[0001] La présente invention concerne le domaine du traitement d'envois postaux dans une
machine de tri postal et plus particulièrement un procédé pour la détection d'envois
postaux se chevauchant appelés couramment dans la technique envois en prise multiple.
[0002] Le procédé selon l'invention s'applique à des envois postaux de petit format comme
les lettres ou grand (très grand) format comme les magazines.
[0003] On sait que lors du dépilage automatique d'envois postaux dans une machine de tri
postal, il arrive que deux ou plusieurs envois soient dépilés ensemble (ce qui est
appelée une prise double ou multiple) ce qui fait qu'ils sont convoyés en se chevauchant.
Des envois en prise multiple se chevauchant ne peuvent pas être triés correctement
de façon automatique.
[0004] Il existe plusieurs méthodes connues de détection d'envois postaux en prise multiple.
[0005] Une première méthode consiste à effectuer en aval du dépilage une friction mécanique
sur les deux faces d'un envoi courant de sorte à séparer le cas échéant un autre envoi
chevauchant face contre face l'envoi courant.
[0006] Une seconde méthode consiste à mesurer en plusieurs points de mesure sur le trajet
des envois certaines grandeurs physiques des envois comme la longueur, l'épaisseur,
la hauteur pour détecter la présence d'envois en prise multiple.
[0007] Une troisième méthode consiste à détecter la présence d'envois en prise multiple
par analyse d'image. Dans cette troisième méthode, on peut former l'image d'un envoi
vu de face (cette image étant généralement fournie par la lecture optique pour la
lecture d'adresse) et on détecte la présence d'envois en prise multiple par une analyse
du contour supérieur de l'envoi comme cela est décrit dans le document
FR2841487.
[0008] On peut également encore selon cette troisième méthode former une image du chant
inférieur (tranche du dessous) de l'envoi à l'aide d'une caméra placée sous le trajet
de l'envoi. Dans le document de brevet
WO-03047773, on décrit encore un procédé pour détecter des envois postaux en prise multiple dans
laquelle les envois sont convoyés, après dépilage, en série sur chant et une caméra
« CCD » linéaire à balayage (balayant transversalement à la direction de déplacement
de l'envoi et donc au chant (côté) inférieur de l'envoi) est placée sous le convoyeur
de façon à former une image du côté inférieur (tranche inférieure) de chaque envoi
passant au-dessus de la caméra. L'image est une image en multi niveaux de gris (image
MNG). Selon ce procédé connu, l'image numérique est analysée ligne par ligne selon
la direction de balayage (la direction perpendiculaire à la direction de déplacement
de l'envoi) pour mesurer les valeurs de niveaux de gris sur chaque ligne et si sur
l'ensemble des lignes, on détecte deux ou plusieurs maxima espacés sur chaque ligne
qui se répètent selon un modèle préenregistré sur un ensemble de lignes dans l'image,
on en déduit la présence d'envois postaux en prise multiple.
[0009] La première méthode de détection d'envois en prise multiple présente l'inconvénient
de générer des coûts importants d'intégration dans une machine de tri postal. Par
ailleurs, les envois postaux peuvent être endommagés par l'effet de la friction exercée
sur les envois.
[0010] La seconde méthode de détection d'envois en prise multiple présente l'inconvénient
de ne pas être adaptée à un large spectre d'envois.
[0011] L'analyse de contour selon la troisième méthode peut se révéler insuffisante pour
détecter des situations d'envois en prise multiple dans lesquelles un envoi vu de
face est complètement caché par un autre envoi de plus grande taille.
[0012] Le but de l'invention est de proposer un procédé de détection d'envois en prise multiple
basé sur l'analyse d'une image du côté inférieur d'un envoi déplacé sur chant mais
améliorée en ce qu'elle est adaptée pour détecter des situations de prise multiple
sur un large spectre de courrier y compris avec des envois postaux très fins (par
exemple des envois postaux du type coupon réponse ayant une épaisseur d'environ à
0,15mm) pour lesquels l'écart entre deux maxima sur une ligne d'analyse peut être
très petit et non détectable par le procédé connu du document
WO-03047773. On a constaté en effet que sur un lot d'envois, 80% des cas de prise multiple impliquent
des lettres fines dont la séparation est difficilement détectable. En outre, l'invention
vise un procédé de détection robuste et indépendant de modèles préenregistrés.
[0013] A cet effet, l'invention a pour objet un procédé pour détecter des envois postaux
en prise multiple se chevauchant, dans lequel on déplace des envois sur chant au dessus
d'une caméra et on forme une image multi-niveaux de gris du chant des envois pour
détecter par analyse d'image la présence d'envois se chevauchant, caractérisé en ce
que on transforme l'image multi-niveaux de gris en une image binaire qui fait apparaître
une frontière définie par une zone dite claire, qui est le reflet du chant d'au moins
un envoi, s'étendant entre deux zones dites sombre, cette frontière ayant un premier
profil dit profil droit et un second profil dit profil gauche, et en ce que on analyse
les profils droit et gauche pour détecter une discontinuité de profil qui est indicative
de la présence d'envois se chevauchant. En pratique, comme indiqué ci-dessus la zone
claire est le reflet du chant ou côté inférieur d'un envoi postal, mais il est entendu
que le procédé selon l'invention s'étend à une simple inversion zone claire/zone sombre
dans le cas où c'est la zone sombre qui est le reflet du chant d'un envoi postal.
[0014] Le procédé selon l'invention peut présenter en outre les particularités suivantes
:
- la détection de discontinuité du profil est effectuée sur la base d'une image binaire
obtenue par seuillage des pixels de l'image multi niveaux de gris formée par la caméra
;
- l'analyse du profil de ladite frontière est précédée par une recherche dans l'image
d'au moins une double alternance d'une zone claire et d'une zone sombre ;
- on recherche une double alternance d'une zone claire et d'une zone sombre dans une
image binaire obtenue par seuillage des pixels de l'image multi niveaux de gris formée
par la caméra ;
- on recherche une double alternance d'une zone claire et d'une zone sombre dans une
image binaire obtenue par seuillage des pixels d'une image filtrée résultant d'un
filtrage passe-haut de l'image multi niveaux de gris formée par la caméra ;
- le filtrage est un filtrage du type gradient ;
- le filtrage du type gradient est modifié avec les pixels de l'image multi niveaux
de gris ;
- on découpe en bande l'image multi niveaux de gris formée par la caméra et on recherche
une double alternance d'une zone claire et d'une zone sombre dans chaque bande de
cette image ;
- on effectue en parallèle plusieurs processus différents pour rechercher une double
alternance d'une zone claire et d'une zone sombre dans une image et on combine les
résultats obtenus par ces processus pour détecter la présence d'envois en prise multiple
;
- on exploite les profils droit et gauche de la frontière pour déterminer des données
indicatives de l'épaisseur de l'envoi ;
- on exploite les profils droit et gauche de la frontière pour déterminer des données
indicatives de l'état ouvert fermé ou encore abîmé de l'envoi.
[0015] Le procédé selon l'invention est maintenant décrit plus en détail ci-après en relation
avec les dessins.
La figure 1 illustre de façon très schématique le principe de la formation d'une image
du côté inférieur d'un envoi déplacé sur chant.
La figure 2 montre l'organigramme des différentes étapes du procédé selon l'invention.
La figure 3 illustre une image binaire obtenue par le procédé selon l'invention.
La figure 4 illustre une image binaire obtenue par le procédé selon l'invention.
La figure 5 illustre le profil gauche de la zone claire dans l'image de la figure
4.
La figure 6 illustre le profil droit de la zone claire dans l'image de la figure 4.
[0016] Sur la figure 1, on a représenté un envoi postal 1 (vu de face) qui est déplacé sur
chant par un convoyeur 2 (par exemple au convoyeur à double bandes entre lesquelles
l'envoi est pincé) selon une direction de convoyage indiquée par la flèche 3. Le convoyeur
2 est par exemple placé entre un dépileur et les sorties de tri d'une machine de tri
postal classique en soi et non représentée sur les dessins.
[0017] Comme visible sur la figure 1, une caméra linéaire 4 « CCD » est disposée sous le
convoyeur 2 pour former à travers une vitre anti-poussière 5 une image numérique multi
niveaux de gris (MNG) du côté inférieur 6 de l'envoi 1 sur chant.
[0018] De préférence, on utilise une caméra 4 à haute résolution, par exemple d'une résolution
de 20 pixels par millimètre qui permet de repérer une séparation d'environ 0,10 mm
entre deux envois se chevauchant. En plus, on utilise un système d'éclairage du dessous
de l'envoi constitué par deux diodes laser munies d'une génératrice de ligne à 22°
ayant par exemple une longueur d'onde de 650nm et une puissance de 5mW. Ces diodes
laser non représentées sont positionnées sous le convoyeur de sorte à diriger des
faisceaux lumineux convergeant selon une incidence très faible de l'ordre de 25° ce
qui permet d'éviter l'ombre de l'éclairage due à un envoi disposé plus bas qu'un autre
envoi. Ces diodes laser réalisent un plan d'éclairage rectangulaire de longueur d'environ
40mm dans la direction horizontale perpendiculaire à la direction 3 sur une largeur
de 3mm dans la direction 3. Dans le cas de courrier grand ou très grand format, la
longueur du plan d'éclairage peut être réglée à environ 50mm.
[0019] La caméra 4 est de préférence une barrette « CCD » linéaire de 512 points équipée
d'un objectif F1.6/25mm réglable pour le courrier de petit format et le courrier grand
ou très grand format.
[0020] L'ensemble du système optique a une résolution de l'ordre de 20 points/mm dans la
direction horizontale perpendiculaire à la direction 3 et une résolution variable
de 3 à 8 points/mm dans cette direction 3 pour le courrier petit format en fonction
de la vitesse de convoyage. Pour le courrier grand format, la résolution peut être
respectivement de 15 points/mm et variable de 3 à 6 points/mm. Cette haute résolution
contribue à rendre efficace le procédé selon l'invention.
[0021] La prise d'image est déclenchée en réponse à un signal fourni par un capteur de passage
disposé le long du convoyeur comme cela est bien connu et les images sont traitées
en temps réel.
[0022] Toutefois, la sensibilité du capteur CCD entraîne du bruit dans l'image MNG et nécessite
donc pour la détection d'envois en prise multiple un traitement adapté qui est détaillé
ci-après.
[0023] Dans le procédé selon l'invention dont les étapes principales sont illustrées figure
2, on commence par former (étape 31) une image MNG à haute résolution du côté inférieur
d'un envoi détecté par le capteur (par exemple une image ayant une taille de 240 pixels
par 800 pixels). Sur la base de cette image, on effectue un traitement en deux phases.
[0024] La première phase de traitement consiste à lancer un ensemble de processus en parallèle
pour détecter par des approches globales ou locales la présence d'une zone sombre
entre deux zones claires caractérisant la présence de deux envois ou plus en prise
multiple.
[0025] Un premier processus consiste à rechercher à l'étape 32, de manière automatique,
un seuil adapté pour binariser l'image MNG à partir de l'histogramme de l'image MNG.
La binarisation par seuil constitue une approche globale du traitement de l'image
MNG ce qui est parfaitement adapté aux images bruitées. Par exemple, on recherche
classiquement une vallée entre deux maxima dans l'histogramme pour déterminer la valeur
du seuil. A l'étape 33, l'image MNG est binarisée pour obtenir une image binaire (représentée
figure 3) dans laquelle apparaissent deux types de zones distinctes : des zones sombres
ZS et des zones claires ZC, une zone claire ZC délimitant le côté inférieur d'au moins
un envoi 1, une zone sombre ZS délimitant l'espace libre autour de ce côté de l'envoi.
De manière générale, dans le domaine du traitement de l'image, les pixels d'une zone
sombre ZS de l'image binaire sont noires et les pixels d'une zone claires ZC de l'image
binaire sont blancs.
[0026] Sur la figure 3, on a représenté l'image binaire, obtenue à l'étape 33, délimitée
par des pointillés et illustrant le côté inférieur de deux envois postaux 1 orientés
selon la direction de convoyage 3. Les deux envois se chevauchant sont en prise double
et sont séparés par un espace visible grâce à la haute résolution que l'on cherche
à détecter dans la suite du procédé.
[0027] A la suite de l'étape 33, on analyse en 34 l'image binaire ligne de pixels par ligne
de pixels (les lignes de pixels de l'image binaire étant orientées perpendiculairement
à la direction de convoyage 3). On considère i comme étant un indice de ligne de pixels
et j comme étant un indice de colonne de pixels par la suite. On balaye chaque ligne
pour compter le nombre de transitions d'une zone sombre ZS vers une zone claire ZC,
appelée transition ZS-ZC. Ensuite, on effectue un calcul représentatif du nombre moyen
de transitions ZS-ZC par ligne pour l'image binaire de sorte à obtenir un résultat
S1 qui peut être défini à partir de la relation suivante :

[0028] On peut déduire la présence de deux envois en prise double si S1 est proche de 1.
Si S1 est proche de 0, on peut en déduire la présence d'un envoi simple. Pour une
prise simple constituée d'une alternance d'une zone sombre, d'une zone claire et d'une
zone sombre (ZS-ZC-ZS), on ne comptera qu'une transition ZS-ZC lors du balayage d'une
ligne. De même, pour une prise double caractérisée par une alternance ZS-ZC-ZS-ZC-ZS,
on ne comptera que deux transitions ZS-ZC. Par conséquent, la double alternance ZS-ZC-ZS-ZC
est la condition minimum pour la détection de deux envois en prise double avec un
espace entre les envois.
[0029] Dans un mode de réalisation particulier de l'invention, la détection de la présence
d'envois en prise multiple est effectuée seulement sur la base du résultat S1 ce qui
présente l'avantage d'être rapide et parfaitement adapté au traitement temps réel
des envois postaux.
[0030] Le deuxième processus consiste à filtrer (étape 35) l'image MNG formée à l'étape
31 par un filtre passe-haut, ce qui constitue une approche locale du traitement de
l'image MNG. Par exemple, on utilise comme filtre passe-haut le filtre gradient orienté
perpendiculairement à la direction de convoyage 3 pour obtenir une image filtrée dont
la valeur de chaque pixel F(i, j) est défini comme suit :

où MNG(i, j) est la valeur en niveau de gris du pixel de coordonnées (i, j) dans l'image
MNG. Comme cela est connu, le filtrage par filtre gradient accentue les transitions
entre les zones fortement contrastées. Après filtrage, seules les transitions sombre
vers claire sont conservées car les transitions claire vers sombre donnent des valeurs
négatives et sont donc éliminées par l'opérateur Max. Un tel filtrage présente l'avantage
de pouvoir détecter des envois fins en prise multiple.
[0031] L'étape 35 de filtrage est suivie d'une étape 36 de recherche de seuil à partir de
l'histogramme de l'image filtrée, d'une étape 37 de binarisation de l'image filtrée
à partir du seuil obtenu à l'étape 36 et d'une étape 38 de calcul du nombre moyen
de transitions par ligne pour obtenir un résultat S2. Les traitements effectués aux
étapes 36 à 38 du deuxième processus sont identiques aux étapes 32 à 34 du premier
processus. Toutefois, dans le deuxième processus, les étapes 36 à 38 sont appliquées
à l'image filtrée obtenue à l'étape 35. Par conséquent, le deuxième processus combine
des approches locale et globale.
[0032] Dans le troisième processus, l'image MNG est filtrée par une combinaison linéaire
du gradient et de l'image MNG afin d'être moins sensible au bruit ce qui a pour effet
de lisser l'image. A l'étape 39, on filtre l'image MNG pour obtenir une image filtrée
dont la valeur de chaque pixel F'(i, j) est défini comme suit :

[0033] Des expérimentations ont montré qu'on obtient de bons résultats pour α=2 et β=-3.
A l'étape 40, on binarise l'image filtrée à l'étape 39 au moyen d'un seuil préétabli.
A l'étape 41, on calcule le nombre moyen S3 de transitions par ligne dans l'image
binaire comme décrit précédemment pour S1 et S2.
[0034] Le quatrième processus consiste à découper (étape 42) l'image MNG selon la direction
perpendiculaire à la direction de convoyage 3 de manière à obtenir des bandes d'image
MNG de taille fixe égale à huit lignes par exemple. A l'étape 43, pour chaque bande,
on réalise une projection selon la direction de convoyage 3, c'est-à-dire qu'on calcule
la moyenne des niveaux de gris des pixels par colonnes de l'image MNG de sorte que
les lignes d'une bande sont toutes les mêmes après projection. Avec un traitement
par projection, on lisse l'image MNG ce qui rend la méthode de détection d'envois
en prise multiple moins sensible au bruit.
[0035] A l'étape 44, on recherche pour une ligne de chaque bande (toutes les lignes sont
identiques) le nombre de maxima en terme de niveaux de gris. Comme cela est connu,
la recherche de maxima peut d'abord consister en une recherche de maxima et minima
locaux, ensuite si les maxima ou minima locaux sont peu différents ou trop proches
alors on les rejette, jusqu'à trouver un minima situé entre deux maxima pour la détection
d'une prise double. A l'étape 45, on effectue un calcul représentatif du nombre moyen
S4 de maxima pour l'image MNG selon la relation suivante :

[0036] On comprend que pour une valeur de S4 proche de 0 on en déduit la présence d'un envoi
simple et que pour une valeur de S4 proche de 1 on en déduit la présence de deux envois
en prise double.
[0037] Selon le procédé de l'invention, les résultats S1, S2, S3 et S4 sont combinés à l'étape
46 par exemple en effectuant la moyenne des résultats S1, S2, S3 et S4 pour obtenir
un résultat final S. D'autres types de combinaison sont possible sans sortir du cadre
de l'invention : combinaison linéaire, maximum, minimum, intégrale floue. Le choix
de l'opérateur d'agrégation permet d'orienter la combinaison pour durcir plus ou moins
la décision de détection de prise multiple. Ces opérateurs peuvent se généraliser
par des opérateurs plus complexes comme un système expert à base de connaissance ou
encore un réseau de neurones. Cette combinaison des résultats S1 à S4 contribue à
améliorer le taux de détections d'envois en prise multiple et réduit les détections
à tort.
[0038] A l'étape 47, le résultat final S est comparé à un seuil τ prédéfini par exemple
égal à 0,15. Si le résultat final S est supérieur au seuil, on en déduit la présence
d'envois en prise multiple en 48. Si le résultat final S est inférieur au seuil, selon
l'invention on poursuit par la seconde phase du traitement qui commence à l'étape
49. On choisit le seuil τ pour obtenir un bon compromis entre les fausses directions
de tri et les envois en prise simple détectés à tort comme prise multiple.
[0039] La seconde phase du traitement est normalement activée après la première phase de
détection des transitions, mais il est entendu que cette seconde phase pourrait être
mise en oeuvre séparément de la première phase.
[0040] A l'étape 49, on récupère l'image binaire obtenue à partir de l'histogramme à l'étape
33, et on extrait de l'image binaire les profils d'une frontière s'étendant entre
deux zones sombres ZS comme cela est décrit ci-après.
[0041] La relation suivante définit par exemple le profil gauche Pg(i) de la zone claire
ZC de la frontière :

où i désigne l'index de position de ligne, j l'index de position de colonne, Ibin(i,
j) la valeur du pixel de coordonnées (i, j) dans l'image binaire obtenue à l'étape
33 et valZC indique la valeur d'un pixel d'une zone claire ZC. On comprend que le
profil gauche de l'envoi est défini comme le premier pixel d'une zone claire ZC lorsque
l'on parcourt chaque ligne de l'image binaire Ibin de gauche à droite.
[0042] Sur la figure 4, on montre un exemple d'image binaire obtenue à l'étape 34 et pour
laquelle les quatre méthodes précédentes ne permettent pas de détecter un espace entre
deux zones claires ZC. Le profil gauche de l'image binaire représentée figure 4 est
illustré figure 5.
[0043] La relation suivante définit le profil droit Pd(i) d'une zone claire ZC de la frontière
:

où i désigne l'index de ligne, j l'index de colonne, Ibin(i, j) la valeur en niveau
de gris du pixel de coordonnées (i, j) dans l'image binaire obtenue à l'étape 33 et
vaIZC indique la valeur d'un pixel d'une zone claire ZC. On comprend que le profil
droit de l'envoi est défini comme le dernier pixel d'une zone claire ZC lorsque l'on
parcourt chaque ligne de l'image binaire Ibin de gauche à droite. Le profil droit
de l'exemple est illustré figure 11.
[0044] A l'étape 50, on détecte les discontinuités de chacun des profils gauche et droit
au moyen de la différence finie suivante : |
Pg(i+1) - Pg(i)| pour le profil gauche et de la différence finie |
Pd(i+1) - Pd(i)| pour le profil droit. Dans le cas où on relève une discontinuité supérieure à une
valeur de seuil pour un des profils alors on en déduit la présence d'envois en prise
multiple à l'étape 51. Dans le cas contraire, on en déduit la présence d'un envoi
simple en 52. Dans l'exemple des figures 5 et 6, on a représenté deux discontinuités
10 de profil. A titre d'exemple, avec une résolution de 20 pixels par mm (cas des
lettres de petit format), la valeur de seuil pour la détection d'une discontinuité
peut être fixée à 3 pixels.
[0045] Il est entendu que la description de l'exemple de réalisation ci-dessus n'est nullement
limitative de l'invention. En particulier, la frontière s'étendant entre deux zones
sombres ZS peut être définit par une zone claire qui n'est pas continue. De même,
les étapes 49 à 52 du procédé peuvent être appliquées à des envois postaux se chevauchant
qui sont séparés par un espace.
[0046] Le processus constitué par les étapes 49 à 52 rend plus robuste un procédé de détection
d'envois en prise multiple par analyse des images des envois vus par dessous.
[0047] La combinaison des deux phases de détection permet de s'adapter à différentes situations
des envois comme des plis courbés, abîmés ou ouverts.
[0048] De plus, le procédé de détection selon l'invention peut se poursuivre par une mesure
de l'épaisseur de chaque envoi détecté comme un envoi simple en 52.
[0049] En particulier, à partir des profils droit et gauche obtenus à l'étape 49, on peut
définir une valeur d'épaisseur Ep(i) pour l'index de position de ligne i par la relation
suivante :

[0050] Ep(i) indique donc l'épaisseur de l'envoi en chaque point le long du côté inférieur
de l'envoi. On peut ainsi calculer pour un envoi, une épaisseur maximale, une épaisseur
minimale, une épaisseur moyenne et un écart type sur l'épaisseur.
[0051] Un autre traitement supplémentaire peut encore être réalisé à la suite de l'étape
52 pour analyse l'état de l'envoi au moyen de deux mesures complémentaires. Dans la
première mesure, on cherche à évaluer la régularité des profils droit et gauche indiqués
plus haut. A cet effet, on effectue une approximation polygonale de chacun des profils,
désignée ici par APg pour le profil gauche et APd pour le profil droit. Comme cela
est bien connu, une approximation polygonale consiste à approcher les profils gauche
et droit par des segments de droite. La première mesure Ir1 peut être définie par
la relation suivante :

[0052] On comprend qu'avec la mesure Ir1 on compare l'écart entre un profil et son approximation
polygonale afin de mesurer la régularité du profil. Plus Ir1 est grande plus le profil
est irrégulier.
[0053] La deuxième mesure sert à déterminer si un envoi postal est abîmé. Elle consiste
à mesurer, dans l'image binaire, la proportion de composantes connexes de zones sombres
ZS incluses dans des zones claires ZC. La deuxième mesure Ir2 peut être définie par
la relation suivante :

[0054] Sur la base d'une moyenne de Ir1 et Ir2, on obtient une valeur représentative de
l'état morphologique d'un envoi ce qui permet de déterminer si l'envoi est abîmé,
ou ouvert par exemple et donc selon le cas de l'orienter vers un traitement de tri
automatique ou un traitement de tri manuel. En plus, cette information sur l'état
morphologique des envois permet de contrôler le réglage du dépileur d'envois en entrée
de la machine de tri.
1. Procédé pour détecter des envois postaux (1) en prise multiple se chevauchant, dans
lequel on déplace des envois sur chant au dessus d'une caméra (4) et on forme une
image multi-niveaux de gris du côté inférieur des envois pour détecter par analyse
d'image la présence d'envois (1) se chevauchant, caractérisé en ce que on transforme l'image multi-niveaux de gris en une image binaire qui fait apparaître
une frontière définie par une zone dite claire (ZC), qui est le reflet du côté inférieur
d'au moins un envoi, s'étendant entre deux zones dites sombres (ZS), cette frontière
ayant un premier profil dit profil droit et un second profil dit profil gauche, et
en ce que on analyse (49,50) les profils droit et gauche pour détecter une discontinuité (10)
de profil qui est indicative de la présence d'envois se chevauchant.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel la détection de discontinuité du profil
est effectuée sur la base d'une image binaire obtenue par seuillage (33) des pixels
de l'image multi niveaux de gris.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2, dans lequel l'analyse du profil de ladite frontière
est précédée par une recherche dans l'image d'au moins une double alternance d'une
zone claire et d'une zone sombre.
4. Procédé selon la revendication 3, dans lequel on recherche une double alternance d'une
zone claire et d'une zone sombre dans une image binaire obtenue par seuillage (33)
des pixels de l'image en multi niveaux de gris.
5. Procédé selon la revendication 3, dans lequel on recherche une double alternance d'une
zone claire et d'une zone sombre dans une image binaire obtenue par seuillage (37)
des pixels d'une image filtrée résultant d'un filtrage passe-haut (35) de l'image
en multi niveaux de gris.
6. Procédé selon la revendication 5, dans lequel le filtrage est un filtrage du type
gradient.
7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel le filtrage du type gradient est modifié
(39) avec les pixels de l'image multi niveaux de gris.
8. Procédé selon la revendication 3, dans lequel on découpe (42) en bande l'image multi
niveaux de gris, pour chaque bande on effectue (43) une moyenne des pixels, et on
recherche (44) une double alternance d'une zone claire et d'une zone sombre dans chaque
bande de cette image.
9. Procédé selon l'une des revendications 4 à 8, dans lequel on effectue en parallèle
plusieurs processus différents pour rechercher une double alternance d'une zone claire
et d'une zone sombre dans une image de l'envoi et on combine (46) les résultats obtenus
par ces processus pour détecter la présence d'envois en prise multiple.
10. Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, dans lequel on exploite les profils
droit et gauche de la frontière pour déterminer des données indicatives de l'épaisseur
de l'envoi.
11. Procédé selon l'une des revendications 1 à 9, dans lequel on exploite les profils
droit et gauche de la frontière et on mesure une proportion de composantes connexes
de zones sombres incluses dans des zones claires dans l'image binaire pour déterminer
des données indicatives de l'état ouvert fermé ou encore abîmé de l'envoi.