[0001] La présente invention concerne un procédé pour la formation d'un joint souple pour
ouvrage d'art.
[0002] De tels joints sont connus dans leurs caractéristiques générales et dans leurs applications
par l'homme de métier. A titre d'indication, le brevet français FR2674876 décrit un
exemple de joint comprenant deux profilés de rives et une garniture élastique interposée
entre les deux profilés. Ce joint comprend en outre des barres disposées parallèlement
aux profilés et reliées aux profilés par des pattes de liaison. Les barres de scellement
et les pattes sont noyées dans une résine de comblement du volume compris entre les
bords latéraux extérieurs du profilé et les bords de la réservation.
[0003] On peut citer de nombreux autres brevets qui décrivent des joints analogues, par
exemple le brevet FR2544759, le brevet FR2463834, ou le brevet FR2724953.
[0004] Ces solutions sont relativement complexes à mettre en oeuvre et nécessitent de neutraliser
la chaussée pendant un temps relativement long.
[0005] Le but de la présente invention est de remédier à cet inconvénient en proposant un
procédé de formation de joint amélioré, ainsi qu'un joint pour la mise en oeuvre de
ce procédé.
[0006] Selon son acception la plus générale, l'invention concerne un procédé pour la formation
d'un joint souple pour ouvrage d'art comprenant deux éléments de tablier revêtus par
une couche de roulement, caractérisé en ce que l'on réalise une feuillure dans ladite
couche de roulement, dans la partie recouvrant l'intervalle entre les deux éléments
de tablier, et en ce que l'on insère en force une bande en un matériau compressible
présentant au repos une largeur supérieure à la distance entre les flancs de ladite
feuillure et une épaisseur correspondant sensiblement à l'épaisseur de la couche de
roulement, ledit matériau étant constitué par des grains d'élastomère agglomérés par
un lien souple formant une mousse préservant des alvéoles entre les grains élastomères.
[0007] De préférence, ladite bande présente une longueur correspondant sensiblement à la
longueur de ladite feuillure (2).
[0008] Cependant, selon une variante de réalisation de l'invention, ledit joint souple est
formé par l'insertion en force dans la feuillure de plusieurs éléments en matériau
compressible, lesdits éléments étant en forme de bande et disposés bout à bout pour
former une bande présentant une longueur sensiblement égale à la longueur de la feuillure.
[0009] De préférence, le volume des alvéoles est déterminé pour permettre l'absorption par
le joint d'une compression en déformation élastique comprise entre 15 et 30%.
[0010] Selon un mode de réalisation préféré, la feuillure présente une section transversale
trapézoïdale.
[0011] Avantageusement, la bande est comprimée entre deux mâchoires hydrauliques avant insertion
dans la feuillure.
[0012] Selon une variante, on procède à une étape ultérieure d'application d'un produit
d'étanchéité en surface et en débordement dudit joint.
[0013] Selon une autre variante, on dispose entre les flancs de la feuillure et le joint
un matériau de consolidation tel qu'une résine, des longerines en béton, une plaque
métallique ou un mortier polyuréthane.
[0014] Selon une autre variante, on dispose préalablement à l'insertion du joint un boudin
de mousse compressible dans la fente formée entre les deux éléments du tablier.
[0015] Selon un mode de réalisation particulier, le joint est un joint drainant. A cet effet,
il présente avantageusement un rapport cavité/volume total du joint compris entre
15% et 30%, préférentiellement 20%.
[0016] L'invention concerne également un joint pour l'étanchéification d'un ouvrage d'art
présentant deux éléments de tablier revêtus par une couche de roulement, caractérisé
en ce qu'il est formé par une bande en un matériau compressible constitué par des
grains d'élastomère agglomérés par un lien souple formant une mousse préservant des
alvéoles entre les grains élastomères.
[0017] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui suit, se référant
à des exemples non limitatifs de réalisation où :
- la figure 1 représente une vue en coupe d'un premier mode de réalisation ;
- la figure 2 représente une vue en coupe d'une variante de réalisation.
[0018] La figure 1 représente une vue d'une première variante de réalisation. Le joint (1)
est constitué par une bande de matériaux compressible dont la largeur est supérieure
à la largeur de la feuillure (2) formée dans la couche de roulement (3). Cette couche
de roulement recouvre des éléments (4, 5) d'un tablier. La feuillure (2) est formée
à l'aplomb de la séparation entre les deux éléments de tablier (4, 5), où est logé
un boudin de mousse expansible (8).
[0019] La section de la feuillure (2) présente une forme trapézoïdale avec la grande base
du côté du tablier. Les flancs (6, 7) de la feuillure sont donc inclinés de manière
convergente vers la surface d'introduction du joint (1).
[0020] Le joint (1) est constitué par une bande d'un matériau formé par un agrégat de grains
d'élastomère liés par un liant souple ne saturant pas le mélange de façon à réserver
des cavités entre les grains élastomère, et permettre une compression d'environ 20%
en déformation élastique.
[0021] Le joint est par exemple formé par un mélange de mousse de caoutchouc à cellules
fermées et de particules bi- ou tridimensionnelles de caoutchouc recyclé broyé aggloméré
par un liant. Les particules de caoutchouc recyclé broyé présentent des aspérités
sur leurs surfaces. Le liant est un polymère à base de polyuréthane.
[0022] Pour des réalisations drainantes, le joint présente une proportion de cavités représentant
environ 20% du volume global du joint. Les interstices entre les grains d'élastomères
permettent l'écoulement des liquides.
[0023] La figure 2 représente une variante de réalisation où l'on coule une longerine en
béton (9, 10) contre les flancs de la feuillure (2), afin de les renforcer lorsque
la couche de roulement est constituée par un enrobé friable ou fragile.
[0024] Par ailleurs, on dépose un matériau d'étanchéité (11) au fond de la feuillure.
[0025] Le joint est mis en place après l'avoir précontraint par une pression latérale, assurant
une compression d'environ 20%. Cette compression peut être exercée par une mâchoire
hydraulique.
1. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art comprenant deux éléments
(4, 5) de tablier revêtus par une couche de roulement (3), caractérisé en ce que l'on réalise une feuillure (2) dans ladite couche de roulement (3), dans la partie
recouvrant l'intervalle entre les deux éléments (4, 5) de tablier, et en ce que l'on insère en force une bande en un matériau compressible présentant au repos une
largeur supérieure à la distance entre les flancs (6, 7) de ladite feuillure (2) et
une épaisseur correspondant sensiblement à l'épaisseur de la couche de roulement (3),
ledit matériau étant constitué par des grains d'élastomère agglomérés par un lien
souple formant une mousse préservant des alvéoles entre les grains élastomères.
2. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon la revendication
1, caractérisé en ce que ladite bande présente une longueur correspondant sensiblement à la longueur de ladite
feuillure (2).
3. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon la revendication
1 ou la revendication 2, caractérisé en ce que le volume des alvéoles est déterminé pour permettre l'absorption par le joint d'une
compression en déformation élastique comprise entre 15 et 30%.
4. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon l'une quelconque
des revendications précédentes, caractérisé en ce que la feuillure (2) présente une section transversale trapézoïdale.
5. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon l'une quelconque
des revendications précédentes, caractérisé en ce que la bande est comprimée entre deux mâchoires hydrauliques avant insertion dans la
feuillure.
6. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon l'une quelconque
des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on procède à une étape ultérieure d'application d'un produit d'étanchéité en surface
et en débordement dudit joint.
7. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon l'une quelconque
des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on dispose entre les flancs (6, 7) de la feuillure (2) et le joint un matériau
de consolidation.
8. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon la revendication
7, caractérisé en ce que ledit matériau de consolidation est constitué par une résine.
9. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon la revendication
7, caractérisé en ce que ledit matériau de consolidation est constitué par des longerines en béton (9,10)).
10. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon la revendication
7, caractérisé en ce que ledit matériau de consolidation est constitué par une plaque métallique.
11. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon la revendication
7, caractérisé en ce que ledit matériau de consolidation est constitué par un mortier polyuréthane.
12. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon l'une quelconque
des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on dispose préalablement à l'insertion du joint un boudin de mousse (8) compressible
dans la fente formée entre les deux éléments du tablier.
13. Procédé pour la formation d'un joint souple pour ouvrage d'art selon l'une quelconque
des revendications précédentes, caractérisé en ce que le joint présente une proportion de cavités représentant environ 20% du volume global
du joint.
14. Joint (1) pour l'étanchéification d'un ouvrage d'art présentant deux éléments (4,
5) de tablier revêtus par une couche de roulement (3), susceptible d'être inséré dans
une feuillure (2) formée dans ladite couche de roulement (3), caractérisé en ce qu'il est formé par une bande en un matériau compressible constitué par des grains d'élastomère
agglomérés par un lien souple formant une mousse préservant des alvéoles entre les
grains élastomères, ladite bande présentant au repos une largeur supérieure à la distance
entre les flancs (6, 7) de ladite feuillure (2).
15. Joint (1) selon la revendication 13, caractérisé en ce qu'il présente une proportion de cavités représentant environ 20% du volume global du
joint.