[0001] La présente invention concerne une traverse de chemin de fer, du type comprenant
:
- un bloc rigide présentant une face inférieure, et une face supérieure destinée à recevoir
au moins un rail longitudinal,
- un chausson destiné à recevoir le bloc rigide et formé d'une coque rigide comportant
un fond et un rebord périphérique bordant ce fond,
- une semelle résiliente disposée entre la face inférieure du bloc rigide et le fond
du chausson.
[0002] De telles traverses sont fréquemment utilisées pour effectuer la pose d'une voie
ferrée sans ballast, par exemple dans ou sur un ouvrage tel qu'un tunnel ou un viaduc,
offrant comme support aux traverses un radier ou une dalle.
[0003] EP-A-0 919 666 décrit une traverse de ce type. Le chausson rigide est encastré dans une dalle en
béton, avec laquelle il forme un ensemble rigide.
[0004] Chaque rail repose généralement sur un élément d'appui résilient, disposé entre chaque
rail et le bloc rigide. Les éléments d'appui résilients forment ainsi un premier étage
élastique. Ils peuvent être montés au moment de la pose de la voie, ou préalablement,
par exemple au moment de l'assemblage de la traverse.
[0005] La semelle résiliente disposée entre le bloc et le chausson rigide forme quant à
elle un deuxième étage élastique.
[0006] Les vibrations générées par les rails au passage des trains sont essentiellement
amorties au niveau des premier et deuxième étages élastiques.
[0007] Cependant, l'atténuation des vibrations mécaniques au passage du train de ce système
de voie tel qu'il est connu à ce jour, n'est pas entièrement satisfaisante. En effet,
la fréquence de coupure et le gain d'insertion sont plus importants que ceux par exemple
d'un système de voie sur dalles flottantes.
[0008] L'invention a pour but d'améliorer les performances d'atténuation des vibrations
de la traverse précitée, notamment dans une gamme de fréquence jusqu'à 250 Hz, laquelle
est considérée comme pouvant générer des nuisances dans les bâtiments environnants,
tout en limitant la fatigue et les contraintes subies par le système de voie.
[0009] A cet effet, l'invention a pour objet une traverse du type précité, caractérisée
en ce que la semelle résiliente a une raideur dynamique k2 comprise entre 6kN/mm et
10kN/mm, de préférence entre 6kN/mm et 8kN/mm.
[0010] Suivant d'autres caractéristiques de l'invention:
- la semelle résiliente comporte une face supérieure sensiblement plane et une face
inférieure sensiblement plane ;
- le bloc comprend quatre faces périphériques qui raccordent la face supérieure à la
face inférieure, la traverse comprenant des segments résilients disposés entre chaque
face périphérique du bloc et le rebord périphérique du chausson ;
- les segments résilients comprennent au moins deux segments résilients longitudinaux
dont la raideur dynamique est comprise entre 20kN/mm et 25kN/mm, et au moins deux
segments résilients transversaux dont la raideur dynamique est comprise entre 15kN/mm
et 18kN/mm ;
- ladite traverse comprend, sur la face supérieure du bloc rigide, un élément d'appui
résilient dont la raideur dynamique est comprise entre 120kN/mm et 300kN/mm, de préférence
entre 200kN/mm et 300kN/mm, l'élément d'appui résilient étant prévu pour recevoir
le rail en appui ;
- la traverse comporte un unique bloc et un unique chausson;
- le bloc a une masse comprise entre 350 kg et 450kg, de préférence entre 400kg et 450kg
;
- la traverse comprend deux blocs, deux chaussons respectivement associés et une entretoise
transversale reliant les deux blocs ; et
- chaque bloc a une masse comprise entre 100kg et 150kg, de préférence entre 130kg et
150kg.
[0011] L'invention a également pour objet un tronçon de voie ferrée caractérisé en ce qu'il
comprend une traverse telle que décrite ci-dessus et au moins un rail en appui sur
la traverse.
[0012] L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui va suivre, donnée
à titre d'exemple, et faite en se référant aux dessins, sur lesquels :
- la figure 1 est une vue schématique en coupe transversale d'un tronçon de voie ferrée
selon un premier mode de réalisation;
- la figure 2 est une vue schématique plus détaillée en coupe transversale de la traverse
de la figure 1;
- la figure 3 est une vue schématique en coupe longitudinale de la traverse des figures
1 et 2;
- la figure 4 est un schéma modélisant le tronçon de voie ferrée de la figure 1 ;
- la figure 5 est un graphique illustrant les performances acoustiques d'une traverse
selon l'invention ; et
- la figure 6 est une vue analogue à la figure 1 d'un tronçon de voie ferrée selon un
deuxième mode de réalisation.
[0013] Un tronçon de voie ferrée 2 selon un premier mode de réalisation de l'invention est
illustré de façon schématique sur la figure 1. Le tronçon 2 comprend deux rails longitudinaux
4 fixés sur une traverse 8. La traverse 8 comprend un unique bloc rigide en béton
9 et deux éléments d'appui 10 résilients disposés entre chaque rail 4 et le bloc 9.
[0014] Par convention, les rails longitudinaux 4 définissent une référence de longitudinalité.
[0015] Les éléments d'appui résilients 10 ont une forme sensiblement parallélépipédique.
Dans l'exemple illustré à la figure 1, leur largeur est sensiblement égale à la largeur
de la base d'un rail 4, et leur longueur est sensiblement égale à la largeur du bloc
9.
[0016] Les éléments d'appui résilients 10 viennent se loger dans un évidement 12 respectif
du bloc 9. Le profil de chaque évidement 12, en coupe transversale, est sensiblement
rectangulaire. La largeur et la longueur de chaque évidement 12 sont, dans l'exemple
illustré à la figure 1, sensiblement égales à la largeur et la longueur d'un élément
d'appui résilient 10, respectivement.
[0017] Les éléments d'appui résilients 10 sont par exemple collés à la traverse 8.
[0018] Chaque rail 4 est attaché au bloc 9 au moyen d'attaches de rail (non représentées)
qui empêchent tout déplacement transversal du rail par rapport au bloc 9 et solidarisent
le rail 4 avec le bloc 9 et avec chaque élément d'appui résilient 10.
[0019] Dans tout ce qui suit, compte tenu de la gamme de fréquence considérée (inférieure
ou égale à 250Hz), toute raideur dynamique est considérée comme constante et sensiblement
égale à 130% de la raideur statique.
[0020] Les éléments d'appui résilients 10 forment un premier étage élastique 14 de raideur
dynamique verticale k1 tel que modélisé sur la figure 4. En effet, chaque rail 4 est
modélisé comme étant en suspension sur une première extrémité d'un ressort 16 de raideur
dynamique k1. La seconde extrémité du ressort 16 est liée au bloc 9.
[0021] Chaque élément d'appui résilient 10 a une raideur dynamique k1 comprise entre 120kN/mm
et 300kN/mm, de préférence entre 200kN/mm et 300kN/mm. Le matériau utilisé pour chaque
élément d'appui résilient 10 est par exemple du caoutchouc, du polyuréthanne ou tout
autre matériau résilient.
[0022] La traverse 8 de la figure 1, illustrée de façon détaillée sur les figures 2 et 3,
comprend un chausson 20 destiné à recevoir le bloc 9, une semelle résiliente 22 disposée
dans un plan sensiblement horizontal entre le bloc 9 et le chausson 20, et quatre
segments résilients 24, 26 disposés dans un plan sensiblement vertical entre le bloc
9 et le chausson 20.
[0023] Le bloc 9 a une forme sensiblement parallélépipédique et comprend essentiellement
une face supérieure 32, une face inférieure sensiblement plane 34 servant d'appui,
et quatre faces périphériques 36, 38 reliant la face supérieure 32 à la face inférieure
34 par l'intermédiaire respectivement d'un arrondi 44 et d'un biseau 46. Les faces
périphériques 36, 38 comprennent deux faces périphériques longitudinales 36 et deux
faces périphériques transversales 38.
[0024] Les faces périphériques 36, 38 comprennent chacune une partie inférieure sensiblement
plane 36A, 38A, une partie supérieure sensiblement plane 36B, 38B, et une partie intermédiaire
sensiblement plane 36C, 38C reliant chaque partie inférieure 36A, 38A à sa partie
supérieure respective 36B, 38B. Les parties supérieures longitudinales 36B et les
parties supérieures transversales 38B convergent mutuellement vers le haut. Les parties
inférieures longitudinales 36A et les parties inférieures transversales 38A convergent
mutuellement vers le bas. Les parties intermédiaires longitudinales 36C et les parties
intermédiaires transversales 38C convergent mutuellement vers le bas en formant un
angle par rapport au plan vertical plus important que chaque partie inférieure respective
36A, 38A.
[0025] Le bloc 9 est choisi avec une masse particulièrement importante. En effet, sa masse
est comprise entre 350kg et 450kg, de préférence entre 400kg et 450kg. L'augmentation
de la masse du bloc 9 est classiquement obtenue par adjonction d'éléments métalliques
dans le béton.
[0026] Le chausson 20 est formé d'une coque sensiblement rigide. Le chausson 20 comprend
essentiellement un fond 48 et un rebord périphérique continu 50 longeant le fond 48.
[0027] Le fond 48 présente une face supérieure 52 sensiblement plane et rectangulaire.
[0028] Le rebord périphérique 50 du chausson 20 comprend quatre panneaux 54, 56. Les quatre
panneaux 54, 56 comprennent deux panneaux longitudinaux 54 associés respectivement
aux faces longitudinales 36 du bloc 9 et deux panneaux transversaux 56 associés respectivement
aux faces transversales 38. Chaque panneau 54, 56 comprend une face interne respective
62, 64. Chaque face interne 62, 64 comprend un logement 66, 68 sensiblement parallélépipédique
destiné à recevoir chacun des segments résilients 24,26.
[0029] Les logements 66, 68 sont sensiblement parallèles aux parties inférieures respectives
36A, 38A des faces périphériques 36, 38 du bloc 9. Chaque logement 66, 68 présente
une périphérie rectangulaire définie par un épaulement périphérique continu 66A, 68A.
Chaque logement 66, 68 a également sensiblement la même hauteur et sensiblement la
même longueur que la partie inférieure 36A, 38A à laquelle il est associé.
[0030] Chaque face interne 62, 64 comprend une partie supérieure 62A, 64A plane et dont
l'inclinaison par rapport à la verticale est sensiblement égale ou supérieure à l'inclinaison
des parties intermédiaires respectives 36C, 38C des faces périphériques 36, 38 du
bloc 9. Les parties supérieures 62A, 64A ont sensiblement la même hauteur que les
parties intermédiaires respectivement associées 36C, 38C du bloc 9.
[0031] Les parties supérieures 62A, 64A des faces internes 62, 64 des panneaux 54, 56 se
raccordent à un bord supérieur continu 70 du rebord 50. Le bord supérieur 70 présente,
dans l'exemple illustré aux figues 2 et 3, deux doigts permettant de fixer un joint
d'étanchéité continu 72. Le joint 72 est par exemple en caoutchouc naturel ou synthétique.
Il crée une étanchéité entre le bloc 9 et le chausson 20 sans nuire au déplacement
du bloc 9 dans le chausson 20. Il est également possible de réaliser le joint d'étanchéité
72 par coulée d'un matériau tel qu'un silicone ou un polyuréthane, sous forme d'un
cordon continu.
[0032] La rigidité du chausson 20 est renforcée par des nervures 74 aménagées en relief
à l'extérieur des panneaux 54, 56, et, pour partie, sous le fond 48. Elles sont par
exemple venues de matière avec le chausson 20. Ces nervures 74 peuvent présenter toute
forme appropriée et toute disposition appropriée par rapport au chausson 20, de façon
connue dans l'état de la technique, notamment par
EP-A-0 919 666. Elles présentent, dans l'exemple illustré aux figures 2 et 3, des encoches 76 permettant
d'ancrer le chausson 20 sur une armature. Les nervures 74 sont, lors de la pose de
la voie, noyées au moins partiellement dans le béton. Elles assurent ainsi la solidarisation
du chausson 20 avec le béton de remplissage.
[0033] Dans l'exemple illustré aux figures 2 et 3, le chausson 20 est réalisé d'une pièce,
par moulage. De façon non illustrée, le chausson 20 est réalisé par assemblage de
plusieurs coques partielles comme cela est connu dans l'état de la technique (par
exemple
EP-A-0 919 666). Dans le cas d'une traverse 8 monobloc selon le premier mode de réalisation de l'invention,
il peut par exemple s'agir de deux demi-coques d'extrémité et d'une coque centrale
reliant les deux demi-coques d'extrémité.
[0034] Le chausson 20 est par exemple réalisé en matière thermoplastique moulée ou en béton
de résine.
[0035] La semelle résiliente 22 a une forme sensiblement parallélépipédique et des faces
supérieure et inférieure sensiblement planes pour minimiser les contraintes mécaniques
subies par la semelle résiliente 22 et éviter les problèmes de fatigue. Sa longueur
et sa largeur sont sensiblement égales respectivement à la longueur et à la largeur
de la face inférieure 34 du bloc 9.
[0036] Son épaisseur est comprise entre 10mm et 20mm, de préférence entre 16mm et 20mm.
La semelle résiliente 22 reste ainsi dans un domaine élastique ; ce qui correspond
sensiblement à un taux de déformation maximum inférieur ou égal à 40%. Le taux de
déformation est le taux de variation de l'épaisseur de la semelle résiliente 22 entre
un état libre et un état sous charge.
[0037] La semelle résiliente 22 forme un deuxième étage élastique 78 de raideur dynamique
verticale k2 tel que modélisé sur la figure 4. En effet, le bloc rigide 9 est modélisé
comme étant en suspension sur les premières extrémités de deux ressorts 80 de raideur
dynamique k2. Les secondes extrémités des ressorts 80 sont liées au chausson 20.
[0038] La semelle résiliente 22 selon l'invention a une raideur dynamique k2 inférieure
à la raideur dynamique des dispositifs classiquement utilisés. En effet, la raideur
dynamique k2 est comprise entre 6kN/mm et 10kN/mm, de préférence entre 6kN/mm et 8kN/mm.
[0039] La semelle résiliente 22 est par exemple réalisée en un matériau élastomère cellulaire.
[0040] Dans un mode de réalisation préféré, la semelle résiliente 22 a une raideur dynamique
verticale k2 sensiblement uniforme sur l'ensemble de sa surface.
[0041] Dans un autre mode de réalisation, la semelle résiliente 22 a, dans une zone centrale
du bloc 9, une raideur dynamique verticale k3 inférieure ou égale à k2. La zone centrale
comprend le milieu du bloc 9 et s'étend transversalement du milieu du bloc 9 vers
les extrémités sur sensiblement la moitié de la surface du bloc 9. En effet, cette
zone centrale étant moins sollicitée, il est possible d'y utiliser un matériau plus
élastique et donc moins onéreux.
[0042] La semelle résiliente 22 peut reposer librement sur le fond 48 du chausson 20. Elle
peut ainsi être facilement retirée du chausson 20.
[0043] De manière avantageuse, la traverse 8 comprend également une cale d'épaisseur 82
sensiblement incompressible, comme illustré sur les figures 2 et 3.
[0044] La cale d'épaisseur 82 a une forme sensiblement parallélépipédique. Sa longueur et
sa largeur sont sensiblement égales à la longueur et à la largeur de la face supérieure
52 du fond 48 du chausson 20. Son épaisseur est inférieure ou égale à 10mm, de préférence
comprise entre 2mm et 4mm.
[0045] La cale d'épaisseur 82 repose librement sur le fond 48 du chausson 20. Ainsi, elle
peut être retirée facilement du chausson 20, ou être ajoutée au chausson 20, pour
ajuster le nivellement de la voie.
[0046] De manière avantageuse, la semelle résiliente 22 repose librement sur la cale d'épaisseur
82.
[0047] La surface de la cale d'épaisseur 82 a une rugosité suffisamment importante pour
éviter le glissement de la semelle résiliente 22 dans le chausson 20. La rugosité
est par exemple obtenue au moyen de stries, de pointes de diamant ou de picots.
[0048] Chaque segment résilient 24, 26 présente une face externe 24A, 26A, un face interne
24B, 26B et quatre faces périphériques.
[0049] Les faces externes 24A, 26A et internes 24B, 26B ont sensiblement les même dimensions
et ont un contour sensiblement rectangulaire.
[0050] Les faces externes 24A, 26A et internes 24B, 26B ont une longueur et une largeur
sensiblement égales respectivement à la longueur et à la largeur des logements respectifs
66, 68 du rebord périphérique 50 du chausson 20.
[0051] Les segments résilients 24, 26 sont disposés dans les logements respectifs 66, 68.
Ils sont par exemple maintenus grâce aux frottements entre les faces périphériques
des segments résilients 24, 26 et l'épaulement périphérique 66A, 68A de chaque logement
66, 68. Les segments résilients 24, 26 peuvent ainsi être retirés facilement.
[0052] La retenue de chaque segment résilient 24, 26 peut également être assurée par encliquetage
mutuel. Par exemple, les logements 66, 68 comprennent des rainures et les segments
résilients 24, 26 comprennent des cannelures complémentaires.
[0053] Les segments résilients 24, 26 ont une épaisseur supérieure à la profondeur des logements
66, 68 de façon à faire saillie par rapport aux épaulements 66A, 68A.
[0054] Les faces internes 24B, 26B sont en simple appui contre les parties inférieures respectives
36A, 38A des faces périphériques 36, 38 du bloc rigide 9.
[0055] Comme illustré aux figures 2 et 3, les faces internes 24B, 26B sont munies de rainures
augmentant leur élasticité.
[0056] Les segments résilients 24, 26 ont une raideur dynamique comprise entre 12kN/mm et
25kN/mm. Ils sont par exemple réalisés en caoutchouc, polyuréthanne ou tout autre
matériau résilient.
[0057] Les segments longitudinaux 24 correspondant aux faces périphériques longitudinales
36 sont soumis à des efforts plus importants que les segments transversaux 26 correspondant
aux faces périphériques transversales 38. Aussi, les segments longitudinaux 24 peuvent
être avantageusement choisis avec une raideur dynamique supérieure à celle des segments
transversaux 26. Ainsi, les segments longitudinaux 24 ont par exemple une raideur
dynamique comprise entre 20kN/mm et 25kN/mm, tandis que les segments transversaux
26 ont une raideur dynamique comprise entre 15kN/mm et 18kN/mm.
[0058] En conditions normales de fonctionnement, les segments résilients 24, 26 maintiennent
le bloc 9 à distance des faces internes 62, 64 du chausson 20.
[0059] Les segments résilients 24, 26 permettent ainsi un amortissement horizontal du bloc
9. Cet amortissement horizontal est découplé de l'amortissement vertical obtenu grâce
aux éléments d'appui résilients 10 et à la semelle résiliente 22.
[0060] On notera que le nombre de segments résilients n'est pas limitatif. La traverse 8
peut par exemple comprendre, de chaque côté du bloc 8, deux segments transversaux
34 l'un à côté de l'autre.
[0061] La figure 5 illustre les performances acoustiques d'une traverse selon l'invention
et d'une traverse connue. La figure 5 représente un gain d'insertion en fonction de
la fréquence. Le gain d'insertion est ici le rapport exprimé en dB entre la valeur
d'une grandeur métrique (vitesse, accélération, force, etc.) obtenue avec l'introduction
d'une semelle résiliente et celle obtenue sans celle-ci (voir NF ISO 14837-1:2005).
Dans l'exemple considéré, il s'agit de la force exercée sur le chausson 20. Une réduction
de valeur de la grandeur métrique sera exprimée par un signe négatif du gain d'insertion.
[0062] De plus, la fréquence de coupure est la fréquence à partir de laquelle on observe
globalement une décroissance du gain d'insertion.
[0063] k1 dyn est la raideur dynamique des éléments d'appui résilients 10, k2dyn est la
raideur dynamique de la semelle résiliente 22, M est la masse du bloc 9.
[0064] La courbe illustrant le gain d'insertion en fonction de la fréquence pour k2dyn =
21.3MN/m, M = 200 kg, k1dyn = 150 MN/m constitue une courbe de référence S1 illustrant
la performance du dispositif connu. Une seconde courbe--illustre- les- performances
d'une traverse selon l'invention dont k2dyn = 8MN/m, M = 400 kg et k1dyn = 270 MN/m.
[0065] Entre 0 et 10 Hz, les performances d'atténuation des vibrations sont sensiblement
les mêmes. Entre 10 et 25 Hz, le gain d'insertion est supérieur de quelques dB par
rapport à la courbe S1. Entre 25 Hz et 250 Hz, le gain d'insertion est inférieur de
plusieurs dB par rapport à la courbe S1.
[0066] De plus, la fréquence de coupure est inférieure par rapport à la courbe S1 (20Hz
au lieu de 32Hz).
[0067] Ainsi, entre 25 Hz et 250 Hz, les performances d'une traverse selon l'invention sont
sensiblement meilleures.
[0068] Dans un deuxième mode de réalisation illustré à la figure 6, la traverse 108 comprend
deux blocs rigides 109 reliés par une entretoise 184. Dans la mesure où la traverse
bibloc 108 présente de grandes similitudes avec la traverse monobloc 8, on retrouve,
à la figure 6, les mêmes références qu'aux figures 1 à 4, toutefois incrémentées de
100.
[0069] La longueur des chaussons 120 est adaptée pour recevoir les blocs 109. Il en est
de même pour les segments transversaux 126 et les semelles résilientes 122. Les figures
2 et 3, qui illustrent une traverse monobloc 8, sont également une parfaite illustration
d'une traverse 108.
[0070] La principale différence entre la traverse monobloc 8 et la traverse bibloc 108 réside
dans la présence d'une entretoise 184 pénétrant les deux blocs 109.
[0071] La diminution de la raideur dynamique K2 des semelles résilientes 122 et/ou l'augmentation
de la masse des blocs 109 génèrent un moment de flexion longitudinal important.
[0072] Aussi, l'entretoise 184 a une forme adaptée pour obtenir une forte inertie. Il s'agit
par exemple d'une forme en équerre ou en cylindre. L'entretoise 184 a par exemple
également une section comprise entre 800mm2 et 1500mm2 et une épaisseur comprise entre
6mm et 10mm. Elle est par exemple réalisée en acier suivant la norme EN 13230-3.
[0073] Chaque bloc 109 a une masse comprise entre 100kg et 150 kg, de préférence entre 130
kg et 150 kg.
[0074] On notera que la traverse monobloc 8 supporte particulièrement facilement les contraintes
mécaniques supplémentaires résultant de l'invention.
[0075] On comprendra qu'avec une traverse selon l'invention, la diminution de la raideur
dynamique k2 de la semelle résiliente 22, 122 permet d'obtenir de meilleures performances
d'atténuation des vibrations, notamment en abaissant la fréquence de coupure et en
abaissant le gain d'insertion entre 25Hz et 250HZ.
[0076] L'augmentation de la masse du bloc 9, 109 permet également, pour une raideur dynamique
k2 de semelle résiliente 22, 122 donnée, d'abaisser la fréquence de coupure et donc
d'améliorer les performances de la traverse 8, 108 dans les basses fréquences. Cependant,
au dessus d'une certaine masse, les contraintes mécaniques subies par la traverse
8, 108 deviennent trop importantes.
[0077] L'augmentation de la raideur dynamique k1 des éléments d'appui résilients 10, 110
abaisse le gain d'insertion entre 200Hz et 250Hz et déplace la fréquence de résonance
vers des fréquences plus élevées , la fréquence de résonance étant la fréquence pour
laquelle on observe une remonté du gain d'insertion.
[0078] L'invention permet donc de se rapprocher des performances d'atténuation vibratoires
obtenues avec une dalle flottante dont la fréquence de coupure se situe entre 14Hz
et 20Hz et dont le gain d'insertion à -25dB se situe à 63Hz.
1. Traverse (8 ; 108) de chemin de fer, du type comprenant :
- un bloc rigide (9 ; 109) présentant une face inférieure (34), et une face supérieure
(32) destinée à recevoir au moins un rail longitudinal (4 ; 104),
- un chausson (20 ; 120) destiné à recevoir le bloc rigide (9 ; 109) et formé d'une
coque rigide comportant un fond (48 ; 148) et un rebord périphérique (50 ; 150) bordant
ce fond (48 ; 148),
- une semelle résiliente (22 ; 122) disposée entre la face inférieure (34) du bloc
rigide (9 ; 109) et le fond (48 ; 148) du chausson (20 ; 120),
caractérisée en ce que la semelle résiliente (22 ; 122) a une raideur dynamique k2 comprise entre 6kN/mm
et 10kN/mm, de préférence entre 6kN/mm et 8kN/mm.
2. Traverse (8 ; 108) selon la revendication 1, caractérisée en ce que la semelle résiliente (22 ; 122) comporte une face supérieure sensiblement plane
et une face inférieure sensiblement plane.
3. Traverse (8 ; 108) selon la revendication 1 ou 2, caractérisée en ce que le bloc (9 ; 109) comprend quatre faces périphériques (36, 38) qui raccordent la
face supérieure (32) à la face inférieure (34), la traverse (8 ; 108) comprenant des
segments résilients (24, 26 ; 124, 126) disposés entre chaque face périphérique (36,
38) du bloc (9 ; 109) et le rebord périphérique (50 ; 150) du chausson (20 ; 120).
4. Traverse (8 ; 108) selon la revendication 3, caractérisée en ce que les segments résilients (24, 26 ; 124, 126) comprennent au moins deux segments résilients
longitudinaux (24 ; 124) dont la raideur dynamique est comprise entre 20kN/mm et 25kN/mm,
et au moins deux segments résilients transversaux (26 ; 126) dont la raideur dynamique
est comprise entre 15kN/mm et 18kN/mm.
5. Traverse (8 ; 108) selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce qu'elle comprend, sur la face supérieure (32) du bloc rigide (9 ; 109), un élément d'appui
résilient (10 ; 110) dont la raideur dynamique est comprise entre 120kN/mm et 300kN/mm,
de préférence entre 200kN/mm et 300kN/mm, l'élément d'appui résilient (10 ; 110) étant
prévu pour recevoir le rail (4 ; 104) en appui.
6. Traverse (8) selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la traverse (8) comporte un unique bloc (9) et un unique chausson (20).
7. Traverse (8) selon la revendication 6, caractérisée en ce que le bloc (9) a une masse comprise entre 350 kg et 450kg, de préférence entre 400kg
et 450kg.
8. Traverse (108) selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisée en ce que la traverse (108) comprend deux blocs (109), deux chaussons (120) respectivement
associés et une entretoise (184) transversale reliant les deux blocs (109).
9. Traverse (108) selon la revendication 8, caractérisée en ce que chaque bloc (109) a une masse comprise entre 100kg et 150kg, de préférence entre
130kg et 150kg.
10. Tronçon de voie ferrée (2 ; 102), caractérisé en ce qu'il comprend une traverse (8 ; 108) selon l'une quelconque des revendications précédentes
et au moins un rail (4 ; 104) en appui sur la traverse (8 ; 108).
1. Railway sleeper (8; 108) of the type comprising:
- a rigid block (9; 109) having a lower face (34) and an upper face (32) designed
to receive at least one longitudinal rail (4; 104);
- a shoe (20; 120) designed to receive the rigid block (9; 109) and formed of a rigid
shell comprising a base (48; 148) and a peripheral edge (50; 150) bordering this base
(48; 148);
- a resilient plate (22; 122) arranged between the lower face (34) of the rigid block
(9; 109) and the base (48; 148) of the shoe (20; 120);
characterised in that the resilient plate (22; 122) has a dynamic stiffness k2 of between 6kN/mm and 10kN/mm,
preferably between 6kN/mm and 8kN/mm.
2. Sleeper (8; 108) according to claim 1, characterised in that the resilient plate (22; 122) comprises a substantially flat upper face and a substantially
flat lower face.
3. Sleeper (8; 108) according to claim 1 or 2, characterised in that the block (9; 109) comprises four peripheral faces (36, 38) which connect the upper
face (32) to the lower face (34), the sleeper (8; 108) comprising resilient segments
(24, 26; 124, 126) arranged between each peripheral face (36, 38) of the block (9;
109) and the peripheral edge (50; 150) of the shoe (20; 120).
4. Sleeper (8; 108) according to claim 3, characterised in that the resilient segments (24, 26; 124, 126) comprise at least two longitudinal resilient
segments (24; 124) whose dynamic stiffness is between 20kN/mm and 25kN/mm, and at
least two transverse resilient segments (26; 126) whose dynamic stiffness is between
15kN/mm and 18kN/mm.
5. Sleeper (8; 108) according to any of the preceding claims, characterised in that it comprises, on the upper face (32) of the rigid block (9; 109), a resilient supporting
element (10; 110) whose dynamic stiffness is between 120kN/mm and 300kN/mm, preferably
between 200kN/mm and 300kN/mm, the resilient supporting element (10; 110) being designed
to receive and support the rail (4; 104).
6. Sleeper (8) according to any of the preceding claims, characterised in that the sleeper (8) comprises a single block (9) and a single shoe (20).
7. Sleeper (8) according to claim 6, characterised in that the block (9) has a mass of between 350kg and 450kg, preferably between 400kg and
450kg.
8. Sleeper (108) according to any of claims 1 to 5, characterised in that the sleeper (108) comprises two blocks (109), two shoes (120) linked together and
a transverse spacer (184) connecting the two blocks (109).
9. Sleeper (108) according to claim 8, characterised in that each block (109) has a mass of between 100kg and 150kg, preferably between 130kg
and 150kg.
10. Section of railway (2; 102), characterised in that it comprises one sleeper (8; 108) according to any of the preceding claims and at
least one rail (4; 104) supported by the sleeper (8; 108).
1. Eisenbahnschwelle (8; 108), in ihrer Art umfassend
- einen starren Block (9;109), aufweisend eine untere Fläche (34) und eine obere Fläche
(32), welche zur Aufnahme mindestens einer Längsschiene (4; 104) geeignet ist;
- einen Schuh (20;120), welcher zur Aufnahme des starren Blockes (9;109) geeignet
ist und welcher aus einer festen Ummantelung gebildet ist, welcher eine Unterseite
(48;148) und einen Peripherierand (50;150) aufweist, der diese Unterseite (48;148)
begrenzt;
- eine elastische Sohle (22;122), welche zwischen der unteren Oberfläche (34) des
starren Blockes (9;109) und der Unterseite (48; 148) des Schuhes (20; 120) angeordnet
ist,
dadurch gekennzeichnet, dass
die elastische Sohle (22; 122) eine dynamische Steifheit k2 aufweist, welche sich
zwischen 6 kN/mm und 10 kN/mm, bevorzugt zwischen 6 kN/mm und 8 kN/mm, erstreckt.
2. Schwelle (8;108) nach Anspruch 1,
dadurch gekennzeichnet, dass
die elastische Sohle (22; 122) eine im Wesentlichen planare obere Fläche und eine
im Wesentlichen planare untere Fläche beinhaltet.
3. Schwelle (8;108) nach Anspruch 1 oder 2,
dadurch gekennzeichnet, dass
der starre Block (9;109) vier periphere Flächen (36,38) umfasst, welche die obere
Fläche (32) mit der unteren Fläche (34) verbinden und die Schwelle (8;108) elastische
Segmente (24,26;124,126) beinhaltet, welche zwischen der jeweils peripheren Fläche
(36,38) des starren Blockes (9,109) und dem peripheren Rand (50; 150) des Schuhs (20;
120) angeordnet sind.
4. Schwelle (8;108) nach Anspruch 3,
dadurch gekennzeichnet, dass
die elastischen Segmente (24,26;124,126) mindestens zwei elastische, longitudinale
Segmente (24;124), deren dynamische Steifheit zwischen 20 kN/mm und 25 kN/mm liegt,
und mindestens zwei elastische, transversale Segmente (26;126), deren dynamische Steifheit
zwischen 15 kN/mm und 18 kN/mm liegt, umfassen.
5. Schwelle (8;108) nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass
auf der oberen Fläche (32) des starren Blockes (9;109) ein elastisches Stützelement
(10;110), dessen dynamische Steifheit zwischen 120 kN/mm und 300 kN/mm, vorzugsweise
zwischen 200 kN/mm und 300 kN/mm liegt, vorgesehen ist, und das elastische Stützelement
(10;110) zur Unterstützung der Aufnahme der Schiene (4;104) vorgesehen ist.
6. Schwelle (8) nach einem der vorhergehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass
die Schwelle (8) einen einzelnen Block (9) und einen einzelnen Schuh (20) aufweist.
7. Schwelle (8) nach Anspruch 6,
dadurch gekennzeichnet, dass
der Block (9) eine Masse zwischen 350 kg und 450 kg, vorzugsweise zwischen 400 kg
und 450 kg, aufweist.
8. Schwelle (108) nach einem der Ansprüche 1-5,
dadurch gekennzeichnet, dass
die Schwelle (108) zwei Blöcke (109), zwei gegenseitig verbundene Schuhe (120) und
einen Abstandshalter (184), welcher die beiden Blöcke (109) verbindet, umfasst.
9. Schwelle (108) nach Anspruch 8,
dadurch gekennzeichnet, dass
jeder Block (109) eine Masse zwischen 100 kg und 150 kg, vorzugsweise zwischen 130
kg und 150 kg, aufweist.
10. Gleisabschnitt (2;102),
dadurch gekennzeichnet, dass
dieser eine Schwelle (8;108) nach einem der vorhergehenden Ansprüche und mindestens
eine Schiene (4;104), welche gegen die Schwelle (8;108) aufliegt, umfasst.