[0001] La présente invention concerne un procédé de captage d'eau douce provenant d'une
source d'eau douce sous-marine. La présente invention concerne également un dispositif
de captage d'eau douce et un procédé de mise en place au fond de la mer d'un dispositif
de captage d'eau douce. Ces sources d'eau douce constituent des résurgences d'eau
douce sous-marine au fond de la mer.
[0002] On connaît déjà différents procédés et dispositifs de captage de sources sous-marines
d'eau douce, tels que ceux décrits en particulier dans la demande de brevet en France
FR 2 701 974 ou dans la demande internationale
WO 00/79309 au nom de la demanderesse.
[0003] Dans ces procédés et dispositifs, on met en oeuvre une structure-réservoir à concavité
dirigée vers le bas, coiffant la source d'eau douce, et dans laquelle l'eau douce
est piégée en partie haute grâce à sa densité plus faible que celle de l'eau de mer.
Cette structure est ouverte à sa base pour permettre l'évacuation de l'eau de mer
et/ou le remplissage par l'eau douce.
[0004] Il existe plusieurs difficultés pour réaliser un procédé et dispositif de captage
d'eau douce en mer satisfaisant.
[0005] En premier lieu, il faut que le dispositif de captage soit simple et aisé à installer
au fond de la mer et peu coûteux à réaliser.
[0006] En second lieu, les procédé et dispositif de captage doivent permettre d'éviter le
mélange entre l'eau douce et l'eau de mer, de façon à ce que l'on récolte de l'eau
douce pure.
[0007] Enfin, il faut que ces procédé et dispositif n'engendrent pas de perturbation de
la charge hydraulique de la source d'eau douce. On sait, en effet, qu'une source d'eau
douce sous-marine fraye son chemin à travers des conduits naturels souterrains et
que l'écoulement de la source peut être perturbé, voire interrompu de manière irrémédiable,
lorsqu'une surpression hydraulique excessive est exercée au niveau de l'orifice d'écoulement
de la source causant des dégâts ou modifications dans lesdits conduits naturels souterrains
fragiles. Pour chaque source, les hydrogéologues sont capables de déterminer la valeur
de la surpression limite tolérable à ne pas dépasser pour ne pas perturber l'écoulement
de ladite source, laquelle surpression hydraulique se situe, en général, entre 0 et
0,1 bar (10
4 Pa).
[0008] En l'absence de tout dispositif de captage, la pression hydraulique, au niveau de
l'orifice d'écoulement de la source d'eau douce, est liée à la hauteur de la tranche
d'eau située au-dessus dudit orifice, c'est-à-dire à la profondeur de l'orifice à
raison de 1 bar par dizaine de mètres de profondeur. Cette pression hydraulique est
indépendante du débit naturel d'écoulement de la source.
[0009] En revanche, en présence d'un dispositif de captage, il se produit des pertes de
charges par frottement de l'eau s'écoulant dans ledit dispositif. Cette perte de charge
par frottement est proportionnelle à la valeur du débit d'écoulement de l'eau dans
le dispositif de captage. Les sources d'eau douce peuvent connaître des variations
naturelles de débit, notamment en cas de crue, pouvant aller jusqu'à une multiplication
du débit d'un facteur 5, voire 10. Ces variations de débit induisent une surpression
hydraulique au niveau de la source, due à l'accroissement de perte de charge liée
au passage de l'eau à travers les conduits des dispositifs de captage le cas échéant.
[0010] Plus généralement, en pratique, il est difficile de réunir les deux conditions de
non-miscibilité d'eau de mer et d'eau douce et d'absence de surpression hydraulique
excessive au niveau de la source, tout en mettant en oeuvre un dispositif de captage
simple et peu coûteux à réaliser et à installer et fiable techniquement, sans apport
d'énergie tel que par pompage.
[0011] Les procédés et dispositifs décrits dans
FR 2 701 974 sont spécialement adaptés au captage d'eau douce le long des côtes et ne peuvent
pas être mis en oeuvre pour des sources situées en pleine mer, au fond de la mer et
à grande distance de la côte. En tout état de cause, ces procédés et dispositifs de
captage ne permettent pas d'éviter le mélange de l'eau de mer salée et de l'eau douce
lors de son captage.
[0012] Dans
WO 00/79309, différents procédés et dispositifs de captage d'eau douce sont décrits, dans lesquels
on récupère l'eau douce dans un réservoir à base ouverte, en forme de cloche ou chapeau,
recouvrant la source d'eau douce au fond de la mer, puis un tuyau remontant depuis
le sommet dudit réservoir jusqu'à la surface de la mer.
[0013] Dans un premier mode de réalisation de
WO 00/79309, la base ouverte du réservoir est amarrée au fond de la mer à une certaine distance
du fond, facilitant ainsi l'installation du dispositif en cas d'environnement encombré
du fond de la mer tel que des rochers ou un relief accidenté. Dans ces conditions,
on n'arrive cependant pas en pratique à éviter le mélange de l'eau de mer et de l'eau
douce à l'intérieur du réservoir.
[0014] Dans un deuxième mode de réalisation de
WO 00/79309, la base ouverte du réservoir épouse le fond de la mer de manière étanche, de manière
à éviter le mélange de l'eau de mer salée et de l'eau douce après la phase initiale
de vidage du réservoir initialement rempli d'eau de mer. Dans ce deuxième mode de
réalisation, on prévoit des clapets anti-retour permettant l'évacuation de l'eau en
cas d'augmentation du débit d'écoulement de la source, évitant ainsi d'occasionner
une surpression hydraulique excessive au niveau de la source. Toutefois, en pratique
les augmentations de débit sont telles que l'on est obligé de prévoir un très grand
nombre de clapets. Or, ces clapets sont des dispositifs mécaniques relativement fragiles,
calibrés pour un débit donné, et qui augmentent en outre le coût du dispositif. Ces
procédés et dispositifs de captage ne sont donc pas satisfaisants aussi bien économiquement
que techniquement. En outre le dispositif de captage n'est pas aisé à installer lorsque
le fond de la mer, à proximité de la source, est accidenté car, dans ce cas, il est
difficile d'assurer l'étanchéité entre le fond de la mer et la base ouverte du réservoir
qui représente un diamètre relativement important.
[0015] En résumé, les procédés et dispositifs de captage d'eau douce sous-marine antérieurs
présentent les lacunes et inconvénients suivants :
- soit le système est complètement étanche à l'eau salée mais l'augmentation de débit
d'écoulement d'eau douce en cas de crue (le débit pouvant varier d'un rapport de 1
à 10 en quelques heures) induit une augmentation de la perte de charge liée au frottement
et une montée en pression hydraulique de la source pouvant engendrer des dégâts irrémédiables
dans le conduit naturel,
- soit le système implique la présence de surfaces ouvertes au milieu salé ambiant pendant
l'évacuation de l'excédent épisodique d'eau douce, ce qui entraîne des contaminations
au niveau de l'interface eau douce/eau salée, et
- enfin, un pompage, dans ces systèmes antérieurs, peut engendrer des variations négatives
de pression en cas d'augmentation du débit de la source et, donc, créer un phénomène
d'aspiration de l'eau salée polluant alors la conduite en amont.
[0016] Le but de la présente invention est donc de fournir des procédés et dispositifs de
captage d'eau douce qui soient simples et peu coûteux à réaliser et installer, qui
fonctionnent de façon techniquement fiable dans la durée et qui cumulent les avantages
d'absence de mélange d'eau de mer et d'eau douce et d'absence de risque de surpression
hydraulique excessive au niveau de la source, de manière à éviter d'engendrer des
dégâts irrémédiables dans le conduit naturel, et qui ne nécessitent pas d'apport d'énergie,
par pompage notamment.
[0017] Pour ce faire, selon un premier aspect, la présente invention fournit un procédé
de captage d'eau douce provenant d'une source d'eau douce sous-marine au fond de la
mer selon la revendication 1.
[0018] On comprend que l'extrémité supérieure dudit premier conduit débouche à l'intérieur
dudit réservoir.
[0019] Ainsi on évite tout contact et donc toute pollution entre l'eau douce et l'eau salée
mais aussi on limite la surcharge hydraulique sur la source engendrée par le dispositif.
[0020] Dans un mode préféré de réalisation, l'eau douce est récoltée à l'extrémité dudit
deuxième conduit à un débit correspondant au débit moyen de ladite source d'eau douce.
[0021] Comme expliqué ci-après, ledit premier conduit t
1 est dimensionné et la valeur de H est déterminée de telle sorte que :

= masse volumique de l'eau douce,
- g = 9,81 m/s2,
- P1 = perte de charge dans ledit premier conduit lorsque l'eau douce s'écoule audit débit
donné, notamment débit moyen d'écoulement de la source,
- ΔPS = surpression hydraulique limite tolérable par ladite source d'eau douce. Il s'agit
d'une valeur connue ou déterminable pour chaque source, ΔPS étant de préférence inférieur
ou égal à 104 Pa.
- G = gain de la poussée d'Archimède lié au phénomène de remplacement du poids de la
colonne d'eau de mer par le poids de la colonne d'eau douce dans ledit premier conduit.
[0022] Ce gain G s'écrit :
- H1 = hauteur du niveau de l'interface eau-air dans le réservoir par rapport au fond
de la mer au niveau de la source.

= masse volumique de l'eau de mer.
[0023] La hauteur H et les dimensions du premier conduit sont donc déterminées en fonction
de ΔPS.
[0024] Selon une autre caractéristique préférée de réalisation du procédé, pour que le deuxième
tuyau t
2 reste toujours en contact avec l'eau circulant dans ledit premier conduit t
1, ladite longueur 1 est supérieure ou égale à H.
[0025] En général, la surpression hydraulique limite tolérée (ΔPS) au niveau de la source
est inférieure ou égale à 0,1 bar (10
4 Pa).
[0026] Selon un autre aspect de l'invention, la présente invention fournit un dispositif
de captage d'eau douce provenant d'une source d'eau douce sous-marine pour un procédé
selon la revendication 5.
[0027] Selon des modes de réalisation particuliers et avantageux du dispositif selon l'invention
:
- le dispositif comprend des premiers moyens d'amarrage dudit premier conduit t1 au fond de la mer et/ou à une embase reposant au fond de la mer, et desdits seconds
moyens d'amarrage dudit deuxième conduit et/ou dudit réservoir ainsi amatté(s) au
fond de la mer et/ou au dit premier conduit,
- ledit réservoir est solidaire dudit deuxième conduit et entoure celui-ci de manière
étanche,
- ledit réservoir est constitué par une enveloppe, qui peut être notamment souple ou
rigide, traversée de manière étanche par ledit deuxième conduit t2,
- ladite enveloppe présente dans sa partie supérieure une forme de calotte sensiblement
hémisphérique ou de cloche.
- ladite enveloppe souple est apte à adopter une forme de calotte sensiblement hémisphérique
ou de cloche au fond de la mer lorsqu'elle est amarrée et que l'on injecte de l'air
comprimé dessous ladite enveloppe,
- le dispositif comprend des moyens d'injection d'air comprimé à l'intérieur dudit réservoir,
- le diamètre de la base ouverte dudit réservoir est tel que sa surface d'ouverture
soit au moins égale à celle de la source.
- la longueur dudit premier conduit t1 est supérieure ou égale à la hauteur des reliefs et/ou objets, naturels ou non, reposant
au fond de la mer dans la proximité de ladite source sous-marine dans un rayon correspondant
à celui de la base ouverte du réservoir,
- la partie supérieure dudit premier conduit t1 entourant la partie inférieure dudit deuxième tuyau est évasée en forme d'entonnoir
avec sa petite base inférieure,
- Ce mode de réalisation favorise le bon déversement de l'excès de débit d'eau douce
dans le réservoir en tant que de besoin,
- Le diamètre D1 dudit premier conduit t1 au niveau de l'extrémité inférieure dudit deuxième conduit t2 est tel que la surface annulaire entre les deux dits premier et deuxième conduits
à ce niveau est supérieure ou égale à la surface de la section dudit premier conduit
(soit supérieur à πD12/4 pour une section circulaire).
- ledit deuxième conduit remonte directement en surface, de préférence sensiblement
verticalement depuis l'extrémité supérieure dudit deuxième conduit, et l'eau douce
est récupérée en surface et transportée à terre de préférence par un navire.
- ledit deuxième conduit peut redescendre et reposer au fond de la mer pour rejoindre
la côte, et ainsi acheminer l'eau à la côte, de préférence en débouchant à terre à
une hauteur inférieure au niveau de la mer.
[0028] La présente invention fournit également un procédé de mise en place an fond de la
mer d'un dispositif de captage d'eau douce selon la revendication 15.
[0029] Les procédés et le dispositif de captage d'eau douce selon l'invention sont avantageux
à plusieurs titres.
[0030] En premier lieu, ils permettent de capter l'eau douce en empêchant tout contact,
et donc tout mélange eau douce-eau salée, et donc de récolter une eau douce pure.
En effet, l'air à l'intérieur du réservoir crée une interface infranchissable par
l'eau salée qui ne peut contaminer l'eau douce récoltée à travers ledit deuxième conduit
t
2.
[0031] En second lieu, les procédé et dispositif selon l'invention permettent de capter
l'eau douce avec un débit de captage d'eau douce sensiblement constant, sans risque
de surpression excessive et donc en évitant toute perturbation hydrogéologique de
la source pouvant en résulter, et ce, en l'absence de moyen(s) mécanique(s) de régulation
de débit à l'intérieur desdits premier et deuxième conduits tels que des clapets anti-retour
d'évacuation, notamment au niveau de la jonction desdits premier et deuxième conduits
ou au niveau du réservoir.
[0032] Au total, les procédé et dispositif selon l'invention permettent de réguler le débit
prélevé de la source et la charge hydraulique de la source à sa sortie, indépendamment
de son débit naturel, en évitant le risque d'intrusion d'eau salée dans la conduite
d'acheminement à terre à travers ledit deuxième tuyau en cas de pompage excessif,
et ce par des moyens de régulation fondés sur un principe hydraulique et non mécanique
et donc en l'absence de la mise en oeuvre de moyens de régulation additionnels mécaniques.
[0033] Comme montré sur la figure 1, si le débit de l'eau douce s'écoulant de la source,
excède le débit limite donné, celle-ci peut suivre deux chemins à l'extrémité supérieure
dudit premier tuyau, à savoir :
- un premier chemin C2 par lequel elle remonte à la surface à travers ledit deuxième conduit t2 au débit donné, de préférence le débit moyen de la source, et
- un deuxième chemin C1 par lequel elle passe dans l'espace annulaire à l'intérieur dudit premier conduit
t1 et à l'extérieur dudit deuxième conduit t2 à un débit correspondant au différentiel entre le débit de la source et ledit débit
donné.
[0034] Il est possible de déterminer les dimensions des conduits t
1 et t
2 et la hauteur H, entre l'interface eau-air dans le réservoir et l'extrémité supérieure
dudit premier tuyau, de telle sorte que, lorsque le débit de la source correspond
au débit que l'on souhaite prélever, notamment au débit moyen d'écoulement de la source,
toute l'eau douce suit le chemin C
2 à travers ledit deuxième conduit et la surpression, au niveau de la source, reste
inférieure ou égale à la surpression limite tolérée de la source.
[0035] En effet, le réglage de la hauteur H de l'interface influe directement sur le débit
passant dans ledit deuxième conduit t
2, ainsi que sur la valeur de la surpression engendrée sur la source.
[0036] En pratique, on peut procéder de la manière suivante :
- 1) On mesure le débit moyen de la source, et
- 2) On détermine la hauteur H de telle sorte que l'expression

x g x H + G + P1 ≤ ΔPS soit vérifiée.
[0037] Les pertes de charge P
1 dans ledit premier tuyau t
1, sont liées à la géométrie et, bien sûr, à l'état de la surface du matériau constitutif
de la paroi interne desdits conduits, ainsi qu'à la vitesse de l'eau circulant dans
ledit premier tuyau.
[0038] Ainsi, en cas de crue et d'augmentation du débit d'eau douce au niveau de la source,
on observe que le débit s'écoulant à travers ledit deuxième conduit t
2, est constant, quel que soit le débit d'écoulement au niveau de la source, et la
hauteur H reste constante, l'excès de débit s'écoulant à travers ledit deuxième chemin
C
1. L'eau douce déborde de l'extrémité supérieure dudit premier conduit t
1 dans l'air le long de la paroi extérieure dudit premier conduit t
1 puis arrive dans l'eau salée, à la jonction interface air-eau, dans la partie basse
dudit réservoir, ce qui a pour effet de chasser, par la partie basse dudit réservoir,
une quantité équivalente d'eau, le volume d'air restant donc constant à l'intérieur
dudit réservoir et la surpression hydraulique tolérée au niveau de la source n'étant
jamais dépassée.
[0039] La valeur H reste constante. Toutefois, en cas de prélèvement accidentel supérieur
au débit naturel de la source, le niveau d'eau douce dans la partie supérieure dudit
premier conduit va baisser et passer sous l'extrémité inférieure dudit deuxième conduit
t
2, ce qui va avoir pour effet de faire rentrer de l'air dans ledit deuxième conduit
t
2 3 et non pas de l'eau salée car le système se désamorce momentanément.
[0040] En pratique, ledit réservoir est descendu au fond de la mer, vide d'air et donc rempli
d'eau de mer, et, lorsqu'il est position au-dessus de l'extrémité supérieure dudit
premier conduit t
1, on injecte de l'air à l'intérieur du réservoir et c'est la quantité d'air injectée
dans ledit réservoir qui permet de régler la hauteur H.
[0041] On comprend que la forme et la valeur du volume dudit réservoir n'ont pas d'incidence
sur le principe de captage hydraulique de l'eau douce et seront le plus petit possible
et le plus adapté à la facilité d'installation dudit réservoir au fond de la mer.
[0042] L'étanchéité à l'extrémité inférieure dudit premier conduit, est obtenue en faisant
en sorte que le périmètre du conduit épouse le contour du relief du fond de la mer
au niveau de la source. Ledit premier conduit peut être amarré au fond de la mer par
des lests ou un boudin périphérique reposant au fond.
[0043] Pour minimiser les pertes de charges dans le premier conduit t
1 et donc la surpression qu'elles induisent au niveau de la source, il est avantageux
de mettre en oeuvre un tuyau t
1 le plus court possible et de plus grand diamètre. En pratique, le premier tuyau t
1 s'étend sur une hauteur d'eau de préférence supérieure à l'altitude du relief du
fond sous-marin, dans la proximité immédiate de la source et/ou des obstacles et encombrements,
naturels ou non, tels que principalement des rochers.
[0044] La base ouverte du réservoir peut ainsi être amarrée au fond de la mer et/ou au dit
premier tuyau, dégagée à une certaine distance au-dessus de la source et, notamment,
au-dessus dudit relief et/ou objets, naturels ou non, dans la zone de la source.
[0045] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lumière détaillée d'un mode de réalisation qui va suivre, fait en référence aux figures
1 et 2 qui représentent respectivement un dispositif de captage installé au fond de
la mer, au-dessus d'une source sous-marine d'eau douce (figure 1) et le réservoir
4 (figure 2).
[0046] On a réalisé un dispositif de captage d'eau douce adapté pour récolter l'eau douce
de la source dite de "la Mortola" située en Italie entre Menton et Vintimille. Cette
source présente un débit moyen d'eau douce de 100 1/s. Les hydrogéologues ont déterminé
que la surpression hydraulique maximale tolérable pour cette source, est de 0,1 bar.
Cette source est située à une profondeur de 36 m et son orifice sort au pied de blocs
rocheux d'une hauteur de 5 m. Elle est située à 800 m de la côte.
[0047] Compte-tenu de la configuration de l'orifice de la source et des obstacles environnant
ledit orifice au fond de la mer, on utilise un premier conduit t
1 2 d'une hauteur totale de 7 m, présentant une partie courante tubulaire à section
circulaire de diamètre de 0,4 m. Ledit premier conduit t
1 2 est terminé à son extrémité inférieure 2
1 par un entonnoir évasé vers le bas et dont l'extrémité inférieure forme un cercle
de diamètre 1,3 m, de manière à bien venir entourer ladite source compte-tenu de la
géométrie de l'orifice de sortie de ladite source. Ce premier entonnoir inférieur
2
1 est constitué d'une tôle rigide, plastique ou métallique, entourant l'extrémité circulaire
de la partie courante dudit premier conduit t
1 2 à son extrémité inférieure. Ledit entonnoir inférieur 2
1 représente une hauteur de 4 m.
[0048] Ledit premier conduit t
1 2 comporte, dans sa partie supérieure, un second entonnoir 2
2 de petite et grande bases à sections circulaires, réalisé également par enroulement
d'une tôle métallique ou en plastique thermoformé, entourant la partie d'extrémité
supérieure dudit premier conduit. Cette forme évasée vers le haut de la partie supérieure
dudit premier conduit, vise à faciliter le déversement de l'excès de débit d'eau douce
de la source à l'intérieur du réservoir 4.
[0049] La base inférieure ouverte du premier entonnoir 2
1 est solidaire d'une embase 8 reposant au fond de la mer et entourant la source. Elle
peut aussi être entourée d'un boudin de sable ou béton ou autre lest périphérique
assurant l'étanchéité avec le fond de la mer. La partie courante dudit premier conduit
t
1 2 peut être constituée d'un tuyau souple ou rigide. Il est disposé verticalement
au-dessus de ladite source.
[0050] Ledit réservoir 4 est constitué d'une enveloppe supérieure 4
1 rigide traversée en son centre par un deuxième conduit t
2 3, de préférence, rigide, de diamètre 0,4 m.
[0051] L'enveloppe rigide constitutive de la partie supérieure dudit réservoir 4 forme une
calotte 4
1 hémisphérique de diamètre 1,8 m et prolongée à sa base d'une surface tronconique
appelée ci-après cône 4
2 de 2 m de hauteur entourant ledit premier conduit. C'est la base ouverte dudit cône
4
2 qui laisse échapper le surplus d'eau douce en cas de crue de la source. Sur la figure
1, la base du cône 4
2 est amarrée par des moyens d'amarrage 7
1 audit premier conduit t
1 2, de telle sorte que la base dudit cône soit située à une hauteur de 5 m par rapport
au fond de la mer.
[0052] La présence du cône 4
2 est facultative. On peut amarrer la base de la calotte 4
1 directement audit premier conduit.
[0053] La portion dudit deuxième conduit t
2 3 située à l'intérieur dudit réservoir 4 a une longueur de 1 m.
[0054] Lorsqu'on injecte 2 m
3 d'air comprimé dessous ladite enveloppe constitutive du réservoir 4, après avoir
amarré sa base ouverte 4
3 au fond de la mer ou sur le premier conduit, on introduit une longueur 1 de 0,3 m
de la partie inférieure 3
1 dudit deuxième conduit t
2 3 dans la partie supérieure dudit premier conduit t
12.
[0055] La hauteur H entre l'interface air-eau 6 à l'intérieur du réservoir 4 et l'interface
air-eau à l'extrémité supérieure dudit entonnoir supérieur 2
2 dudit premier conduit t
1 2 est de 0,2 m.
[0056] L'extrémité inférieure 3
1 dudit deuxième conduit t
2 3 comporte à sa périphérie des goussets ou voiles 9 qui servent de renforts et de
centrage de ladite extrémité inférieure du deuxième conduit à l'intérieur dudit entonnoir
2
1 à l'extrémité supérieure dudit premier conduit.
[0057] Sur la figure 1, on a représenté, à peu près à mi-hauteur dudit premier conduit,
un débitmètre 10. Ce sont les caractéristiques de ce débitmètre 10 qui ont justifié
de mettre en oeuvre une portion de dit premier conduit t
1 2 plus étroite à ce niveau pour l'adapter audit débitmètre 10 dont on disposait.
[0058] A la base dudit premier conduit t
1 2, on a également adapté des éléments de renfort 7
1 qui servent également d'amarrage par boulonnage sur une embase 8 entourant de manière
étanche l'orifice de la source 1.
[0059] La détermination de la valeur H et le dimensionnement desdits premier et second tuyaux
2 et 3 ainsi que du volume d'air comprimé injecté dans ledit réservoir 4 ont été déterminés
de la manière suivante :
[0060] Lorsque la source est en crue et que son débit excède les 100 l/s, notamment atteint
sa valeur maximale de 500 l/s, le débit passant à travers ledit tuyau t
2 par le chemin C
2, reste environ le débit moyen de 100 l/s, tandis que le débit de l'eau douce, passant
par le chemin C
1 dans l'espace annulaire entre l'extrémité inférieure dudit deuxième tuyau t
2 et l'extrémité supérieure dudit premier tuyau t
1, est de 400 l/s au maximum en général. L'eau de la source, remontant à travers ledit
premier conduit t
1 2, rencontre à la base dudit deuxième conduit t
2 3, deux chemins possibles C
1 et C
2.
[0061] Par le chemin C
1, l'eau douce déborde de l'extrémité supérieure dudit premier conduit t
1 2 et coule dans l'air le long de la paroi extérieure dudit premier entonnoir supérieur
2
1 puis arrive dans l'eau salée, ce qui a pour effet de chasser, par la partie basse
du réservoir, une quantité d'eau douce de telle sorte que le volume d'air comprimé
5 contenu dans le réservoir 4 reste constant ainsi que la hauteur H.
[0062] Par le chemin C
2, l'eau douce passe dans ledit deuxième conduit t
2 3 en s'écoulant au débit moyen de la source de 100 l/s compte-tenu du dimensionnement
dudit premier tuyau et de la détermination de la valeur H d'une part, et du fait que
la surpression hydraulique maximum tolérée par la source est de 0,1 bar.
[0063] L'eau douce emprunte toujours le chemin lui offrant le moins de "résistance". Pour
le chemin C
1, cette "résistance", à partir de l'interface air-eau, est essentiellement déterminée
par l'énergie

gH, avec

=masse volumique de l'eau douce, g=9,81 m/s
2. On voit ainsi que lorsque H augmente, on favorise le passage par C
2.
[0064] Pour le chemin C
2, la "résistance" que rencontre l'eau douce pour s'écouler à travers le tuyau t
2 est égale aux pertes de charge engendrées par son écoulement dans ledit tuyau t
2 mais se calcule de manière conventionnelle en fonction du diamètre, de la longueur
dudit tuyau t
2 et du débit d'écoulement.
[0065] L'enveloppe rigide 4
1 ainsi que le cône 4
2 constitutifs dudit réservoir 4, peuvent être constitués d'un matériau plastique,
un matériau composite ou en acier.
[0066] Ce système de recueillement de l'eau douce peut fonctionner, comme mentionné précédemment,
sans pompe puisque l'eau douce, de par sa densité plus faible que l'eau de mer, remonte
naturellement en surface.
[0067] Toutefois, si le deuxième conduit t
2 3 redescend au fond de la mer pour rejoindre la côte, le niveau d'altitude auquel
débouche ledit deuxième conduit t
2 3, doit être suffisamment en dessous du niveau de la mer pour, au moins, compenser
les pertes de charge dans la conduite t
2.
1. Procédé de captage d'eau douce provenant d'une source d'eau douce sous-marine (1)
au fond de la mer, dans lequel l'eau douce est collectée dans un premier conduit (2)
dont l'extrémité inférieure (21) est disposée au regard de la dite source et entoure de manière étanche, au moins
une partie, de préférence la totalité de l'orifice de ladite source, l'eau douce est
récoltée à un débit inférieur ou égal à un débit donné, dans un deuxième conduit (3)
de diamètre inférieur à celui dudit premier conduit, le deuxième conduit ayant son
extrémité supérieure (32) débouchant en surface, et lorsque le débit de la source dépasse ledit débit donné,
l'excès de débit de la source est déversé, depuis l'extrémité supérieure (22) dudit premier conduit, dans un réservoir (4) à base ouverte contenant de l'air,
ledit réservoir emprisonnant l'air contenu au-dessus d'une interface eau-air (6) située
à l'intérieur dudit réservoir, caractérisé en ce que l'extrémité inférieure (31) du deuxième conduit (3) s'étend à l'intérieur de la partie supérieure dudit premier
conduit et l'extrémité supérieure (22) dudit premier conduit est située au-dessus du niveau de la dite interface eau-air
(6) à l'intérieur du dit réservoir.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'eau douce est récoltée à l'extrémité dudit deuxième conduit à un débit correspondant
au débit moyen de ladite source d'eau douce (1).
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que la longueur (1) dudit deuxième conduit à l'intérieur dudit premier conduit est supérieure
ou égale à la hauteur (H) de l'extrémité supérieure (22) dudit premier conduit au-dessus du niveau de ladite interface eau-air (6) à l'intérieur
dudit réservoir.
4. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3,
caractérisé en ce que la hauteur (H) et ledit premier conduit (2) sont tels que :
•

= masse volumique de l'eau douce,
• g = 9,81 m/s2,
• P1 = perte de charge dans ledit premier conduit jusqu'à l'extrémité inférieure dudit
deuxième conduit lorsque l'eau douce s'écoule audit débit donné, notamment débit moyen
d'écoulement de la source,
• ΔPS = surpression hydraulique limite tolérable par ladite source d'eau douce. Il
s'agit d'une valeur connue ou déterminable pour chaque source, ΔPS étant de préférence
inférieur ou égal à 104 Pa.
• G = gain de la poussée d'Archimède lié au phénomène de remplacement du poids de
la colonne d'eau de mer par le poids de la colonne d'eau douce dans ledit premier
conduit.
5. Dispositif de captage d'eau douce provenant d'une source d'eau douce sous-marine (1)
pour un procédé selon l'une des revendications 1 à 4, comprenant :
- un premier conduit (2) étant positionné au regard de ladite source (1), son extrémité
inférieure (21) entourant de manière étanche ladite source en totalité ou en partie, et dont le
diamètre de l'extrémité inférieure (31) permet à celle-ci de recouvrir ladite source en totalité ou en partie, et
- un deuxième conduit (3) dont le diamètre de la partie inférieure (31) est inférieur à celui de la partie supérieure (22) dudit premier conduit (2), et
- un réservoir (4) à base ouverte apte à coopérer avec ledit deuxième conduit (3),
l'extrémité supérieure (22) dudit premier conduit (2) étant recouverte par ledit réservoir (4) et débouchant
à l'intérieur de celui-ci par sa dite base ouverte, la paroi pleine dudit réservoir
étant étanche de manière à pouvoir emprisonner de l'air entre ladite paroi du réservoir
et le niveau de l'eau à l'intérieur dudit réservoir, et obtenant de cette façon une
interface eau-air (6), caractérisé en ce que l'extrémité inférieure (31) dudit deuxième conduit (3) est immergée à l'intérieur de la parlie supérieure dudit
premier conduit (2) et l'extrémité supérieure du premier conduit (2) est situé au-dessus
du niveau de l'interface eau-air (6) à l'intérieur du réservoir (4).
6. Dispositif selon la revendication 5, caractérisé en ce qu'il comprend des premiers moyens d'amarrage (71) dudit premier conduit au fond de la mer et/ou à une embase (8) reposant au fond
de la mer, et desdits seconds moyens d'amarrage (72) dudit deuxième conduit et/ou dudit réservoir ainsi amarré(s) au fond de la mer et/ou
au dit premier conduit.
7. Dispositif selon la revendication 5 ou 6, caractérisé en ce que ledit réservoir (4) est solidaire dudit deuxième conduit et entoure celui-ci de manière
étanche.
8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que ledit réservoir (4) comprend une enveloppe (41) traversée de manière étanche par ledit deuxième conduit (3).
9. Dispositif selon la revendication 8, caractérisé en ce que ladite enveloppe (41) présente dans sa partie supérieure une forme de calotte sensiblement hémisphérique
ou de cloche.
10. Dispositif selon l'une des revendications 5 à 9, caractérisé en ce qu'il comprend des moyens d'injection d'air comprimé à l'intérieur dudit réservoir.
11. Dispositif selon l'une des revendications 5 à 10, caractérisé en ce que la partie supérieure dudit premier conduit (2) entourant la partie inférieure dudit
deuxième tuyau (3), est évasée en forme d'entonnoir (21) avec sa petite base inférieure.
12. Dispositif selon l'une des revendications 5 à 11, caractérisé en ce que le diamètre dudit premier conduit au niveau de l'extrémité inférieure dudit deuxième
conduit est tel que la surface annulaire entre les deux dits premier et deuxième conduits
à ce niveau est supérieure ou égale à la surface de la section dudit premier conduit.
13. Dispositif selon l'une des revendications 5 à 12, caractérisé en ce que ledit deuxième conduit remonte directement en surface, de préférence sensiblement
verticalement, et l'eau douce est récupérée en surface et transportée à terre de préférence
par un navire.
14. Dispositif selon l'une des revendications 5 à 12, caractérisé en ce que ledit deuxième conduit (3) peut redescendre et reposer au fond de la mer pour rejoindre
la côte, et ainsi acheminer l'eau à la côte, de préférence en débouchant à terre à
une hauteur inférieure au niveau de la mer.
15. Procédé de mise en place au fond de la mer d'un dispositif de captage d'eau douce
selon l'une des revendications 5 à 14,
caractérisé en ce que l'on réalise les étapes suivantes, dans lesquelles :
1) on positionne ledit premier conduit (2) au-dessus de ladite source d'eau douce
sous-marine (1) et on amarre (51) ledit premier conduit au fond de la mer, de telle sorte que l'extrémité inférieure
dudit premier conduit entoure de manière étanche tout ou partie de ladite source d'eau
douce, et
2) on descend au fond de la mer lesdits deuxième conduit et réservoir (3) que l'on
amarre (52) au fond de la mer et/ou audit premier conduit (2), de telle sorte que l'extrémité
inférieure dudit deuxième conduit (3) soit contenue à l'intérieur de la partie supérieure
(21) dudit premier conduit (2), et
3) on injecte de l'air à l'intérieur dudit réservoir (4) de manière à obtenir une
interface eau-air (6) en-dessous de l'extrémité supérieure dudit premier conduit de
sorte que l'extrémité supérieure du premier conduit se trouve à une hauteur (H) de
l'interface eau-air (6) à l'intérieur dudit réservoir.
1. A method of collecting fresh water coming from an undersea fresh water spring (1)
at the bottom of the sea, in which the fresh water is collected in a first duct (2)
whose bottom end (21) is placed facing said spring and surrounds in leaktight manner at least part and
preferably all of the orifice of said spring, the fresh water is collected at a flow
rate that is less than or equal to a given rate and in a second duct (3) of diameter
smaller than the diameter of said first duct, the second duct having its top end (32) opening out at the surface, and when the flow rate from the spring exceeds said
given rate, the excess flow from the spring overflows from the top end (22) of said first duct into an open-bottomed tank (4) containing air, said tank holding
air captive above a water/air interface (6) situated inside said tank, characterized in that the bottom end (31) of the second duct (3) extends inside the top portion of said first duct, and the
top end (22) of said first duct is situated beneath the level of said air/water interface (6)
inside said tank.
2. A method according to claim 1, characterized in that the fresh water is collected at the end of said second duct at a rate corresponding
to the mean flow rate of said fresh water spring (1).
3. A method according to claim 1 or claim 2, characterized in that said second duct extends inside said first duct over a length (ℓ) that is greater
than or equal to the height (H) of the top end (22) of said first duct above the level of said air/water interface (6) inside said tank.
4. A method according to any one of claims 1 to 3,
characterized in that the height (H) and said first duct (2) are such that:

where:
• ρ1 = the density of the fresh water;
• g = 9.81 m/s2;
• P1 = the head loss in said first duct to the bottom end of said second duct when the
fresh water flows at said given rate, in particular the mean flow rate of the spring;
• ΔPS = the limiting hydraulic back pressure that can be tolerated by said fresh water
spring; this value is known or can be determined for any spring, with ΔPS preferably
being less than or equal to 104 Pa; and
• G = the gain of the Archimedes' thrust associated with the phenomenon of replacing
the weight of a column of sea water by the weight of the column of fresh water in
said first duct.
5. A catchment device for collecting fresh water coming from an undersea fresh water
spring (1) for a method according to any of claims 1 to 4 and comprising:
• a first duct (2) being positioned facing said spring (1), with its bottom end (21) surrounding said spring in leaktight manner in full or in part, and of diameter
at its bottom end (21) enabling it to cover said spring in full or in part, and
• a second duct (3) of diameter at its bottom portion (31) less than the diameter of the top portion (22) of said first duct (2), and
• an open-bottomed tank (4) suitable for cooperating with said second duct (3), the
top end (22) of said first duct (2) is covered by said tank (4) and opens out to the inside thereof
via said open bottom, the solid wall of said tank being leaktight so as to be capable
of holding air captive between said tank wall and the level of water inside said tank,
and in such a manner as to obtain a water/air interface (6), characterized in that the bottom end (31) of said second duct (3) is immersed inside the top portion of said first duct (2)
and the top end (22) of the first duct (2) is situated beneath the level of the water/air interface (6)
inside the tank (4).
6. A device according to claim 5, characterized in that it includes first mooring means (71) for mooring said first duct to the sea bottom and/or to a baseblock (8) resting
on the sea bottom, and second mooring means (72) for mooring said second duct and/or said tank as moored in this way to the sea bottom
and/or to said first duct.
7. A device according to claim 5 or 6, characterized in that said tank (4) is secured to said second duct and surrounds it in leaktight manner.
8. A device according to claim 7, characterized in that said tank (4) comprises a canopy (41) having said second duct (3) passing through it in leaktight manner.
9. A device according got claim 8, characterized in that said canopy (41) has a top portion in the form of a substantially hemispherical cap or bell.
10. A device according to any of claims 5 to 9, characterized in that it includes means for injecting compressed air into the inside of said tank.
11. A device according to any of claims 5 to 10, characterized in that the top portion of said first duct (2) surrounding the bottom portion of said second
pipe (3) is flared to form a funnel (21) having its smaller base at its bottom end.
12. A device according to any of claims 5 to 11, characterized in that the diameter of said first duct at the bottom end of said second duct is such that
the annular area between said first and second ducts at said level is greater than
or equal to the sectional area of said first duct.
13. A device according to any of claims 5 to 12, characterized in that said second duct rises directly to the surface, preferably substantially vertically,
and the fresh water is recovered at the surface and transported to land, preferably
by ship.
14. A device according to any of claims 5 to 12, characterized in that said second duct (3) can be lowered and rests on the sea bottom in order to reach
the coast, thereby conveying the water to the coast, preferably opening out on land
at an altitude that is lower than sea level.
15. A method of installing a fresh water catchment device according to any of claims 5
to 14 on the sea bottom, the method being
characterized in that the following steps are performed:
1) positioning said first duct (2) above said undersea fresh water spring (1) and
mooring (51) said first duct to the sea bottom in such a manner that the bottom end of said first
duct surrounds said fresh water spring in leaktight manner in full or in part,
2) lowering said second duct and said tank (4) to the sea bottom and mooring (52) them to the sea bottom and/or to said first duct (2) in such a manner that the bottom
end of said second duct (3) is contained inside the top portion (22) of said first duct (2), and
3) injecting air into the inside of said tank (4) in such a manner as to obtain a
water/air interface (6) below the top end of said first duct in such a manner that
the top end of the first duct is situated at a height (H) of the water/air interface
(6) inside said tank.
1. Verfahren zum Auffangen von Süßwasser aus einer unterseeischen Süßwasserquelle (1)
am Meeresgrund, bei dem das Süßwasser in einer ersten Leitung (2) gesammelt wird,
deren unteres Ende (21) gegenüber der Quelle angeordnet ist und wenigstens einen Teil der Öffnung der Quelle,
vorzugsweise die gesamte Öffnung der Quelle dicht umschließt, das Süßwasser in einer
Menge kleiner oder gleich einer vorgegebenen Menge in eine zweite Leitung (3) gefördert
wird, deren Durchmesser kleiner als derjenige der ersten Leitung ist, wobei das obere
Ende (32) der zweiten Leitung an der Oberfläche ausmündet, und wenn die Menge der Quelle die
vorgegebene Menge überschreitet, man den Mengenüberschuß der Quelle von dem oberen
Ende (22) der ersten Leitung aus in einen Luft enthaltenden Behälter (4) mit geöffneter Unterseite
überlaufen läßt, wobei der Behälter die enthaltene Luft oberhalb einer in dem Behälter
befindlichen Wasser-Luft-Schnittstelle (6) einschließt, dadurch gekennzeichnet, daß sich das untere Ende (31) der zweiten Leitung (3) innerhalb des oberen Teils der ersten Leitung erstreckt
und daß sich das obere Ende (22) der ersten Leitung oberhalb der Ebene der Wasser-Luft-Schnittstelle (6) in dem Behälter
befindet.
2. Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß das Süßwasser am Ende der zweiten Leitung in einer der durchschnittlichen Menge der
Süßwasserquelle (1) entsprechenden Menge gefördert wird.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, daß die Länge (1) der zweiten Leitung innerhalb der ersten Leitung größer als die oder
gleich der Höhe (H) des oberen Endes (22) der ersten Leitung oberhalb der Ebene der Wasser-Luft-Schnittstelle (6) in dem Behälter
ist.
4. Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 3,
dadurch gekennzeichnet, daß die Höhe (H) und die erste Leitung (2) derart sind, daß:
• ρ1 = volumenbezogene Masse des Süßwassers,
• g = 9,81 m/s2,
• P1 = Druckverlust in der ersten Leitung bis zum unteren Ende der zweiten Leitung, wenn
das Süßwasser in der vorgegebenen Menge, insbesondere durchschnittlichen Strömungsmenge
der Quelle fließt,
• ΔPS = seitens der Süßwasserquelle tolerierbarer hydraulischer Grenzüberdruck. Es
handelt sich um einen bekannten oder für jede Quelle festlegbaren Wert, wobei ΔPS
vorzugsweise kleiner oder gleich 104 Pa ist.
• G = Verstärkung des hydrostatischen Auftriebs, die mit dem Phänomen des Ersetzens
des Gewichts der Meerwassersäule durch das Gewicht der Süßwassersäule in der ersten
Leitung verbunden ist.
5. Vorrichtung zum Auffangen von Süßwasser aus einer unterseeischen Süßwasserquelle (1)
für ein Verfahren nach einem der Ansprüche 1 bis 4, die folgendes umfaßt:
- eine erste Leitung (2), die gegenüber der Quelle (1) angeordnet ist, wobei ihr unteres
Ende (21) die Quelle ganz oder teilweise dicht umschließt und der Durchmesser ihres unteren
Endes (21) diesem ermöglicht, die Quelle ganz oder teilweise zu bedecken, und
- eine zweite Leitung (3), wobei der Durchmesser ihres unteren Teils (31) kleiner ist als der des oberen Teils (22) der ersten Leitung (2), sowie
- einen Behälter (4) mit geöffneter Unterseite, welcher geeignet ist, mit der zweiten
Leitung (3) zusammenzuwirken, das obere Ende (22) der ersten Leitung (2) ist von dem Behälter (4) bedeckt und mündet in diesen über
seine geöffnete Unterseite, wobei die massive Wand des Behälters dicht ist, so daß
Luft zwischen der genannten Wand des Behälters und dem Wasserspiegel innerhalb des
Behälters eingeschlossen werden kann, und auf diese Weise eine Wasser-Luft-Schnittstelle
(6) erhalten wird, dadurch gekennzeichnet, daß das untere Ende (31) der zweiten Leitung (3) in den oberen Teil der ersten Leitung (2) eingetaucht ist
und das obere Ende der ersten Leitung (2) oberhalb der Ebene der Wasser-Luft-Schnittstelle
(6) in dem Behälter (4) gelegen ist.
6. Vorrichtung nach Anspruch 5, dadurch gekennzeichnet, daß sie erste Mittel (71) zum Verankern der ersten Leitung am Meeresgrund und/oder an einem auf dem Meeresgrund
aufliegenden Sockel (8) aufweist sowie zweite Mittel (72) zum Verankern der zweiten Leitung und/oder des Behälters, die bzw. der somit am
Meeresgrund und/oder an der ersten Leitung festgemacht ist (sind).
7. Vorrichtung nach Anspruch 5 oder 6, dadurch gekennzeichnet, daß der Behälter (4) mit der zweiten Leitung fest verbunden ist und diese dicht umschließt.
8. Vorrichtung nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, daß der Behälter (4) einen Mantel (41) aufweist, der von der zweiten Leitung (3) auf dichte Weise durchgriffen ist.
9. Vorrichtung nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, daß der Mantel (41) in seinem oberen Teil die Form einer im wesentlichen halbkugelförmigen Kappe oder
einer Glocke aufweist.
10. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 bis 9, dadurch gekennzeichnet, daß sie Mittel zum Einspritzen von Druckluft in den Behälter umfaßt.
11. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 bis 10, dadurch gekennzeichnet, daß der obere Teil der ersten Leitung (2), welcher den unteren Teil der zweiten Leitung
(3) umgibt, in Form eines Trichters (22) erweitert ist, dessen kleine Basis unten liegt.
12. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 bis 11, dadurch gekennzeichnet, daß der Durchmesser der ersten Leitung im Bereich des unteren Endes der zweiten Leitung
derart ist, daß die Ringfläche zwischen den zwei Leitungen, nämlich der ersten und
der zweiten, in diesem Bereich größer als die oder gleich der Fläche des Querschnitts
der ersten Leitung ist.
13. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 bis 12, dadurch gekennzeichnet, daß die zweite Leitung direkt an die Oberfläche nach oben verläuft, vorzugsweise im wesentlichen
vertikal, und das Süßwasser an der Oberfläche gewonnen und vorzugsweise mittels eines
Schiffes an Land transportiert wird.
14. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 bis 12, dadurch gekennzeichnet, daß die zweite Leitung (3) wieder hinabsinken und auf dem Meeresgrund aufliegen kann,
um wieder zur Küste zu gelangen, und so das Wasser zur Küste zu befördern, vorzugsweise
dadurch, daß sie an Land in einer Höhe unter dem Meeresspiegel ausmündet.
15. Verfahren zum Anbringen einer Süßwasserauffangvorrichtung nach einem der Ansprüche
5 bis 14 am Meeresgrund,
dadurch gekennzeichnet, daß die folgenden Schritte durchgeführt werden, bei denen:
1) die erste Leitung (2) oberhalb der unterseeischen Süßwasserquelle (1) angebracht
wird und die erste Leitung am Meeresgrund verankert wird (71), derart, daß das untere Ende der ersten Leitung die gesamte Süßwasserquelle oder
einen Teil derer dicht umschließt, und
2) die zweite Leitung und der Behälter (4) auf den Meeresgrund hinabgelassen werden,
die am Meeresgrund und/oder an der ersten Leitung (2) festgemacht werden (72), derart, daß das untere Ende der zweiten Leitung (3) innerhalb des oberen Teils
(22) der ersten Leitung (2) enthalten ist, und
3) Luft in den Behälter (4) eingespritzt wird, um eine Wasser-Luft-Schnittstelle (6)
unterhalb des oberen Endes der ersten Leitung zu erhalten, so daß sich das obere Ende
der ersten Leitung in einer Höhe (H) von der Wasser-Luft-Schnittstelle (6) in dem
Behälter befindet.