Domaine technique de l'invention
[0001] La présente invention concerne la préparation de composites zéolithe / SiC ainsi
que leur utilisation comme catalyseur ou support de catalyseur pour des réactions
chimiques en phase gazeuse ou liquide.
Etat de la technique
[0003] Cependant, la faible taille des cristaux rend leur utilisation directe difficile,
dû à des phénomènes de perte de charge dans les réacteurs chimiques. La solution communément
adoptée consiste à leur ajouter un liant, le plus souvent de type oxyde de silicium
ou oxyde d'aluminium, et à préparer des corps extrudés. Cette méthode présente l'inconvénient
que le liant n'est pas chimiquement inerte. De ce fait, des réactions parasites peuvent
se produire dans les conditions d'utilisation du catalyseur. Par ailleurs, le liant
peut rendre inaccessible une partie de la zéolithe aux réactifs.
[0005] D'autres articles traitent plus particulièrement de la synthèse de zéolithes supportés
en vue de leur utilisation en catalyse. L'article
« Zeolithe coatings and their potential use in catalysis » de J.C. Jansen et al, paru
dans la revue Microporous and Mesoporous Materials vol 21, p. 213 - 226 (1998), décrit les différentes méthodes de synthsèe ainsi que les différents substrats
(supports) les plus couramment utilisés pour la préparation de composites de type
zéolithe supportée : des extrudés ou granulés de α-Al
2O
3 ou γ-Al
2O
3, des monolithes de Si, TiO
2, α-Al
2O
3, des plaques d'acier inoxydable, quartz, carbone pressé, verre, des mousses de α-Al
2O
3, des fibres de carbone, des fibres végétales, des fils d'acier, ou même des matériaux
inertes tels que le teflon.
[0008] La plupart des supports utilisés jusqu'à présent, tels que la silice (verre, quartz)
ou l'alumine densifiée, ont plusieurs autres inconvénients : ils ne sont pas chimiquement
inertes et réagissent notamment avec le milieu de synthèse de la zéolithe en s'y dissolvant
partiellement de telle sorte que la composition initiale du gel de synthèse s'en trouve
altérée. D'autre part, ces supports présentent une surface spécifique très faible,
typiquement de l'ordre de 0,1 à 5 m
2/g, de telle sorte que la quantité de zéolithe ne dépasse que rarement 10 % en masse
du composite. Enfin, l'inconvénient le plus important des supports tels que la silice
ou l'alumine est que la zéolithe y adhère mal et se décolle facilement en formant
une poudre. Ces inconvénients sont gênants pour l'utilisation des zéolithes supportées
notamment en industrie chimique, car ils conduisent à une baisse de la durée de vie
du catalyseur et à une baisse du rendement et de la sélectivité de la réaction visée
par perte directe de la phase active qui peut être entrainée par le gaz ou par le
liquide à traiter. De plus, lorsque la zéolithe supportée s'est au moins partiellement
désagrégée, le support peut se trouver exposé au milieu réactionnel, et il peut alors
catalyser des réactions parasites.
[0009] Ce problème de la mauvaise adhérence ne semble pas avoir trouvé une solution satisfaisante.
Certains documents (voir l'article G.B.F. Seijger et al., la thèse de doctorat de
N. -van der Puil, la demande de brevet
JP 06182214 A et la demande de brevet
WO 98/06495, précédemment cités) font état de l'utilisation de supports chimiquement inertes,
et plus particulièrement de SiC. Cependant, dans chaque cas, il s'agit de α-SiC, souvent
dénommé « SiC non poreux ». Comme le rapporte N. van der Puil dans sa thèse de doctorat,
la force de l'ancrage des cristaux de zéolite à la surface du support est très faible
et une partie de la zéolithe se détache lors des traitements post-synthèse, effectués
pour obtenir le composite sous sa forme définitive. Pour y remédier, plusieurs solutions
ont été proposées.
[0010] Seijger et al (voir l'article précédemment cité) parviennent à déposer une charge
importe de zéolithe sur une mousse de céramique de SiC / Al
2O
3. Cependant, le support est fragilisé lors de la synthèse et le composite ainsi synthétisé
est cassant.
[0011] La demande de brevet
JP 06182214 A évoque une autre méthode consistant à calciner le SiC à haute température afin de
former une couche de SiO
2 à sa surface. Consécutivement, la mise en présence du support ainsi préparé avec
une solution aqueuse contenant une source d'aluminium, en conditions hydrothermales,
permet de transformer cette couche de silice en zéolithe. Ce composite est ensuite
utilisé en tant que support de catalyseur pour effectuer des réactions de combustion.
Bien que cette méthode conduise à une forte interaction entre la zéolithe et le support,
la charge en zéolithe reste faible puisque seule la couche superficielle, constituée
de SiO
2, peut être transformée.
[0012] La demande de brevet
WO 98/06495 présente une autre méthode de préparation du support qui consiste à le mettre en
présence d'une solution contenant un structurant de même nature que celui utilisé
pour préparer le gel de synthèse de la zéolithe. Consécutivement à cette préparation,
le support est mis en présence du gel de synthèse en conditions hydrothermales. Cette
méthode permet d'obtenir un bon ancrage de la zéolithe sur un support de α-Al
2O
3.
[0013] Dans chaque cas où le SiC a été étudié comme support pour réaliser un composite de
type zéolithe / SiC, seul le α-SiC, non poreux et donc à faible surface spécifique
(< 5 m
2/g), a été utilisé. Il a été montré par l'homme du métier (voir documents précédemment
cités) que soit les zéolithes présentent un faible ancrage à la surface du SiC, soit
les conditions de synthèse rendent le composite final fragile, soit la synthèse conduit
seulement à une très fine couche de zéolithe sur son support, de telle sorte que le
rendement reste faible. Ces différents inconvénients font, qu'aujourd'hui, l'homme
du métier a abandonné l'utilisation du SiC au profit de l'α-Al
2O
3 pour la synthèse de tels composites.
[0015] Le problème que la demanderesse a cherché à résoudre par la présente invention est
de proposer un matériau composite comportant une zéolithe et un support rigide, qui
évite les inconvénients des produits existants. Plus particulièrement, il est souhaitable
que le support possède notamment une bonne tenue mécanique dans les conditions d'utilisation
du composite comme catalyseur, permette une mise en forme aisée, ait une bonne résistance
chimique, notamment en milieu basique (pour permettre la synthèse des zéolithes par
voie hydrothermale), et montre une faible activité catalytique dans les conditions
d'utilisation du composite comme catalyseur (pour éviter des réactions parasites).
Il est également souhaitable que le support montre une bonne adhérence pour la zéolithe.
Par ailleurs, il est souhaitable que le support présente un surface spécifique supérieure
à 5 m
2/g afin de permettre le dépôt d'une quantité importante de zéolithe. La surface spécifique
d'un catalyseur étant un paramètre important en catalyse, en particulier pour des
réactions catalytiques en phase gaz, il est souhaitable que le composite soit entièrement
recouvert de zéolithe, même dans les pores du support, de manière homogène, sans former
une couche épaisse, de telle sorte que les réactifs puissent accéder à la totalité
de ladite zéolithe lors de l'utilisation du composite dans des réactions catalytiques.
Finalement, le support doit présenter une forte interaction avec la zéolithe, afin
que celle-ci ne se détache pas dudit support lors des opérations de traitement post-synthèse
et lors de l'utilisation du composite comme catalyseur.
Objet de l'invention
[0016] Un premier objet de la présente invention est un procédé de préparation d'un composite
formé d'une zéolithe selon les revendications 1 à 6, et un composite susceptible d'être
obtenu par ce procédé. De façon préférentielle, le support est une mousse de β-SiC
avec une surface spécifique comprise entre 10 et 400 m
2/g. La zéolithe est avantageusement sélectionnée parmi la zéolithe ZSM-5, la zéolithe-β
et la silicalite.
[0017] Un deuxième objet de la présente invention est l'utilisation d'un composite susceptible
d'être obtenu par le procédé selon une quelconque des revendications 1 à 6 comme catalyseur
ou support de catalyseur pour des réactions chimiques en milieu gazeux ou liquide.
Description des figures
[0018]
La figure 1 montre les pics de diffraction correspondants à la zéolithe ZSM-5 dans
un composite selon l'invention, ainsi que dans un support nu d'extrudés de β-SiC.
La figure 2 compare l'évolution des surfaces spécifiques totale et microporeuse en
fonction de l'exposition du composite aux ultrasons (sonication) pour un échantillon
selon l'état de la technique et un échantillon selon l'invention :
- (a) Composite ZSM-5 sur extrudés de βSiC
- (b) Composite ZSM-5 sur extrudés d'alumine α.
Barres noires : surface spécifique microporeuse.
Barres blanches : surface spécifique totale.
La figure 3 montre deux images de microscopie électronique à balayage (MEB) à grandissement
différent (image (a) : grandissement environ 20 ; image (b) : grandissement environ
2000) d'un composite selon l'invention (ZSM-5/β-SiC).
La figure 4 montre deux images de MEB à grandissement différent (image (a) : gra,dissement
environ 50 ; image (b) : grandissement environ 1200, l'insert présente un zoom de
grandissement 10 000 de la paroi interne de l'extrudé de β-SiC) de coupes d'un composite
selon l'invention (ZSM-5/β-SiC).
La figure 5 montre les surfaces spécifiques totale et microporeuse d'un composite
ZSM-5 sur β-SiC selon l'invention en fonction du nombre de synthèses successives de
ZSM-5.
Barres noires : Surface spécifique microporeuse.
Barres blanches : surface spécifique totale.
La figure 6 montre pour chaque étape de synthèse de ZSM-5 sur grain de SiC selon l'invention
deux images de microscopie électronique à balayage à grandissement différent: après
une (images A), deux (images B) et trois (images B) synthèses successives de ZSM-5
à faible (images A-a, B-a, C-a) et moyen (images A-b, B-b, C-b) grandissement.
La figure 7 montre le spectre RMN 27Al des grains de SiC après une, deux et trois étapes de synthèse successives de ZSM-5.
La figure 8 montre le taux de conversion du toluène (a), le taux de sélectivité en
para-xylène de la méthylation du toluène à l'intérieur des produits de réaction (b),
et le taux de sélectivité en para-xylène à l'intérieur de la coupe de xylènes (c)
en fonction du temps sous flux pour les différents composites ZSM-5 / SiC selon l'invention.
La réaction est effectuée à 375°C sur 500 mg de catalyseur.
La figure 9 montre la conversion relative en anhydride acétique et la sélectivité
en para-méthoxyacétophénone en fonction du temps pour la réaction catalytique d'acétylation
de l'anisole effectuée sur le composite Bêta / SiC selon l'invention.
Description de l'invention
[0019] La demanderesse a trouvé que l'utilisation d'un support en carbure de silicium de
structure β (β-SiC) permet de s'affranchir des inconvénients de l'art antérieur. De
façon surprenante, la demanderesse a constaté que les matériaux présentant une structure
zéolithique montrent une excellente adhérence sur un support en carbure de silicium
de structure β. Dans le cadre de la présente invention, il est souhaitable de disposer
d'un support caractérisé par une surface spécifique BET plus importante que les support
traditionnels (silice, alumine) qui ont une surface spécifique de l'ordre de 0.1 à
5 m
2/g. Le carbure de silicium peut être choisi parmi différents matériaux à base de SiC.
Le support en carbure de silicium a une surface spécifique BET supérieure à 5 m
2/g, mais on préfère des supports avec une surface spécifique comprise entre 5 et 600
m
2/g, préférentiellement comprise entre 10 et 600 m
2/g, plus préférentiellement comprise entre 10 et 400 m
2/g, encore plus préférentiellement comprise entre même 20 et 400 m
2/g, et le plus préférentiellement comprise entre 20 et 200 m
2/g.
[0020] Dans le cadre de la présente invention, le support préféré est un support en β-SiC
avec une surface spécifique de l'ordre de 10 à 100 m
2/g. Dans des variantes préférées de l'invention, la demanderesse a utilisé des mousses
de SiC ou des grains ou extrudés de SiC. De tels matériaux peuvent être préparés par
exemple selon les méthodes de synthèse décrites dans les brevets suivants :
EP 0 313 480,
EP 0 440 569,
US 5,217,930,
EP 0 511 919,
EP 0 543 751 et
EP 0 543 752. Selon ces méthodes, on peut synthétiser des matériaux de tailles et formes variées,
c'est à dire par exemple sous forme de bâtonnets, de monolithes, d'extrudés, de grains
ou de tubes. Ces types et formes de β-SiC donnent de bons résultats, mais d'autres
tailles et formes de SiC peuvent également être utilisées dans le cadre de la présente
invention.
[0021] Toutes les valeurs de surface spécifique ont été déterminées par adsorption d'azote
à la température de l'azote liquide selon la méthode BET, connue de l'homme du métier.
[0022] Les composites selon l'invention peuvent comporter tout matériau présentant une structure
de type zéolithique. Les zéolithes sont des matériaux présentant une structure tridimensionnelle
dont la charpente est constituée d'un enchaînement de tétraèdres TO
4, où T représente un atome de silicium ou, de manière optionnelle, d'aluminium. Bien
que le terme « zéolithe » ne soit couramment utilisé que dans le cas d'aluminosilicates,
il est connu de l'homme du métier qu'une partie ou la totalité des atomes de silicium
et d'aluminium peuvent être remplacés par d'autres éléments. Par exemple, le silicium
peut être remplacé par d'autres éléments tétravalents comme par exemple, mais sans
s'y limiter, l'étain, le germanium, le phosphore ou par un mélange de ceux-ci, et
l'aluminium peut être remplacé par d'autres éléments trivalents comme par exemple,
mais sans s'y limiter, le bore, le titane, le gallium, l'indium ou par un mélange
de ceux-ci. Par conséquent, la demanderesse utilise dans le cadre du présent brevet
les termes « zéolithe », « zéolithes », « matériau zéolithique » pour définir tout
matériau présentant une structure de type zéolithique et connu par l'homme du métier,
sans se limiter aux matériaux ne comportant que du silicium et de l'aluminium. Cela
inclut, sans s'y limiter, les aluminosilicates, les metallosilicates (comme par exemple,
mais sans s'y limiter, les gallosilicates, les chromosilicates, les borosilicates,
les ferrisilicates, les titanosilicates), les silicoaluminophosphates (SAPO), les
metalloaluminophosphates (MeAPO), les aluminophosphates (ALPO) et les metallophosphates.
La demanderesse utilise dans le présent document le terme « zéolithe aluminosilicique
» pour se référer aux zéolithes ne comportant que du silicium et de l'aluminium comme
atomes de charpente.
[0023] De manière encore plus préférentielle mais sans s'y limiter, les composites zéolithe
/ SiC peuvent comporter des zéolithes de type structural AEL, BEA, CHA, CLO, ERI,
EUO, FAU, FER, HEU, LTA, LTL, MAZ, MEI, MEL, MFI, MOR, MTT, MTW, MWW, OFF, PHI, SOD,
TON, ou un mélange de zéolithes de ces différents types structuraux. Ces zéolithes
sont décrites dans « Atlas Of Zeolite Structure Types », de W.M Meier et D.H. Olson,
Butterworth-Heinemann, 3
e édition, 1992. Cet ouvrage nécessairement connu de l'homme du métier défini également
la nomenclature normalisée des zéolithes.
[0024] La demanderesse préfère la zéolithe ZSM-5, qui est utilisée industriellement comme
catalyseur d'isomérisation et comme additif pour le cracking, la zéolite-β et la silicalite.
La zéolithe est déposée par voie hydrothermale selon les techniques connues de l'homme
du métier.
[0025] Dans un mode de préparation avantageux, on calcine le support en β-SiC à 900°C pendant
environ 2 heures afin de transformer la couche superficielle (typiquement 3 nm) d'oxyde
et d'oxycarbure du support en silice. Cette couche superficielle de silice a une épaisseur
comprise entre 1 nm et 10 nm. La demanderesse a constaté que dans ce mode de préparation,
la couche externe ainsi formée n'est pas transformée en zéolithe comme c'est le cas
dans le brevet
JP 06182214 cité précédemment, mais joue le rôle de point d'ancrage pour celle-ci. Si la couche
de silice est trop mince, l'ancrage de la couche de zéolithe devient moins bon. Si
la couche de silice est trop épaisse, elle se dissout partiellement dans le milieu
de synthèse de la zéolithe. L'épaisseur de cette couche peut être déterminée par XPS
(X-Ray Photoelectron Spectroscopy). Une zone d'épaisseur particulièrement avantageuse
pour la couche de silice se situe entre 1,5 nm et 5 nm.
[0026] La synthèse du composite est effectuée
in situ en présence du support prétraité. Ainsi, la synthèse dudit composite consiste à préparer
un gel de synthèse dont la composition et la méthode de préparation est connue de
l'homme du métier. Après une période de mûrissement, le support est ajouté au gel
et le mélange est transvasé dans un récipient adapté aux synthèses par voie hydrothermale,
par exemple un autoclave chemisé en Téflon. La synthèse hydrothermale est ensuite
réalisée dans des conditions connues de l'homme du métier. La récupération du composite
ainsi que les éventuels traitements post-synthèse sont effectués suivant des méthodes
connues.
[0027] L'application industrielle des composites selon l'invention se situe en particulier
dans le domaine de la chimie et de la pétrochimie. Les composites selon l'invention
peuvent être avantageusement utilisés comme catalyseur de réactions chimiques en phase
gazeuse ou liquide. Ils peuvent également être utilisés comme support de catalyseur,
c'est-à-dire que l'on applique sur lesdits composites une phase active (par exemple
un composé métallique qui est éventuellement réduit), pour former un catalyseur de
réactions chimiques en phase gazeuse ou liquide. A titre d'exemple, les composites
selon l'invention peuvent être utilisés comme catalyseur ou support de catalyseur
dans les réactions de craquage, d'acylation, d'alkylation ou isomérisation des hydrocarbures.
[0029] La demanderesse a constaté que les composites selon l'invention peuvent catalyser
cette réaction avec une bonne sélectivité en faveur du para-xylène. Parmi les trois
isomères para-, ortho- et meta-xylène, c'est le para-xylène qui est le produit plus
intéressant car il peut être transformé par oxydation en acide téréphthalique, un
composé utilisé dans la fabrication de fibres et films de polyester. Avec les composites
selon l'invention, on peut obtenir une sélectivité du para-xylène par rapport à la
totalité des xylènes supérieure à 60 %. La stabilité des composites selon l'invention
est au moins comparable à celle des zéolithes connues.
[0030] Une autre application des composites selon l'invention se situe dans le domaine de
la chimie fine. La réaction de Friedel-Crafts (qui peut être effectuée sous forme
d'alkylation ou d'acylation) par exemple, est souvent mise en oeuvre dans des procédés
de l'industrie de la parfumerie et dans celle de la pharmaceutique. Cette réaction
permet par exemple la synthèse de cétones aromatiques, intermédiaires très importants
dans la synthèse de médicaments. Les catalyseurs couramment employés industriellement
sont des halogénures de métaux, comme FeBr
3, AlCl
3 ou SbCl
5. Outre les problèmes environnementaux que leur emploi génère, ces catalyseurs ont
de plus une faible sélectivité et une courte durée de vie. C'est pour ces différents
inconvénients qu'ils sont progressivement remplacés par des catalyseurs acides solides,
et plus précisément par des zéolites. Bien que celles-ci résolvent la plupart de ces
problèmes, leur durée de vie reste encore limitée, due essentiellement à une extraction
de l'aluminium de la charpente aluminosilicatée par des produits formés durant la
réaction. La demanderesse a constaté que les composites selon l'invention présentent
une meilleure sélectivité que les catalyseurs actuels et une bonne stabilité au cours
du temps. D'autre part, la demanderesse a montré que le catalyseur pouvait être réutilisé
après un cycle de nettoyage et que son activité catalytique était totalement conservée.
[0031] La demanderesse a utilisé le composite selon l'invention comme catalyseur ou support
de catalyseur pour l'alkylation et acylation de Friedel-Crafts. A titre d'exemple,
la demanderesse a utilisé le composite selon l'invention pour la synthèse de para-alkoxyacétophénone
par réaction de Friedel-Crafts. La sélectivité de l'isomère para dépasse 90 % et même
95 %. A titre d'exemple, elle a obtenu du para-méthoxyacétophénone à partir d'anisole
et d'anhydride acétique avec une sélectivité supérieur à 99 %. Un autre exemple est
la synthèse de p-méthoxybenzophénoné par acylation de Friedel-Crafts.
[0032] Une autre application des composites selon l'invention est la purification ou dépollution
de gaz d'échappements de moteurs de combustion, est plus particulièrement l'oxydation
du monoxyde de carbone en dioxyde de carbone, ainsi que la réduction des oxydes d'azote
en azote.
[0033] Les exemples qui suivent illustrent différents modes d'exécution de l'invention et
montrent ses avantages ; ils ne limitent pas la présente invention.
Exemples
Exemple 1 : Préparation et caractérisation d'un composite zéolithe ZSM-5 / SiC
[0035] Le protocole opératoire initial est le suivant : 24 g d'eau, 7,5 g d'hydroxyde de
tétrapropylammonium et 5,16 g de tétraéthoxysilane sont placés dans un flacon en polypropylène
et mis sous agitation magnétique. Dans un autre flacon, 0,28 g de nitrate d'aluminium
nonahydraté est dissout dans 24 g d'eau distillée. La source d'aluminium est ensuite
ajoutée au premier flacon. Le mûrissement du gel est effectué sous agitation pendant
50 minutes, au bout desquelles le support (selon le cas, 1 g d'extrudés ou 3 g de
grains de taille comprise entre 250 et 425 µm, préalablement calcinés à 900°C pendant
2 heures) est ajouté. Après 10 minutes de mûrissement supplémentaires, le mélange
est transvasé dans un autoclave chemisé en Téflon. Celui-ci est ensuite placé dans
l'étuve à 150°C pendant 7 heures. Après 7 heures de cristallisation sous pression
autogène, l'autoclave est refroidi et le matériau est filtré, lavé abondamment à l'eau
distillée et séché à l'étuve à 100°C pendant plusieurs heures. Le solide obtenu est
calciné sous air à 550°C pendant 10 heures afin de décomposer le structurant organique.
Le composite est mis en présence d'une solution de NH
4Cl à 1M et le mélange est porté à reflux pendant 16 heures suivant une technique connue
afin d'obtenir la forme ammonium de la zéolithe. Le composite est ensuite lavé abondamment
à l'eau distillée, séché et calciné à 550 °C pendant 10 heures afin d'obtenir la forme
acide de la zéolithe et la forme définitive du composite.
[0036] La synthèse a été effectuée sur des supports de type nature différent : α-Al
2O
3 et extrudés de β-SiC. Les surfaces spécifiques totale et microporeuse initiales sont
respectivement de 22,86 m
2/g et 0,00 m
2/g dans le cas des extrudés de SiC, et 4,94 m
2/g et 0,62 m
2/g pour les extrudés d'alumine.
[0037] Des diagrammes de diffraction X (figure 1) ont été réalisés sur des poudres de composites
ZSM-5 / SiC à l'aide d'un diffractomètre Siemens D5000 utilisant la radiation Cu K
α non monochromatique. L'indexation des pics a été réalisée à l'aide de la banque de
données du JCPDS (Joint Committee of Powder Diffraction Standards). Le diagramme comporte
exclusivement des pics correspondants au substrat β-SIC et à la zéolithe ZSM-5.
[0038] La formation de ZSM-5 sur la surface du support est également confirmée par l'apparition
de micropores lors de la mesure des surfaces specifiques et des volumes poreux par
adsorption d'azote à la température de l'azote liquide selon la méthode BET (voir
l'article
« Surface area and pore texture of catalysis » de G. Leofanti et al, paru dans la
revue Catalysis Today, vol 41, p. 207 - 219 (1998)). Le tableau 1 présente les valeurs obtenues avant et après synthèse pour les extrudés
et les grains de SiC :
Tableau 1 :
| Surface spécifique déterminée par adsorption d'azote à la température de l'azote liquide
selon la méthode BET |
| Echantillon |
Surface spécifique [m2/g] |
| Totale |
micropores |
| Extrudés de SiC |
22,86 |
0,00 |
| Composite ZSM-5 sur extrudes de SiC |
28,82 |
3,59 |
| Grains de SiC |
18,67 |
0,00 |
| Composite ZSM-5 sur Grains de SiC |
50,99 |
20,97 |
[0039] Afin de simuler l'attrition que subissent les catalyseurs industriels dans les réacteurs
et qui affecte la durée de vie du catalyseur les composites ont été soumis aux ultrasons
pendant des durées variables (voir l'article cité de N. van de Puil). Cet essai permet
de caractériser la force d'adhésion entre le support et la zéolithe. Après une certaine
durée de traitement aux ultrasons, on a mesuré la surface spécifique par adsorption
d'azote qui permet de constater s'il y a perte ou non d'une partie de la zéolithe
déposée. Les résultats sont montrés sur la figure 2. On ne constate aucune perte de
surface spécifique sur le composite ZSM-5/SiC selon l'invention. Ceci veut dire que
l'interaction entre le support et la zéolithe est forte. Cette interaction est vraisemblablement
due au fait que le SiC présente à sa surface une couche d'oxyde qui sert de point
d'ancrage pour la zéolithe sur le support. La faible augmentation de la surface spécifique
est attribuée à un reste de gel de synthèse qui bouchait certains pores et que l'utilisation
d'ultrasons a permis d'éliminer.
[0040] Dans le cas de la ZSM-5 sur extrudés d'alumine selon l'état de la technique, on constate
que le matériau composite formé ne résiste pas à la sonication, puisqu'au bout de
60 minutes la quasi totalité de la zéolithe a disparu. Cela correspond aux observations
rapportées dans l'article cité de de van der Puil et collaborateurs dans le cas de
synthèses de ZSM-5 sur différents supports en alumine. Par ailleurs, on constate que
sur les extrudés d'alumine selon l'état de la technique, on dépose, dans des conditions
similaires, moins de zéolithe à la surface des extrudés. Bien qu'il s'agisse d'alumine
densifiée, il est probable qu'une partie se dissolve dans le gel de synthèse, modifiant
ainsi le rapport d'alumine. Or il est connu (voir l'article cité de R. Lai et al.)
que l'augmentation de la quantité d'aluminium affecte voire empêche la cristallisation.
[0041] Cette comparaison met clairement en évidence les avantages en terme de résistance
mécanique qu'offre le carbure de silicium dans la synthèse des composites à base de
zéolithe supportée.
[0042] La morphologie du support après synthèse ainsi que la taille des cristaux ont été
observées par microscopie électronique à balayage (MEB). Les images MEB (voir figure
3) montrent que la morphologie de l'extrudé n'a pas été affectée par la synthèse.
Bien qu'aucune différence avec les extrudés de départ ne soit visible à première vue,
on observe en augmentant le grandissement que toute la surface du support est recouverte
de cristaux de zéolithe. On distingue deux types de cristaux, selon leur taille :
des cristaux hexagonaux de taille 2 µm x 1 µm x 0,5 µm, et des nanocristaux d'un diamètre
d'environ 20 nm. Les images MEB à différents grandissements d'une coupe d'un extrudé
dudit composite (voir figure 4) montre clairement que la zéolithe a été déposée sur
toute la surface du β-SiC, même à l'intérieur des pores. Cela illustre très nettement
l'avantage d'un support en β-SiC au lieu du α-SiC : à quantité équivalente de zéolithe
déposée, celle-ci se répartit sur une surface plus importante du support et donc forme
une couche moins épaisse que dans le cas du α-SiC. Il en résulte que lors de l'utilisation
du composite selon l'invention comme catalyseur ou support de catalyseur, toute la
zéolithe est facilement accessible par les réactifs.
Exemple 2 : Dépôt successif de plusieurs couches de ZSM-5 sur SiC
[0043] Afin de suivre l'évolution de la quantité de zéolithe déposée, ainsi que la dispersion
des cristaux sur la surface du support, on a effectué plusieurs synthèses successives
sur un même support constitué de grains de β-SiC de taille 250 - 425 µm, préalablement
calciné à 900 °C pendant 2 heures. Le carbure de silicium était le même que celui
utilisé dans l'exemple 1.
[0044] La figure 5 présente l'évolution des surfaces spécifiques totale et microporeuse
en fonction du nombre de synthèses successives. On constate que les surfaces spécifiques
tant totale que microporeuse augmentent de façon quasi linéaire.
[0045] Les images de microscopie électronique à balayage (MEB) des composites ZSM-5/SiC
obtenus (voir figure 6) montrent que la surface du support est homogènement recouverte
par des cristaux de zéolithe de différentes tailles allant de quelques dizaines de
nanomètres à quelques micromètres. Les images à moyen grandissement montrent que la
quantité de cristaux déposés augmente avec le nombre de synthèses, conformément aux
mesures de surfaces spécifiques. Cependant, elles montrent également que la quantité
de nanocristaux a tendance à diminuer au profit des microcristaux de ZSM-5. L'hypothèse
la plus probable est que les nanocristaux jouent le rôle de germes, favorisant ainsi
l'étape de croissance cristalline lors des synthèses suivantes.
[0046] Chaque échantillon a également été analysé par résonance magnétique nucléaire (RMN)
avec rotation à l'angle magique (magic angle spinning, RMN-MAS) pour les noyaux
27Al et
13C. Les spectres RMN
27Al permettent de distinguer l'aluminium de la charpente de l'aluminium extra-réseau.
Le premier, de coordinence tétraédrique, présente un déplacement chimique de 50 à
60 ppm alors que le second, de coordinence octaédrique, présente, lui, un déplacement
chimique de 0 ppm (voir l'article de
C.J.H. Jacobsen et al, « Zeolites by confined space synthesis - characterization of
the acid sites in nanosized ZSM-5 by ammonia desorption and 27Al/29Si-MAS NMR Spectroscopy
» paru dans la revue Microporous and Mesoporous Materials, vol 39, p. 393-401 (2000)).
[0047] Pour chaque échantillon, on n'observe qu'un pic correspondant à l'aluminium engagé
dans la structure zéolithique (voir figure 7). Ces spectres apportent donc la preuve
que les petits agrégats observés au MEB sont bien des nanocristaux de zéolithe et
non une autre phase.
[0048] Les spectres RMN
13C sont réalisés pour chacun des trois échantillons afin de quantifier la ZSM-5 déposée.
Il est connu qu'il y a exactement deux molécules de structurant par maille de zéolithe.
Par conséquent, si on intègre les pics de chaque spectre et qu'on en compare les aires
avec celle d'un échantillon de référence de masse de zéolithe connue, on peut déterminer
la masse de ZSM-5 de l'échantillon considéré. Connaissant sa masse totale, on peut
donc déterminer le pourcentage massique de ZSM-5 pour cet échantillon. La connaissance
du pourcentage massique de ZSM-5 est nécessaire pour pouvoir ramener les résultats
des tests catalytique (voir Exemple 3) à une masse de zéolithe et ainsi pouvoir comparer
les différents catalyseurs entre eux.
Exemple 3 : Test de l'activité catalytique du composite ZSM-5 / SiC
[0049] La réaction de méthylation du toluène, pour laquelle la ZSM-5 est utilisée industriellement,
a été mise en oeuvre pour caractériser l'activité catalytique des composites ZSM-5
sur grains de SiC préparés selon l'exemple 2, après une étape de synthèse de la zéolithe
(échantillon A), deux étapes de synthèse (échantillon B) et trois étapes de synthèse
(échantillon C). A titre de comparaison, une zéolithe ZSM-5 non supportée, synthétisée
à partir du même gel de synthèse et dans les même conditions que le composite, a également
été étudiée. La réaction consiste à faire réagir le méthanol avec le toluène (rapport
molaire 1 : 1) en présence du catalyseur selon l'invention. Elle donne un mélange
des trois isomères (ortho, méta et para) du xylène. On détermine la sélectivité de
la synthèse par rapport au para-xylène.
[0050] L'essai a été effectué de la façon suivante : Un mélange équimolaire méthanol/toluène
est envoyé a l'aide d'une pompe HPLC avec un débit de 40 µl/min jusqu'à un « T ».
Le mélange est alors vaporisé et emporté par un flux d'hélium (Air Liquide, hélium
N55, débit 20 cc/min) jusqu'au réacteur. Celui-ci est constitué d'un tube de quartz
en U, muni d'un fritté sur lequel sont déposés 500 mg de catalyseur. Le réacteur est
situé dans un four qui assure le chauffage par effet Joule. La température est contrôlée
et régulée à l'aide d'un thermocouple situé à l'extérieur du tube, à la hauteur du
lit catalytique. Un septum de prélèvement placé entre la sortie du réacteur et le
vent permet d'analyser les produits de réaction. Toutes les lignes sont maintenues
à environ 150°C grâce à des fils chauffants calorifugés à l'aide de laine de silice
tressée afin que les produits et les réactifs qui n'ont pas réagi ne se condensent
pas. Les prélèvements, réalisés au niveau du septum à l'aide d'une seringue Hamilton
de 10 µl, à intervalles de temps réguliers, et analysés par chromatographie en phase
gazeuse, permettent de suivre l'évolution de la réaction. Le chromatographe utilisé
est un modèle Varian 3800 équipé d'une colonne Chrompack CP-WAX 52CB (longueur 25
m, diamètre interne 0,53 mm) et d'un détecteur FID (Flame Ionization Detector). Un
ordinateur équipé d'un logiciel fourni par Varian permet de contrôler le programme
de température et de traiter le signal envoyé par le détecteur (intégration des pics).
[0051] Les résultats des tests catalytiques sont donnés sur la figure 8. La figure 8a donne
l'évolution de la conversion du toluène pour les composites A, B et C, ainsi que pour
la ZSM-5 non supportée. On remarque que la conversion augmente avec le nombres de
synthèses successives, et donc avec la quantité de ZSM-5 déposée. Dans le cas de A,
la conversion chute rapidement avant de se stabiliser progressivement à 5%. Celle
de B est relativement stable pendant les 60 premières minutes sous flux mais chute
finalement pour atteindre une conversion de l'ordre de 11%. La conversion, dans le
cas de C, reste longtemps stable aux alentours de 20 % et ne diminue que de 3 à 4%
après 3 heures sous flux. L'augmentation de la conversion pour la ZSM-5 non supportée
peut être attribuée à la formation de coke sur la zéolithe.
[0052] La figure 8b met en évidence des réactivités différentes pour les trois composites.
Elle montre la sélectivité en para-xylène par rapport à la somme des produits de réaction.
Dans le cas de A, l'importante sélectivité initiale, de l'ordre de 60%, chute rapidement
pour arriver à 45% après 60 minutes sous flux. La sélectivité baisse ensuite plus
lentement à approximativement 5% par heure. L'échantillon B présente une sélectivité
initiale en para-xylène plus faible que A, de l'ordre de 54% mais reste stable pendant
les 60 premières minutes sous flux. La sélectivité diminue ensuite à une vitesse de
l'ordre de 8 à 9% par heure. La sélectivité en para-xylène dans le cas de C est stable
à environ 50% sur toute la durée du test catalytique. On trouve une faible quantité
d'éthyltoluène ou de triméthylbenzène.
[0053] La figure 8c montre les résultats correspondants pour la sélectivité en para-xylène
par rapport au trois s isomères ortho, méta et para. Après 3 heures de réaction, la
sélectivité en para-xylène par rapport à la quantité totale de xylène se stabilise
à 61 % pour le catalyseur C , le taux de conversion-du toluène se stabilise à environ
20 %, le rendement en xylènes à 16 %, et la valeur WHSV (Weight Hourly Space Velocity)
à 4,8 h
-1. Cette valeur de WHSV a été calculée sur la masse totale du composite utilisé comme
catalyseur, alors que la phase active ne représentait qu'environ 15 % de cette masse
totale du composite.
[0054] La ZSM-5 non supportée fait preuve d'une stabilité identique mais présente une sélectivité
beaucoup plus faible que C, de l'ordre de 30%.
[0055] Le composite correspondant à l'échantillon C comporte environ 15 % de zéolithe.
[0056] Cet essai montre clairement deux avantages de l'utilisation d'un composite ZSM-5/SiC,
selon l'invention par rapport au ZSM-5 massique connu : la sélectivité en para-xylène
est plus élevée, et la conversion, ramenée à la masse de ZSM (calculée à partir des
spectres RMN-MAS du
13C pour les trois composites) est meilleure pour la ZSM-5/SiC.
Exemple 4 : Préparation et caractérisation d'un composite Bêta / SiC
[0058] Le mode opératoire est le suivant : 3,87g d'Aérosil 200 sont dissous dans 7,07g d'eau
et 10,13g de TEAOH (solution aqueuse à 35% en masse de TEAOH) à 50°C sous agitation
magnétique dans un bécher en polypropylène. Dans un même temps, dans un autre flacon
en polypropylène, 0,067g d'Aluminium métallique est dissout dans 5,65g de TEAOH à
50°C sous agitation magnétique. Lorsque les solides sont passés en solution, les deux
liquides sont mélangés, toujours à 50°C et sous agitation magnétique, jusqu'à obtention
d'un gel qui est laissé mûrir dans les mêmes conditions de température et d'agitation,
pendant 50 minutes. Ensuite, 10 g de support - suivant le cas extrudés, grains de
taille comprise entre 250 et 425 µm, ou monolithe de β-SiC (du même type que celle
utilisée dans l'exemple 1), préalablement calcinés à 900°C pendant 2h est ajouté au
gel. Après 10 minutes de mûrissement supplémentaire, le tout est versé dans un autoclave
chemisé en Téflon. L'autoclave est alors mis à l'étuve à 140°C pendant 24h. Le composite
Bêta / SiC obtenu est lavé à l'eau, filtré, et soniqué dans l'éthanol pendant 10 minutes
afin d'ôter à la fois le gel non transformé en zéolithe et la zéolithe faiblement
attachée au support. Le structurant est décomposé en calcinant la zéolithe à 550°C
pendant 12h sous air. La forme NH
4-Bêta / SiC est formée après échange cationique du composite par NH
4Cl (1M, 150ml) en solution aqueuse. Après calcination sous air à 550°C pendant 12h,
la forme acide, H-Bêta / SiC est obtenue. Le pourcentage de zéolithe Bêta sur le support,
déterminée par un traitement à l'acide fluorhydrique (HF 40% aqueux), est de 10% en
masse.
[0059] L'obtention du composite est confirmée par différentes techniques :
- Diffraction de rayons X sur le composite Bêta / SiC préalablement broyé
- Microscopie électronique à Balayage
- RMN - RAM pour le noyau 27Al
- Porosimétrie par adsorption d'azote à la température de l'azote liquide suivant la
méthode BET
[0060] La silice Aérosil ® 200 utilisée pour la préparation du gel est, d'après les informations
fournies par son fournisseur, la société Degussa AG, une silice hydrophile avec une
surface spécifique d'environ 200 m
2/g et une taille moyenne de particules de 12 nm.
Exemple 5 : Test de l'activité catalytique du composite Bêta / SiC
[0061] L'activité catalytique du composite Bêta / SiC obtenu selon l'exemple 4 est explorée
à l'aide de la réaction d'acétylation de l'anisole. Cette réaction permet la synthèse
de la méthoxyacétophénone, en faisant réagir l'anhydride acétique sur l'anisole en
présence du catalyseur selon l'invention. Les produits de la réaction consistent en
un mélange ortho, méta, para de la méthoxyacétophénone. La sélectivité est déterminée
par rapport à l'isomère para.
[0062] Un mélange d'anhydride acétique (2,8 ml, 0,03 mol) et d'anisole (7,5 ml, 0,06 mol)
est chauffé à 120°C sous pression autogène dans un schlenk ( h = 21 cm ; d = 3 cm),
en présence de 2g du composite Bêta/SiC. Plus précisément lors de cet essai, la nature
du support est du SiC sous forme d'extrudé, l'acidité de la zéolithe est donnée par
le rapport Si/Al et est égale à 50. A des temps connus, des prélèvements de 50µl de
la solution sont effectués. L'analyse se fait par chromatographie en phase gaz. Le
chromatographe est un modèle Varian 3400cx équipé d'une colonne HP-Pona (longueur
50 m, diamètre interne 0,5 µm) et d'un détecteur FID (Flame Ionization Detector),
piloté par un ordinateur muni d'un logiciel fourni par Varian, permettant l'interprétation
des signaux envoyés par le détecteur.
[0063] Les résultats de cet essai sont résumés sur la figure 9 qui montre l'évolution de
la concentration de la p-méthoxyacétophénone, ainsi que la disparition de l'anhydride
acétique en fonction du temps.
[0064] La sélectivité de forme de la zéolithe Bêta / SiC est responsable de la forte sélectivité
de la réaction envers la forme disubstituée en para de la méthoxyacétophénone. Seul
l'isomère para a été détecté, la concentration des deux autres isomères était en dessous
du seuil de détection de l'appareil. On peut en déduire que la sélectivité envers
l'isomère para était pratiquement de 100 %.
[0065] Il apparaît donc que la zéolithe Bêta supporté sur carbure de silicium β est un très
bon catalyseur.
1. Verfahren zur Herstellung eines Verbundmaterials, gebildet aus einem Zeolith, abgeschieden
auf einem starren Träger aus Beta-Siliziumcarbid (β-SiC) mit einer spezifischen BET-Oberfläche
von mehr als 5 m
2/g, wobei
(a) der Träger unter Bedingungen kalziniert wird, die es ermöglichen, auf dem Träger
eine Oberflächenschicht aus Siliziumoxid zu bilden, die eine Dicke zwischen 1 und
10 nm aufweist, gemessen durch XPS-Spektroskopie
(b) der vorbehandelte Träger in Kontakt mit einem zuvor ausgereiften Gel gebracht
wird,
(c) eine hydrothermale Synthese des Zeoliths durchgeführt wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Träger ein Schaum aus β-SiC ist.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass der Träger eine spezifische BET-Oberfläche im Bereich von 10 bis 100 m2/g aufweist.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass die Kalzinierung bei 900 °C während 2 Stunden erfolgt.
5. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass die Schicht aus Siliziumoxid eine Dicke zwischen 1,5 und 5 mm aufweist.
6. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass das Gel Tetraethoxysilan, Aluminiumnitratnonahydrat, Tetrapropylammoniumhydroxid
und Wasser enthält.
7. Verbundmaterial, das durch das Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 6 erhalten
werden kann.
8. Verwendung eines Verbundmaterials, das nach einem der Ansprüche 1 bis 6 erhalten werden
kann, als Katalysator oder Katalysatorträger für chemische Reaktionen in gasförmigem
oder flüssigem Medium.
9. Verwendung eines Verbundmaterials, das nach einem der Ansprüche 1 bis 6 erhalten werden
kann, als Katalysator oder Katalysatorträger bei den Krack-, Alkylierungs-, Acylierungs-
oder Isomerisierungsreaktionen der Kohlenwasserstoffe.
10. Verwendung eines Verbundmaterials, das nach einem der Ansprüche 1 bis 6 erhalten werden
kann, als Katalysator für die Methylierung von Toluen.
11. Verwendung nach Anspruch 10, dadurch gekennzeichnet, dass die Reaktion zu einer Selektivität von mindestens 60% Paraxylen bezüglich der Gesamtmenge
von Xylen, gemessen nach einer Reaktionsdauer von drei Stunden, führt.
12. Verwendung eines Verbundmaterials, das nach einem der Ansprüche 1 bis 6 erhalten werden
kann, als Katalysator oder Katalysatorträger für die Reinigung von Abgasen von Verbrennungsmotoren.
13. Verwendung eines Verbundmaterials, das nach einem der Ansprüche 1 bis 6 erhalten werden
kann, als Katalysator für die Friedel-Crafts-Alkylierung oder Acylierung.
14. Verwendung nach Anspruch 13 für die Synthese von Paraalkoxyacetophenonen.
15. Verwendung nach Anspruch 14, dadurch gekennzeichnet, dass das Paraalkoxyacetophenon das Paramethoxyacetophenon ist.
16. Verwendung nach einem der Ansprüche 14 oder 15, dadurch gekennzeichnet, dass die Selektivität des Isomers Para höher als 90% ist, vorzugsweise höher als 95%.