[0001] L'invention se rapporte au domaine des chaussures de ski de fond.
[0002] Par ski de fond, on entend non seulement le ski de fond mais aussi ses dérivés directs
que sont la randonnée nordique et le « back-country » qui mettent en oeuvre des dispositifs
similaires, mais dans lesquels les dispositifs de fixation sont simplement dimensionnés
plus généreusement pour supporter des efforts plus importants, et dans lesquels les
chaussures sont généralement plus chaudes mais plus montantes. Ces sports de ski se
distinguent du ski alpin ou du ski Telemark par le fait qu'ils se pratiquent dans
des terrains peu accidentés et qu'ils permettent l'utilisation de chaussures à semelle
flexible.
[0003] Le document
EP-913.103 décrit une semelle pour une chaussure de sport, notamment de ski de fond, qui comporte
deux organes pour sa liaison à un dispositif de fixation sur un ski de fond. Dans
les exemples illustrés dans ce document, chacun des organes de liaison est ancré dans
la semelle de manière indépendante. Ils comportent pour cela chacun des portions d'ancrage
sur lesquelles la semelle est surmoulée directement. Ce système d'ancrage fonctionne
parfaitement dans la mesure où le matériau utilisé pour la réaliser la semelle présente
de bonnes caractéristiques mécaniques, notamment en termes de contraintes de rupture
en traction, ceci pour éviter l'arrachement des organes de liaison en cours d'utilisation.
Ainsi, ce système d'ancrage fonctionne parfaitement avec des matériaux qui possèdent
une contrainte de rupture en traction supérieure à environ 30-35 MPa.
[0004] Avec des matériaux moins performants (mais par exemple moins coûteux, plus facile
à mettre en oeuvre, et/ou présentant de meilleures caractéristiques d'adhérence),
le risque d'arrachement des organes de liaison devient trop important.
[0005] Le document
US-4.907.353 décrit une solution qui permet d'éviter tout risque d'arrachement du moyen de liaison.
Le moyen de liaison est ancré dans une pièce d'ancrage massive en matériau résistant,
laquelle pièce est ensuite surmoulée par le matériau de la semelle.
[0006] Une autre solution est décrite dans le document
FR-2.645.038 dans laquelle on voit que le moyen de liaison est fixé sur une pièce d'ancrage en
forme de plaque métallique sur laquelle le matériau de la semelle est surmoulé.
[0007] Les solutions décrites dans ces deux documents sont intéressantes mais ne sont pas
transposables au cas d'une semelle avec deux organes de liaisons. En effet, comme
le montre le document
EP-913.103 cité plus haut, l'homme du métier cherche, pour la réalisation d'une chaussure de
ski de fond, à préserver la plus grande flexibilité possible pour la semelle dans
sa position correspondant à la zone articulation métatarsophalangienne du pied de
l'utilisateur, ainsi qu'en avant de cette zone jusqu'à l'extrémité avant de la semelle.
Cette flexibilité est nécessaire pour garantir un bon déroulé de la chaussure. Les
solutions décrites plus haut sont donc valables lorsque le moyen de liaison est ancré
à l'extrémité avant de la semelle, mais ne le seraient pas si elles étaient directement
transposées à l'ancrage d'un organe de liaison situé plus en arrière, notamment dans
le zone métatarsophalangienne ou légèrement en avant de celle-ci.
[0008] L'invention a donc pour but de proposer une nouvelle conception de la semelle qui
permet d'assurer un ancrage fiable des organes de liaison, sans rigidifier outre mesure
la semelle dans la partie de la semelle dans laquelle les organes de liaison sont
ancrés.
[0009] Dans ce but, l'invention propose une semelle flexible de chaussure de ski de fond
comportant au moins deux organes de liaison pour sa liaison à un dispositif de fixation,
ces organes de liaison comportant des portions d'ancrage dans la semelle, caractérisée
en ce que les organes de liaison sont fixés sur une pièce d'ancrage commune qui est
solidarisée à la semelle, en ce que la pièce d'ancrage comporte deux zones d'ancrage,
chaque organe de liaison étant fixé sur l'une des dites zone d'ancrage, et en ce que
en la pièce d'ancrage comporte une zone centrale qui s'étend entre les deux zone d'ancrages
et qui est flexible de manière à permettre, lors de l'utilisation de la chaussure,
une flexion de la section de la semelle dans laquelle la pièce d'ancrage est solidarisée.
[0010] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront à la lecture de
la description détaillée qui suit, ainsi qu'à la vue des dessins annexés dans lesquels
:
- la figure 1 est une vue schématique en perspective, de dessous, d'une semelle pour
une chaussure de ski de fond, la tige de la chaussure étant illustrée en traits mixtes
;
- la figure 2 est une vue de dessous de la semelle de la figure 1,
- la figure 3 est une vue en coupe par un plan longitudinal d'une chaussure munie d'une
semelle selon l'invention, la chaussure étant liée à un dispositif pour sa fixation
sur un ski de fond, la chaussure étant dans une position à plat sur le ski ;
- la figure 4 est une vue similaire à celle de la figure 3, dans laquelle la chaussure
est dans une position soulevée ;
- les figures 5 et 6 sont des vues en perspective, respectivement de dessus et de dessous,
de la pièce d'ancrage surmoulée sur les deux organes de liaison ;
- les figures 7 et 8 sont des vues en coupe par un plan longitudinal qui illustrent,
de manière schématique et exagérée, la déformation de la pièce d'ancrage en cours
d'utilisation de la chaussure ;
- la figure 9 est une vue en coupe selon la ligne IX-IX de la figure 3.
[0011] L'invention va être décrite dans le cadre d'un dispositif de fixation de ski de fond
12 assurant la retenue de l'extrémité avant d'une chaussure de ski de fond 10 dont
l'extrémité arrière reste libre de se soulever.
[0012] La chaussure illustrée sur les figures 1 et 2 comporte une semelle 14 dans laquelle
sont ancrés deux organes de liaisons 16, 18 qui sont agencées dans la semelle 14 de
manière à affleurer en dessous de celle-ci.
[0013] Ainsi, chaque organe de liaison 16, 18 comporte une barrette cylindrique de révolution
20, 21 agencée en travers d'une rainure longitudinale 22 de section transversale progressive
aménagée dans la face inférieure de la semelle 14. La barrette avant 16 est par exemple
située au voisinage de l'extrémité avant de la semelle et la barrette arrière 18 est
décalée vers l'arrière d'une distance définie pour être agencée au niveau ou en avant
d'une zone de la chaussure correspondant à la zone de flexion métatarsophalangienne
du pied de l'utilisateur. De préférence, cette barrette arrière 21 est reculée au
plus à la limite arrière du premier tiers en longueur de la chaussure, ce qui constitue
la limite arrière extrême de la zone d'articulation métatarsophalangienne. Cette disposition
des organes de liaison est particulièrement appréciée en ski de fond car elle permet,
avec une chaussure à semelle flexible, de conserver une flexion de la chaussure correspondant
à celle du pied.
[0014] Dans l'exemple illustré, les barrettes avant et arrière ont une section circulaire.
Cependant, l'invention pourrait aussi être mise en oeuvre avec des organes de liaison
présentant une autre géométrie ou une autre configuration, par exemple des barrettes
de section non circulaire, des crochets, des becs, etc....
[0015] Dans l'exemple décrit, et tel que cela est montré plus particulièrement aux figures
3 et 4, la barrette 20 de l'organe de avant 16 est destinée à coopérer, de façon connue
en soi, avec un mécanisme de verrouillage 24 comportant une mâchoire mobile 26, en
forme de crochet, et un bord transversal 28 constituant une mâchoire fixe, pour le
verrouillage rotatif de la chaussure sur le ski 11. Une fois verrouillée dans le système
de verrouillage, la barrette de l'organe de liaison avant 16 peut pivoter librement
à l'intérieur de la mâchoire 26, assurant donc une fixation articulée de l'extrémité
avant de la chaussure 10. Le principe de fonctionnement du mécanisme de verrouillage
24 est ici parfaitement connu de l'art antérieur, par exemple du document
FR 2 634 132 au nom de la demanderesse, et peut être soit à fermeture manuelle, soit à fermeture
en verrouillage automatique. Un exemple d'un tel mécanisme de verrouillage est mis
en oeuvre dans les systèmes commercialisés par la demanderesse sous la dénomination
commerciale « SNS », et il ne sera pas décrit dans le détail, sachant que l'invention
pourra être mise en oeuvre avec d'autres types de mécanismes de verrouillage.
[0016] La barrette 21 de l'organe de liaison arrière 18 est destinée à permettre la liaison
de la chaussure avec un système de rappel élastique intégré à une arête de guidage
30 du dispositif. L'arête de guidage 30, qui s'étend longitudinalement vers l'arrière,
présente de préférence un profil en section correspondant à celui de la rainure 22.
Bien entendu toute forme de section transversale de l'arête 30 et de la rainure 22
est possible Le système de rappel élastique est par exemple identique à celui décrit
dans le document
EP-768.103 au nom de la demanderesse. Il comporte ainsi une biellette 32 comportant une extrémité
avant en forme de crochet 34 (destiné à venir s'accrocher sur la barrette arrière
21 de la chaussure 10), et une extrémité arrière liée à l'embase de manière à pouvoir
coulisser longitudinalement et pivoter autour d'un axe transversal. Des organes de
rappel élastique 36 tendent à ramener la biellette 32 dans la position de repos illustrée
à la figure 3. De la sorte, lorsque le talon de la chaussure est soulevé tel qu'illustré
à la figure 4, par pivotement de la chaussure 10 autour de sa barrette avant 20, la
biellette 32, accrochée sur la barrette arrière 21 de la chaussure, peut suivre le
déplacement vers le haut et vers l'avant de la barrette arrière 21, tout en exerçant
sur celle-ci un effort de rappel qui tend à ramener la semelle 14 de la chaussure
10 vers la face supérieure du ski 11.
[0017] L'invention pourra aussi être mise en oeuvre pour d'autres dispositifs de fixation,
par exemple pour un dispositif de fixation du type de ceux décrits dans le document
EP-1.440.713, ou d'autres encore, par exemple des dispositifs au moins partiellement intégré dans
le ski.
[0018] Comme on peut le voir sur les figures 1 et 2, la rainure 22 de la semelle 14 est
délimitée transversalement par des blocs crampons 38 qui sont disposés de part et
d'autre de la rainure 22 et qui font saillie vers le bas à partir d'une face inférieure
42 de la semelle qui définit également le fond de la rainure 22. Les blocs crampons
38 présentent ainsi des faces latérales internes en vis-à-vis 40 qui forment les faces
latérales de la rainure 22. Les blocs crampons 38, qui sont avantageusement réalisés
d'une seule pièce avec la semelle, sont traversés par des fentes, notamment par des
fentes d'orientation sensiblement transversales 44 qui préservent la flexibilité de
la semelle pour suivre le déroulé du pied. On note que l'une des fentes 44 est agencée
entre les deux organes de liaison 16, 18 pour préserver la flexibilité de la semelle,
y compris dans cette zone.
[0019] Selon l'invention, l'ancrage des organes de liaison 16, 18 utilise une pièce d'ancrage
46 commune aux deux organes de liaison. Un exemple de réalisation de la pièce d'ancrage
46 est plus particulièrement visible sur les figures 5 et 6.
[0020] Dans l'exemple illustré, les deux organes de liaison 16, 18 présentent la même géométrie.
Ainsi, pour chacun, la barrette transversale 20, 21 est prolongée à ses deux extrémités
par une branche latérale 48 orientée selon une direction sensiblement perpendiculaire
(ou selon un même angle par rapport à la barrette transversale, par exemple selon
une configuration sensiblement en Vé), et chaque branche 48 comporte une extrémité
recourbée 50, elle aussi à la perpendiculaire, et en direction de l'autre branche
de telle sorte que les extrémités recourbées 50 des branches 48 d'un même organe de
liaison sont orientées sensiblement selon le même axe, en se faisant face. Dans cet
exemple de réalisation, chaque organe de liaison s'étend donc sensiblement dans un
plan, et il comprend une tige d'acier cylindrique de révolution mise en forme par
pliage.
[0021] Dans l'exemple illustré, la pièce d'ancrage présente une forme de plaque sensiblement
rectangulaire dont les quatre coins sont surmoulés chacun sur une extrémité recourbée
de l'une des branches latérales de deux organes de liaison. En effet, la pièce d'ancrage
46 est ici réalisée par moulage en matière plastique en une seule pièce monobloc.
La pièce d'ancrage présente ainsi un bord avant 52, un bord arrière 54, et deux bords
latéraux 56. Les deux coins du bord avant qui sont surmoulés sur l'organe de liaison
avant forment donc une zone d'ancrage 58 avant pour l'organe de liaison avant. De
manière similaire, les deux coins du bord arrière qui sont surmoulés sur l'organe
de liaison arrière forment donc une zone d'ancrage arrière 60 pour l'organe de liaison
arrière 18.
[0022] On remarque que les zones d'ancrage 58, 60 recouvrent toute l'extrémité recourbée
50 et redescendent légèrement le long de la partie supérieure de la branche latérale
48 correspondante. Ces zones d'ancrage 58, 60 de la pièce d'ancrage 46 ont, par leur
construction surmoulée, une forme qui dépend de la forme des extrémités recourbées
50 des organes de liaison. De même, dans le détail, on remarque que le bord avant
52 et le bord arrière 54 de la pièce d'ancrage 46 débordent légèrement, respectivement
vers l'avant et vers l'arrière, par rapport aux extrémités recourbées des organes
de liaison respectivement avant 16 et arrière 18. Le débord du bord avant est légèrement
plus important que celui du bord arrière. Ces débords permettent d'augmenter la surface
d'ancrage de la pièce d'ancrage dans le matériau de la semelle. Cependant, on aurait
pu prévoir que les débords soient équivalents à l'avant et à l'arrière, ou même qu'il
n'y ait pas de débord. De manière générale, la pièce d'ancrage pourrait avoir une
toute autre forme que celle illustrée dans les dessins.
[0023] Avantageusement, chaque organe de liaison 16, 18 est implanté avec son plan orienté
à environ 45 degrés par rapport à l'orientation générale de la pièce d'ancrage en
forme de plaque. L'organe de liaison avant 16 est orienté vers le haut d'avant en
arrière, tandis que l'organe de liaison arrière 18 est orienté vers le bas d'avant
en arrière. Il en résulte que, pour un écartement longitudinal de 50 mm entre les
barrettes avant 20 et arrière 21 (qui forment les parties actives des organes de liaisons
16,18), l'écartement des zones d'ancrage de la pièce intermédiaire n'est que de l'ordre
de 25 mm. En comptant la présence des débords des bords avant et arrière par rapport
aux zones d'ancrage, la longueur totale de la pièce d'ancrage 46, pour un écartement
de 50 mm des barrettes 20, 21 au repos, n'est donc que de l'ordre de 40 mm. Ainsi,
la disposition inclinée des organes de liaison, en permettant de réduire la longueur
de la pièce d'ancrage, permet de réduire l'impact négatif de la pièce d'ancrage sur
la capacité de flexion de la semelle.
[0024] Entre ces deux zones d'ancrage 58, 60, la pièce d'ancrage 46 présente une zone centrale
62 qui, dans l'exemple illustré, est une simple plaque. La plaque centrale 62 est
toutefois percée par endroits, en l'occurrence percée de quatre trous traversants
64. Comme cela ressort des figures 3, 4 et 9, la pièce d'ancrage 46 est destinée à
être noyée dans la semelle.
[0025] La semelle 14 est par exemple une semelle monobloc sur la longueur de la chaussure
(mais l'invention pourrait être mise en oeuvre dans une semelle en plusieurs parties,
par exemple avec une partie avant flexible et une partie arrière rigide, tel que décrit
dans le document
EP-787.440) et elle est par exemple réalisée à l'aide d'un matériau à base de caoutchouc synthétique
thermoplastique. Le matériau envisagé présente une contrainte de rupture en traction
de l'ordre de 12 MPa. La mise en forme de la semelle 14 se fait par moulage par injection.
De ce fait, il est bien entendu avantageux de prévoir que la pièce d'ancrage soit
solidarisée à la semelle par surmoulage de la semelle autour de la pièce d'ancrage,
de telle sorte que la pièce d'ancrage se trouve noyée dans la semelle. Cependant,
d'autres moyens de solidarisation de la pièce d'ancrage peuvent être envisagés, comme
par exemple le collage, le soudage, le rivetage, etc...
[0026] Avantageusement, les deux organes de liaisons 16, 18 sont fixés à la pièce d'ancrage
46 préalablement à la réalisation de la semelle. Aussi lors du moulage de la semelle,
il n'y a pas deux composants à mettre en place et à maintenir dans le moule d'injection
de la semelle, mais un seul formé par l'ensemble de la pièce d'ancrage et des deux
organes de liaison. Cela simplifie donc l'opération de moulage de la semelle.
[0027] Comme on le voit plus particulièrement à la figure 9, il est prévu que l'intégralité
de cet ensemble est noyée dans le matériau de la semelle, à l'exception des barrettes
transversales 20, 21 des organes de liaison. On remarque ainsi que les branches latérales
48 des organes de liaison s'étendent à l'intérieur des blocs crampons 38. La pièce
d'ancrage n'est donc pas apparente à l'extérieur. Ainsi, seules les barrettes transversales
sont apparentes, s'étendant en travers de la rainure 22 en joignant les deux face
latérales en vis-à-vis 40 des blocs crampons 38. On remarque de plus que les trous
traversants 64 de la zone centrale de la pièce d'ancrage sont remplis par la matière
de la semelle, ce qui facilite l'écoulement de la matière lors du moulage et augmente
la tenue mécanique de la liaison réalisée entre la pièce d'ancrage et la semelle 14
par le surmoulage.
[0028] On pourrait bien entendu toutefois prévoir que la pièce d'ancrage soit au moins en
partie apparente à l'extérieure de la semelle, notamment dans les cas où elle ne serait
pas solidarisée à la semelle par surmoulage.
[0029] Selon l'invention, la pièce d'ancrage est conçue de telle manière qu'elle ne bloque
pas la flexion de la semelle 14 lorsque, en cours d'utilisation, l'utilisateur fléchit
le pied en appui. Cette situation se trouve notamment lors de la phase de poussée.
[0030] Pour ce faire, il est prévu que la zone centrale 62 de la pièce d'ancrage 46 ait
une géométrie telle que, en fonction de rigidité de son matériau, elle puisse fléchir
sous les efforts rencontrés. De nombreuses combinaisons de géométrie/matériaux sont
possibles pour arriver à ce résultat. De manière générale, des matériaux présentant
un module de flexion utile inférieur à 6000 MPa, mais plus préférentiellement inférieur
à 4000 MPa, doivent pouvoir convenir à la réalisation de la plaque centrale 62, surtout
si celle-ci présente une faible épaisseur.
[0031] Cependant, la pièce d'ancrage 46 doit aussi répondre à une autre fonction, contradictoire
avec la précédente, qui est qu'elle doit assurer un ancrage fiable des organes de
liaison 16, 18. Autrement dit, les zones d'ancrage 58, 60 de la pièce d'ancrage ne
doivent pas casser sous l'effet des efforts transmis aux organes de liaisons lors
de l'utilisation de la chaussure. Cela sera d'autant plus critique que le matériau
de la semelle est un matériau à faible résistance mécanique, par exemple présentant
une contrainte de rupture à la traction inférieure à 30 MPa, voire même inférieure
à 20 MPa. Divers essais ont montré qu'un matériau ayant une contrainte de rupture
à la traction supérieure à 50 MPa permettait d'obtenir la solidité requise pour les
zones d'ancrage.
[0032] On comprend donc que les zones d'ancrage 58, 60 et la zone centrale 62 de la pièce
d'ancrage 46 doivent répondre à des caractéristiques de résistance mécaniques contradictoires.
[0033] Un mode de réalisation de l'invention pourrait donc conduire à ce que la pièce d'ancrage
soit réalisée en plusieurs parties, avec un matériau particulièrement résistant pour
les zones d'ancrage et un matériau particulièrement souple pour la zone centrale.
Cependant, une telle solution est bien entendu plus onéreuse.
[0034] Dans l'exemple illustré, la pièce d'ancrage est donc monobloc, réalisée en une seule
pièce avec un seul matériau. Un matériau présentant un bon compromis a été défini
en prévoyant que la pièce d'ancrage soit réalisée en polyamide 6 chargée en fibres
de verre à hauteur de 15%. Une pièce complète réalisée en ce matériau avec une épaisseur
de paroi sensiblement constante dans la zone centrale 62 et dans les zones d'ancrage
58, 60, épaisseur comprise entre 1 et 2,5 mm, a donné de bons résultats tant en capacité
de flexion qu'en tenue des organes de liaison à l'arrachement.
[0035] Implantée dans une semelle réalisée en caoutchouc synthétique thermoplastique, on
a pu observer que, dans des conditions représentatives des conditions d'utilisation,
la pièce d'ancrage 46 (et plus particulièrement sa zone centrale 62) pouvait se déformer
de la manière globalement indiquée aux figures 7 et 8, figures dans lesquelles la
déformation à été volontairement exagérée pour illustrer le propos.
[0036] Ainsi, entre une configuration au repos, tel qu'illustré à la figure 7, et une configuration
sous effort illustrée à la figure 8, on observe un déplacement relatif entre les deux
organes de liaison 16, 18. Par exemple l'angle entre les plans moyens des deux organes
de liaison (angle mesuré dans un plan longitudinal et vertical) peut passer d'une
valeur A (de l'ordre de 90 degrés dans l'exemple) à une valeur A' (en l'occurrence
de l'ordre de 95 à 100 degrés) correspondant à un déplacement relatif dont la composante
de décalage en rotation est de l'ordre de 5 à 10 degrés.
1. Semelle flexible de chaussure de ski de fond comportant au moins deux organes de liaison
(, 16, 18) pour sa liaison à un dispositif de fixation, ces organes de liaison comportant
des portions d'ancrage (48, 50) dans la semelle (14),
caractérisée en ce que les organes de liaison sont fixés sur une pièce d'ancrage commune (46) qui est solidarisée
à la semelle (14), en ce que la pièce d'ancrage comporte deux zones d'ancrage (58, 60), chaque organe de liaison
étant fixé sur l'une des dites zone d'ancrage, et en ce que en la pièce d'ancrage comporte une zone centrale (62) qui s'étend entre les deux
zone d'ancrages et qui est flexible de manière à permettre, lors de l'utilisation
de la chaussure, une flexion de la section de la semelle dans laquelle la pièce d'ancrage
est solidarisée.
2. Semelle selon la revendication 1, caractérisée en ce que la flexion, lors de l'utilisation de la chaussure, de la section de la semelle (14)
dans laquelle la pièce d'ancrage (46) est solidarisée, entraîne un déplacement relatif
des deux organes de liaison (16, 18).
3. Semelle selon la revendication 2, caractérisée en ce que le déplacement relatif des deux organes de liaison (16, 18) correspond à un décalage
angulaire relatif d'au moins 5 degrés des deux organes de liaison.
4. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la zone centrale (62) de la pièce d'ancrage (46) est réalisée sous la forme d'une
plaque de faible épaisseur.
5. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que les zones d'ancrage (58, 60) sont disposées à proximité des deux extrémités longitudinales
de la pièce d'ancrage (46), la zone (62) centrale s'étendant longitudinalement entre
les deux zones d'ancrage.
6. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes caractérisée en ce que la pièce d'ancrage (46) est réalisée en matière(s) plastique(s).
7. Semelle selon la revendication 6, caractérisée en ce qu'au moins un des organes de liaison (16, 18), ou les deux, est fixé sur la pièce d'ancrage
(46) par surmoulage de la pièce d'ancrage en matière plastique sur des portions d'ancrage
(48, 50) des organes de liaison.
8. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'au moins la zone centrale (62) de la pièce d'ancrage (46) est réalisée en un matériau
dont le module de flexion est inférieur à 6000 MPa, préférentiellement inférieur à
4000 MPa.
9. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'au moins les zones d'ancrage (58, 60) de la pièce d'ancrage (46) sont réalisées en
matériau dont la contrainte de rupture en traction est supérieure à 50 Mpa.
10. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'au moins un des deux organes de liaison (16, 18) comporte une portion active (20,
21) dépassant à l'extérieur du matériau de la semelle (14).
11. Semelle selon la revendication 10, caractérisée en ce que la portion active (20, 21) de l'organe de liaison (16, 18) comporte une barrette
transversale.
12. Semelle selon l'une quelconque des revendications 7 à 11, caractérisée en ce que l'organe de liaison (16, 18) comporte deux branches latérales (48) qui présentent
des extrémités recourbées (50) sur lesquelles la pièce d'ancrage (46) est solidarisée.
13. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que les deux organes de liaison (16, 18) sont agencés dans une partie de la semelle comprise
entre l'extrémité avant de la semelle et la zone de la semelle correspondant à l'articulation
métatarsophalangienne du pied d'un utilisateur.
14. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle est réalisée en matériau dont la contrainte de rupture en traction est inférieure
à 30 MPa.
15. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle est réalisée en matériau à base de caoutchouc synthétique.
16. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la pièce d'ancrage est solidarisée à la semelle par surmoulage de la semelle autour
de la pièce d'ancrage.
17. Semelle selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que chaque organe de liaison (16, 18) comporte une partie active (20,21), et en ce que les parties actives (20, 21) des deux organes de liaisons sont distantes, au repos,
de 50 mm.
18. Chaussure de ski de fond, caractérisée en ce qu'elle comporte une semelle (14) selon l'une quelconque des revendications précédentes.