[0001] La présente invention a pour objet un dispositif de manipulation de gouttes destiné
à l'analyse biochimique, un procédé de fabrication d'un tel dispositif ainsi qu'un
système d'analyse microfluidique utilisant un tel dispositif.
[0002] De nos jours, les nouvelles technologies permettent de concevoir des systèmes de
taille micro et nanométrique jusqu'à des niveaux de complexité importants. Idéalement,
ces systèmes sont pourvus de toutes sortes de fonctionnalités, et sont utilisés dans
de nombreux domaines tels que la biologie ou la biochimie. En particulier, la protéomique,
activité liée à l'identification et l'étude des protéines, tente d'utiliser les nouvelles
technologies pour réduire les volumes échantillonnés que l'on manipule, et diminuer
la contamination. L'objectif est, d'une manière générale, de contrôler la micromanipulation
du matériel, avant analyse spectrométrique par exemple.
[0003] Dans de tels microsystèmes se pose de façon stratégique la problématique de la maîtrise
des écoulements fluidiques, dans la mesure où le matériel, par exemple des protéines,
ne peut être manipulé hors d'un support liquide. L'invention se rapporte donc au domaine
de la microfluidique qui concerne plus généralement les écoulements dans des systèmes
de taille micrométrique ou nanométrique, dans lesquels l'échantillon manipulé peut
être soumis à des champs électriques ou à des effets de paroi de nature physique ou
chimique complexes, et dans lesquels le rapport élevé surface/volume a une grande
importance.
[0004] Dans ce domaine, la réduction de la taille des systèmes engendre une diminution des
volumes, des temps de réaction ou d'échange plus courts, et une possibilité d'intégrer
plusieurs modules avec des fonctionnalités différentes comme par exemple le transport,
le traitement, ou encore l'analyse, le tout sur une même tranche de silicium par exemple.
[0005] Pour transporter le liquide, deux types de déplacement fluidique sont généralement
possibles : le pompage d'un flux continu, et le déplacement de microvolumes calibrés.
Le déplacement de microvolumes calibrés présente un certain nombre d'avantages. En
effet, il autorise des volumes de liquides très petits et permet un contrôle adapté
du débit des microvolumes alors que le pompage à flux continu est caractérisé par
un débit constant. Par ailleurs, ce type de déplacement autorise des synchronisations
variées qui permettent le mélange des liquides par exemple. Pour mettre en oeuvre
un déplacement fluidique de type déplacement de microvolumes calibrés, on connaît
différents modes d'action: par action pneumatique, par ondes acoustiques de surface,
à effet diélectrophorétique, par électromouillage, et par électromouillage sur diélectrique
(EWOD). Ce dernier mode d'action fait appel à une réalisation technologique relativement
simple et permet le contrôle du débit et la circulation d'un volume calibré de liquide
conducteur sur un réseau d'électrodes.
[0006] On connaît en particulier le brevet américain
US 6 565 727, et la publication de Cho et al. « Particle separation and concentration control
for digital microfluidic systems », qui décrivent le déplacement de gouttes par électromouillage,
tel que décrit ci-dessus. Les dispositifs décrits dans ces trois publications présentent
cependant une partie inférieure intégrant des électrodes et une partie supérieure
intégrant des contre-électrodes, parties entre lesquelles se déplace la goutte. Cette
partie supérieure rend le dispositif en particulier plus encombrant et plus complexe.
[0007] Par ailleurs, les échantillons manipulés sont souvent très précieux et en très faible
quantité. Il existe donc un besoin d'optimiser la manipulation de ces échantillons,
en traitant chimiquement ou en interagissant avec le matériel au cours de son transport.
Les systèmes de déplacement microfluidiques connus, qu'ils nécessitent deux substrats
en vis-à-vis ou un seul substrat, qu'ils utilisent une contre-électrode ou non, ne
permettent pas cette optimisation. En effet, en particulier dans la publication de
Cho et aL «Particle separation and concentration control for digital microfluidic
systems », est proposé un dispositif qui permet d'interagir avec la goutte physiquement
par interaction directe entre les électrodes et la goutte pendant son transport, et
non d'interagir chimiquement. Cette interaction chimique nécessaire pour l'optimisation
de la manipulation des échantillons est donc impossible dans le dispositif de Cho
et al.
[0008] En effet, cette optimisation est rendue extrêmement délicate par le fait que le déplacement
nécessite une ou plusieurs pistes en matériaux hydrophobes afin de limiter les frottements
et l'hystérésis aux déplacements. Ce caractère hydrophobe de la piste de déplacement
empêche notamment de traiter chimiquement ou d'interagir avec le matériel pendant
son transport.
[0009] Il faut noter ici que l'on s intéresse plus généralement à la propriété de non mouillabilité
de la piste de déplacement vis à vis d'un liquide quelconque. Lorsque le liquide est
aqueux, comme c'est généralement le cas lorsque l'on manipule des protéines par exemple,
la non mouillabilité et la mouillabilité vis à vis de l'eau sont respectivement les
propriétés d'hydrophobicité et d'hydrophilie. Un matériau hydrophobe est un matériau
non mouillant vis à vis de l'eau, et un matériau hydrophile est un matériau mouillant
vis à vis de l'eau. On caractérise généralement la mouillabilité par l'angle θ de
contact entre la goutte 1 et la surface 2 (voir figures 1a à 1d). On utilise parfois
le coefficient de mouillabilité défini comme étant le cosinus de l'angle précité.
Une mouillabilité parfaite correspond ainsi à un coefficient de mouillabilité égal
à 1, donc à θ = 0°. Une absence totale de mouillabilité correspond par ailleurs à
un coefficient de mouillabilité égal à -1, donc à θ = 180°. Par la suite, nous parlerons
donc de matériau mouillant vis à vis d'un liquide pour un matériau dont le coefficient
de mouillabilité par ce liquide tend vers 1 (sans être nécessairement égal à 1), comme
illustré à la figure la, et nous parlerons de matériau non mouillant vis à vis d'un
liquide pour un matériau dont le coefficient de mouillabilité vis à vis de ce liquide
tend vers -1 (sans être nécessairement égal à -1) comme illustré à la figure 1b. Les
figures 1c et 1d illustrent des cas intermédiaires respectivement de mouillabilité
(θ < 90°) ou non mouillabilité (θ > 90°).
[0010] Le problème posé par les matériaux non mouillants vis à vis d'un liquide, en particulier
les matériaux hydrophobes, par ailleurs indispensables au déplacement, est que les
propriétés de surface de ces matériaux empêchent de créer des zones de traitement
chimique en surface de par le fait que ces matériaux sont caractérisées par une faible
énergie de surface. Si l'on essaie de fonctionnaliser localement la surface de tels
matériaux, ce qui permettrait de traiter chimiquement les liquides manipulés, le résultat
est peu fiable, difficilement contrôlable et trop imparfait. L'alternative consistant
à rendre plus rugueux le matériau non mouillant vis à vis du liquide n'est pas envisageable
car elle fait perdre la capacité du matériau à favoriser le transport du liquide.
Il faut donc utiliser une couche de matériau qui soit partiellement mouillante, c'est-à-dire
qu'il faut maintenir le caractère non mouillant pour le déplacement, tout en créant
des zones mouillantes ou à forte mouillabilité pour la fonctionnalisation.
[0011] Appliqué au cas particulier où le matériau considéré est hydrophobe, on connaît principalement
deux techniques photolithographiques classiques de création d'une couche partiellement
hydrophobe par création d'ouvertures dans un matériau hydrophobe, les ouvertures devenant
des zones hydrophiles réparties dans la couche hydrophobe. Dans une première technique
(figure 5), également utilisée par Cho et al. dans «Particle separation and concentration
control for digital microfluidic systems », après dépôt d'une couche de matériau hydrophobe
sur un substrat, une couche de résine photosensible est déposée qui contient un surfactant,
produit chimique permettant d'augmenter la mouillabilité d'une surface vis à vis d'un
liquide. Cette technique pose notamment le problème de la pollution définitive du
matériau hydrophobe et donc de la perte de la capacité de ce matériau à favoriser
le déplacement d'un liquide. Dans la deuxième technique (figure 6), après dépôt d'une
couche de matériau hydrophobe sur un substrat, et avant dépôt d'une résine photosensible,
la couche de matériau hydrophobe est d'abord soumise à une modification de surface
à l'aide d'un plasma, pour modifier ses propriétés hydrophobes, c'est-à-dire pour
la rendre moins hydrophobe. Cette technique pose également le problème de la modification
définitive des propriétés de surface du matériau hydrophobe.
[0012] Avec de telles techniques, soit les ouvertures créées, donc les zones hydrophiles,
ne sont pas suffisamment nettes et précises, avec des éventuels dépôts hydrophobes,
et en conséquence une inadaptation à la création de zones chimiquement fonctionnalisées,
soit les zones hydrophobes voient leurs propriétés modifiées et leur caractère hydrophobe
diminué, avec pour conséquence une inadaptation au déplacement de liquide. Les mêmes
constatations peuvent être faites dans le cas d'une application de ces techniques
pour la réalisation de zones mouillantes dans une couche non mouillante vis à vis
du liquide transporté.
[0013] Il existe donc un besoin d'un procédé qui permette de rendre une piste de transport
non mouillante partiellement mouillante vis à vis du liquide transporté, en particulier
partiellement hydrophile lorsque le liquide est une solution contenant de l'eau, de
telle sorte que la capacité à transporter la goutte de liquide soit maintenue, tout
en autorisant le traitement chimique ou l'interaction avec cette goutte pendant son
transport.
[0014] Plus généralement, il existe un besoin d'une solution fiable qui permette de pallier
les inconvénients précités, notamment l'optimisation du déplacement et la fabrication
d'une piste de déplacement optimisée.
[0015] C'est donc l'objet de l'invention que de pallier ces inconvénients. A cette fin,
l'invention se rapporte selon un premier aspect à un dispositif de manipulation de
gouttes sur un plan de déplacement par électromouillage qui comprend au moins une
piste de déplacement par électromouillage et qui permet de traiter chimiquement ou
d'interagir avec la goutte simultanément à son transport.
[0016] La piste de déplacement comprend au moins deux électrodes interdigitées qui reposent
sur un substrat électriquement isolant et qui sont recouvertes par une couche diélectrique
isolante. Cet ensemble substrat isolant, électrodes, couche diélectrique isolante,
est recouvert d'une couche partiellement mouillante vis à vis des gouttes manipulées.
[0017] Dans une variante de réalisation concernant la manipulation de gouttes contenant
de l'eau, la couche partiellement mouillante est donc une couche partiellement hydrophile.
[0018] Dans le reste de la description, et pour simplifier la rédaction, on parlera de couche
ou de matériau respectivement non mouillant, partiellement mouillant, ou mouillant,
pour une couche ou un matériau respectivement non mouillant, partiellement mouillant,
ou mouillant, vis à vis des gouttes manipulées.
[0019] Le dispositif de l'invention comprend, dans une autre variante de réalisation, au
moins une contre-électrode distincte des premières électrodes. Cette contre-électrode
peut être une ligne de masse qui sera alors située sur, sous ou dans la couche partiellement
mouillante.
[0020] Dans une variante de réalisation, éventuellement en combinaison avec la précédente,
le dispositif comprend une deuxième piste positionnée de façon opposée à et séparée
de la première piste de telle sorte qu'un espace, destiné à être rempli par un fluide
électriquement isolant non miscible vis à vis de la goutte transportée, est formé
entre les première et deuxième pistes, la deuxième piste comprenant une couche non
mouillante directement en contact avec l'espace ainsi formé. Cette couche non mouillante
de la deuxième piste est éventuellement partiellement mouillante. Cette couche non
mouillante est également éventuellement recouverte d'une couche supérieure qui est
soit électriquement isolante, semi-conductrice, ou conductrice.
[0021] Dans une autre variante de réalisation, la deuxième piste comprend une ou plusieurs
contre-électrodes situées entre la couche non mouillante et la couche supérieure.
Elle comprend éventuellement une couche diélectrique isolante qui sera située entre
ladite couche non mouillante et la ou les dites contre-électrodes.
[0022] Eventuellement, en combinaison avec chacune de ces variantes de réalisation du dispositif,
la couche partiellement mouillante de la première piste et/ou de la deuxième piste
comprend des zones non mouillantes et des zones mouillantes, les zones mouillantes
étant des zones fonctionnalisées réactives.
[0023] Dans une autre variante de réalisation, le dispositif de manipulation de gouttes
dans un plan de l'invention comprend deux pistes séparées par un espace destiné à
être rempli par un fluide électriquement isolant non miscible vis à vis de la goutte
transportée. La première piste comprend une couche ou substrat électriquement isolant
sur lequel repose au moins deux électrodes interdigitées. Sur cet ensemble repose
une couche non mouillante. La deuxième piste comprend une couche partiellement mouillante.
La couche partiellement mouillante de la première piste et/ou de la deuxième piste
comprend des zones non mouillantes et des zones mouillantes, les zones mouillantes
étant des zones fonctionnalisées réactives.
[0024] Eventuellement, dans cette variante de réalisation, la première piste comprend également
une couche diélectrique isolante située entre les électrodes et la couche non mouillante.
Eventuellement également, le dispositif dans cette variante de réalisation comprend
une ligne de masse située sur, sous ou insérée dans la couche non mouillante.
[0025] Dans une variante de réalisation, la deuxième piste comprend une couche supérieure
électriquement isolante, semi-conductrice, ou conductrice.
[0026] En combinaison avec chacune de ces variantes de réalisation du dispositif, le substrat
électriquement isolant de la première piste est de préférence transparent, comme par
exemple un substrat de verre.
[0027] De préférence, dans une ou plusieurs des variantes précédentes, les zones mouillantes
sont biochimiquement fonctionnalisées et réactives.
[0028] Ces zones mouillantes sont de préférence des ouvertures dans des zones non mouillantes.
De préférence, le matériau non mouillant constituant la couche non mouillante et/ou
les zones non mouillantes de la couche partiellement mouillante, est un polymère de
tétrafluoroétylène.
[0029] Ainsi, le dispositif de l'invention permet avantageusement de manipuler une goutte
de liquide, en la transportant sur un plan par électromouillage, sur une seule piste
ou entre deux pistes en vis à vis, avec ou sans utilisation de contre-électrode, tout
en agissant chimiquement sur la goutte lors de son passage sur des zones chimiquement
fonctionnalisées. L'optimisation recherchée est donc obtenue : concentrer les traitements
préparatoires à une analyse ultérieure dans un microsystème, pendant le transport,
pour éviter les contaminations et les pertes sur des échantillons très coûteux et
dans de faibles volumes, tout en prenant en compte les contraintes précitées de la
microfluidique.
[0030] L'invention se rapporte selon un deuxième aspect à un procédé de fabrication du dispositif
précité, dans lequel la création de la couche partiellement mouillante de la première
ou de la deuxième piste est dérivée de la technique dite du « lift off» utilisée en
microélectronique pour créer des motifs en métal. Cette technique du « lift off »
telle qu'on la connaît, si elle permet le dépôt de la couche non mouillante en dernière
étape, évitant ainsi un traitement de surface préjudiciable, n'est cependant pas adaptée
à la création de motifs dans un tel matériau non mouillant, en particulier un matériau
hydrophobe, tel qu'un polymère de tétrafluoroétylène, car elle ne permet pas d'obtenir
des zones mouillantes nettes et précises dans ce matériau non mouillant. L'invention
se rapporte donc selon ce deuxième aspect à un procédé de fabrication du dispositif
précité, dans lequel la création de la couche partiellement mouillante de la première
ou de la deuxième piste comprend les étapes suivantes : création d'un masque en matériau
photosensible par dépôt du matériau photosensible sur un substrat, photolithographie,
puis révélation du matériau photosensible ; dépôt d'un matériau non mouillant sur
le masque ; au moins un recuit avant dissolution ; dissolution du masque ; au moins
un recuit après dissolution.
[0031] Dans une variante de mise en oeuvre, la température du recuit avant dissolution est
inférieure à la température du recuit après dissolution.
[0032] Dans une autre variante de mise en oeuvre, le premier recuit avant dissolution est
suivi d'au moins un autre recuit à une température supérieure à celle du premier recuit.
[0033] Dans une autre variante, éventuellement en combinaison avec la précédente, le premier
recuit après dissolution est suivi d'au moins un autre recuit à une température supérieure
à celle du premier recuit.
[0034] Eventuellement, la dissolution du masque est suivie d'un rinçage.
[0035] Dans une autre variante de mise en oeuvre, le matériau non mouillant déposé est un
polymère de tétrafluoroétylène.
[0036] Ainsi, le procédé de l'invention permet avantageusement la création d'une couche
partiellement mouillante qui contient des zones mouillantes nettes et précises, adaptées
à une fonctionnalisation chimique, et qui contient des zones non mouillantes qui conservent
leurs hautes propriétés de non mouillabilité nécessaires au transport des gouttes.
En effet, la couche de matériau non mouillant est déposée en dernière étape et ne
subit pas de traitement de surface, donc ne subit pas de modification de ses propriétés
de surface.
[0037] L'invention se rapporte enfin selon un troisième aspect à un système d'analyse microfluidique
d'un échantillon liquide qui comprend au moins un moyen de préparation de l'échantillon,
couplé à au moins un dispositif de manipulation de goutte selon l'invention et tel
que précité, lui-même couplé à au moins un moyen d'analyse.
[0038] De préférence, le moyen de préparation comprend un ou plusieurs réservoirs ou quais
de chargement.
[0039] De préférence également, le moyen d'analyse est un spectromètre de masse, un détecteur
de fluorescence, un détecteur d'émission UV, ou IR.
[0040] Le système selon l'invention est éventuellement intégré dans un microsystème qui
intègre lui-même une ou plusieurs opérations de laboratoires habituellement réalisées
manuellement, et que l'on appellera microlaboratoire.
[0041] Ainsi le système selon l'invention permet avantageusement d'analyser des échantillons
de liquide après préparation des échantillons puis transport par déplacement de microvolumes
calibrés vers un analyseur, par automatisation des tâches de préparation et de transport
intégrées dans un microlaboratoire. Il permet donc avantageusement de réduire les
risques de contamination et de perte de matière de l'échantillon, et de diminuer les
temps de réaction.
[0042] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront plus clairement
et de manière complète à la lecture de la description ci-après des variantes préférées
de mise en oeuvre du procédé et de réalisation du dispositif, lesquelles sont données
à titre d'exemples non limitatifs et en référence aux dessins annexés suivants :
- figures la à 1d : illustre schématiquement la propriété de non mouillabilité ou de
mouillabilité d'une surface vis-à-vis d'une goutte,
- figures 2a à 2r : représentent schématiquement différentes variantes de réalisation
du dispositif selon l'invention (vues en coupe perpendiculaire au sens de déplacement
de la goutte),
- figure 3 : représente schématiquement le déplacement d'une goutte sur une piste du
dispositif selon une première variante de réalisation,
- figure 4 : représente schématiquement le déplacement d'une goutte sur une piste du
dispositif selon une deuxième variante de réalisation,
- figure 5 : représente schématiquement le procédé de création d'ouvertures dans un
matériau non mouillant selon la technique photolithographique classique utilisant
un surfactant dans la résine,
- figure 6 : représente schématiquement le procédé de création d'ouvertures dans un
matériau non mouillant selon la technique photolithographique classique avec modification
de surface par plasma,
- figure 7 : représente schématiquement une variante de mise en oeuvre du procédé de
création d'ouvertures dans un matériau non mouillant selon l'invention,
- figure 8 : illustre schématiquement la fonctionnalisation chimique d'une zone mouillante,
- figure 9 : illustre schématiquement le traitement chimique d'une goutte d'un échantillon
au cours de son déplacement,
- figure 10 : représente schématiquement une variante de réalisation du système selon
l'invention.
[0043] Les figures 2a à 2r représentent schématiquement différentes variantes de réalisation
du dispositif de l'invention (vues en coupe perpendiculaire au sens du déplacement
de la goutte).
[0044] Dans ces figures 2a à 2n, le dispositif comprend au moins une piste avec un substrat
1, de préférence mais pas nécessairement transparent, par exemple en Pyrex
©. Au dessus de ce substrat 1 se trouvent les électrodes interdigitées 2. La notion
d'électrodes interdigitées sera précisée plus loin en référence aux figures 3 et 4.
[0045] Sur ces électrodes 2, on trouve une couche diélectrique isolante 3, constituée par
exemple d'oxydes ou de polymères. Sur cette couche électrique isolante 3 se trouve
une couche non mouillante 4, qui est rendue partiellement mouillante par le procédé
de création d'ouvertures mouillantes 5 dans le matériau non mouillant 4, procédé qui
sera décrit plus en détail un peu plus loin en référence à la figure 7.
[0046] Dans les variantes de réalisation des figures 2a à 2d, le dispositif comprend une
seule piste constituée des couches 1, 2, 3 et 4. Le dispositif de la figure 2a permet
de mettre en oeuvre un déplacement par électromouillage ne nécessitant pas de contre-électrodes,
déplacement qui sera expliqué plus loin en référence à la figure 3. Les dispositifs
des figures 2b présentent chacun une contre-électrode sous la forme d'une ligne de
masse 6 posée sur la couche partiellement mouillante 4 (figure 2b), insérée dans et
non recouverte par la couche partiellement mouillante 4 (figure 2c), ou insérée dans
et recouverte par la couche partiellement mouillante 4 (figure 2d). Les dispositifs
des figures 2b à 2d permettent quant à eux de mettre en oeuvre le déplacement par
électromouillage avec une ligne de masse pour contre-électrode, déplacement qui sera
décrit plus loin en référence à la figure 4.
[0047] Les figures 2e et suivantes montrent des variantes de réalisation dans lesquelles
on rajoute une deuxième piste formée d'une couche non mouillante 7 elle-même recouverte
d'une couche supérieure 8 qui peut être soit électriquement isolante soit électriquement
semi-conductrice soit encore électriquement conductrice. Cette deuxième piste est
placée en vis à vis de la première, avec utilisation de cales 9 permettant de maintenir
un espace 10 de déplacement destiné à être rempli d'un fluide électriquement isolant
non miscible vis à vis de la goutte transportée.
[0048] On notera que, pour mettre en oeuvre un déplacement par électromouillage, le fluide
remplissant l'espace 10 doit effectivement être électriquement isolant. Par ailleurs,
pour ne pas interagir avec la goutte transporté, le fluide doit effectivement être
non miscible vis à vis du liquide. Il pourra s'agir par exemple de l'air ou de l'huile,
dans le cas d'une goutte de solution aqueuse.
[0049] En particulier, les figures 2f à 2h montrent des variantes de réalisation qui sont
respectivement basées sur les dispositifs des figures 2b à 2d auxquels on rajoute
une deuxième piste telle que décrite précédemment.
[0050] Dans la variante de réalisation du dispositif de la figure 2i, la deuxième piste
comprend en outre une ou plusieurs contre-électrodes 11 insérées entre la couche non
mouillante 7 et la couche supérieure 8. On n'utilise donc pas de ligne de masse, contrairement
aux dispositifs des figures 2f à 2h, puisque la contre-électrode est présente dans
la deuxième piste. Le mode de déplacement est cependant identique à celui des figures
2f à 2h.
[0051] Les variantes de réalisation des figures 2j à 2l (vues en coupe perpendiculaire au
sens de déplacement de la goutte) dérivent respectivement et directement des variantes
de réalisation des figures 2f à 2h, avec la différence suivante : la couche non mouillante
7 de la deuxième piste est rendue partiellement mouillante par le procédé de création
d'ouvertures mouillantes 5 dans le matériau non mouillant 7 qui sera décrit plus loin
en référence à la figure 7.
[0052] La figure 2m décrit une variante de réalisation qui repose sur celle précédemment
décrite dans la figure 2e avec la différence suivante : la couche non mouillante 7
de la deuxième piste est rendue partiellement mouillante par le procédé de création
d'ouvertures mouillantes 5 dans le matériau non mouillant 7 qui sera décrit plus loin
en référence à la figure 7.
[0053] La variante de réalisation de la figure 2n est quant à elle dérivée de la variante
de réalisation de la figure 2i avec les deux différences suivantes : la couche non
mouillante 7 de la deuxième piste est rendue partiellement mouillante par création
d'ouvertures mouillantes 5 dans la couche non mouillante 7 selon le procédé qui sera
décrit plus loin en référence à la figure 7; et, pour permettre la fonctionnalisation
biochimique de ces ouvertures mouillantes 5 sans interactions avec la ou les contre-électrodes
11, une couche diélectrique isolante 12 similaire à celle présente dans la première
piste est insérée entre la couche partiellement mouillante 7 et la ou les contre-électrodes
11.
[0054] La variante de réalisation décrite dans la figure 2o concerne un dispositif avec
deux pistes. La première piste diffère de la première piste des variantes de réalisation
précédentes en ce que la couche non mouillante 4 qui la constitue n'est pas partiellement
mouillante : aucune ouverture mouillante n'est créée dans cette couche non mouillante
4. Par ailleurs, cette variante de réalisation ne nécessite pas de couche diélectrique
isolante entre les électrodes interdigitées 2 et la couche non mouillante 4 dans le
cas où cette couche non mouillante 4 est elle-même électriquement isolante. C'est
notamment le cas pour une couche hydrophobe, en matériau tel qu'un polymère de tétrafluoroéthylène.
Cependant, en pratique, un tel matériau n'est effectivement électriquement isolant
que si l'épaisseur de la couche est importante (épaisseur de l'ordre du micromètre).
Aussi, dans les cas de la figure 2o où l'épaisseur de la couche non mouillante 4 n'est
pas suffisante, on pourra insérer entre la couche d'électrodes interdigitées 2 et
la couche non mouillante 4 une couche diélectrique isolante du type de la couche 3
des autres figures.
[0055] Sur la couche non mouillante 4 se trouve une ligne de masse 6 faisant office de contre-électrode.
Dans cette variante de réalisation, la deuxième piste est identique à celle des variantes
de réalisation des figures 2j à 2m.
[0056] Dans les variantes de réalisation respectives des figures 2p et 2q la couche non
mouillante 4 n'est pas partiellement mouillante puisqu'elle ne comprend pas les ouvertures
5. Ces variantes de réalisation sont donc dérivées respectivement des variantes des
figures 2k et 2l, avec la différence précitée (couche 4 totalement non mouillante,
alors que dans les variantes des figures 2k et 2l, elle est partiellement mouillante).
[0057] Enfin, la variante de réalisation de la figure 2r reprend le mode de déplacement
des figures 2a, 2e et 2m, c'est-à-dire sans utilisation de contre-électrode, et, comme
dans les variantes des figures 2o à 2p, présente une couche non mouillante 7 dans
la deuxième piste qui est partiellement mouillante avec la présence des ouvertures
mouillantes 5, et une couche non mouillante 4 dans la première piste qui est totalement
non mouillante puisque qu'elle ne présente aucune ouverture mouillante. Par ailleurs,
comme dans la variante de la figure 2o, cette variante de réalisation ne nécessite
pas de couche diélectrique isolante entre les électrodes interdigitées 2 et la couche
non mouillante 4 dans le cas où cette couche non mouillante 4 est elle-même électriquement
isolante, ce qui est notamment le cas pour une couche hydrophobe, en matériau tel
qu'un polymère de tétrafluoroéthylène. Cependant, ici encore, en pratique, un tel
matériau n'est effectivement électriquement isolant que si l'épaisseur de la couche
est importante (épaisseur de l'ordre du micromètre). Aussi, dans les cas de la figure
2r où l'épaisseur de la couche non mouillante 4 n'est pas suffisante, on pourra insérer
entre la couche d'électrodes interdigitées 2 et la couche non mouillante 4 une couche
diélectrique isolante du type de la couche 3 des autres figures.
[0058] La figure 3 représente schématiquement le déplacement d'une goutte sur une piste
du dispositif selon une variante de réalisation. Cette figure se décompose en deux
parties. Dans la partie supérieure (schémas A, B et C), par souci de simplification
et pour faciliter l'explication, la représentation du dispositif est une représentation
en vue de dessus et partielle en ce qu'elle ne fait apparaître ni la couche non mouillante
ou partiellement mouillante ni la couche diélectrique isolante, situées entre la goutte
15 et les électrodes 2a, 2b, 2c et 2d. Dans la partie inférieure (schémas A', B' et
C'), la représentation du dispositif est une représentation en coupe de côté, dans
le sens de déplacement de la goutte.
[0059] Plus précisément, le dispositif est du type de celui de la figure 2a, c'est-à-dire
avec une seule piste. Cependant, les explications suivantes concernant le déplacement
de la goutte sont applicables plus généralement aux cas des figures 2a, 2e, 2m et
2r, c'est-à-dire un déplacement sur une piste avec des électrodes interdigitées, sans
contre-électrodes, avec éventuellement un deuxième plan supérieur.
[0060] Le dispositif nécessite donc plusieurs électrodes interdigitées (2a, 2b, 2c, 2d)
qui reposent sur un substrat 1 électriquement isolant, éventuellement transparent.
Sur la couche d'électrodes interdigitées, on retrouve une couche diélectrique isolante
3 et une couche non mouillante 4. Cette couche non mouillante 4 peut être partiellement
mouillante selon la configuration dans laquelle on se trouve (voir figure 2 concernée),
ce qui ne modifie pas les explications suivantes concernant le déplacement. La goutte
15 est initialement sur l'électrode 2a (étape A). En créant une différence de potentiel
entre l'électrode 2c et les électrodes 2a, 2b et 2d, la goutte se meut sur l'électrode
2c (étape B). Pour la déplacer sur l'électrode 2d, on crée une différence de potentiel
entre l'électrode 2d et les électrodes 2a, 2b et 2c. Et ainsi de suite.
[0061] La figure 4 représente schématiquement le déplacement d'une goutte sur une piste
du dispositif selon une autre variante de réalisation. Là encore, la figure se décompose
en deux parties. Dans la partie supérieure (schémas A, B et C), par le même souci
de simplification et de facilitation de l'explication que pour la figure 3, la représentation
du dispositif est une représentation en vue de dessus et partielle en ce qu'elle ne
fait apparaître ni la couche non mouillante ou partiellement mouillante ni la couche
diélectrique isolante, situées entre la goutte 15 et les électrodes 2a, 2b, 2c et
2d. Dans la partie inférieure (schémas A', B' et C'), la représentation du dispositif
est une représentation en coupe de côté, dans le sens de déplacement de la goutte.
[0062] Plus précisément, le dispositif présenté correspond à un dispositif avec une seule
piste et une ligne de masse 6 en tant que contre-électrode 6, tel que précédemment
décrit à la figure 2b. Cependant, les explications suivantes concernant le déplacement
d'une goutte sur ce dispositif sont également applicables aux cas des figures 2c,
2d, 2f, 2g, 2h, 2j, 2k, 2l, 2o, 2p, 2q.
[0063] Le dispositif comprend une couche d'électrodes interdigitées (2a, 2b, 2c, 2d) qui
reposent sur un substrat 1 électriquement isolant et éventuellement transparent. Au-dessus
de cette couche d'électrodes se trouve une couche diélectrique isolante 3. Au-dessus
de cette couche diélectrique isolante 11 se trouve une couche non mouillante 4. Cette
couche est éventuellement partiellement mouillante, selon la configuration dans laquelle
on se trouve (voir figures 2). Au dessus de cette couche non mouillante 4 (éventuellement
partiellement mouillante), on trouve une électrode de masse 6 ou ligne de masse 6.
[0064] La goutte 15 est initialement sur l'électrode 2a (étape A). En créant une différence
de potentiel entre l'électrode 2c et les électrodes 2a, 2b, 2d et l'électrode de masse
6, la goutte se meut sur l'électrode 2c (étape B). Pour déplacer la goutte sur l'électrode
2d, on crée une différence de potentiel entre l'électrode 2d et les électrodes 2a,
2b, 2c et l'électrode de masse 6, et ainsi de suite.
[0065] Si l'on remplace l'électrode de masse 6, ou ligne de masse 6, par une contre-électrode
située dans un plan supérieur (cas des figures 4i et 4n), les explications précédentes
concernant la figure 4 s'appliquent encore.
[0066] Le procédé permettant de rendre partiellement mouillante la couche non mouillante
d'une des pistes du dispositif de l'invention, va maintenant être décrit en référence
à la figure 7, avec un rappel de l'état de la technique en référence aux figures 5
et 6.
[0067] La figure 5 représente schématiquement les étapes du procédé de création d'ouverture
dans un matériau non mouillant, ce qui le rend partiellement mouillant, selon la technique
photolithographique classique avec surfactant. A l'étape (a), une couche de matériau
non mouillant 4 est déposée sur un substrat 1. A l'étape (b), une couche de résine
20 contenant un surfactant est déposée sur la couche non mouillante 4. Le surfactant
permet d'augmenter la mouillabilité de la couche non mouillante vis à vis de la résine,
donc l'accrochage de la résine sur cette couche. A l'étape (c), étape photolithographique
à proprement parler, la couche 20 est soumise aux rayonnements UV. Si la couche 20
est en résine dite positive, le rayonnement ultraviolet entraîne une rupture des macromolécules
des zones exposées ce qui confère à ces zones une solubilité accrue au solvant de
révélation qui sera utilisé à l'étape (d), alors que les parties non insolées à l'opposé
auront polymérisé. C'est donc ce qu'il se produit, avec le résultat de l'étape de
révélation (d). La révélation de la résine s'accompagne d'une attaque du matériau
non mouillant exposé et donc de l'apparition des zones ou ouvertures 5 dans la couche
non mouillante 4 (étape (e)). Cette technique s'accompagne du risque de modification
définitive des propriétés de surface du matériau non mouillant due à l'utilisation
du surfactant dans la résine.
[0068] La figure 6 représente schématiquement les étapes du procédé de création d'ouvertures
dans un matériau non mouillant selon la technique photolithographique classique avec
plasma. Cette technique diffère de la précédente en ce qu'elle comprend une étape
supplémentaire consistant à soumettre la couche non mouillante 4 à un rayonnement
plasma-argon (étape (b)) avant le dépôt de la couche de résine 20. C'est ce rayonnement
qui va modifier les propriétés de surface de la couche non mouillante 4, alors que
dans la technique précédente (figure 5), c'est la présence du surfactant dans la résine
qui joue ce rôle. Les étapes suivantes ((c), (d), (e), (f)) sont respectivement les
mêmes que les étapes (b), (c), (d) et (e) de la figure 5. La conclusion est la même
qu'en ce qui concerne la technique photolithographique classique avec surfactant,
à savoir qu'il existe un risque de modification définitive des propriétés de surface
de la couche non mouillante 4.
[0069] Le procédé de l'invention, décrit maintenant en référence à la figure 7, est donc
un procédé de fabrication d'une ou plusieurs pistes du dispositif décrit précédemment,
dans lequel la création de la couche partiellement mouillante comprend tout d'abord
une étape de création d'un masque en matériau photosensible par dépôt d'une couche
de ce matériau 20 sur un substrat 1 (étape (a)), photolithographie (étape (b)), et
révélation du matériau photosensible (étape (c)). Dans la variante de mise en oeuvre
décrite dans cette figure 7, on utilise comme matériau photosensible une résine négative,
c'est-à-dire pour laquelle le rayonnement UV entraîne une polymérisation des zones
insolées d'où une solubilité accrue des zones non exposées dans le révélateur. Ce
sont donc les zones non exposées à l'étape (b) qui disparaissent à l'étape (c), alors
que les zones insolées à l'étape (b) restent présentes à l'étape (c) et sont repérées
par le nombre 20. Le choix d'une résine négative n'est bien sûr nullement limitatif
de l'invention. Les considérations sur le procédé de l'invention sont exactement les
mêmes dans le cas de l'utilisation d'une résine positive.
[0070] L'étape (c) est suivie d'une étape (d) de dépôt d'une couche de matériau non mouillant
4.
[0071] A titre d'exemple, on peut utiliser pour l'étape photolithographique une résine avec
les paramètres suivantes :
- résine AZ 4562,
- révélation dans AZ 351 B.
[0072] L'étape (d) de dépôt du matériau non mouillant 4 est suivie d'une première étape
de recuit. Selon le matériau choisi (polymère de tétrafluoroéthylène par exemple),
on peut procéder à un recuit à 50° C pendant 5 minutes. De préférence, mais pas nécessairement,
ce recuit est suivi d'un autre recuit complémentaire. Cet autre recuit peut alors
être procédé à une température de 110° C pendant 5 min également.
[0073] Dans le cas particulier d'un matériau hydrophobe tel qu'un polymère de tétrafluoroéthylène,
à ce stade, il reste très peu de solvant dans le matériau. Mais il faudra une deuxième
étape de recuit après dissolution du masque de résine 20 (étape (e). En effet, aux
températures de recuit du matériau hydrophobe, la résine polymérise ce qui la rend
difficile à enlever. Cela peut avoir pour conséquence de laisser des traces de résine
sur le substrat. Ces traces risquent d'être difficiles voire impossibles à enlever
lors de l'étape suivante de dissolution, ce qui risque de modifier les propriétés
de surface de la couche partiellement mouillante (partiellement hydrophile dans le
cas de la mouillabilité vis à vis de l'eau) : les ouvertures 5 risquent de ne pas
être parfaitement non mouillantes (ou hydrophobes pour la non mouillabilité vis à
vis de l'eau) et les zones non ouvertes risquent de ne pas être parfaitement non mouillantes
(hydrophobes). C'est pourquoi, avant de procéder à cette deuxième étape de recuit,
on va d'abord dissoudre la résine par exemple dans l'acétone, par exemple pendant
30 à 40 secondes. De préférence, mais pas nécessairement, cette étape de dissolution
est suivie d'une étape de rinçage par exemple à l'alcool.
[0074] Enfin, on procède à la deuxième étape de recuit, par exemple (en fonction du matériau
choisi) à 170° C pendant 5 min, ce qui a pour effet de faire disparaître complètement
le solvant éventuellement présent dans le matériau hydrophobe. Eventuellement, pour
obtenir une surface uniforme et une adhérence maximum du matériau non mouillant sur
le substrat, on procède à un autre recuit complémentaire par exemple à 330° C pendant
15 min.
[0075] Ainsi, le procédé de l'invention permet avantageusement de créer une couche partiellement
mouillante dans un matériau non mouillant. Ce résultat est obtenu par la création
d'ouvertures 5 dans le matériau non mouillant, qui deviennent des zones mouillantes,
adaptées à une fonctionnalisation chimique ou biochimique. Les zones non ouvertes
restent parfaitement non mouillantes et conservent donc leurs hautes propriétés de
non mouillabilité nécessaires au transport des gouttes. En particulier, le fait que
la couche de matériau non mouillant soit déposée en dernière étape du procédé, contrairement
à l'état de la technique, permet de ne pas faire subir à ce matériau de traitement
de surface (technique utilisant un surfactant, ou utilisant un plasma-argon).
[0076] Le dispositif de l'invention comprend donc au moins une couche rendue partiellement
mouillante par création d'ouvertures mouillantes 5 dans une couche non mouillante,
tel qu'expliqué précédemment. Ces zones mouillantes vont pouvoir être activées et
fonctionnalisées chimiquement (figure 8) pour ensuite réagir avec la goutte manipulée
15 (figure 9). On va donc utiliser le principe du déplacement de la goutte tel qu'expliqué
précédemment pour activer les zones non encore fonctionnalisées grâce à une goutte
15 contenant un agent permettant la fonctionnalisation.
[0077] On voit en particulier sur la figure 8 (mode de représentation identique à celui
de la partie supérieure des figures 3 et 4, en vue de dessus et partielle, c'est-à-dire
sans les couches respectivement diélectriques isolantes et non mouillantes entre les
électrodes interdigitées 2a, 2b, 2c et la goûte 15) qu'une goutte contenant un agent
permettant la fonctionnalisation 15 partant de l'électrode 2a se déplace sur l'électrode
2b, au-dessus d'une zone fonctionnalisable 5 puis arrive sur l'électrode 2c après
avoir activé et fonctionnalisé chimiquement la zone 5.
[0078] Dans la figure 9 (mode de représentation identique à celui de la partie supérieure
des figures 3 et 4, en vue de dessus et partielle, c'est-à-dire sans les couches respectivement
diélectriques isolantes et non mouillantes entre les électrodes interdigitées 2a,
2b, 2c et la goutte 15), on voit comment une goutte 15 se déplaçant sur la piste se
trouve tout d'abord sur l'électrode 2a puis passe sur l'électrode 2b au-dessus de
laquelle se trouve la zone fonctionnalisée 5, et arrive, modifiée, sur l'électrode
2c après réaction avec la zone fonctionnalisée.
[0079] La figure 10 représente schématiquement une variante de réalisation du système selon
l'invention. Le système comprend un ou plusieurs moyens 100 de préparation de l'échantillon
de liquide à analyser, un ou plusieurs dispositifs 200 de manipulation de gouttes
selon l'invention et tel qu'expliqué précédemment, et un ou plusieurs moyens 300 d'analyse
en sortie. Le moyen 100 de préparation peut comprendre par exemple un ou plusieurs
réservoirs ou quais de chargement. Le moyen 300 d'analyse peut être par exemple un
spectromètre de masse, un détecteur de fluorescence ou un détecteur d'émission UV.
Le dispositif 200 selon l'invention, au coeur de ce système, est couplé en amont avec
le ou les moyens 100 de préparation, et en aval avec le ou les moyens 300 d'analyse.
[0080] Le système selon l'invention peut ainsi être éventuellement intégré dans un microsystème
qui intègre lui-même une ou plusieurs opérations de laboratoires habituellement réalisées
manuellement. Un tel système est appellé microlaboratoire.
[0081] Deux exemples de fonctionnalisation vont maintenant être décrits, sur la base d'un
exemple de réalisation du dispositif de l'invention comprenant un substrat en Pyrex
©, des électrodes conductrices interdigitées en nickel d'une épaisseur d'une centaine
de nanomètres, une couche d'environ un micromètre de résine SU8 déposée par centrifugation,
couche diélectrique isolante. Enfin, le dispositif comprend une couche hydrophobe
en polymère de tétrafluoroéthylène, également déposée par centrifugation, sur la couche
de résine précédemment citée.
Exemple d'un réacteur d'affinité :
[0082] Les zones non recouvertes par la couche hydrophobe vont subir un traitement de surface
destiné à les transformer en surface réactive, par exemple un support-NH2 greffé Streptavidine.
[0083] Ainsi, avec un tel dispositif comprenant de telles zones fonctionnalisées, une goutte
de liquide contenant des protéines par exemple, et se déplaçant dans le chemin d'électrodes
sur une zone fonctionnalisée, verra ses molécules d'intérêt (certaines protéines comme
la biotine par exemple) ayant une affinité pour les surfaces précédemment greffées
au cours de la fonctionnalisation, se fixer sur ces surfaces. Quand la réaction chimique
est terminée, la goutte poursuit son chemin dans le dispositif Par la suite, le passage
d'un mélange spécifique (par exemple un mélange tampon dénaturant) sur ces zones,
permet de libérer les molécules d'intérêt (par destruction des interactions non covalentes
par exemple) et les entraîne avec lui. Un tel dispositif permet donc d'isoler et de
séparer des molécules d'intérêt.
Exemple d'un réacteur de digestif
[0084] Dans le dispositif, les zones non recouvertes par la couche hydrophobe vont subir
un traitement de surface dans le but de les transformer en surfaces réactives, par
exemple support-NH2 greffé trypsine.
[0085] Ainsi, dans un tel dispositif avec de telles zones fonctionnalisées, une goutte de
liquide se déplaçant dans le chemin d'électrodes est immobilisée sur une zone fonctionnalisée,
et certaines molécules d'intérêt (des protéines par exemple) vont réagir avec les
surfaces greffées. Le résultat d'une telle réaction sera de découper les molécules
(par exemple des peptides obtenus par digestion tryptidique). Par la suite, la goutte
poursuit son chemin dans le dispositif Un tel dispositif permet donc par exemple d'analyser
de longues chaînes de molécules par découpage préalable au moyen d'enzymes spécifiques,
en vue d'une analyse par spectrométrie de masse.
[0086] Le dispositif; le procédé, et le système de l'invention, permettent donc de réaliser
les éléments de base d'un microsystème destiné à déplacer des microgouttes d'une zone
fonctionnalisée à une autre, dans une architecture qui se prête tout à fait dans l'intégration
en amont ou en aval avec d'autres fonctions complémentaires. On peut donc ainsi concevoir
des microsystèmes spécialisés se distinguant seulement les uns des autres par l'enchaînement
et la nature des opérations biochimiques réalisées.
[0087] L'ensemble de la description ci-dessus est donné à titre d'exemple, et est non limitatif
de l'invention. En particulier, le choix d'un matériau en polymères de tétrafluoroéthylène
pour la couche non mouillante ou partiellement mouillante n'est pas limitatif de l'invention.
Un polymère de tétrafluoroéthylène est un choix adapté en ce sens qu'il est effectivement
non mouillant, notamment, mais pas uniquement, vis à vis de l'eau, donc hydrophobe.
Plus généralement, on s'intéressera toujours à un matériau non mouillant, qui soit
biocompatible (n'adsorbe pas de matière transportée, ne se mélange pas avec la matière
transportée, ne provoque pas de réactions chimiques, ne relargue pas de matière).
Il doit donc être neutre au regard des explications précédentes, et également présenter
une homogénéité de ses propriétés en surface.
[0088] De même, le choix du silicium ou du Pyrex
© pour le substrat n'est bien sûr pas limitatif de l'invention. C'est le cas également
du choix d'une résine positive ou négative dans le cadre du procédé de fabrication
du dispositif de l'invention. On notera également, toujours dans le cadre du procédé
de fabrication du dispositif de l'invention, que les températures et durées des étapes
de recuit du procédé ne sont pas limitatives de l'invention, et sont essentiellement
fonction du matériau non mouillant choisi. Egalement, l'utilisation de l'acétone pour
la dissolution et d'un alcool pour le rinçage, n'est pas limitative de l'invention.
Tout autre produit adapté à la dissolution et au rinçage pourra être utilisé.
[0089] En outre, les exemples de déplacement dans une direction donnée, mentionnés dans
cette description, ne sont pas limitatifs de l'invention. On peut bien sûr envisager
une matrice de déplacement permettant de déplacer la goutte n'importe où sur la piste.
Les possibilités de déplacement dépendent essentiellement de la disposition géométrique
des électrodes. Une matrice d'électrodes permet en effet d'obtenir un déplacement
de type matriciel. Egalement, la forme des électrodes dans les exemples de cette description
n'est bien sûr pas limitatif de l'invention. Toute autre forme permettant l'interdigitation
des électrodes convient.
[0090] Par ailleurs, la liste des exemples de moyens de préparation en amont du dispositif
de déplacement, dans un système intégré tel que le système de l'invention, n'est bien
sûr par exhaustive, et donc pas limitative de l'invention. Il en va de même pour la
liste des moyens d'analyse en aval du dispositif de déplacement.
[0091] Enfin, les exemples de fonctionnalisation des zones mouillantes de la couche partiellement
mouillante, et les exemples de traitement de la goutte par ces zones fonctionnalisées,
donnés dans cette description, ne sont pas limitatifs de l'invention. Généralement,
on s'intéressera en effet à la séparation, au tri ou au découpage de molécules quelles
qu'elles soient. D'autres manipulations par réactions chimiques et/ou biochimiques
sont envisageables.
1. Dispositif de manipulation de gouttes sur un plan de déplacement par électromouillage,
comprenant au moins une piste,
caractérisé en ce que ladite piste comprend :
- un substrat (1) électriquement isolant présentant une surface supérieure,
- au moins deux premières électrodes (2, 2a à 2d) conductrices présentant une surface
supérieure et une surface inférieure, reposant par leur surface inférieure sur ladite
surface supérieure dudit substrat (1) électriquement isolant, chacune desdites premières
électrodes (2, 2a à 2d) étant interdigitées avec au moins une autre de ces dites premières
électrodes (2, 2a à 2d),
- une couche diélectrique isolante (3) présentant une surface inférieure et une surface
supérieure, reposant par sa surface inférieure sur ladite surface supérieure desdites
premières électrodes (2, 2a à 2d),
- une couche partiellement mouillante (4) présentant une surface inférieure et une
surface supérieure, reposant par sa surface inférieure sur la surface supérieure de
la dite couche diélectrique isolante (3),
ladite couche partiellement mouillante (4) consistant en une couche en matériau non
mouillant comprenant des ouvertures mouillantes (5).
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il comprend au moins une contre-électrode (6) distincte desdites premières électrodes
(2, 2a à 2d).
3. Dispositif selon la revendication 2, caractérisé en ce que ladite contre-électrode (6) distincte est une ligne de masse (6) située sur ou sous
la surface supérieure de ou insérée dans ladite couche partiellement mouillante (4).
4. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'il comprend une deuxième piste positionnée de façon opposée à et séparée de la première
piste de telle sorte qu'un espace (10) est formé entre lesdites première et deuxième
pistes, ladite deuxième piste comprenant une couche non mouillante (7) présentant
une surface inférieure du côté dudit espace (10) et une surface supérieure de l'autre
côté.
5. Dispositif selon la revendication 4, caractérisé en ce que ladite couche non mouillante (7) de ladite deuxième piste est une couche partiellement
mouillante consistant en une couche en matériau non mouillant comprenant des ouvertures
mouillantes (5).
6. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 4 et 5, caractérisé en ce que ladite deuxième piste comprend une couche supérieure (8) électriquement isolante,
semi-conductrice ou conductrice, située du côté de la surface supérieure de ladite
couche non mouillante (7).
7. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 4 à 6, caractérisé en ce que ladite deuxième piste comprend une ou plusieurs contre-électrodes (11) situées entre
ladite couche non mouillante (7) et ladite couche supérieure (8).
8. Dispositif selon la revendication 7, caractérisé en ce que ladite deuxième piste comprend une couche diélectrique isolante (12) située entre
ladite couche non mouillante (7) et la ou les dites contre-électrodes (11).
9. Dispositif de manipulation de gouttes entre deux plans de déplacement par électromouillage,
comprenant deux pistes séparées par un espace (10),
caractérisé en ce que :
- la première piste comprend :
i. un substrat (1) électriquement isolant présentant une surface supérieure,
ii. au moins deux premières électrodes (2, 2a à 2d) présentant une surface supérieure
et une surface inférieure, reposant par leur surface inférieure sur ladite surface
supérieure dudit substrat (1) électriquement isolant, chacune desdites premières électrodes
(2, 2a à 2d) étant interdigitées avec au moins une autre de ces dites premières électrodes
(2, 2a à 2d),
iii. une couche non mouillante (4) présentant une surface inférieure et une surface
supérieure, située du côté de la surface supérieure desdites premières électrodes
(2, 2a à 2d),
- la deuxième piste comprend une couche partiellement mouillante (7) présentant une
surface supérieure et une surface inférieure,
ladite couche partiellement mouillante (7) de ladite deuxième piste consistant en
une couche en matériau non mouillant comprenant des ouvertures mouillantes (5).
10. Dispositif selon la revendication 9, caractérisé en ce que ladite première piste comprend une couche diélectrique isolante (3) située entre
la surface supérieure desdites premières électrodes (2, 2aà 2d) et la surface inférieure
de ladite couche non mouillante (4).
11. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 9 et 10, caractérisé en ce qu'il comprend une ligne de masse (6) située sur ou sous la surface supérieure de ou
insérée dans ladite couche non mouillante (4).
12. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 9 à 11, caractérisé en ce que ladite deuxième piste comprend une couche électriquement isolante (12), conductrice
ou semi-conductrice, située du côté de la surface supérieure de ladite couche partiellement
mouillante (7).
13. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 12, caractérisé en ce que ledit substrat électriquement isolant (1) de ladite première piste est transparent.
14. Dispositif selon la revendication 13, caractérisé en ce que ledit substrat électriquement isolant (1) de ladite première piste est un substrat
de verre.
15. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 14, caractérisé en ce que les zones mouillantes formées par les ouvertures mouillantes (5) dans le matériau
non mouillant de la couche partiellement mouillante (4, 7) de la première et/ou deuxième
piste sont des zones fonctionnalisées réactives.
16. Dispositif selon la revendication 15, caractérisé en ce que lesdites zones mouillantes sont biochimiquement fonctionnalisées et réactives
17. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 16, caractérisé en ce que ladite couche non mouillante (4, 7) et/ou lesdites zones non mouillantes de ladite
couche partiellement mouillante (4, 7), sont non mouillantes vis à vis de l'eau, donc
hydrophobes, et en ce que lesdites zones mouillantes sont mouillantes vis à vis de l'eau, donc hydrophiles.
18. Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à 17, caractérisé en ce que ladite couche non mouillante (4, 7) et/ou lesdites zones non mouillantes de ladite
couche partiellement mouillante (4, 7) sont en polymère de tétrafluoroéthylène.
19. Procédé de fabrication du dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 à
18, dans lequel la création de ladite couche partiellement mouillante (4, 7), consistant
en une couche en matériau non mouillant comprenant des ouvertures mouillantes (5),
de ladite première piste ou ladite deuxième piste, comprend :
- une étape de création d'un masque en matériau photosensible, par dépôt dudit matériau
photosensible sur un substrat, photolithographie, puis révélation dudit matériau photosensible,
- une étape de dépôt d'un matériau non mouillant sur ledit masque,
- au moins une étape de recuit avant dissolution,
- une étape de dissolution dudit masque,
- au moins une étape de recuit après dissolution.
20. Procédé selon la revendication 19, caractérisé en ce que la température de recuit de ladite étape de recuit avant dissolution est inférieure
à la température de recuit de ladite étape de recuit après dissolution.
21. Procédé selon l'une quelconque des revendications 19 et 20, caractérisé en ce que ladite étape de dépôt d'un matériau non mouillant sur ledit masque, est une étape
de dépôt d'un polymère de tétrafluoroétylène.
22. Système d'analyse microfluidique d'un échantillon de liquide
caractérisé en ce qu'il comprend :
- au moins un moyen (100) de préparation de l'échantillon de liquide présentant au
moins une sortie,
- au moins un dispositif (200) de manipulation de gouttes selon l'une quelconque des
revendications 1 à 18, couplé par une de ses entrées à l'une des sorties dudit moyen
de préparation (100), et présentant au moins une sortie,
- au moins un moyen d'analyse (300) couplé par une de ses entrées à l'une des sorties
dudit dispositif (200) de manipulation de gouttes.
23. Système selon la revendication 22, caractérisé en ce ledit moyen (100) de préparation
comprend un ou plusieurs réservoirs ou quais de chargement.
24. Système selon l'une quelconque des revendications 22 et 23, caractérisé en ce que ledit moyen d'analyse (300) est un spectromètre de masse, ou un détecteur de fluorescence,
ou un détecteur d'émissions UV.
25. Système selon l'une quelconque des revendications 22 à 24, caractérisé en ce qu'il est intégré dans un micro-laboratoire.
1. A device for handling drops on a displacement by electrowetting plane, including at
least one track,
characterised in that the said track includes:
an electrically insulating substrate (1) with a top surface,
at least two first conducting electrodes (2, 2a to 2d) with a top surface and a bottom
surface, resting by their bottom surface on the said top surface of the said electrically
insulating substrate, with each of the said first electrodes (2, 2a to 2d) being interdigitated
with at least one other of these said first electrodes (2, 2a to 2d),
a dielectric insulating layer (3) with a bottom surface and a top surface, resting
by its bottom surface on the said top surface of the said first electrodes,
a partially-wetting layer (4) with a bottom surface and a top surface, resting by
its bottom surface on the top surface of the said dielectric insulating layer, said
partially-wetting layer (4) consisting in a non-wetting material layer comprising
wetting openings (5).
2. A device according to claim 1, characterised in that it includes at least one counter-electrode (6) separate from the said first electrodes
(2, 2a to 2d).
3. A device according to claim 2, characterised in that the said separate counter-electrode (6) is an earth line (6) located on or under
the top surface of, or inserted into, the said partially-wetting layer (4).
4. A device according to anyone of claims 1 to 3, characterised in that it includes a second track positioned opposite to and separated from the first track,
so that a space (10) is formed between the said first and second tracks, with the
said second track including a non-wetting layer (7) with a bottom surface on one side
of the said space and a top surface on the other side.
5. A device according to claim 4, characterised in that the said non-wetting layer of the said second track is a partially-wetting layer
consisting in a non-wetting material layer comprising wetting openings (5).
6. A device according to either of claims 4 and 5, characterised in that the said second track includes a top layer (8) that is electrically insulating, semiconducting
or conducting, located on one side of the top surface of the said non-wetting layer
(7).
7. A device according to any of claims 4 to 6, characterised in that the said second track includes one or more counter-electrodes (11) located between
the said non-wetting layer and the said top layer (8).
8. A device according to claim 7, characterised in that the said second track includes a dielectric insulating layer (12) located between
the said non-wetting layer (7) and the said counter-electrode(s) (11).
9. A device for handling drops between two displacement by electrowetting planes, including
two tracks separated by a space (10),
characterised in that:
the first track includes:
an electrically insulating substrate with a top surface,
at least two first electrodes (2, 2a to 2d) with a top surface and a bottom surface,
resting by their bottom surface on the said top surface of the said electrically insulating
substrate (1), with each of the said first electrodes (2, 2a to 2d) being interdigitated
with at least one other of these said first electrodes (2, 2a to 2d),
a non-wetting layer (4) with a bottom surface and a top surface, located on one side
of the top surface of the said first electrodes (2, 2a to 2d),
the second track includes :
a partially-wetting layer (7) with a top surface and
a bottom surface,
where the said partially-wetting layer (7) of said second track consisting in a non-wetting
material layer comprising wetting openings (5).
10. A device according to claim 9, characterised in that the said first track includes a dielectric insulating layer (3) located between the
top surface of the said first electrodes (2, 2a to 2d) and the bottom surface of the
said non-wetting layer (4).
11. A device according to either of claims 9 and 10, characterised in that it includes an earth line (6) located on or under the top surface of, or inserted
into, the said non-wetting layer.
12. A device according to any of claims 9 to 11, characterised in that the said second track includes a layer (12) that is electrically insulating, conducting
or semiconducting, located on one side of the top surface of the said non-wetting
layer (7).
13. A device according to any of claims 1 to 12, characterised in that the said electrically insulating substrate of the said first track is transparent.
14. A device according to claim 13, characterised in that the said electrically insulating substrate of the said first track is a glass substrate.
15. A device according to any of claims 1 to 14, characterised in that the said wetting zones formed by the wetting openings (5) in the non-wetting material
of the partially-wetting layer (4, 7) of first and/or second track are reactive functionalised
zones.
16. A device according to claim 15, characterised in that the said wetting zones are biochemically functionalised and reactive
17. A device according to any of claims 1 to 16, characterised in that the said non-wetting layer (4, 7) and/or the said non-wetting zones of the said partially-wetting
layer (4, 7), are non-wetting in relation to water and therefore hydrophobic, and
in that the said wetting zones are wetting in relation to water and therefore hydrophilic.
18. A device according to any of claims 1 to 17, characterised in that the said non-wetting layer (4, 7) and/or the said non-wetting zones of the said partially-wetting
layer (4, 7) are in tetrafluoroethylene polymer.
19. A method for the manufacture of the device according to any of claims 1 to 18, in
which the creation of the said partially-wetting layer (4, 7) of the said first track
or the said second track, consisting in a non-wetting material layer comprising wetting
openings (5) ; includes:
a step for the creation of a mask in a photosensitive material, by deposition of the
said photosensitive material onto a substrate, then photolithography, and then development
of the said photosensitive material,
a step for the deposition of a non-wetting material onto the said mask,
at least one annealing stage before dissolution,
a step for the dissolution of the said mask,
at least one annealing step after dissolution.
20. A method according to claim 19, characterised in that the annealing temperature of the said annealing step before dissolution is lower
than the annealing temperature of the said annealing stage after dissolution.
21. A method according to any of claims 19 and 20, characterised in that the said stage for the deposition of a non-wetting material onto the said mask is
a step for the deposition of a tetrafluoroethyene polymer.
22. A system for the microfluidic analysis of a liquid sample,
characterised in that it includes:
at least one means (100) for preparing the liquid sample with at least one outlet,
at least one drop handling device (200) according to any of claims 1 to 18, coupled
by one of its inlets to one of the outlets of the said preparation means (100), and
with at least one outlet,
at least one analysis means (300) coupled by one of its inlets to one of the outlets
of the said drop handling device (200).
23. A system according to claim 22, characterised in that the said preparation means includes one or more loading reservoirs or docks.
24. A system according to any of claims 22 and 23, characterised in that the said analysis means is a mass spectrometer, a fluorescence detector, or a UV
light detector.
25. A system according to any of claims 22 to 24, characterised in that it is integrated into a microlaboratory.
1. Vorrichtung zur Manipulation von Tropfen auf einer Ebene zur Bewegung mittels Elektrobenetzung,
umfassend wenigstens eine Bahn,
dadurch gekennzeichnet, daß die Bahn umfaßt:
- ein elektrisch isolierendes Substrat (1), das eine obere Fläche aufweist,
- wenigstens zwei erste leitende Elektroden (2, 2a bis 2d) mit einer oberen Fläche
und einer unteren Fläche, die mit ihrer unteren Fläche auf der oberen Fläche des elektrisch
isolierenden Substrats (1) aufliegen, wobei eine jede der ersten Elektroden (2, 2a
bis 2d) mit wenigstens einer weiteren dieser ersten Elektroden (2, 2a bis 2d) interdigitiert
ist,
- eine dielektrische Isolationsschicht (3) mit einer unteren Fläche und einer oberen
Fläche, die mit ihrer unteren Fläche auf der oberen Fläche der ersten Elektroden (2,
2a bis 2d) aufliegt,
- eine teilbenetzende Schicht (4) mit einer unteren Fläche und einer oberen Fläche,
die mit ihrer unteren Fläche auf der oberen Fläche der dielektrischen Isolationsschicht
(3) aufliegt,
wobei die teilbenetzende Schicht (4) aus einer Schicht aus nicht benetzendem Material
mit benetzenden Öffnungen (5) besteht.
2. Vorrichtung nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, daß sie wenigstens eine Gegenelektrode (6), die von den ersten Elektroden (2, 2a bis
2d) getrennt ist, umfaßt.
3. Vorrichtung nach Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, daß die separate Gegenelektrode (6) eine Masseleitung (6) ist, die auf oder unter der
oberen Fläche der teilbenetzenden Schicht (4) gelegen oder in letztere eingefügt ist.
4. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, daß sie eine zweite Bahn umfaßt, die der ersten Bahn gegenüber und von dieser getrennt
angeordnet ist, derart, daß zwischen der ersten und der zweiten Bahn ein Raum (10)
ausgebildet wird, wobei die zweite Bahn eine nicht benetzende Schicht (7) umfaßt,
die eine untere Fläche auf der Seite des Raums (10) und eine obere Fläche auf der
anderen Seite aufweist.
5. Vorrichtung nach Anspruch 4, dadurch gekennzeichnet, daß die nicht benetzende Schicht (7) der zweiten Bahn eine teilbenetzende Schicht ist,
die aus einer Schicht aus nicht benetzendem Material mit benetzenden Öffnungen (5)
besteht.
6. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 4 und 5, dadurch gekennzeichnet, daß die zweite Bahn eine elektrisch isolierende, halbleitende oder leitende obere Schicht
(8) umfaßt, die auf der Seite der oberen Fläche der nicht benetzenden Schicht (7)
gelegen ist.
7. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 4 bis 6, dadurch gekennzeichnet, daß die zweite Spur eine oder mehrere Gegenelektroden (11) umfaßt, die zwischen der nicht
benetzenden Schicht (7) und der oberen Schicht (8) gelegen sind.
8. Vorrichtung nach Anspruch 7, dadurch gekennzeichnet, daß die zweite Bahn eine dielektrische Isolationsschicht (12) umfaßt, die zwischen der
nicht benetzenden Schicht (7) und der oder den Gegenelektroden (11) gelegen ist.
9. Vorrichtung zur Manipulation von Tropfen zwischen zwei Ebenen zur Bewegung mittels
Elektrobenetzung, umfassend zwei durch einen Raum (10) getrennte Bahnen,
dadurch gekennzeichnet, daß:
- die erste Bahn umfaßt:
i. ein elektrisch isolierendes Substrat (1), das eine obere Fläche aufweist,
ii. wenigstens zwei erste Elektroden (2, 2a bis 2d) mit einer oberen Fläche und einer
unteren Fläche, die mit ihrer unteren Fläche auf der oberen Fläche des elektrisch
isolierenden Substrats (1) aufliegen, wobei eine jede der ersten Elektroden (2, 2a
bis 2d) mit wenigstens einer weiteren dieser ersten Elektroden (2, 2a bis 2d) interdigitiert
ist,
iii. eine nicht benetzende Schicht (4) mit einer unteren Fläche und einer oberen Fläche,
die auf der Seite der oberen Fläche der ersten Elektroden (2, 2a bis 2d) gelegen ist,
- die zweite Bahn eine teilbenetzende Schicht (7) mit einer oberen Fläche und einer
unteren Fläche umfaßt,
wobei die teilbenetzende Schicht (7) der zweiten Bahn aus einer Schicht aus nicht
benetzendem Material mit benetzenden Öffnungen (5) besteht.
10. Vorrichtung nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, daß die erste Bahn eine dielektrische Isolationsschicht (3) umfaßt, die zwischen der
oberen Fläche der ersten Elektroden (2, 2a bis 2d) und der unteren Fläche der nicht
benetzenden Schicht (4) gelegen ist.
11. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 9 und 10, dadurch gekennzeichnet, daß sie eine Masseleitung (6) umfaßt, die auf oder unter der oberen Fläche der nicht
benetzenden Schicht (4) gelegen oder in letztere eingefügt ist
12. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 9 bis 11, dadurch gekennzeichnet, daß die zweite Bahn eine elektrisch isolierende, leitende oder halbleitende Schicht (12)
umfaßt, die auf der Seite der oberen Fläche der teilbenetzenden Schicht (7) gelegen
ist.
13. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 12, dadurch gekennzeichnet, daß das elektrisch isolierende Substrat (1) der ersten Bahn transparent ist.
14. Vorrichtung nach Anspruch 13, dadurch gekennzeichnet, daß das elektrisch isolierende Substrat (1) der ersten Bahn ein Substrat aus Glas ist.
15. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 14, dadurch gekennzeichnet, daß die benetzenden Bereiche, die von den benetzenden Öffnungen (5) in dem nicht benetzenden
Material der teilbenetzenden Schicht (4, 7) der ersten und/oder zweiten Bahn gebildet
sind, funktionalisierte reaktive Bereiche sind.
16. Vorrichtung nach Anspruch 15, dadurch gekennzeichnet, daß die benetzenden Bereiche biochemisch funktionalisiert und reaktiv sind.
17. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 16, dadurch gekennzeichnet, daß die nicht benetzende Schicht (4, 7) und/oder die nicht benetzenden Bereiche der teilbenetzenden
Schicht (4, 7) nicht benetzend gegenüber Wasser, also hydrophob sind und daß die benetzenden
Bereiche benetzend gegenüber Wasser, also hydrophil sind.
18. Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 17, dadurch gekennzeichnet, daß die nicht benetzende Schicht (4, 7) und/oder die nicht benetzenden Bereiche der teilbenetzenden
Schicht (4, 7) aus Tetrafluorethylen-Polymer bestehen.
19. Verfahren zur Herstellung der Vorrichtung nach einem der Ansprüche 1 bis 18, wobei
die Erzeugung der teilbenetzenden Schicht (4, 7), bestehend aus einer Schicht aus
nicht benetzendem Material mit benetzenden Öffnungen (5), der ersten Bahn oder der
zweiten Bahn umfaßt:
- einen Schritt zur Erzeugung einer Maske aus lichtempfindlichem Material, durch Abscheiden
des lichtempfindlichen Materials auf einem Substrat, Photolithographie, anschließend
Entwickeln des lichtempfindlichen Materials,
- einen Schritt zum Abscheiden eines nicht benetzenden Materials auf der Maske,
- wenigstens einen Temperschritt vor Auflösung,
- einen Schritt zur Auflösung der Maske,
- wenigstens einen Temperschritt nach Auflösung.
20. Verfahren nach Anspruch 19, dadurch gekennzeichnet, daß die Tempertemperatur des Temperschrittes vor Auflösung niedriger als die Tempertemperatur
des Temperschrittes nach Auflösung ist.
21. Verfahren nach einem der Ansprüche 19 und 20, dadurch gekennzeichnet, daß der Schritt des Abscheidens eines nicht benetzenden Materials auf der Maske ein Schritt
zum Abscheiden eines Tetrafluorethylen-Polymers ist.
22. System zur mikrofluidischen Analyse einer Flüssigkeitsprobe,
dadurch gekennzeichnet, daß es umfaßt:
- wenigstens ein Mittel (100) zur Zubereitung der Flüssigkeitsprobe, das wenigstens
einen Ausgang aufweist,
- wenigstens eine Vorrichtung (200) zur Tropfenmanipulation nach einem der Ansprüche
1 bis 18, die über einen ihrer Eingänge mit einem der Ausgänge des Zubereitungsmittels
(100) gekoppelt ist und wenigstens einen Ausgang aufweist,
- wenigstens ein Analysemittel (300), das über einen seiner Eingänge mit einem der
Ausgänge der Vorrichtung (200) zur Tropfenmanipulation gekoppelt ist.
23. System nach Anspruch 22, dadurch gekennzeichnet, daß das Zubereitungsmittel (100) eine(n) oder mehrere Behälter oder Laderampen umfaßt.
24. System nach einem der Ansprüche 22 und 23, dadurch gekennzeichnet, daß das Analysemittel (300) ein Massenspektrometer oder ein Fluoreszenzdetektor oder
ein UV-Emissionsdetektor ist.
25. System nach einem der Ansprüche 22 bis 24, dadurch gekennzeichnet, daß es in ein Mikrolabor integriert ist.