[0001] Le domaine technique de l'invention est celui des freins de tir pour armes.
[0002] Les freins connus comprennent un corps de frein délimitant une chambre pour un fluide
de freinage et une tige portant un piston circulant dans la chambre.
[0003] La tige est le plus souvent fixée au manchon de culasse tandis que le corps de frein
est fixé au berceau fixe de l'arme.
[0004] Le brevet FR2633710 décrit un tel type de frein de tir.
[0005] Il a été suggéré, notamment dans ce dernier brevet, la possibilité de rendre le corps
de frein solidaire de la masse reculante tandis que la tige serait fixée au berceau.
[0006] Une telle solution permettrait d'augmenter la masse de la masse reculante, ce qui
permettrait de réduire les vitesses de recul.
[0007] Cependant concrètement cette solution n'a jamais été mise en oeuvre car elle conduit
à des difficultés du point de vue de l'intégration dans l'arme. Il est ainsi difficile
de lier le corps de frein (relativement encombrant) à la masse reculante, les surfaces
disponibles pour la liaison étant insuffisantes.
[0008] Il devient par ailleurs difficile de raccorder un tel frein à ses moyens annexes,
par exemple au remplisseur dont la fonction est de pallier les éventuelles fuites
de fluide hydraulique pouvant apparaître dans le frein en maintenant l'ensemble au
repos sous une pression constante de quelques dizaines de Méga Pascals (MPa).
[0009] C'est le but de l'invention que de proposer un montage de frein de tir permettant
de pallier de tels inconvénients.
[0010] Ainsi le corps du frein de tir selon l'invention est solidaire de la masse reculante
mais son maintien est cependant assuré de façon fiable, autorisant de nombreux tirs
sans défaillances ni apparition de fuites hydrauliques.
[0011] Ainsi l'invention a pour objet un frein de tir pour arme comprenant un corps de frein
délimitant une chambre pour un fluide de freinage et une tige portant un piston circulant
dans la chambre, frein dans lequel le corps est solidaire d'une masse reculante de
l'arme tandis que la tige est fixée à un berceau fixe, frein caractérisé en ce que
le corps de frein est monté coulissant par rapport à une bride intermédiaire solidaire
du berceau.
[0012] Selon une caractéristique de l'invention, la bride intermédiaire pourra comporter
au moins un segment de guidage en contact avec le corps de frein.
[0013] Le ou les segments de guidage pourront être usinés ou rapportés sur la bride intermédiaire.
[0014] Avantageusement, le corps de frein pourra comporter une tête coopérant d'une part
avec un usinage du manchon de culasse et d'autre part avec une demi-bride fixée au
manchon de culasse.
[0015] Ce frein de tir sera raccordé à un remplisseur au travers d'un canal disposé à l'intérieur
de la tige.
[0016] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre d'un
mode particulier de réalisation, description faite en référence aux dessins annexés
et dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en perspective partielle d'une arme équipée d'un frein de
tir selon l'invention, l'arme étant représentée en position de repos,
- la figure 2 est une vue analogue à la précédente mais représentant l'arme en position
de recul maximal,
- la figure 3 est une vue en coupe du frein de tir selon l'invention.
[0017] En se reportant à la figure 1, une arme 1 comprend un berceau 4 par rapport auquel
coulisse une masse reculante formée par un manchon de culasse 2 solidaire d'un tube
3 (figure 2). Le berceau est monté par des tourillons 5 sur une plate-forme non représentée,
par exemple une tourelle de véhicule blindé.
[0018] La masse reculante est reliée au berceau 4 par un ou plusieurs freins de tir 6 selon
l'invention (ici deux freins de tir) ainsi que par un ou plusieurs récupérateur 7
(ici un récupérateur) qui permettent de ramener la masse reculante en batterie après
le tir.
[0019] Le récupérateur comprend, d'une façon classique, une chambre à azote 7a renfermant
un piston libre (non visible). Cette chambre est reliée hydrauliquement à un vérin
7b dont la tige 7c est solidaire du manchon de culasse 2 tandis que la chambre 7a
et le corps de vérin 7b sont solidaires du berceau 4.
[0020] Un remplisseur 8 (représenté schématiquement) est lié mécaniquement à la tourelle
et il est raccordé hydrauliquement aux freins de tir 6 (flèches R).
[0021] Les freins de tir selon l'invention comprennent chacun un corps 6a à l'intérieur
duquel coulisse une tige 6b.
[0022] Le corps de frein 6a comporte une tête 9 qui est fixée au manchon de culasse 2 par
une demi-bride 10.
[0023] La figure 3 montre plus précisément la structure du frein 6. La tête 9 du corps de
frein 6a constitue un bouchon de fermeture obturant le corps 6a.
[0024] Elle comporte un profil 11 étagé, formé de deux portions cylindriques de diamètres
différents, qui coopère avec un usinage de forme complémentaire 12 réalisé sur le
manchon de culasse 2.
[0025] Le profil étagé 11 de la tête 9 coopère par ailleurs également avec la demi-bride
10 qui comporte, elle aussi, un usinage interne approprié. La demi-bride 10 est fixée
au manchon de culasse par des vis 13.
[0026] Ce montage est très robuste et compact. La tête 9 du corps 6a de frein s'intègre
fermement au manchon avec un encombrement minimal.
[0027] La structure interne du frein 6 est classique.
[0028] Le frein est ici un frein à fourrure comportant une chemise interne 14. La tige 6b
porte à son extrémité interne une tête de piston 15 coulissant dans la chambre délimitée
par le corps 6a. Un tampon de choc 16 est solidaire du corps 6a et il coopère avec
un alésage interne 17 de la tige 6b de façon à amortir la fin du mouvement de rentrée
en batterie.
[0029] L'extrémité du corps 6a qui est traversée par la tige 6b est obturée par un bouchon
18 portant des moyens 19 assurant l'étanchéité entre bouchon 18 et tige 6b.
[0030] La tige 6b porte une tête 20 qui présente un profil étagé formé de trois diamètres
cylindriques distincts. Ce profil coopère avec deux mâchoires 21a, 21b qui sont fixées
par des vis 22 au berceau 4.
[0031] Conformément à l'invention le corps de frein 6a est monté coulissant par rapport
à une bride intermédiaire 23 qui est solidaire du berceau 4. Cette bride intermédiaire
délimite une surface cylindrique assurant un guidage du corps de frein 6a au cours
du mouvement de recul. Elle est constituée par deux demi coquilles 23a,23b fixées
au berceau par des vis 25.
[0032] Pour réduire les frottements, le guidage se fait grâce à un ou plusieurs segments
de guidage 24 cylindriques logés dans un embrèvement usiné sur la surface interne
de la bride intermédiaire 23. Le jeu de guidage est de l'ordre de 0,1mm.
[0033] On évite par ce guidage les vibrations radiales du corps de frein qui risqueraient
d'intervenir lors du recul et qui pourraient conduire à des détériorations de la tête
de piston 15 ainsi que des étanchéités 19. Il convient de noter que la masse d'un
corps de frein est de l'ordre de 70 kg, son diamètre est de l'ordre de 120 mm et sa
longueur de l'ordre de 700 mm. Les inerties mises en oeuvre lors du recul sont donc
importantes et les vibrations radiales pourraient être considérables et destructrices.
[0034] Grâce à l'invention on assure cependant le maintien fiable du corps de frein sans
qu'il soit nécessaire de brider l'ensemble du corps de frein 6a sur le manchon de
culasse, ce qui serait problématique du point de vue de l'encombrement.
[0035] La liaison mécanique reste assurée par une seule bride d'extrémité 10 dont l'encombrement
est à peine supérieur à celui de l'accrochage d'une tige de frein habituelle. Les
perturbations mécaniques induites par l'inertie sont compensées par la bride de guidage
intermédiaire 23.
[0036] Selon une autre caractéristique de l'invention, chaque frein de tir 6 est raccordé
au remplisseur 8 au travers d'un canal 26 disposé à l'intérieur de la tige 6b. Ce
canal porte également une soupape 27 poussée par un ressort 28 et qui empêche les
surpressions de parvenir au remplisseur 8a.
[0037] Une telle configuration permet de raccorder la chambre basse pression du frein selon
l'invention (chambre située entre le piston 15 et le tampon de choc 16) au remplisseur
8 bien que cette chambre se trouve située du côté du manchon de culasse 2. Le remplisseur
peut ainsi être disposé sur la partie fixe de l'arme.
[0038] Il est bien entendu possible de mettre en oeuvre le frein selon l'invention avec
une structure interne de frein différente, par exemple avec un frein à contre tige.
1. Frein de tir (6) pour arme comprenant un corps de frein (6a) délimitant une chambre
pour un fluide de freinage et une tige (6b) portant un piston (15) circulant dans
la chambre, frein dans lequel le corps (6a) est solidaire d'une masse reculante (2)
de l'arme tandis que la tige (6b) est fixée à un berceau fixe (4), frein caractérisé en ce que le corps de frein (6a) est monté coulissant par rapport à une bride intermédiaire
(23) solidaire du berceau (4).
2. Frein de tir selon la revendication 1, caractérisé en ce que la bride intermédiaire (23) comporte au moins un segment de guidage (24) en contact
avec le corps de frein (6a).
3. Frein de tir selon la revendication 2, caractérisé en ce que le ou les segments de guidage (24) sont usinés ou rapportés sur la bride intermédiaire
(23).
4. Frein de tir selon une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que le corps de frein (6a) comporte une tête (9) coopérant d'une part avec un usinage
(12) du manchon de culasse (2) et d'autre part avec une demi-bride (10) fixée au manchon
de culasse.
5. Frein de tir selon une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il est raccordé à un remplisseur (8) au travers d'un canal (26) disposé à l'intérieur
de la tige (6b).