[0001] La présente invention concerne un dispositif de régulation de la ventilation d'une
pièce d'un bâtiment.
[0002] On sait depuis longtemps qu'il est nécessaire de ventiler les logements ainsi que
les locaux tertiaires comme les écoles ou les bureaux, pour certaines raisons techniques
telles que la conservation du bâtiment, l'évacuation des pollutions spécifiques liées
à la présence des occupants, l'évacuation des pollutions spécifiques liées au bâtiment
lui-même, l'évacuation des pollutions spécifiques liées aux matériels ou machines
utilisées dans ces locaux.
[0003] Par ailleurs, la maîtrise de cette ventilation est nécessaire pour limiter les déperditions
thermiques liées à ce renouvellement de l'air.
[0004] Les fabricants de matériels de ventilation mécanique proposent généralement des systèmes
dits "simple flux" par extraction ou par insufflation, ou des systèmes dits "double
flux", et permettant de remplir les fonctions principales de la ventilation citées
plus haut.
[0005] Un système de ventilation simple flux à extraction est caractérisé par un ensemble
de composants permettant le transit de l'air de l'extérieur vers les locaux dits d'entrée
d'air (pièces de vie en logement, pièces recevant une occupation humaine en locaux
tertiaires), passage par les locaux de transit (circulations) puis passage vers les
pièces dites de sorties d'air (ou pièces "techniques", c'est-à-dire toilettes, cuisine,
salle de bain), pour être extrait par des conduits et rejeté par un ventilateur vers
l'extérieur du bâtiment. Dans l'ordre de passage du flux d'air, on trouve respectivement
les composants suivants: entrées d'air permettant le passage de l'air, passage de
transit sous ou à travers les portes du local, bouches d'extraction autorégulées ou
non, asservies à un polluant ou non, commandables ou non, un réseau de conduits d'extraction
constitué de différents coudes, piquages, et conduits aboutissant en une ou plusieurs
branches à un ou plusieurs ventilateurs.
[0006] Dans le cas d'un système simple flux par insufflation, l'ordre des composants est
inversé, on trouve non plus des entrées d'air mais généralement une sortie d'air composée
d'une grille de décompression avec en complément un volet.
[0007] Le système double flux (qui peut concerner un seul local ou un groupe de locaux)
est caractérisé par un ensemble de composants assurant le balayage de l'air de l'extérieur
vers les pièces d'entrée d'air, puis vers les pièces de sortie d'air pour être extrait
par des conduits et rejeté par un ventilateur vers l'extérieur, l'insufflation par
un ventilateur et un réseau de conduits et des bouches de diffusion d'un air extérieur
éventuellement préparé thermiquement et filtré.
[0008] Dans l'ordre de passage du flux d'air, on trouve respectivement les composants suivants:
filtres, préchauffage ou rafraîchissement, ventilateur, réseau de conduits isolés
ou non, grilles de diffusion, passage de transit sous ou à travers les portes du local,
bouches d'extraction autorégulées ou non, asservies à un polluant ou non, commandables
ou non, un réseau de conduits d'extraction constitué de différents coudes, piquages,
et conduits aboutissant en une ou plusieurs branches à un ou plusieurs ventilateurs.
[0009] Dans les locaux à fort besoin de ventilation (en particulier les locaux à fort taux
d'occupation), quel que soit le système utilisé, et plus particulièrement dans le
cas d'un système simple flux par insufflation ou par extraction, les entrées et sorties
d'air sont très souvent difficiles à mettre en oeuvre. En effet, les débits sont tels
que le nombre d'entrées d'air nécessaire ne peut pas être mis en place sans un problème
d'encombrement et/ou d'esthétique.
[0010] Il est de plus difficile, voire impossible, de respecter l'isolement acoustique de
la façade (qui doit respecter en France les termes du décret du 09 janvier 1995 à
ce sujet ou par toute autre réglementation nationale fixant un affaiblissement minimum
de façade).
[0011] Les débits dans les locaux sont, soit constants, soit modulés en fonction par exemple
de la qualité de l'air intérieur. On comprend alors qu'il est difficile d'avoir une
entrée d'air parfaitement adaptée puisque le débit peut varier dans le temps. Les
entrées ou sorties d'air doivent être dimensionnées pour le débit maximum.
[0012] L'enveloppe du bâtiment a, elle aussi, une très forte incidence sur la manière dont
la ventilation est réalisée. En effet, une mauvaise réalisation du bâtiment entraîne
des perméabilités résiduelles, qui prennent la forme de fuites d'air dans des interstices
traversant les murs du bâtiment, et qui deviennent un parasite de la ventilation susceptible
d'apporter non seulement une augmentation des pertes thermiques, en présence de vent
par exemple, mais aussi une forte perturbation de la répartition de la ventilation
en court-circuitant la ventilation de certaines parties du bâtiment et en empêchant
la hiérarchie, locaux d'entrée d'air, locaux de transit, locaux de sortie d'air.
[0013] L'effet du vent sur un bâtiment entraîne un débit traversant non maîtrisé. Les pressions
ou dépressions engendrées sur les façades modifient les débits entrants ou sortants
dans les différents locaux, et peuvent créer une gêne thermique ainsi que des déperditions
thermiques.
[0014] Le phénomène de la gravité (tirage thermique) a aussi des effets perturbateurs très
importants sur les systèmes. Dans une maison à étage par exemple, ou dans un local
de grande hauteur il n'est pas rare de constater un court-circuitage des systèmes
de ventilation classiques par le simple effet du tirage thermique entre les entrées
d'air ou sorties d'air du bas et celle du haut du volume.
[0015] Pour résoudre les problèmes énoncés ci-dessus, on a donc proposé des dispositifs
de ventilation permettant d'asservir l'ouverture d'un ouvrant de façade à la différence
de pression résultante (positive ou négative) entre le local et l'extérieur par un
dispositif automatisé. L'ouvrant pouvant être soit une fenêtre motorisée soit tout
autre élément commandable permettant de faire entrer ou sortir de l'air.
[0016] Ainsi, dans des systèmes tels que celui décrit dans le document US 4 960 041, la
section de passage d'air à travers les ouvrants en façade, est asservie au différentiel
de pression. il gère le débit d'air entrant ou sortant, amené par un système mécanique
L'objectif est de maintenir un différentiel de pression à l'intérieur du local par
rapport à l'extérieur du local.
[0017] Néanmoins, si ce système permet de gérer correctement le niveau de ventilation du
bâtiment en respectant le niveau de différentiel de pression entre l'intérieur et
l'extérieur, le dispositif mis en oeuvre dans ce document relie nécessairement, grâce
à des câblages électriques, les actionneurs des différents ouvrants du bâtiment, entre
eux, et également à un système de ventilation par insufflation des pièces. La gestion
correcte et précise des différents constituants de ce dispositif composite nécessite
une très complexe et fastidieuse programmation d'une unité centrale de gestion du
fonctionnement des entrées et sorties d'air. En outre, l'installation est également
fastidieuse et complexe, puisqu'elle nécessite l'installation des câblages et la programmation
de l'unité centrale de commande en fonction de la configuration du bâtiment.
[0018] De plus, le fonctionnement du dispositif décrit ne prend absolument pas en compte
la typologie des locaux traités et de leur besoin spécifique d'air neuf de ventilation
(locaux d'entrée d'air, de transit ou de sortie d'air), ni le confort des usagers
du bâtiment, en particulier au niveau acoustique et/ou thermique.
[0019] Le problème sous jacent à l'invention est donc de fournir un dispositif permettant
de maintenir, dans une pièce donnée d'un bâtiment, un niveau prédéterminé de pression
d'air différentielle entre l'intérieur de cette pièce et l'extérieur du bâtiment,
indépendamment du fonctionnement du système de ventilation mécanique contrôlée (VMC)
du bâtiment, c'est-à-dire de fournir un dispositif de régulation automatique de la
ventilation d'une pièce d'un bâtiment qui soit économique et facile à installer.
[0020] L'objectif de l'invention est atteint avec un dispositif de régulation de la ventilation
d'une pièce d'un bâtiment comprenant un dispositif de traitement de l'air d'au moins
cette pièce du bâtiment.
[0021] Plus précisément, le dispositif selon l'invention est caractérisé en ce qu'il comprend:
(i) au moins un capteur différentiel de pression d'air entre l'intérieur de ladite
pièce et l'extérieur du bâtiment,
(ii) au moins un élément ouvrant motorisé permettant de réaliser la liaison de l'intérieur
de ladite pièce avec l'extérieur du bâtiment, chaque élément ouvrant étant équipé
d'un moteur relié directement au capteur, et géré électroniquement par un module de
gestion intégré permettant la gestion proportionnelle du degré d'ouverture/fermeture
de l'élément ouvrant correspondant, en fonction de la différence entre la pression
différentielle mesurée à l'intérieur de la pièce, et une valeur cible de pression
différentielle prédéterminée.
[0022] Grâce au dispositif de l'invention, la ventilation d'une pièce d'un bâtiment est
régulée, et l'on assure un débit d'air neuf en permanence, quels que soient les besoins
de ventilation, les perturbations liées aux inétanchéités du bâtiment, la pression
du vent contre une façade du bâtiment, ou encore le tirage thermique dans des bâtiments
à plusieurs étages. La régulation s'opère indépendamment du fonctionnement du système
de ventilation VMC du bâtiment, et également indépendamment du fonctionnement des
autres dispositifs selon l'invention éventuellement installés dans d'autres pièces
du bâtiment. Dans chaque pièce équipée d'un tel dispositif, le capteur de pression
différentiel va mesurer la pression différentielle entre l'intérieur de cette pièce
et l'extérieur, et va comparer cette valeur de pression différentielle à une valeur
cible programmée dans un module de gestion électronique associé au moteur de l'ouvrant.
Si la valeur cible est une dépression (valeur négative en Pascals), le module commandera
la fermeture de l'ouvrant lorsque la pression différentielle mesurée est supérieure
à la valeur cible, et l'ouverture proportionnelle lorsque la valeur de pression mesurée
dans la pièce est inférieure à la valeur cible. Par ouverture proportionnelle, on
entend ouverture de plus en plus importante de l'ouvrant, au fur et à mesure que la
valeur mesurée s'écarte de la valeur cible.
[0023] Le fonctionnement sera inverse lorsque la valeur cible de pression différentielle
est une surpression, c'est-à-dire une valeur positive.
[0024] Par exemple, les valeurs cibles de pression différentielle seront programmées négatives
dans le cas d'une VMC simple flux par extraction, et positives dans le cas où le bâtiment
est équipé d'une VMC simple flux par insufflation. Dans le cas où le bâtiment est
équipé d'une VMC double flux, la valeur cible programmée sera de préférence négative,
mais pourra dans certains cas d'espèce particuliers être au contraire légèrement positive.
[0025] Le dispositif dans chaque pièce maintient ainsi un différentiel de pression constant
entre l'intérieur et l'extérieur de la pièce.
[0026] Il est à noter que le dispositif de l'invention est particulièrement simple dans
sa structure et dans sa mise en oeuvre. En effet, ce dispositif comprend un moteur
géré électroniquement par un module de gestion tel qu'un circuit imprimé intégré,
un capteur de pression différentiel entre l'intérieur d'une pièce et l'extérieur du
bâtiment. On pourra prévoir d'installer le moteur et le capteur sur un ouvrant (par
exemple une fenêtre) existant, ou bien de fournir à l'installation, un ouvrant motorisé
avec un dispositif selon l'invention (moteur et capteur de pression différentiel).
[0027] Il faut remarquer qu'il y a une interaction entre les différents ouvrants et la VMC,
sans communication explicite entre les différents éléments, mais qui sont reliés fonctionnellement
par le système de ventilation. Le résultat de la régulation sur l'ensemble de plusieurs
pièces est cohérent, bien que les éléments constitués par les ouvrants et leurs motorisations
respectives soient autonomes.
[0028] Selon une forme particulièrement préférée de l'invention, le dispositif comprend
en outre un capteur de présence relié au moteur, et participant à la gestion du degré
d'ouverture/fermeture de l'élément ouvrant correspondant, de manière à modifier le
seuil de pression et ainsi augmenter le degré d'ouverture ou de fermeture de l'ouvrant
motorisé lorsqu'une présence est détectée dans la pièce.
[0029] Selon une première variante d'exécution de l'invention, le bâtiment est équipé d'un
dispositif de traitement de l'air qui est un dispositif de ventilation mécanique contrôlée
- habituellement appelé "VMC" ― simple flux à extraction, la valeur cible de pression
différentielle programmée dans le circuit électronique de gestion du moteur de l'ouvrant,
étant alors négative. Dans ce cas, on vise à maintenir la pièce dans laquelle le dispositif
selon l'invention est installé, en dépression par rapport à l'extérieur du bâtiment.
[0030] Selon une seconde variante d'exécution de l'invention, le dispositif de traitement
de l'air qui équipe le bâtiment est un dispositif VMC simple flux à insufflation,
la valeur cible de pression différentielle programmée dans le circuit électronique
de gestion du moteur de l'ouvrant, étant alors positive.
[0031] Selon une troisième variante d'exécution de l'invention, le dispositif de traitement
de l'air est un dispositif de ventilation VMC double flux. Dans ce cas, la valeur
cible de pression différentielle qui sera programmée dans le circuit électronique
de gestion du moteur de l'ouvrant, sera au choix positive ou négative, par choix d'installation,
et dans tous les cas, cette valeur cible sera très peu différente de la pression extérieure.
[0032] Dans tous les cas, les éléments ouvrants sont choisis parmi les fenêtres, plénums,
caissons, volets de surpression/dépression, registres, et/ou sorties de ventilation
en toiture.
[0033] Dans les locaux à fort besoin de ventilation, un des avantages de l'invention est
d'utiliser de préférence, pour réaliser la fonction entrée/sortie d'air, un élément
existant de la façade dans le cas de l'utilisation d'un ouvrant déjà en place. On
s'affranchit du problème de mise en oeuvre d'un nombre important de modules d'entrée
d'air ou d'un élément en façade pas toujours très esthétique.
[0034] Avec le dispositif de l'invention, dans la pièce, il n'y a plus d'entrée d'air restant
toujours ouverte quel que soit le besoin en air neuf de cette pièce.
[0035] Ce dispositif a également pour avantage d'inhiber l'effet de l'air traversant en
cas de vent. On s'affranchit du courant d'air dans un local soumis à l'effet du vent,
réduisant ainsi un débit traversant et donc les déperditions thermiques et un inconfort
lié à un flux d'air froid non maîtrisé.
[0036] L'invention permet de compenser dans une certaine mesure les conséquences, en termes
de débit d'air, d'éventuels défauts d'étanchéité à l'air du bâtiment et donc d'éviter
une ouverture systématique de l'ouvrant pour l'entrée ou la sortie d'air dans certaines
pièces.
[0037] L'invention permet de compenser les défauts inhérents au tirage thermique constatés
dans les systèmes simple flux par extraction, où l'entrée d'air des étages se comporte
comme une sortie d'air du fait du tirage thermique supérieur à la dépression crée
par le dispositif spécifique de ventilation.
[0038] En complément, le dispositif selon l'invention offre la possibilité d'un rafraîchissement
nocturne pendant la saison estivale, par ouverture plus importante ou totale des ouvrants.
[0039] Pour sa bonne compréhension, l'invention va à présent être décrite en détail, en
référence au dessin schématique annexé, représentant à titre d'exemple non limitatif,
deux formes particulières d'exécution d'un dispositif de régulation de la ventilation
selon l'invention.
La figure 1 est une vue schématique d'un bâtiment équipé d'un dispositif selon l'invention,
avec capteur de présence, dans laquelle toutes les pièces du bâtiment sont occupées,
sans effet de vent à l'extérieur du bâtiment ;
La figure 2 est une vue similaire à la figure 1, dans laquelle toutes les pièces du
bâtiment sont occupées, avec un effet de vent à l'extérieur du bâtiment ;
La figure 3 est une vue schématique similaire à la figure 1, dans laquelle une pièce
du bâtiment est inoccupée, sans effet de vent à l'extérieur du bâtiment.
La figure 4 est une vue schématique d'un bâtiment d'habitation à plusieurs étages,
équipé d'un système de VMC par extraction, et dont les pièces sont chacune équipée
d'un dispositif selon l'invention, sans capteur de présence.
[0040] Dans les exemples qui suivent, cités à titre non limitatif, on considèrera que chacune
des pièces du bâtiment est équipée d'un dispositif 1 selon l'invention. On pourrait
néanmoins envisager un bâtiment dans lequel seule une pièce, ou certaines pièces soi(en)t
équipée(s), auquel cas, seule la régulation de la ventilation d'air neuf par gestion
de l'ouverture/fermeture des ouvrants en façade dans cette ou ces pièce(s), serait
assurée.
[0041] Dans un premier exemple représenté aux figures 1 à 3, le bâtiment est un bâtiment
de plein pied, comportant deux pièces, et muni d'un dispositif de ventilation centralisée
(VMC) à insufflation.
[0042] Ce bâtiment comporte deux pièces 2, chacune disposant d'un élément ouvrant 3, les
deux pièces communiquant par une ouverture 4, constituée par une grille de transfert
[0043] Ce dispositif 1 comprend, pour chaque pièce 2 du bâtiment, d'une part un capteur
différentiel de pression d'air 6 entre l'intérieur de ladite pièce et l'extérieur
du bâtiment, et d'autre part un élément ouvrant motorisé 3 disposé en façade dudit
bâtiment permettant de réaliser la liaison de l'intérieur de ladite pièce avec l'extérieur
du bâtiment, chaque élément ouvrant comprenant un moteur 5 relié au capteur 6, permettant
la gestion proportionnelle du degré d'ouverture/fermeture de l'élément ouvrant correspondant,
en fonction de la différence entre la pression différentielle mesurée à l'intérieur
de la pièce, et une valeur cible prédéterminée.
[0044] Dans le présent exemple, le dispositif 1 comprend en outre un capteur de présence
9 relié au moteur 5, qui participe à la gestion du degré d'ouverture/fermeture de
l'élément ouvrant correspondant, de manière à augmenter le degré d'ouverture ou de
fermeture de l'ouvrant motorisé lorsqu'une présence est détectée dans la pièce.
[0045] Les différents capteurs 6, 9 sont reliés directement au moteur 5 de chaque élément
ouvrant 3, et un module de gestion - prenant la forme d'un circuit imprimé ― est associé
à chaque moteur et permet de gérer la commande et le degré d'ouverture ou de fermeture
de l'élément ouvrant correspondant, en fonction d'une part des pressions intérieure
et extérieure détectées, de la présence ou non de personnes dans la pièce correspondante,
et d'autre part en fonction de valeurs prédéterminées pour la surpression désirée
dans chaque pièce du bâtiment. On notera que dans le présent exemple, on souhaite
mettre chaque pièce en surpression car le bâtiment est équipé d'un système de VMC
par insufflation. Dans le cas contraire d'une ventilation mécanique par extraction,
la valeur cible programmée dans le dispositif de l'invention sera une valeur de pression
différentielle négative, de manière à maintenir la pièce en dépression.
[0046] Il est à noter ici, de manière tout à fait importante, que grâce au capteur de présence
situé dans chaque pièce du bâtiment équipée d'un dispositif selon l'invention, il
est facile de réguler efficacement la ventilation tout en maintenant un niveau acoustique
très confortable. En effet, l'élément ouvrant d'une pièce donnée du bâtiment sera
ouvert pour assurer le renouvellement d'air, prioritairement lorsque cette pièce est
inoccupée. Son ouverture sera toujours liée à la pression. La pression sera alors
inférieure dans les pièces occupées, l'élément ouvrant sera alors vraisemblablement
fermé dans la pièce occupée, afin de limiter le niveau sonore dû à la circulation
d'air et au bruit provenant de l'extérieur du bâtiment.
[0047] Comme cela est représenté au dessin, le système de ventilation 8 (VMC) installé dans
le bâtiment est un dispositif simple flux à insufflation. Il se compose d'une centrale
de ventilation qui insuffle de l'air neuf à l'intérieur du bâtiment et le distribue
aux différentes pièces du bâtiment grâce à un réseau de conduites. Il est à noter
que le système de ventilation est autonome et indépendant du dispositif de l'invention.
[0048] Les éléments ouvrants sont choisis parmi les fenêtres, plénums, caissons, volets
de surpression/dépression, registres, et/ou sorties de ventilation en toiture. Dans
l'exemple décrit ici et comme représenté au dessin, les ouvrants sont des fenêtres
coulissantes, dont l'ouverture et la fermeture par coulissement le long d'un rail
(non représenté au dessin) sont commandés par le moteur 5.
[0049] Dans le présent exemple, l'ouverture et la fermeture des éléments ouvrants 3 est
gérée par le dispositif de l'invention, de manière à maintenir les pièces 2 du bâtiment
en surpression par rapport à l'extérieur, afin de maintenir une circulation d'air
depuis la VMC, à travers chaque pièce, vers l'extérieur du bâtiment. Dans ce cas,
malgré la bonne étanchéité des éléments ouvrants du bâtiment, on sait qu'une certaine
quantité d'air s'échappe à travers les parois du bâtiment, entre l'intérieur et l'extérieur
de celui-ci, et même d'une pièce à l'autre, comme cela est représenté symboliquement
au dessin par des flèches en pointillés.
[0050] Différents cas de figure du fonctionnement du dispositif selon l'invention dans le
présent exemple, vont à présent être décrits en référence aux figures 1 à 3.
[0051] Dans le cas représenté à la figure 1, toutes les pièces du bâtiment sont occupées,
et le dispositif de ventilation 8 met en surpression ces différentes pièces par insufflation
d'air frais en provenance de l'extérieur, comme cela est représenté symboliquement
par deux flèches en provenance des conduites de ventilation.
[0052] Dans ce cas, les éléments ouvrants 3 de chaque pièce 2 du bâtiment qui est équipée
d'un dispositif 1 sont ouverts, mais la section (ou degré) d'ouverture est faible
pour chacun d'eux. L'air circule à travers le bâtiment de manière globalement identique
pour chaque pièce d'entrée d'air.
[0053] Dans le cas représenté à la figure 2, le bâtiment est soumis à un vent latéral. L'effet
du vent est différent suivant l'orientation des façades. Les façades au vent - qui
est représenté par une triple flèche à la figure 2 - sont en surpression, les façades
sous le vent sont en dépression d'air. Les pièces situées du coté de la façade au
vent se retrouvent alors à une pression inférieure à la pression extérieure. Dans
ce cas il est inutile d'ouvrir l'élément ouvrant 3a en façade de la pièce correspondante
2a, comme cela est représenté à la figure 2. En effet, ceci aurait pour effet de faire
entrer de l'air et non pas d'en faire sortir, et d'apporter un inconfort thermique.
[0054] En revanche, les pièces situées sous le vent, sont en dépression d'air par rapport
à l'extérieur du bâtiment, et il est alors nécessaire d'ouvrir l'ouvrant 3b pour permettre
l'évacuation de l'air vicié. Dans ce cas, le vent perturbe beaucoup moins la ventilation
du bâtiment et le confort des occupants que dans le cas d'éléments ouvrants dont l'ouverture
/ fermeture n'est pas asservie à la différence de pression détectée entre le bâtiment
et l'extérieur. Le local d'entrée d'air se comporte également ici comme un local de
sortie d'air. En outre, grâce à la présente invention, les déperditions thermiques
sont réduites puisque l'on optimise le débit d'air frais circulant à travers le bâtiment
(évitant aussi une gêne thermique pour les occupants).
[0055] Suivant les débits insufflés et suivant l'effet du vent, la section de passage de
la sortie d'air ainsi que son positionnement est optimisé, comme cela est représenté
aux figures 1 et 2.
[0056] Ainsi, on notera que dans le cas représenté à la figure 1, le bâtiment n'est pas
soumis à un effet de vent, et donc les éléments ouvrants 3 ont un degré d'ouverture
relativement faible. En revanche, en cas de vent comme cela est illustré à la figure
2, l'élément ouvrant situé sous le vent a un degré d'ouverture beaucoup plus important.
[0057] Si toutes les pièces ne sont pas occupées comme cela est représenté à la figure 3,
la fenêtre 3b de la pièce vide 2b sera ouverte de manière préférentielle, également
en fonction de la pression différentielle mesurée entre l'intérieur et l'extérieur
du bâtiment. Ceci aura pour effet d'évacuer ou faire entrer l'air et de faire éventuellement
baisser la pression dans les pièces occupées 2a - selon les perméabilités, grilles
de transfert ou ouvertures entre les différentes pièces ―. La pression y étant plus
faible, il ne sera alors pas utile d'ouvrir l'élément ouvrant 3a de la pièce occupée
2a, comme cela est représenté à la figure 3.
[0058] Dans le cas contraire, l'ouverture sera optimisée (car la pression d'air y est plus
faible), afin d'obtenir ainsi un confort (thermique et acoustique) plus élevé, comme
cela est représenté à la figure 3. Dans tous les cas de figure de fonctionnement de
l'invention, les algorithmes multicritères de régulation, c'est-à-dire les paramètres
de programmation intégrés au circuit imprimé faisant la liaison entre les différents
capteurs et le moteur 5 de chaque élément ouvrant, seront adaptés suivant le type
de ventilation: simple flux par insufflation ou par extraction, double flux, débits
fixes ou modulés.
[0059] Dans un second exemple représenté à la figure 4, le bâtiment est un bâtiment à étages,
comportant trois pièces superposées 2a, 2b, 2c (numérotées du bas vers le haut au
dessin), et muni d'un dispositif de ventilation centralisée (VMC) à extraction comprenant
une unités d'aspiration et une extraction commune en partie haute. Dans ce second
exemple, le dispositif selon l'invention installé dans chaque pièce (2a, 2b et 2c)
ne comporte pas de capteur de présence, mais uniquement un ouvrant (notés respectivement
3a, 3b et 3c au dessin pour chacune des pièces du bâtiment) - par exemple une fenêtre
coulissante ― dont l'ouverture et la fermeture sont commandées par un moteur 5, ce
dernier étant relié à un capteur de pression différentiel 6. Le fonctionnement du
dispositif est identique à celui décrit ci-avant dans le premier exemple. Comme dans
le premier exemple, on a représenté les fuites d'air dues à la perméabilité du bâtiment
par des flèches en traits pointillés. On aura noté que, dans le présent exemple, les
entrées d'air dues à la perméabilité du bâtiment se font de l'extérieur vers l'intérieur
du bâtiment, puisque l'intérieur de chaque pièce du bâtiment est en dépression par
rapport à l'extérieur (la ventilation des pièces est réalisée en extraction d'air).
[0060] Dans ce logement, la ventilation est continue et permanente. Dans l'exemple décrit
à la figure 4, le besoin de ventilation a été défini comme étant identique aux trois
niveaux, et de ce fait, chacune des pièces des trois niveaux a été équipée d'un dispositif
selon l'invention.
[0061] Néanmoins, les pressions différentielles aux différents niveaux sont différentes
car elles sont liées, entre autres, à l'altitude des entrées d'air (représentées par
des flèches en trait plein situées au niveau des ouvrants en façade et orientées de
l'extérieur du bâtiment vers l'intérieur de celui-ci). La dépression d'air dans chaque
pièce par rapport à l'extérieur, sera plus importante au fur et à mesure que l'on
descend dans le bâtiment. Dans ce cas, dans chaque pièce du bâtiment, le dispositif
selon l'invention va permettre d'optimiser la section de passage de l'ouvrant 2a,
2b ou 2c, afin d'avoir un débit identique dans toutes les pièces, et d'éviter que
l'entrée d'air de la pièce du haut 2c ne devienne à un moment une sortie d'air, ce
qui peut se produire quand la dépression dans le logement lié au système de ventilation
devient inférieure au tirage thermique entre l'entrée d'air du bas et celle du haut.
[0062] Dans chaque pièce, l'effet du vent et le tirage thermique seront prises en compte
par le dispositif selon l'invention, grâce à la mesure de pression par le capteur
de pression différentiel. De ce fait, on peut dans certains cas avoir une entrée d'air
(particulièrement celle du bas) pratiquement fermée. Dans ce cas, le débit est assuré
par une dépression plus importante sur une ouverture minimale, inversement à l'étage,
le débit est garantie avec une faible dépression et une ouverture plus importante.
Comme on l'aura compris à l'aide des deux exemples ci-dessus, l'invention fournit
un dispositif simple dans sa structure, qui puisse être installé pièce par pièce dans
un bâtiment, en fonction du type de ventilation mécanique déjà installé dans ce bâtiment.
Ainsi par exemple dans le cas d'un bâtiment équipé en VMC simple flux par insufflation,
seules les pièces d'entrée d'air seront équipées du dispositif selon l'invention,
à l'exception des pièces de transit et de sortie d'air.
[0063] Il va de soi que l'invention n'est pas limitée à la forme de réalisation décrite
ci-dessus à titre exemple mais qu'elle en embrasse au contraire toutes les variantes.