Domaine de l'invention
[0001] Cette invention concerne une méthode pour réduire le niveau de contraintes résiduelles
dans toute l'épaisseur de tôles fortes en alliage d'aluminium de la série 7xxx qui
subissent une traction avec un allongement permanent.
Etat de la technique
[0002] On sait que dans les alliages d'aluminium de la série 7xxx, la maturation (vieillissement
naturel) débute immédiatement après la trempe. Le mécanisme microstructural sous-jacent
est lié à la formation de zones Guinier-Preston par nucléation, et à la formation
de phases métastables qui précipitent à partir d'une matrice d'aluminium sursaturée.
La nucléation et croissance de ces précipités conduit à une augmentation rapide de
la limite d'élasticité, car ces précipités gênent le déplacement de dislocations dans
le réseau cristallin. Le degré de durcissement par ces mécanismes à un endroit donné
dans une tôle épaisse dépendra de la composition chimique, de la vitesse de trempe,
de la structure de grains et de sous-grains du métal, ainsi que de sa texture cristallographique.
[0003] Les tôles fortes en alliages de la série 7xxx (alliages de type Al-Zn-Mg avec ou
sans cuivre) doivent être trempées rapidement après leur mise en solution pour pouvoir
présenter, après revenu, des hautes caractéristiques mécaniques dans toute leur épaisseur.
La présence au moment de la trempe de forts gradients thermiques proche de la surface
de la tôle forte conduit à une déformation plastique inhomogène. Par conséquent, lorsque
la tôle est complètement refroidie, elle renferme des contraintes résiduelles (contraintes
internes). Plus précisément, on trouve des contraintes compressives à proximité de
la surface, et des contraintes de traction au centre. La force de ces contraintes
dépend de l'alliage et de la structure du matériau, ainsi que du procédé de mise en
solution et de trempe ; l'ordre de grandeur est de 200 MPa. On trouve une description
détaillée des contraintes résiduelles dans les alliages de type 7xxx dans les publications
suivantes :
J.C. Chevrier, F. Moreaux, G. Beck, J. Bouvaist, « Contribution à l'étude des contraintes
thermiques de trempe. Application aux alliages d'aluminium. » Mémoires Scientifiques
- Revue de Métallurgie vol 72, n° 1, p. 83-94 (1975) ;
P. Jeanmart, J. Bouvaist, « Finite element calculation and measurement of thermal
stresses in quenched plate of high-strength 7075 aluminium alloy », Materials Science
and Technology Vol. 1, n° 10, p. 765 - 769 (1985) ;
D. Godard, Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de Lorraine, Nancy 1999,
notamment pages 285 - 290 et 209 - 250.
[0004] Les méthodes les plus répandues pour relaxer les contraintes résiduelles dans des
tôles fortes en alliage de la série 7xxx font appel à la déformation plastique, soit
par traction au sens L, soit par compression au sens TC. L'avantage de ces méthodes
est qu'elles n'affectent pas de manière significative le potentiel de durcissement
du matériau au cours d'une étape ultérieure de revenu. On considère que la traction
est plus efficace que la compression, car elle conduit en général à une déformation
plastique plus homogène.
[0005] Les brevets
US 6,159,315 et
US 6,406,567 (Corus Aluminium Walzprodukte GmbH) divulguent une méthode pour relaxer les contraintes
résiduelles des tôles fortes après mise en solution et trempe, qui comporte une première
étape de traction à froid au sens L, suivie par une étape de compression à froid au
sens TC.
[0006] La demande de brevet
WO 2004/053180 (Pechiney Rhenalu) décrit une méthode de relaxation des contraintes résiduelles d'une tôle forte par
compression sur les champs. Même si elle permet d'obtenir des tôles avec des faibles
énergies résiduelles, cette méthode en compression est cependant difficile à mettre
en oeuvre..
[0007] La déformation plastique permet typiquement de réduire les contraintes résiduelles
par un facteur d'environ 10. Cela est illustré sur la figure 2. Néanmoins, en pratique,
les contraintes résiduelles dans des semi-produits épais considérés comme identiques
peuvent varier fortement. Cela peut être lié à la variation de leur composition chimique,
mais aussi et surtout à la variation des paramètres des procédés de fabrication, tels
que la coulée, le laminage, la trempe, la traction et le revenu ; l'influence de ces
paramètres de procédé sur le niveau de contraintes résiduelles dans le produit fini
n'est pas toujours bien compris. Certaines modifications de procédé conduisent effectivement
à une réduction du niveau des contraintes résiduelles (telles que le choix d'une trempe
plus lente ou d'une température de revenu plus élevée), mais elles modifient également
le compromis entre certaines propriétés qui sont importantes pour les application
structurales, telles que, typiquement, la résistance mécanique, la tolérance aux dommages
et la résistance à la corrosion. Cet état de la technique est connu des publications
suivantes:
R. Habachou, M. Boivin, «Numerical predictions of quenching and relieving by stretching
of aluminium alloys cylindrical bars », Journal de Mécanique Théorique et Appliquée,
Vol 4, pp. 701-723, 1985 ;
J.C. Boyer et M. Boivin, "Numerical calculations of residual stress relaxation in
quenched plates", Materials Science and Technology Vol. 1 1985 pp. 786-792 ;
R. Vignaud, P .Jeanmart, J. Bouvaist, B. Dubost (1990), « Détensionnement par déformation
plastique », Physique et mécanique de la mise en forme des métaux, Ecole d'été d'Oléron,
dirigée par F. Moussy et P. Franciosi, éditée aux Presses du CNRS, 1990, pp. 632-642.
[0008] L'influence critique des contraintes résiduelles sur la distorsion lors de l'usinage
a été décrite largement dans la littérature. Dans l'industrie aéronautique, on usine
souvent des pièces complexes à partir de tôles épaisses en alliage d'aluminium ; cela
conduit souvent à plus de 80 % de copeaux. Une trop forte distorsion à l'usinage doit
être compensée par des mesures correctives complexes et coûteuses, telles que : (a)
le redressage mécanique, (b) le grenaillage (en anglais : shot peening), (c) l'optimisation
de la localisation de la pièce visée dans l'épaisseur de la tôle forte, c'est-à-dire
par rapport au profil en profondeur des contraintes résiduelles, ou (d) la modification
de la forme de la pièce en vue de minimiser sa déformation (étant entendu que la déformation
permanente de la pièce usinée est faible si sa forme est proche d'un forme symétrique
par rapport à l'axe longitudinal de la tôle épaisse dans laquelle ladite pièce est
usinée). Les constructeurs d'avions préfèrent par conséquent des tôles fortes dont
les contraintes résiduelles sont non seulement plus faibles, mais aussi sous contrôle,
c'est-à-dire présentant une faible variation pour un type de produits donné (alliage,
épaisseur, état métallurgique).
[0009] Les brevets
EP 0 731 185 et
US 6,077,363 décrivent une méthode pour réduire les contraintes résiduelles dans les tôles fortes
en alliage 2024. L'optimisation de la teneur en manganèse et de la température de
sortie du laminoir à chaud permet d'obtenir un taux de recristallisation de plus de
50% dans toute l'épaisseur. Une telle tôle montre une meilleure homogénéité des caractéristiques
mécaniques en fonction de l'épaisseur, ainsi qu'un niveau réduit de contraintes résiduelles
après traction.
[0010] EP1231290 décrit la fabrication de produits corroyés par laminage, filage ou forgeage en alliage
d'aluminium du type AlZnMgCu à haute résistance mécanique, utilisés notamment dans
la construction aéronautique, en particulier pour les extrados d'ailes d'avions. On
a réalisé des tôles en alliage 7449 d'épaisseur 38 mm. La composition de l'alliage
était la suivante (% en poids) : Zn = 8,11 Mg = 2,19 Cu = 1,94 Si = 0,04 Fe = 0,07
Zr = 0,09 Cr = 0,005 Ti = 0,025 reste aluminium et impuretés (< 0,05 chacune). Les
tôles ont subi un pré-élargissement pour passer d'une largeur de plaque de 1100 mm
à 2500 mm un laminage à chaud jusqu'à 38 mm avec une température de sortie à 378°
C une mise en solution à 475°C, une trempe à l'eau froide, et une traction contrôlée
à 2.8% d'allongement permanent après une délai de 1 h après trempe.
[0011] Pour les tôles fortes en 7xxx, on préfère en général garder une microstructure largement
non recristallisée, notamment pour des applications qui exigent une forte ténacité,
telles que les éléments de structure pour avions. Cela ressort de la publication de
F. Heymes, B. Commet, B. Dubost, P. Lassince, P. Lequeu, and G. M. Raynaud, "Development
of new Al alloys for distortion free machined aluminium aircraft components", parue
dans 1st International Non-Ferrous Processing and Technology Conference, St. Louis,
Missouri, 1997, 249-255.
[0012] Les contraintes résiduelles dans des tôles épaisses peuvent être déterminées par
la méthode de l'usinage successif décrite dans la publication de Heymes, Commet et
al., référencée ci-dessus. Une méthode basée sur cette publication est décrite en
détail ci-dessous.
[0013] La présente invention a pour but de présenter une méthode pour obtenir des tôles
épaisses en alliage d'aluminium de la série 7xxx qui présente, à l'état tractionné,
à l'état matûré ou dans n'importe quel état de vieillissement artificiel, un niveau
de contraintes résiduelles plus faible, sans dégrader la résistance mécanique et la
tolérance aux dommages. Plus particulièrement, on souhaite disposer de tôles fortes
qui ne se déforment pas lors de l'usinage, ce qui est observé lorsque l'énergie élastique
totale stockée dans la tôle, W, est inférieure à 2 kJ/m
3 et préférentiellement inférieure à 1 kJ/m
3.
Objet de l'invention
[0014] L'invention a pour objet un procédé de fabrication de tôles épaisses en alliage de
type Al-Zn-Cu-Mg comprenant entre 4 et 12% de zinc, moins de 4% de magnésium et moins
de 4% de cuivre, éléments mineurs ≤ 0,5% chacun, le reste aluminium, ledit procédé
comprenant le laminage à chaud, la mise en solution, la trempe, la traction contrôlée
avec un allongement permanent supérieur à 0,5%, ainsi que le vieillissement,
caractérisé en ce que délai D entre la fin de la trempe et le début de la traction
contrôlée est inférieur à 2 heures, et préférentiellement inférieur à 1 heure.
[0015] Un autre objet de la présente invention est une tôle épaisse en alliage de type AI-Zn-Cu-Mg
comprenant entre 4 et 12% de zinc, moins de 4% de magnésium et moins de 4% de cuivre,
éléments mineurs ≤ 0,5% chacun, le reste aluminium, laminée à chaud, mise en solution,
trempée, tractionnée avec un allongement permanent supérieur à 0,5%, vieillie, caractérisée
en ce son énergie élastique totale est inférieure ou égale à

[0016] Encore un autre objet de l'invention est un lot de contrôle ou un lot de traitement
thermique de tôles épaisses en alliage de type Al-Zn-Cu-Mg comprenant entre 4 et 12%
de zinc, moins de 4% de magnésium et moins de 4% de cuivre, éléments mineurs ≤ 0,5%
chacun, le reste aluminium, à l'état mis en solution, trempé, tractionné et vieilli,
caractérisé en ce l'énergie élastique totale W (exprimée en kJ/m
3) des tôles montre un écart-type inférieur ou égal à

Description des figures
[0017]
La figure 1 montre de manière schématique la définition des trois directions principales
dans une tôle.
La figure 2 montre de manière schématique une courbe de traction. La courbe 2 représente
l'état de contraintes au coeur de la tôle. La courbe 1 montre l'état de contraintes
en surface. Cette figure montre le principe du détensionnement par traction contrôlée
: avant la traction contrôlée, l'écart des contraintes entre la surface et lé coeur
est défini par x et -x. La traction contrôlée réduit cet écart (défini par y et -
y) typiquement d'un facteur 10.
La figure 3 montre la définition des paramètres h, l et w d'une tôle. En bas, on voit de manière schématique la jauge de déformation (avec
son fil de raccordement).
La figure 4 montre de manière schématique les séquences de la mesure et des calculs
pour déterminer un profil de contraintes résiduelles dans l'épaisseur de la tôle à
l'aide de la méthode par enlèvement successif de couches.
La figure 5 montre de manière schématique la partie critique du procédé selon l'invention.
D désigne l'intervalle de temps entre la fin de la trempe et le début de la traction
contrôlée.
La figure 6 montre la cinétique de maturation de tôles épaisses en alliages 7010 et
7050 pour deux vitesses de trempe différentes. L'abscisse montre la limite d'élasticité
dans le sens L, l'ordonnée le temps de maturation.
La figure 7 montre l'effet de l'augmentation de la variation des valeurs de limite
d'élasticité sur les profils de contraintes résiduelles après trempe.
La figure 8 montre l'énergie élastique totale en fonction de l'épaisseur pour des
lots de tôles en alliage 7xxx selon l'invention (avec D ≤ 1 heure) (points ouverts)
et selon l'état de la technique (avec D ≥ 8 heures) (carrés noirs).
Description de l'invention
a) Terminologie
[0018] Sauf mention contraire, toutes les indications relatives à la composition chimique
des alliages sont exprimées en pourcent massique. La désignation des alliages suit
les règles de The Aluminum Association, connues de l'homme du métier. L'expression
« alliage de type Al-Zn-Cu-Mg » se réfère à un alliage à base d'aluminium qui contient
les éléments d'alliage zinc, cuivre et magnésium; un tel alliage peut contenir en
plus d'autres éléments d'alliage ainsi que d'autres éléments, dont la présence peut
être intentionnelle ou non, par exemple des impuretés.
[0019] Les états métallurgiques sont définis dans la norme européenne EN 515. La composition
chimique d'alliages d'aluminium normalisés est définie par exemple dans la norme EN
573-3. Sauf mention contraire, les caractéristiques mécaniques statiques, c'est-à-dire
la résistance à la rupture R
m, la limite élastique R
p0,2, et l'allongement à la rupture A, sont déterminées par un essai de traction selon
la norme EN 10002-1, l'endroit et le sens du prélèvement des éprouvettes étant définis
dans la norme EN 485-1. La ténacité K
IC a été mesurée selon la norme ASTM E 399.
[0020] Sauf mention contraire, les définitions de la norme européenne EN 12258-1 s'appliquent.
[0021] Dans le cadre de la présente invention, une « tôle épaisse » désigne une tôle dont
l'épaisseur est supérieure àu égale à 6 mm.
[0022] Le terme « lot de contrôle » est défini dans la norme EN 12258-1 ; il désigne une
expédition ou partie d'une expédition, soumise à un contrôle, et qui comprend des
produits de même qualité ou alliage, de même forme, état métallurgique, taille, géométrie,
épaisseur ou section transversale, et qui ont été produits par les même procédés.
[0023] Le terme « lot de traitement thermique » désigne une quantité de produits de même
qualité ou de même alliage, de même forme, épaisseur ou section transversale, et qui
ont été produits de la même façon, dont le traitement thermique ou la mise en solution
suivie de trempe a été effectué en une seule charge ; plusieurs lots peuvent être
mis en solution dans une même charge de traitement thermique.
[0024] Le terme « vieillissement » comprend le vieillissement naturel à température ambiante
(appelé aussi « maturation »), ainsi que tout vieillissement artificiel (appelé aussi
« revenu »).
[0025] Le terme « usinage » comprend tout procédé d'enlèvement de matière tel que le tournage,
le décolletage, le fraisage, le perçage, l'alésage, le taraudage, l'électroérosion,
la rectification, le polissage, l'usinage chimique.
[0026] Le terme « élément de structure » se réfère à un élément utilisé en construction
mécanique pour lequel les caractéristiques mécaniques statiques et / ou dynamiques
ont une importance particulière pour la performance et l'intégrité de la structure,
et pour lequel un calcul de la structure est généralement prescrit ou effectué. Il
s'agit typiquement d'une pièce mécanique dont la défaillance est susceptible de mettre
en danger la sécurité de ladite construction, de ses utilisateurs, des ses usagers
ou d'autrui. Pour un avion, ces éléments de structure comprennent notamment les éléments
qui composent le fuselage (tels que la peau de fuselage (fuselage skin en anglais),
les raidisseurs ou lisses de fuselage (stringers), les cloisons étanches (bulkheads),
les cadres de fuselage (circumferential frames), les ailes (tels que la peau de voilure
(wing skin), les raidisseurs (stringers ou stiffeners), les nervures (ribs) et longerons
(spars)) et l'empennage composé notamment de stabilisateurs horizontaux et verticaux
(horizontal or vertical stabilisers), ainsi que les profilés de plancher (floor beams),
les rails de sièges (seat tracks) et les portes.
[0027] Le terme « élement de structure monolithique » se réfère à un élément de structure
qui a été obtenu, le plus souvent par usinage, à partir d'une seule pièce de demi-produit
laminé, filé, forgé ou moulé, sans assemblage, tel que rivetage, soudage, collage,
avec une autre pièce.
[0028] Les directions L (sens Long), TL (sens travers-long) et TC (sens travers-court) dans
un produit laminé se réfèrent à la direction de laminage qui correspond à la direction
L. Ces trois directions sont définies sur la figure 1.
b) Détermination des contraintes résiduelles
[0029] Dans le cadre de la présente invention, les contraintes résiduelles ont été déterminées
à l'aide de la méthode basée sur l'enlèvement successif de couches décrite dans la
publication "
Development of New Alloy for Distortion Free Machined Aluminum Aircraft Components",
F.Heymes, B.Commet, B.Dubost, P.Lassince, P.Lequeu, GM.Raynaud, in 1st International
Non-Ferrous Processing & Technology Conference, 10-12 March 1997 - Adams's Mark Hotel,
St Louis, Missouri.
[0030] Cette méthode s'applique surtout aux tôles fortes tractionnées, dans lesquelles l'état
de contrainte peut être considéré comme biaxial ; les deux composantes principales
étant situées dans les directions L et TL, et il n'y a donc pas de composante dans
la direction TC. Cette méthode est basée sur la détermination des contraintes résiduelles
dans les directions L et TL sur des barres rectangulaires, coupées en pleine épaisseur
de la tôle dans le sens parallèle aux directions indiquées. Ces barres sont usinées
dans le sens TC étape par étape. Après chaque étape on mesure la contrainte et/ou
la déflection et relève l'épaisseur de la barre. Une méthode particulièrement préférée
consiste à fixer une jauge de déformation à mi-longueur de la barre, sur la surface
opposée à celle qui est usinée. Cela permet de calculer les profils de contraintes
résiduelles dans les directions L et TL. La barre doit être suffisamment longue pour
éviter des effets de bord. Les dimensions recommandées en fonction de l'épaisseur
de la tôle sont indiquées dans le tableau 1.
Tableau 1
| Dimensions [mm] utilisées pour la méthode de l'enlèvement successif de couches |
| Épaisseur de la tôle (h) |
Largeur (w) |
Longueur (1) |
| 20<h≤100 |
24 ± 1 |
5h ± 1 |
| h>100 |
30 ± 1 |
5h ± 1 |
[0031] Les jauges de déformation unidirectionnelles avec une compensation de la dilatation
thermique sont collées sur la surface inférieure de la barre (voir figure 3), en suivant
les instructions du fabricant. Ensuite, elles sont recouvertes d'une laque isolante.
La valeur lue sur chacune de ces jauges est prise pour zéro.
[0032] On effectue une mesure après chaque passe d'usinage. On prend typiquement entre 18
et 25 passes pour obtenir un nombre de points suffisant pour calculer le profil de
contraintes. La profondeur d'usinage ne doit pas être inférieure à 1 mm, afin d'obtenir
une bonne qualité de coupe ; pour des tôles très épaisses, elle peut atteindre 10
mm. On peut aussi utiliser l'usinage chimique pour enlever une très faible épaisseur
de métal. Le pas d'usinage devrait être le même pour les deux échantillons (i.e. dans
le sens L et dans le sens TL).
[0033] Après chaque passe d'usinage, la barre est détachée de l'étau, et on laisse la température
se stabiliser avant de mesurer la déformation. A chaque pas
i, on relève l'épaisseur
h(i) et la déformation
ε(i). Le schéma de la figure 4 montre comment on collecte ces données.
[0034] Ces données permettent de calculer le profil de contraintes initial dans chaque barre
sous la forme d'une courbe
u(i), qui correspond à la contrainte moyenne dans la couche enlevée lors du pas d'usinage
i, donnée par les équations suivantes :
Pour i = 1 à N-1 :

avec :

où E est le module de Young de la tôle épaisse. On obtient ainsi deux profiles : u(i)L et u(i)LT qui correspondent à des barres à section rectangulaire dans les directions L et TL.
Les profiles de contraintes dans la tôle sont obtenus par les équations suivantes
:
Pour i = 1 à N-1


où v est le coefficient de Poisson de la tôle forte. On peut ensuite calculer l'énergie
stockée dans la tôle (WL, WLT et W) à partir des equations :



où WL représente l'énergie élastique stockée qui résulte du profil de contraintes résiduelles
dans la direction L, et WLT représente l'énergie stockée qui résulte du profil de contraintes résiduelles dans
la direction TL. W est l'énergie élastique totale dans la tôle (exprimé en kJ ou kJ/m3). La méthode de mesure des contraintes et d'obtention des énergies élastiques stockées
est décrite ci-dessus d'une manière précise en donnant par exemple les dimensions
des barreaux qui sont utilisés en pratique. Il faut noter que ces dimensions ne sont
pas obligatoires et ne limitent pas la méthode. La largeur du barreau n'a pas d'influence
sur le résultat. Une longueur de deux fois h plus trois fois la longueur de la jauge
est suffisante dans le cas de mesures à l'aide de jauges de déformation. Les dimensions
données sont issues de l'expérience pratique et ont été adaptées aux moyens d'usinage
et de mesures utilisés. L'homme du métier sera aisément en mesure de sélectionner
d'autres dimensions sans altérer les résultats.
[0035] De même, d'autres techniques peuvent être utilisées pour mesurer le gradient de contraintes
dans l'épaisseur des tôles. Après obtention des profils de contraintes σ
L et σ
LT dans l'épaisseur, les mêmes formules des sommes incrémentales ci-dessus permettent
de calculer les énergies stockées W
L et W
LT. Il est donc possible d'obtenir les énergies stockées par toutes techniques permettant
des mesures de contraintes dans l'épaisseur.
c) Description détaillée de l'invention
[0036] La présente invention s'applique aux tôles, et surtout aux tôles fortes, en alliage
d'aluminium de la série 7xxx, dont la composition chimique répond aux critères suivants:
4 < Zn < 12 ; Mg < 4 ; Cu < 4 ;
éléments mineurs ≤ 0,5 chacun
le reste aluminium,
et qui sont traités par mise en solution, trempe et traction contrôlée.
[0037] Selon l'invention, le problème est résolu par une modification du procédé de fabrication
de manière à ce que la maturation (vieillissement naturel) entre la fin de la trempe
et le début de la traction contrôlée est minimisée de manière à ce que l'énergie élastique
totale (W) à l'état revenu reste inférieure à une certaine valeur limite. Cette valeur
limite représente une valeur maximale pour garder la déformation à l'usinage à un
niveau qui est encore acceptable ; pour la plupart des applications, cette valeur
limite est de 2 kJ/m
3 pour une tôle d'une épaisseur comprise entre 60 mm et 100 mm, et préférentiellement
de 1,5 kJ/m
3. Pour des pièces particulièrement complexes, elle doit être de 1 kJ/m
3.
[0038] La figure 5 montre le schéma du procédé de traitement thermique que subit une tôle
après laminage. La mise en solution peut être effectuée en un seul palier, en plusieurs
paliers, ou en rampe avec ou sans palier bien défini. Il en est de même du revenu.
La phase critique dans le cadre de la présente invention est le délai D entre la fin
de la trempe et le début de la traction contrôlée. Les inventeurs ont trouvé qu'un
délai D long conduit à une plus grande hétérogénéité des caractéristiques mécaniques
entre les zones proches de la surface et les zones proches de la mi-épaisseur du matériau.
Cette hétérogénéité peut être principalement attribuée aux différences de vitesse
de refroidissement dans l'épaisseur de la tôle. La figure 6 montre l'évolution de
la limite d'élasticité au sens L, déterminée proche de la surface et à mi-épaisseur,
en fonction de la durée de maturation pour des tôles très fortes en alliages AA7010
et AA7050 et pour différentes vitesses nominales de trempe. Ces vitesses de trempe
ont été obtenues sur des éprouvettes de traction mais elles sont représentatives des
différences de vitesse de trempe observées entre la surface et le coeur d'une tôle
épaisse. On voit que la différence entre les niveaux de résistance mécanique s'accentue
au cours du temps.
[0039] Les inventeurs ont constaté que la variation des contraintes résiduelles à travers
l'épaisseur des tôles en alliage 7xxx dépend (i) de la variation des vitesses de refroidissement
et de la déformation plastique au cours de la trempe, (ii) des hétérogénéités de la
microstructure structure granulaire et de la texture qui sont générées au cours du
laminage, et (iii) des variations locales de la composition chimique qui résultent
du procédé de coulée (y compris la solidification et l'homogénéisation). Entre la
fin de la trempe et le début de la traction, on observe une maturation dans toute
l'épaisseur de la tôle, mais la vitesse de cette maturation dépend de l'épaisseur
: la limite d'élasticité augmente plus vite à proximité d'une surface qu'à mi-épaisseur.
Cela est probablement dû à la cinétique de précipitation : d'une part, la teneur de
la solution solide sursaturée en éléments potentiellement durcissants est plus grande
proche de la surface qu'à mi-épaisseur (car le procédé de coulée semi-continue adopté
conduit à une macro-segrégation telle que la concentration d'éléments eutectiques,
tels que Cu, Mn et Zn, est plus forte proche de la surface, et la vitesse de refroidissement
au cours de la coulée y est également plus grande), et d'autre part, on trouve proche
de la surface une plus grande densité de sites hétérogènes (lacunes, dislocations
etc) qui facilitent la précipitation et qui résultent de la plus grande vitesse de
refroidissement et de la plus grande plasticité au cours de la trempe.
[0040] Les inventeurs ont trouvé par un calcul basé sur un modèle à éléments finis qu'une
augmentation de l'hétérogénéité des caractéristiques mécaniques (c'est-à-dire de la
limite d'élasticité ou des coefficients d'écrouissage) conduit à une augmentation
des contraintes résiduelles après traction. La figure 7 montre l'effet de l'augmentation
de la variation des valeurs de limite d'élasticité sur les profils de contraintes
résiduelles après trempe.
[0041] Cette tentative d'explication métallurgique du procédé selon l'invention n'implique
cependant aucune limitation de la présente invention aux phénomènes sous-jacents.
Par ailleurs, les inventeurs ont constaté que l'effet est plus grand en réalité que
les valeurs obtenues par le modèle mathématique..
[0042] Enfin, un changement du procédé de fabrication qui conduirait à améliorer l'homogénéité
des limites d'écoulement (R
p02) dans l'épaisseur de la tôle forte après la trempe, entraînerait une baisse des contraintes
résiduelles après traction contrôlée ou après tout détensionnement par déformation
plastique.
[0043] Le procédé selon l'invention ne donne pas de résultat amélioré dans le cas d'autres
alliages à durcissement structural, tels que les alliages des séries 2xxx et 6xxx.
Pour les alliages très chargés, c'est-à-dire présentant une teneur en Zn > 12%, Mg
> 4% et Cu > 4%, l'énergie stockée est très élevée, et l'amélioration obtenue avec
le procédé selon l'invention ne paraît pas être significative. Ces alliages répondent
par ailleurs difficilement à un traitement de mise en solution.
[0044] Le procédé selon l'invention permet de fabriquer des tôles caractérisées par une
valeur de l'énergie élastique totale qui est inférieure ou égale à

Dans cette équation, R
p0,2(L) désigne la limite élastique de la tôle finie mesurée selon les normes EN 10002-1
et EN 485-1. L'influence de l'épaisseur sur le niveau de contraintes résiduelles et
l'énergie élastique totale est ici exprimée en termes de la limité d'élasticité, mesurée
comme préconisé par la norme EN 485-1. Le procédé selon l'invention peut être appliqué
avantageusement à la fabrication d'une pluralité de tôles dont l'épaisseur se situe
entre environ 10 mm et environ 250 mm, et encore plus avantageusement à des tôles
dont l'épaisseur est supérieure à 25 mm, mais ces valeurs ne sont pas limitatives.
[0045] Le procédé selon l'invention permet aussi de réduire la dispersion entre les valeurs
de W pour une pluralité de tôles appartenant à un même lot de contrôle ou lot de traitement
thermique, de manière à ce toutes les tôles ont un écart-type de l'énergie élastique
totale W des différentes tôles autour d'une valeur moyenne inférieur ou égal à

et de manière préférée inférieur ou égal à

Dans cette equation, R
p0,2(L) désigne la moyenne des mesures de R
p0,2(L) effectuées selon la norme pour chacune des tôle finies du lot, selon les normes EN10002-1
et EN485-1.
[0046] L'écart-type entre les mesures de l'énergie élastique totale W des différentes tôles
d'un lot peut dépendre du nombre de tôles contenues dans le lot. En particulier, un
écart-type obtenu sur deux mesures est faiblement significatif et peut aléatoirement
être très élevé ou très faible. A partir de 3 tôles, l'écart-type des mesures peut
être considéré mais d'une manière préférée, les lots de contrôle ou de traitement
thermique utilisés dans le cadre de la présente invention contiennent au moins 5 tôles.
[0047] L'utilisation du procédé selon l'invention permet au fabricant de garantir qu'un
tel lot de contrôle ou un tel lot de traitement thermique comprend des tôles dont
l'énergie élastique totale moyenne est inférieure à 3 kJ/m
3. De manière préférée, cette valeur moyenne est inférieure à 2 kJ/m
3, et on préfère une valeur inférieure à 1 kJ/m
3, ce qui nécessite une excellente maîtrise des procédés critiques et une gestion très
rigoureuse des flux de produits aux stades de la mise en solution, de la trempe et
de la traction. En effet, la mise en oeuvre du procédé selon l'invention peut nécessiter
une adaptation des flux de métal à l'intérieur de l'usine, car si le producteur veut
produire des tôles avec un délai D inférieur à quelques heures, il faut synchroniser
le four de trempe avec le banc de traction. En pratique, cela implique de limiter
au minimum le stock intermédiaire entre ces deux machines; ceci s'applique notamment
aux modes de réalisation particulièrement préférés avec D < 1 heure ou D < 30 minutes.
La demande de brevet
EP 1 231 290 A1 décrit dans l'exemple 1 une tôle en alliage 7449 d'épaisseur 38 mm pour laquelle
la traction contrôlée a été effectuée 1h après la trempe ; ce document ne donne cependant
aucun enseignement sur l'intérêt de cette faible durée.. Le procédé selon l'invention
a permis de réaliser des lots de contrôle ou des lots de traitement thermique pour
lesquels le délai D entre la fin de la trempe et le début de la traction contrôlée
est de manière systématique inférieur à 2 heures, ce qui a permis de minimiser la
moyenne et l'écart-type de l'énergie élastique totale W des tôles de ces lots. La
fabrication industriel d'un tel lot de contrôle nécessite cependant une réorganisation
des flux de produits autour des machines nécessaires pour la mise en oeuvre du procédé
selon l'invention.
[0048] Dans un autre mode de réalisation de l'invention, la maturation est effectuée à basse
température, c'est à dire à une température inférieure à 10 °C et de manière préférée
à une température inférieure à 5 °C, ce qui permet d'obtenir des résultats semblables
en terme d'énergie élastique totale W pour des délais D compris entre 2h et 3h.
[0049] D'autres modes de réalisation préférés de l'invention sont indiqués dans les revendications
dépendantes. L'invention est particulièrement avantageuse pour des tôles épaisses
en alliages AA7010, 7050, 7056, 7449, 7075, 7475, 7150, 7175.
[0050] L'avantage du procédé selon l'invention est la diminution globale du niveau de contraintes
dans les tôles fortes. Cela diminue globalement la déformation à l'usinage.
[0051] Un autre avantage du procédé selon l'invention est que le contrôle du temps qui s'écoule
entre la fin de la trempe et le début de la traction permet également de diminuer
la dispersion du niveau de contrainte que l'on observe entre différentes tôles nominalement
identiques, même à l'intérieur d'un même lot de fabrication ou lot de traitement thermique.
Cela permet une meilleure standardisation des procédés d'usinage pour une série de
produits donnée, et diminue le nombre d'incidents lors de la fabrication de pièces
usinées dans l'atelier d'usinage.
[0052] Dans les exemples qui suivent, on décrit à titre d'illustration des modes de réalisation
avantageux de l'invention. Ces exemples n'ont pas de caractère limitatif.
Exemples
Exemple 1 :
[0053] Trois plaques de laminage en alliage AA7010 ont été coulées par coulée semi-continue.
Après homogénéisation, on les a laminées à chaud jusqu'à une épaisseur de 100 mm.
A la sortie du laminoir à chaud, on les a soumis à une trempe suivie d'une traction
contrôlée, et finalement à un traitement de revenu. L'état métallurgique des trois
produits A1, A2 et A3 ainsi obtenus était l'état T7651. Pour ces trois produits, tous
les paramètres de fabrication étaient nominalement identiques et bien contrôlés. La
seule différence était le temps d'attente D entre la fin de la trempe et le début
du détensionnement par traction.
[0054] Par un procédé analogue, on a transformé trois plaques de laminage en alliage AA7050
par homogénéisation, laminage à chaud jusqu'à une épaisseur de 100 mm, trempe, traction
contrôlée et revenu. L'état métallurgique des trois produits B1, B2 et B3 ainsi obtenus
était l'état T7451. Pour ces trois produits, tous les paramètres de fabrication étaient
nominalement identiques et bien contrôlés, et la seule différence était le temps d'attente
D entre la fin de la trempe et le début du détensionnement par traction.
[0055] Le tableau 2 montre l'énergie élastique stockée des différentes tôles obtenues, déterminée
à l'état final. Lorsque l'on réduit le temps d'attente D entre la fin de la trempe
et le début du détensionnement par traction, on observe une réduction du niveau global
de contraintes tel que mesuré par W
L, W
LT and W.
Tableau 2
| Energie élastique stockée (à l'état final) en fonction de la durée de maturation pour
trois tôles fortes en alliages 7010 et 7050. |
| Tôle |
Alliage / état |
Durée de maturation D [h] |
W [kJ/m3] |
WL [kJ/m3] |
WLT [kJ/m3] |
| A1 |
7010 T7651 |
1.17 |
1.02 |
0.8 |
0.22 |
| A2 |
7010 T7651 |
9 |
1.76 |
1.37 |
0.4 |
| A3 |
7010 T7651 |
48.92 |
2.37 |
1.74 |
0.63 |
| B1 |
7050 T7451 |
1.25 |
1.22 |
0.84 |
0.38 |
| B2 |
7050 T7451 |
8.83 |
2.28 |
1.57 |
0.71 |
| B3 |
7050 T7451 |
49.08 |
3.15 |
2.02 |
1.12 |
[0056] Les caractéristiques mécaniques statiques ont été mesurées à l'état de traitement
thermique final dans les directions L, TL et TC à ¼, ½ et ¾ épaisseur. Les résultats
sont rassemblés dans les tableaux 3, 4 et 5. On observe que la durée de maturation
D n'a pas d'influence significative sur les caractéristiques mécaniques statiques.
Tableau 3:
| Caractéristiques mécaniques statiques (sens L) à l'état final en fonction de la durée
de maturation D pour des tôles fortes en alliages 7010 et 7050 |
| Tôle |
Alliage / état |
Durée de maturation D [h] |
Localisation |
Rm(L) [MPa] |
Rp0.2(L) [MPa] |
A(L) [%] |
| A1 |
7010 T7651 |
1.17 |
¼ épaisseur |
524 |
479 |
14.0 |
| |
|
|
½ épaisseur |
519 |
468 |
12.7 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
533 |
471 |
11.0 |
| A2 |
7010 T7651 |
9 |
¼ épaisseur |
529 |
480 |
14.4 |
| |
|
|
½ épaisseur |
523 |
477 |
11.5 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
539 |
480 |
9.6 |
| A3 |
7010 T7651 |
48.92 |
¼ épaisseur |
521 |
472 |
12.6 |
| |
|
|
½ épaisseur |
516 |
466 |
9.2 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
528 |
472 |
8.2 |
| B1 |
7050 T7451 |
1.25 |
¼ épaisseur |
536 |
482 |
13.0 |
| |
|
|
½ épaisseur |
519 |
465 |
10.4 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
531 |
470 |
9.6 |
| B2 |
7050 T7451 |
8.83 |
¼ épaisseur |
534 |
479 |
14.2 |
| |
|
|
½ épaisseur |
519 |
461 |
10.8 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
533 |
469 |
8.7 |
| B3 |
7050 T7451 |
49.08 |
¼ épaisseur |
534 |
478 |
14.2 |
| |
|
|
½ épaisseur |
519 |
459 |
10.5 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
531 |
463 |
9.4 |
Tableau 4 :
| Caractéristiques mécaniques statiques (sens TL) à l'état final en fonction de la durée
de maturation D pour des tôles fortes en alliages 7010 et 7050 |
| Tôle |
Alliage / état |
Durée de maturation D [h] |
Localisation |
Rm(TL) [MPa] |
Rp0.2(TL) [MPa] |
A(TL) [%] |
| A1 |
7010 |
1.17 |
¼ épaisseur |
529 |
470 |
10.4 |
| |
T7651 |
|
½ épaisseur |
527 |
464 |
9.4 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
513 |
446 |
9.2 |
| A2 |
7010 |
9 |
¼ épaisseur |
536 |
475 |
11.0 |
| |
T7651 |
|
½ épaisseur |
534 |
478 |
8.4 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
521 |
463 |
8.1 |
| A3 |
7010 |
48.92 |
¼ épaisseur |
527 |
461 |
10.1 |
| |
T7651 |
|
½ épaisseur |
526 |
463 |
7.8 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
511 |
452 |
8.0 |
| B1 |
7050 |
1.25 |
¼ épaisseur |
541 |
461 |
10.6 |
| |
T7451 |
|
½ épaisseur |
526 |
456 |
6.6 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
516 |
443 |
6.7 |
| B2 |
7050 |
8.83 |
¼ épaisseur |
541 |
464 |
9.6 |
| |
T7451 |
|
½ épaisseur |
528 |
464 |
6.9 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
519 |
447 |
7.2 |
| B3 |
7050 |
49.08 |
¼ épaisseur |
538 |
467 |
10.8 |
| |
T7451 |
|
½ épaisseur |
527 |
451 |
7.8 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
513 |
440 |
6.4 |
Tableau 5:
| Caractéristiques mécaniques statiques (sens TC) à l'état final en fonction de la durée
de maturation D pour des tôles fortes en alliages 7010 et 7050 |
| Tôle |
Alliage / état |
Durée de maturation D [h] |
Localisation |
Rm(TC) [MPa] |
Rp0.2(TC) [MPa] |
A(TC) [%] |
| A1 |
7010 T7651 |
1.17 |
¼ épaisseur |
517 |
449 |
6.5 |
| |
|
|
½ épaisseur |
508 |
432 |
7.7 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
518 |
455 |
6.3 |
| A2 |
7010 T7651 |
9 |
¼ épaisseur |
521 |
455 |
5.7 |
| |
|
|
¼ épaisseur |
520 |
438 |
5.3 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
515 |
442 |
7.6 |
| A3 |
7010 T7651 |
48.92 |
¼ épaisseur |
514 |
451 |
5.7 |
| |
|
|
½ épaisseur |
514 |
449 |
5.0 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
509 |
440 |
7.4 |
| B1 |
7050 T7451 |
1.25 |
¼ épaisseur |
507 |
445 |
3.4 |
| |
|
|
½ épaisseur |
519 |
470 |
4.6 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
507 |
428 |
5.6 |
| B2 |
7050 T7451 |
8.83 |
¼ épaisseur |
513 |
446 |
4.2 |
| |
|
|
½ épaisseur |
513 |
438 |
3.9 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
511 |
413 |
5.9 |
| B3 |
7050 T7451 |
49.08 |
¼ épaisseur |
514 |
423 |
4.6 |
| |
|
|
½ épaisseur |
505 |
420 |
4.8 |
| |
|
|
¾ épaisseur |
513 |
442 |
3.7 |
[0057] On a également mesuré la ténacité K
IC dans les direction L-T et T-L à ¼ épaisseur. Les résultats, rassemblés dans le tableau
6, montrent que la maturation n'a pas d'influence significatif sur la ténacité.
Tableau 6
| Ténacité (à l'état final) à l'état final en fonction de la durée de maturation D pour
des tôles fortes en alliages 7010 et 7050 |
| Tôle |
Alliage / état |
Durée de maturation D [h] |
Localisation |
KIC(L-T) (MPa√m) |
KIC(T-L) (MPa√m) |
| A1 |
7010 T7651 |
1.17 |
¼ épaisseur |
33.6 |
28.0 |
| A2 |
7010 T7651 |
9 |
¼ épaisseur |
32.7 |
26.0 |
| A3 |
7010 T7651 |
48.92 |
¼ épaisseur |
32.9 |
27.7 |
| B1 |
7050 T7451 |
1.25 |
¼ épaisseur |
32.2 |
26.1 |
| B3 |
7050 T7451 |
49.08 |
¼ épaisseur |
32.3 |
27.7 |
Exemple 2
[0058] On a transformé trois plaques de laminage en alliage AA7475 par homogénéisation,
laminage à chaud jusqu'à une épaisseur de 46 mm, trempe et traction contrôlée. L'état
métallurgique des trois produits C1, C2 et C3 ainsi obtenus était l'état W51. Pour
ces trois produits, tous les paramètres de fabrication étaient nominalement identiques
et bien contrôlés, et la seule différence était le temps d'attente D entre la fin
de la trempe et le début du détensionnement par traction.
[0059] Le tableau 7 montre l'énergie élastique stockée des différentes tôles obtenues, déterminée
à l'état final (i.e. après traction contrôlée). Lorsque l'on réduit le temps d'attente
D entre la fin de la trempe et le début du détensionnement par traction, on observe
une réduction du niveau global de contraintes W
L, W
LT and W.
Tableau 7
| Energie élastique stockée en fonction de la durée de maturation D pour des tôles fortes
en alliage 7475 W51 plates |
| Tôle |
Alliage / état |
Durée de maturation D[h] |
W [kJ/m3] |
WL [kJ/m3] |
WLT [kJ/m3] |
| C1 |
7475 W51 |
1.75 |
2.24 |
1.6 |
0.64 |
| C2 |
7475 W51 |
22.5 |
4.51 |
3.61 |
0.9 |
| C3 |
7475 W51 |
48 |
5.18 |
3.97 |
1.21 |
Exemple 3
[0060] On a transformé deux plaques de laminage en alliage AA7449 par homogénéisation, laminage
à chaud jusqu'à une épaisseur comprise entre 16,5 et 21,5 mm, trempe et traction contrôlée,
suivi d'un revenu. L'état métallurgique des deux produits D1 et D2 ainsi obtenus était
l'état T651. Pour ces deux produits, tous les paramètres de fabrication étaient nominalement
identiques et bien contrôlés, et la seule différence était le temps d'attente D entre
la fin de la trempe et le début du détensionnement par traction.
[0061] Le tableau 8 montre l'énergie élastique stockée des différentes tôles obtenues, déterminée
à l'état final (i.e. après traction contrôlée). Lorsque l'on réduit le temps d'attente
D entre la fin de la trempe et le début du détensionnement par traction, on observe
une réduction du niveau global de contraintes W
L, W
LT and W. La faible différence entre les épaisseurs des deux produits ne conduit pas
en tant que telle à une différence significative entre leurs niveaux de contraintes.
Tableau 8
| Energie élastique stockée (à l'état final) en fonction de la durée de maturation D
pour des tôles fortes en alliage 7449 T651 |
| Tôle |
Alliage / état |
Epaisseur [mm] |
Durée de maturation D [h] |
W [kJ/m3] |
WL [kJ/m3] |
WLT [kJ/m3] |
| D1 |
7449 T651 |
16.5 |
10.5 |
6.3 |
5.56 |
0.74 |
| D2 |
7449 T651 |
21.5 |
3 |
4.17 |
3.66 |
0.51 |
[0062] Ce résultat confirme que même pour un alliage de type Al-Zn-Mg à haute teneur en
zinc comme le 7449, on peut diminuer l'énergie élastique totale de manière très significative
en diminuant la durée de maturation D.
Exemple 4 :
[0063] Par des procédés industriels qui ne se distinguaient que par le temps d'attente,
on a préparé des lots de tôles de contrôle selon l'invention. On a mesuré l'énergie
stockée. Ensuite, on a développé un modèle mathématique qui permet de calculer cette
énergie stockée en fonction des paramètres critiques du procédé de fabrication. Les
valeurs de l'énergie stockée mesurées pour les tôles selon l'invention ont été utilisées
pour valider ce modèle mathématique. Ensuite, on a appliqué ce même modèle mathématique
à des lots de tôles en alliages de type Al-Zn-Mg obtenues par des procédés selon l'état
de la technique. La figure 8 montre les valeurs de l'énergie stockée des tôles selon
l'invention (avec D ≤ 1 heure) (points ouverts) (« Optimized ») et selon l'état de
la technique (avec D ≥ 8 heures) (carrés noirs).
[0064] On constate que pour une épaisseur comprise entre environ 60 mm et environ 100 mm,
l'énergie stockée est maximale. Le procédé selon l'invention conduit, pour une épaisseur
donnée, d'une part à une réduction du niveau global de contraintes résiduelles (c'est-à-dire
de l'énergie stockée W
totat) d'environ 50%, et d'autre part à une réduction significative de la dispersion statistique
de cette valeur. L'effet de l'invention sur le niveau global de contraintes résiduelles
est particulièrement remarquable pour des épaisseurs comprises entre 40 et 150 mm
et il encore plus net pour des épaisseurs comprises entre 50 et 100 ou même 80 mm.
1. Procédé de fabrication de tôles épaisses, ayant une épaisseur supérieure à 40 mm,
en alliage de type Al-Zn-Cu-Mg comprenant entre 4 et 12% de zinc, moins de 4% de magnésium
et moins de 4% de cuivre, éléments mineurs ≤ 0,5% chacun, le reste aluminium, ledit
procédé comprenant le laminage à chaud, la mise en solution, la trempe, la traction
contrôlée avec un allongement permanent supérieur à 0,5%, ainsi que le vieillissement,
caractérisé en ce que le délai D entre la fin de la trempe et le début de la traction contrôlée est inférieur
à 1 heure.
2. Procédé selon la revendication 1, dans lequel le délai D est inférieur à 30 minutes.
3. Procédé selon les revendications 1 ou 2, dans lequel ledit alliage est sélectionné
dans le groupe constitué par les alliages AA7010, 7050, 7056, 7449, 7075, 7475, 7150,
7175.
4. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 3, dans lequel ladite tôle a une
épaisseur comprise entre 40 et 80 mm.
5. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 3, dans lequel ladite tôle a une
épaisseur comprise entre 40 et 150 mm.
6. Tôle épaisse, d'épaisseur au moins 60 mm, en alliage de type Al-Zn-Cu-Mg comprenant
entre 4 et 12% de zinc, moins de 4% de magnésium et moins de 4% de cuivre, éléments
mineurs ≤ 0,5% chacun, le reste aluminium, laminée à chaud, mise en solution, trempée,
tractionnée avec un allongement permanent supérieur à 0,5%, vieillie,
caractérisée en ce que son énergie élastique totale est inférieure ou égale à

et
en ce que son énergie élastique totale est inférieure à 1,5 kJ/m
3.
7. Tôle selon la revendication 6, caractérisée en ce que son épaisseur est supérieure à 100 mm et son énergie élastique totale est inférieure
à 1,0 kJ/m3.
8. Lot de contrôle ou lot de traitement thermique de tôles épaisses dont l'épaisseur
nominale est comprise entre 40 et 100 mm en alliage de type AI-Zn-Cu-Mg comprenant
entre 4 et 12% de zinc, moins de 4% de magnésium et moins de 4% de cuivre, éléments
mineurs ≤ 0,5% chacun, le reste aluminium, à l'état mis en solution, trempé, tractionné
et vieilli, caractérisé en ce que l'énergie élastique totale W (exprimée en kJ/m3) des tôles montre un écart-type inférieur ou égal à 0,20 + 0,0030 (Rp0,2(L)[MPa] - 400) autour d'une valeur moyenne.
9. Lot de contrôle ou lot de traitement thermique de tôles épaisses selon la revendication
8, caractérisé en ce que ladite valeur moyenne de l'énergie élastique totale est inférieure à W [kJ/m3] = 0,54 + 0,013 (Rp0,2(L)[MPa]- 400).
10. Lot de contrôle ou lot de traitement thermique de tôles épaisses selon la revendication
9, caractérisé en ce que ladite valeur moyenne de l'énergie élastique totale est inférieure à 3 kJ/m3.
11. Lot de contrôle ou lot de traitement thermique selon la revendication 9 caractérisé en ce que ladite valeur moyenne de l'énergie élastique totale est inférieure à 2 kJ/m3, et préférentiellement inférieure à 1 kJ/m3.
12. Lot de contrôle ou lot de traitement thermique selon une quelconque des revendications
9 à 11, caractérisé en ce que les tôles sont en alliage sélectionné dans le groupe composé de AA7010, 7050, 7056,
7449, 7075, 7475, 7150, 7175.
13. Lot de contrôle ou lot de traitement thermique selon une quelconque des revendications
9 à 12, caractérisé en ce qu'il est constitué d'au moins 3 tôles et préférentiellement d'au moins 5 tôles.
14. Utilisation de tôles selon une quelconque des revendications 6 à 7 ou d'un lot de
contrôle ou d'un lot de traitement thermique de tôles selon une quelconque des revendications
8 à 14 pour la fabrication de pièces usinées.
1. Verfahren zur Herstellung dicker Bleche mit einer Dicke größer als 40 mm aus einer
Legierung vom Typ Al-Zn-Cu-Mg enthaltend 4 bis 12% Zink, weniger als 4% Magnesium
und weniger als 4% Kupfer, Nebenelemente jeweils ≤ 0,5%, Rest Aluminium, wobei das
Verfahren die Schritte Warmwalzen, Lösungsglühen, Abschrecken, kontrolliertes Ziehen
mit einer bleibenden Dehnung von mehr als 0,5% sowie Auslagern umfasst,
dadurch gekennzeichnet, dass die Zeitdauer D zwischen dem Ende des Abschreckens und dem Beginn des kontrollierten
Ziehens kleiner als 1 Stunde ist.
2. Verfahren nach Anspruch 1, bei dem die Zeitdauer D kleiner als 30 Minuten ist.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, bei dem die Legierung ausgewählt ist aus der Gruppe
bestehend aus den Legierungen AA7010, 7050, 7056, 7449, 7075, 7475, 7150, 7175.
4. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, bei dem das Blech eine Dicke im
Bereich von 40 bis 80 mm hat.
5. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, bei dem das Blech eine Dicke im
Bereich von 40 bis 150 mm hat.
6. Dickes Blech von mindestens 60 mm Dicke aus einer Legierung vom Typ Al-Zn-Cu-Mg enthaltend
4 bis 12% Zink, weniger als 4% Magnesium und weniger als 4% Kupfer, Nebenelemente
jeweils ≤ 0,5%, Rest Aluminium, welches Blech warmgewalzt, lösungsgeglüht, abgeschreckt,
mit einer bleibenden Dehnung von mehr als 0,5% gezogen und ausgelagert wurde,
dadurch gekennzeichnet, dass seine elastische Gesamtenergie kleiner oder gleich

ist, und dass seine elastische Gesamtenergie kleiner als 1,5 kJ/m
3 ist.
7. Blech nach Anspruch 6, dadurch gekennzeichnet, dass seine Dicke größer als 100 mm und seine elastische Gesamtenergie kleiner als 1,0
kJ/m3 ist.
8. Prüfungslos oder Wärmebehandlungslos von dicken Blechen mit einer Nenndicke von 40
bis 100 mm aus einer Legierung vom Typ Al-Zn-Cu-Mg enthaltend 4 bis 12% Zink, weniger
als 4% Magnesium und weniger als 4% Kupfer, Nebenelemente jeweils ≤ 0,5%, Rest Aluminium,
im lösungsgeglühten, abgeschreckten, gezogenen und ausgelagerten Zustand,
dadurch gekennzeichnet, dass die elastische Gesamtenergie W der Bleche, ausgedrückt in kJ/m
3, eine Standardabweichung kleiner oder gleich

um einen Mittelwert aufweist.
9. Prüfungslos oder Wärmebehandlungslos von dicken Blechen nach Anspruch 8, dadurch gekennzeichnet, dass der Mittelwert der elastischen Gesamtenergie kleiner als W [kJ/m3] = 0,54 + 0,013 (Rp0,2(L)[MPa] - 400) ist.
10. Prüfungslos oder Wärmebehandlungslos von dicken Blechen nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, dass der Mittelwert der elastischen Gesamtenergie kleiner als 3 kJ/m3 ist.
11. Prüfungslos oder Wärmebehandlungslos nach Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, dass der Mittelwert der elastischen Gesamtenergie kleiner als 2 kJ/m3 und vorzugsweise kleiner als 1 kJ/m3 ist.
12. Prüfungslos oder Wärmebehandlungslos nach irgendeinem der Ansprüche 9 bis 11, dadurch gekennzeichnet, dass die Bleche aus einer Legierung gefertigt sind, die ausgewählt ist aus der Gruppe
bestehend aus AA7010, 7050, 7056, 7449, 7075, 7475, 7150, 7175.
13. Prüfungslos oder Wärmebehandlungslos nach irgendeinem der Ansprüche 9 bis 12, dadurch gekennzeichnet, dass es aus mindestens 3 Blechen und vorzugsweise mindestens 5 Blechen besteht.
14. Verwendung von Blechen nach irgendeinem der Ansprüche 6 bis 7 oder eines Prüfungsloses
oder Wärmebehandlungsloses von Blechen nach irgendeinem der Ansprüche 8 bis 14 für
die Herstellung von Werkstücken.
1. Method for producing Al-Zn-Cu-Mg type alloy thick plates having a thickness greater
than 40 mm comprising between 4 and 12% zinc, less than 4% magnesium and less than
4% copper, minor elements ≤ 0.5% each, and the remainder aluminium, said method comprising
hot rolling, solution heat-treatment, quenching, controlled stretching with permanent
elongation greater than 0.5% and ageing,
characterised in that the elapsed time D between the end of quenching and the start of controlled stretching
is less than 1 hour.
2. Method according to claim 1, wherein the elapsed time D is less than 30 minutes.
3. Method according to claims 1 or 2, wherein said alloy is selected from the group consisting
of the alloys AA7010, 7050, 7056, 7449, 7075, 7475, 7150, 7175.
4. Method according to any of claims 1 to 3, wherein the thickness of said plate is between
40 and 80 mm.
5. Method according to any of claims 1 to 3, wherein the thickness of said plate is between
40 and 150 mm.
6. Al-Zn-Cu-Mg type alloy thick plate with a thickness of at least 60 mm comprising between
4 and 12% zinc, less than 4% magnesium and less than 4% copper, minor elements ≤ 0.5%
each, and the remainder aluminium, which is hot rolled, solution treated, quenched,
stretched with a permanent elongation greater than 0.5%, aged,
characterised in that its total elastic energy is less than or equal to

and
in that its total elastic energy is less than 1.5 kJ/m
3.
7. Plate according to claim 6, characterised in that its thickness is greater than 100 mm and its total elastic energy is less than 1.0
kJ/m3.
8. Inspection lot or heat treatment batch of Al-Zn-Cu-Mg type alloy thick plates with
a nominal thickness of the plates between 40 and 100 mm comprising between 4 and 12%
zinc, less than 4% magnesium and less than 4% copper, minor elements ≤ 0.5% each,
the remainder aluminium, in a solution-treated, quenched, stretched and aged temper,
characterised in that the total elastic energy W (expressed in kJ/m
3) of the plates displays a standard deviation less than or equal to

around an average value.
9. Inspection lot or heat treatment batch of thick plates according to claim 8, characterised in that said average total elastic energy value is less than W [kJ/m3] = 0.54 + 0.013 (Rp0.2(L) [MPa]- 400).
10. Inspection lot or heat treatment batch of thick plates according to claim 9, characterised in that said average total elastic energy value is less than 3 kJ/m3.
11. Inspection lot or heat treatment batch according to claim 9 characterised in that said average total elastic energy value is less than 2 kJ/m3, and preferentially less than 1 kJ/m3.
12. Inspection lot or heat treatment batch according to any of claims 9 to 11, characterised in that the plates are made of alloy selected from the group consisting of AA7010, 7050,
7056, 7449, 7075, 7475, 7150, 7175.
13. Inspection lot or heat treatment batch according to any of claims 9 to 12, characterised
that it consists of at least 3 plates and preferentially at least 5 plates.
14. Use of plates according to any of claims 6 to 7 or of a heat treatment batch of plates
according to any of claims 8 to 14 for the production of machined components.