[0001] La présente invention a trait à une porte à tablier enroulable telle qu'utilisée
classiquement pour obturer sélectivement une ouverture entre l'intérieur et l'extérieur
d'un bâtiment ou entre deux zones à l'intérieur d'un bâtiment.
[0002] De telles portes sont notamment utilisées pour isoler de l'extérieur des zones de
travail spécifiques, parfois dénommées « salle blanche », dans lesquelles l'atmosphère
doit être contrôlée avec un degré de précision élevé afin de ne pas polluer une production
en cours. Dans ce cas, il est connu de maintenir une salle blanche en surpression
par rapport aux zones voisines, ceci afin d'éviter un flux d'air éventuellement pollué
de l'extérieur vers l'intérieur de la salle blanche.
[0003] Compte tenu de la différence de pression de part et d'autre d'une porte d'accès à
une salle blanche, des fuites se produisent généralement à travers le caisson dans
lequel est disposé l'arbre d'enroulement du tablier d'une telle porte.
[0004] Il est par ailleurs connu de GB-A-2 077 099 d'équiper un rideau vertical de protection
contre l'incendie d'un volet d'étanchéité destiné à éviter la diffusion de fumée.
Un tel volet frotte en permanence sur le rideau, que celui-ci soit ouvert ou fermé,
ce qui raye ce rideau. Un tel volet est compatible avec un rideau anti-incendie qui
n'est que rarement manoeuvré mais ne peut que difficilement être transposé à une porte
dans la mesure où des rayures apparaitraient sur le rideau après quelques manoeuvres.
[0005] Il est également connu de FR-A-2 842 243 de disposer un contre-toit au-dessus de
l'arbre d'enroulement d'un rideau souple d'une porte dite étanche, ce qui implique
d'utiliser un cordon élastique pour maintenir en permanence ce contre-toit en appui
sur l'arbre ou sur la partie enroulée du rideau. Le contre-toit risque de rayer le
rideau lors des rotations successives de l'arbre d'enroulement. En outre, une surpression
entre l'extérieur de la porte et le volume intérieur du bâtiment qu'elle obture a
tendance à soulever le contre-toit, l'isolation entre l'intérieur et l'extérieur du
bâtiment n'étant alors plus garantie.
[0006] C'est à ces inconvénients qu'entend plus particulièrement remédier l'invention en
proposant une porte à tablier enroulable permettant, lorsqu'elle est en configuration
fermée, d'isoler efficacement l'une de l'autre deux zones dans lesquelles règnent
des pressions distinctes.
[0007] Dans cet esprit, l'invention concerne une porte à tablier enroulable comprenant un
tambour à axe sensiblement horizontal apte à être entraîné en rotation autour de son
axe pour l'enroulement du tablier, ce tambour étant disposé dans un caisson dans lequel
est monté un volet d'étanchéité apte à venir en appui contre une partie de ce tablier
enroulé sur ce tambour, sur sensiblement toute la largeur du tablier. Cette porte
est caractérisée en ce que le volet s'étend essentiellement entre la partie enroulée
du tablier et un côté du caisson, ce volet délimitant une chambre de surpression située
sur un côté de l'axe de rotation et en communication fluidique avec un premier volume
destiné à être séparé d'un second volume par la porte, alors que le volet n'est pas
en appui contre la partie enroulée du tablier, lorsque la pression régnant dans la
chambre précitée est sensiblement égale ou inférieure à la pression régnant dans une
zone située de l'autre côté de l'arbre de rotation par rapport à la chambre de surpression
et en communication fluidique avec le second volume précité, et alors que le volet
peut être plus ou moins plaqué contre la partie enroulée du tablier sous l'effet de
la différence des pressions régnant respectivement dans la chambre de surpression
et dans la zone précitée lorsque la pression dans la chambre de surpression est supérieure
à la pression dans cette zone.
[0008] Grâce à l'invention, la chambre de surpression est efficacement isolée de la zone
opposée lorsqu'une différence de pression existe, alors que le volet n'est plaqué
contre la partie enroulée du tablier que lorsque la pression dans cette chambre est
effectivement supérieure à la pression régnant dans l'autre zone. Ainsi, dans le cas
où la porte est ouverte et où les pressions dans la chambre en question et dans la
zone située de l'autre côté de l'arbre sont égales, le volet ne frotte pas sur le
tablier, ce qui évite de le rayer lors des mouvements successifs d'ouverture et de
fermeture de la porte. En outre, plus la différence de pression est élevée, plus le
volet est fermement plaqué contre la partie enroulée du tablier, ce qui permet de
diminuer les risques de fuite entre les volumes précités.
[0009] Selon des aspects avantageux mais non obligatoires, une porte à tablier enroulable
peut incorporer une ou plusieurs des caractéristiques des revendications dépendantes.
[0010] L'invention sera mieux comprise et d'autres avantages de celle-ci apparaîtront plus
clairement à la lumière de la description qui va suivre de deux modes de réalisation
d'une porte conforme à son principe, donnée uniquement à titre d'exemple et faite
en référence aux dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue de face d'une porte conforme à l'invention ;
- la figure 2 est une coupe selon la ligne II-II à la figure 1 ;
- la figure 3 est une vue à plus grande échelle du détail III à la figure 2 ;
- la figure 4 est une vue analogue à la figure 3 lorsque la porte est dans une seconde
configuration de fonctionnement et
- la figure 5 est une vue à plus grande échelle du détail V à la figure 4.
[0011] La porte P représentée aux figures 1 à 5 est destinée à obturer sélectivement une
ouverture pratiquée dans un mur M. La porte P comprend un tablier 1 pourvu de lattes
de renfort 2 disposées dans des fourreaux 3.
[0012] Des glissières de guidage du tablier 1 sont formées sur les deux côtés de l'ouverture
par des sangles 5 et 6 disposées l'une en face de l'autre, ceci conformément à l'enseignement
technique de WO-A-98/48 139. Des glissières de guidage d'un type différent peuvent
être envisagées dans le cadre de la présente invention.
[0013] Un arbre 10 formant tambour est monté au-dessus de l'ouverture à obturer par la porte
P et est prévu pour tourner autour d'un axe X-X' sensiblement horizontal. Le tambour
10 s'étend à l'intérieur d'un caisson 11, entre deux consoles 12 et 13 d'extrémité
de ce caisson qui renferme également un dispositif de motorisation 14 connu en soi
et permettant d'entraîner le tambour 10 en rotation dans les deux sens, autour de
l'axe X-X', comme représenté par la double flèche F
1.
[0014] On note 15 la traverse supérieure du caisson 11 et 16 son côté représenté sur la
gauche aux figures 2 à 4. On note par ailleurs 17 le côté opposé du caisson 11, c'est-à-dire
le côté le plus proche du dispositif 14.
[0015] Un volet 20 est articulé sous la traverse 15 au moyen d'une charnière élastique 21
réalisée en métal ou en matière plastique. Le volet 20 est constitué d'une armature
22 semi-rigide réalisée à partir d'un complexe en nids d'abeilles à base de polyéthylène,
cette structure 22 étant recouverte d'un habillage souple 23 réalisé en toile enduite
de polychlorure de vinyle.
[0016] En variante, l'armature 22 peut être réalisée en polycarbonate, en polyester armé
ou en métal, alors que l'habillage peut être en polyéthylène souple ou en mousse de
polyuréthane.
[0017] De façon avantageuse, la charnière 21 est monobloc avec l'armature 22 qui est alors
semi-rigide. La charnière 21 se prolonge également sous la forme d'une languette 24
plaquée sous la traverse 15 et à travers laquelle le volet 20 est solidarisé à la
traverse par des vis, dont une seule est visible avec la référence 25.
[0018] En pratique, la charnière 21 peut être formée par une portion amincie de l'armature
22.
[0019] En variante, le volet 20 peut être monté sur une charnière qui n'est pas élastique,
le volet 20 prenant alors sa position de la figure 3 sous l'effet de son seul poids.
[0020] Le volet 20 est prévu pour venir en appui contre la partie 1A du tablier 1 enroulé
autour de l'arbre 10, notamment lorsque celui-ci est en configuration complètement
abaissé comme représenté sur les figures.
[0021] On note V
1 un premier volume situé sur la gauche du mur M à la figure 1, alors qu'on note V
2 un second volume situé sur la droite de la porte P sur cette même figure. En configuration
abaissée, la porte P sépare les volumes V
1 et V
2. A titre d'exemple, on suppose que le volume V
1 est celui d'une salle blanche de production de composants électroniques, alors que
le volume V
2 est celui d'un lieu de stockage situé à l'intérieur d'un même bâtiment.
[0022] Tant que le système de mise en surpression du volume V
1 n'est pas mis en marche, la charnière 21 maintient à distance le volet 20 de la partie
1A du tablier 1, de telle sorte que le volet 20 ne risque pas de rayer le tablier
1.
[0023] Par ailleurs, le côté 16, la traverse 15, le volet 20 et le haut de la partie 1B
du tablier 1 qui s'étend verticalement définissent à l'intérieur du caisson 11 une
chambre C
1 dans laquelle règne une pression P
1 sensiblement égale à celle régnant dans le volume V
1.
[0024] Ainsi, lorsque le système de mise en surpression du volume V
1 est activé, la pression P
1 a pour effet de plaquer le volet 20 contre la partie 1A du tablier 1, ceci au moyen
d'une déformation élastique de la charnière 21, comme représenté à la figure 4. La
chambre C
1 est ainsi isolée fluidiquement d'une zone Z
2 du caisson 11 situé à droite de l'axe X-X' sur les figures 3 et 4, c'est-à-dire de
la zone bordée par le côté 17 du caisson 11 dans laquelle est disposé le dispositif
14, cette zone communicant elle-même avec le volume V
2.
[0025] La chambre de surpression C
1 est en communication fluidique avec le volume V
1 au moyen d'ouvertures 16A ménagées dans le côté 16 et à travers l'intervalle 11A
existant, en partie inférieure du caisson 11, entre le côté 16 et la partie 1B du
tablier 1. A la figure 4, les flèches F
2 représentent l'écoulement d'air provenant du volume V
1 et remplissant la chambre C
1 au point d'augmenter la pression P
1 qui y règne.
[0026] Ainsi, plus la différence de pression positive entre la chambre C
1 et la zone Z
2 est importante, plus le volet 20 est fermement plaqué contre le tablier 1, ce qui
augmente l'étanchéité obtenue.
[0027] L'effort d'appui F
3 du volet 20 sur la partie 1A du tablier résulte de la différence entre la pression
P
1 régnant dans la chambre C
1 et la pression P
2 régnant dans la zone Z
2, cette différence de pression ΔP = P
1 - P
2 devant être suffisamment importante pour déformer élastiquement la charnière 21.
Ainsi, le volet 20 peut être qualifié de volet d'étanchéité « dynamique » en ce sens
qu'il bloque la communication entre la chambre C
1 et la zone Z
2 uniquement lorsque la différence de pression positive ΔP le justifie.
[0028] Dans le cas où la porte P est partiellement ou totalement ouverte, la différence
de pression ΔP est nulle ou négligeable, de telle sorte que le volet 20 est maintenu
à distance de la partie 1A du tablier par la charnière 21.
[0029] L'invention peut également être mise en oeuvre pour éviter qu'un flux d'air trop
important ne parvienne depuis l'extérieur vers l'intérieur d'un bâtiment. Dans ce
cas, la porte est montée de telle sorte que le volume V
1 corresponde à l'extérieur du bâtiment, alors que le volume V
2 correspond à l'intérieur. En cas de vent important, la pression dans la chambre C
1 augmente, ce qui a pour effet de plaquer également le volet 20 contre la partie enroulée
du tablier.
[0030] Le volet 20 est cambré en direction du côté 16 du caisson 11, ce qui permet un appui
franc sur la partie enroulée 1A du tablier 1, une bonne orientation de son intrados
pour maximiser le bras de levier de la force d'appui due à la différence de pression.
[0031] Selon une variante non représentée de l'invention, le volet 20 peut être suspendu
à la traverse 15 sans utilisation d'une charnière, auquel cas ce volet se déforme
élastiquement pour être plaqué contre la partie 1A du tablier 1 sous l'effet de la
différence de pression. Dans ce cas, la différence de pression ΔP est suffisante pour
déformer élastiquement le volet 20 qui peut également être qualifié de volet d'étanchéité
« dynamique ».
1. Porte à tablier enroulable comprenant un tambour à axe sensiblement horizontal apte
à être entraîné en rotation autour dudit axe pour l'enroulement dudit tablier, ledit
tambour étant disposé dans un caisson dans lequel est monté un volet d'étanchéité
apte à venir en appui contre une partie dudit tablier enroulée sur ledit tambour sur
sensiblement toute la largeur dudit tablier,
caractérisé
- en ce que ledit volet (20) s'étend essentiellement entre ladite partie enroulée (1A) du tablier
(1) et un côté (16) dudit caisson (11),
- en ce que ledit volet délimite, une chambre de surpression (C1) située sur un côté dudit axe de rotation (X-X') et en communication fluidique avec
un premier volume (V1) destiné à être séparé d'un second volume (V2) par ladite porte (P),
- en ce que ledit volet (20) n'est pas en appui contre ladite partie enroulée (1A) dudit tablier
(1) lorsque la pression (P1) régnant dans ladite chambre (C1) est sensiblement égale ou inférieure à la pression (P2) régnant dans une zone (Z2) située, par rapport à ladite chambre de surpression, de l'autre côté dudit axe de
rotation, ladite zone étant en communication fluidique avec ledit second volume (V2), et
- en ce que ledit volet est apte à être plaqué contre ladite partie enroulée dudit tablier sous
l'effet de la différence (ΔP) entre les pressions (P1, P2) régnant respectivement dans ladite chambre et dans ladite zone (Z2) lorsque la pression (P1) dans ladite chambre (C1) est supérieure à la pression (P2) dans ladite zone (Z2) .
2. Porte selon la revendication 1, caractérisée en ce que ladite chambre de surpression (C1) est délimitée conjointement par ledit côté (16), une traverse supérieure (15), des
consoles d'extrémité (12,13) dudit caisson, ledit volet (20) et, éventuellement, une
partie non enroulée (1B) dudit tablier (1).
3. Porte selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que ledit volet (20) est articulé sur ledit caisson (11) au moyen d'une charnière (21)
élastiquement déformable dont la position par défaut est telle que ledit volet n'est
pas en appui contre ladite partie enroulée (1A) dudit tablier (1).
4. Porte selon la revendication 3, caractérisée en ce que ladite charnière élastique (21) est installée au voisinage d'une traverse supérieure
(15) dudit caisson (11), ledit volet (20) s'étendant globalement vers le bas à partir
de ladite charnière.
5. Porte selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce que ledit volet (20) est déformable élastiquement sous l'effet de ladite différence de
pression (ΔP).
6. Porte selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que ledit volet (20) est cambré, avec une concavité orientée à l'opposé de ladite partie
enroulée (1A) dudit tablier (1).
7. Porte selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que ledit volet (20) comprend une armature (22) rigide ou semi-rigide recouverte d'un
habillage souple (23).
8. Porte selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que ledit côté (16) dudit caisson (11) est pourvu d'au moins une ouverture (16A,11A)
de mise en communication (F2) de ladite chambre (C1) avec ledit premier volume (V1) .