effet de l'élasticité des ailes puisse être correctement
obtenu. D'une part, il est nécessaire que le point d'appui de chaque aile dans une
rainure reste suffisamment loin du sommet de la branche correspondante quelque soit
la dilatation du bois, du moins dans des conditions normales d'utilisation. De cette
façon, la longueur du bras de levier reste importante et le moment de flexion résultant
également. Il est donc important qu'à tout moment l'inclinaison d'une aile reste inférieure
à l'inclinaison du bord inférieur de la rainure correspondante, afin d'éviter qu'un
point de l'aile situé entre le point d'appui escompté de ladite aile ne vienne buter
contre la rainure et raccourcir ainsi sensiblement la longueur du bras de levier.
[0013] D'autre part, il est nécessaire que la base de la pièce de fixation soit suffisamment
rigide pour que la déformation de ladite pièce de fixation causée par une dilatation
du bois ait essentiellement lieu au droit du lien entre l'aile et la branche du U
et non dans la base.
[0014] La combinaison des éléments mentionnés ci-dessus est réalisée dans le système de
plancher en bois selon l'invention grâce au fait que, lorsque les planches sont fixées
au support par l'au moins une pièce, chaque différence de hauteur h
3 est plus petite que la différence de hauteur h
2 correspondante.
[0015] Dans une réalisation particulière du système de plancher en bois selon l'invention,
les rainures des planches sont munies d'un chanfrein facilitant l'insertion des ailes
lors du montage. L'opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention
s'en trouve simplifiée grâce à cela.
Brève description des figures
[0016] Ces aspects ainsi que d'autres aspects de l'invention seront clarifiés dans la description
détaillée de modes de réalisation particuliers de l'invention, référence étant faite
aux dessins des figures, dans lesquelles :
Fig. 1a montre une représentation schématique de profil d'un exemple de pièce de fixation
du système de plancher en bois selon l'invention, ladite pièce de fixation étant au
repos, c'est-à-dire ses ailes non insérées dans une rainure d'une planche;
Fig. 1b montre une représentation schématique vue de haut de la pièce de fixation
de la Fig. 1a;
Fig. 2a montre une représentation schématique de profil de la pièce de fixation de
la Fig. 1a et d'une partie d'une planche, au cours d'une opération de montage du système
de plancher en bois selon l'invention;
Fig. 2b montre une représentation schématique de profil d'un exemple de la pièce de
fixation de la Fig. 2a et d'une partie d'une planche, à la fin d'une opération de
montage du système de plancher en bois selon l'invention.
[0017] Les figures ne sont pas dessinées à l'échelle. Généralement, des éléments semblables
sont dénotés par des références semblables dans les figures.
Description détaillée de modes de réalisation particuliers
[0018] La Fig. 1a montre une représentation schématique du profil d'un exemple de pièce
de fixation (2) au repos du système de plancher en bois selon l'invention. Le profil
de ladite pièce de fixation (2) est en U, le U comprenant une base (4) et deux branches
(6). A l'extrémité de chaque branche (6) du U se trouve une aile (8) orientée vers
l'extérieur du U et formant un angle, respectivement identifié par u et u' pour chacune
des deux ailes (8), inférieur à 90 degrés par rapport à la branche (6) correspondante.
En outre, une ouverture (10) est ménagée dans la base (4) de la pièce (2), destinée
au passage des moyens de fixation (12) de la pièce (2) au support (18). Il sera clair
pour l'homme du métier que, bien que la présence de cette ouverture (10) constitue
une solution préférée, une solution semblable sans ouverture est possible.
[0019] Sont en outre représentées les différences de hauteur h
1, h'
1 et h
2, h'
2, où h
1 et h'
1 correspondent aux différences de hauteur entre le point le plus bas de chaque aile
(8) et la base (4) et h
2 et h'
2 correspondent aux différences de hauteur entre le sommet de chaque branche (6) et
la même base (4).
[0020] Il sera clair pour l'homme du métier qu'il faut entendre par système de plancher
tout assemblage de planches (14) côte à côte, que ce soit par exemple un plancher
classique ou un parquet, à l'horizontale ou incliné, autoportant ou non, et que l'assemblage
de planches (14) soit monté à l'extérieur ou à l'intérieur, par exemple pour une terrasse
couverte ou non ou encore le long d'une piscine.
[0021] Il sera en outre clair pour l'homme du métier qu'il faut entendre par moyens de fixation
(12) tout élément permettant rendre substantiellement solidaire la pièce de fixation
(2) et le support (18) dans des conditions normales d'utilisation. Ces moyens de fixation
(12) peuvent par exemple être une ou des vis, un ou des clous, une ou des agrafes
ou tout autre moyen d'attache, même si la présence d'une vis est la solution préférée
afin d'éviter que la base (4) de la pièce de fixation (2) ne se soulève sous l'effet
de la dilatation du bois qui agirait à la manière d'un pied-de-biche.
[0022] Par conditions normales d'utilisation, il faut comprendre ici des conditions de température
et d'humidité comme trouvées dans l'environnement d'une terrasse extérieure, c'est-à-dire
typiquement des températures de l'air comprises entre moins 40 degrés Celsius et 50
degrés Celsius et des taux d'humidité relative de l'air compris entre 20 pour cent
et 100 pour cent. Par exemple et à titre illustratif, des essais concluants en chambre
climatique ont été réalisés avec des planches (14) de 85 cm sur 85 cm, fixées sur
des chevrons ou fixées sur cadre métallique et chevrons. Ces planches (14) en bois
exotique, comme l'ipé ou le padouk d'Afrique, ou en bois indigène résineux, comme
le mélèze ou pin, ont été soumises pendant une semaine aux conditions climatiques
suivantes : soit une humidité relative de 30 pour cent et une température de l'air
de 25 degrés, soit une humidité relative de 90 pour cent et une température de l'air
de 15 degrés, soit une humidité relative de 60 pour cent et une température de l'air
de 15 degrés. Dans chaque cas, le système s'est comporté de la manière escomptée,
c'est-à-dire sans arrachement ni création d'un jeu.
[0023] Il est à noter que l'aire totale de la surface formée par l'au moins une ouverture
(10) dans la surface de la base (4) est préférablement aussi petit que possible pour
garantir une rigidité suffisante de la base (4) de la pièce (2) pour les raisons mentionnées
précédemment. Par exemple, ladite aire totale est avantageusement inférieure à un
quart de l'aire de la surface de ladite base (4). Préférablement même, au travers
de la base (4) de chaque pièce (2) ne se trouve qu'une seule ouverture (10). Cette
ouverture (10) est donc préférablement petite et compacte, c'est-à-dire par exemple
de forme substantiellement circulaire, avantageusement de diamètre inférieur à 10
mm, voire inférieur à 8 mm ou encore d'un diamètre égal à environ 5 mm. Il faut en
effet par exemple éviter une ouverture (10) qui comprendrait une partie allongée pour
une raison quelconque, qui déforcerait alors la base (4) de la pièce (2) et pourrait
entraîner une déformation de ladite base (4), rendant consécutivement moindre l'efficacité
opérationnelle du moment de flexion des ailes (8), ou même un arrachement au droit
de la base (4).
[0024] Il sera clair pour l'homme du métier que ledit support (18), quant à lui, ou structure
portante du plancher, peut par exemple être constitué d'une pluralité de lambourdes,
de chevrons ou d'un socle quelconque, éventuellement prépercée pour le passage des
moyens de fixation (12), et comprenant un cadre métallique ou non. Les lambourdes
sont préférablement constituées de bois parmi le tatajuba, le pin et le bankirai.
[0025] Le rayon du coude liant chaque aile (8) est par exemple et préférablement égal à
environ deux fois l'épaisseur du flanc, ceci afin de limiter les tensions internes
induites lors de l'emboutissage.
[0026] La Fig. 1b représente schématiquement la pièce (2) de la Fig. 1a vue de haut. Sont
représentées les deux ailes (8) attachées aux branches (6) dont seule la tranche est
visible, lesdites branches (6) étant liées à la base (4). Dans la base (4) est ménagée
une ouverture (10) comme mentionnée plus haut.
[0027] La Fig. 2a représente schématiquement, lors d'un exemple d'opération de montage,
la pièce (2), le support (18) sur lequel ladite pièce (2) est apte à être fixée et
les planches (14) dont les chants sont munies de rainures (16), qui définissent chacune
une lèvre inférieure et une lèvre supérieure dans un chant d'une planche (14). Plus
spécifiquement, la pièce (2) est représentée lorsque les ailes (8) s'élèvent suite
au déplacement des planches (14) dans la direction indiquée par les flèches horizontales
représentées en pointillées. Par exemple, le déplacement des planches (14) peut être
causé par le fait que la personne qui assemble le système pousse sur lesdites planches
(14) pour faire rentrer les ailes (8) dans les rainures (16). Le sens du mouvement
d'élévation des ailes (8) lors de l'emboîtement est indiqué sur la Fig. 2a par les
deux flèches vers le haut et en pointillées.
[0028] Dans l'exemple de réalisation particulière du système de plancher selon l'invention
représenté sur la Fig. 2a, les rainures (16) comprennent un chanfrein à leur arête
inférieure. Ce chanfrein facilite le montage et est préférablement tel que son arête
inférieure se trouve à une hauteur inférieure à h
1.
[0029] Les planches (10), ou lames, sont par exemple en bois exotique comme l'ipé, le padouk
ou en bois indigène comme le mélèze ou le pin, éventuellement traité en autoclave,
résineux ou non, dur ou tendre. Il sera clair pour l'homme du métier que les planches
(10) peuvent être constituée d'un bois quelconque sans s'écarter de l'invention décrite
ici. Les bois exotiques comme l'ipé et le padouk sont préférés car leur taux de dilatation
est moins important que celui des bois indigènes comme le mélèze ou le pin, même si
les essais effectués montrent que le système fonctionne correctement dans les deux
cas. Il sera clair pour l'homme du métier que, dans le cas du bois indigène, des rainures
peuvent éventuellement être creusées longitudinalement dans la surface inférieure
des planches (14) afin de réduire ou d'empêcher un tuilement desdites planches (14)
qui pourrait apparaître lors de la dilatation du bois.
[0030] Selon une réalisation particulière de l'opération de montage du système de plancher
en bois selon l'invention et comme illustré à la Fig. 2a, la pièce (2) est d'abord
fixée sur le support (6) par des moyens de fixation (12) et ensuite l'emboîtement
décrit précédemment est effectué.
[0031] La Fig. 2b représente schématiquement les planches (16) fixées au support (18) par
la pièce (2). A ce moment l'écart visible (20) entre les deux planches (16) est suffisamment
faible à la fois pour atteindre l'objectif esthétique recherché de disposition assez
proche des planches (16) entre elles et pour permettre l'écoulement entre les planches
(16) de l'eau en cas de pluie par exemple, depuis la surface des planches (16) vers
un éventuel système de drainage.
[0032] Sur la Fig. 2b sont en outre représentées les différences de hauteur h
3 et h'
3 entre le point le plus bas de chaque aile (8) et la base (4) de la pièce de fixation
(2). Ce sont ces différences de hauteur h
3 et h'
3 qui augmentent faiblement suite aux dilatations du bois et diminuent faiblement suite
aux contractions du bois. Ces dites différences de hauteur h
3 et h'
3 sont respectivement supérieures aux différences de hauteur h
1 et h'
1 définies précédemment. Cette caractéristique, déjà connue dans l'état de la technique,
permet effectivement de garantir un blocage des planches (16) par les ailes (8). Cependant,
afin de garantir une continuité dans ledit blocage, ou en d'autres termes afin d'éviter
l'apparition d'un jeu comme décrit précédemment, que ce soit suite à une dilation
du bois, suite à une contraction du bois ou suite à une succession de dilatations
et de contractions du bois, il est en sus nécessaire que les différences de hauteur
h
3 et h'
3 soient respectivement plus petites que les différences de hauteur h
2 et h'
2 et qu'en outre les ailes (8) prennent appui substantiellement en un point des rainures
(16). Ceci permet comme décrit précédemment l'application efficace du moment de flexion
ou moment fléchissant des ailes (8).
[0033] Le fait que les ailes (8) prennent appui substantiellement en un point des rainures
(16) est particulièrement important et constitue un point essentiel du système de
plancher en bois selon l'invention. Afin d'éviter l'arrachement des ailes (8) ou la
déformation importante et non désirée de la base (4), le point d'appui de chaque aile
(8) dans la rainure (16) est de préférence mais pas nécessairement à l'extrémité de
l'aile (8) de façon à produire un moment fléchissant optimal. Une aile (8) en contact
sur presque toute sa longueur avec une rainure (16) engendrerait très probablement
des problèmes d'arrachement, de déformation de la base (4) ou de création d'un jeu
comme décrit plus haut. Le but de l'invention est notamment d'offrir une solution
pour échapper à ces problèmes.
[0034] Sur la Fig. 2b sont enfin représentées les angles v et v' qui sont, comme les angles
u et u', inférieurs à 90 degrés. Lesdits angles v et v' sont les angles d'une pièce
de fixation (2) telle que décrite ici compris entre chaque aile (8) et sa branche
(6) correspondante. Les angles v et v' varient en fonction de l'épaisseur de la lèvre
inférieure des planches (14) mais restent généralement inférieurs à 90 degrés dans
des conditions d'utilisation normale. Lors du serrage, ces angles v et v' se rapprochent
de 90 degrés et peuvent par exemple imposer un déplacement de l'extrémité de l'aile
d'environ 0.5 mm. Les angles u et u' sont quant à eux de préférence compris entre
80 degrés et 89 degrés, ou entre 84 degrés et 87 degrés, et avantageusement d'environ
86 degrés. Il sera néanmoins clair pour l'homme du métier que les angles décrits peuvent
ci-dessous dépendre du coefficient de dilatation radial ou axial du bois ou d'autres
caractéristiques de celui-ci, sans s'écarter de l'invention décrite ici.
[0035] Il sera également clair pour l'homme du métier que, à la fin de l'opération de montage,
les ailes (8) peuvent venir ou non buter contre le fond des rainures (16) sans que
cela n'ait d'impact important sur le principe de l'invention.
[0036] En ce qui concerne la composition de la pièce de fixation (2), celle-ci doit comporter
des propriétés d'élasticité particulières de façon à correctement et durablement compenser
la dilatation et la contraction du bois, en restant généralement dans la zone élastique
du matériau, c'est-à-dire sous la limite de déformation plastique, pour les déplacements
impliqués par des conditions normales d'utilisation. De préférence, chaque pièce (2)
est en acier inoxydable, ce qui garantit une résistance durable à la corrosion due
aux intempéries, mais pas en un acier inoxydable quelconque. Tous les aciers inoxydables
n'offrent en effet pas des propriétés d'élasticité appropriées et prendre n'importe
lequel ne garantit d'aucune manière une retenue suffisante de la lèvre inférieur des
planches (14). Il faut par exemple choisir un acier inoxydable de type ressort, comme
l'acier inoxydable austénitique de type 301 défini par la norme de l'American Iron
and Steel Institute (AISI). De préférence mais sans être limitatif, l'acier inoxydable
dans lequel est formée chaque pièce de fixation (2) contient une concentration de
carbone supérieure à 0,08 pour cent. La concentration telle que donnée ici est une
concentration en poids.
[0037] De préférence également et toujours sans être limitatif, la pièce de fixation est
réalisée dans un acier inoxydable austénitique de type 301 AISI dont la classe d'écrouissage
est C1000, C1150 ou C1300, lesdites classes étant définies par la norme européenne
EN 10088-2 et correspondant respectivement à des charges de rupture de 1000 MPa à
1150 Mpa, de 1150 MPa à 1300 MPa et de 1300 MPa à 1500 MPa. Les fourchettes de résistance
à la rupture telles que données ici sont mesurées dans le sens long sur éprouvette
de 20 mm sur 80 mm selon la norme EN 10002-1. Un acier comprenant ces caractéristiques
est particulièrement bien adapté grâce à son élasticité pour que les ailes (8) répondent
de façon appropriée aux mouvements du bois.
[0038] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, la pièce de fixation (2) a subi
un traitement thermique de surface pour en améliorer ses caractéristiques mécaniques
de rigidité et éventuellement son esthétique.
[0039] Pour des pièces d'acier inoxydable telles que décrites ci-dessus, des essais d'arrachement
ont démontré la tenue des composantes de l'assemblage sans déformation intempestive
de la pièce (2) ni destruction de la lèvre inférieur de la planche (14) dans des conditions
normales d'utilisation. La destruction de la lambourde du support (18) s'est produite
sous l'effet d'un effort de 2.5 tonnes par mètre carré. Il sera néanmoins clair pour
l'homme du métier que les résultats de ces essais ne sont donnés qu'à titre illustratif
et ne constituent en aucune manière une restriction au système de plancher en bois
selon l'invention.
[0040] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, lorsque les planches (14) sont
fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), les ailes (8) de chaque pièce
(2) prennent appui sur une surface substantiellement horizontale de la rainure (6)
d'une des planches (14). Par surface substantiellement horizontale d'une rainure (6),
il faut comprendre surface suffisamment peu inclinée de façon à éviter dans la mesure
du possible le repoussement de ladite planche (14) lors de l'emboîtement des ailes
(8) dans ladite rainure (6) pendant une opération de montage. Cela peut par exemple
être une rainure (6) dans laquelle chaque aile (8) prend appui sur une surface inclinée
selon un angle inférieur à 10 degrés par rapport à l'horizontale, ou de préférence
inférieure à 5 degrés voire inférieure à 3 degrés par rapport à l'horizontale.
[0041] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, la base (4) de chaque pièce
(2) comprend au moins un bossage (22) à sa surface apte à rigidifier ladite base (4).
La base (4) ainsi rigidifiée permet que les efforts sur la pièce (2) dus à une dilatation
du bois soient essentiellement compensés par le mouvement des ailes (8) et non par
une déformation de la base (4). De préférence, il y a deux bossages (22) à la surface
de la base (4), par exemple de part et d'autre d'une ouverture unique (10) ou disposées
symétriquement par rapport à plusieurs ouvertures (10). De tels bossages (22), au
nombre de deux, sont montrés aux Fig. 1a et 1b.
[0042] Selon une autre réalisation préférée de l'invention, destinée à remplir le même objectif
de rigidité de la base (4) comme expliqué plus haut, lorsque les planches (14) sont
fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2), la base (4) de chaque pièce (2)
touche le support (18), c'est-à-dire que soit ladite base (4) est directement en contact
avec le support (18) soit indirectement en contact avec le support (18), un élément
solide mince quelconque étant alors intercalé entre la base (4) de la pièce (2) et
le support (18). Le fait que la base (4) touche le support (18) permet de rendre la
base (4) aussi rigide que possible par serrage de la pièce (2) sur le support (18).
[0043] Un exemple d'opération de montage du système de plancher en bois selon l'invention
est décrit ci-dessous. Dans cet exemple, la première planche (14) est d'abord fixée
de manière classique par vis noyée et bouchonnage ou grâce à un système de vissage
à l'envers. Ensuite, des pièces de fixation (2) sont fixées partiellement ou complètement
sur le support (18) à des endroits bien précis, et la deuxième planche (14) destinée
à être disposée à côté de la première est poussée ou glissée contre les pièces de
fixation (2) déjà placées de façon à ce que les ailes (8) des pièces (2) s'élèvent
légèrement et soient introduites dans la ou les rainures (16) des planches (14). Si
elles ne l'ont été que partiellement, les vis de la fixation des pièces (2) au support
(18) sont alors serrées complètement afin d'assurer la maintien de l'ensemble et,
ainsi de suite, les planches (14) suivantes sont placées côte à côté pour former le
plancher. Cet exemple d'opération de montage est avantageux car il permet de réaliser
une économie de temps. Il sera clair pour l'homme du métier que les planches (14)
peuvent également être inclinées lors du montage afin de faciliter l'introduction
des ailes (8) dans les rainures (16).
[0044] En résumé, l'invention peut être décrite comme suit : Système de plancher en bois
comprenant des planches (14) et des pièces de fixation (2) aptes à maintenir contre
un support (18) lesdites planches (14) malgré d'éventuelles contractions et dilatations
de celles-ci, tout en gardant lesdites pièces (2) non apparentes, où des ailes (8)
sont aptes à être introduites dans une rainure (16) d'une des planches (14), où chaque
aile (8) prend appui, lorsque le système est assemblé, substantiellement en un point
d'une rainure (16), et où, pour chaque pièce (2), la hauteur des branches (6) est
inférieur à la hauteur du point le plus bas de l'aile (8) correspondante. De tels
systèmes de plancher en bois sont particulièrement bien adaptés pour un usage extérieur,
par exemple pour les planchers de terrasse.
1. Système de plancher en bois comprenant
au moins deux planches (14) en bois aptes à être disposées côte à côte et ayant
chacune des chants qui sont pourvus de rainures (16) s'étendant dans le sens de la
longueur des planches (14); et
au moins une pièce de fixation (2) des planches (14) à un support (18),
chaque pièce (2) ayant un profil en U, formant une base (4) et deux branches (6);
au sommet de chacune des branches (6) se trouvant une aile (8) orientée vers l'extérieur
du U, apte à être insérée dans la rainure (16) d'une des planches (14);
chaque aile (8) formant au repos un angle u inférieur à 90 degrés par rapport à
la branche (6) au sommet de laquelle elle se trouve;
chaque pièce (2) au repos définissant une différence de hauteur h1 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes (8) et sa base (4), et une différence
de hauteur h2 entre le sommet de chacune de ses branches (6) et sa base (4);
chaque pièce (2) définissant en outre, lorsque les planches (14) sont fixées au
support (18) par l'au moins une pièce (2), une différence de hauteur h3 entre le point le plus bas de chacune de ses ailes (8) et sa base (4);
chaque différence de hauteur h1 étant plus petite que la différence de hauteur h3 correspondante;
caractérisé en ce que,
lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce
(2),
chaque aile (8) prend appui dans la rainure (16) d'une des planches (14) substantiellement
en un point; et
chaque différence de hauteur h3 est plus petite que la différence de hauteur h2 correspondante.
2. Système selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'au travers de la base (4) du U se trouve au moins une ouverture (10) apte à accueillir
des moyens de fixation (12) de ladite pièce (2) sur le support (18).
3. Système selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2),
la base (4) de chaque pièce (2) touche le support (18).
4. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que, lorsque les planches (14) sont fixées au support (18) par l'au moins une pièce (2),
les ailes (8) de chaque pièce (2) prennent appui sur une surface substantiellement
horizontale de la rainure (16) d'une des planches (14).
5. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que la base (4) de chaque pièce (2) comprend au moins un bossage (22) à sa surface apte
à rigidifier ladite base (4).
6. Système selon la revendication 5, caractérisé en ce que ladite base (4) comprend deux bossages (22) à sa surface.
7. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'angle u est compris entre 80 degrés et 89 degrés.
8. Système selon la revendication 7, caractérisé en ce que l'angle u est compris entre 84 degrés et 87 degrés.
9. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'aire totale de la surface formée par l'au moins une ouverture (10) dans la surface
de la base (4) de chaque pièce (2) est inférieure à un quart de l'aire de la surface
de ladite base (4).
10. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'au travers de la base (4) de chaque pièce (2) ne se trouve qu'une seule ouverture
(10).
11. Système selon la revendication 10, caractérisé en ce que ladite ouverture (10) forme à la surface de ladite base (4) une forme substantiellement
circulaire.
12. Système selon la revendication 11, caractérisé en ce que ladite forme a une diamètre inférieur à 8 mm.
13. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que chaque pièce (2) est en acier inoxydable.
14. Système selon la revendication 13, caractérisé en ce que l'acier inoxydable de chaque pièce (2) comprend une concentration de carbone supérieure
à 0,08 pour cent.
15. Système selon la revendication 13, caractérisé en ce que chaque pièce (2) est en acier inoxydable austénitique de type 301 AISI.
16. Système selon la revendication 15, caractérisé en ce que ledit acier inoxydable austénitique de type 301 AISI est de classe d'écrouissage
C1000, C1150 ou C1300.
17. Système selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que les planches (2) comprennent un chanfrein dans une arête inférieure des rainures
(16).