[0001] La présente invention concerne un câble d'énergie et/ou de télécommunication qui
est pourvu d'une couche de matière fibreuse recouverte d'un vernis d'imprégnation.
[0002] L'invention est également relative à un procédé d'imprégnation d'une couche de matière
fibreuse.
[0003] L'invention trouve une application particulièrement avantageuse, mais non exclusive,
dans le domaine des câbles à isolants silicone.
[0004] Le silicone est connu pour offrir d'excellentes propriétés diélectriques, et c'est
pourquoi il est largement utilisé aujourd'hui pour réaliser les couches isolantes
des câbles d'énergie et/ou de télécommunication.
[0005] Ce type de matériau présente toutefois un certain nombre d'inconvénients dès lors
qu'il est employé en tant que revêtement externe d'un câble. Un désagrément important
provient du fait que le silicone a naturellement tendance à prendre la poussière,
ce qui s'avère esthétiquement préjudiciable à l'aspect du câble, et donc gênant commercialement
parlant. Ce matériau a également pour désavantage d'être insuffisamment glissant,
pénalisant ainsi la facilité de manipulation du câble, par exemple en cas d'implantation
dans un corps creux. Enfin, le silicone présente une réelle fragilité mécanique, qui
se traduit dans les faits par un risque élevé de dégradation par perforations et/ou
par coupures.
[0006] Pour remédier à l'ensemble de ces difficultés, une des solutions utilisées aujourd'hui
consiste à recouvrir l'isolant silicone d'une couche supplémentaire de protection
se présentant sous la forme d'une tresse généralement en tissu synthétique. Communément
réalisée en polyéthylène téréphtalate pour des raisons essentiellement de coût, une
telle tresse n'est cependant pas à l'abri des détériorations mécaniques, et notamment
des problèmes de peluchage. C'est pourquoi la tresse est habituellement imprégnée
avec un vernis à base de résine polymère, qui est à même de procurer au câble de bonnes
propriétés de glissement et d'anti-friction.
[0007] Les vernis d'imprégnation de l'état de la technique consistent généralement en des
résines polymères en base solvant, qui sont de préférence réticulables. A titre d'exemple,
on peut citer une résine polyuréthane thermoréticulable en solution dans de l'acétate
d'Ethyle. Il est à noter que même si l'utilisation d'un unique solvant organique est
parfaitement envisageable, il sera fait usage le plus souvent d'un mélange de solvants
organiques.
[0008] Concrètement, l'application d'un tel vernis s'effectue dans un premier temps en imprégnant
directement la tresse, puis dans un second temps en faisant passer le câble dans une
série de fours chargés d'une part de faire évaporer la phase solvant, et d'autre part
de générer le cas échéant la réticulation thermique de la résine polymère.
[0009] Un premier inconvénient sérieux avec les résines en base solvant, est qu'elles dégagent
des quantités élevées de composés organiques volatiles lors du séchage et/ou de la
réticulation du vernis d'imprégnation. Or certains de ces composés organiques volatiles
posent de réels problèmes de toxicité et/ou d'inflammabilité.
[0010] Un second désavantage provient du fait que le silicone s'avère peu résistant au solvant,
ce qui offre à ce dernier la possibilité de pénétrer l'isolant et ainsi de provoquer
des dégradations des propriétés d'isolation électrique. Il est bien entendu possible
de protéger le silicone en plaçant à l'interface entre la tresse et l'isolant, un
ruban en polyester à même d'empêcher tout contact entre le solvant du vernis d'imprégnation
et le silicone de l'isolant. Mais cette solution se révèle malheureusement onéreuse,
car indépendamment du surcoût lié au prix de revient intrinsèque du ruban, elle nécessite
une étape supplémentaire de fabrication. Par ailleurs, un câble intégrant un tel ruban
s'avère désagréablement bruyant dès lors qu'il est manipulé, ce qui au final nuit
à l'aspect qualitatif du produit.
[0011] Il existe dans l'état de la technique une autre catégorie de vernis d'imprégnation,
qui permet de s'affranchir des problèmes inhérents à l'emploi de solvants organiques.
Cette technique consiste à remplacer la résine en base solvant, par un caoutchouc
de silicone liquide couramment désigné par l'abréviation anglo-saxonne LSR.
[0012] Si ce type particulier de matériau s'avère incontestablement moins dangereux pour
la sécurité des hommes et des équipements, il n'en demeure pas moins qu'il présente
les mêmes inconvénients que ceux des isolants silicones précédemment décrits. On pense
notamment ici au penchant à prendre la poussière, à la fragilité mécanique, aux propriétés
de glissement médiocres et au prix de revient élevé du matériau.
[0013] Aussi le problème technique à résoudre par l'objet de la présente invention, est
de proposer un câble d'énergie et/ou de télécommunication comportant une couche de
matière fibreuse recouverte d'un vernis d'imprégnation, câble qui permettrait d'éviter
les problèmes de l'état de la technique en offrant notamment un niveau de sécurité
notablement accru pour les personnes et pour l'environnement, ainsi que des propriétés
mécaniques sensiblement améliorées, tout en demeurant peu onéreux à fabriquer.
[0014] La solution au problème technique posé consiste, selon la présente invention, en
ce que le vernis d'imprégnation est issu d'une composition comprenant une résine polymère,
de l'eau, ainsi qu'un agent tensioactif.
[0015] Il est entendu que l'agent tensioactif, également appelé surfactant dans l'état de
la technique, peut être de nature quelconque sous réserve qu'il soit en mesure de
rendre compatible la résine polymère choisie et l'eau.
[0016] Quoi qu'il en soit, l'invention concerne tout câble intégrant une couche de matière
fibreuse imprégnée, que ledit câble soit électrique ou optique, mono ou multiconducteurs.
[0017] Chaque isolant associé individuellement à chaque conducteur, ou collectivement à
un ensemble de conducteurs isolés, peut lui aussi être de toute nature connue.
[0018] Il en est de même pour la matière fibreuse composant la couche de protection. Les
fibres utilisées peuvent ainsi être d'origine naturelle comme par exemple le coton,
le lin, la soie ; d'origine synthétique ou semi-synthétique et notamment en polyester,
polyéthylène téréphtalate , en polyamide, en aramide; d'origine minérale comme pour
le carbone, le verre ; d'origine métallique.
[0019] La couche de matière fibreuse peut par ailleurs présenter une structure quelconque,
par exemple tissée ou non tissée, et associer plusieurs types différents de fibres.
[0020] L'invention telle qu'ainsi définie présente pour principal avantage de réduire considérablement
les émissions de composés organiques volatiles lors de la fabrication d'un câble,
plus particulièrement lors du séchage et/ou de la réticulation du vernis d'imprégnation.
L'utilisation d'un solvant aqueux, en lieu et place des solvants organiques de l'état
de la technique, permet ainsi de diminuer de manière drastique les problèmes de toxicité
et d'inflammabilité liés aux émissions en question, et donc de se conformer en terme
de sécurité à nombre de réglementations en vigueur ou à venir, que ces dernières concernent
les personnes et/ou l'environnement. L'absence de corrosivité est également un avantage
de choix.
[0021] Par ailleurs, l'emploi d'un vernis d'imprégnation conforme à l'invention n'altère
en rien les propriétés des matériaux isolants, et préserve plus généralement la souplesse
finale du câble sur lequel il est appliqué. L'utilisation d'une résine en base aqueuse
conforme à l'invention améliore en outre avantageusement les propriétés de glissement
et la résistance à l'abrasion du câble.
[0022] Selon une particularité de l'invention, la résine polymère est choisie parmi les
résines acryliques, les résines alkydes, les résines polyuréthanes, les résines époxy,
les résines phénoxy, les résines polyesters, les résines polyesterimides, ou un quelconque
mélange de ces composés.
[0023] De préférence, la résine polymère est de type polyuréthane car ce type particulier
de résine offre à ce jour le meilleur compromis en terme de propriétés thermomécaniques,
de prix et de disponibilité commerciale.
[0024] De manière particulièrement avantageuse, la résine polymère est choisie réticulable,
que ce soit thermiquement ou par rayonnement.
[0025] Selon une autre particularité de l'invention, la composition du vernis d'imprégnation
dispose de moins de 10% d'agent tensioactif, et de préférence moins de 2%.
[0026] Conformément à une autre caractéristique avantageuse de l'invention, la composition
du vernis d'imprégnation comporte en outre moins de 5% de solvant organique.
[0027] Pour des raisons essentiellement d'applicabilité et d'état de surface, il apparaît
en effet souhaitable qu'une faible quantité de solvant organique soit présente avec
l'eau au sein de la composition de vernis d'imprégnation. La phase organique peut
être choisie de manière quelconque. On peut citer comme co-solvants organiques classiques
les glycols, les cétones, les esters, les hydrocarbures. Elle peut consister en un
solvant organique unique ou un mélange de ce type de composés.
[0028] Selon une autre particularité de l'invention, la composition du vernis d'imprégnation
est en outre dotée d'au moins un constituant choisi parmi un agent de coloration tel
qu'un pigment ou un colorant, un agent de mouillage destiné à permettre un bon étalement
de la résine polymère, un agent de réticulation, un catalyseur de la réaction de réticulation,
une charge ignifugeante, un stabilisant thermique ou antioxydant, un agent améliorant
les propriétés à l'abrasion ou agent anti-abrasion, un agent améliorant les propriétés
de glissement ou agent de glissement, un ajusteur de viscosité.
[0029] De manière particulièrement avantageuse, la viscosité du vernis d'imprégnation est
comprise entre 50 et 20000mPas, et de préférence entre 100 et 2000mPas.
[0030] Conformément à une autre caractéristique avantageuse de l'invention, le poids de
vernis d'imprégnation déposé est compris entre 1 et 100 g/m
2, et de préférence entre 10 et 40 g/m
2.
[0031] Selon une autre particularité de l'invention, le câble est en outre pourvu d'au moins
un composant choisi parmi un bourrage, un écran, un ruban, un tube, un revêtement
externe d'encapsulation.
[0032] L'invention concerne également un procédé d'imprégnation d'une couche de matière
fibreuse de câble d'énergie et/ou de télécommunication. Ce procédé est remarquable
en ce qu'il comporte les étapes consistant à:
- imprégner la couche de matière fibreuse avec un vernis d'imprégnation dont la composition
est telle que précédemment définie,
- sécher le vernis d'imprégnation.
[0033] De préférence, l'étape d'imprégnation est réalisée en mettant en oeuvre une technique
choisie parmi la pulvérisation et le trempage.
[0034] De manière particulièrement avantageuse, le procédé d'imprégnation peut comprendre
en outre une étape consistant à réticuler le vernis d'imprégnation après l'étape de
séchage.
[0035] Cette étape supplémentaire n'a bien évidemment de sens qu'à condition d'employer
une résine réticulable. Il est à noter que dans le cas particulier de l'utilisation
d'une résine thermoréticulable, la réticulation s'opère avantageusement de manière
concomitante au séchage.
[0036] Selon une autre particularité de l'invention, le procédé d'imprégnation peut comporter
une étape supplémentaire consistant à refroidir le câble imprégné et séché, et le
cas échéant réticulé.
[0037] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront au cours
de la description de l'exemple comparatif qui va suivre, ledit exemple étant donné
à titre illustratif et nullement limitatif.
Exemple comparatif
[0038] L'exemple comparatif présente un double objectif. Le premier est de déterminer puis
de comparer les propriétés thermomécaniques d'un vernis d'imprégnation conforme à
l'invention, avec celles d'un vernis typique de l'état de la technique. Le second
objectif de l'exemple comparatif consiste quant à lui à vérifier directement sur des
câbles, le comportement des deux types de vernis en cas d'encapsulation desdits câbles
par une résine polymère appliquée par imprégnation sous vide.
Préparation des vernis d'imprégnation
[0039] On prépare deux vernis d'imprégnation destinés à être utilisés pour protéger un même
type de câble d'énergie et/ou de télécommunication doté d'une couche de matière fibreuse.
[0040] Ces vernis d'imprégnation sont réalisés à partir de compositions fondamentalement
différentes, la composition A concernant une résine en base aqueuse selon l'invention,
tandis que la composition B correspond à une résine en base solvant de l'art antérieur.
[0041] Le tableau 1 détaille les compositions précises des deux sortes de vernis, ainsi
que les proportions exprimées en pourcentage de leurs différents constituants.
Tableau 1
|
Composition A |
Composition B |
Résine polymère |
Polyuréthane |
32,2 |
Diol |
34,0 |
Diisocyanate |
9,5 |
Solvant aqueux |
Eau |
52,5 |
- |
- |
Solvant organique |
N-méthyl-2-pyrrolidone |
4,0 |
Acétate de butyle/éthyle |
52 |
Agent tensioactif |
2-diméthylamino -éthanol |
0,8 |
- |
- |
Agent de mouillage |
|
1,4 |
|
0,2 |
Catalyseur de réticulation |
|
0,2 |
|
0,2 |
Préparation pigmentaire |
|
9,0 |
|
9,0 |
[0042] On précise que la résine polymère de la composition A est un polyuréthane aliphatique
autoréticulant, qui est commercialisé sous la marque "Bayhydrol VPLS 2153" par la
société Bayer. Il s'agit d'une résine mono-composant, donc préformulée, qui contient
un polyurethane hydroxylé en mélange dans de l'eau avec un isocyanate bloqué par un
groupement butanone oxime.
[0043] On observe à contrario que la résine polymère de la composition B se présente sous
la forme d'une résine bi-composant dont les constituants sont à mélanger juste avant
l'utilisation effective du vernis d'imprégnation. Dans le cas présent, la réaction
entre le diol et le diisocyanate conduit à la formation d'une résine qui est là aussi
un polyuréthane, à la différence près qu'il est ici en solution dans un solvant organique.
[0044] On note que l'agent de mouillage de la composition A dispose par ailleurs d'une fonction
dispersante. Quoi qu'il en soit, il s'agit en l'occurrence d'un produit vendu sous
la marque "Additol XL250" par la société Air Products.
[0045] Le catalyseur de réticulation de la composition A est quant à lui constitué par du
Mercapto butyl étain, commercialisé sous le nom "Irgastab 17M" par la société Ciba.
[0046] La préparation pigmentaire de la composition A consiste en un produit vendu par la
société Ciba sous la dénomination "Unisperse Red Oxyde R-S".
Préparation des échantillons de films
[0047] Le vernis A à base polyuréthane mono-composant en phase aqueuse, ainsi que le vernis
référence B bi-composant en base solvant, sont ensuite mis en oeuvre sous forme de
films afin d'obtenir des échantillons à même de subir une série de tests destinés
à évaluer leurs propriétés thermomécaniques.
[0048] Concrètement, après avoir été étalé en très fine couche, chaque vernis d'imprégnation
est séché puis réticulé à l'étuve à une température de 140°C pendant 30 minutes, avant
d'être caractérisé.
[0049] Bien évidemment les échantillons de films A et B obtenus, correspondent respectivement
aux compositions A et B.
Propriétés thermomécaniques des vernis
[0050] Des analyses thermomécaniques sont alors conduites sur différents échantillons A
et B, dans le but de déterminer les propriétés thermomécaniques des vernis d'imprégnation.
On procède pour cela à des mesures d'extrait sec, à une analyse dynamique mécanique
(DMA), à une analyse thermogravimétrique (ATG), à une détermination de modules d'Young,
à des mesures de dureté Persoz, ainsi qu'à des mesures de coefficients de friction.
[0051] Les différents modes opératoires et autres conditions expérimentales sont les suivants:
- Extrait sec:
Les mesures de masses sont réalisées après 2h à 100°C, et exprimées en pourcentage
sur 1 g de chaque échantillon testé.
- Analyse dynamique mécanique (DMA):
Elle est conduite au moyen d'une machine spécialisée de type "TA Instruments 2980"
en montage dual cantilever, avec une gamme de température allant de -20 à +200°C et
une vitesse de montée en température de 3°C/min, ainsi qu'avec une fréquence de sollicitation
constante de 1Hz.
Après avoir mesuré régulièrement les modules mécaniques élastique G' et visqueux G"
de chaque échantillon au fur et à mesure de l'élévation de la température, on déduit
classiquement la température de transition vitreuse (Tg) au maximum de tanδ= G"/ G'.
- Analyse thermogravimétrique (ATG):
Elle est menée en utilisant une machine spécialisée de type "TA instruments Q500",
avec une gamme de température allant de 30 à 400°C et une vitesse de montée en température
de 10°C/min.
Concrètement, on mesure en permanence la masse de chaque échantillon au fur et à mesure
que la température s'élève, et ce jusqu'à dégradation totale dudit échantillon. On
déduit ensuite la température T
10% à laquelle on a perdu 10% de masse, température qui est représentative la stabilité
thermique de l'échantillon.
- Mesures de module d'Young:
Les essais de traction sont effectués en mettant en oeuvre une machine de type "Zwick/Roell
Z010". La précharge est de 0.1N @ 30mm/min, et la vitesse de test fixée à 100mm/min.
On mesure l'allongement à la rupture et la contrainte à la rupture de chaque échantillon,
puis on détermine le module d'Young entre 0.5 et 1.5% d'allongement en faisant le
rapport de la contrainte sur l'allongement.
- Dureté Persoz:
Le test est réalisé conformément à la norme NFT 30-016, avec un duromètre Persoz qui
mesure le temps d'amortissement d'un pendule reposant sur l'échantillon à étudier
par l'intermédiaire de deux billes d'acier.
La dureté, qui est exprimée en secondes, correspond au temps d'oscillation du pendule
entre une position départ correspondant à une inclinaison initiale de 12° par rapport
à la normale, et une position finale correspondant à une inclinaison de 4°. Plus le
temps d'amortissement du pendule est élevé, plus la dureté du vernis est importante.
Chaque mesure est effectuée sur un échantillon de film de 100µm d'épaisseur.
- Mesures de coefficients de friction:
Elles sont effectuées sur des échantillons de films de 300µm d'épaisseur selon la
norme IS08295. Pour chaque type d'échantillon, on mesure le coefficient de friction
statique µ
s, ainsi que le coefficient de friction dynamique µ
d.
Le tableau 2 rassemble l'ensemble des résultats de ces différentes analyses.
Tableau 2
Echantillons |
A |
B |
Extrait sec (%) |
38 |
48 |
Tg (°C) |
57 |
100 |
T10% (°C) |
280 |
310 |
Allongement à la rupture (%) |
300±50 |
3±1 |
Contrainte à la rupture (MPa) |
20±5 |
35±5 |
Module de Young (MPa) |
220±20 |
1500±200 |
Dureté Persoz (s) |
60 |
250 |
Coefficient de friction dynamique µd |
0,16 |
0,48 |
Coefficient de friction statique µs |
0,10 |
0,30 |
La température de transition vitreuse Tg plus basse, le plus grand allongement à la
rupture, la plus faible contrainte à la rupture, le module d'Young moins élevé, et
la dureté Persoz moindre, sont autant de facteurs prouvant la meilleure flexibilité
procurée par un vernis d'imprégnation selon l'invention ; le niveau de stabilité thermique
demeurant quant à lui avantageusement quasi inchangé.
La diminution importante des valeurs des coefficients de friction démontre quant à
elle la supériorité des propriétés de glissement offertes grâce à l'utilisation d'une
résine polymère en base aqueuse conforme à l'invention.
Préparation des câbles imprégnés
[0052] On désire désormais vérifier directement sur un câble, le comportement de chaque
type de vernis quand ce dernier est recouvert d'une résine d'encapsulation déposée
par imprégnation sous vide. Pour cela, on procède dans un premier temps à la préparation
de câbles imprégnés.
[0053] Schématiquement, cela consiste à appliquer des vernis d'imprégnation A et B sur un
même type de câble d'énergie et/ou de télécommunication doté d'une couche de matière
fibreuse, à sécher puis à réticuler le tout.
[0054] Il s'agit plus précisément d'un câble de raccordement flexible dont la tension nominale
est 1.1 kV. Structurellement, il se compose d'un conducteur flexible en cuivre étamé
de 16mm
2 de section, qui est isolé par un caoutchouc de silicone, le tout étant enveloppé
par une tresse polyester de protection.
[0055] Chaque vernis d'imprégnation est appliqué par technique de trempage. Le séchage et
la réticulation sont assurés par quatre fours électriques radiants qui sont disposés
en série de telle sorte que la température s'élève progressivement de 300 à 350°C
pour éviter tout problème de recuit. La vitesse de ligne est de 10m/min.
Encapsulation par imprégnation sous vide
[0056] Chaque tresse imprégnée par un vernis est sensée assurer au câble une protection
à la fois mécanique, thermique et chimique, sans pour autant altérer ses propriétés
de flexibilité. Pour contrôler la tenue de chacun de ces vernis d'imprégnation, on
fait subir à chaque câble une encapsulation par imprégnation sous vide.
[0057] Le mode opératoire consiste schématiquement à faire sécher chaque câble, puis à réaliser
sous vide l'application d'une résine d'encapsulation, et enfin à faire réticuler thermiquement
ladite résine.
[0058] Concrètement, on prépare quatre échantillons de câbles C, D, E, F de 2m de longueur,
dont les extrémités sont bouchées à l'aide d'une gomme silicone réticulée. Les échantillons
C et D sont réalisés à partir de câbles de l'état de la technique puisque ces derniers
sont imprégnés avec le vernis B, tandis que les échantillons E et F sont issus de
câbles conformes à l'invention étant donné qu'ils sont imprégnés avec le vernis A.
[0059] Deux résines d'encapsulation distinctes sont employées avec chaque type de câble,
à savoir une résine époxy sans solvant et un polyesterimide dans un solvant styrène.
La résine époxy est associée aux câbles C et E, tandis que le polyesterimide est réservé
aux câbles D et F.
[0060] Pour chaque câble C, D, E et F, l'opération d'encapsulation débute par une étape
de séchage de 6 heures dans une étuve maintenue à 120°C.
[0061] Chaque câble C, D, E et F est ensuite placé dans un autoclave où il est soumis au
vide pendant 2 heures à une pression constante de 0,5mbar.
[0062] L'étape d'application sous vide de la résine se déroule toujours à l'intérieur de
l'autoclave. Elle est accomplie en mettant en oeuvre deux cycles vide/pression dans
lesquels seule la pression pendant la phase de vide constitue une variable qui est
fonction de la nature de la résine d'encapsulation choisie, les autres paramètres
restant constants.
[0063] L'étape de réticulation thermique qui intervient au final, s'opère quant à elle à
nouveau dans une étuve. La température est là aussi fonction de la nature de la résine
d'encapsulation choisie, la durée demeurant constante.
[0064] Le tableau 3 regroupe les différents paramètres d'essais pour les quatre échantillons
de câbles C, D, E et F.
Tableau 3
Câbles |
C |
D |
E |
F |
Vernis imprégnation |
B |
B |
A |
A |
Résine encapsulation |
Epoxy sans solvant |
Polyester-imide dans styrène |
Epoxy sans solvant |
Polyester-imide dans styrène |
Séchage |
6h 120°C |
6h 120°C |
6h 120°C |
6h 120°C |
Mise sous vide |
2h 0,5mbar |
2h 0,5mbar |
2h 0,5mbar |
2h 0,5mbar |
Application avec 2 cycles vide/pression |
vide 1h 2-5mbar |
vide 1h 15-20mbar |
vide 1h 2-5mbar |
vide 1h 15-20mbar |
pression 2h à 4bar |
pression 2h à 4bar |
pression 2h à 4bar |
pression 2h à 4bar |
Réticulation |
8h 170°C |
8h 130°C |
8h 170°C |
8h 130°C |
Tenue des vernis sous résine d'encapsulation
[0065] Afin de pouvoir évaluer les résistances chimique et mécanique des deux types de vernis
d'imprégnation en fonction de la nature de la résine d'encapsulation associée, on
procède à une série de contrôles directement après l'opération d'encapsulation par
imprégnation sous vide.
[0066] Ces contrôles consistent pour chaque échantillon de câbles C, D, E, F, à mesurer
le gonflement de l'isolant, à vérifier l'éventuelle présence de craquelures au niveau
du vernis d'imprégnation, ainsi qu'à quantifier la résistance d'isolement après 30
min dans l'eau à 20°C sous 500V pendant 1 min.
[0067] Le tableau 4 rassemble l'ensemble des résultats concernant ces contrôles.
Tableau 4
Câbles |
C |
D |
E |
F |
Gonflement de l'isolant |
+1,00% |
+1,20% |
+1,72% |
+1,34% |
Craquelure du vernis |
aucune |
aucune |
aucune |
aucune |
Résistance d'isolement (MOhm.cm) |
6,26×10E8 |
3,11×10E7 |
2,78×10E8 |
6,80×10E7 |
[0068] On observe ici que les résultats sont sensiblement équivalents entre les quatre types
d'échantillons de câbles C, D, E, F. Cela signifie tout d'abord que l'utilisation
d'un vernis d'imprégnation conforme à l'invention ne remet aucunement en cause les
propriétés thermomécaniques d'un câble imprégné même si ce dernier doit être recouvert
d'une résine d'encapsulation. Mais cela veut également dire que la présence d'un tel
vernis d'imprégnation permet de préserver l'intégrité du silicone, et donc ses propriétés
isolantes.
1. Câble d'énergie et/ou de télécommunication comportant une couche de matière fibreuse
recouverte d'un vernis d'imprégnation, caractérisé en ce que le vernis d'imprégnation est issu d'une composition comprenant une résine polymère,
de l'eau, ainsi qu'un agent tensioactif.
2. Câble selon la revendication 1, caractérisé en ce que la résine polymère est choisie parmi les résines acryliques, les résines alkydes,
les résines polyuréthanes, les résines époxy, les résines phénoxy, les résines polyesters,
les résines polyesterimides, ou un quelconque mélange de ces composés.
3. Câble selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que la résine polymère est constituée par une résine polyuréthane.
4. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que la résine polymère est réticulable.
5. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisé en ce que la composition du vernis d'imprégnation comporte moins de 10% d'agent tensioactif,
et de préférence moins de 2%.
6. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que la composition du vernis d'imprégnation comporte en outre moins de 5% de solvant
organique.
7. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisé en ce que la composition du vernis d'imprégnation comporte en outre au moins un constituant
choisi parmi un agent de coloration, un agent de mouillage, un agent de réticulation,
un catalyseur de réticulation, une charge ignifugeante, un stabilisant thermique,
un agent anti-abrasion, un agent de glissement, un ajusteur de viscosité.
8. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que le vernis d'imprégnation présente une viscosité comprise entre 50 et 20000mPas, et
de préférence entre 100 et 2000mPas.
9. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisé en ce que le poids de vernis d'imprégnation déposé est compris entre 1 et 100 g/m2, et de préférence entre 10 et 40 g/m2.
10. Câble selon l'une quelconque des revendications 1 à 9, caractérisé en ce qu'il comporte en outre au moins un composant choisi parmi un bourrage, un écran, un
ruban, un tube, un revêtement externe d'encapsulation.
11. Procédé d'imprégnation d'une couche de matière fibreuse de câble d'énergie et/ou de
télécommunication,
caractérisé en ce qu'il comporte les étapes consistant à:
- imprégner la couche de matière fibreuse avec un vernis d'imprégnation dont la composition
est conforme aux revendications 1 à 10,
- sécher le vernis d'imprégnation.
12. Procédé d'imprégnation selon la revendication 11, caractérisé en ce que l'étape d'imprégnation est réalisée en mettant en oeuvre une technique choisie parmi
la pulvérisation et le trempage.
13. Procédé d'imprégnation selon l'une des revendications 11 ou 12, caractérisé en ce qu'il comporte en outre une étape supplémentaire consistant à réticuler le vernis d'imprégnation
après séchage.
14. Procédé d'imprégnation selon l'une des revendications 11 à 13, caractérisé en ce qu'il comporte en outre une étape supplémentaire consistant à refroidir le câble imprégné
et séché, et le cas échéant réticulé.