DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] L'invention concerne un élément de raffinage pour les fibres notamment papetières,
plus particulièrement destiné à être mis en oeuvre au sein d'un appareil de raffinage
de pulpe pour pâte à papier communément dénommé raffineur de pâte à papier dans le
domaine considéré, ou pour le raffinage haute concentration pour les copeaux de bois.
ETAT ANTERIEUR DE LA TECHNIQUE
[0002] De manière connue, le papier est essentiellement constitué de fibres de cellulose
distribuées de manière aléatoire, et dont la cohésion est assurée par des liaisons
de nature chimique lorsque l'eau est retirée de la pâte à papier qui le constitue.
[0003] Cette pâte à papier consiste essentiellement en fibres individuelles de cellulose
se présentant sous la forme de tubes comprenant un certain nombre de couches concentriques.
[0004] Afin de permettre la liaison entre les fibres propre à permettre de conférer une
certaine cohésion à la pâte à papier, et corollairement d'assurer la constitution
de feuilles de papier, on met en oeuvre une étape de raffinage destinée principalement
à hydrater, "fibriller", c'est à dire accroître la surface spécifique, et couper les
fibres.
[0005] Ce raffinage consiste en fait essentiellement à réaliser un broyage partiel des fibres
entrant dans la constitution de la pâte à papier, dite à ce stade pâte brute triturée.
[0006] A cet effet, il est connu depuis longtemps déjà dans le domaine considéré, de mettre
en oeuvre des raffineurs, le plus souvent constitués de disques mobiles ou rotors
coopérant avec des disques fixes ou stators, ces disques étant parallèles entre eux
et coaxiaux, et entre lesquels circule la pâte brute triturée à traiter, et dont le
produit final est une pâte raffinée.
[0007] Afin d'opérer cette étape de broyage, on munit les disques en question d'une surface
active présentant un certain nombre de dents ou lames formant autant de saillies par
rapport à la surface du disque en question. Il est donc défini entre les rotors et
le stator un entrefer constitué par l'espace séparant les deux surfaces actives, et
notamment les lames ou dents respectives.
[0008] La pâte à traiter circule dans les gorges définies par les dents ou lames, se retrouve
dans l'entrefer du fait du mouvement sous forme de flocs, ces derniers subissant alors
un traitement de broyage de par la coopération des arêtes et des surfaces des lames
ou dents respectivement du rotor et du stator.
[0009] On conçoit de fait que les surfaces actives des disques en question s'usent relativement
rapidement et qu'il convient donc de pourvoir de manière plus ou moins périodique
à leur remplacement. En effet, les arêtes respectives des dents ou lames s'émoussent
en raison de l'entrefer relativement réduit ménagé entre les disques et du passage
et du broyage à ce niveau de la pâte brute triturée. Ce faisant, on réalise ces surfaces
actives sur des pièces d'usure, également dénommées garnitures, fixées de façon amovible
sur les plateaux des rotors et des stators constitutifs du raffineur.
[0010] Les mêmes problèmes se posent en relation avec des raffineurs mettant en oeuvre d'autres
formes que les disques, et notamment des surfaces coniques, ou cylindriques.
[0011] Traditionnellement, les garnitures sont le plus souvent réalisées en métal (acier
inoxydable ou fonte). Elles sont également réalisées généralement en une seule pièce
selon une forme de couronne. Elles peuvent cependant être constituées d'un assemblage
de segments en forme de secteurs de couronne, rapportés notamment par boulonnage sur
les plateaux des rotors et du stator.
[0012] Parmi les garnitures disponibles à ce jour, on distingue tout d'abord les garnitures
taillées pour lesquelles les motifs, et donc notamment les dents ou lames sont obtenues
par usinage. L'avantage de la mise en oeuvre de telles garnitures réside essentiellement
dans leur possible réutilisation après étape de re-taillage. En revanche, leur dureté
est relativement faible, entraînant en corollaire une faible durée de vie et partant
une maintenance lourde en termes de personnel et en termes de nombre d'arrêts du raffineur.
De plus, le poids de la garniture est relativement élevé, rendant la garniture chère,
et nécessitant pour sa manutention des outillages (palans) outre un personnel conséquent.
[0013] On connaît également les garnitures moulées, pour lesquels les motifs sont obtenus
par des procédés traditionnels de fonderie. Si la technique de la fonderie est aujourd'hui
bien maîtrisée, permettant de fait de réduire les coûts de fabrication, en revanche
les garnitures ainsi obtenues ne sont pas réutilisables.
[0014] En outre, la dépouille en fond de denture réduit le débit de la pâte, susceptible
d'induire une variation du raffinage au fur et à mesure de l'usure des dents. Qui
plus est, les types de motifs des lames ou dents sont assez limités.
[0015] Enfin, on connaît également les garnitures de type mécano-soudé, pour lesquelles
les motifs sont obtenus par assemblage de lames individuelles. Si certes, cette technique
permet de disposer de lames ou dents de dureté élevée, ainsi que d'un poids de garniture
relativement faible, en revanche elle présente l'inconvénient de ne pas permettre
la réutilisation des pièces d'usure. Au surplus, la soudure en fond de denture réduit
également, comme dans la cas précédent, le débit de la pâte, susceptible encore une
fois de faire varier le raffinage au fur et à mesure de l'usure. Qui plus est, là
encore les types de motifs des lames ou dents sont limités.
EXPOSE DE L'INVENTION
[0016] La présente invention a pour objectif de pallier ces différents inconvénients, tant
en termes de coût de fabrication que de simplification des opérations de maintenance.
[0017] A cet effet, elle propose un élément de raffinage pour fibres mis en oeuvre dans
un raffineur de pâte à papier ou de copeaux de bois, comportant sur sa surface active
une pluralité de lames ou dents en saillie, parallèles entre elles au sein d'une même
zone de ladite surface active, et destiné à être fixé sur un plateau ou support de
l'une des pièces actives dudit raffineur.
[0018] Selon l'invention, ledit élément est constitué d'une tôle issue de laminage, découpée
en fonction de la forme souhaitée de l'élément.
[0019] En d'autres termes, l'invention consiste principalement dans la mise en oeuvre, en
lieu et place des techniques précédemment connues, d'une tôle laminée présentant de
notables avantages notamment en termes de poids et donc de maintenance, et en termes
de coûts.
[0020] Le matériau constitutif de la tôle peut être de l'acier, et notamment de l'acier
inoxydable ou tout autre type d'acier. Il peut cependant être d'une autre nature,
et notamment être constitué de métaux non ferreux, de matières synthétiques, etc....
[0021] La notion de parallélisme des dents ou lames n'implique pas nécessairement que lesdites
lames soient linéaires. Elles peuvent en effet adopter des profils très variés, tels
que par exemples radiaux, curvilignes, en zig zag, etc...
[0022] Avantageusement, après réalisation des dents ou lames par usinage, l'élément, lorsqu'il
est réalisé en acier, subit une étape de traitement thermique spécifique, permettant
d'augmenter significativement la dureté de la surface active, jusqu'à atteindre voire
dépasser celle susceptible d'être obtenue par technologie de fonderie d'acier inoxydable
et notamment des duretés voisines de 50 à 60 HRC.
[0023] L'élément de raffinage pour fibres de l'invention est susceptible d'être mis en oeuvre
au sein d'un raffineur à disques, d'un raffineur conique ou d'un raffineur cylindrique.
[0024] Dans une forme particulière de réalisation de l'invention, le raffineur est un raffineur
à disques, et comporte respectivement deux stators et deux rotors, l'élément de raffinage
de l'invention étant alors constitué d'une couronne circulaire.
[0025] Selon l'invention, cette couronne circulaire n'est pas montée directement sur le
plateau des rotors et des stators, mais sur un élément intercalaire également dénommé
sous l'expression anglo-saxonne
«spacer », propre à compenser le différentiel d'épaisseur des éléments de garniture de l'art
antérieur, outre à régler l'entrefer entre le rotor et le stator. Ainsi, les disques
du raffineur à disques sont chacun constitués de l'empilement d'un plateau - support,
du « spacer », et de la couronne circulaire.
[0026] Selon l'invention, la couronne circulaire peut être divisée en deux demi disques,
voire en une pluralité de secteurs de couronne, également obtenus à partir de tôles
laminées en acier, et rapportés sur le spacer par boulonnage.
BREVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0027] La manière dont l'invention peut être réalisée et les avantages qui en découlent
ressortiront mieux de l'exemple de réalisation qui suit, donné à titre indicatif et
non limitatif à l'appui des figures annexées.
[0028] La figure 1 est une représentation schématique en perspective d'un disque de raffinage
conforme à l'invention, dont la figure 2 est une vue en éclaté.
La figure 3 est une vue du dessus de l'élément de raffinage de l'invention.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
[0029] On a représenté en relation avec la figure 1 un disque de raffinage conforme à l'invention,
destiné à être mis en oeuvre au sein d'un raffineur pour pâte à papier.
[0030] Fondamentalement, celui-ci comporte le plateau (1) du disque, fixe ou mobile, selon
qu'il s'agisse d'un stator ou d'un rotor.
[0031] Sur ce plateau, est monté un élément intercalaire également dénommé « spacer » (2),
destiné, comme mentionné
supra, à compenser la perte d'épaisseur et en outre à permettre le serrage des disques en
vis-à-vis du raffineur, c'est-à-dire à permettre le réglage de l'entrefer entre les
dents respectives du rotor et du stator.
[0032] Une fois mis en place, cet élément intercalaire (2) n'est plus démonté du raffineur
et demeure sur le plateau (1).
[0033] Enfin, on a représenté par la référence (3) la pièce d'usure, c'est-à-dire l'élément
de garniture conforme à l'invention. Celle-ci dans l'exemple décrit est constituée
d'une couronne circulaire, co-axiale avec d'une part le spacer (2) et d'autre part
le plateau (1) du rotor ou du stator, et sensiblement de même dimension périphérique.
[0034] Selon une caractéristique de l'invention, cette garniture (3) est réalisée à partir
d'une tôle en acier inoxydable issu de laminage.
[0035] Cette tôle est découpée par des procédés classiques et notamment laser, puis est
usinée par des programmes d'usinage identiques à ceux mis en oeuvre pour la réalisation
des garnitures de l'art antérieur. Cet usinage est destiné à définir sur la surface
active (4) de la garniture (3), c'est à dire sur la surface faisant face au disque
antagoniste, un certain nombre de dents ou lames (5), formant saillies par rapport
à ladite surface active.
[0036] Ces lames ou dents (5) sont orientées parallèlement les unes aux autres au sein d'une
même zone (6) de la surface active de la garniture, ainsi qu'on peut bien l'observer
sur les différentes figures.
[0037] La garniture (3) est fixée sur le spacer (2) par boulonnage (7), là encore de manière
traditionnelle.
[0038] Selon une caractéristique avantageuse de l'invention, une fois l'usinage des dents
ou lames (5) réalisé sur la couronne en tôle laminée, et préalablement au boulonnage
de cette dernière sur le spacer (2), elle subit une étape de traitement thermique
spécifique.
[0039] Ce faisant, on augmente significativement la dureté de la garniture (3), et donc
corollairement la durée de vie de cette pièce d'usure, permettant ainsi un espacement
des opérations de maintenance.
[0040] Au surplus, et indépendamment de cette étape de traitement thermique spécifique,
en raison de la mise en oeuvre de la technique de laminage d'une tôle permettant d'aboutir
à la garniture en question, on dispose d'une résistance accrue de la structure en
raison de la meilleure micro-structure métallurgique du produit laminé en comparaison
aux produits obtenus par voie de fonderie.
[0041] En raison même du procédé mis en oeuvre, le laminage, on diminue de manière drastique
les coûts de fabrication, puisque aussi bien, on s'affranchit de la mise en oeuvre
d'ébauches de fonderie outre de l'étape d'écroûtage de la pièce résultant de fonderie.
[0042] Au surplus, notamment lors de la mise en oeuvre d'une couronne entière circulaire,
il n'existe plus de jeu entre les différents segments susceptibles de constituer les
garnitures ou pièce d'usure, telles que décrites en relation avec le rappel de l'état
antérieur de la technique.
[0043] En outre, en raison de sa masse réduite, en moyenne de 50% à 70% par rapport aux
garnitures traditionnelles, les opérations de maintenance s'en trouvent largement
facilitées, puisque le poids de cette pièce d'usure n'est plus un problème.
1. Elément de raffinage pour fibres, comportant sur sa surface active (4) une pluralité
de lames ou dents (5) en saillie, parallèles entre elles au sein d'une même zone (6)
de ladite surface active, et destiné à être fixé sur un plateau ou support (1) de
l'une des pièces actives dudit raffineur, caractérisé en ce qu'il est constitué d'une tôle issue de laminage, découpée en fonction de la forme souhaitée
de l'élément.
2. Elément de raffinage pour fibres selon la revendication 1, caractérisé en ce que la tôle laminée est en acier.
3. Elément de raffinage pour fibres selon la revendication 2, caractérisé en ce que l'acier constitutif de la tôle est de l'acier inoxydable ou un autre type d'acier.
4. Elément de raffinage pour fibres selon l'une des revendications 2 et 3, caractérisé en ce qu'après réalisation des dents ou lames (5) sur sa surface active (4) par usinage, il
subit une étape de traitement thermique spécifique destinée à augmenter la dureté
de la surface active.
5. Elément de raffinage pour fibres selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre pour le raffinage de la pâte à papier ou des copeaux de bois.
6. Elément de raffinage pour fibres selon l'une des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que le raffineur au sein duquel il est mis en oeuvre est un raffineur à disques, un raffineur
conique ou un raffineur cylindrique.
7. Elément de raffinage pour fibres selon la revendication 6, mis en oeuvre au sein d'un
raffineur à disques, caractérisé en ce qu'il est constitué d'une couronne circulaire.
8. Raffineur de fibres papetières du type à disques, comprenant deux stators et deux
rotors parallèles entre eux et coaxiaux, caractérisé en ce que chacun des disques qui le constitue est constitué par l'empilement d'un plateau -
support (1), d'un élément intercalaire ou « spacer » (2) destiné notamment à régler
l'entrefer entre le rotor et le stator, et d'une couronne circulaire (3) selon la
revendication 7.
9. Raffineur de fibres papetières selon la revendication 8, caractérisé en ce que la couronne circulaire est divisée en deux demi disques, rapportés sur le spacer
(2) par boulonnage.
10. Raffineur pour fibres papetières selon la revendication 8, caractérisé en ce que la couronne circulaire est divisée en secteurs de couronne, rapportés sur le spacer
(2) par boulonnage.