DOMAINE TECHNIQUE ET ART ANTERIEUR
[0001] L'invention concerne un dispositif et un procédé de déplacement de petits volumes
de liquide, mettant en oeuvre des forces électrostatiques pour obtenir ce déplacement.
[0002] L'invention concerne notamment un dispositif de manipulation microfluidique discrète,
ou microfluidique en goutte, en vue d'applications chimiques ou biologiques.
[0004] Les forces utilisées pour le déplacement sont des forces électrostatiques.
[0005] Le document
FR 2 841 063 décrit un dispositif mettant en oeuvre un caténaire en regard des électrodes activées
pour le déplacement.
[0006] Le principe de ce type de déplacement est synthétisé sur les figures 1A - 1C.
[0007] Une goutte 2 repose sur un réseau 4 d'électrodes, dont elle est isolée par une couche
diélectrique 6 et une couche hydrophobe 8 (figure 1A).
[0008] Lorsque l'électrode 4-1 située à proximité de la goutte 2 est activée, la couche
diélectrique 6 et la couche hydrophobe 8, entre cette électrode activée et la goutte
polarisée par une électrode 10, agissent comme une capacité. Les effets de charge
électrostatique induisent le déplacement de la goutte sur cette électrode. L'électrode
10 peut être un caténaire, il maintient alors un contact électrique avec la goutte
pendant son déplacement comme décrit dans le document
FR - 2 841 063 (figure 2A).
[0009] La goutte peut ainsi être déplacée de proche en proche (figure 1C), sur la surface
hydrophobe 8, par activation successive des électrodes 4-1, 4-2, ... etc. et par guidage
le long du caténaire 10.
[0010] Il est donc possible de déplacer des liquides, mais aussi de les mélanger (en faisant
s'approcher des gouttes de liquides différents), et de réaliser des protocoles complexes.
[0011] Les documents cités ci-dessus donnent des exemples de mises en oeuvre de séries d'électrodes
adjacentes pour la manipulation d'une goutte dans un plan.
[0012] Ce type de déplacements est de plus en plus utilisé dans des dispositifs, en vue
d'analyses biochimiques, chimique ou biologiques, que ce soit dans le domaine médical,
ou dans la surveillance environnementale, ou dans le domaine du contrôle de qualité.
[0013] Dans certains cas, il se pose le problème d'effectuer un déplacement et une détection
d'une caractéristique d'un volume de liquide déplacé ou à déplacer.
[0014] Il se pose alors souvent le problème du nombre de contacts sur la puce sur laquelle
le déplacement a lieu, ainsi que le problème de la manière d'amener la goutte à analyser
vers une zone de détection.
[0015] C'est notamment le cas, mais pas seulement, lorsque déplacement de goutte et détection,
par exemple d'un produit solubilisé dans cette goutte, sont parfaitement dissociés.
[0016] Il se pose donc le problème de trouver un nouveau dispositif permettant plus aisément
de déplacer et d'analyser ou de traiter des gouttes ou des micro-gouttes de petits
volumes de liquide.
EXPOSE DE L'INVENTION
[0017] L'invention concerne un dispositif de déplacement d'un petit volume de liquide sous
l'effet d'une commande électrique, comportant un premier substrat à surface hydrophobe
muni de premiers moyens électriquement conducteurs, des deuxièmes moyens électriquement
conducteurs disposés en vis-à-vis des premiers moyens conducteurs, ou en correspondance
de ces premiers moyens, ou en vis-à-vis de la portion de la surface hydrophobe qui
recouvre les premiers moyens électriquement conducteurs,
caractérisé en ce qu'il comporte des troisièmes moyens conducteurs, formant avec les deuxièmes moyens conducteurs
des moyens d'analyse ou pour induire une réaction ou des moyens de chauffage d'un
volume de liquide.
[0018] L'un des deuxième et troisième moyens électriquement conducteurs peut être utilisé
dans la phase de déplacement des gouttes de liquides d'intérêt afin d'amener la goutte
sur la zone souhaitée des premiers moyens électriquement conducteurs, les deuxièmes
moyens électriquement conducteurs étant associés aux troisièmes moyens en un couple,
par exemple un couple d'électrodes en contact électrique avec la goutte ou le liquide,
de manière à réaliser, par exemple, une détection électrochimique d'une espèce rédox
présente dans la ou les gouttes (détection à deux électrodes), ou un système électrophorétique,
ou un système de chauffage ou d'autres réactions.
[0019] Ainsi, l'un des deuxièmes et troisièmes moyens électriquement conducteurs joue deux
fonctions.
[0020] D'abord, seul et en combinaison avec les électrodes sous-jacentes, une fonction de
déplacement est assurée par la mise sous tension de la goutte pour l'électromouillage.
[0021] Puis, couplés aux autres moyens parmi les deuxièmes et troisièmes moyens électriquement
conducteurs, une deuxième fonction est assurée, qui est une fonction de détection,
par exemple électrochimique.
[0022] Les deuxièmes moyens électriquement conducteurs seront alors soit une électrode de
travail, soit une contre-électrode.
[0023] Ces deuxièmes moyens feront office à la fois d'électrode de référence et de contre-électrode,
le rôle de la seconde électrode étant fonction de celui de la première.
[0024] Selon un mode de réalisation, les deuxièmes moyens conducteurs comportent un caténaire
ou un fil, sensiblement parallèle à la surface hydrophobe.
[0025] Le caténaire ou le fil peut être non enterré dans le premier substrat, à une distance
non nulle de la surface hydrophobe, par exemple comprise entre 1 µm et 100 µm ou 500
µm
[0026] Les troisièmes moyens conducteurs peuvent comporter également un caténaire ou un
fil, qui peut être non enterré dans le premier substrat, à une distance non nulle
de la surface hydrophobe, par exemple comprise entre 1 µm et 100 µm ou 500 µm.
[0027] Les deux caténaires ou fils peuvent être parallèles entre eux et à la surface hydrophobe.
[0028] Les deux caténaires ou fils peuvent ne pas être parallèles entre eux, mais rester
parallèles à la surface hydrophobe.
[0029] L'un des caténaires peut être enterré sous la surface hydrophobe.
[0030] Les caténaires peuvent être dirigés de manière sensiblement parallèle entre eux.
[0031] Les troisièmes moyens conducteurs peuvent comporter un conducteur plan enterré sous
la surface hydrophobe.
[0032] Les deuxièmes moyens conducteurs peuvent comporter un caténaire ou un fil enterré
sous la surface hydrophobe.
[0033] Les troisièmes moyens conducteurs peuvent alors comporter également un caténaire
ou un fil enterré, les deux caténaires enterrés étant dirigés de manière sensiblement
parallèle entre eux.
[0034] Les troisièmes moyens conducteurs peuvent comporter une électrode plane enterrée
sous la surface hydrophobe.
[0035] Les deuxièmes moyens conducteurs peuvent comporter une électrode plane enterrée.
[0036] Les troisièmes moyens conducteurs peuvent alors comporter un conducteur enterré,
de forme plane ou filaire.
[0037] Les troisièmes moyens conducteurs peuvent comporter un caténaire ou un fil dirigée
perpendiculairement au caténaire ou fil des deuxièmes moyens électriquement conducteurs.
[0038] Un dispositif tel que décrit ci-dessus peut comporter en outre un deuxième substrat
à surface hydrophobe, ce deuxième substrat conférant à l'ensemble une structure confinée.
[0039] Il peut aussi comporter en outre un deuxième substrat à surface hydrophobe, ce deuxième
substrat conférant à l'ensemble une structure confinée, le troisième conducteur étant
enterré dans le deuxième substrat, sous sa surface hydrophobe.
[0040] Le troisième conducteur peut alors être sous forme de caténaire ou de fil enterré,
ou bien sous forme d'un conducteur plan enterré.
[0041] Dans un tel dispositif, la surface du deuxième substrat peut être localement ajourée
pour former une zone de contact entre une goutte de liquide positionnée entre les
deux substrats et le troisième conducteur.
[0042] Le deuxième substrat peut aussi être disposé à une distance du premier substrat comprise
entre 10 µm et 100 µm ou 500 µm.
[0043] Un dispositif tel que décrit ci-dessus peut comporter en outre un deuxième substrat
à surface hydrophobe, ce deuxième substrat conférant à l'ensemble une structure confinée,
le deuxième et le troisième conducteurs étant enterrés dans le deuxième substrat,
sous sa surface hydrophobe.
[0044] Les deuxième et troisième conducteurs peuvent alors être chacun sous forme de caténaire
ou de fil.
[0045] L'invention concerne également un procédé de traitement d'une goutte de liquide,
par exemple par réaction ou détection électrochimique ou par électrophorèse ou par
effet Joule, ou de traitement d'une cellule par lyse cellulaire ou par électroporation,
comportant :
- la mise en contact d'une goutte de liquide avec les électrodes d'un dispositif tel
que décrit ci- dessus,
- l'application d'une différence de potentiel entre les deuxième et troisième moyens
conducteurs.
[0046] Les deuxièmes moyens électriquement conducteurs, ou les deux électrodes, peuvent
donc par exemple assurer une séparation électrophorétique et/ou une fonction de chauffage.
[0047] Dans un dispositif selon l'invention, le basculement d'une configuration de déplacement
à une configuration de réaction ou de lecture ou chauffage peut être rapide, permettant
de traiter plusieurs gouttes les unes après les autres, dans un protocole de dosage
en flux continu, par exemple, ou pour des analyses à haut débits.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0048]
- Les figures 1A - 1C illustrent le principe du déplacement d'une goutte sur une matrice
d'électrodes par électromouillage,
- les figures 2A à 2C illustrent un mode de réalisation de l'invention,
- les figures 3A - 9B illustrent d'autres variantes et d'autres modes de réalisation
de l'invention,
- les figures 10A et 10B illustrent des variantes en deux dimensions de l'invention,
- la figure 11 illustre la détection entre deux caténaires du couple FeII/III.
- la figure 12 illustre la détection électrochimique d'une espèce générée par une enzyme.
- les figures 13a et 13b sont des représentations schématiques d'un exemple de mise
en oeuvre d'un dispositif selon la présente invention permettant le calibrage d'une
goutte de liquide lors de différentes étapes de calibration;
DESCRIPTION DETAILLEE DE MODES DE REALISATION DE L'INVENTION
[0049] Un premier exemple de réalisation de l'invention est illustré sur les figures 2A
et 2B.
[0050] Un dispositif, ou composant microfluidique, selon l'invention comporte un substrat
inférieur 20, muni d'une matrice 24 d'électrodes indépendantes.
[0051] Chacune de ces électrodes 24 est connectée électriquement à un conducteur 26.
[0052] Les électrodes 24 sont recouvertes d'une couche isolante 28 et d'une couche hydrophobe
29.
[0053] Le caractère hydrophobe de cette couche signifie qu'une goutte 22 a un angle de contact,
sur cette couche, supérieur à 90°.
[0054] Une couche unique peut combiner ces deux fonctions, par exemple une couche en téflon.
[0055] Ce dispositif comporte un premier caténaire 30, permettant l'électromouillage, et
un deuxième caténaire 32 formant un couple d'électrode avec le premier caténaire 30.
[0056] Le premier caténaire se situe en vis-à-vis des électrodes 24, ou de la portion de
la surface hydrophobe 29 située au-dessus des électrodes 24.
[0057] Des moyens d'alimentation 34 relient ces diverses électrodes entre elles.
[0058] Sur les figures 2A - 2B, ces moyens d'alimentation peuvent être commutés de deux
façons, à l'aide de moyens de commutation 33.
[0059] Tout d'abord, pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes
24 est/sont sous tension, ainsi que le caténaire 30 cette configuration est illustrée
en figure 2A ; comme déjà expliqué ci-dessus, l'activation d'une des électrodes 24
va induire un déplacement de la goutte 22.
[0060] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée à chacun des caténaires 30 et 32,
générant une différence de potentiel non nulle entre ces deux caténaires, ce qui peut
induire une réaction électrochimique dans la goutte 22, et/ou un chauffage de cette
goutte, et/ou une détection ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction de
type lyse cellulaire dans cette goutte s'il y a la présence d'une cellule dans la
goutte.
[0061] Cette configuration est illustrée en figure 2B.
[0062] Eventuellement, avec des moyens de commutation, ou à l'aide de deuxièmes moyens générateurs
de tension, non représentés sur les figures 2A - 2B, une tension peut être appliquée
à une ou plusieurs des électrodes 24, simultanément à la tension appliquée entre les
caténaires 30 et 32, ce qui permet d'occasionner, en même temps que la réaction ci-dessus,
un déplacement de la goutte 22.
[0063] L'utilisation de deux électrodes 30, 32 en forme de caténaires, parallèles entre
eux et à l'alignement des électrodes 24, permet de réaliser la réaction souhaitée
dans la goutte à tout endroit voulu de cet alignement. Il est possible d'amener la
goutte au-dessus de l'une quelconque des électrodes 24 et d'y produire la réaction
souhaitée par activation d'une différence de potentielle non nulle entre les deux
caténaires 30 et 32.
[0064] L'un des deux caténaires est donc bifonctionnel et peut être utilisé pour un déplacement
sur la surface hydrophobe 29 ou pour toute réaction électrochimique ou toute autre
réaction pour laquelle il y a le besoin de deux électrodes (par exemple : électrophorèse,
électroporation, lyse cellulaire).
[0065] Selon une variante, représentée sur la figure 2C, le deuxième conducteur peut être
disposé selon une direction différente du premier conducteur. Par exemple, le caténaire
30 est maintenu parallèle à l'alignement des électrodes 24, tandis que le deuxième
caténaire est dirigé sensiblement perpendiculairement au premier caténaire, mais parallèlement
au plan de la couche 29 et du substrat 20, ou bien (figure 2C) est dirigé sensiblement
perpendiculairement au plan de la couche 29 et du substrat 20.
[0066] Le déplacement de la goutte 22 de liquide a lieu de la même manière que ci-dessus,
tandis qu'une réaction ou un chauffage est induit par établissement d'une différence
de potentiel non nulle entre les électrodes 30 et 32.
[0067] Une variante du dispositif décrit ci-dessus est représentée en figures 3A et 3B,
sur lesquelles des références numériques identiques à celles des figures 2A - 2C y
désignent des éléments identiques ou similaires.
[0068] Un des caténaires est encore situé au-dessus du substrat (ici le caténaire 30, mais
ce pourrait être le caténaire 32). Une autre électrode 40, ici un caténaire, est enterrée
dans le substrat 20, par exemple sous la couche hydrophobe 29. Cette électrode enterrée
peut être plane, au lieu d'être un caténaire.
[0069] Pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes 24 est/sont
sous tension, ainsi que, par exemple, le caténaire 30. Ce pourrait être aussi l'électrode
40 qui soit sous tension à la place du caténaire 30 ; cette configuration est illustrée
en figure 3A ; comme déjà expliqué ci-dessus, l'activation d'une des électrodes 24
va induire un déplacement de la goutte 22.
[0070] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée entre les caténaires 30 et 40,
générant une différence de potentiel entre ces deux caténaires, ce qui peut induire
une réaction/détection électrochimique dans la goutte 22, et/ou un chauffage de cette
goutte, et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction de type lyse cellulaire
de cellules présentes dans la goutte.
[0071] Cette configuration est illustrée en figure 3B.
[0072] Là encore, déplacement et réaction ou chauffage peuvent être simultanés, à l'aide
de moyens de commutation adéquats ou de deuxièmes moyens générateurs de tension.
[0073] Encore une autre variante de ce dispositif est représentée en figures 4A et 4B, sur
lesquelles des références numériques identiques à celles des figures 2A - 2C y désignent
des éléments identiques ou similaires.
[0074] Aucun des caténaires n'est plus situé au-dessus du substrat. Par contre, deux caténaires
50 et 52 sont enterrés dans le substrat 20, par exemple sous la couche hydrophobe
29.
[0075] La figure 4A représente une vue longitudinale du dispositif, sur laquelle un seul
des deux caténaires enterrés est visible, cachant le deuxième, tandis que la figure
4B représente une vue en coupe AA' du dispositif, sur laquelle les deux caténaires
enterrés 50, 52 sont visibles, au-dessus d'une électrode 24-1 qui cache les autres
électrodes du réseau 24. Sur cette figure 4B sont également représentés les moyens
34 générateurs de tension ainsi que les moyens 33 de commutation.
[0076] Pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes 24 est/sont
sous tension, ainsi que, par exemple, le caténaire 52 ; cette configuration est illustrée
en figures 4A et 4B ; comme déjà expliqué ci-dessus, l'activation d'une des électrodes
24 va induire un déplacement de la goutte 22.
[0077] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée à chacun des caténaires 50 et 52
à l'aide des moyens 34 et 33 (situation non représentée sur las figures), générant
une différence de potentiel non nulle entre ces deux caténaires, ce qui peut induire
un chauffage de cette goutte, et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction
de type lyse cellulaire de cette goutte.
[0078] L'invention concerne également d'autres modes de réalisation, notamment du type confiné,
avec un substrat supérieur.
[0079] Ainsi, selon un autre mode de réalisation, il est possible de réaliser un dispositif
en système dit fermé, avec un substrat supérieur qui confine la goutte.
[0080] Un tel mode de réalisation est illustré en figure 5, sur laquelle des références
numériques identiques à celles des figures 2A - 2B y désignent des éléments identiques
ou similaires.
[0081] Un substrat supérieur 120 comporte une couche hydrophobe 129, par exemple en téflon.
Comme la couche 29, elle est en contact avec la goutte 22.
[0082] Les deux conducteurs 30, 32, sont situés dans cet exemple entre les deux substrats
20, 120 et sont tous deux en contact direct, mécanique et électrique, avec la goutte
22.
[0083] Le fonctionnement de ce type de dispositif est le même que celui exposé ci-dessus
en liaison avec les figures 2A et 2B, la seule différence résidant dans le confinement
de la goutte.
[0084] Sur la figure 5, le dispositif est représenté en position de déplacement de la goutte,
une réaction ou un chauffage étant induit par commutation des moyens 33 de commutation.
Là encore, déplacement et réaction ou chauffage peuvent être induits simultanément,
par des moyens de commutation appropriés ou à l'aide d'une deuxième source de tension.
[0085] Selon une variante de ce mode de réalisation, l'un des deux conducteurs permettant
d'induire une réaction dans la goutte peut être enterré dans le substrat inférieur
20.
[0086] Par exemple, sur la figure 6, sur laquelle des références numériques identiques à
celles des figures 2A - 2C y désignent des éléments identiques ou similaires, un des
caténaires est encore situé au-dessus du substrat (ici le caténaire 30, mais ce pourrait
être le caténaire 32). Une autre électrode 60, par exemple un caténaire, est enterrée
dans le substrat 20, par exemple sous la couche hydrophobe 29, laissant seul le conducteur
30 au contact mécanique et électrique de la goutte.
[0087] Ce mode de réalisation permet un déplacement de la goutte à l'aide des conducteurs
24 et du conducteur 30, et l'induction d'une réaction avec l'application d'une différence
de tensions entre les conducteurs 60 et 30 (ce qui est représenté sur la figure 6).
[0088] L'électrode enterrée 60 peut avoir la forme soit d'un conducteur linéaire ou d'un
caténaire, soit la forme d'un conducteur plan.
[0089] Lorsqu'elle a la forme d'un conducteur linéaire, elle peut être orientée selon une
direction non nécessairement parallèle à la direction du caténaire 30, comme illustré
sur la figure 6, sur laquelle les deux caténaires sont sensiblement perpendiculaires
; et l'avantage de cette structure est alors qu'une seule goutte à la fois est en
contact électrique avec les deux électrodes. Ou bien les deux électrodes 30, 60 peuvent
être parallèles entre elles (par exemple comme illustré sur les figures 3A et 3B)
, ce qui permet de réaliser la réaction souhaitée à tout endroit au-dessus des électrodes
24. Le même avantage est offert lorsque l'électrode enterrée 60 a la forme d'un conducteur
plan.
[0090] Pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes 24 est/sont
sous tension, ainsi que le caténaire 30 ; comme déjà expliqué ci-dessus, l'activation
d'une des électrodes 24 va induire un déplacement de la goutte 22.
[0091] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée à chacun des caténaires 30 et 60,
générant une différence de potentiel entre ces deux caténaires, ce qui peut induire
une réaction électrochimique dans la goutte 22, et/ou un chauffage de cette goutte,
et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction de type lyse cellulaire de
cette goutte. Cette configuration est illustrée en figure 6
[0092] Selon encore une autre variante de ce mode de réalisation, l'un des deux conducteurs
permettant d'induire une réaction dans la goutte peut être enterré dans le substrat
supérieur 120.
[0093] Par exemple, sur la figure 7, sur laquelle des références numériques identiques à
celles des figures 2A - 2C y désignent des éléments identiques ou similaires, un des
caténaires est encore situé au - dessus du substrat (ici le caténaire 30, mais ce
pourrait être le caténaire 32).
[0094] Une autre électrode 70, par exemple un caténaire, est enterrée dans le substrat 120,
par exemple sous la couche hydrophobe 129, laissant seul le conducteur 30 au contact
mécanique et électrique de la goutte.
[0095] Ce mode de réalisation permet un déplacement de la goutte à l'aide des conducteurs
24 et du conducteur 30, et l'induction d'une réaction avec l'application d'une différence
de tensions entre les conducteurs 70 et 30.
[0096] L'électrode enterrée 70 peut avoir la forme soit d'un conducteur linéaire ou d'un
caténaire, soit la forme d'un conducteur plan.
[0097] Lorsqu'elle a la forme d'un conducteur linéaire, elle peut être orientée selon une
direction non nécessairement parallèle à la direction du caténaire 30 (comme illustré
sur la figure 7, sur laquelle les deux caténaires sont sensiblement perpendiculaires),
ou bien les deux conducteurs peuvent être parallèles entre eux (par exemple comme
illustré sur les figures 3A et 3B), ce qui permet de réaliser la réaction souhaitée
à tout endroit au-dessus des électrodes 24. Le même avantage est offert lorsque l'électrode
enterrée 70 a la forme d'un conducteur plan.
[0098] Pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes 24 est/sont
sous tension, ainsi que le caténaire 30 ; cette configuration est illustrée en figure
7 ; comme déjà expliqué ci-dessus, l'activation d'une des électrodes 24 va induire
un déplacement de la goutte 22.
[0099] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée à chacune des électrodes 30 et
70, générant une différence de potentiel non nulle entre elles, ce qui peut induire
une réaction électrochimique dans la goutte 22, et/ou un chauffage de cette goutte,
et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction de type lyse cellulaire dans
cette goutte.
[0100] Selon encore une autre variante, chacun des deux conducteurs permettant d'induire
une réaction dans la goutte est enterré dans l'un des substrats.
[0101] Ainsi, sur la figure 8A, sur laquelle des références numériques identiques à celles
des figures 2A - 2C y désignent des éléments identiques ou similaires, un des caténaires
est enterré dans le substrat 20, par exemple sous la couche hydrophobe 29.
[0102] L'autre électrode 130, par exemple un caténaire, est enterrée dans le substrat 120,
par exemple par-dessus la couche hydrophobe 129.
[0103] Aucun des conducteurs n'est en contact mécanique avec la goutte.
[0104] Ce mode de réalisation permet un déplacement de la goutte à l'aide des conducteurs
24 et du conducteur 50 et l'induction d'une réaction avec l'application d'une différence
de tensions entre les conducteurs 130 et 50.
[0105] Chacune des électrodes enterrées 50, 130 peut avoir la forme soit d'un conducteur
linéaire ou d'un caténaire, soit la forme d'un conducteur plan.
[0106] Lorsqu'elles ont toutes deux la forme d'un conducteur linéaire, elles peuvent être
orientées selon des directions non nécessairement parallèles entre elles (comme illustré
sur la figure 7, sur laquelle les deux caténaires sont sensiblement perpendiculaires),
ou bien les deux conducteurs peuvent être parallèles entre eux (par exemple comme
illustré sur la figure 8A) ce qui permet de réaliser la réaction ou la détection souhaitée
à tout endroit au-dessus des électrodes 24. Le même avantage est offert lorsque l'une
des deux électrodes enterrées a la forme d'un conducteur plan (notamment celle du
substrat 120) tandis que l'autre a la forme d'un conducteur linéaire aligné au-dessus
des électrodes 24, ou lorsque les deux électrodes ont chacune la forme d'un conducteur
plan.
[0107] Pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes 24 est/sont
sous tension, ainsi que l'électrode 50 ; cette configuration est illustrée en figure
8A ; comme déjà expliqué ci-dessus, l'activation d'une des électrodes 24 va induire
un déplacement de la goutte 22.
[0108] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée à chacune des électrodes 130 et
50, générant une différence de potentiel non nulle entre elles, ce qui peut induire
un chauffage dans la goutte 22, et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction
de type lyse cellulaire dans cette goutte s'il y a des cellules dans la goutte.
[0109] Selon une variante de ce mode de réalisation, illustrée sur la figure 8B, sur laquelle
des références numériques identiques à celles des figures 2A - 2C y désignent des
éléments identiques ou similaires, l'un des conducteurs enterrés, par exemple le conducteur
130 du substrat supérieur 120, est localement en contact physique avec la goutte 22
du fait d'une ouverture 127 pratiquée dans la couche hydrophobe 129, par exemple par
lithographie puis gravure de cette couche 129.
[0110] Dans ce cas, pour des mesures, une tension est appliquée à chacune des électrodes
130 et 50, générant une différence de potentiel entre ces deux électrodes, ce qui
peut induire :
- une réaction électrochimique dans la goutte 22 lorsqu'elle est en contact direct avec
l'électrode 130 par l'ouverture 127,
- et/ou, quelle que soit la position de la goutte par rapport à l'ouverture 127, un
chauffage de cette goutte et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction
de type lyse cellulaire dans cette goutte s'il y a des cellules dans cette goutte.
[0111] On peut avoir une variante dans laquelle l'ouverture est pratiquée dans la couche
29 du substrat inférieur, en vue d'un contact entre la goutte 22 et le conducteur
50.
[0112] Selon encore une autre variante de ce dispositif, les deux électrodes sont toutes
deux situées, soit dans le substrat inférieur, soit dans le substrat supérieur. Aucune
des électrodes n'est plus située en contact mécanique avec la goutte.
[0113] Le cas de deux électrodes enterrées dans le substrat inférieur est similaire au cas
exposé ci-dessus en liaison avec les figures 4A - 4B, auquel un substrat supérieur
120 tel que celui de la figure 6 serait ajouté pour confiner la goutte 22.
[0114] Le cas de deux électrodes enterrées dans le substrat supérieur est illustré sur les
figures 9A - 9B, sur lesquelles des références numériques identiques à celles des
figures 2A - 2C y désignent des éléments identiques ou similaires.
[0115] Deux caténaires 130 et 132 sont enterrés dans le substrat 120, par exemple sous la
couche hydrophobe 129.
[0116] La figure 9A représente une vue longitudinale du dispositif, sur laquelle un seul
des deux caténaires enterrés est visible, cachant le deuxième.
[0117] La figure 9B représente une vue en coupe BB' du dispositif, sur laquelle les deux
caténaires enterrés 130, 132 sont visibles, au-dessus d'une électrode 24-1 qui cache
les autres électrodes du réseau 24.
[0118] Pour un déplacement d'une goutte 22, une ou plusieurs des électrodes 24 est/sont
sous tension, ainsi que, par exemple, le caténaire 130 ; comme déjà expliqué ci-dessus,
l'activation d'une des électrodes 24 va induire un déplacement de la goutte 22.
[0119] Puis, pour des mesures, une tension est appliquée à chacun des caténaires 130 et
132, générant une différence de potentiel entre ces deux caténaires, ce qui peut induire
un chauffage de cette goutte, et/ou une réaction d'électroporation et/ou une réaction
de type lyse cellulaire dans cette goutte (cette configuration est illustrée en figures
9A et 9B).
[0120] L'invention peut être mise en oeuvre avec une rangée d'électrodes 24, donc un arrangement
linéaire de ces électrodes.
[0121] Ces électrodes peuvent cependant, dans le cadre de l'invention, être disposées selon
tout schéma, et en particulier en 2 dimensions.
[0122] Un autre aspect de l'invention est donc représenté par les figures 10A et 10B sur
lesquelles des références numériques identiques à celles des figures 2A - 2C y désignent
des éléments identiques ou similaires.
[0123] Sur la figure 10A, le substrat 20 supporte une matrice d'électrodes 24, réparties
en lignes et en colonnes, recouvertes d'une couche isolante 28 et d'une couche hydrophobe
29.
[0124] Plusieurs couples de micro-caténaires 30,32 sont mis en parallèles suivant les lignes
d'électrodes.
[0125] Ces micro-caténaires peuvent être positionnées à une distance donnée de la surface
du substrat grâce à des espaceurs 70.
[0126] De cette manière, il est possible de travailler en parallèle sur plusieurs lignes
d'électrodes, et de déplacer plusieurs gouttes par des méthodes précédemment décrites.
[0127] La technique des espaceurs peut aussi être utilisée en liaison avec les autres modes
de réalisation afin de maintenir un caténaire à une distance prédéterminée de la couche
hydrophobe 29.
[0128] Un autre aspect de l'invention est représenté sur la figure 10B.
[0129] Le substrat 20 supporte une matrice d'électrodes 24, réparties en lignes et en colonnes,
recouvertes d'une fine couche isolante 28 et d'une couche hydrophobe 29.
[0130] Une première série de micro-caténaires 30,32 est mise en parallèle suivant les lignes
d'électrodes.
[0131] Ces micro-caténaires sont positionnées à une distance donnée de la surface du substrat
grâce à des espaceurs 70.
[0132] Une deuxième série de micro-caténaires 130, 132 est mise en parallèle mais placée
perpendiculairement à la série de micro-caténaires 30, 32, c'est-à-dire suivant la
direction des colonnes d'électrodes 24.
[0133] Ces micro-caténaires sont positionnées à une distance donnée de la surface du substrat
grâce à des espaceurs 72.
[0134] Les espaceurs 70. et 72 peuvent être de hauteurs différentes. Ainsi, il est possible
de déplacer des gouttes suivant deux directions perpendiculaires.
[0135] Pour ce qui concerne la réaction ou le chauffage à induire dans une goutte de liquide,
ces modes de réalisation 2D fonctionnent de la même manière que ce qui a été décrit
ci-dessus en liaison avec les figures 2A-9B
: l'activation de deux électrodes voisines 30,32 ou 130,132 induit une différence de
potentiel entre ces deux électrodes et une réaction ou un chauffage dans le liquide
de la goutte.
[0136] Les électrodes de ces modes de réalisation 2D sont reliées à des moyens de commutation,
non représentés sur les figures 10A et 10B mais de manière analogue à ce qui a été
décrit ci-dessus en liaison avec les figures précédentes.
[0137] Ces modes de réalisations 2D peuvent également mettre en oeuvre les caractéristiques
suivantes, prises seules ou en combinaison :
- une ou deux électrodes enterrées pour une ou plusieurs lignes et/ou colonnes d'électrodes
24,
- un deuxième substrat de confinement, muni d'une surface hydrophobe, avec éventuellement,
là encore, une ou deux électrodes enterrées pour une ou plusieurs lignes et/ou colonnes
d'électrodes 24. La surface hydrophobe de ce deuxième substrat peut être munie d'ouvertures
de contact telle que l'ouverture 127 de la figure 8B.
[0138] D'une manière générale, dans les modes de réalisation mettant en oeuvre un ou des
conducteur(s) enterré(s), l'économie est faite d'une étape de câblage filaire ; en
outre (la surface mouillée est seulement localisée sur les surfaces hydrophobes 29
et 129) sont alors utilisées au mieux les propriétés de mouillage de la couche 29,
129 correspondante.
[0139] Typiquement, la distance entre les conducteurs 30, 32 (figures 2A - 3B, 5 - 7) d'une
part et la surface hydrophobe 29 est par exemple comprise entre 1 µm et 100 µm ou
500 µm.
[0140] Les caténaires 30, 32 se présentent par exemple sous la forme de fils de diamètre
compris entre 10 µm et quelques centaines de µm, par exemple 200 µm. Ces fils peuvent
être des fils d'or ou d'aluminium ou de tungstène ou d'autres matériaux conducteurs.
[0141] L'électrode enterrée est obtenue par dépôt, puis gravure d'une fine couche d'un métal
choisi parmi Au, Al, Ito, Pt, Cu, Cr, ... grâce aux technologie classiques de microtechnologies.
L'épaisseur est de quelques dizaines de nm à quelques µm. La largeur du motif est
de quelques µm à quelques nm (électrodes planes).
[0142] Lorsque deux substrats 20, 120 sont utilisés (figures 5 - 9B), ils sont distants
d'une distance comprise entre, par exemple, 10 µm et 100 µm ou 500 µm.
[0143] Quel que soit le mode de réalisation considéré, une goutte de liquide 22 aura un
volume compris entre, par exemple, 1 nanolitre et quelques microlitres, par exemple
entre 1 nl et 5 µl ou 10 µl.
[0144] En outre chacune des électrodes 24 aura par exemple une surface de l'ordre de quelques
dizaines de µm
2 (par exemple 10 µm
2) jusqu'à 1 mm
2, selon la taille des gouttes à transporter, l'espacement entre électrodes voisines
étant par exemple compris entre 1 µm et 10 µm.
[0145] La structuration des électrodes 24 peut être obtenue par des méthodes classiques
des microtechnologies, par exemple par photolithographie. Les électrodes 24 sont réalisées
par dépôt d'une couche métallique (Au, Al, ITO, Pt, Cr, Cu, ...) par photolithographie.
[0146] Le substrat est ensuite recouvert d'une couche diélectrique en Si
3N
4, SiO
2, ... Enfin, un dépôt d'une couche hydrophobe est effectué, comme par exemple un dépôt
de Téflon réalisé à la tournette.
[0147] Des procédés de réalisation de puces incorporant un dispositif selon l'invention
peuvent être directement dérivés des procédés décrits dans le document
FR - 2 841 063 : au lieu de réaliser un caténaire par rangée d'électrodes, on en réalise deux, ou
bien on réalise un conducteur plan enterré et un caténaire.
[0148] Des conducteurs, et notamment des caténaires, enterrés peuvent être réalisés par
dépôt d'une couche conductrice et gravure de cette couche suivant le motif approprié
de conducteurs, avant dépôt de la couche hydrophobe.
[0149] Un exemple de détection électrochimique d'une espèce rédox va être donné. Cette détection
est réalisée en utilisant un dispositif selon l'invention, par exemple le dispositif
des figures 2A - 2B.
[0150] Une goutte de 1µl d'une solution de ferri/ferrocyanure de potassium (10
-2M) est déposée sur la surface hydrophobe 29.
[0151] Cette goutte est en contact avec les deux caténaires 30, 32.
[0152] Lors de la mesure, le caténaire 30 ayant servi au déplacement joue le rôle d'électrode
de travail alors que la seconde électrode 32 joue le rôle de contre-électrode et d'électrode
de référence.
[0153] Une mesure électrochimique est alors réalisée en voltampérométrie cyclique par balayage
en potentiels entre -400mV et +300mV par rapport à l'électrode de référence;
[0154] Comme le montre la figure 11, un système rédox classique du couple Fe
II/Fe
III est obtenu.
[0155] Plus généralement, l'électrochimie permet de décrire les phénomènes chimiques couplés
à des échanges réciproques d'énergie électrique.
[0156] La réaction électrochimique qui se produit à la surface d'une électrode est le résultat
du transfert de charge électrique à travers l'interface entre celle-ci et une espèce
électroactive (dans un sens ou dans l'autre).
[0157] En général, deux électrodes (électrode de travail et contre-électrode) sont immergées
dans une solution électrolytique contenant une espèce électroactive.
[0158] Une troisième électrode (électrode de référence) sert à référencer le potentiel de
l'électrode de travail.
[0159] Ainsi, lorsque deux électrodes sont connectées par un circuit de résistance non infinie
(l'électrolyte est conducteur), le courant non nul circule dans la cellule électrochimique.
Cette circulation implique trois mécanismes différents :
- dans les électrodes, le courant circule par déplacement des électrons (porteurs de
charges),
- aux interfaces électrode/liquide, le courant circule par le biais de réactions rédox
qui s'y déroulent (transfert d'électrons entre électrode et solution ou espèce rédox),
- dans la solution, le courant circule par déplacement des ions (porteurs de charges).
[0160] Il est également possible de réaliser cette mesure électrochimique entre deux électrodes,
par exemple les électrodes de l'un des dispositifs tels que décrit ci-dessus en relation
avec les figures 2A - 2B, 3A - 3B, 5 - 7, 8B, 10A - 10B :
- l'une des électrodes du dispositif joue le rôle d'électrode de travail,
- l'autre, la seconde électrode, joue à la fois le rôle de contre-électrode et d'électrode
de référence.
[0161] L'électrophorèse est un procédé connu permettant la séparation d'espèces chargées.
En effet des molécules chargées présentent dans un champ électrique se mettront à
migrer vers l'électrodes de charge opposée. La vitesse de migration dépendra du ratio
charge/masse de la molécule, ce qui permet de séparer efficacement des espèces moléculaires
de charges/masse différentes.
[0162] Les électrodes d'un dispositif selon l'invention, notamment tel que décrit ci-dessus
en liaison avec les figures 2A - 10B, peuvent servir à induire une telle réaction
d'électrophorèse dans une goutte de liquide.
[0163] Les électrodes d'un dispositif selon l'invention, notamment tel que décrit ci-dessus
en liaison avec les figures 2A - 10B, peuvent également servir en tant que résistance
chauffante :
- soit par contact, les électrodes chauffant et transférant la chaleur au liquide de
la goutte 22,
- soit en faisant passer un courant entre les deux électrodes, en utilisant le liquide
de la goutte comme une résistance qui s'échauffe par effet Joule. Dans ce cas, il
n'est pas nécessaire qu'un contact direct, mécanique, soit établi entre le liquide
de la goutte et au moins une des électrodes Ce type de chauffage peut être induit
par exemple dans la configuration des figures 9A et 9B.
[0164] L'invention permet de mettre en oeuvre des détections ou réactions électrochimiques,
lorsqu'une au moins des deux électrodes est en contact physique avec la goutte.
[0165] Elle permet également de mettre en oeuvre des réactions d'électrophorèse, ou un chauffage
du liquide de la goutte 22.
[0166] L'invention peut également s'appliquer à des procédés d'électroporation, qui permettent
d'ouvrir ou de modifier la membrane d'une cellule (qui est alors la goutte 22) et
de faire ainsi rentrer dans la cellule d'autres produits chimiques, amenés par transport
à l'aide des électrodes de la manière décrite ci-dessus, ou bien amenés manuellement,
par exemple à l'aide d'une pipette.
[0167] Elle peut également s'appliquer à des procédés de lyse cellulaire, qui permettent
d'éclater la membrane d'une cellule, par exemple avec une différence de tensions,
appliquées aux deux électrodes 30, 32, d'environ quelques Volts, par exemple environ
100 V/mm.
[0168] Un premier exemple de détection électrochimique d'une espèce redox a été donné en
liaison avec la figure 11.
[0169] Un deuxième exemple concerne la détection électrochimique d'une espèce générée par
une enzyme.
[0170] Un premier mélange réactionnel est préparé comme suit : tampon phosphate-citrate
50 mM, pH 6,5 (10 ml), o-phénylène diamine (OPD, 20 mg) et eau oxygénée (4 µl).
[0171] Un second mélange est préparé comme suit : eau MilliQ (9 µl) et « horse radish »
peroxydase (1 µl à 20 µM). Une goutte de 0.5 µl du premier mélange est mise à converger
sur la puce vers une goutte de 0.5 µl du second mélange en appliquant une tension
de 50V. Lors de ce déplacement seul le caténaire 30 intervient. Après 5 minutes de
réaction à température ambiante et à l'abri de la lumière, le produit de la réaction
enzymatique est détecté par voltampérométrie pulsée différentielle en utilisant comme
couple d'électrodes les caténaires 30 et 32, le caténaire 30 servant d'électrode de
travail et le caténaire 32 servant à la fois de contre-électrode et d'électrode de
référence. Ainsi, un pic d'oxydoréduction est obtenu à -480mV correspondant à la réduction
du produit enzymatique généré (voir figure 12).
[0172] Un deuxième exemple concerne le déplacement d'une goutte suivi d'une variation localisée
de pH électrocommandée.
[0173] Pour certaines applications, on déplace une goutte d'un milieu réactionnel et ensuite
on fait varier le pH pour arrêter ou bien commencer une réaction. Ici on fait varier
ce pH électrochimiquement en utilisant l'invention.
[0174] Une goutte de solution tamponnée (PBS pH 7.4) contenant un indicateur coloré, le
rouge de crésol à 1mM, est déposée sur la puce puis déplacée sur celle-ci en appliquant
une tension de 50V. Un potentiel de -1,4V pendant 10 s est ensuite appliqué entre
les deux caténaires, 30 et 32, provoquant ainsi l'hydrolyse de l'eau et la génération
d'ions OH
-. Ces ions OH
- rendent basique la solution, d'où l'apparition d'une coloration rouge indicatrice
d'un pH supérieur à 8.8. Lorsque la tension est coupée, le tampon compense alors le
pH et la coloration rouge disparaît.
[0175] Sur les figures 13a et 13b, on peut voir un dispositif selon la présente invention,
utilisant les deux caténaires 30, 32, et permettant un contrôle de la taille des gouttes.
Ces deux caténaires sont disposés à des hauteurs différentes par rapport au substrat.
[0176] La deuxième caténaire 32 permet un échauffement d'une goutte de liquide ou petit
volume de liquide 22 par contact ou effet Joule. Le chauffage par transfert de chaleur
est préféré car la circulation du courant dans la goutte peut être trop dépendante
de son contenu, par exemple de sa concentration en sel. On entend par chauffage par
transfert, le chauffage par contact, les électrodes chauffent du fait de leur résistance
interne, en transférant la chaleur au liquide de la goutte.
[0177] En outre, la circulation du courant peut également dénaturer les substances en solution,
ce qui pourrait fausser les analyses ultérieures éventuelles.
[0178] Cependant, la circulation de courant entre les caténaires 30, 32 peut permettre avantageusement
de déterminer un ordre de grandeur de la taille de la goutte, permettant de contrôler
encore d'avantage l'évaporation. Lorsqu'une goutte est présente et est en contact
avec les deux caténaires 30, 32, un faible courant circule entre les deux caténaires.
La détection de ce courant informe de la présence d'une goutte 22 de taille suffisante
pour venir en contact, dans l'exemple représenté, avec la deuxième caténaire 32. Cette
détection permet de déterminer une taille approximative de la goutte.
[0179] Dans l'exemple représenté, la deuxième caténaire est disposée sensiblement parallèlement
au substrat à une distance d. La goutte a une hauteur h. Lorsque h est au moins égale
à d, un courant circule entre les caténaires 30 et 32, ce qui permet de déduire que
la hauteur h est au moins supérieure d. Au contraire, dans le cas où aucun courant
ne circule entre les caténaires 30 et 32, on sait que h est inférieure à d.
[0180] Sur la figure 13a, dans un premier temps la goutte 22 a un hauteur h supérieure à
d et met les deux caténaires 30, 32 en contact électrique.
[0181] Après évaporation partielle de la goutte 22, h est inférieure à d, il n'y a plus
de contact électrique entre ces caténaires.
[0182] Ce système à deux caténaires a pour avantage de permettre à la fois de chauffer pour
accélérer l'évaporation et de permettre un calibrage des gouttes. En effet, il est
possible de relier la détection du courant aux électrodes 4 de déplacement. Ainsi,
on peut déplacer la goutte sur un chemin d'évaporation dans un sens et dans l'autre
jusqu'à ce qu'aucun courant ne soit plus détecté entre les deux caténaires. On saura
alors que la taille de la goutte est inférieure à une valeur donnée. Le déplacement
favorise quant à lui l'évaporation, donc accélère le processus. Il est également possible
de laisser la goutte en place, et de laisser le liquide s'évaporer jusqu'à ce qu'il
n'y ait plus de contact entre la goutte 22 et le caténaire 32.
[0183] On peut également prévoir des troisième, quatrième ... caténaires disposées à des
distances du substrat de plus en plus faibles. Cette pluralité de caténaires peut
permettre une utilisation du dispositif microfluidique pour des gouttes de différentes
tailles; un contrôle de la taille de la goutte sur tout un chemin d'évaporation en
détectant une diminution continue du volume de la goutte, ou une détermination très
fine de la taille des gouttes.
[0184] Ces caténaires peuvent également être disposées parallèlement, à la même hauteur
que la caténaire de déplacement mais sur le côté et à des distances différentes.
[0185] On peut également envisager des secondes caténaires disposées transversalement à
la première caténaire (comme sur la figure 10B par exemple) de manière discrète et
à des distances de plus en plus faibles du substrat. Le contrôle de taille s'effectue
alors de manière ponctuelle, lorsque la goutte rencontre une seconde caténaire. La
détection d'un courant peut alors générer une commande destinée à prolonger l'évaporation
de la goutte pour réduire le volume de la goutte.
1. Dispositif de déplacement d'un petit volume de liquide sous l'effet d'une commande
électrique, comportant un premier substrat à surface hydrophobe (29) muni de moyens
(24). électriquement conducteurs, des deuxièmes moyens électriquement conducteurs
(30, 50, 130) disposés en vis-à-vis des premiers moyens conducteurs, caractérisé en ce qu'il comporte des troisième moyens conducteurs (32, 40, 60, 70, 130, 132), formant avec
les deuxièmes moyens conducteurs des moyens d'analyse ou pour induire une réaction
ou des moyens de chauffage d'un volume de liquide, les premiers moyens électriquement
conducteurs permettant, avec les deuxièmes moyens électriquement conducteurs, le déplacement
du volume de liquide par électromouillage.
2. Dispositif selon la revendication 1, les deuxièmes moyens conducteurs comportant un
caténaire ou un fil (30, 50, 130), sensiblement parallèle à la surface hydrophobe.
3. Dispositif selon la revendication 2, le caténaire ou le fil étant non enterré dans
le premier substrat, à une distance non nulle de la surface hydrophobe.
4. Dispositif selon la revendication 3, la distance étant comprise entre 1 µm et 100
µm ou 500 µm.
5. Dispositif selon la revendication 2, 3 ou 4, les troisièmes moyens conducteurs (32,
40, 60, 70, 130, 132), comportant également un caténaire ou un fil conducteur.
6. Dispositif selon la revendication 5, le caténaire ou le fil étant non enterré dans
le premier substrat, à une distance non nulle de la surface hydrophobe.
7. Dispositif selon la revendication 6, la distance étant comprise entre 1 µm et 100
µm ou 500 µm.
8. Dispositif selon la revendication 5, 6 ou 7, les deux caténaires ou fils étant parallèles
entre eux et à la surface hydrophobe (29).
9. Dispositif selon l'une des revendications 5 à 7, les deux caténaires ou fils n'étant
pas parallèles entre eux, mais étant parallèles à la surface hydrophobe (29).
10. Dispositif selon l'une des revendications 2 à 5, l'un des caténaires (40, 50) étant
enterré sous la surface hydrophobe (29).
11. Dispositif selon la revendication 10, les, caténaires étant dirigés de manière sensiblement
parallèle entre eux.
12. Dispositif selon la revendication 2, 3 ou 4, les troisièmes moyens conducteurs comportant
un conducteur plan enterré sous la surface hydrophobe (29).
13. Dispositif selon la revendication 1 ou 2, les deuxièmes moyens conducteurs comportant
un caténaire ou un fil enterré (50) sous la surface hydrophobe (29).
14. Dispositif selon la revendication 13, les troisièmes moyens conducteurs (52) comportant
également un caténaire ou un fil enterré, les deux caténaires enterrés étant dirigés
de manière sensiblement parallèle entre eux.
15. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, les troisièmes moyens conducteurs
comportant une électrode plane enterrée sous la surface hydrophobe (29).
16. Dispositif selon la revendication 1, les deuxièmes moyens conducteurs comportant une
électrode plane enterrée.
17. Dispositif selon la revendication 16, les troisièmes moyens conducteurs comportant
un conducteur enterré, de forme plane ou filaire.
18. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4, les troisièmes moyens conducteurs
comportant un caténaire ou un fil dirigée perpendiculairement au caténaire ou fil
des deuxièmes moyens électriquement conducteurs.
19. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 18, comportant en outre un deuxième
substrat (120) à surface hydrophobe (129), ce deuxième substrat conférant à l'ensemble
une structure confinée.
20. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 4 ou 13 ou 16, comportant en outre un
deuxième substrat à surface hydrophobe (129), ce deuxième substrat conférant à l'ensemble
une structure confinée, le troisième conducteur (70, 130) étant enterré dans le deuxième
substrat, sous sa surface hydrophobe (129).
21. Dispositif selon la revendication 20, le troisième conducteur étant sous forme de
caténaire ou de fil enterré, ou bien sous forme d'un conducteur plan enterré.
22. Dispositif selon la revendication 20 ou 21, la surface du deuxième substrat étant
localement ajourée pour former une zone de contact (127) entre une goutte de liquide
positionnée entre les deux substrats et le troisième conducteur.
23. Dispositif selon l'une des revendications 19 à 22, le deuxième substrat étant disposé
à une distance du premier substrat comprise entre 10 µm et 100 µm ou 500 µm.
24. Dispositif selon la revendication 1, comportant en outre un deuxième substrat à surface
hydrophobe (129), ce deuxième substrat conférant à l'ensemble une structure confinée,
le deuxième et le troisième conducteurs (130, 132) étant enterrés dans le deuxième
substrat, sous sa surface hydrophobe (129).
25. Dispositif selon la revendication 24, les deuxième et troisième conducteurs étant
chacun sous forme de caténaire ou de fil.
26. Dispositif selon l'une des revendications 1 à 25, la surface hydrophobe du premier
substrat et/ou celle du deuxième substrat étant en téflon.
27. Procédé de traitement d'une goutte (22) de liquide par réaction électrochimique comportant
:
- la mise en contact d'une goutte (22) de liquide avec les électrodes d'un dispositif
selon l'une des revendications 1 à 13, ou 16 à 21,
- l'application d'une différence de potentiel entre les entre les deuxièmes et les
troisième moyens conducteurs.
28. Procédé de traitement d'une goutte (22) de liquide par électrophorèse comportant :
- la mise en contact d'une goutte (22) de liquide avec les électrodes d'un dispositif
selon l'une des revendications 1 à 26,
- l'application d'une différence de potentiel entre les deuxième et les troisième
moyens conducteurs.
29. Procédé de traitement d'une cellule par lyse cellulaire comportant :
- la mise en contact d'une cellule avec les électrodes d'un dispositif selon l'une
des revendications 1 à 26,
- l'application d'une différence de potentiel entre les deuxième et troisième moyens
conducteurs.
30. Procédé de chauffage d'une goutte (22) de liquide conducteur par effet joule comportant
:
- la mise en contact d'une goutte de liquide avec les moyens électriquement conducteurs
d'un dispositif selon l'une des revendications 1 à 26,
- l'application d'une différence de potentiel entre les deuxième et les troisième
moyens conducteurs.
31. Procédé de contrôle ou de calibration de la taille d'une goutte (22), comportant :
- la mise en contact d'une goutte de liquide avec les deuxième et troisième moyens
électriquement conducteurs (30, 32) d'un dispositif selon l'une des revendications
1 à 26,
- la circulation d'un courant entre les deuxième et troisième moyens électriquement
conducteurs,
- l'évaporation de la goutte jusqu'à ce que ledit courant ne circule plus entre les
deuxième et troisième moyens électriquement conducteurs.
32. Procédé selon la revendication 31, comportant en outre un déplacement de la goutte
par électromouillage lors de l'évaporation.
33. Procédé de traitement d'une cellule par électroporation comportant :
- la mise en contact d'une cellule avec les électrodes d'un dispositif selon l'une
des revendications 1 à 26,
- l'application d'une différence de potentiel entre les entre les deuxièmes et les
troisième moyens conducteurs.
34. Dispositif de calibrage d'une goutte de liquide comportant un dispositif selon l'une
des revendications 1 à 26, et des moyens de contrôle d'un courant circulant entre
les deuxième et troisième moyens électriquement conducteurs.
35. Dispositif selon la revendication 34, les deuxième et troisième moyens électriquement
conducteurs comportant chacun un caténaire, les deux caténaires étant disposés à des
hauteurs différentes par rapport à la surface hydrophobe.
36. Dispositif selon la revendication 35, comportant en outre au moins un caténaire additionnel,
disposé à une distance de la surface hydrophobe différente de la distance entre cette
surface et les deux caténaires précédents.
1. A device for displacing a small volume of liquid under the effect of an electric control,
including a first substrate with a hydrophobic surface (29) provided with electrically
conducting means (24), second electrically conducting means (30, 50, 130) positioned
facing the first conducting means, characterized in that it includes third conducting means (32, 40, 60, 70, 130, 132), forming with the second
conducting means, analysis means or means for inducing a reaction or means for heating
a volume of liquid, the first electrically conducting means and the second electrically
conducting means activating displacement of the volumes of liquid by electrowetting.
2. The device according to claim 1, the second conducting means including a catenary
or a wire (30, 50, 130), substantially parallel to the hydrophobic surface.
3. The device according to claim 2, the catenary or the wire being non-buried in the
first substrate, at a non-zero distance from the hydrophobic surface.
4. The device according to claim 3, the distance being between 1 µm and 100 µm or 500
µm.
5. The device according to claim 2, 3 or 4, the third conducting means (32, 40, 60, 70,
130, 132) also including a catenary or a conducting wire.
6. The device according to claim 5, the catenary or the wire being non-buried in the
first substrate, at a non-zero distance from the hydrophobic surface.
7. The device according to claim 6, the distance being between 1 µm and 100 µm or 500
µm.
8. The device according to claim 5, 6 or 7, both catenaries or wires being parallel to
each other and to the hydrophobic surface (29).
9. The device according to any of claims 5 to 7, both catenaries or wires not being parallel
to each other, but being parallel to the hydrophobic surface (29).
10. The device according to any of claims 2 to 5, one of the catenaries (40, 50) being
buried under the hydrophobic surface (29).
11. The device according to claim 10, the catenaries being directed substantially parallel
to each other.
12. The device according to claim 2, 3 or 4, the third conducting means including a planar
conductor buried under the hydrophobic surface (29).
13. The device according to claim 1 or 2, the second conducting means including a catenary
or a buried wire (50) under the hydrophobic surface (29).
14. The device according to claim 13, the third conducting means (52) also including a
catenary or a buried wire, both buried catenaries being directed substantially parallel
to each other.
15. The device according to any of claims 1 to 4, the third conducting means including
a planar electrode buried under the hydrophobia surface (29).
16. The device according to claim 1, the second conducting means including a buried planar
electrode.
17. The device according to claim 16, the third conducting means including a buried conductor
with a planar or wire shape.
18. The device according to any of claims 1 to 4, the third conducting means including
a catenary or a wire directed perpendicularly to the catenary or wire of the second
electrically conducing means.
19. The device according to any of claims 1 to 18, further including a second substrate
(120) with a hydrophobic surface (129), this second substrate giving a confined structure
to the whole.
20. The device according to any of claims 1 to 4 or 13 or 16, further including a second
substrate with a hydrophobic surface (129), this second substrate giving a confined
structure to the whole, the third conductor (70, 130) being buried in the second substrate,
under its hydrophobic surface (129).
21. The device according to claim 20, the third conductor either being in the form of
a catenary or a buried wire, or in the form of a buried planar conductor.
22. The device according to claim 20 or 21, the surface of the second substrate being
vocally apertured in order to form a contact area (127) between a drop of liquid positioned
between both substrates and the third conductor.
23. The device according to any of claims 19 to 22, the second substrate being positioned
at a distance from the first substrate, between 10 µm and 100 µm or 500 µm.
24. The device according to claim 1, further including a second substrate with a hydrophobic
surface (129), this second substrate giving a confined structure to the whole, the
second and third conductors (130, 132.) being buried in the second substrate, under
its hydrophobic surface (129).
25. The device according to claim 24, the second and third conductors each being in the
form of a catenary or wire.
26. The device according to any of claims 1 to 25, the hydrophobic surface of the first
substrate and/or that of the second substrate being in Teflon.
27. A method for treating a drop (22) of liquid by an electrochemical redaction including:
- putting a drop (22) of liquid into contact with the electrode of a device according
to any of claims 1 to 13, or 16 to 21,
- applying a potential difference between the second and third conducting means.
28. A method for treating a drop (22) of liquid by electrophoresis including:
- putting a drop (22) of liquid into contact with the electrodes of a device according
to any of claims 1 to 26,
- applying a potential difference between the second and third conducting means.
29. A method for treating a cell by cell lysis including:
- putting a cell into contact with the electrode of the device according to any of
claims 1 to 26,
- applying a potential difference between the second and third conducting means.
30. A method for heating a drop (22) of conducting liquid by the Joule effect including:
- putting a drop of liquid into contact with the electrically conducting means of
a device according to any of claims 1 to 26,
- applying a potential difference between the second and third conducting means,
31. A method for controlling or calibrating the size of a drop (22), including:
- putting a drop of liquid into contact with the second and third electrically conducting
means (30, 32) of a device according to any of claims 1 to 26,
- having a current flow between the second and third electrically conducting means,
- evaporating the drop until said current no longer flows between the second and the
third electrically conducting means.
32. The method according to claim 31, further including displacement of the drop by electrowetting
during evaporation.
33. A method for treating a cell by electroporation including:
- putting a cell into contact with the electrode of a device according to any of claims
1 to 26,
- applying a potential difference between the second and third conducting means.
34. A device for calibrating a drop of liquid including a device according to any of claims
1 to 26, and means for controlling a current flowing between the second and the third
electrically conducting means.
35. The device according to claim 34, the second and the third electrically conducting
means each including a catenary, both catenaries being positioned at different heights
relatively to the hydrophobic surface.
36. The device according to claim 35, further including at least an additional catenary,
positioned at a distance from the hydrophobic surface, different from the distance
between this surface and the two previous catenaries.
1. Vorrichtung zur Verlagerung eines kleinen Flüssigkeitsvolumens unter der Einwirkung
einer elektrischen Steuerung, umfassend ein erstes Substrat mit einer hydrophoben
Oberfläche (29), das mit elektrisch leitenden Mitteln (24) ausgestattet ist, wobei
zweite elektrisch leitende Mittel (30, 50, 130) den ersten leitenden Mitteln gegenüberliegend
angeordnet sind, dadurch gekennzeichnet, dass sie dritte leitende Mittel (32, 40, 60, 70, 130, 132) umfasst, die zusammen mit den
zweiten leitenden Mitteln Mittel zur Analyse oder zum Induzieren einer Reaktion oder
Mitte zum Heizen eines Flüssigkeitsvolumens bilden, wobei die ersten elektrisch leitenden
Mittel zusammen mit den zweiten elektrisch leitenden Mitteln die Verlagerung des Flüssigkeitsvolumens
durch Elektrobenetzung ermöglichen.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, wobei die zweiten leitenden Mittel eine Kettenleitung
oder einen Draht (30, 50, 130) im Wesentlichen parallel zur hydrophoben Oberfläche
umfassen.
3. Vorrichtung nach Anspruch 2, wobei die Kettenleitung oder der Draht in einem Abstand
ungleich 0 von der hydrophoben Oberfläche nicht im ersten Substrat vergraben ist.
4. Vorrichtung nach Anspruch 3, wobei der Abstand zwischen 1 µm und 100 µm oder 500 µm
enthalten ist.
5. Vorrichtung nach Anspruch 2, 3 oder 4, wobei auch die dritten leitenden Mittel (32,
40, 60, 70, 130, 132) eine Kettenleitung oder einen leitenden Draht umfassen.
6. Vorrichtung nach Anspruch 5, wobei die Kettenleitung oder der Draht in einem Abstand
ungleich Null von der hydrophoben Oberfläche nicht im ersten Substrat vergraben ist.
7. Vorrichtung nach Anspruch 6, wobei der Abstand zwischen 1 µm und 100 µm oder 500 µm
enthalten ist.
8. Vorrichtung nach Anspruch 5, 6 oder 7, wobei die zwei Kettenleitungen oder Drähte
zueinander sowie zur hydrophoben Oberfläche (29) parallel sind.
9. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 5 bis 7, wobei die zwei Kettenleitungen oder
Drähte zueinander nicht parallel sind, jedoch parallel zur hydrophoben Oberfläche
(29) sind.
10. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 2 bis 5, wobei eine der Kettenleitungen (40,
50) unter der hydrophoben Oberfläche (29) vergraben ist.
11. Vorrichtung nach Anspruch 10, wobei die Kettenleitungen in im Wesentlichen paralleler
Weise zueinander geführt sind.
12. Vorrichtung nach Anspruch 2, 3 oder 4, wobei die dritten leitenden Mittel einen ebenen
Leiter umfassen, der unter der hydrophoben Oberfläche (29) vergraben ist.
13. Vorrichtung nach Anspruch 1 oder 2, wobei die zweiten leitenden Mittel eine Kettenleitung
oder einen Draht umfassen, die/der unter der hydrophoben Oberfläche (29) vergraben
ist (50).
14. Vorrichtung nach Anspruch 13, wobei auch die dritten leitenden Mittel (52) eine(n)
vergrabene(n) Kettenleitung oder Draht umfassen, wobei die zwei vergrabenen Kettenleitungen
in im Wesentlichen zueinander paralleler Weise geführt sind.
15. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, wobei die dritten leitenden Mittel eine
ebene Elektrode umfassen, die unter der hydrophoben Oberfläche (29) vergraben ist.
16. Vorrichtung nach Anspruch 1, wobei die zweiten leitenden Mittel eine vergrabene ebene
Elektrode umfassen.
17. Vorrichtung nach Anspruch 16, wobei die dritten leitenden Mittel einen vergrabenen
Leiter mit ebener oder drahtförmige Gestalt umfassen,
18. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4, wobei die dritten leitenden Mittel eine
Kettenleitung oder einen Draht umfassen, die/der orthogonal zur Kettenleitung oder
zum Draht der zweiten elektrisch leitenden Mittel geführt ist.
19. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 18, ferner umfassend ein zweites Substrat
(120) mit einer hydrophoben Oberfläche (129), wobei dieses zweite Substrat der Gesamtanordnung
eine begrenzte Struktur verleiht.
20. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 4 oder 13 oder 16, ferner umfassend ein
zweites Substrat mit einer hydrophoben Oberfläche (129), wobei dieses zweite Substrat
der Gesamtanordnung eine begrenzte Struktur verleiht, wobei der dritte Leiter (70,
130) in dem zweiten Substrat unter der hydrophoben Oberfläche (129) vergraben ist.
21. Vorrichtung nach Anspruch 20, wobei der dritte Leiter die Form einer vergrabenen Kettenleitung
oder eines vergrabenen Drahts aufweist, oder auch die Form eines vergrabenen ebenen
Leiters.
22. Vorrichtung nach Anspruch 20 oder 21, wobei die Oberfläche des zweiten Substrats lokal
durchbrochen ist, um eine Kontaktzone (127) zwischen einem Flüssigkeitstropfen, der
zwischen den zwei Substraten positioniert ist, und dem dritten Leiter zu bilden.
23. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 19 bis 22, wobei das zweite Substrat in einem
Abstand vom ersten Substrat angeordnet ist, der zwischen 10 µm und 100 µm oder 500
µm enthalten ist.
24. Vorrichtung nach Anspruch 1, ferner umfassend ein zweites Substrat mit einer hydrophoben
Oberfläche (129), wobei dieses zweite Substrat der Gesamtanordnung eine begrenzte
Struktur verleiht, wobei der zweite und der dritte Leiter (130, 132) in dem zweiten
Substrat unter seiner hydrophoben Oberfläche (129) vergraben sind.
25. Vorrichtung nach Anspruch 24, wobei der zweite und der dritte Leiter jeweils die Form
einer Kettenleitung oder eines Drahts haben.
26. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 25, wobei die hydrophobe Oberfläche des
ersten Substrats und/oder jene des zweiten Substrats aus Teflon ist/sind.
27. Verfahren zur Behandlung eines Flüssigkeitstropfens (22) durch elektrochemische Reaktion,
umfassend:
- Das In-Kontakt-Bringen eines Flüssigkeitstropfens (22) mit den Elektroden einer
Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 13 oder 16 bis 21,
- das Anlegen einer Potentialdifferenz zwischen den zweiten und den dritten leitenden
Mitteln.
28. Verfahren zur Behandlung eines Flüssigkeitstropfens (22) durch Elektrophorese, umfassend:
- Das In-Kontakt-Bringen eines Flüssigkeitstropfens (22) mit den Elektroden einer
Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 26,
- das Anlegen einer Potentialdifferenz zwischen den zweiten und den dritten leitenden
Mitteln.
29. Verfahren zur Behandlung einer Zelle durch zelluläre Lyse, umfassend:
- Das In-Kontakt-Bringen einer Zelle mit den Elektroden einer Vorrichtung nach einem
der Ansprüche 1 bis 26,
- das Anlegen einer Potentialdifferenz zwischen den zweiten und dritten leitenden
Mitteln.
30. Verfahren zum Heizen eines leitenden Flüssigkeitstropfens (22) mittels Joule-Effekt,
umfassend:
- Das In-Kontakt-Bringen eines Flüssigkeitstropfens mit den elektrisch leitenden Mitteln
einer Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 26,
- das Anlegen einer Potentialdifferenz zwischen den zweiten und den dritten leitenden
Mitteln.
31. Verfahren zur Steuerung oder zur Kalibrierung der Größe eines Tropfens (22), umfassend:
- Das In-Kontakt-Bringen eines Flüssigkeitstropfens mit den zweiten und den dritten
elektrisch leitenden Mitteln (30, 32) einer Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1
bis 26,
- das Fließenlassen eines Stroms zwischen den zweiten und den dritten elektrisch leitenden
Mitteln,
- das Verdampfen des Tropfens, bis der Strom nicht mehr zwischen den zweiten und den
dritten elektrisch leitenden Mitteln fließt.
32. Verfahren nach Anspruch 31, ferner umfassend eine Verlagerung des Tropfens durch Elektrobenetzung
während des Verdampfens.
33. Verfahren zur Behandlung einer Zelle durch Elektroporation, umfassend:
- Das In-Kontakt-Bringen einer Zelle mit den Elektroden einer Vorrichtung nach einem
der Ansprüche 1 bis 26,
- das Anlegen einer Potentialdifferenz zwischen den zweiten und den dritten leitenden
Mitteln.
34. Vorrichtung zur Kalibrierung eines Flüssigkeitstropfens, umfassend eine Vorrichtung
nach einem der Ansprüche 1 bis 26 sowie Mittel zur Steuerung eines Stroms, der zwischen
den zweiten und den dritten elektrisch leitenden Mitteln fließt.
35. Vorrichtung nach Anspruch 34, wobei die zweiten und die dritten elektrisch leitenden
Mittel jeweils eine Kettenleitung umfassen, wobei die zwei Kettenleitungen in Höhen
angeordnet sind, die bezüglich der hydrophoben Oberfläche verschieden sind.
36. Vorrichtung nach Anspruch 35, ferner umfassend weinigstens eine zusätzliche Kettenleitung,
die in einem Abstand von der hydrophoben Oberfläche angeordnet ist, weiche verschieden
ist vom Abstand zwischen dieser Oberfläche und den zwei vorgenannten Kettenleitungen.