[0001] L'invention concerne la fabrication de tôles laminées à chaud et à froid d'aciers
austénitiques fer-carbone-manganèse présentant de très hautes caractéristiques mécaniques,
et notamment une résistance mécanique élevée combinée à une excellente résistance
à la fissuration différée.
[0002] On sait que certaines applications, notamment dans le domaine automobile, requièrent
un allègement et une résistance accrus des structures métalliques en cas de choc ainsi
qu'une bonne aptitude à l'emboutissage : Ceci nécessite l'emploi de matériaux structuraux
combinant une résistance élevée à la rupture et une grande aptitude à la déformation.
Pour répondre à ces besoins, le brevet
FR 2 829 775 divulgue par exemple des alliages austénitiques ayant pour éléments principaux :
fer-carbone (jusqu'à 2%) manganèse (entre 10 et 40%) susceptibles d'être laminés à
chaud ou à froid, présentant une résistance susceptible d'excéder 1200MPa. Le mode
de déformation de ces aciers ne dépend que de l'énergie de défaut d'empilement : pour
une énergie de défaut d'empilement suffisamment élevée, on observe un mode de déformation
mécanique par maclage, ce qui permet d'obtenir une grande capacité d'écrouissage.
En faisant obstacle à la propagation des dislocations, les macles participent à l'augmentation
de la limite d'écoulement. Cependant, lorsque l'énergie de défaut d'empilement excède
un certain seuil, le glissement des dislocations parfaites devient le mécanisme de
déformation dominant et la capacité d'écrouissage est moindre. Le brevet précité divulgue
donc des nuances d'acier Fe-C-Mn dont l'énergie de défaut d'empilement est telle qu'un
écrouissage important est observé, allié à une résistance mécanique très élevée.
[0003] Or on sait que la sensibilité à la fissuration différée augmente avec la résistance
mécanique, en particulier après certaines opérations de mise en forme à froid puisque
des contraintes résiduelles importantes sont susceptibles de subsister après déformation.
En combinaison avec de l'hydrogène atomique éventuellement présent dans le métal,
ces contraintes sont susceptibles de conduire à une fissuration différée, c'est-à-dire
intervenant un certain temps après la déformation elle-même. L'hydrogène peut s'accumuler
progressivement par diffusion dans les défauts du réseau cristallin comme les interfaces
matrice/inclusion, les joints de macle et les joints de grains. C'est dans ces derniers
que l'hydrogène peut devenir nocif lorsqu'il atteint une concentration critique après
un certain temps. Ce délai résulte du champ de répartition des contraintes résiduelles
et de la cinétique de diffusion de l'hydrogène, le coefficient de diffusion de l'hydrogène
à température ambiante étant faible, plus particulièrement dans les alliages à structure
austénitique où le parcours moyen par seconde de cet élément est de l'ordre de 0,03
micromètres. De plus, l'hydrogène localisé aux joints de grains affaiblit leur cohésion
et favorise l'apparition de fissures intergranulaires différées.
[0004] II existe donc un besoin de disposer d'aciers laminés à chaud ou à froid présentant
simultanément une résistance élevée et une grande ductilité, alliées à une très haute
résistance à la rupture différée.
[0005] Il existe également un besoin de disposer de tels aciers dans des conditions économiques,
c'est-à-dire avec des conditions de fabrication compatibles avec les impératifs de
productivité des lignes industrielles existantes, ainsi qu'avec des coûts acceptables
pour ce type de produits. On sait en particulier qu'il est possible de réduire significativement
la teneur en hydrogène par des traitements thermiques spécifiques de dégazage. Outre
leur coût additionnel, les conditions thermiques de ces traitements conduisent éventuellement
à un grossissement du grain ou à une précipitation de cémentite dans ces aciers, parfois
incompatible avec les exigences en termes de propriétés mécaniques. Le but de l'invention
est donc de disposer d'une tôle ou d'un produit d'acier laminé à chaud ou à froid
de fabrication économique, présentant une résistance supérieure à 900 MPa, un allongement
à rupture supérieur à 50%, particulièrement apte à la mise en forme à froid et présentant
une très haute résistance à la fissuration différée, sans nécessité particulière de
traitement thermique spécifique de dégazage.
[0006] A cet effet, l'invention a pour objet une tôle en acier austénitique fer-carbone-manganèse,
dont la composition chimique comprend, les teneurs étant exprimées en poids : 0,45%
≤ C ≤ 0,75%, 15%≤ Mn ≤ 26%, Si ≤ 3%, Al ≤ 0,050%, S ≤ 0,030%, P≤ 0,080%, N ≤ 0,1%,
au moins un élément métallique choisi parmi le vanadium, le titane, le niobium, le
chrome, le molybdène : 0,050% ≤V ≤ 0,50%, 0,040% ≤Ti ≤ 0,50%, 0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%,
0,070% ≤Cr ≤ 2 %, 0,14%≤Mo ≤ 2% et à titre optionnel un ou plusieurs éléments choisis
parmi 0,0005% ≤B ≤ 0,003%, Ni ≤ 1%, Cu ≤ 5%, le reste de la composition étant constitué
de fer et d'impuretés inévitables résultant de l'élaboration, la quantité d'éléments
métalliques sous forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités étant
: 0,030% ≤V
p ≤ 0,150%, 0,030%≤Ti
p ≤ 0,130%, 0,040% ≤ Nb
p ≤ 0,220%, 0,070% ≤Cr
p≤ 0,6%, 0,14%≤Mo
p ≤ 0,44%.
[0007] Préférentiellement, la composition de l'acier comprend : 0,50% ≤ C ≤ 0,70% Selon
un mode préféré, la composition de l'acier comprend : 17% ≤ Mn ≤ 24%
[0008] Selon un mode préféré, la composition de l'acier comprend 0,070% ≤V ≤ 0,40 %, la
quantité de vanadium sous forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités
étant 0,070%≤ V
p ≤0,140%
[0009] A titre préférentiel, la composition de l'acier comprend 0,060% ≤Ti ≤ 0,40%, la quantité
de titane sous forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités étant :
0,060%≤ Ti
p ≤ 0,110%
[0010] La composition de l'acier comprend avantageusement 0,090% ≤Nb ≤ 0,40%, la quantité
de niobium sous forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités étant :
0,090% ≤Nb
p ≤ 0,200%
[0011] De préférence, la composition de l'acier comprend 0,20% ≤Cr≤ 1,8%, la quantité en
chrome sous forme de carbures précipités étant 0,20%≤ Cr
p ≤ 0,5%
[0012] Préférentiellement, la composition de l'acier comprend 0,20% ≤Mo ≤1,8%, la quantité
en molybdène sous forme de carbures précipités étant 0,20%≤ Mo
p ≤ 0,35%
[0013] Selon un mode préféré, la taille moyenne des précipités est comprise entre 5 et 25
nanomètres, et plus préférentiellement entre 7 et 20 nanomètres Avantageusement, au
moins 75% de la population desdits précipités se trouve située en position intragranulaire
[0014] L'invention a également pour objet un procédé de fabrication d'une tôle laminée à
froid en acier austénitique fer-carbone-manganèse selon lequel on approvisionne un
acier dont la composition chimique comprend, les teneurs étant exprimées en poids
:
[0015] 0,45% ≤ C ≤ 0,75%, 15%≤ Mn ≤ 26%, Si ≤ 3%, Al ≤ 0,050%, S ≤ 0,030%, P≤ 0,080%, N
≤ 0,1%, au moins un élément métallique choisi parmi le vanadium, le titane, le niobium,
le chrome, le molybdène : 0,050% ≤V ≤ 0,50%, 0,040% ≤Ti ≤ 0,50%, 0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%,
0,070% ≤Cr ≤ 2 %, 0,14% ≤Mo ≤ 2%, et à titre optionnel un ou plusieurs éléments choisis
parmi 0,0005% ≤B ≤ 0,003%, Ni ≤ 1%, Cu ≤ 5%, le reste de la composition étant constitué
de fer et d'impuretés inévitables résultant de l'élaboration, on procède à la coulée
d'un demi-produit à partir de cet acier, on porte ce demi-produit à une température
comprise entre 1100 et 1300°C, on lamine à chaud ce demi-produit jusqu'à une température
de fin de laminage supérieure ou égale à 890°C, on bobine la tôle obtenue à une température
inférieure à 580°C, on lamine à froid la tôle et on effectue un traitement thermique
de recuit comprenant une phase de chauffage avec une vitesse de chauffage Vc, une
phase de maintien à une température Tm pendant un temps de maintien tm, suivie d'une
phase de refroidissement à une vitesse de refroidissement Vr, suivie optionnellement
d'une phase de maintien à une température Tu pendant un temps de maintien t
u, les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, t
u étant ajustés pour obtenir la quantité d'éléments métalliques précipités mentionnée
ci-dessus.
[0016] Selon un mode préféré, les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, t
u sont ajustés de telle sorte que la taille moyenne des précipités de carbures, nitrures
ou de carbonitrures après le recuit soit comprise entre 5 et 25 nanomètres, et préférentiellement
entre 7 et 20 nanomètres.
[0017] Les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, t
u sont ajustés avantageusement de telle sorte qu'au moins 75% de la population des
précipités après le recuit se trouve située en position intragranulaire.
[0018] Selon un mode préféré, on approvisionne un acier dont la composition chimique comprend
0,050% ≤V ≤ 0,50%, on lamine à chaud le demi-produit jusqu'à une température de fin
de laminage supérieure ou égale à 950°C, on bobine la tôle à une température inférieure
à 500°C, on lamine à froid la tôle avec un taux de réduction supérieur à 30%, on effectue
un traitement thermique de recuit avec une vitesse de chauffage Vc comprise entre
2 et 10°C/s, à une température Tm comprise entre 700 et 870°C pendant un temps compris
entre 30 et 180 s, et on refroidit la tôle à une vitesse comprise entre 10 et 50°C/s.
[0019] La vitesse de chauffage Vc est préférentiellement comprise entre 3 et 7°C/s. Selon
un mode préféré, la température de maintien Tm est comprise entre 720 et 850°C.
[0020] La coulée du demi-produit est avantageusement effectuée sous forme de coulée de brames
ou de bandes minces entre cylindres d'acier contra-rotatifs. L'invention a également
pour objet l'utilisation d'une tôle d'acier austénitique décrite ci-dessus ou fabriquée
par un procédé décrit ci-dessus, pour la fabrication de pièces de structure, d'éléments
de renfort ou encore de pièces extérieures, dans le domaine automobile.
[0021] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront au cours de la
description ci-dessous, donnée à titre d'exemple. Après de nombreux essais, les inventeurs
ont montré que les différentes exigences rapportées ci-dessus peuvent être satisfaites
en observant les conditions suivantes :
[0022] En ce qui concerne la composition chimique de l'acier, le carbone joue un rôle très
important sur la formation de la microstructure et les propriétés mécaniques: il augmente
l'énergie de défaut d'empilement et favorise la stabilité de la phase austénitique.
En combinaison avec une teneur en manganèse allant de 15 à 26% en poids, cette stabilité
est obtenue pour une teneur en carbone supérieure ou égale à 0,45%. Cependant, pour
une teneur en carbone supérieure à 0,75%, il devient difficile d'éviter une précipitation
excessive de carbures au cours de certains cycles thermiques lors de la fabrication
industrielle, précipitation qui dégrade la ductilité.
[0023] Préférentiellement, la teneur en carbone est comprise entre 0,50 et 0,70% en poids
de façon à obtenir une résistance suffisante alliée à une précipitation optimale de
carbures ou de carbonitrures.
[0024] Le manganèse est également un élément indispensable pour accroître la résistance,
augmenter l'énergie de défaut d'empilement et stabiliser la phase austénitique. Si
sa teneur est inférieure à 15%, il existe un risque de formation de phases martensitiques
qui diminuent très notablement l'aptitude à la déformation. Par ailleurs, lorsque
la teneur en manganèse est supérieure à 26%, la ductilité à température ambiante est
dégradée. De plus, pour des questions de coût, il n'est pas souhaitable que la teneur
en manganèse soit élevée.
[0025] Préférentiellement, la teneur en manganèse est comprise entre 17 et 24% de façon
à optimiser l'énergie de défaut d'empilement et à éviter la formation de martensite
sous l'effet d'une déformation. Par ailleurs, lorsque la teneur en manganèse est supérieure
à 24%, le mode de déformation par maclage est moins favorisé par rapport au mode de
glissement de dislocations parfaites.
[0026] L'aluminium est un élément très efficace pour la désoxydation de l'acier. Comme le
carbone, il augmente l'énergie de défaut d'empilement. Cependant, sa présence excessive
dans des aciers à forte teneur en manganèse présente un inconvénient : en effet, le
manganèse augmente la solubilité de l'azote dans le fer liquide. Si une quantité d'aluminium
trop importante est présente dans l'acier, l'azote se combinant avec l'aluminium précipite
sous forme de nitrures d'aluminium gênant la migration des joints de grain lors de
la transformation à chaud et augmente très notablement le risque d'apparitions de
fissures en coulée continue. De plus, comme il sera expliqué plus loin, une quantité
suffisante d'azote doit être disponible pour former de fins précipités de carbo-nitrures
pour l'essentiel. Une teneur en Al inférieure ou égale à 0,050 % permet d'éviter une
précipitation d'AIN et de garder une teneur suffisante en azote pour la précipitation
des éléments mentionnés ci-dessous.
[0027] Corrélativement, la teneur en azote doit être inférieure ou égale à 0,1% afin d'éviter
cette précipitation et la formation de défauts volumiques (soufflures) lors de la
solidification. De plus, en présence d'éléments susceptibles de précipiter sous forme
de nitrures, tels que le vanadium, le niobium, le titane, la teneur en azote ne doit
pas excéder 0,1% sous peine d'obtenir une précipitation grossière inefficace vis-à-vis
du piégeage de l'hydrogène.
[0028] Le silicium est également un élément efficace pour désoxyder l'acier ainsi que pour
durcir en phase solide. Cependant, au-delà d'une teneur de 3%, il diminue l'allongement,
tend à former des oxydes indésirables lors de certains procédés d'assemblage et doit
donc être tenu inférieur à cette limite.
[0029] Le soufre et le phosphore sont des impuretés fragilisant les joints de grains. Leur
teneur respective doit être inférieure ou égale à 0,030 et 0,080% afin de maintenir
une ductilité à chaud suffisante.
[0030] A titre optionnel, le bore peut être ajouté en quantité comprise entre 0,0005 et
0,003%. Cet élément ségrège aux joints de grains austénitiques et renforce leur cohésion.
Au-dessous de 0,0005%, cet effet n'est pas obtenu. Au delà de 0,003%, le bore précipite
sous forme de borocarbures, et l'effet est saturé.
[0031] Le nickel peut être utilisé à titre optionnel pour augmenter la résistance de l'acier
par durcissement en solution solide. Le nickel contribue à obtenir un allongement
à rupture important et augmente en particulier la ténacité. Cependant, il est également
souhaitable pour des questions de coûts, de limiter la teneur en nickel à une teneur
maximale inférieure ou égale à 1 %.
[0032] De même, à titre optionnel, une addition de cuivre jusqu'à une teneur inférieure
ou égale à 5% est un moyen de durcir l'acier par précipitation de cuivre métallique.
Cependant, au-delà de cette teneur, le cuivre est responsable de l'apparition de défauts
de surface en tôle à chaud.
[0033] Les éléments métalliques susceptibles de former des précipités, tels que le vanadium,
le titane, le niobium, le chrome, le molybdène, jouent un rôle important dans le cadre
de l'invention.
[0034] En effet, on sait que la fissuration différée est provoquée par une concentration
locale excessive en hydrogène, en particulier aux joints de grains austénitiques.
Les inventeurs ont mis en évidence que certains types de précipités, dont la nature,
la quantité, la taille et la répartition sont définies de manière précise selon l'invention,
réduisaient très notablement la sensibilité à la fissuration différée, et ceci sans
diminuer les propriétés de ductilité et de ténacité.
[0035] Les inventeurs ont tout d'abord mis en évidence que des carbures, nitrures ou des
carbonitrures précipités de vanadium, de titane ou de niobium, étaient très efficaces
pour servir de pièges à hydrogène. Des carbures de chrome ou de molybdène peuvent
également jouer ce rôle. A température ambiante, l'hydrogène est alors piégé de façon
irréversible à l'interface entre ces précipités et la matrice. Il est cependant nécessaire,
pour assurer le piégeage de l'hydrogène résiduel qui pourrait être rencontré dans
certaines conditions industrielles, que la quantité d'éléments métalliques sous forme
de précipités soit supérieure ou égale à une teneur critique, dépendant de la nature
des précipités. La quantité d'éléments métalliques sous forme de précipités de carbures,
de nitrures, ou de carbonitrures, est désignée par V
p, Ti
p, Nb
p, respectivement pour le vanadium, le titane et le niobium, et par Cr
p, Mo
p pour le chrome et le molybdène sous forme de carbures.
[0036] A ce titre, l'acier comprend un ou plusieurs éléments métalliques choisis parmi :
- le vanadium, en quantité comprise entre 0,050 et 0,50% en poids, et dont la quantité
Vp sous forme de précipités est comprise entre 0,030% et 0,150% en poids. Préférentiellement,
la teneur en vanadium est comprise entre 0,070% et 0,40%, la quantité Vp étant comprise entre 0,070% et 0,140% en poids.
- le titane, en quantité Ti comprise entre 0,040 et 0,50% en poids, la quantité Tip sous forme de précipités étant comprise entre 0,030% et 0,130%. Préférentiellement,
la teneur en titane est comprise entre 0,060% et 0,40 %, la quantité Tip étant comprise entre 0,060% et 0,110% en poids.
- le niobium, en quantité comprise entre 0,070 et 0,50% en poids, la quantité Nbp sous forme de précipités étant comprise entre 0,040 et 0,220%. Préférentiellement,
la teneur en niobium est comprise entre 0,090% et 0,40 %, la quantité Nbp étant comprise entre 0,090% et 0,200% en poids
- le chrome, en quantité comprise entre 0,070% et 2% en poids, la quantité Crp sous forme de précipités étant comprise entre 0,070% et 0,6%. Préférentiellement,
la teneur en chrome est comprise entre 0,20% et 1,8%, la quantité Crp étant comprise entre 0,20 et 0,5%
- Le molybdène, en quantité comprise entre 0,14 et 2%% en poids, la quantité Mop sous forme de précipités est comprise entre 0,14 et 0,44%. Préférentiellement, la
teneur en molybdène est comprise entre 0,20 et 1,8%, la quantité Mop étant comprise entre 0,20 et 0,35%.
[0037] La valeur minimale exprimée pour ces différents éléments (par exemple 0,050% pour
le vanadium) correspond à une quantité d'addition nécessaire pour former des précipités
compte tenu des cycles thermiques de fabrication. Une teneur minimale préférentielle
(par exemple de 0,070% pour le vanadium) est recommandée, de façon à obtenir une quantité
de précipités plus importante.
[0038] La valeur maximale exprimée pour ces différents éléments (par exemple 0,50% pour
le vanadium) correspond à une précipitation excessive, ou sous une forme non appropriée,
détériorant les propriétés mécaniques, ou à une mise en oeuvre non économique de l'invention.
Une teneur maximale préférentielle (par exemple de 0,40% pour le vanadium) est recommandée,
de façon à optimiser l'addition de l'élément.
[0039] La valeur minimale d'éléments métalliques sous forme de précipités (par exemple 0,030%
dans le cas du vanadium) correspond à une quantité de précipités pour réduire de façon
très efficace la sensibilité à la fissuration différée. Une quantité minimale préférentielle
(par exemple 0,070% dans le cas du vanadium) est recommandée, de façon à obtenir une
résistance particulièrement élevée à la fissuration différée.
[0040] La valeur maximale d'éléments métalliques sous forme de précipités (par exemple 0,150%
pour le vanadium) marque une détérioration de la ductilité ou de la ténacité, la rupture
s'amorçant sur les précipités. Par ailleurs, au-delà de cette valeur maximale, une
précipitation intense intervient, qui peut empêcher une recristallisation totale lors
de traitements thermiques de recuit continu après laminage à froid.
[0041] Une teneur maximale préférentielle sous forme de précipités (par exemple 0,140% pour
le vanadium) est recommandée, de façon à ce que la ductilité soit conservée le plus
possible et à ce que la précipitation obtenue soit compatible avec la recristallisation
lors des conditions usuelles de recuit de recristallisation.
[0042] En outre, les inventeurs ont mis en évidence qu'une taille moyenne de précipités
trop importante réduisait l'efficacité du piégeage. On entend ici par taille moyenne
de précipités la taille qui peut être mesurée par exemple à partir de répliques avec
extraction, suivies d'observations par microscopie électronique en transmission :
on mesure le diamètre (dans le cas de précipités sphériques ou quasi-sphériques) ou
la plus grande longueur (dans le cas de précipités de forme irrégulière) de chaque
précipité, puis on établit un histogramme de distribution de la taille de ces précipités
dont on calcule la moyenne à partir du comptage d'un nombre statistiquement représentatif
de particules. Au-delà d'une taille moyenne de 25 nanomètres, l'efficacité du piégeage
de l'hydrogène décroît en raison de la diminution de l'interface entre les précipités
et la matrice. A quantité précipitée donnée, une taille moyenne de précipités excédant
25 nanomètres diminue également la densité de précipités présents, accroissant ainsi
excessivement la distance inter-sites de piégeage. La surface interfaciale de piégeage
pour l'hydrogène est également réduite. Préférentiellement, la taille moyenne de précipités
est inférieure à 20 nanomètres afin de piéger la quantité d'hydrogène la plus grande
possible.
[0043] Cependant, lorsque la taille moyenne de particules est inférieure à 5 nanomètres,
les précipités auront tendance à se former de manière cohérente avec la matrice, réduisant
ainsi la faculté de piégeage. La difficulté de contrôle de ces précipités très fins
est également accrue. On évite de façon optimale ces difficultés lorsque la taille
moyenne de précipités est supérieure à 7 nanomètres. Cette valeur moyenne peut intégrer
la présence de nombreux précipités très fins, dont la taille est de l'ordre du nanomètre.
[0044] Les inventeurs ont également mis en évidence que les précipités sont avantageusement
situés en position intragranulaire pour réduire la sensibilité à la fissuration différée
: en effet, lorsque au moins 75% de la population des précipités est située en position
intragranulaire, la répartition de l'hydrogène éventuellement présent se fait de façon
plus homogène, sans accumulation aux joints de grains austénitiques qui sont des sites
potentiels de fragilisation. L'addition d'un des éléments précités, en particulier
le chrome, permet d'obtenir une précipitation de carbures variés tels que MC, M
7C
3, M
23C
6, M
3C où M désigne non seulement l'élément métallique mais aussi le Fe ou le Mn, éléments
présents dans la matrice. La présence du fer et du manganèse au sein des précipités
permet d'accroître à moindre coût la quantité de précipités, renforçant ainsi l'efficacité
de la précipitation.
[0045] Les inventeurs ont également mis en évidence que des additions de vanadium, celui-ci
étant précipité sous forme de carbures de vanadium VC, nitrures de vanadium VN, carbonitrures
plus ou moins complexes V(CN), étaient particulièrement avantageuses dans le cadre
de l'invention.
[0046] En effet, l'invention a pour objet de disposer simultanément d'aciers à très hautes
caractéristiques mécaniques et peu sensibles à la rupture différée. Comme on l'a évoqué
ci-dessus dans le cadre de la fabrication d'une tôle laminée à froid et recuite, il
convient que l'acier soit totalement recristallisé après le cycle de recuit. Une précipitation
trop précoce, intervenant par exemple au stade de la coulée, du laminage à chaud ou
du bobinage, sera un frein éventuel à la recristallisation et risque de durcir le
métal et d'augmenter les efforts de laminage à chaud ou à froid. Elle sera également
d'une moindre efficacité car elle interviendra de façon significative sur les joints
de grains austénitiques. La taille de ces précipités formés à haute température sera
plus importante, souvent supérieure à 25 nanomètres.
[0047] Les inventeurs ont mis en évidence que des additions de vanadium étaient particulièrement
désirables dans la mesure où la précipitation de cet élément n'intervient pratiquement
pas durant le laminage à chaud ou le bobinage. De la sorte, les réglages préexistants
d'efforts de laminage à chaud et à froid ne sont pas à modifier et tout le vanadium
est disponible pour une précipitation très fine et homogène lors du cycle de recuit
ultérieur après laminage à froid. La précipitation intervient sous forme de VC et
sous forme de VN ou V(CN) nanométrique répartie de façon homogène, la grande majorité
des précipités étant située en position intragranulaire, c'est à dire sous la forme
la plus souhaitable pour le piégeage de l'hydrogène. De plus, cette fine précipitation
limite la croissance du grain, une taille de grain austénitique plus fine peut ainsi
être obtenue après recuit.
[0048] La mise en oeuvre du procédé de fabrication selon l'invention est la suivante On
élabore un acier dont la composition comprend : 0,45% ≤ C ≤ 0,75% 15%≤ Mn ≤ 26%, Si
≤ 3%, Al ≤ 0,050%, S ≤ 0,030, P≤ 0,080%, N ≤ 0,1%, un ou plusieurs éléments choisis
parmi 0,050% ≤V ≤ 0,50%, 0,040% ≤Ti ≤ 0,50%, 0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%, 0,070% ≤Cr ≤ 2 %,
0,14% ≤Mo ≤ 2%, et à titre optionnel un ou plusieurs éléments choisis parmi 0,0005%
≤B ≤ 0,003%, Ni ≤ 1%, Cu ≤ 5%, le reste étant constitué de fer et d'impuretés inévitables
provenant de l'élaboration.
[0049] Cette élaboration peut être suivie d'une coulée en lingots, ou en continu sous forme
de brames d'épaisseur de l'ordre de 200mm. On peut également effectuer avec profit
la coulée sous forme de brames minces, de quelques dizaines de millimètres d'épaisseur,
ou de bandes minces de quelques millimètres. Lorsque certains éléments d'addition
selon l'invention tels que le titane ou le niobium sont présents, la coulée sous forme
de produits minces conduira plus particulièrement à une précipitation de nitrures
ou de carbonitrures très fins et stables thermiquement, dont la présence réduit la
sensibilité à la fissuration différée.
[0050] Ces demi-produits coulés sont tout d'abord portés à une température comprise entre
1100 et 1300°C. Ceci a pour but d'atteindre en tout point les domaines de température
favorables aux déformations élevées que va subir l'acier lors du laminage. Cependant,
la température de réchauffage ne doit pas être supérieure à 1300°C sous peine d'être
trop proche de la température de solidus qui pourrait être atteinte dans d'éventuelles
zones enrichies localement en manganèse et/ou en carbone et de provoquer un passage
local par un état liquide qui serait néfaste pour la mise en forme à chaud. Naturellement,
dans le cas d'une coulée directe de brames minces, l'étape de laminage à chaud de
ces demi-produits débutant entre 1300 et 1000°C peut se faire directement après coulée
sans passer par l'étape de réchauffage intermédiaire.
[0051] On lamine à chaud le demi-produit, par exemple pour arriver à une épaisseur de bande
laminée à chaud de 2 à 5 millimètres d'épaisseur, voire 1 à 5 mm dans le cas de demi-produit
provenant d'une coulée en brames minces, ou 0,5 à 3 mm dans le cas d'une coulée de
bandes minces. La faible teneur en aluminium de l'acier selon l'invention permet d'éviter
une précipitation excessive d'AIN qui nuirait à la déformabilité à chaud lors du laminage.
Afin d'éviter tout problème de fissuration par manque de ductilité, la température
de fin de laminage doit être supérieure ou égale à 890°C.
[0052] Après laminage, la bande doit être bobinée à une température telle qu'une précipitation
de carbures, essentiellement de la cémentite (Fe,Mn)
3C) intergranulaire, n'intervienne pas significativement, ce qui conduirait à une diminution
de certaines propriétés mécaniques. Ceci est obtenu lorsque la température de bobinage
est inférieure à 580°C. On choisira également les conditions d'élaboration de telle
sorte que le produit obtenu soit complètement recristallisé.
[0053] On peut alors procéder à un laminage à froid ultérieur suivi d'un recuit. Cette étape
supplémentaire permet d'obtenir une taille de grain inférieure à celle obtenue sur
bande à chaud et donc à des propriétés de résistance plus élevées. Elle doit naturellement
être mise en oeuvre si l'on cherche à obtenir des produits d'épaisseur plus fine,
allant par exemple de 0,2 mm à quelques mm d'épaisseur.
[0054] Partant d'un produit laminé à chaud obtenu par le procédé décrit ci-dessus, on effectue
un laminage à froid après avoir éventuellement réalisé un décapage préalable de façon
usuelle. Après cette étape de laminage, le grain est très écroui, et il convient d'effectuer
un recuit de recristallisation : ce traitement a pour effet de restaurer la ductilité
et d'obtenir une précipitation selon l'invention. Ce recuit effectué de préférence
en continu comporte les étapes sucessives suivantes :
- Une phase de chauffage caractérisée par une vitesse de chauffage Vc,
- une phase de maintien à une température Tm pendant un temps de maintien tm,
- Une phase de refroidissement à une vitesse de refroidissement Vr,
- Optionnellement une phase de maintien à une température Tu pendant un temps de maintien
tu
[0055] Avant la phase optionnelle de maintien à la température Tu, le produit peut être
éventuellement refroidi jusqu'à la température ambiante. Cette phase de maintien à
la température Tu peut être éventuellement réalisée au sein d'un dispositif distinct,
par exemple un four permettant le recuit statique de bobines d'acier.
[0056] Le choix précis des paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, t
u est usuellement effectué de telle sorte que les propriétés mécaniques recherchées
soient obtenues, en particulier grâce à une recristallisation complète. En outre,
dans le cadre de l'invention l'homme du métier ajustera en fonction notamment du taux
de laminage à froid, ceux-ci de telle sorte que la quantité d'éléments métalliques
(V, Ti, Nb, Cr, Mo) présents sous forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures
précipités après le recuit soit comprise au sein des teneurs mentionnées ci-dessus
((V
p, Ti
p, Nb
p, Cr
p, Mo
p)
[0057] L'homme du métier ajustera également ces paramètres de recuit de telle sorte que
la taille moyenne de ces précipités soit comprise entre 5 et 25 nanomètres, et préférentiellement
entre 7 et 20 nanomètres.
[0058] On pourra également ajuster ces paramètres de telle sorte qu'une grande majorité
de la précipitation intervienne de façon homogène dans la matrice, c'est-à-dire que
les précipités soient situés à au moins 75% en position intragranulaire.
[0059] En particulier, on mettra avantageusement en oeuvre l'invention grâce à des additions
de vanadium. Pour cela, on élaborera un acier de composition : 0,45% ≤ C ≤ 0,75%,
15%≤ Mn ≤ 26%, Si ≤ 3%, Al ≤ 0,050%, S ≤ 0,030%, P≤ 0,080%, N ≤ 0,1%, 0,050%≤V ≤ 0,50%,
et à titre optionnel un ou plusieurs éléments choisis parmi 0,0005% ≤B ≤ 0,003%, Ni
≤ 1%, Cu ≤ 5%, On fabrique de façon optimale une tôle d'acier selon l'invention en
coulant un demi-produit, en portant celui-ci à une température comprise entre 1100
et 1300°C, en laminant à chaud ce demi-produit jusqu'à une température de fin de laminage
supérieure ou égale à 950°C, puis en effectuant un bobinage à une température inférieure
à 500°C.
[0060] On lamine à froid la tôle avec un taux de réduction supérieur à 30% (le taux de réduction
étant défini par : (épaisseur de la tôle avant laminage à froid - épaisseur de la
tôle après laminage à froid)/(épaisseur de la tôle avant laminage à froid) Le taux
de 30% correspond à une déformation minimale de façon à obtenir une recristallisation.
On effectue ensuite un traitement thermique de recuit avec une vitesse de chauffage
Vc comprise entre 2 et 10°C/s (préférentiellement entre 3 et 7°C/s), à une température
Tm comprise entre 700 et 870°C (préférentiellement entre 720 et 850°C) pendant un
temps compris entre 30 et 180s et on refroidira la tôle à une vitesse comprise entre
10 et 50°C/s
[0061] On obtient de la sorte un acier dont la résistance est supérieure à 1000MPa, dont
l'allongement à rupture est supérieur à 50%, offrant une excellente résistance à la
fissuration différée en raison de la précipitation très fine et homogène de carbonitrures
de vanadium.
[0062] Dans le cas d'additions de Cr ou de Mo selon l'invention, on effectuera avec profit
un traitement de maintien en température ultérieur au recuit de recristallisation
de telle sorte que la précipitation de carbures nanométriques de chrome ou de molybdène
n'interagisse pas avec la recristallisation. Ceci pourra être effectué sur des installations
de recuit continu au sein d'une zone de survieillissement suivant immédiatement la
phase de refroidissement évoquée ci-dessus. L'homme du métier ajustera donc les paramètres
de cette phase de maintien (température Tu, temps de maintien t
u) de façon à obtenir la précipitation de carbures de chrome et de molybdène selon
l'invention. II est également possible de réaliser cette précipitation grâce à un
recuit ultérieur en bobines.
[0063] A titre d'exemple non limitatif, les résultats suivants vont montrer les caractéristiques
avantageuses conférées par l'invention.
Exemple :
[0064] On a élaboré des aciers dont la composition figure au tableau ci-dessous (compositions
exprimées en pourcentage pondéral. Outre les aciers I1 et I2, selon l'invention, on
a indiqué à titre de comparaison la composition d'aciers de référence : L'acier R1
a une très faible teneur en vanadium. Une tôle d'acier laminée à froid de l'acier
R2, dans les conditions détaillées ci-dessous, comporte une quantité trop importante
de précipités (voir tableau 2). L'acier R3 a une teneur excessive en vanadium.
Tableau 1 : Composition des aciers
| Acier |
C |
Mn |
Si |
S |
P |
Al |
Cu |
Ni |
N |
B |
V |
| 11 |
0,635 |
21,79 |
0,01 |
0,003 |
0,007 |
0,005 |
<0.002 |
<0.01 |
0,003 |
<0,0005 |
0,160 |
| 12 |
0,595 |
21,80 |
0,200 |
0,006 |
0,007 |
0,004 |
<0.002 |
<0.01 |
0,003 |
0,0023 |
0,225 |
| R1 |
0,600 |
21,84 |
0,198 |
0,007 |
0,006 |
0,005 |
<0.002 |
<0.01 |
0,003 |
<0,0005 |
0,013 |
| R2 |
0,625 |
21,65 |
0,01 |
0,003 |
0,007 |
0,005 |
<0.002 |
<0.01 |
0,003 |
<0,0005 |
0,405 |
| R3 |
0,625 |
21,64 |
0,01 |
0,003 |
0,007 |
0,005 |
<0.002 |
<0.01 |
0,003 |
<0,0005 |
0,865 |
| I1-2 : selon l'invention. R1-3 : Référence |
[0065] Des demi-produits de ces aciers ont été réchauffés à 1180°C, laminés à chaud jusqu'à
une température de 950°C pour les amener à une épaisseur de 3mm puis bobinés à la
température de 500°C.
[0066] Les tôles d'acier ainsi obtenues ont été ensuite laminées à froid avec un taux de
réduction de 50% jusqu'à une épaisseur de 1,5mm, puis recuites dans les conditions
présentées au tableau 2.
[0067] On a déterminé la quantité d'éléments métalliques précipités sous forme de carbures,
nitrures ou de carbonitrures, dans ces différentes tôles par extraction chimique et
dosage sélectif. Compte tenu des compositions et des conditions de fabrication, ces
précipités éventuels sont ici à base de vanadium, majoritairement des carbonitrures
de vanadium. La quantité de vanadium V
p sous forme de précipités a été reportée au tableau 2 ainsi que la taille moyenne
des précipités mesurée à partir de répliques avec extraction observées par microscopie
électronique en transmission.
Tableau 2 : Conditions de recuit après laminage à froid Etat de précipitation après
recuit
| Acier |
Vc (°C/s) |
Tm (°C) |
tm (s) |
Vr(°C/ s) |
Teneur en vandium V (%) |
Vp sous forme de précipités (%) |
Taille moyenne des précipités (nm) |
| I1 |
3°C/s |
825 |
180 |
25°C/s |
0,160 |
0,053 |
17 |
| I2 |
3°C/s |
800 |
180 |
25°C/s |
0,225 |
0,115 |
17 |
| R1 |
3°C/s |
825 |
180 |
25°C/s |
0,013 |
0(*) |
- |
| R2 |
3°C/s |
850 |
180 |
25°C/s |
0,405 |
0,219 (*) |
15 |
| R3 |
3°C/s |
740 |
120 |
25°C/s |
0,865(*) |
nd |
nd |
[0068] Le tableau 3 présente les caractéristiques mécaniques de traction : résistance et
allongement à rupture, obtenues dans ces conditions. Par ailleurs, on a découpé des
flans circulaires de 55mm de diamètre dans les tôles laminées à froid et recuites.
Ces flans ont été ensuite emboutis par avalement sous forme de godets à fond plat
(essais de rétreint Swift) en utilisant un poinçon de 33mm de diamètre. De la sorte,
le facteur β caractérisant la sévérité de l'essai (rapport entre le diamètre de flan
initial et le diamètre du poinçon) est de 1,66. On a ensuite relevé la présence éventuelle
de micro-fissures soit immédiatement après mise en forme, soit après une période d'attente
de 3 mois, caractérisant ainsi une éventuelle sensibilité à la fissuration différée.
Les résultats de ces observations ont été également reportés au tableau 3.
Tableau 3 : Caractéristiques mécaniques de traction obtenues sur tôles laminées à
froid et recuites, et caractéristiques d'emboutissabilité et de sensibilité à la fissuration
différée
| Acier |
Résistance(MPa) |
Allongement à rupture (%) |
observées après emboutissage |
Fissures observées après un temps d'attente de 3 mois |
| I1 |
1071 |
55 |
Non |
Non |
| I2 |
1090 |
58 |
Non |
Non |
| R1 |
1074 |
63 |
Non |
Oui |
| R2 |
1168 |
35 |
Non |
Non |
| R3 |
1417 |
28 |
n.d. |
n.d. |
[0069] Dans le cas de l'acier de référence R3, la teneur totale en vanadium (0,865%) est
excessive, et il est impossible d'obtenir une recristallisation même après un recuit
à 850°C. Les propriétés d'allongement sont alors très insuffisantes.
[0070] Dans le cas de l'acier R2, même si la taille des précipités est adéquate, la précipitation
de vanadium se produit en quantité excessive (0,219% de vanadium précipité) ce qui
provoque une détérioration de l'allongement à rupture et des caractéristiques insuffisantes.
[0071] Dans le cas de l'acier R1, la précipitation souhaitée n'est pas présente et l'on
relève une sensibilité à la rupture différée.
[0072] Les aciers I1 et I2 selon l'invention comportent des précipités de nature et de taille
convenable. Ceux-ci sont localisés à plus de 75% en position intragranulaire. Ces
aciers combinent à la fois d'excellentes caractéristiques mécaniques (résistance supérieure
à 1000MPa, allongement supérieur à 55% et une haute résistance à la rupture différée.
Cette dernière propriété est obtenue, même sans traitement thermique spécifique de
dégazage.
[0073] Les tôles laminées à chaud ou à froid selon l'invention sont utilisées avec profit
dans l'industrie automobile sous forme de pièces de structure, d'éléments de renfort
ou encore de pièces extérieures qui, en raison de leur très haute résistance et de
leur grande ductilité, contribuent à une réduction très efficace du poids des véhicules
tout en accroissant la sécurité en cas de choc.
1. Tôle en acier austénitique fer-carbone-manganèse, dont la composition chimique comprend,
les teneurs étant exprimées en poids :
0,45% ≤ C ≤ 0,75%
15%≤ Mn ≤ 26%
Si ≤ 3%
Al ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P≤ 0,080%
N ≤ 0,1%,
au moins un élément métallique choisi parmi le vanadium, le titane, le niobium, le
chrome, le molybdène
0,050% ≤V ≤ 0,50%,
0,040% ≤Ti ≤ 0,50%
0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%
0,070% ≤Cr ≤ 2 %
0,14%≤Mo ≤ 2%
et à titre optionnel un ou plusieurs éléments choisis parmi
0,0005% ≤B ≤ 0,003%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%,
le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant
de l'élaboration, la quantité dudit au moins un élément métallique sous forme de carbures,
nitrures ou de carbonitrures précipités étant :
0,030% ≤Vp ≤ 0,150%,
0,030%≤Tip ≤ 0,130%
0,040% ≤ Nbp ≤ 0,220%
0,070% ≤Crp≤ 0,6%
0,14%≤Mop ≤ 0,44%,
2. Tôle en acier selon la revendication 1, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend, la teneur étant exprimée en poids
0,50% ≤ C ≤ 0,70%
3. Tôle en acier selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend, la teneur étant exprimée en poids
17% ≤ Mn ≤ 24%
4. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend 0,070% ≤V ≤ 0,40 %, la quantité de vanadium sous
forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités étant
0,070%≤ Vp ≤0,140%
5. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend 0,060% ≤Ti ≤ 0,40%, la quantité de titane sous
forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités étant
0,060%≤ Tip ≤ 0,110%
6. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend, 0,090% ≤Nb ≤ 0,40%, la quantité de niobium sous
forme de carbures, nitrures ou de carbonitrures précipités étant
0,090% ≤Nbp ≤ 0,200%
7. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 6, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend 0,20% ≤Cr≤ 1,8%, la quantité en chrome sous forme
de carbures précipités étant
0,20%≤ Crp ≤ 0,5%
8. Tôle en acier selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisée en ce que la composition dudit acier comprend 0,20% ≤Mo ≤1,8%, la quantité en molybdène sous
forme de carbures précipités étant
0,20%≤ Mop ≤ 0,35%
9. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 8, caractérisée en ce que la taille moyenne desdits précipités est comprise entre 5 et 25 nanomètres
10. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 9 caractérisée en ce que la taille moyenne desdits précipités est comprise entre 7 et 20 nanomètres
11. Tôle en acier selon l'une quelconque des revendications 1 à 10 caractérisée en ce qu'au moins 75% de la population desdits précipités se trouve située en position intragranulaire
12. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid en acier austénitique fer-carbone-manganèse
selon lequel on approvisionne un acier dont la composition chimique comprend, les
teneurs étant exprimées en poids :
0,45% ≤ C ≤ 0,75%
15%≤ Mn ≤ 26%
Si ≤ 3%
Al ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P≤ 0,080%
N ≤ 0,1%,
au moins un élément métallique choisi parmi le vanadium, le titane, le niobium, le
chrome, le molybdène
0,050% ≤V ≤ 0,50%,
0,040% ≤Ti ≤ 0,50%
0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%
0,070% ≤Cr ≤ 2 %
0,14% ≤Mo ≤ 2%,
et à titre optionnel un ou plusieurs éléments choisis parmi
0,0005% ≤B ≤ 0,003%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%,
le reste de la composition étant constitué de fer et d'impuretés inévitables résultant
de l'élaboration,
- on procède à la coulée d'un demi-produit à partir de cet acier
- on porte ledit demi-produit à une température comprise entre 1100 et 1300°C,
- on lamine à chaud ledit demi-produit jusqu'à une température de fin de laminage
supérieure ou égale à 890°C,
- on bobine ladite tôle à une température inférieure à 580°C
- on lamine à froid ladite tôle
- on fait subir à ladite tôle un traitement thermique de recuit, ledit traitement
thermique comprenant une phase de chauffage avec une vitesse de chauffage Vc, une
phase de maintien à une température Tm pendant un temps de maintien tm, suivie d'une
phase de refroidissement à une vitesse de refroidissement Vr, suivie optionnellement
d'une phase de maintien à une température Tu pendant un temps de maintien tu, les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, tu étant ajustés pour obtenir la quantité dudit au moins un élément métallique précipité
selon l'une quelconque des revendications 1 à 8
13. Procédé selon la revendication 12, caractérisé en ce que les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, tu sont ajustés de telle sorte que la taille moyenne desdits précipités de carbures,
nitrures ou de carbonitrures après ledit recuit soit comprise entre 5 et 25 nanomètres
14. Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 ou 13, caractérisé en ce que les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, tu sont ajustés de telle sorte que la taille moyenne desdits précipités après ledit
recuit soit comprise entre 7 et 20 nanomètres
15. Procédé selon l'une quelconque des revendications 12 à 14, caractérisé en ce que les paramètres Vc, Tm, tm, Vr, Tu, tu sont ajustés de telle sorte qu'au moins 75% de la population desdits précipités après
ledit recuit se trouve située en position intragranulaire
16. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid en acier fer-carbone-manganèse selon
la revendication 12, caractérisé en ce qu'on approvisionne un acier dont la composition chimique comprend 0,050% ≤V ≤ 0,50%,
qu'on lamine à chaud ledit demi-produit jusqu'à une température de fin de laminage
supérieure ou égale à 950°C, qu'on bobine ladite tôle à une température inférieure
à 500°C, qu'on lamine à froid ladite tôle avec un taux de réduction supérieur à 30%,
qu'on effectue un traitement thermique de recuit avec une vitesse de chauffage Vc
comprise entre 2 et 10°C/s, à une température Tm comprise entre 700 et 870°C pendant
un temps compris entre 30 et 180 s, et qu'on refroidit ladite tôle à une vitesse comprise
entre 10 et 50°C/s
17. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid selon la revendication 16, caractérisé en ce que la vitesse de chauffage Vc est comprise entre 3 et 7°C/s
18. Procédé de fabrication d'une tôle laminée à froid selon l'une des revendications 16
ou 17, caractérisé en ce que la température de maintien Tm est comprise entre 720 et 850°C
19. Procédé de fabrication selon l'une quelconque des revendications 12 à 18, caractérisé en ce que la coulée dudit demi-produit est effectuée sous forme de coulée de brames ou de bandes
minces entre cylindres d'acier contra-rotatifs
20. Utilisation d'une tôle d'acier austénitique selon l'une quelconque des revendications
1 à 11, ou fabriquée par un procédé selon l'une quelconque des revendications 12 à
19, pour la fabrication de pièces de structure, d'éléments de renfort ou encore de
pièces extérieures, dans le domaine automobile.
1. Iron-carbon-manganese austenitic steel sheet, the chemical composition of which comprises,
the contents being expressed by weight:
0.45% ≤ C ≤ 0.75%
15% ≤ Mn ≤ 26%
Si ≤ 3%
Al ≤ 0.050%
S ≤ 0.030%
P ≤ 0.080%
N ≤ 0.1%,
at least one metal element chosen from vanadium, titanium, niobium, chromium and molybdenum,
where
0.050% ≤ V ≤ 0.50%
0.040% ≤ Ti ≤ 0.50%
0.070% ≤ Nb ≤ 0.50%
0.070% ≤ Cu ≤ 2%
0.14% ≤ Mo ≤ 2%,
and, optionally, one or more elements chosen from
0.0005% ≤ B ≤ 0.003%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%,
the balance of the composition consisting of iron and inevitable impurities resulting
from the smelting, the amounts of said at least one metal element in the form of precipitated
carbides, nitrides or carbonitrides being:
0.030% ≤ Vp ≤ 0.150%
0.030% Tip ≤ 0.130%
0.040% ≤ Nbp ≤ 0.220%
0.070% ≤ Crp ≤ 0.6%
0.14% ≤ Mop ≤ 0.44%.
2. Steel sheet according to Claim 1,
characterized in that the composition of said steel comprises, the content being expressed by weight:
0.50% ≤ C ≤ 0.70%.
3. Steel sheet according to either of Claims 1 and 2,
characterized in that the composition of said steel comprises, the content being expressed by weight:
17% ≤ Mn ≤ 24%.
4. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 3,
characterized in that the composition of said steel comprises 0.070% ≤ V ≤ 0.40%, the amount of vanadium
in the form of precipitated carbides, nitrides or carbonitrides being:
0.070% ≤ Vp ≤ 0.140%.
5. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 4,
characterized in that the composition of said steel comprises 0.060% ≤ Ti ≤ 0.40%, the amount of titanium
in the form of precipitated carbides, nitrides or carbonitrides being:
0.060% ≤ Tip ≤ 0.110%.
6. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 5,
characterized in that the composition of said steel comprises 0.090% ≤ Nb ≤ 0.40%, the amount of niobium
in the form of precipitated carbides, nitrides or carbonitrides being:
0.090% ≤ Nbp ≤ 0.200%.
7. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 6,
characterized in that the composition of said steel comprises 0.20% ≤ Cr ≤ 1.8%, the amount of chromium
in the form of precipitated carbides being:
0.20% ≤ Crp ≤ 0.5%.
8. Steel sheet according to one of Claims 1 to 7,
characterized in that the composition of said steel comprises 0.20% ≤ Mo ≤ 1.8%, the amount of molybdenum
in the form of precipitated carbides being:
0.20% ≤ Mop ≤ 0.35%.
9. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 8, characterized in that the mean size of said precipitates is between 5 and 25 nanometers.
10. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 9, characterized in that the mean size of said precipitates is between 7 and 20 nanometers.
11. Steel sheet according to any one of Claims 1 to 10, characterized in that at least 75% of the population of said precipitates lies in an intragranular position.
12. Process for manufacturing a cold-rolled sheet made of iron-carbon-manganese austenitic
steel, in which a steel, the chemical composition of which comprises, the contents
being expressed by weight:
0.45% ≤ C ≤ 0.75%
15% ≤ Mn ≤ 26%
Si ≤ 3%
Al ≤ 0.050%
S ≤ 0.030%
P ≤ 0.080%
N ≤ 0.1%,
at least one metal element chosen from vanadium, titanium, niobium, chromium and molybdenum,
where
0.050% ≤ V ≤ 0.50%
0.040% ≤ Ti ≤ 0.50%
0.070% ≤ Nb ≤ 0.50%
0.070% ≤ Cr ≤ 2%
0.14% ≤ Mo ≤ 2%,
and, optionally, one or more elements chosen from
0.0005% ≤ B ≤ 0.003%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%,
the balance of the composition consisting of iron and inevitable impurities resulting
from the smelting, is supplied;
- a semifinished product is cast from this steel;
- said semifinished product is heated to a temperature of between 1100 and 1300°C;
- said semifinished product is hot-rolled with an end-of-rolling temperature of 890°C
or higher;
- said sheet is coiled at a temperature below 580°C;
- said sheet is cold-rolled; and
- said sheet is subjected to an annealing heat treatment, said heat treatment comprising
a heating phase at a heating rate Vh, a soak phase at a temperature Ts for a soak time ts, followed by a cooling phase at a cooling rate Vc, optionally followed by a soak phase at a temperature Tu for a soak time tu, the parameters Vh, Ts, ts, Vc, Tu, tu being adjusted in order to obtain the amount of said at least one precipitated metal
element according to any one of claims 1 to 8.
13. Process according to Claim 12, characterized in that the parameters Vh, Ts, ts, Vc, Tu, tu are adjusted in such a way that the mean size of said carbide, nitride or carbonitride
precipitates after said annealing is between 5 and 25 nanometers.
14. Process according to either of Claims 12 and 13, characterized in that the parameters Vh, Ts, ts, Vc, Tu, tu are adjusted in such a way that the mean size of said precipitates after said annealing
is between 7 and 20 nanometers.
15. Process according to any one of Claims 12 to 14, characterized in that the parameters Vh, Ts, ts, Vc, Tu, tu are adjusted in such a way that at least 75% of the population of said precipitates
after said annealing lies in an intergranular position.
16. Process for manufacturing a cold-rolled iron-carbon-manganese steel sheet according
to Claim 12, characterized in that a steel whose chemical composition includes 0.050% ≤ V ≤ 0.50% is provided, in that said semifinished product is hot-rolled with an end-of-rolling temperature of 950°C
or higher, in that said sheet is coiled at a temperature below 500°C, in that said sheet is cold-rolled with a reduction ratio of greater than 30%, in that an annealing heat treatment is carried out with a heating rate Vh of between 2 and 10°C/s, at a temperature Ts of between 700 and 870°C for a time of between 30 and 180 s, and in that said sheet is cooled at a rate of between 10 and 50°C/s.
17. Process for manufacturing a cold-rolled sheet according to Claim 16, characterized in that the heating rate Vh is between 3 and 7°C/s.
18. Process for manufacturing a cold-rolled sheet according to either of Claims 16 and
17, characterized in that the soak temperature Ts is between 720 and 850°C.
19. Manufacturing process according to any one of Claims 12 to 18, characterized in that said semifinished product is cast in the form of slabs or thin strips between counterrotating
steel rolls.
20. Use of an austenitic steel sheet according to any one of Claims 1 to 11, or manufactured
by a process according to any one of Claims 12 to 19, for the manufacture of structural
parts, reinforcing parts or external parts, in the automotive field.
1. Blech aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl, dessen chemische Zusammensetzung
folgendes umfaßt, wobei die Gehalte auf das Gewicht bezogen ausgedrückt sind:
0,45% ≤ C ≤ 0,75%
15% ≤ Mn ≤ 26%
Si ≤ 3%
Al ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P ≤ 0,080%
N ≤ 0,1%,
mindestens ein unter Vanadium, Titan, Niob, Chrom und Molybdän ausgewähltes Metallelement:
0,050% ≤ V ≤ 0,50%
0,040% ≤ Ti ≤ 0,50%
0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%
0,070% ≤ Cr ≤ 2%
0,14% ≤ Mo ≤ 2%,
und gegebenenfalls ein oder mehrere unter
0,0005% ≤ B ≤ 0,003%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
ausgewählte Elemente, wobei der Rest der Zusammensetzung aus Eisen und unvermeidlichen
verhüttungsbedingten Verunreinigungen besteht, wobei die Menge des mindestens einen
Metallelements in Form von ausgeschiedenen Carbiden, Nitriden oder Carbonitriden:
0,030% ≤ Vp ≤ 0,150%
0,030% Tip ≤ 0,130%
0,040% ≤ Nbp ≤ 0,220%
0,070% ≤ Crp ≤ 0,6%
0,14% ≤ Mop ≤ 0,44%
beträgt.
2. Stahlblech nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls folgendes umfaßt, wobei der Gehalt auf das Gewicht
bezogen ausgedrückt ist:
0,50% ≤ C ≤ 0,70%.
3. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 oder 2,
dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls folgendes umfaßt, wobei der Gehalt auf das Gewicht
bezogen ausgedrückt ist:
17% ≤ Mn ≤ 24%.
4. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 3, dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls 0,070% ≤ V ≤ 0,40% umfaßt, wobei die Menge an Vanadium
in Form von ausgeschiedenen Carbiden, Nitriden oder Carbonitriden
0,070% ≤ Vp ≤ 0,140%
beträgt.
5. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 4, dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls 0,060% ≤ Ti ≤ 0,40% umfaßt, wobei die Menge an Titan
in Form von ausgeschiedenen Carbiden, Nitriden oder Carbonitriden
0,060% ≤ Tip ≤ 0,110%
beträgt.
6. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 5, dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls 0,090% ≤ Nb ≤ 0,40% umfaßt, wobei die Menge an Niob
in Form von ausgeschiedenen Carbiden, Nitriden oder Carbonitriden
0,090% ≤ Nbp ≤ 0,200%
beträgt.
7. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 6, dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls 0,20% ≤ Cr ≤ 1,8% umfaßt, wobei die Menge an Chrom
in Form von ausgeschiedenen Carbiden
0,20% ≤ Crp ≤ 0,5%
beträgt.
8. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 7, dadurch gekennzeichnet, daß die Zusammensetzung des Stahls 0,20% ≤ Mo ≤ 1,8% umfaßt, wobei die Menge an Molybdän
in Form von ausgeschiedenen Carbiden
0,20% ≤ Mop ≤ 0,35%
beträgt.
9. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 8, dadurch gekennzeichnet, daß die mittlere Größe der Ausscheidungen zwischen 5 und 25 Nanometer liegt.
10. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 9, dadurch gekennzeichnet, daß die mittlere Größe der Ausscheidungen zwischen 7 und 20 Nanometer liegt.
11. Stahlblech nach einem der Ansprüche 1 bis 10, dadurch gekennzeichnet, daß sich mindestens 75% der Population der Ausscheidungen in intragranularer Position
befinden.
12. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten Blechs aus austenitischem Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl,
bei dem man einen Stahl, dessen chemische Zusammensetzung folgendes umfaßt, wobei
die Gehalte auf das Gewicht bezogen ausgedrückt sind:
0,45% ≤ C ≤ 0,75%
15% ≤ Mn ≤ 26%
Sr ≤ 3%
Al ≤ 0,050%
S ≤ 0,030%
P ≤ 0,080%
N ≤ 0,1%, mindestens ein unter Vanadium, Titan, Niob, Chrom und Molybdän ausgewähltes
Metallelement:
0,050% ≤ D ≤ 0,50%
0,040% ≤ Ti ≤ 0,50%
0,070% ≤ Nb ≤ 0,50%
0,070% ≤ Cr ≤ 2%
0,14% ≤ Mo ≤ 2%,
und gegebenenfalls ein oder mehrere unter
0,0005% ≤ B ≤ 0,003%
Ni ≤ 1%
Cu ≤ 5%
ausgewählte Elemente, wobei der Rest der Zusammensetzung aus Eisen und unvermeidlichen
verhüttungsbedingten Verunreinigungen besteht, bereitstellt,
- aus diesem Stahl ein Halbzeug gießt,
- das Halbzeug auf eine Temperatur zwischen 1100 und 1300°C bringt,
- das Halbzeug bis zu einer Walzendtemperatur größer gleich 890°C warmwalzt,
- das Blech bei einer Temperatur unter 580°C aufwickelt,
- das Blech kaltwalzt,
- das Blech einer Glühwärmebehandlung unterwirft, welche eine Phase des Aufheizens
mit einer Aufheizgeschwindigkeit Vc, eine Phase des Haltens bei einer Temperatur Tm
über eine Haltezeit tm, gefolgt von einer Abkühlphase mit einer Abkühlgeschwindigkeit
Vr, gegebenenfalls gefolgt von einer Phase des Haltens bei einer Temperatur Tu über
eine Haltezeit tu umfaßt, wobei man die Parameter Vc, Tm, tm, Vr, Tu und tu so einstellt, daß man die Menge des mindestens einen ausgeschiedenen Metallelements
nach einem der Ansprüche 1 bis 8 erhält.
13. Verfahren nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, daß man die Parameter Vc, Tm, tm, Vr, Tu und tu so einstellt, daß die mittlere Größe der Carbid-, Nitrid- oder Carbonitrid-Ausscheidungen
nach dem Glühen zwischen 5 und 25 Nanometer liegt.
14. Verfahren nach einem der Ansprüche 12 oder 13, dadurch gekennzeichnet, daß man die Parameter Vc, Tm, tm, Vr, Tu und tu so einstellt, daß die mittlere Größe der Carbid-, Nitrid- oder Carbonitrid-Ausscheidungen
nach dem Glühen zwischen 7 und 20 Nanometer liegt.
15. Verfahren nach einem der Ansprüche 12 bis 14, dadurch gekennzeichnet, daß man die Parameter Vc, Tm, tm, Vr, Tu und tu so einstellt, daß sich mindestens 75% der Population der Ausscheidungen nach dem
Glühen in intragranularer Position befinden.
16. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten Blechs aus Eisen-Kohlenstoff-Mangan-Stahl
nach Anspruch 12, dadurch gekennzeichnet, daß man einen Stahl, dessen chemische Zusammensetzung 0,050% ≤ 0,50% umfaßt, bereitstellt,
das Halbzeug bis zu einer Walzendtemperatur größer gleich 950°C warmwalzt. das Blech
bei einer Temperatur unter 500°C aufwickelt, das Blech mit einem Reduktionsgrad von
mehr als 30% kaltwalzt, eine Glühwärmebehandlung mit einer Aufheizgeschwindigkeit
Vc zwischen 2 und 10°C/s bei einer Temperatur Tm zwischen 700 und 870°C über eine
Zeit zwischen 30 und 180 s durchführt und das Blech mit einer Geschwindigkeit zwischen
10 und 50°C/s abkühlt.
17. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten Blechs nach Anspruch 16, dadurch gekennzeichnet, daß die Aufheizgeschwindigkeit Vc zwischen 3 und 7°C/s liegt.
18. Verfahren zur Herstellung eines kaltgewalzten Blechs nach einem der Ansprüche 16 oder
17, dadurch gekennzeichnet, daß die Haltetemperatur Tm zwischen 720 und 850°C liegt.
19. Herstellungsverfahren nach einem der Ansprüche 12 bis 18, dadurch gekennzeichnet, daß man das Gießen des Halbzeugs in Form des Gießens von Brammen oder dünnen Bändern
zwischen gegenläufigen Stahlwalzen durchführt.
20. Verwendung eines Blechs aus austenitischem Stahl nach einem der Ansprüche 1 bis 11
oder eines nach einem Verfahren nach einem der Ansprüche 12 bis 19 hergestellten Blechs
aus austenitischem Stahl zur Herstellung von Konstruktionsteilen, Verstärkungsteilen
oder Außenteilen im Automobilbereich.