[0001] Le domaine technique de l'invention est celui des soupapes pour circuits de fluide
et notamment des soupapes mises en oeuvre entre un frein de tir et un remplisseur
d'une arme.
[0002] Un frein de tir est un organe qui est interposé entre la masse reculante d'une arme
et son berceau. Il comprend un piston qui lors du recul de l'arme se déplace dans
un fluide hydraulique. Le mouvement de laminage du fluide assure le freinage du recul.
[0003] Un frein de tir est généralement raccordé à un remplisseur hydraulique qui est une
réserve de fluide sous une pression modérée (quelques dixièmes de Méga Pascals (MPa)).
Le remplisseur a pour but de pallier les variations de volume du fluide consécutives
aux variations de températures (ambiante et fonctionnelle).
[0004] Il est généralement raccordé au côté basse pression du frein c'est à dire au niveau
de la chambre du frein dont le volume s'accroît lors du recul. Lorsque le remplisseur
est raccordé à une zone de haute pression, par exemple au niveau du tampon de choc
ou du côté haute pression du frein (c'est à dire du côté ou le volume se réduit lors
du recul de l'arme), on dispose habituellement une soupape entre le frein de tir et
le remplisseur. Cette soupape se ferme lorsque la pression dans le frein dépasse une
certaine valeur. On évite ainsi de détériorer le remplisseur par les surpressions
éventuelles.
[0005] Les soupapes connues comprennent un organe d'étanchéité qui est mobile contre l'action
d'un ressort dont la raideur permet de déterminer la pression de fermeture de la soupape.
[0006] Un problème rencontré avec les soupapes habituelles est celui du rebond de la soupape
lorsque la pression dans la chambre augmente rapidement avant de devenir maximale.
Un tel rebond risque de communiquer au remplisseur une surpression pouvant le détériorer.
[0007] C'est le but de l'invention que de proposer une soupape permettant de pallier de
tels inconvénients, tout en permettant une libre circulation du fluide au repos.
[0008] Ainsi l'invention a pour objet une soupape entre un frein de tir et un remplisseur
pour une arme, soupape comprenant un pion mobile contre l'action d'un ressort de rappel,
pion prolongé par une tête comportant une portée d'étanchéité destinée à coopérer
avec un siège pour assurer la fermeture étanche de la soupape, le mouvement de fermeture
étant provoqué par l'accroissement de la pression d'un fluide à l'intérieur du frein
et du côté du pion, soupape caractérisée en ce que le pion est coulissant dans un
alésage et comporte des moyens autorisant une fuite limitée du fluide entre le pion
et l'alésage.
[0009] Selon un mode particulier de réalisation, les moyens de fuite comprennent un jeu
radial compris entre 0,08 mm et 0,5 mm.
[0010] Les moyens de fuite pourront aussi comporter au moins une gorge annulaire réalisée
sur le pion.
[0011] La tête pourra comporter des usinages autorisant le passage de fluide du remplisseur
vers le frein lorsque la soupape est en position ouverte.
[0012] Avantageusement, la tête pourra être prolongée du côté de sa portée d'étanchéité
par une tige de guidage qui sera montée coulissante dans un logement.
[0013] La soupape pourra comporter une chambre intermédiaire interposée entre l'alésage
et le logement, chambre entourant la tête de la soupape.
[0014] L'alésage dans lequel coulisse le pion pourra être réalisé dans une tige du frein
de tir.
[0015] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre d'un
mode particulier de réalisation, description faite en référence aux dessins annexés
et dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en coupe d'un frein de tir incorporant une soupape selon l'invention,
- la figure 2 est une vue agrandie montrant la soupape en position ouverte,
- la figure 3 est une vue agrandie montrant la soupape en position fermée,
- la figure 4 est une vue en coupe transversale de la soupape, coupe réalisée suivant
le plan dont la trace AA est visible à la figure 2.
[0016] En se reportant à la figure 1, un frein de tir 1 comporte un corps 4 qui est fixé
par une de ses extrémités à un manchon de culasse 2.
[0017] Le corps 4 comporte une tête 5 qui constitue un bouchon de fermeture obturant le
corps 4.
[0018] La tête 5 présente un profil 6 étagé, formé de deux portions cylindriques de diamètres
différents, profil qui coopère avec un usinage de forme complémentaire réalisé sur
le manchon de culasse 2.
[0019] Le profil étagé 6 de la tête 5 coopère par ailleurs également avec une demi-bride
8 qui comporte, elle aussi, un usinage interne approprié. La demi-bride 8 est fixée
au manchon de culasse par des vis (non représentées).
[0020] Le frein est ici un frein à fourrure comportant une chemise interne 9.
[0021] Une tige 10 est montée coulissante dans le corps 4. Elle porte à son extrémité interne
une tête de piston 11 qui coulisse dans la chambre délimitée par le corps 4. Un tampon
de choc 12 est solidaire du corps 4 et il coopère avec un alésage interne 13 de la
tige 10 de façon à amortir la fin du mouvement de freinage.
[0022] L'extrémité du corps 4 qui est traversée par la tige 10 est obturée par un bouchon
14 qui porte des moyens 15 assurant l'étanchéité entre bouchon 14 et tige 10.
[0023] La tige 10 porte une tête 16 qui présente un profil étagé formé de trois diamètres
cylindriques distincts. Ce profil coopère avec deux mâchoires 17a, 17b qui sont fixées
par des vis (non représentées) au berceau 3.
[0024] Le frein de tir 1 est raccordé à un remplisseur 18 au travers d'un alésage 19 disposé
à l'intérieur de la tige 10. Cet alésage porte une soupape 27 poussée par un ressort
28 et qui empêche les surpressions de parvenir au remplisseur 18.
[0025] La figure 2 montre cette soupape 27 dans sa position ouverte qui est celle qu'elle
occupe lorsque le frein est au repos.
[0026] La soupape comprend un pion cylindrique 27a qui est prolongé par une tête 27b. Cette
dernière comporte une portée d'étanchéité conique 29 qui est destinée à coopérer avec
un siège conique 30 usiné sur la tête 16 de la tige 10. Le pion 27a est monté coulissant
dans l'alésage 19 et il comporte par ailleurs des moyens autorisant une fuite limitée
du fluide entre sa surface cylindrique externe et l'alésage 19.
[0027] Ces moyens de fuite comprennent d'une part un jeu fonctionnel de l'ordre de quelques
dixièmes de mm entre le pion 27a et l'alésage 19 et d'autre part des gorges annulaires
31 réalisées sur le pion 27a et qui permettent de diminuer légèrement la pression
du fluide lors de son passage entre pion et alésage.
[0028] Par ailleurs le frein 1 comporte une chambre intermédiaire 35 qui est délimitée par
le siège conique 30 de la soupape et par un fraisage conique 36 qui termine l'alésage
19.
[0029] Cette chambre intermédiaire reçoit la fuite de fluide hydraulique passant entre le
pion 27a et l'alésage 19. Elle permet de réduire la pression du fluide provenant de
l'alésage 19.
[0030] La soupape 27 est prolongée du côté du remplisseur 18 par une tige cylindrique 32
qui coulisse avec un jeu dans un logement 33 de la tête 16, logement qui reçoit le
ressort 28.
[0031] Le jeu est également de l'ordre de quelques dixièmes de mm et il est inférieur au
précédent. Il permet le passage du fluide du remplisseur 18 vers l'alésage 19. Cette
tige 32 assure le guidage de la soupape par rapport au logement 33. On maîtrise ainsi
le positionnement de la portée d'étanchéité 29 par rapport à son siège 30.
[0032] La figure 4 montre une coupe transversale de la soupape au niveau de la tête 27b.
Cette coupe permet de visualiser les trois usinages 37 qui autorisent le passage de
fluide du remplisseur 18 vers le frein lorsque la soupape est en position ouverte.
[0033] Le ressort 28 est dimensionné de telle sorte qu'il assure le maintien de la soupape
27 en position ouverte lorsque la pression du côté de l'alésage 19 est inférieure
ou égale à environ 1 MPa (Méga Pascal). Le ressort se trouve par contre enfoncé et
la soupape est fermée lorsque la pression côté alésage 19 est supérieure à 1 MPa.
Une telle disposition assure un maintien de la soupape en position ouverte pendant
tous les mouvements quasi statiques et une fermeture de la soupape pour les mouvements
dans lesquels une haute pression règne dans l'alésage 19.
[0034] Le fonctionnement de cette soupape est le suivant.
[0035] Lorsque l'arme est position de repos la position de la soupape est celle représentée
à la figure 2. La soupape 27 est alors ouverte et le fluide peut circuler aussi bien
du remplisseur 18 vers le frein 1 que du frein vers le remplisseur 18 pour venir maintenir
une pression de parage de l'ordre de quelques dixièmes de MPa.
[0036] Lors du tir il y a un déplacement rapide du piston 11 par rapport au corps de frein
4 puis retour en batterie plus lent. Si on se reporte à la figure 1 qui montre le
frein de tir au repos, la tige 10 sort tout d'abord rapidement du corps puis elle
reprend sa position initiale. Au début du recul il apparaît une dépression fugitive
au niveau de l'alésage 19. Compte tenu de la durée réduite du phénomène et du diamètre
du canal 34 qui est inférieur à celui de l'alésage 19, le remplisseur 18 ne fournit
pas de fluide au frein d'une façon notable.
[0037] Lors du mouvement de retour en batterie la pression dans l'alésage 19 augmente et
devient suffisante pour fermer la soupape 27. Celle ci adopte la position représentée
figure 3 où la portée conique 29 est en appui contre son siège 30.
[0038] La fuite contrôlée de fluide entre le pion 27a et l'alésage 19 permet de différer
la fermeture de la soupape de quelques millisecondes. Une telle disposition permet
d'éviter le rebond de la tête 27b de la soupape contre son siège. On évite ainsi tout
passage de la haute pression de fluide vers le remplisseur 18, notamment lors de la
fin du mouvement de retour en batterie lorsque la pression est la plus forte.
[0039] Par ailleurs cette soupape fonctionne quelle que soit la température du fluide.
[0040] A titre de variante il est bien entendu possible de réaliser une soupape dans laquelle
la portée d'étanchéité 29 et son siège 30 ont une autre forme que conique. On pourra
par exemple mettre en oeuvre des portées d'étanchéité planes.
1. Soupape (27) entre un frein de tir (1) et un remplisseur (18) pour une arme, soupape
comprenant un pion (27a) mobile contre l'action d'un ressort de rappel (28), pion
prolongé par une tête (27b) comportant une portée d'étanchéité (29) destinée à coopérer
avec un siège (30) pour assurer la fermeture étanche de la soupape, le mouvement de
fermeture étant provoqué par l'accroissement de la pression d'un fluide à l'intérieur
du frein et du côté du pion (27a), soupape caractérisée en ce que le pion (27a) est coulissant dans un alésage (19) et comporte des moyens autorisant
une fuite limitée du fluide entre le pion et l'alésage.
2. Soupape selon la revendication 1, caractérisée en ce que les moyens de fuite comprennent un jeu radial compris entre 0,08 mm et 0,5 mm.
3. Soupape selon la revendication 2, caractérisée en ce que les moyens de fuite comportent également au moins une gorge annulaire (31) réalisée
sur le pion (27a).
4. Soupape selon une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que la tête (27b) comporte des usinages (37) autorisant le passage de fluide du remplisseur
(18) vers le frein (1) lorsque la soupape est en position ouverte.
5. Soupape selon une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que la tête (27b) est prolongée du côté de sa portée d'étanchéité (29) par une tige de
guidage (32) qui est montée coulissante dans un logement (33).
6. Soupape selon la revendication 5, caractérisée en ce qu'elle comporte une chambre intermédiaire (35) interposée entre l'alésage (19) et le
logement (33), chambre entourant la tête (27b) de la soupape.
7. Soupape selon une des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que l'alésage (19) dans lequel coulisse le pion (27a) est réalisé dans une tige (10)
du frein de tir.