[0001] L'invention a trait à un dispositif d'insertion d'un fil de trame pour un métier
à deux nappes superposées, ainsi qu'à un métier à tisser équipé d'un tel dispositif.
[0002] Dans le domaine des métiers à tisser à deux nappes superposées, parfois qualifiées
de « métier double nappe », il est connu, par exemple de
FR-A-2552455, d'insérer les fils de trame dans les foules définies par le métier au moyen de lances
rigides dont les têtes sont guidées, d'une part, par des pièces solidaires du peigne
du métier et, d'autre part, par le peigne. Ces lances rigides ont une inertie telle
que leurs moyens d'entraînement respectifs doivent être aptes à développer une puissance
importante, ce qui les rend onéreux.
[0003] Il est également connu de
DE-A-41 31 745 d'utiliser des lances comprenant une tête ou griffe d'entraînement des fils de trame
et une partie pourvue d'ouvertures dans lesquelles engrènent les dents d'une roue
entraînée par un moteur déplacé par un battant d'entraînement du peigne du métier.
Les moteurs rapportés sur le peigne augmentent sensiblement l'inertie du battant,
ce qui limite la vitesse de fonctionnement du métier.
[0004] Dans ces matériels connus, les moyens de guidage prévus au voisinage du peigne sont
aptes à interagir uniquement avec les griffes des lances, ce qui induit que, dans
le cas de métiers à tisser de largeur d'empeignage importante, les lances ne sont
guidées que sur une faible partie de leur longueur lorsqu'elles sont complètement
déployées. Elles doivent donc avoir une rigidité relativement importante, ce qui est
pénalisant en terme de masse et d'inertie. De plus, ces lances imposent un encombrement
latéral important pour le métier.
[0005] C'est à ces inconvénients qu'entend plus particulièrement remédier l'invention en
proposant un dispositif d'insertion de fils de trame pour un métier à deux nappes
superposées grâce auquel les lances peuvent être efficacement guidées, alors que l'inertie
des pièces en mouvement peut être optimisée.
[0006] Dans cet esprit, l'invention concerne un dispositif d'insertion de fils de trame
pour métier à deux nappes superposées, ce dispositif comprenant des lances flexibles
pourvues de griffes d'entraînement de fils de trame dans une foule et un peigne mobile
entre une position arrière, compatible avec l'insertion de fils de trame dans la foule,
et une position de frappe. Chaque lance comprend une griffe et une partie flexible
partiellement enroulée sur une roue d'entraînement, alors que chaque roue tourne autour
d'un axe fixe par rapport au bâti du métier et que l'ensemble formant peigne est équipé
de moyens, répartis selon la largeur d'empeignage, de guidage de la partie flexible
de chaque lance. Les moyens de guidage sont répartis en deux séries, dont une première
série est reliée au peigne au voisinage de sa partie supérieure et dont la seconde
série est reliée au peigne au voisinage de sa partie inférieure, la première série
étant dédiée au guidage de la partie flexible de la ou des lance(s) supérieure(s),
alors que la seconde série est dédiée au guidage de la partie flexible de la ou des
lance(s) inférieure(s). Les moyens de guidage sont aptes à guider les parties flexibles
des lances sans que celles-ci interagissent avec les dents du peigne.
[0007] Les lances peuvent être efficacement guidées sur l'essentiel de leur trajectoire
dans la foule grâce aux moyens de guidage qui interagissent non pas avec la seule
griffe de chaque lance, mais avec sa partie flexible ou ruban qui s'étend sur l'essentiel
de cette trajectoire lorsque la lance est complètement engagée dans une foule. Comme
la roue d'entraînement de la partie flexible de chaque lance n'est pas entraînée par
l'ensemble formant peigne, cet ensemble est plus léger et plus facile à entraîner.
La répartition des moyens de guidage en deux séries distinctes permet d'agencer les
moyens de guidage de façon à ce que la position de la trajectoire des lances dans
la foule soit optimisée. Comme les moyens de guidage sont suffisants pour guider à
eux seuls les parties flexibles ou rubans des lances, ces parties flexibles ne risquent
pas de s'user au contact des bords avant des dents du peigne.
[0008] Avec les matériels connus, la course du peigne doit être suffisante pour que, lorsque
celui-ci est en configuration arrière compatible avec l'introduction d'un fil de trame,
les moyens de support des griffes soient disposés globalement à l'intérieur de la
foule, alors que, en position de frappe, ces moyens de guidage sont disposés à l'extérieur
de la foule. Cette course relativement importante impose en pratique d'augmenter la
distance entre les points de frappe et la lisse la plus proche de ces points de frappe.
Une telle lisse peut être montée sur un cadre de lisses ou commandée par un harnais
Jacquard. Or, plus cette distance est grande, plus la course des fils de poil et des
fils de chaîne est longue, ce qui induit des sollicitations importantes sur les dispositifs
d'entraînement et limite en pratique la vitesse de fonctionnement d'un métier à tisser
équipé de ces dispositifs.
[0009] Afin d'optimiser la course des fils de poils et de chaîne, on prévoit que le peigne,
lorsqu'il est en position arrière, est situé en totalité entre un plan contenant les
points de frappe et un plan perpendiculaire aux nappes de tissu avant leur séparation,
ce plan perpendiculaire passant, pour chaque dent du peigne, par un point situé, par
rapport à celui des points du bord avant de cette dent destinés à venir en appui contre
les points de frappe qui est le plus éloigné de ces points de frappe, à une distance
égale à cinq fois la largeur de la dent au niveau de ce point particulier de son bord
avant.
[0010] Grâce à la forme du peigne, la distance entre les points de frappe et les lisses
de commande des fils de poil et de chaîne est minimisée, ce qui permet de réduire
les courses maximales que la machine Jacquard doit imprimer aux fils de poil ou que
la mécanique d'armure fondamentale doit imprimer aux fils de chaîne.
[0011] Selon d'autres aspects avantageux mais non obligatoires, un tel dispositif d'insertion
peut incorporer une ou plusieurs des caractéristiques suivantes :
- Selon certains modes de réalisation, le peigne est globalement courbe, avec sa concavité
tournée vers les points de frappe, les dents du peigne comprenant chacune deux parties
allongées et centrées chacune sur un axe longitudinal, ces axes longitudinaux formant
entre eux un angle compris entre 15 et 45°, de préférence de l'ordre de 30°. Dans
ce cas, le point du bord avant de la dent qui est destiné à venir en appui contre
un point de frappe est défini dans une zone de jonction entre les parties allongées
d'une dent, le plan perpendiculaire étant situé au-delà d'une partie concave du bord
arrière de chaque dent au niveau de cette zone.
- Selon un autre mode de réalisation, le peigne peut être sensiblement rectiligne.
- La partie du peigne qui définit son encombrement maximal à l'opposé des points de
frappe, lorsque le peigne est en position arrière, s'étend selon une direction globalement
perpendiculaire aux nappes de tissus lorsque le peigne est dans cette position, alors
qu'un plan géométrique comprenant les points des bords des dents du peigne destinés
à venir en appui contre les points de frappe est perpendiculaire à ces nappes lorsque
le peigne est en position de frappe. La direction précitée est avantageusement inclinée
par rapport au plan précité, d'un angle qui est, de préférence, compris entre 15 et
45°.
- L'un au moins des moyens de guidage peut également guider la griffe d'une lance dans
son mouvement de va et vient.
- L'axe de rotation de la roue d'entraînement de la partie flexible de chaque lance
est incliné, par rapport à un plan parallèle aux nappes de tissu avant leur séparation
d'un angle compris entre 50 et 90°, de préférence entre 60 et 80°, de préférence encore
de l'ordre de 75°. L'orientation particulière de l'axe autour duquel tournent les
roues d'entraînement permet une mise en mouvement de ces parties flexibles avec une
orientation compatible avec celle du peigne lorsque celui-ci est en position arrière.
- Les séries de moyens de guidage sont formées chacune par une succession de pattes
réparties selon la longueur du peigne et définissant chacune un orifice de passage
dont une partie au moins est de forme sensiblement complémentaire de celle de la section
de la partie flexible de la lance correspondante. Dans ce cas, l'un au moins des orifices
peut être pourvu d'une ouverture de passage d'une partie de jonction entre la partie
flexible et la griffe d'une lance, une telle ouverture étant orientée vers les dents
du peigne. En outre, l'un au moins des orifices peut présenter une forme globalement
en croix, deux branches de cette croix étant dédiées au guidage de la partie flexible
de la lance correspondante, alors que les deux autres branches qui sont sensiblement
perpendiculaires aux précédentes et dont l'une débouche en direction du peigne, sont
dédiées au guidage de la griffe de cette lance et d'une partie de jonction entre la
griffe et la partie flexible. On peut également prévoir que les pattes formant les
moyens de guidage de la partie flexible de la ou des lances supérieures sont supportées
par le peigne, alors que les pattes formant les moyens de guidage de la partie flexible
de la ou des lances inférieures sont supportées au voisinage de la partie inférieure
du peigne. Les pattes qui forment les moyens de guidage de la partie flexible de la
ou des lances supérieures peuvent être supportées par un chapeau coiffant l'ensemble
des dents du peigne et, de préférence, réalisé par un profilé métallique fixé sur
les extrémités supérieures de ces dents. Le matériau utilisé pour le profilé est de
préférence un alliage léger, notamment un alliage à base d'aluminium.
- Le peigne et/ou un organe solidaire du peigne porte(nt) des moyens de calibration
de la foule qui, pour ce qui concerne la foule supérieure, peuvent être formés par
une partie du chapeau précité.
- Les dents du peigne sont plus larges au niveau de leur base qu'au niveau de leur extrémité
la plus éloignée du battant.
[0012] L'invention concerne également un métier à tisser à deux nappes superposées équipé
d'un dispositif d'insertion de fils de trame tel que mentionné ci-dessus.
[0013] Un tel métier à tisser est plus économique, plus facile à installer et à régler que
les métiers de l'état de la technique. Il peut en outre fonctionner à une vitesse
plus élevée.
[0014] L'invention sera mieux comprise et d'autres avantages de celle-ci apparaîtront plus
clairement à la lumière de la description qui va suivre de trois modes de réalisation
d'un dispositif d'insertion de fils de trame et d'un métier à tisser conformes à son
principe, donnée uniquement à titre d'exemple et faite en référence aux dessins annexés
dans lesquels :
- la figure 1 est une coupe de principe d'un métier à tisser conforme à un premier mode
de réalisation de l'invention équipé d'un dispositif d'insertion de fils de trame
conforme à l'invention dans une première position de fonctionnement ;
- la figure 1A est une vue à plus grande échelle du détail 1A à la figure 1, la trace
des fils de chaîne et des lisses étant omises pour la clarté du dessin ;
- la figure 2 est une coupe analogue à la figure 1, alors que le métier est dans une
seconde position de fonctionnement ;
- la figure 3 est une vue en perspective de certains éléments constitutifs du dispositif
d'insertion du métier des figures 1 et 2 ;
- la figure 4 est une vue à plus grande échelle des seuls éléments de guidage des parties
flexibles des lances ;
- la figure 5 est une vue analogue à la figure 1A pour un dispositif conforme à un second
mode de réalisation de l'invention et
- la figure 6 est une vue partielle, du type de la figure 5 mais à plus petite échelle,
pour un dispositif conforme à un troisième mode de réalisation de l'invention.
[0015] Le métier M représenté aux figures 1 et 2 est destiné à la formation de deux nappes
N
1 et N
2 de tissus, par exemple deux tapis T
1 et T
2 tissés simultanément et séparés l'un de l'autre par un couteau 1 coupe-poils porté
par un chariot 2 et disposé en aval de deux points de frappe P
1, P
2 vers lesquels convergent respectivement deux foules F
1, F
2 définies par les fils de chaîne 4 du métier dont le déplacement vertical est commandé
par des lisses 3 actionnées par un harnais Jacquard ainsi que par des fils de chaîne
4' dont le déplacement vertical est commandé par des lisses montées sur des cadres
de lisses 3', eux-mêmes entraînés par une ratière ou une mécanique à cames non représentée.
[0016] On note π
1 un plan médian des nappes N
1 et N
2 entre les points P
1 et P
2 et leur zone de séparation par le couteau 1. Le plan π
1 est, en pratique, sensiblement horizontal.
[0017] Les fils de trame 5
1 et 5
2 destinés à constituer, avec les fils de chaîne correspondants, les nappes N
1 et N
2 sont insérés dans les foules F
1 et F
2 au moyen de deux lances 11 et 12 comprenant chacune une tête ou griffe 111, respectivement
121, sur laquelle peut être accroché un fil de trame 5, ainsi qu'un ruban flexible
112, respectivement 122, permettant d'entraîner la griffe correspondante dans la direction
de deux axes Y
1, respectivement Y
2, parallèles entre eux et perpendiculaires aux fils 4 et 4' et au plan de la figure
1.
[0018] Un ensemble 13, formant peigne et mobile en pivotement autour d'un axe Y
3 parallèle aux axes Y
1 et Y
2, comprend un battant 131 et un peigne 132 constitué d'une rangée de dents montées
sur le battant 131 et entraînées par celui-ci en rotation autour de l'axe Y
3. Les dents 132a du peignes 132 peuvent ainsi être amenées en appui contre les points
P
1 et P
2, comme représenté à la figure 2 où le battant 131 a été pivoté autour de l'axe Y
3, par rapport à la position de la figure 1, par des moyens non représentés et connus
en soi.
[0019] Chaque dent 132a est définie entre un bord avant 132b tourné vers les points de frappe
et un bord arrière 132c tourné vers les lisses 3.
[0020] On considère la portion 132b
1 du bord avant 132b qui relie les points P'
1 et P'
2 du bord 132b destinés à venir en appui contre les points de frappe P
1 et P
2. On note π
AV un plan contenant les portions 132b
1 des bords avant 132b des différentes dents du peigne 132. Ce plan est parallèle aux
directions d'introduction des fils de trame dans les foules F
1 et F
2.
[0021] On note 132a
1 la portion de chaque dent 132a plus éloignée du battant 131 que le point P'
1. Comme il ressort plus particulièrement de la figure 1, les portions 132a
1 des dents 132 sont globalement rectilignes et délimitent l'encombrement maximal du
peigne en direction des lisses 3.
[0022] Le peigne 132 est monté sur le battant 131 grâce à un rail 131a recevant les extrémités
inférieures des dents 132a et immobilisé par un coin 131b maintenu en place sur le
battant 131 par des moyens connus en soi et non représentés, tels que des vis.
[0023] Pour assurer une trajectoire sensiblement rectiligne de la griffe 111, l'ensemble
13 est équipé d'une série S
1 de pattes 133 réparties sur sensiblement toute la longueur du peigne 132, c'est-à-dire
selon la largeur d'empeignage du métier M, et solidaires du peigne 132. Les pattes
133 sont montées par groupe de trois sur des consoles 134, chaque console étant fixée
sur un profilé métallique 135 qui est lui-même fixé sur les extrémités supérieures
des dents 132a, c'est-à-dire sur les extrémités de ces dents les plus éloignées de
l'axe Y
3. Le profilé 135 est réalisé en alliage métallique léger, notamment à base d'aluminium.
[0024] Chaque patte 133 est percée d'un orifice 133a comprenant deux extensions 133a
1 et 133a
2 de formes sensiblement complémentaires des parties haute et basse de la section transversale
du ruban 112, ce qui permet d'obtenir un effet de guidage du ruban 112 qui constitue
la partie flexible de la lance 11, selon la largeur de l'empeignage, au fur et à mesure
que la griffe 111 progresse en direction du côté du peigne 132 ópposé à celui par
lequel elle pénètre dans la foule. La forme des orifices 133a permet donc de guider
le ruban 112 sans interaction ou contact entre la lance 11 et les dents 132a, ce qui
évite une usure prématurée du ruban 112 ou de la griffe 111 par frottement contre
les bords avant 132b des dents 132a.
[0025] A la figure 4, la trace des parties constitutives des lances 11 et 12 est représentée
en traits mixtes.
[0026] L'orifice 133a comprend également une extension latérale 133a
3.
[0027] De la même façon, une série S
2 de pattes 136 est montée sur des consoles 137 fixées sur le battant 131, chaque patte
136 ayant un orifice 136a dont deux extensions 136a
1 et 136a
2 sont de formes complémentaires des parties haute et basse de la section transversale
du ruban 122, ce qui permet de guider efficacement le ruban 122, qui constitue la
partie flexible de la lance 12 engagée dans la foule F
2, sans interaction avec le peigne 132. Une extension supplémentaire 136a
3 est prévue, de façon similaire à l'extension 133a
3 de l'orifice 133.
[0028] Les orifices 133a et 136a sont ouverts en direction du peigne 132. Plus précisément,
ils définissent chacun une ouverture ou fente 133b, respectivement 136b, dans laquelle
peut coulisser une partie 113 de jonction de la griffe 111 avec le ruban 112 ou une
partie 123 de jonction de la griffe 121 avec le ruban 122. Les parties 113 et 123
s'étendent respectivement jusque dans les extensions 133a
3 et 136a
3. Ainsi, les extensions 133a
3 et 136a
3 et les ouvertures ou fentes 133b et 136b permettent de guider les griffes 111 et
121, par les parties 113 et 123, dans leur déplacement de va et vient lors de l'insertion
des fils de trame.
[0029] En d'autres termes, la forme globalement en croix des orifices 133a et 136a permet
de guider à la fois les griffes 111 et 121, les rubans 112 et 122 et les parties 113
et 123. Les extensions 133a
1 et 133a
2 forment deux branches de la croix de l'orifice 133a dont l'extension 133a
3 et l'ouverture 133b forment deux autres branches perpendiculaires aux précédentes.
Il en est de même pour les portions de l'ouverture 136b. En variante, seuls certains
orifices 133a et 136b ont cette forme en croix.
[0030] Dans la configuration de la figure 2, les pattes 133 et 136 sont situées à l'extérieur
des foules, de sorte qu'elles ne risquent pas d'interférer les points P
1 et P
2.
[0031] Pour permettre la mise en mouvement des lances 11 et 12 dans la direction des axes
Y
1 et Y
2, deux roues dentées 21 et 22 sont supportées par le bâti 50 du métier et pourvues
de dents 211, respectivement 221, aptes à être engagées dans des ouvertures 114, respectivement
124, ménagées dans les rubans 112 et 122. Les rubans 112 et 122 sont partiellement
enroulés sur les roues 21 et 22, les portions des rubans 112 et 122 situées de part
et d'autre des roues 21 et 22 n'étant pas parallèles. Comme les rubans sont enroulés
sur environ 90° sur les roues, leurs portions en question sont sensiblement perpendiculaires.
Bien entendu, un autre angle d'enroulement des rubans peut être choisi, de préférence
dans une plage comprise entre 30° et 180°.
[0032] On note A
21 l'axe géométrique de rotation de la roue 21. On note A
22 l'axe géométrique de rotation de la roue 22. Les axes A
21 et A
22 sont fixes par rapport au bâti 50. Dans l'exemple représenté, les axes A
21 et A
22 sont confondus. Ceci n'est cependant pas obligatoire, les axes A
21 et A
22 pouvant même ne pas être parallèles.
[0033] Comme représenté en traits mixtes uniquement à la figure 3, des moyens de guidage
31 et 32 sont respectivement prévus pour les rubans 112 et 122, d'une part entre les
roues 21 et 22 et le peigne 132, d'autre part entre les roues et les extrémités des
rubans opposées à leurs griffes.
[0034] Les roues 21 et 22 doivent entraîner les rubans 112 et 122 lorsque l'ensemble 13
est dans la position de la figure 1 dans laquelle les orifices 133a et 136a sont respectivement
en regard des zones d'insertion des fils de trame dans les foules F
1 et F
2.
[0035] On note Z la zone du métier située en amont du peigne 132 dans la configuration de
la figure 1, les lisses 3 entraînées par le harnais Jacquard et les lisses entraînées
par les cadres 3' étant disposés dans cette zone Z.
[0036] On note d la distance, prise parallèlement au plan π
1, entre, d'une part, un plan π
2 contenant les points de frappe P
1 et P
2 et, d'autre part, la zone Z. Le peigne 132 est courbé, avec sa concavité tournée
en direction des points P
1 et P
2. Plus précisément, les dents 132a sont divisées en deux parties allongées 132a
1 et 132a
2, sensiblement rectilignes, centrées chacune sur un axe longitudinal B
1 ou B
2 et se rejoignant dans une zone de raccordement 132a
3. Les axes B
1 et B
2 forment entre eux un angle β de l'ordre de 30°. En pratique, l'angle β peut être
choisi entre 15 et 45°.
[0037] Par ailleurs, les axes A
21 et A
22 sont inclinés par rapport au plan π
1 d'un angle α de l'ordre de 75°, de telle sorte que les lances 11 et 12 peuvent être
entraînées dans la succession d'orifices 133a, respectivement 136a, dans la configuration
de la figure 1, alors que le peigne 132 est courbé, comme indiqué ci-dessus, et que
les pattes 133 et 136 peuvent être disposées à l'extérieur des foules F
1 et F
2 dans la configuration de la figure 2. En pratique, l'angle α peut avoir une valeur
comprise entre 50 et 90°, de préférence entre 70 et 80°.
[0038] L'orientation des ouvertures 133b et 136b en direction des dents du métier correspond
à la construction de la jonction entre les griffes et les rubans. Elle permet d'obtenir
un encombrement réduit de chaque lance, formée d'une griffe et d'un ruban, dans la
foule.
[0039] Parmi les points P'
1 et P'
2, le point P'
1 de chaque dent 132a est le plus éloigné du plan π
2 lorsque le peigne est en position arrière. On note l
132 la largeur d'une dent 132a prise parallèlement au plan π
1 au niveau de son point P'
1. On définit un plan π
3 parallèle au plan π
2, c'est-à-dire perpendiculaire aux nappes de tissu N
1 et N
2 et passant par un point Q
1 situé à une distance d' du point P'
1, prise parallèlement au plan π
1, égale au double de la valeur de la largeur l
132.
[0040] Compte tenu de sa géométrie, le peigne 132 est situé en totalité entre les plans
π
2 et π
3 lorsqu'il est dans sa position arrière représentée aux figures 1 et 1A. Ceci permet
de minimiser la distance d entre les points de frappe P
1 et P
2 et la zone Z et de réduire en conséquence les courses maximales des lisses de commande
des fils de poil et des fils de chaîne.
[0041] En pratique, la distance d' peut être choisie avec une valeur inférieure ou égale
à cinq fois la largeur l
132, de préférence à trois fois cette largeur.
[0042] Dans tous les cas, le plan π
3 s'étend au-delà de la partie convexe 132c
3 du bord arrière 132c de chaque dent 132a correspondant à la zone de jonction 132a
3.
[0043] Lorsque le peigne est en position arrière, certains fils 4 de chaîne ou de poil de
la foule supérieure F
1 qui sont les seuls représentés à la figure 1A, viennent en appui contre une partie
135a du profilé 135 traitée à cet effet. De même, certains fils 4 de la chaîne ou
de poil de la foule inférieure F
2, qui sont également les seuls représentés à la figure 1A, viennent en appui contre
un bord 131c du rail 131a traité à cet effet. La partie 135a et le bord 131c, qui
sont solidaires du peigne 132, permettent de « calibrer » la foule en déterminant
son encombrement en hauteur. La longueur des dents 132a peut ainsi être réduite, ce
qui permet de réduire l'inertie du battant 131 et des pièces qu'il déplace.
[0044] On note l'
132 la largeur d'une dent 132a dans sa partie 132a
1, cette largeur étant prise perpendiculairement à l'axe B
1. De même, on note l''
132 la largeur, prise perpendiculairement à l'axe B
2, d'une dent 132a dans sa partie 132a
2. La valeur de l''
132 est supérieure à celle de l'
132, ce qui correspond au fait que les dents 132a sont plus larges au niveau de leur
base proche du battant 131 qu'au niveau de leur extrémité la plus éloignée du battant.
Ceci tient compte du fait que les dents 132a sont plus sollicitées au niveau de leur
base, leur profil étant ainsi otpimisé.
[0045] Dans le second mode de réalisation représenté à la figure 5, les éléments analogues
à ceux du premier mode de réalisation portent des références identiques. Des pattes
133 et 136 permettent de guider les rubans des lances sur la largeur d'empeignage.
Ce mode de réalisation diffère du précédent en ce que le peigne 132 est globalement
rectiligne, les dents 132a étant définies entre un bord avant 132b et un bord arrière
132c globalement rectilignes et parallèles, sauf au niveau d'une partie 132b
1 du bord 132b qui passe par les points P'
1 et P'
2 destinés à venir en appui contre les points de frappe du métier. Les axes centraux
B
1 et B2 des parties 132a
1 et 132a
2 des dents 132a sont parallèles. La partie 132b
1 permet de définir un plan π
AV qui forme un angle δ de l'ordre de 45° avec les axes B
1 et B
2. Comme précédemment, on définit un plan π
3 perpendiculaire aux nappes de tissus avant leur séparation et passant par un point
Q
1 dont la distance d', prise parallèlement à un plan π
1 défini comme dans le premier mode de réalisation, est égale à deux fois la largeur
l
132 de la dent 132 au niveau du point P'
1. Cette valeur de d' est, en pratique, inférieure à cinq fois celle de l
132, de préférence trois fois cette largeur.
[0046] Comme dans le premier mode de réalisation, le peigne 132 est, en position arrière,
situé complètement entre le plan des points de frappe et le plan π
3. Cette géométrie des dents du peigne 132 permet également d'obtenir une bonne compacité,
ce qui limite les courses nécessaires pour les fils de chaîne et les poils.
[0047] Comme représenté à la figure 6, les axes B
1 et B
2 des parties rectilignes 132a
1 et 132a
2 des dents 132a d'un peigne 132 peuvent faire entre elles un angle β tel que la partie
des dents 132a la plus éloignée des points de frappe est la partie 132c
3 du bord arrière 132c, au niveau de la zone de jonction 132a
3 entre les parties 132a
1 et 132a
2.
[0048] Dans la position arrière représentée à la figure 6, l'ensemble du peigne 132 est
situé entre les points de frappe et un plan π
3 défini comme dans les deux premiers modes de réalisation.
[0049] Comme dans ces deux premiers modes de réalisation, des pattes 133 et 136 permettent
de guider les rubans des lances sur la largeur d'empeignage.
[0050] L'invention a été décrite en référence à des figures où seules deux lances sont représentées
comme équipant le métier. Une telle configuration est possible. Cependant, le métier
comprend avantageusement deux lances supérieures et deux lances inférieures, les lances
supérieures se rejoignant en partant des côtés des foules au centre de la foule supérieure
F
1, alors que les lances inférieures se rejoignent au centre de la foule inférieure
F
2. Le fil de trame passe alors d'une griffe à l'autre. Les pattes de guidage 133 et
136 sont alors réparties, selon la largeur d'empeignage, en deux groupes destinés
à guider respectivement les lances introduites par un côté des foules et celles introduites
par l'autre côté.
[0051] L'invention a été représentée avec un peigne mobile en pivotement autour de l'axe
Y
3. Elle s'applique également aux métiers équipés de peigne à mouvement de translation
sensiblement parallèle, la forme du peigne étant alors adaptée. Dans ce cas, les deux
points du bord avant de chaque dent destinés à venir taper sur les points de frappe
sont à la même distance de ces points de frappe. Un plan équivalent au plan π
3 mentionné ci-dessus peut être défini au niveau de l'un ou l'autre de ces points particuliers
des dents.
1. Dispositif d'insertion de fils de trame pour métier à deux nappes superposées, ledit
dispositif comprenant:
- des lances (11, 12) pourvues de griffes (111, 121) d'entraînement de fil de trame
dans une foule (F1, F2) et
- un peigne (132) mobile entre une position arrière (figure 1), compatible avec l'insertion
de fil de trame dans la foule, et une position de frappe (figure 2), caractérisé:
- en ce que chaque lance comprend une griffe (111, 121) et une partie flexible (112, 122) partiellement
enroulée sur une roue d'entraînement (21, 22),
- en ce que chaque roue (21, 22) tourne autour d'un axe (A21, A22) fixe par rapport au bâti (50) du métier,
- en ce que ledit ensemble formant peigne (13) est équipé de moyens (133, 136), répartis selon
la largeur d'empeignage, de guidage de la partie flexible (112, 122) de chaque lance
(11, 12),
- en ce que lesdits moyens de guidage (133, 136) sont répartis en deux séries (S1, S2), dont une première série (S1) est reliée audit peigne au voisinage de sa partie supérieure (132a1) et dont la seconde série (S2) est reliée audit peigne au voisinage de sa partie inférieure (132a2), la première série étant dédiée au guidage de la partie flexible (112) de la ou
des lance(s) supérieure(s) (11), alors que la seconde série est dédiée au guidage
de la partie flexible (122) de la ou des lance(s) inférieure(s) 12 et
- en ce que les moyens de guidage (133, 136) sont aptes à guider lesdites parties flexibles (112,
122) sans que celles-ci interagissent avec les dents (132a) dudit peigne (132).
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que, en position arrière, le peigne (132) est situé en totalité entre un plan (π2) contenant les points de frappe (P1, P2) et un plan (π3) perpendiculaire aux nappes (N1, N2) de tissus avant leur séparation (1), ledit plan perpendiculaire passant, pour chaque
dent (132a) dudit peigne, par un point (Q1) situé, par rapport à celui (P'1) des points (P'1, P'2) du bord avant (132b) de ladite dent destinés à venir en appui contre les points
de frappe (P1, P2) qui est le plus éloigné du point de frappe correspondant (P'1), à une distance (d') égale à cinq fois la largeur (l132) de ladite dent au niveau dudit point (P'1) de son bord avant.
3. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit peigne (132) est globalement courbe, avec sa concavité tournée vers les points
de frappe (P1, P2), les dents (132a) dudit peigne comprenant deux parties (132a1, 132a2) allongées et centrées chacune sur un axe longitudinal (B1, B2), lesdits axes formant entre eux un angle (β) compris entre 15 et 45°, de préférence
de l'ordre de 30°.
4. Dispositif selon les revendications 2 et 3, caractérisé en ce que ledit point (P'1) destiné à venir en appui contre un point de frappe est défini dans une zone (132a3) de jonction entre lesdites parties allongées (132a1, 132a2), ledit plan perpendiculaire (π3) étant situé au-delà d'une partie convexe (132c3) du bord arrière (132c) de chaque dent, au niveau de ladite zone.
5. Dispositif selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que ledit peigne (132) est sensiblement rectiligne.
6. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la partie supérieure (132a1) dudit peigne (132), qui définit l'encombrement maximal dudit peigne à l'opposé des
points de frappe (P1, P2) lorsque ledit peigne est en position arrière, s'étend selon une direction (B1) globalement perpendiculaire aux nappes de tissu (N1, N2) lorsque ledit peigne (132) est en position arrière, alors qu'un plan géométrique
(πAV) comprenant les point (P'1, P'2) des bords (132b1) des dents (132a) dudit peigne destinés à venir en appui contre les points de frappe
(P1, P2) est perpendiculaire auxdites nappes lorsque ledit peigne est en position de frappe.
7. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite direction (B1) est inclinée par rapport audit plan (πAV) d'un angle (δ) qui est, de préférence, compris entre 15 et 45°.
8. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'un au moins desdits moyens de guidage (133, 136) est apte à guider également la
griffe (111, 113, 121, 123) d'une lance (11, 12) dans ses mouvements de va et vient.
9. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'axe (A21, A22) de rotation de ladite roue (21, 22) est incliné, par rapport à un plan (π1) parallèle aux nappes (N1, N2) de tissu avant leur séparation (1), d'un angle (α) compris entre 50 et 90°, de préférence
entre 70 et 80°, de préférence encore de l'ordre de 75°.
10. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que lesdites séries (S1, S2) de moyens de guidage sont formées chacune par une succession de pattes (133, 136)
réparties selon la longueur dudit peigne (132) et définissant chacune un orifice (133a,
136a) de passage, dont une partie (133a1, 133a2, 136a1, 136a2) au moins est de forme sensiblement complémentaire de celle de la section de la partie
flexible (112, 122) de la lance correspondante (11, 12).
11. Dispositif selon la revendication 10, caractérisé en ce que l'un au moins desdits orifices (133a, 136a) est pourvu d'une ouverture (133b, 136b)
de passage d'une partie (113, 123) de jonction entre la partie flexible (112, 122)
et la griffe (111, 121) d'une lance (11, 12), ladite ouverture étant orientée vers
les dents (132a) dudit peigne (132).
12. Dispositif selon l'une des revendications 10 ou 11, caractérisé en ce que l'un au moins desdits orifices (133a, 136a) présente une forme globalement en croix
(133a1, 133a2, 133a3, 133b, 136a1, 136a2, 136a3, 136b), deux branches (133a1, 133a2, 136a3, 136a2) de ladite croix étant dédiées au guidage de la partie flexible (112, 122) de la
lance (11, 12) correspondante, alors que les deux autres branches (133a3, 133b, 136a3, 136b) de ladite croix, sensiblement perpendiculaires aux précédentes et dont l'une
(133b, 136b) est débouchante en direction dudit peigne (132), sont dédiées au guidage
de la griffe (111, 121) de la lance (11, 12) correspondante et d'une partie (113,
123) de jonction entre ladite griffe et ladite partie flexible de ladite lance.
13. Dispositif selon l'une des revendications 10 à 12, caractérisé en ce que lesdites pattes (133) formant les moyens de guidage de la partie flexible (112) de
la ou des lance(s) supérieure(s) (11) sont supportées par un élément (135) rapporté
sur la partie supérieure (132a1) dudit peigne (132), alors que les pattes (136) formant les moyens de guidage de
la partie flexible (122) de la ou des lance(s) inférieure(s) (12) sont supportées
au voisinage de la partie inférieure (132a2) dudit peigne.
14. Dispositif selon la revendication 13, caractérisé en ce que lesdites pattes (133) formant les moyens de guidage de la partie flexible (112) de
la ou des lance(s) supérieure(s) (11) sont supportées par un chapeau (135) coiffant
l'ensemble des dents (132a) dudit peigne (132).
15. Dispositif selon la revendication 14, caractérisé en ce que ledit chapeau est réalisé par un profilé métallique (135), de préférence en alliage
léger, fixé sur les extrémités supérieures desdites dents (132a).
16. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que ledit peigne (132) et/ou un organe (131) solidaire dudit peigne porte(nt) des moyens
(131a, 135) de calibration de la foule (F1 , F2).
17. Dispositif selon l'une des revendications 14 et 15 et selon la revendication 16, caractérisé en ce que ledit chapeau (135) comporte une partie (135a) de calibration de la foule supérieure
(F1).
18. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que les dents (132a) dudit peigne sont plus larges (l''132/l'132) au niveau de leur base (132a2) qu'au niveau de leur extrémité (132a1) la plus éloignée du battant (131) d'entraînement dudit peigne.
19. Métier à tisser à deux nappes superposées (N1, N2) équipé d'un dispositif d'insertion de fils de trame (10-32) selon l'une des revendications
précédentes.