[0001] L'invention concerne une gouttière pour la mise en oeuvre d'un procédé de traitement
de surface d'une pièce, notamment une caisse d'un véhicule.
[0002] Le traitement de surface d'une caisse d'un véhicule comporte une succession d'étapes
où les caisses sont trempées dans différents bains. Le dernier bain est celui de la
cataphorèse, qui est constitué d'eau et de résine. La cataphorèse précipite, sur la
carrosserie, sous l'action d'un champ électrique. C'est une dépose par électrodéposition.
Cette particularité fait que la couche de cataphorèse déposée est sèche au toucher
avant l'étape de cuisson.
[0003] Mais certaines zones de la caisse, de part leur forme ou leur surface, empêchent
l'eau de s'écouler correctement hors de la caisse. Ces zones peuvent être en forme
de cuvette, ou bien des zones sur lesquelles la capillarité de la surface empêche
l'eau de s'écouler par gravité.
[0004] Lors de la cuisson en étuve, l'eau retenue sur la caisse peut entrer en ébullition
ou bien former une coulure. Cette coulure est visible après la dépose de la peinture.
[0005] Les solutions actuelles pour éliminer cette coulure résident dans le ponçage manuel
ou mécanique des surfaces présentant un mauvais aspect de surface, jusqu'à disparition
du défaut. Cependant cette solution présente l'inconvénient d'affiner la couche de
protection, voir de l'enlever complètement. La tenue à la corrosion de la zone s'en
trouve très amoindrie.
[0006] Afin de pallier à cet inconvénient, la présente invention concerne une gouttière
pour la mise en oeuvre d'un procédé de traitement de surface d'une pièce, notamment
une caisse d'un véhicule, comprenant des étapes de trempage et de cuisson,
caractérisée en ce qu'elle comprend au moins une aile, en contact avec la pièce par
une de ses extrémités et dont l'autre extrémité est dirigée vers une zone non esthétique
constituant une forme apte à dévier une coulure issue du procédé de traitement.
[0007] Selon d'autres caractéristiques de l'invention :
- la première aile est maintenue en contact avec la pièce par l'intermédiaire d'une
deuxième aile, à laquelle elle est reliée et avec laquelle elle forme un angle obtus
sensiblement égal à celui formé par la pièce et la première aile ;
- la deuxième aile est décalée par rapport à la première aile de manière à n'avoir qu'un
seul élément de liaison commun ;
- la gouttière est maintenue par magnétisme de la deuxième aile sur la caisse ;
- la deuxième aile comprend un clip de fixation prévu pour s'insérer dans un trou de
la pièce traiter.
[0008] La présente invention concerne en outre un procédé de traitement de surface d'une
pièce, comprenant les étapes suivantes de trempage des différentes pièces constituant
la caisse dans une succession de bains et de cuisson des différentes pièces recouvertes
des produits constituant les bains ; caractérisé en ce qu'il comporte une étape préalable
de mise en place d'une gouttière sur la partie inférieure des pièces, de manière à
dévier, par gravité, la coulure résultant des différents bains.
[0009] La présente invention concerne en outre un procédé de traitement de surface d'une
pièce, le procédé opérant en intégrant la première aile à la pièce à traiter ; et
en désolidarisant ladite première aile de ladite pièce à traiter après passage en
étuve ou en la repliant de façon à la placer dans une zone non visible par le client.
[0010] La présente invention sera mieux comprise à l'étude d'un mode de réalisation pris
à titre d'exemple nullement limitatif et illustré par les dessins annexés, sur lesquels
:
- la figure 1 est une représentation schématique de la gouttière selon l'invention ;
- la figure 2 est une vue de face d'une gouttière selon l'invention positionnée sur
l'extrémité inférieure de l'arrière d'une porte d'un véhicule ; et
- la figure 3 est une vue de dos d'une gouttière selon l'invention positionnée sur l'extrémité
inférieure de l'arrière d'une porte d'un véhicule.
[0011] Bien que pouvant s'appliquer de façon générale à tous types de dispositifs susceptibles
de d'engendrer des coulures, l'invention sera plus particulièrement illustrée à titre
d'exemple dans le cadre d'un véhicule automobile recevant un traitement de surface.
[0012] Tel que représentée sur la figure 1, la gouttière 10 comprend une première aile 12,
dont une extrémité 14 est en contact avec la porte 22 et dont la seconde extrémité
16 est dirigée vers une zone non esthétique, telle que le sol. Cette première aile
12 prend la forme d'une cuvette, orientée vers une zone non esthétique telle que le
sol, afin de dévier la coulure sur le véhicule qui vient de recevoir le traitement
de surface. En effet, une zone non esthétique se définit comme une zone qui ne présente
pas de contraintes esthétiques et d'état de surface strictes. A l'inverse, une zone
esthétique est définie par tout ce qui est visible par l'utilisateur du véhicule et
qui doit présenter de bonnes prestations esthétiques, tellement importantes dans le
milieu de l'automobile.
[0013] Selon l'invention, dans le mode de réalisation illustré sur les figures 2 et 3, sur
lesquelles les organes identiques portent les mêmes références, la première aile 12
est rattachée par l'intermédiaire d'une deuxième aile 18, à la porte 22 destinée à
subir le traitement. La deuxième aile 18 est fixée à la porte 22 grâce à un clip 20
dans une ouverture disponible de la porte 22. Avantageusement, le moyen de raccord
des deux ailes est l'élément de contact 14 entre la gouttière et la porte. Cet élément
de contact 14 suit les courbes de la pièce à traiter pour épouser la forme de celle-ci
lors de sa mise en place par magnétisme ou par clipsage.
[0014] Dans un premier mode de réalisation, les deux ailes 12 et 18 sont décalées l'une
par rapport à l'autre et de manière à orienter la première aile 12 vers l'extérieur
de la porte 22. De plus les deux ailes 12 et 18 se situent dans deux plans formant
un angle obtus, ce qui permet lors du positionnement de la gouttière 10 de diriger
la première aile 12 vers une zone non esthétique telle que le sol, ou telle qu'une
cavité non visible par le client, pour entraîner la coulure par gravité.
[0015] Dans un autre mode de réalisation, les deux ailettes 12 et 18 peuvent être alignées
de façon à ce que la pièce puisse être fixée à un autre point d'ancrage de la porte
22 ou du bas-volet pas exemple. En effet, en fonction des points d'ancrage que peut
présenter la porte d'un véhicule, la forme finale de la pièce peut être adaptée de
façon à ce que qu'elle puisse d'une part être fixée à un point d'ancrage et d'autre
recueillir les gouttes susceptibles de tomber de la porte.
[0016] Cette gouttière 10 devra être fabriquée dans un matériau résistant à haute température,
par exemple à 180°C, pendant 15 minutes, tel que du polyamide non chargé de verre.
Un autre polymère du type thermoplastique ou thermodur, peut être envisagé pour la
fabrication de la gouttière.
[0017] La gouttière 10 est mise en place sur la porte 16 avant le début du traitement anticorrosion,
c'est-à-dire avant le trempage de la caisse dans les différents bains. Son mode de
dépose doit être tel que la gouttière 10 ne doit pas entrer en contact avec d'autres
éléments de la carrosserie afin de ne pas empêcher la dépose des produits constituant
le bain. De plus, sur la partie 18 de la pièce 10, des butées sont positionnées autour
du moyen de fixation, par exemple le clip 20, de la gouttière 10 sur la porte 16.
Ces butées sont destinées à limiter la surface en contact de la pièce 10 sur la porte
22 par l'intermédiaire d'au moins un contact ponctuel et de préférence quatre contacts
ponctuels. Ces butées décalent la surface de la pièce 10 de la porte 16 vers l'extérieur,
permettent ainsi une meilleure couverture du produit de la cataphorèse sur l'ensemble
la porte 22.
[0018] Cette pièce 10 doit résister aux différents remous des bains de traitement de surface
associés au traitement pour la corrosion. Après les bains de cataphorèse, la porte
16 sur laquelle est fixée la gouttière, passe en étuve. La gouttière 10 joue sont
rôle de déviation des gouttes depuis la fin du bain de cataphorèse jusqu'à la fin
de la cuisson. Elle sera par la suite enlevée de la porte 22 à la sortie de l'étuve
mécaniquement ou par un opérateur.
[0019] La gouttière 10 doit être apposée sur la carrosserie de manière à ne pas empêcher
la cuisson de la cataphorèse en faisant office d'écran thermique par exemple. C'est
pourquoi des butées disposées de façon avantageuse sur la partie 18 de façon à décaler
la pièce 10 de la portière 22, facilitent la cuisson de la partie de porte 22 en face
de la pièce 10.
[0020] Lorsque la pièce à traiter arrive en étuve, la goutte restant après les bains de
trempage et bloquée à l'extrémité du coin inférieur de la porte 22, est dirigée par
la gouttière 10. Elle est alors soit déviée vers l'extérieur de la porte 22 d'où elle
tombera par gravité, soit retenue dans une zone du véhicule non visible par le client.
[0021] Dans un autre mode de réalisation la gouttière 10 est fixée de façon magnétique à
la porte 22. Dans ce cas soit elle est positionnée sur une partie de la pièce à traiter
moins exposée à la corrosion soit elle est fixée sur la luge. La partie de la gouttière
10 qui récupère la goutte doit être située sous la zone de rétention et les moyens
permettant de fixer la gouttière peuvent se matérialiser sous la forme d'un collage,
d'un pincement ou bien d'un coincement dans une partie de la porte 22. Avantageusement,
la pièce 10 peut être fixée à la porte 22 et comporter une partie fusible ou une zone
de pliage servant à enlever ou replier une partie de la pièce 10, par exemple la partie
12, après avoir rempli sa fonction de déviation de goutte.
[0022] Dans une autre variante de l'invention, la gouttière 10 est formée d'une patte intégrée
directement à la pièce à traiter, et dont l'extrémité est dirigée vers une zone non
esthétique telle que le sol. Cette patte est réalisée dans une zone non visible par
le client ou bien dans le cas contraire peut être supprimée après le traitement de
surface. Dans ce dernier cas, l'arrête de la patte doit être recouverte de mastic
pour éviter la corrosion.
[0023] La présente invention comporte tous les dispositifs nécessaires à la réalisation
de deux fonctions, a savoir le maintien de la gouttière 10 sur la porte 22 et la déviation
de la goutte une fois la gouttière mise en place. Elle présente l'avantage d'éviter
des opérations de reprise de carrosserie qui retardent la fabrication et en augmente
le coût tout en fournissant une gouttière économique et facile à mettre en oeuvre.
1. Gouttière (10) pour la mise en oeuvre d'un procédé de traitement de surface d'une
pièce (22), notamment une caisse d'un véhicule, comprenant des étapes de trempage
et de cuisson, caractérisée en ce qu'elle comprend au moins une aile (12), en contact avec la pièce (22) par une de ses
extrémités (14) et dont l'autre extrémité (16) est dirigée vers une zone non esthétique
constituant une forme apte à dévier une coulure issue du procédé de traitement.
2. Gouttière (10) selon la revendication 1, caractérisée en ce que la première aile (12) est maintenue en contact avec la pièce (22) par l'intermédiaire
d'une deuxième aile (18), à laquelle elle est reliée et avec laquelle elle forme un
angle obtus sensiblement égal à celui formé par la pièce (22) et la première aile
(12).
3. Gouttière (10) selon la revendication 2 caractérisée en ce que la deuxième aile (18) est décalée par rapport à la première aile (12) de manière
à n'avoir qu'un seul élément de liaison commun.
4. Gouttière (10) selon la revendication 2 et 3, caractérisé en ce qu'elle est maintenue par magnétisme de la deuxième aile (18) sur la caisse.
5. Gouttière (10) selon la revendication 2 et 3, caractérisée en ce que la deuxième aile (18) comprend un clip (20) de fixation prévu pour s'insérer dans
un trou de la pièce à traiter (22).
6. Procédé de traitement de surface d'une pièce, comprenant les étapes suivantes :
- trempage des différentes pièces (22) constituant la caisse dans une succession de
bains ;
- cuisson des différentes pièces (22) recouvertes des produits constituant les bains
;
caractérisé en ce qu'il comporte une étape préalable de mise en place d'une gouttière (10) selon l'une
des revendication 1 à 5, sur la partie inférieure des pièces (22), de manière à dévier,
par gravité, la coulure résultant des différents bains.
7. Procédé de traitement de surface d'une pièce selon la revendication 6, le procédé
opérant :
- en intégrant la première aile (12) à la pièce à traiter (22) ; et
- en désolidarisant ladite première aile (12) pièce à traiter (22) après passage en
étuve, ou en la repliant de façon à la placer dans une zone non visible par le client.