[0001] La présente invention concerne la fabrication de tôles laminées à chaud et à froid
d'aciers austénitiques fer-carbone-manganèse présentant de très hautes caractéristiques
mécaniques, et notamment une combinaison de résistance mécanique et d'allongement
à rupture très avantageuse alliée à une excellente homogénéité de propriétés mécaniques.
[0002] Dans le domaine automobile, l'évolution du niveau d'équipement des véhicules rend
encore plus nécessaire l'allègement de la structure métallique elle-même. Pour cela,
chaque fonction doit être repensée pour améliorer ses performances et diminuer son
poids. Différentes familles d'aciers ont été ainsi développées en vue de satisfaire
à ces exigences toujours croissantes : par ordre chronologique, on citera par exemple
les aciers à haute limite d'élasticité durcis par précipitation fine de niobium, vanadium
ou titane, les aciers à structures Dual-Phase (ferrite comportant jusqu'à 25% de martensite),
les aciers « TRIP » composés de ferrite, de martensite et d'austénite susceptible
de se transformer sous déformation («Transformation Induced Plasticity ») Pour chaque
type de structure, la résistance à la rupture et l'aptitude à la déformation sont
des propriétés antagonistes, si bien qu'il n'est généralement pas possible d'obtenir
des valeurs très élevées pour l'une des propriétés sans réduire drastiquement l'autre.
Ainsi, pour les aciers TRIP, il est difficile d'obtenir simultanément une résistance
supérieure à 900 MPa et un allongement supérieur à 25%. On citera encore les aciers
à structure bainitique ou martensito-bainitique, dont la résistance peut atteindre
1200 MPa sur tôles laminées à chaud, mais où l'allongement n'est que de l'ordre de
10%. Si ces caractéristiques peuvent être satisfaisantes pour certaines applications,
elles demeurent néanmoins insuffisantes dans le cas où l'on souhaite un allégement
supplémentaire par la combinaison simultanée d'une résistance élevée et d'une grande
aptitude pour les opérations ultérieures de déformation et pour l'absorption d'énergie.
[0003] Dans le cas de tôles laminées à chaud, c'est-à-dire d'épaisseur allant environ de
1 à 10 mm, de telles caractéristiques sont mises à profit pour l'allégement de pièces
de liaison au sol, de roues, de pièces de renfort telles que les barres anti-intrusion
de portières, ou celles destinées à des véhicules lourds (camions, bus). Pour des
tôles laminées à froid (allant environ de 0,2 mm à 6 mm), les applications visent
la fabrication de pièces participant à la sécurité et à la durabilité des véhicules
automobiles ou encore de pièces extérieures. Pour satisfaire ces exigences simultanées
de résistance et de ductilité, on connaît des aciers à structure austénitique, tels
que les aciers Fe-C(jusqu'à 1,5%)-Mn(15 à 35%) (teneurs exprimées en poids) et contenant
éventuellement d'autres éléments tels que le silicium, l'aluminium ou le chrome: A
une température donnée, le mode de déformation des aciers austénitiques ne dépend
que de l'énergie de défaut d'empilement ou « EDE », grandeur physique qui ne dépend
elle-même que de la composition et de la température : Lorsque l'EDE décroît, on passe
successivement d'un mode de déformation par glissement des dislocations, puis par
maclage, et enfin par transformation martensitique. Parmi ces modes, le maclage mécanique
permet d'obtenir une grande capacité d'écrouissage : en faisant obstacle à la propagation
des dislocations, les macles participent à l'augmentation de la limite d'écoulement.
L'EDE augmente notamment avec la teneur en carbone et en manganèse.
[0004] On connaît ainsi des aciers austénitiques Fe-0,6%C-22%Mn susceptibles de se déformer
par maclage : Selon la taille de grain, ces compositions d'aciers conduisent à des
valeurs de résistance en traction allant de 900 à 1150 MPa environ, en combinaison
avec une déformation à rupture allant de 50 à 80%. Il existe cependant un besoin non
résolu de disposer de tôles d'acier laminées à chaud ou à froid, de résistance significativement
supérieure à 1150 MPa, présentant également une bonne capacité de déformation, et
ceci sans addition d'alliages coûteux. On cherche à disposer de tôles d'aciers présentant
un comportement très homogène lors de sollicitations mécaniques ultérieures.
[0005] FR-A-2 829 775 décrit un procédé de fabrication d'un tube soudé, du type comportant une étape finale
d'étirage ou d'hydroformage, caractérisé en ce que : on procède à l'élaboration d'un
alliage; on procède ensuite à la coulée d'un demi-produit à partir de cet alliage,
a) soit sous forme d'un lingot qui subit ensuite un dégrossissage par laminage à chaud
pour le transformer en brame, soit directement sous forme d'une brame, ladite brame
étant ensuite laminée à chaud sous forme d'une bande puis bobinée, b) soit sous forme
d'une bande mince; on procède ensuite à un décapage de la bande si celle-ci est oxydée
en surface; on procède enfin à la fabrication du tube soudé par formage progressif
d'une tôle découpée à partir de la bande précédente pour amener ses bords jusqu'à
accostage, puis par soudage desdits bords, puis par élimination du bourrelet de soudure,
puis par étirage à froid ou hydroformage.
[0006] Le but de l'invention est donc de disposer-d'une tôle ou d'un produit d'acier laminé
à chaud ou à froid, de fabrication économique, présentant une résistance supérieure
ou égale à 1200, voire 1400 MPa en combinaison avec un allongement tel que le produit
P : résistance (MPa) x allongement à rupture (%) soit supérieur à 60000 ou 50000 MPa%
respectivement au niveau de résistance mentionné ci-dessus, une grande homogénéité
de propriétés mécaniques lors de déformations ou de sollicitations mécaniques ultérieures
et une structure exempte de martensite en tout point pendant ou après la déformation
à froid à partir de cette tôle ou de ce produit.
[0007] A cet effet, l'invention a pour objet une tôle laminée à chaud en acier austénitique
fer-carbone-manganèse dont la résistance est supérieure à 1200 MPa, dont le produit
P (résistance (MPa) x allongement à rupture (%)) est supérieur à 65000 MPa%, dont
la composition chimique nominale comprend, les teneurs étant exprimées en poids :
0,85% ≤ C ≤ 1,05%, 16%≤ Mn ≤ 19%, Si ≤ 2%, Al ≤ 0,050%, S ≤ 0,030%, P≤ 0,050%, N ≤
0,1%, et à titre optionnel, un ou plusieurs éléments choisis parmi: Cr ≤ 1%, Mo ≤
1,50%, Ni ≤ 1%, Cu ≤ 5%, Ti ≤ 0,50%, Nb ≤ 0,50%, V ≤ 0,50%, le reste de la composition
étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant de l'élaboration, la fraction
surfacique recristallisée de l'acier étant égale à 100%, la fraction surfacique de
carbures précipités de l'acier étant égale à 0%, la taille moyenne de grain de l'acier
étant inférieure ou égale à 10 microns.
[0008] L'invention a également pour objet une tôle laminée à froid et recuite en acier austénitique
fer-carbone-manganèse dont la résistance est supérieure à 1250 MPa, dont le produit
P (résistance (MPa) x allongement à rupture (%)) est supérieur à 65000 MPa%, dont
la composition chimique nominale comprend, les teneurs étant exprimées en poids :
0,85% ≤ C ≤ 1,05%, 16%≤ Mn ≤ 19%, Si ≤ 2%, Al ≤ 0,050%, S ≤ 0,030%, P≤ 0,050%, N ≤
0,1%, et à titre optionnel, un ou plusieurs éléments choisis parmi : Cr ≤ 1%, Mo ≤
1,50%, Ni ≤ 1%, Cu ≤ 5%, Ti ≤ 0,50%, Nb ≤ 0,50%, V ≤ 0,50%, le reste de la composition
étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant de l'élaboration, la fraction
surfacique recristallisée de l'acier étant égale à 100%, la taille moyenne de grain
de l'acier étant inférieure à 3 microns.
[0009] La teneur locale en carbone C
L de l'acier, et la teneur locale en manganèse Mn
L, exprimées en poids, en tout point de la tôle d'acier austénitique, sont telles que
: %Mn
L + 9,7 %C
L≥21,66 Préférentiellement, la teneur nominale en silicium de l'acier est inférieure
ou égale à 0,6%
[0010] Selon un mode préféré, la teneur nominale en azote de l'acier est inférieure ou égale
à 0,050%.
[0011] Préférentiellement encore, la teneur nominale en aluminium de l'acier est inférieure
ou égale à 0,030%.
[0012] Selon un mode préféré, la teneur nominale en phosphore de l'acier est inférieure
ou égale à 0,040%
L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une tôle laminée à
chaud en acier austénitique fer-carbone-manganèse dont la résistance est supérieure
à 1400 MPa, dont le produit P((résistance (MPa) x allongement à rupture (%)) est supérieur
à 50000 MPa%, selon lequel on élabore un acier dont la composition nominale comprend,
les teneurs étant exprimées en poids :0,85% ≤ C ≤ 1,05%, 16%≤ Mn ≤ 19%, Si ≤ 2%, Al
≤ 0,050%, S ≤ 0,030%, P≤ 0,050%, N ≤ 0,1%, et à titre optionnel, un ou plusieurs éléments
choisis parmi :Cr ≤ 1%, Mo ≤ 1,50%, Ni ≤ 1%, Cu ≤ 5%, Ti ≤ 0,50%, Nb ≤ 0,50%, V ≤
0,50%, le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables
résultant de l'élaboration,
- on procède à la coulée d'un demi-produit à partir de cet acier
- on porte le demi-produit de la composition d'acier à une température comprise entre
1100 et 1300°C,
- on lamine le demi-produit jusqu'à une température de fin de laminage supérieure ou
égale à 900°C
- on observe si nécessaire un temps d'attente de telle sorte que la fraction surfacique
recristallisée de l'acier soit égale à 100%,
- on refroidit la tôle à une vitesse supérieure ou égale à 20°C/s,
- on bobine la tôle à une température inférieure ou égale à 400°C,
caractérisé en ce qu'on applique, sur la tôle laminée à chaud, refroidie après bobinage
et déroulée, une déformation à froid avec un taux de déformation équivalente supérieur
ou égal à 13% et inférieur ou égal à 17%
[0013] L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une tôle laminée à
froid et recuite en acier austénitique fer-carbone-manganèse, dont la résistance est
supérieure à 1250 MPa, dont le produit P (résistance (MPa) x allongement à rupture
(%)) est supérieur à 60000 MPa%, caractérisé en ce qu'on approvisionne une tôle laminée
à chaud obtenu par le procédé ci-dessus, on effectue au moins un cycle, chaque cycle
consistant à laminer à froid la tôle en une ou plusieurs passes successives puis effectuer
un recuit de recristallisation, la taille moyenne de grain austénitique avant le dernier
cycle de laminage à froid suivi d'un recuit de recristallisation, étant inférieure
à 15 microns.
[0014] L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une tôle laminée à
froid et recuite en acier austénitique fer-carbone-manganèse dont la résistance est
supérieure à 1400 MPa, dont le produit P (résistance (MPa) x allongement à rupture
(%)) est supérieur à 50000 MPa% caractérisé en ce qu'on effectue, après le recuit
final de recristallisation, une déformation à froid avec un taux de déformation équivalente
supérieur ou égal à 6%, et inférieur ou égale à 17%.
[0015] L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une tôle laminée à
froid en acier austénitique fer-carbone-manganèse dont la i résistance est supérieure
à 1400 MPa, dont le produit P (résistance (MPa) x allongement à rupture (%)) est supérieur
à 50000 MPa%, caractérisé en ce l'on approvisionne une tôle laminée à froid et recuite
selon l'invention, et que l'on effectue une déformation à froid de cette tôle avec
un taux de déformation équivalente supérieur ou égal à 6%, et inférieur ou égale à
17%.
[0016] L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une tôle d'acier austénitique
caractérisé en ce que les conditions de coulée ou de réchauffage dudit demi-produit,
telles que la température de coulée dudit. demi-produit, le brassage du métal liquide
par forces électromagnétiques, les conditions de réchauffage conduisant à une homogénéisation
du carbone et du manganèse par diffusion, sont choisies pour que, en tout point de
la tôle, la teneur locale en carbone C
L et la teneur locale en manganèse Mn
L, exprimées en poids, soient telles que : %Mn
L + 9,7 %C
L≥21,66
[0017] Selon un mode préféré, la coulée du demi-produit est effectuée sous forme de coulée
de brames ou de bandes minces entre cylindres d'acier contra-rotatifs.
[0018] L'invention a également pour objet l'utilisation d'une tôle d'acier austénitique
pour la fabrication d'éléments de renfort ou structuraux ou de pièces extérieures,
dans le domaine automobile.
[0019] L'invention a également pour objet l'utilisation d'une tôle d'acier austénitique
fabriquée au moyen d'un procédé décrit ci-dessus, pour la fabrication d'éléments de
renfort ou structuraux ou de pièces extérieures, dans le domaine automobile.
[0020] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la
description ci-dessous, donnée à titre d'exemple et faite en référence à la figure
1 annexée qui présente la variation théorique de l'énergie de défaut d'empilement
à température ambiante (300°K) en fonction de la teneur en carbone et en manganèse.
[0021] Après de nombreux essais, les inventeurs ont montré que les différentes exigences
rapportées ci-dessus étaient satisfaites en observant les conditions suivantes :
En ce qui concerne la composition chimique de l'acier, le carbone joue un rôle très
important sur la formation de la microstructure et les propriétés mécaniques obtenues
: En combinaison avec une teneur en manganèse allant de 16 à 19% en poids, une teneur
nominale en carbone supérieure à 0,85% permet d'obtenir une structure austénitique
stable. Cependant, pour une teneur nominale en carbone supérieure à 1,05% il devient
difficile d'éviter une précipitation de carbures qui intervient au cours de certains
cycles thermiques de fabrication industrielle, en particulier lors du refroidissement
au bobinage, et qui dégrade la ductilité et la ténacité. De plus, l'augmentation de
la teneur en carbone diminue la soudabilité.
[0022] Le manganèse est-également un élément indispensable pour - accroître la résistance,
augmenter l'énergie de défaut d'empilement et stabiliser la phase austénitique. Si
sa teneur nominale est inférieure à 16%, il existe, comme on le verra plus loin, un
risque de formation de phase martensitique qui diminue très notablement l'aptitude
à la déformation. Par ailleurs, lorsque la teneur nominale en manganèse est supérieure
à 19%, le mode de déformation par maclage est moins favorisé par rapport au mode de
glissement de dislocations parfaites. De plus, pour des questions de coût, il n'est
pas souhaitable que la teneur en manganèse soit élevée.
[0023] L'aluminium est un élément particulièrement efficace pour la désoxydation de l'acier.
Comme le carbone, il augmente l'énergie de défaut d'empilement. Cependant, sa présence
excessive dans des aciers à forte teneur en manganèse présente un inconvénient. En
effet, le manganèse augmente la solubilité de l'azote dans le fer liquide, et si une
quantité d'aluminium trop importante est présente dans l'acier, l'azote se combinant
avec l'aluminium précipite sous forme de nitrures d'aluminium gênant la migration
des joints de grain lors de la transformation à chaud et augmente très notablement
le risque d'apparitions de fissures. Une teneur nominale en Al inférieure ou égale
à 0,050 % permet d'éviter une précipitation d'AIN. Corrélativement, la teneur nominale
en azote doit être inférieure ou égale à 0,1% afin d'éviter cette précipitation et
la formation de défauts volumiques lors de la solidification. Ce risque est particulièrement
réduit lorsque la teneur nominale en aluminium est inférieure à 0,030% ainsi que lorsque
la teneur nominale en azote est inférieure à 0,050%.
[0024] Le silicium est également un élément efficace pour désoxyder l'acier ainsi que pour
durcir en phase solide. Cependant, au-delà d'une teneur nominale de 2%, il diminue
l'allongement et tend à former des oxydes indésirables lors de certains procédés d'assemblage
et doit donc être tenu inférieur à cette limite. Ce phénomène est fortement réduit
lorsque la teneur nominale en silicium est inférieure à 0,6%.
[0025] Le soufre et le phosphore sont des impuretés fragilisant les joints de grains. Leur
teneur respective nominale doit être inférieure ou égale à 0,030 et 0,050% afin de
maintenir une ductilité à chaud suffisante. Lorsque la teneur nominale en phosphore
est inférieure à 0,040%, le risque de fragilité est particulièrement réduit.
[0026] Le chrome peut être utilisé à titre optionnel pour augmenter la résistance de l'acier
par durcissement en solution solide. Cependant, le chrome diminuant l'énergie de défaut
d'empilement, sa teneur nominale doit être inférieure ou égale à 1%. Le nickel augmente
l'énergie de défaut d'empilement et contribue à obtenir un allongement à rupture important.
Cependant, il est également souhaitable, pour des questions de coûts, de limiter la
teneur nominale en nickel à une teneur maximale inférieure ou égale à 1%. Le molybdène
peut également être utilisé pour des raisons similaires, cet élément retardant en
outre la précipitation des carbures. Il est souhaitable pour des questions de d'efficacité
et de coûts, de limiter sa teneur nominale à 1,5%, et préférentiellement à 0,4%.
[0027] De même, à titre optionnel, une addition de cuivre jusqu'à une teneur nominale inférieure
ou égale à 5% est un moyen de durcir l'acier par précipitation de cuivre métallique.
Cependant, au-delà de cette teneur, le cuivre est responsable de l'apparition de défauts
de surface en tôle à chaud. Le titane, le niobium et le vanadium sont également des
éléments pouvant être utilisés optionnellement pour obtenir un durcissement par précipitation
de carbonitrures. Cependant, lorsque la teneur nominale en Nb ou en V ou en Ti est
supérieure à 0,50%, une précipitation excessive de carbonitrures peut provoquer une
réduction de la ductilité et de l'emboutissabilité, ce qui doit être évité.
[0028] La mise en œuvre du procédé de fabrication selon l'invention est la suivante : On
élabore un acier dont la composition a été exposée ci-dessus. Cette élaboration peut
être suivie d'une coulée en lingots, ou en continu sous forme de brames d'épaisseur
de l'ordre de 200mm. On peut également effectuer la coulée sous forme de brames minces
de quelques dizaines de millimètres d'épaisseur, ou de bandes minces, entre cylindres
d'acier contra-rotatifs. Bien entendu, si la présente description illustre l'application
de l'invention aux produits plats, celle-ci peut être appliquée de la même façon à
la fabrication de produits longs en acier Fe-C-Mn.
[0029] Ces demi-produits coulés sont tout d'abord portés à une température comprise entre
1100 et 1300°C. Ceci a pour but d'atteindre en tout point les domaines de température
favorables aux déformations élevées que va subir l'acier lors du laminage. Cependant,
la température ne doit pas être supérieure à 1300°C, sous peine d'être trop proche
de la température de solidus qui pourrait être atteinte dans d'éventuelles zones ségrégées
en manganèse et/ou en carbone, et de provoquer un début de passage local par un état
liquide qui serait néfaste pour la mise en forme à chaud. Dans le cas d'une coulée
directe de bandes minces entre cylindres contra-rotatifs, l'étape de laminage à chaud
de ces demi-produits débutant entre 1300 et 1100°C peut se faire directement après
coulée si bien qu'une étape de réchauffage intermédiaire n'est pas nécessaire dans
ce cas.
[0030] Les conditions d'élaboration des demi-produits (coulée, réchauffage) ont une influence
directe sur la ségrégation éventuelle du carbone et du manganèse, ce point sera détaillé
ultérieurement.
[0031] On lamine à chaud le demi-produit, par exemple pour arriver à une épaisseur de bande
laminée à chaud de quelques millimètres. La faible teneur en aluminium de l'acier
selon l'invention permet d'éviter une précipitation excessive d'AIN qui nuirait à
la déformabilité à chaud lors du laminage. Afin d'éviter tout problème de fissuration
par manque de ductilité, la température de fin de laminage doit être supérieure ou
égale à 900°C.
[0032] Les inventeurs ont mis en évidence que les propriétés de ductilité des tôles obtenues
étaient réduites lorsque la fraction surfacique recristallisée de l'acier était inférieure
à 100%. En conséquence, si les conditions de laminage à chaud n'ont pas conduit à
une recristallisation totale de l'austénite, les inventeurs ont mis en évidence qu'il
convient d'observer, après la phase de laminage à chaud, un temps d'attente de telle
sorte que la fraction surfacique recristallisée soit égale à 100%. Cette phase de
maintien isotherme à haute température après laminage provoque ainsi une recristallisation
totale.
[0033] Pour les tôles laminées à chaud, on a également mis en évidence qu'il est nécessaire
d'éviter qu'une précipitation de carbures (essentiellement de la cémentite (Fe,Mn)
3C, et de la perlite) n'intervienne, ce qui se traduit par une détérioration des propriétés
mécaniques en particulier par une diminution de la ductilité et une augmentation de
la limite d'élasticité. Dans ce but, les inventeurs ont découvert qu'une vitesse de
refroidissement après la phase de laminage (ou après l'éventuel temps d'attente nécessaire
à la recristallisation) supérieure ou égale à 20°C/s permet d'éviter complètement
cette précipitation. Cette phase de refroidissement est suivie d'un bobinage. On a
également mis en évidence que la température de bobinage devait être inférieure à
400°C, également pour éviter la précipitation.
[0034] Pour des compositions d'aciers selon l'invention, les inventeurs ont mis en évidence
que des propriétés particulièrement élevées de résistance et d'allongement à rupture
sont obtenues lorsque la taille moyenne de grain austénitique était inférieure ou
égale à 10 microns. Dans ces conditions, la résistance à la rupture des tôles à chaud
ainsi obtenues est supérieure à 1200 MPa et le produit P (résistance x allongement
à rupture) est supérieur à 65000 MPa%.
[0035] Il existe des applications où l'on souhaite obtenir des caractéristiques de résistance
encore plus élevées sur tôles laminées à chaud, à un niveau supérieur ou égal à 1400
MPa. Les inventeurs ont mis en évidence que l'on obtenait de telles caractéristiques
en conférant aux tôles d'aciers laminées à chaud décrites ci-dessus, une déformation
à froid avec un taux de déformation équivalente supérieur ou égal à 13%, et inférieur
ou égal à 17%. Cette déformation à froid est donc conférée à une tôle refroidie après
bobinage, déroulée, et usuellement décapée. Cette déformation d'un taux relativement
faible conduit à la fabrication d'un produit avec une anisotropie réduite sans incidence
sur la mise en œuvre ultérieure. Ainsi, bien que le procédé comporte une étape de
déformation à froid, la tôle fabriquée peut être qualifiée de «tôle laminée à chaud
» dans la mesure où le taux de déformation à froid est très minime en comparaison
des taux usuels de réalisés lors du laminage à froid avant recuit en vue de la fabrication
de tôles minces, et dans la mesure où l'épaisseur de la tôle ainsi fabriquée se trouve
située dans la gamme usuelle des épaisseurs de tôles laminées à chaud. Mais, lorsque
le taux de déformation à froid équivalente est supérieur à 17%, la réduction d'allongement
devient telle que le paramètre P (résistance R x allongement à rupture A) ne peut
atteindre 50000MPa%. Dans les conditions de l'invention, en dépit de sa très haute
résistance, la tôle conserve une bonne capacité d'allongement puisque le produit P
de la tôle ainsi obtenue est supérieur ou égal à 50000 MPa%.
[0036] Pour des tôles laminées à froid et recuites, les inventeurs ont également mis en
évidence que la structure devait être totalement recristallisée après recuit en vue
d'atteindre les propriétés recherchées. Simultanément, lorsque la taillemoyenne de
grain est inférieure à 5 microns, la résistance excède 1200 MPa, et le produit P est
supérieur à 65000 MPa%. Lorsque la taille moyenne de grain obtenue après recuit est
inférieure à 3 microns, la résistance excède 1250 MPa, le produit P étant toujours
supérieur à 65000MPa%.
[0037] Les inventeurs ont également découvert un procédé de fabrication de tôles d'acier
laminées à froid et recuites de résistance supérieure à 1250MPa et de produit P supérieur
à 60000 MPa%, ceci étant réalisé en approvisionnant des tôles laminées à chaud selon
le procédé décrit ci-dessus, puis en effectuant au moins un cycle, chaque cycle étant
constitué des étapes suivantes :
- Un laminage à froid en une ou plusieurs passes sucessives
- Un recuit de recristallisation,
la taille moyenne de grain austénitique avant le dernier cycle de laminage à froid
subi d'un recuit de recristallisation étant inférieure à 15 microns.
[0038] On peut souhaiter obtenir une tôle laminée à froid à résistance encore plus élevée,
supérieure à 1400MPa. Les inventeurs ont mis en évidence que de telles propriétés
pouvaient être obtenus en approvisionnant une tôle laminée à froid possédant les caractéristiques
selon l'invention décrites ci-dessus, ou en approvisionnant une tôle laminée à froid
obtenue selon le procédé selon l'invention décrit ci-dessus. Les inventeurs ont découvert
que l'application d'une déformation à froid à une telle tôle avec un taux de déformation
équivalente supérieur ou égal à 6%, et inférieur ou égal à 17%, permet d'atteindre
une résistance supérieure à 1400 MPa et un produit P supérieur à 50000 MPa%. Lorsque
le taux de déformation à froid équivalente est supérieur à 17%, la réduction d'allongement
devient telle que le paramètre P ne peut atteindre 50000MPa%.
[0039] On va maintenant détailler le rôle particulièrement important joué par le carbone
et le manganèse dans le cadre de la présente invention. On se référera pour cela à
la figure 1, qui présente, dans un diagramme carbone-manganèse (et complément en fer)
les courbes calculées d'iso-énergie de défaut d'empilement dont les valeurs vont de
5 à 30mJ/m
2. A une température de déformation et pour une taille de grain données, le mode de
déformation est théoriquement identique pour tout alliage Fe-C-Mn ayant la même EDE.
On a également figuré dans ce diagramme le domaine d'apparition de la martensite.
[0040] Les inventeurs ont mis en évidence qu'il convient, pour apprécier le comportement
mécanique, de considérer non seulement la composition chimique nominale de l'alliage,
par exemple sa teneur nominale ou moyenne en carbone et en manganèse, mais également
sa teneur locale.
[0041] On sait en effet que, lors de l'élaboration de l'acier, la solidification provoque
une ségrégation plus ou moins marquée de certains éléments. Ceci provient du fait
que la solubilité d'un élément au sein de la phase solide est différente de celle
dans la phase liquide. On assistera ainsi fréquemment à la formation de germes solides
dont la teneur en soluté est inférieure à la composition nominale, la dernière phase
de la solidification faisant intervenir une phase liquide résiduelle enrichie en soluté.
Cette structure de solidification primaire peut revêtir différentes morphologies (par
exemple dendritique ou équiaxe) et être plus ou moins marquée. Même si ces caractéristiques
sont modifiées par le laminage et les traitements thermiques ultérieurs, une analyse
de la teneur élémentaire locale indique une fluctuation autour d'une valeur correspondant
à la teneur moyenne ou nominale de cet élément.
[0042] Par teneur locale, on entend ici la teneur mesurée au moyen d'un dispositif telle
qu'une sonde électronique. Un balayage linéaire ou surfacique au moyen d'un tel dispositif
permet d'apprécier la variation de la teneur locale.
[0043] On a ainsi mesuré la variation de la teneur locale d'un alliage Fe-C-Mn dont la composition
nominale est: C=0,23%, Mn=24%, Si=0,203%, N=0,001%. Les inventeurs ont mis en évidence
une co-ségrégation du carbone et du manganèse, les zones localement enrichies (ou
appauvries) en carbone correspondent également aux zones enrichies (respectivement
appauvries) en manganèse. Chaque point mesuré ayant une concentration locale en carbone
(C
L) et en manganèse (Mn
L) a été reporté au sein de la figure 1, l'ensemble formant un segment représentant
la variation locale en carbone et en manganèse dans la tôle d'acier, centré sur la
teneur nominale (C=0,23%, Mn=24%). Dans ce cas, il apparaît que la variation de la
teneur locale en carbone et en manganèse se traduit par une variation de l'énergie
de défaut d'empilement, puisque cette valeur va de 7mJ/m
2 pour les zones les moins riches en C et en Mn jusqu'à environ 20 mJ/m
2 pour les zones les plus riches. On sait par ailleurs que le maclage intervient en
tant que mode de déformation privilégié à température ambiante lorsque l'EDE se situe
environ vers 15-30mJ/m
2. Dans le cas exposé, ce mode de déformation privilégié peut ne pas être présent absolument
dans toute la tôle d'acier et certaines zones particulières peuvent présenter éventuellement
un comportement mécanique différent de celui attendu pour une tôle d'acier de composition
nominale, en particulier une aptitude plus réduite à la déformation par maclage au
sein de certains grains. Plus généralement, on conçoit que, dans des conditions très
particulières dépendant par exemple de la température de déformation ou de sollicitation,
de la taille de grain, la teneur locale en carbone et en manganèse puisse être réduite
au point de provoquer localement une transformation martensitique induite par déformation.
[0044] Les inventeurs ont recherché les conditions particulières pour obtenir des caractéristiques
mécaniques très élevées simultanément avec une grande homogénéité de ces caractéristiques
au sein d'une tôle d'acier. Comme on l'a exposé ci-dessus, la combinaison de carbone
(0,85%-1,05%) et de manganèse (16-19%) associée aux autres caractéristiques de l'invention
conduit à des valeurs de résistance supérieure à 1200MPa et à un produit (résistance
x allongement à rupture) supérieur à 60000, voire 65000 MPa%. On observera à la figure
1 que ces compositions d'acier se trouvent dans un domaine ou l'EDE est de l'ordre
de 19-24mJ/m
2, c'est à dire favorables à la déformation par maclage. Mais les inventeurs ont également
mis en évidence qu'une variation de la teneur locale en carbone ou en manganèse a
une influence beaucoup plus réduite que celle évoquée dans l'exemple précédent. En
effet, des mesures de variations de teneurs locales (C
L, Mn
L) effectuées sur différentes compositions d'aciers austénitiques Fe-C-Mn ont révélé,
à conditions de fabrication identiques, une co-ségrégation du carbone et du manganèse
très voisine de celle illustrée à la figure 1. Dans ces conditions, une variation
des teneurs locales (C
L, Mn
L) n'a que peu de conséquence vis-à-vis du comportement mécanique, puisque le segment
représentant cette co-ségrégation est situé selon une direction sensiblement parallèle
aux courbes d'iso-EDE.
[0045] De plus, les inventeurs ont mis en évidence qu'il convenait d'éviter absolument la
formation de martensite lors des opérations de déformation ou d'utilisation des tôles
sous peine d'hétérogénéité de caractéristiques mécaniques sur les pièces. Les inventeurs
ont déterminé que cette condition est satisfaite lorsque, en tout point des tôles,
les teneurs locales en carbone et en manganèse de la tôle sont telles que : %Mn
L + 9,7 %C
L≥21,66. Ainsi, grâce aux caractéristiques de la composition chimique nominale définies
par l'invention et à celles définies par les teneurs locales en carbone et en manganèse,
on réalise des tôles d'acier austénitique présentant non seulement des caractéristiques
mécaniques très élevées mais aussi une très faible dispersion de ces caractéristiques.
[0046] Au moyen de ses connaissances, l'homme du métier adaptera les conditions de fabrication
de façon à satisfaire cette relation concernant les teneurs locales, en particulier
par le biais des conditions de coulée (température de coulée, brassage du métal liquide
par forces électromagnétiques) ou des conditions de réchauffage conduisant à une homogénéisation
du carbone et du manganèse par diffusion.
[0047] En particulier, on mettra en œuvre avantageusement des procédés de coulée de demi-produit
sous forme de brames minces (quelques centimètres d'épaisseur) ou de bandes minces,
puisque ces procédés sont généralement associés à une réduction des hétérogénéités
de compositions locales.
[0048] A titre d'exemple non limitatif, les résultats suivants vont montrer les caractéristiques
avantageuses conférées par l'invention.
Exemple :
[0049] On a élaboré les aciers de composition nominale suivante (teneurs exprimées en pourcentage
pondéral) :
Tableau 1 : Composition nominale des aciers
| Acier |
|
C |
Mn |
Si |
S |
P |
Al |
Cu |
Cr |
Ni |
Mo |
N |
| I |
Selon l'invention |
0,97 |
17,6 |
0,51 |
0,001 |
0,005 |
0,030 |
|
0,005 |
|
|
0,025 |
| R1 |
Référence |
0,61 |
21,5 |
0,49 |
0,001 |
0,016 |
0,003 |
0,02 |
0,053 |
0,044 |
0,009 |
0,01 |
| R2 |
Référence |
0,45 |
17,5 |
0,3 |
0,001 |
0,005 |
0,030 |
|
|
|
|
0,01 |
[0050] Après coulée, un demi-produit de l'acier I selon l'invention a été réchauffé à une
température de 1180°C et laminé à chaud jusqu'à une température supérieure à 900°C
pour atteindre une épaisseur de 3 mm. On a observé un temps d'attente de 2 s après
laminage en vue de la recristallisation complète, puis on a effectué un refroidissement
à une vitesse supérieure à 20°C/s, suivi par un bobinage à température ambiante.
[0051] Les aciers de référence ont été réchauffés à une température supérieure à 1150°C,
laminés jusqu'à une température de fin de laminage supérieure à 940°C puis bobinés
à une température inférieure à 450°C.
[0052] La fraction surfacique recristallisée est de 100% pour tous les aciers, la fraction
de carbures précipités est égale à 0%, la taille de grain moyenne comprise entre 9
et 10 microns.
[0053] Les caractéristiques de traction des tôles laminées à chaud sont les suivantes :
Tableau 2 : Caractéristiques mécaniques de traction des tôles laminées à chaud
| Acier |
Résistance |
Allongement à rupture |
P= Résistance x Allongement à rupture |
| Selon l'invention I |
1205 MPa |
64% |
77000 MPa% |
| Référence R1 |
1010 MPa |
65% |
66180 MPa% |
| Référence R2 |
1050 MPa |
45% |
47250 MPa% |
[0054] Par rapport à un acier de référence R1, dont les caractéristiques mécaniques sont
déjà élevées, l'acier selon l'invention permet d'obtenir une résistance accrue d'environ
200 MPa avec un allongement très comparable.
[0055] Afin d'évaluer l'homogénéité structurale et mécanique lors d'une déformation, on
a réalisé des godets emboutis sur lesquels on a examiné la microstructure par diffraction
de rayons X. Dans le cas de l'acier de référence R2, on note l'apparition de martensite
dès que le taux de déformation dépasse 17%, l'opération d'emboutissage totale conduisant
à la rupture. Une analyse indique que la caractéristique : %Mn
L + 9,7 %C
L≥21,66 n'est pas remplie en tout point (figure 1).
[0056] Dans le cas de l'acier de l'invention, on ne met en évidence aucune trace de martensite,
une analyse similaire indique que la caractéristique : %Mn
L + 9,7 %G
L≥21,66 est satisfaite-en tout point ce qui permet d'éviter toute apparition de martensite.
[0057] La tôle d'acier selon l'invention a été ensuite soumise à une légère déformation
à froid par laminage avec une déformation équivalente de 14%. La résistance du produit
est alors de 1420 MPa, son allongement à rupture de 42%, soit un produit P= 59640
MPa%. Ce produit à caractéristiques mécaniques exceptionnellement élevées offre de
grandes possibilités de déformation ultérieure en raison de sa réserve de plasticité
et de sa faible anisotropie.
[0058] Par ailleurs, après l'étape de bobinage, déroulage et décapage, des tôles laminées
à chaud d'acier selon l'invention et de l'acier R1 ont été ensuite laminées à froid
puis recuites de façon à obtenir une structure totalement recristallisée. La taille
moyenne de grain austénitique, la résistance, l'allongement à rupture ont été indiqués
dans le tableau ci-dessous.
Tableau 3 : Caractéristiques mécaniques des tôles laminées à froid et recuites
| Acier |
Taille moyenne de grain |
Résistance |
Allongement à rupture |
Produit P(résistance x allongement à rupture) |
| Selon l'invention I |
4 microns |
1289 MPa |
58% |
74760 MPa% |
| Référence R1 |
3 microns |
1130 MPa |
55% |
62150 MPa% |
[0059] La tôle d'acier réalisée selon l'invention, dont la taille moyenne de grain est de
4 microns, offre donc une combinaison résistance-allongement particulièrement avantageuse
et un accroissement significatif de la résistance par rapport à l'acier de référence.
Comme pour les tôles laminées à chaud, ces caractéristiques sont obtenues avec une
très grande homogénéité sur le produit, aucune trace de martensite n'est présente
après déformation.
[0060] Des essais d'expansion équibiaxiale sur poinçon hémisphérique de 75mm de diamètre
réalisés sur une tôle laminée à froid et recuite de 1,6mm d'épaisseur selon l'invention,
révèlent une hauteur limite d'emboutissage de 33mm, ce qui met en évidence une excellente
aptitude à la déformation. Des essais de pliage réalisés sur cette même tôle montrent
également que la déformation critique avant apparition de fissures est supérieure
à 50%.
[0061] La tôle d'acier réalisée selon l'invention a été soumise à une déformation à froid
par laminage avec un taux de déformation équivalente de 8% : La résistance du produit
est alors de 1420 MPa, son allongement à rupture de 48%, soit un produit P= 68160
MPa%.
[0062] Ainsi, en raison de leurs caractéristiques mécaniques particulièrement élevées, de
leur comportement mécanique très homogène et de leur stabilité microstructurale, les
aciers laminés à chaud ou laminés à froid selon l'invention seront utilisés avec profit
pour des applications où l'on recherche une capacité de déformation importante et
une très haute résistance. Dans le cas de leur utilisation dans l'industrie automobile,
on tirera parti de leurs avantages pour la fabrication de pièces de structure, d'éléments
de renfort ou encore de pièces extérieures.
1. Tôle laminée à chaud en acier austénitique fer-carbone-manganèse dont la résistance
est supérieure à 1200 MPa, dont le produit P (résistance (MPa) x allongement à rupture
(%)) est supérieur à 65000 MPa%, dont la composition chimique nominale comprend, les
teneurs étant exprimées en poids:
0,85% ≤ C ≤ 1,05%
16% ≤ Mn ≤ 19%
Si ≤ 2%
Al ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P ≤ 0,050%
N ≤ 0,1 %,
et à titre optionnel, un ou plusieurs éléments choisis parmi
Cr ≤ 1 %
Mo ≤ 1,50%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
Ti ≤ 0,50%
Nb ≤ 0,50%
V ≤ 0,50%,
le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant
de l'élaboration, la fraction surfacique recristallisée dudit acier étant égale à
100%, la fraction surfacique de carbures précipités dudit acier étant égale à 0%,
la taille moyenne de grain dudit acier étant inférieure ou égale à 10 microns, et
en tout point de ladite tôle, la teneur locale dudit acier en carbone C
L et la teneur locale en manganèse Mn
L, exprimées en poids, étant telles que %Mn
L + 9,7 %C
L ≥ 21,66.
2. Tôle laminée à froid et recuite en acier austénitique fer-carbone-manganèse dont la
résistance est supérieure à 1250 MPa, dont le produit P (résistance (MPa) x allongement
à rupture(%)) est supérieur à 65000 MPa%, de composition chimique nominale selon la
revendication 1, la fraction surfacique recristallisée de l'acier étant égale à 100%,
la taille moyenne de grain dudit acier étant inférieure à 3 microns et, en tout point
de ladite tôle, la teneur locale dudit acier en carbone CL et la teneur locale en manganèse MnL, exprimées en poids, étant telles que %MnL + 9,7 %CL ≥ 21,66.
3. Tôle d'acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 2, caractérisée en ce que la teneur nominale en silicium dudit acier est inférieure ou égale à 0,6%.
4. Tôle d'acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que la teneur nominale en azote dudit acier est inférieure ou égale à 0,050%.
5. Tôle d'acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que la teneur nominale en aluminium dudit acier est inférieure ou égale à 0,030%.
6. Tôle d'acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que la teneur nominale en phosphore dudit acier est inférieure ou égale à 0,040%.
7. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à chaud en acier austénitique fer-carbone-manganèse
dont la résistance est supérieure à 1400 MPa, dont le produit P((résistance (MPa)
x allongement à rupture (%)) est supérieur à 50000 MPa%, selon lequel on élabore un
acier dont la composition nominale comprend, les teneurs étant exprimées en poids:
0,85% ≤ C ≤ 1,05%
16% ≤ Mn ≤ 19%
Si ≤ 2%
Al ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P ≤ 0,050%
N ≤ 0,1 %,
et à titre optionnel, un ou plusieurs éléments choisis parmi
Cr ≤ 1%
Mo ≤ 1,50%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
Ti ≤ 0,50%
Nb ≤ 0,50%
V ≤ 0,50%,
le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant
de l'élaboration,
- on procède à la coulée d'un demi-produit à partir de cet acier
- on porte ledit demi-produit de ladite composition d'acier à une température comprise
entre 1100 et 1300°C,
- on lamine ledit demi-produit jusqu'à une température de fin de laminage supérieure
ou égale à 900°C,
- on observe si nécessaire un temps d'attente de telle sorte que la fraction surfacique
recristallisée de l'acier soit égale à 100%,
- on refroidit ladite tôle à une vitesse supérieure ou égale à 20°C/s,
- on bobine ladite tôle à une température inférieure ou égale à 400°C,
- on applique, sur ladite tôle laminée à chaud, refroidie après bobinage et déroulée,
une déformation à froid avec un taux de déformation équivalente supérieur ou égal
à 13% et inférieur ou égal à 17%.
8. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid et recuite en acier austénitique
fer-carbone-manganèse, dont la résistance est supérieure à 1250 MPa, dont le produit
P (résistance (MPa) x allongement à rupture (%)) est supérieur à 60000 MPa%,
caractérisé en ce que:
on approvisionne une tôle laminée à chaud refroidie et bobinée obtenue par le procédé
selon la revendication 7
on effectue au moins un cycle, chaque cycle consistant à :
- Laminer à froid ladite tôle en une ou plusieurs passes successives,
- Effectuer un recuit de recristallisation,
la taille moyenne de grain austénitique avant le dernier cycle de laminage à froid
suivi d'un recuit de recristallisation, étant inférieure à 15 microns
9. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid en acier austénitique fer-carbone-manganèse
dont la résistance est supérieure à 1400 MPa, dont le produit P (résistance (MPa)
x allongement à rupture (%)) est supérieur à 50000 MPa%,
caractérisé en ce que :
--on approvisionne une tôle laminée à chaud refroidie et bobinée obtenue par le procédé
selon la revendication 7
- on effectue au moins un cycle, chaque cycle consistant à :
- Laminer à froid ladite tôle en une ou plusieurs passes successives,
- Effectuer un recuit de recristallisation, la taille moyenne de grain austénitique
avant le dernier cycle de laminage à froid suivi d'un recuit de recristallisation,
étant inférieure à 15 microns
- on effectue, après le recuit final de recristallisation, une déformation à froid
avec un taux de déformation équivalente supérieur ou égal à 6%, et inférieur ou égale
à 17%.
10. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid en acier austénitique fer-carbone-manganèse
dont la résistance est supérieure à 1400 MPa, dont le produit P (résistance (MPa)
x allongement à rupture (%)) est supérieur à 50000 MPa%, caractérisé en ce que l'on approvisionne une tôle laminée à froid et recuite selon l'une quelconque des
revendications 2 à 6 et que l'on effectue une déformation à froid de ladite tôle avec
un taux de déformation équivalente supérieur ou égal à 6%, et inférieur ou égale à
17%.
11. Procédé de fabrication d'une tôle d'acier austénitique selon l'une quelconque des
revendications 7 à 10 caractérisé en ce que les conditions de coulée ou de réchauffage dudit demi-produit, telles que la température
de coulée dudit demi-produit, le brassage du métal liquide par forces électromagnétiques,
les conditions de réchauffage conduisant à une homogénéisation du carbone et du manganèse
par diffusion, sont choisies pour que, en tout point de ladite tôle, la teneur locale
en carbone CL et la teneur locale en manganèse MnL, exprimées en poids, soient telles que: %MnL + 9,7 %CL ≥ 21,66.
12. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 7 à 11, caractérisé en ce que la coulée dudit demi-produit est effectuée sous forme de coulée de brames ou de bandes
minces entre cylindres d'acier contra-rotatifs.
13. Utilisation d'une tôle d'acier austénitique selon l'une quelconque des revendications
1 à 6, pour la fabrication de pièces de structure, d'éléments de renfort ou encore
de pièces extérieures, dans le domaine automobile.
14. Utilisation d'une tôle d'acier austénitique fabriquée au moyen d'un procédé selon
l'une quelconque des revendications 7 à 12 pour la fabrication de pièces de structure,
d'éléments de renfort ou encore de pièces extérieures, dans le domaine automobile.
1. Warmgewalztes Blech aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl, dessen Festigkeit
größer als 1200 MPa ist, dessen Produkt P (Festigkeit (MPa) x Bruchdehnung (%)) größer
als 65.000 MPa% ist, dessen nominale chemische Zusammensetzung umfasst, wobei der
Gehalt in Gewichtsprozenten ausgedrückt ist:
0,85% ≤ C ≤ 1,05%
16% ≤ Mn ≤ 19%
Si ≤ 2%
AI ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P ≤ 0,050%
N ≤ 0,1%,
und optional ein oder mehrere Elemente, ausgewählt aus
Cr ≤ 1%
Mo ≤ 1,50%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
Ti ≤ 0,50%
Nb ≤ 0,50%
V ≤ 0,50%,
wobei der Rest der Zusammensetzung aus Eisen und unvermeidbaren Verunreinigungen,
die aus der Verarbeitung resultieren, gebildet ist, die rekristallisierte Oberflächenfraktion
des Eisens gleich 100% ist, die Oberflächenfraktion von abgeschiedenen Karbiden des
Eisens gleich 0% ist, die mittlere Korngröße des Stahls kleiner oder gleich 10 µm
ist und an jedem Punkt des Blechs der lokale Gehalt des Stahls an Kohlenstoff C
L und der lokale Gehalt an Mangan Mn
L, ausgedrückt in Gewichtsprozenten, derart sind, dass %Mn
L + 9,7 %C
L ≥ 21,66 ist.
2. Kaltgewalztes und geglühtes Blech aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl,
dessen Festigkeit größer als 1250 MPa ist, dessen Produkt P (Festigkeit (MPa) x Bruchdehnung
(%)) größer als 65.000 MPa% ist, mit einer nominalen chemischen Zusammensetzung nach
Anspruch 1, wobei die rekristallisierte Oberflächenfraktion des Stahls gleich 100%
ist, die mittlere Korngröße des Stahls kleiner als 3µm ist und an jedem Punkt des
Blechs der lokale Gehalt des Stahls an Kohlenstoff CL und der lokale Gehalt an Mangan MnL, ausgedrückt in Gewichtsprozenten, derart sind, dass %MnL + 9,7 %CL ≥ 21,66 ist.
3. Stahlblech nach einem beliebigen der Ansprüche 1 bis 2, dadurch gekennzeichnet, dass der nominale Gehalt an Silizium des Stahls kleiner oder gleich 0,6% ist.
4. Stahlblech nach einem beliebigen der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, dass der nominale Gehalt an Stickstoff des Stahls kleiner oder gleich 0,050% ist.
5. Stahlblech nach einem beliebigen der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, dass der nominale Gehalt an Aluminium des Stahls kleiner oder gleich 0,030% ist.
6. Stahlblech nach einem beliebigen der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, dass der nominale Gehalt an Phosphor des Stahls kleiner oder gleich 0,040% ist.
7. Verfahren zur Herstellung eines warmgewalzten Blechs aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl,
dessen Festigkeit größer als 1400 MPa ist, dessen Produkt P (Festigkeit (MPa) x Bruchdehnung
(%)) größer als 50.000 MPa% ist, nach dem ein Stahl bearbeitet wird, dessen nominale
chemische Zusammensetzung umfasst, wobei der Gehalt in Gewichtsprozenten ausgedrückt
ist:
0,85% ≤ C ≤ 1,05%
16% ≤ Mn ≤ 19%
Si ≤ 2%
AI ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P ≤ 0,050%
N ≤ 0,1%,
und optional ein oder mehrere Elemente, ausgewählt aus
Cr ≤ 1%
Mo ≤ 1,50%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
Ti ≤ 0,50%
Nb ≤ 0,50%
V ≤ 0,50%,
wobei der Rest der Zusammensetzung aus Eisen und unvermeidbaren Verunreinigungen,
die aus der Verarbeitung resultieren, gebildet ist,
- ein Halbzeug aus diesem Stahl gegossen wird,
-- das Halbzeug der Stahlzusammensetzung auf eine Temperatur zwischen 1100 und 1300°C
gebracht wird,
- das Halbzeug bis zu einer Walzendtemperatur größer oder gleich 900°C gewalzt wird,
- eine Wartezeit beobachtet wird, wenn notwendig, derart, dass die rekristallisierte
Oberflächenfraktion des Stahls gleich 100% ist,
- das Blech bei einer Geschwindigkeit größer oder gleich 20°C/s abgekühlt wird,
- das Blech bei einer Temperatur kleiner oder gleich 400°C gerollt wird,
- auf das warmgewalztes Blech, das nach einem Aufrollen und Abrollen abgekühlt wird,
eine Kaltverformung mit einem Grad der äquivalenten Umformung größer oder gleich 13%
und kleiner oder gleich 17% aufgebracht wird.
8. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten und geglühten Blechs aus austenitischem
Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl, dessen Festigkeit größer als 1250 MPa ist, dessen
Produkt P (Festigkeit (MPa) x Bruchdehnung (%)) größer als 60.000 MPa% ist,
dadurch gekennzeichnet, dass ein abgekühltes warmgewalztes und aufgewickeltes Blech, das durch das Verfahren nach
Anspruch 7 erhalten wird, beschafft wird, mindestens ein Zyklus durchgeführt wird,
wobei jeder Zyklus darin besteht:
- das Blech in einem oder mehreren aufeinanderfolgenden Durchgängen kaltzuwalzen,
- ein Rekristallisationsglühen durchzuführen,
wobei die austenitische Korngröße vor dem letzten Kaltwalzzyklus, gefolgt von dem
Rekristallisationsglühen, kleiner als 15 µm ist.
9. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten Blechs aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl,
dessen Festigkeit größer als 1400 MPa ist, dessen Produkt P (Festigkeit (MPa) x Bruchdehnung
(%)) größer als 50.000 MPa% ist,
dadurch gekennzeichnet, dass:
- ein abgekühltes warmgewalztes und aufgewickeltes Blech, das durch das Verfahren
nach Anspruch 7 erhalten wird, beschafft wird,
- mindestens ein Zyklus durchgeführt wird, wobei jeder Zyklus darin besteht:
- das Blech in einem oder mehreren aufeinanderfolgenden Durchgängen kaltzuwalzen,
- ein Rekristallisationsglühen durchzuführen,
wobei die austenitische Korngröße vor dem letzten Kaltwalzzyklus, gefolgt von dem
Rekristallisationsglühen, kleiner als 15 µm ist,
- nach dem finalen Rekristallisationsglühen eine Kaltverformung mit einem Grad der
äquivalenten Umformung größer oder gleich 6% und kleiner oder gleich 17 % durchgeführt
wird.
10. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten Blechs aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl,
dessen Festigkeit größer als 1400 MPa ist, dessen Produkt P (Festigkeit (MPa) x Bruchdehnung
(%)) größer als 50.000 MPa% ist, dadurch gekennzeichnet, dass ein kaltgewalztes und geglühtes Blech, das durch das Verfahren nach einem beliebigen
der Ansprüche 2 bis 6 erhalten wird, beschafft wird, und dass eine Kaltverformung
des Blechs mit einem Grad der äquivalenten Umformung größer oder gleich 6% und kleiner
oder gleich 17% durchgeführt wird.
11. Verfahren zur Herstellung eines Blechs aus austenitischem Stahl nach einem beliebigen
der Ansprüche 7 bis 10, dadurch gekennzeichnet, dass die Bedingungen des Gießens und des Aufheizens des Halbzeugs, wie die Gießtemperatur
des Halbzeugs, das Umrühren des flüssigen Metalls durch elektromagnetische Kräfte,
die Bedingungen des Aufheizens, die zu einer Homogenisierung des Kohlenstoffs und
des Mangans durch Diffusion führen, so gewählt sind, dass an jedem Punkt des Blechs
der lokale Gehalt an Kohlenstoff CL und der lokale Gehalt an Mangan MnL, ausgedrückt in Gewichtsprozenten, derart sind, dass %MnL + 9,7 %CL ≥ 21,66 ist.
12. Verfahren nach einem beliebigen der Ansprüche 7 bis 11, dadurch gekennzeichnet, dass das Gießen des Halbzeugs in Form von Gießen von Brammen oder dünnen Bändern zwischen
gegenläufig drehenden Stahlzylindern durchgeführt wird.
13. Verwendung eines Blechs aus austenitischem Stahl nach einem beliebigen der Ansprüche
1 bis 6 für die Herstellung von Strukturteilen, Verstärkungselementen oder auch Außenteilen
im Automobilbereich.
14. Verwendung eines Blechs aus austenitischem Stahl, hergestellt mittels eines Verfahrens
nach einem beliebigen der Ansprüche 7 bis 12, für die Herstellung von Strukturteilen,
Verstärkungselementen oder auch Außenteilen im Automobilbereich.
1. Hot-rolled sheet made of iron-carbon-manganese austenitic steel, the strength of which
is greater than 1,200 MPa, the product P of which (strength (MPa) x breaking elongation
(%)) is greater than 65,000 MPa%, the nominal chemical composition of which comprises,
the contents being expressed by weight:
0.85% ≤ C ≤ 1.05%
16% ≤ Mn ≤ 19%
Si ≤ 2%
Al ≤ 0.050%
S ≤ 0.030%
P ≤ 0.050%
N ≤ 0.1%
and optionally, one or more elements chosen from
Cr ≤ 1%
Mo ≤ 1.50%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
Ti ≤ 0.50%
Nb ≤ 0.50%
V ≤ 0.50%,
the remainder of the composition being constituted by iron and unavoidable impurities
resulting from the smelting, the recrystallised surface fraction of said steel being
equal to 100%, the surface fraction of precipitated carbides of said steel being equal
to 0%, the average grain size of said steel being less than or equal to 10 microns,
and at any point of said sheet, the local content, of said steel, of carbon C
L and the local content of manganese Mn
L, expressed by weight, being such that %Mn
L + 9.7%C
L ≥ 21.66.
2. Cold-rolled and annealed sheet made of iron-carbon-manganese austenitic steel, the
strength of which is greater than 1,250 MPa, the product P (strength (MPa) x breaking
elongation (%)) is greater than 65,000 MPa%, of nominal chemical composition according
to claim 1, the recrystallised surface fraction of the steel being equal to 100%,
the average grain size of said steel being less than 3 microns and, at any point of
said sheet, the local content of said steel of carbon CL and the local content of manganese MnL, expressed by weight, being such that %MnL + 9.7%CL ≥ 21.66.
3. Steel sheet according to any of the claims 1 to 2, characterised in that the nominal content of silicon of said steel is less than or equal to 0.6%.
4. Steel sheet according to any of the claims 1 to 3, characterised in that the nominal content of nitrogen of said steel is less than or equal to 0.050%.
5. Steel sheet according to any of the claims 1 to 4, characterised in that the nominal content of aluminium of said steel is less than or equal to 0.030%.
6. Steel sheet according to any of the claims 1 to 5, characterised in that the nominal content of phosphorus of said steel is less than or equal to 0.040%.
7. Production method of a hot-rolled sheet made of iron-carbon-manganese austenitic steel,
the strength of which is greater than 1,400 MPa, the product P of which (strength
(MPa) x breaking elongation (%)) is greater than 50,000 MPa%, according to which a
steel is smelted, the nominal composition of which comprises, the contents being expressed
by weight:
0.85% ≤ C ≤ 1.05%
16% ≤ Mn ≤ 19%
Si ≤ 2%
Al ≤ 0.050%
S ≤ 0.030%
P ≤ 0.050%
N ≤ 0.1%
and optionally, one or more elements chosen from
Cr ≤ 1%
Mo ≤ 1.50%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
Ti ≤ 0.50%
Nb ≤ 0.50%
V ≤ 0.50%,
the remainder of the composition being constituted by iron and unavoidable impurities
resulting from the smelting,
- casting of a semi-finished product from this steel is implemented,
- said semi-finished product of said steel composition is brought to a temperature
between 1,100 and 1,300°C,
- said semi-finished product is rolled until at a temperature at the end of rolling
greater than or equal to 900°C,
- if necessary a waiting time is observed such that the recrystallised surface fraction
of the steel is equal to 100%,
- said sheet is cooled at a speed greater than or equal to 20°C/s,
- said sheet is coiled at a temperature less than or equal to 400°C,
- there is applied, on said hot-rolled sheet, cooled after coiling and unrolled, a
cold-deformation with a deformation rate equivalent to, greater than or equal to 13%
and less than or equal to 17%.
8. Production method of a cold-rolled and annealed sheet made of iron-carbon-manganese
austenitic steel, the strength of which is greater than 1,250 MPa, the product P of
which (strength (MPa) x breaking elongation (%)) is greater than 60,000 MPa%,
characterised in that:
there is supplied a cooled and coiled hot-rolled sheet obtained by the method according
to claim 7,
at least one cycle is effected, each cycle consisting of:
- cold-rolling said sheet in one or more successive passes,
- effecting a recrystallisation annealing,
the average austenitic grain size before the last cycle of cold-rolling followed by
recrystallisation annealing being less than 15 microns.
9. Production method of a cold-rolled sheet made of iron-carbon-manganese austenitic
steel, the strength of which is greater than 1,400 MPa, the product P of which (strength
(MPa) x breaking elongation (%)) is greater than 50,000 MPa%,
characterised in that:
- there is provided a cooled and coiled hot-rolled sheet obtained by the method according
to claim 7,
- at least one cycle is effected, each cycle consisting of:
- cold-rolling said sheet in one or more successive passes,
- effecting a recrystallisation annealing, the average austenitic grain size before
the last cold-rolling cycle followed by a recrystallisation annealing being less than
15 microns,
- there is effected, after the final recrystallisation annealing, a cold-deformation
with a deformation rate equivalent to, greater than or equal to 6%, and less than
or equal to 17%.
10. Production method of a cold-rolled sheet made of iron-carbon-manganese austenitic
steel, the strength of which is greater than 1,400 MPa, the product P of which (strength
(MPa) x breaking elongation (%)) is greater than 50,000 MPa%, characterised in that a cold-rolled and annealed sheet according to any of the claims 2 to 6 is supplied
and in that a cold-deformation of said sheet is effected with a deformation rate equivalent to,
greater than or equal to 6%, and less than or equal to 17%.
11. Production method of an austenitic steel sheet according to any of the claims 7 to
10, characterised in that the casting or reheating conditions of said semi-finished product, such as the casting
temperature of said semi-finished product, the agitation of the liquid metal by electromagnetic
forces, the reheating conditions leading to homogenisation of the carbon and of the
manganese by diffusion, are chosen so that, at any point of said sheet, the local
content of carbon CL and the local content of manganese MnL, expressed by weight, are such that: %MnL + 9.7%CL ≥ 21.66.
12. Production method according to any of the claims 7 to 11, characterised in that the casting of said semi-finished product is effected in the form of casting of slabs
or of thin strips between counter-rotating steel cylinders.
13. Use of an austenitic steel sheet according to any of the claims 1 to 6, for production
of structural parts, reinforcing elements or even exterior parts, in the automobile
field.
14. Use of an austenitic steel sheet produced by means of a method according to any of
the claims 7 to 12 for production of structural pieces, reinforcing elements or even
exterior parts, in the automobile field.