[0001] La présente invention a trait à un dispositif anti-basculement pour mobilier de type
armoire comprenant des éléments tels que des tiroirs pouvant être déployés au-delà
de sa façade. Dans ce cas, ledit déploiement conduit à modifier la position du centre
de gravité de l'armoire, et fait courir le risque d'un basculement de l'armoire lorsque
la position dudit centre de gravité crée un moment par rapport au centre géométrique
de l'armoire qui n'est pas suffisamment compensé par la structure de cette dernière.
[0002] Ce problème est classiquement résolu par l'emploi de contrepoids, en général situés
au voisinage de la base de l'armoire. Plus précisément, les solutions utilisées recourent
à une ou plusieurs plaques de forte densité localisée(s) sur ou à la place de la base.
C'est ce qui est par exemple montré dans le document
WO98/33416 qui présente, à titre de base de la commode décrite, un matériau non métallique d'épaisseur
bien supérieure aux parois latérales métalliques du cadre, et ayant une densité prévue
pour exercer un contrepoids suffisant pour contrebalancer les effets des tiroirs lorsqu'ils
sont ouverts.
[0003] Alternativement, il est connu d'intégrer des plaques formant contrepoids sous la
plaque formant la base du meuble.
[0004] Ces solutions présentent cependant un caractère quasi définitif, puisque le contrepoids
devient partie intégrante de la structure de l'armoire. Il est alors malaisé de procéder
à des modifications du contrepoids, par exemple pour correspondre à des évolutions
touchant l'armoire ou la commode (adjonction de nouveaux tiroirs, nouvelle fonction
ou utilisation du meuble, etc.). S'il est nécessaire de procéder au remplacement ou
à l'ajustement du contrepoids, il faut en effet dans ce cas démonter une partie de
l'armoire, qui doit d'ailleurs le cas échéant être préalablement vidée, afin de pouvoir
réaliser l'opération dans des conditions correctes.
[0005] Par ailleurs, il est courant de procéder au lestage d'une armoire à l'aide de contrepoids
seulement une fois qu'elle a été livrée au client, afin d'en faciliter la manipulation
au cours de la livraison.
[0006] Dans cette hypothèse, il n'est pas possible d'achever le montage de l'armoire en
usine, puisque l'installation du contrepoids nécessite un démontage partiel.
[0007] La présente invention se propose de remédier à ces inconvénients, par la mise en
place d'un contrepoids qui n'est pas lié à la structure de l'armoire et procure une
efficacité accrue par rapport aux solutions existantes.
[0008] De manière générale, le dispositif antibasculement de l'invention s'adresse à des
mobiliers de rangement du type armoire comprenant :
- une structure dotée de parois extérieures supérieure et latérales, d'une base et d'un
fond ;
- un premier support pour étagères monté à une première paroi latérale et un second
support pour étagères monté à une seconde paroi latérale.
[0009] L'invention objet de la présente demande se caractérise à titre principal en ce que
la structure ci-dessus comporte :
- une fente ménagée entre les premier et second supports et le fond du mobilier ;
- un contrepoids prévu pour être inséré dans ladite fente.
[0010] En fait, pour des raisons d'efficience du système, le contrepoids est placé à proximité
de la base du mobilier.
[0011] Pour satisfaire à la condition précitée visant à faciliter l'installation du contrepoids
sans toucher à la structure du meuble, une condition de forme est ensuite posée :
un premier côté du contrepoids comporte un profil permettant l'insertion dans la fente
de la seconde paroi latérale d'un second côté dudit contrepoids de sorte que le contrepoids
puisse être pivoté pour permettre l'insertion du premier côté dans la fente de la
première paroi latérale.
[0012] Plus précisément, le dispositif anti-basculement de l'invention, qui concerne des
mobiliers constitués d'un cadre d'allure parallélépipédique auquel est fixé un fond
vertical et dont au moins les côtés latéraux sont revêtus d'une paroi intérieure,
se caractérise en ce que :
- des fentes sont ménagées entre les chants arrières desdites parois intérieures et
le fond ;
- au moins une plaque d'allure rectangulaire fabriquée en un matériau lourd est insérée
et maintenue verticale dans lesdites fentes, ladite plaque présentant sur un premier
côté latéral un profil faisant varier sa longueur dans le sens d'une réduction vers
au moins un de ses chants supérieur ou inférieur, ladite réduction étant prévue pour
autoriser un pivotement par rapport au coin supérieur opposé de la plaque, prenant
une forme arrondie à cet effet ;
- des moyens de préhension sont prévus pour déplacer la plaque en vue de l'implanter
dans ou de l'extraire de l'armoire.
[0013] Contrairement à ses devanciers, le dispositif anti-basculement qui est proposé permet
un positionnement du point d'application de la charge situé à l'opposé de la zone
de déploiement des tiroirs, garantissant ainsi une efficacité maximale. Il est dès
lors possible d'utiliser des contrepoids dont le poids est moindre compte tenu de
la création d'un couple résistant amélioré par rapport aux dispositifs de l'art antérieur.
[0014] Le dispositif de l'invention est en outre très aisément modulable, puisqu'un empilement
de plaques formant contrepoids est facilement réalisable. Ces plaques coulissent en
effet simplement dans les fentes existant entre les parois internes et le fond, et
la forme particulière de leur pourtour autorise un montage/démontage aisé, c'est-à-dire
sans qu'il soit nécessaire d'effectuer un pivotement de grande amplitude.
[0015] Selon une possibilité, le premier côté latéral comporte en son milieu un ergot arrondi
suivi vers ses extrémités inférieure et supérieure d'une portion de chant faisant
régulièrement décroître la longueur de la plaque.
[0016] L'existence de l'ergot permet de garantir la retenue de la plaque dans la fente correspondante
et au contact du fond. Les portions de chant faisant décroître la longueur de la plaque
ont pour objet de limiter l'amplitude de la rotation nécessaire au montage/démontage
de la plaque.
[0017] De préférence, ces portions sont rectilignes, et se terminent par un coin arrondi.
[0018] Le second côté latéral de la plaque obéit à la même logique de retenue dans une fente,
c'est-à-dire qu'il comporte, à ses extrémités supérieure et inférieure, deux ergots
arrondis séparés par une portion rectiligne.
[0019] L'aspect déterminant de ce profil réside dans les coins arrondis, qui permettent
d'effectuer un pivotement au cours de l'opération de montage/démontage. Dans l'hypothèse
où l'ergot de retenue du premier côté latéral est central, la plaque présente un pourtour
ayant une symétrie d'axe médian horizontal favorable en termes de production puisque
les autres découpes peuvent ensuite être effectuées indifféremment d'un côté ou de
l'autre.
[0020] Plus précisément, les moyens de préhension peuvent consister, selon une configuration
possible, en au moins un orifice situé au voisinage de l'extrémité supérieure du premier
côté latéral de la plaque, ledit orifice étant dimensionné pour permettre au moins
le passage des doigts d'un opérateur.
[0021] On notera que l'orifice de préhension se situe bien entendu à l'opposé de l'axe de
pivotement, de manière à rendre l'opération plus confortable.
[0022] Les plaques, lorsqu'elles sont montées dans les armoires en vue de réaliser un contrepoids,
reposent horizontalement sur leur chant inférieur. II en résulte, au moins pendant
une partie du déplacement qui leur est conféré pendant le montage, un coulissement
vertical dans les fentes latérales. Ce coulissement peut être facilité par l'existence
de deux lumières verticales débouchant dans le chant inférieur en une portion évasée
de centrage, lesdites lumières étant prévues pour coopérer avec des galets d'un système
de guidage du cadre de l'armoire.
[0023] De préférence, la plaque est en acier, et elle présente une épaisseur comprise entre
4 et 10 mm.
[0024] L'invention concerne également un procédé visant à empêcher le basculement d'une
armoire à l'aide du dispositif précité, c'est-à-dire par mise en place d'au moins
une plaque telle que décrite ci-dessus. Ce dispositif se caractérise à titre essentiel
par les étapes suivantes :
- positionnement en biais de la plaque contre le fond, premier côté latéral vers le
haut ;
- insertion de l'extrémité supérieure du second côté latéral de la plaque dans la fente
d'un des côtés latéraux de l'armoire ;
- pivotement de la plaque autour de ladite extrémité supérieure en vue d'insérer le
premier côté latéral dans la fente opposée de l'armoire ;
- horizontalisation de la plaque par mise en contact avec la base du cadre de l'armoire
ou le chant supérieur d'une plaque déjà positionnée.
[0025] Selon une possibilité, cette horizontalisation s'accompagne d'une insertion des galets
du système de guidage dans les lumières pratiquées dans le chant inférieur de la plaque.
[0026] L'invention va à présent être décrite plus en détail, en référence aux figures annexées,
pour lesquelles :
- la figure 1 est une vue en élévation d'une plaque selon l'invention ; et
- la figure 2 représente une vue en coupe partielle d'une armoire équipée de deux plaques
empilées contre le fond.
[0027] En référence à la figure 1, la plaque (1), par exemple métallique, comporte sur son
côté latéral (2) un téton central (3) arrondi entouré de deux portions de chant rectilignes
(3) et (4) se terminant en des coins arrondis (5, 5').
[0028] Le second côté latéral comporte deux tétons arrondis (6, 7) placés aux coins, entourant
une portion rectiligne (8). Deux découpes parallèles (9, 10) débouchent au niveau
du chant inférieur (11) via des embouchures évasées (12, 13). Au voisinage du coin
supérieur arrondi (5) et de la portion rectiligne (3), une découpe oblongue (14) sert
de moyen de préhension de la plaque (1).
[0029] En référence à la figure 2, deux plaques (1, 1') sont disposées contre le fond (15)
de l'armoire (A) représentée. Cette armoire (A) comporte un cadre d'allure parallélépipédique
dont sont visibles les côtés latéraux (16, 17) et la base (18). Des parois latérales
intérieures (19, 20) équipent les côtés latéraux (16, 17) du cadre extérieur. Des
fentes ont été ménagées entre ces parois intérieures (19, 20) et le fond (15), ainsi
le cas échéant qu'entre le cadre (18) de la base et le fond (15), ladite base étant
constituée d'une plaque (non représentée) insérée dans le cadre (18) apparent.
[0030] La mise en place ou le démontage de chaque plaque (1, 1') se fait de la manière suivante
: l'opérateur la place contre le fond (15) de l'armoire (A), en biais de telle sorte
que le premier côté latéral, celui qui est muni de l'ergot (2), soit relevé et que
l'ergot (6) du second chant latéral soit inséré dans la fente qu'il jouxte.
[0031] Compte tenu de l'inclinaison de la portion rectiligne (4), l'angle d'inclinaison
de la plaque (1) peut être maintenu relativement faible.
[0032] En exerçant une rotation autour du pivot constitué par l'ergot (6), le coin arrondi
(5') peut être inséré dans la fente qui lui fait face, c'est-à-dire celle qui est
située entre le fond (15) et la paroi interne (20). En continuant le mouvement de
pivotement, le reste du premier côté latéral, et notamment l'ergot arrondi (2) pénètre
à son tour dans ladite fente. Ce mouvement est contrôlé par l'opérateur en utilisant
l'orifice de préhension (14). L'ergot (7) arrondi pénètre à son tour dans la fente
située entre la paroi interne (19) et le fond (15), et lorsqu'il arrive en butée,
la plaque (1) est peu ou prou horizontalisée. Il est alors possible de la faire descendre
au contact du fond de la fente située entre le cadre (18) et le fond (15), ce mouvement
pouvant au surplus être guidé par des galets (non visibles) du système de guidage
parallèle du cadre, lesdits galets coulissant dans les lumières (9) et (10). Les embouchures
évasées (12) et (13) de ces lumières servent s'il en est besoin à centrer lesdits
galets dans lesdites lumières (9, 10).
[0033] II est possible d'ajouter d'autres plaques métalliques (1, 1') selon le contrepoids
désiré, c'est-à-dire en fonction par exemple du nombre de tiroirs installés dans l'armoire.
[0034] Bien entendu, la forme donnée notamment à la plaque (1) n'est nullement limitative
de l'invention. Le premier côté latéral, comportant l'ergot (2), pourrait ainsi par
exemple comporter cet ergot en partie supérieure, au niveau du coin (5), avec un profil
de chant entraînant une réduction progressive de la longueur de la plaque jusqu'au
coin (5').
1. Dispositif antibasculement pour mobilier de rangement du type armoire comprenant :
- une structure dotée de parois extérieures supérieure et latérales, d'une base et
d'un fond ;
- un premier support pour étagères monté à une première paroi latérale et un second
support pour étagères monté à une seconde paroi latérale ;
- une fente ménagée entre les premier et second supports et le fond du mobilier ;
- un contrepoids prévu pour être inséré dans ladite fente.
2. Dispositif antibasculement pour mobilier de rangement du type armoire selon la revendication
précédente, caractérisé en ce que le contrepoids est placé à proximité de la base du mobilier.
3. Dispositif antibasculement pour mobilier de rangement du type armoire selon l'une
des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce qu'un premier côté du contrepoids comporte un profil permettant l'insertion dans la fente
de la seconde paroi latérale d'un second côté dudit contrepoids de sorte que le contrepoids
puisse être pivoté pour permettre l'insertion du premier côté dans la fente de la
première paroi latérale.
4. Dispositif antibasculement pour mobilier de rangement du type armoire comprenant des
éléments tels que des tiroirs pouvant être déployés au-delà de sa façade, ladite armoire
étant constituée d'un cadre d'allure parallélépipédique auquel est fixé un fond vertical
et dont au moins les côtés latéraux sont revêtus d'une paroi intérieure,
caractérisé en ce que :
- des fentes sont ménagées entre les chants arrières desdites parois intérieures et
le fond ;
- au moins une plaque d'allure rectangulaire fabriquée en un matériau lourd est insérée
et maintenue verticale dans lesdites fentes, ladite plaque présentant sur un premier
côté latéral un profil faisant varier sa longueur dans le sens d'une réduction vers
au moins un de ses chants supérieur ou inférieur, ladite réduction étant prévue pour
autoriser un pivotement par rapport au coin supérieur opposé de la plaque, prenant
une forme arrondie à cet effet ;
- des moyens de préhension sont prévus pour déplacer la plaque en vue de l'implanter
dans ou de l'extraire de l'armoire.
5. Dispositif antibasculement pour armoire selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le premier côté latéral comporte en son milieu un ergot arrondi suivi vers ses extrémités
inférieure et supérieure d'une portion de chant faisant régulièrement décroître la
longueur de la plaque.
6. Dispositif antibasculement pour armoire selon la revendication précédente, caractérisé en ce que lesdites portions sont rectilignes, et se terminent par un coin arrondi.
7. Dispositif antibasculement pour armoire selon l'une des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le second côté latéral de la plaque comporte, à ses extrémités supérieure et inférieure,
deux ergots arrondis séparés par une portion rectiligne.
8. Dispositif antibasculement pour armoire selon l'une quelconque des revendications
précédentes, caractérisé en ce que les moyens de préhension consistent en au moins un orifice situé au voisinage de
l'extrémité supérieure du premier côté latéral de la plaque, ledit orifice étant dimensionné
pour permettre au moins le passage des doigts d'un opérateur.
9. Dispositif antibasculement selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que deux lumières verticales débouchent dans le chant inférieur en une portion évasée
de centrage, lesdites lumières étant prévues pour coopérer avec des galets d'un système
de guidage du cadre de l'armoire.
10. Dispositif antibasculement pour mobilier de rangement du type armoire comprenant des
éléments tels que des tiroirs pouvant être déployés au-delà de sa façade, ladite armoire
étant constituée d'un cadre d'allure parallélépipédique auquel est fixé un fond vertical
et dont au moins les côtés latéraux sont revêtus d'une paroi intérieure,
caractérisé en ce que :
- des fentes sont ménagées entre les chants arrières desdites parois intérieures et
le fond ;
- au moins une plaque d'allure rectangulaire fabriquée en un matériau lourd est insérée
et maintenue verticale dans lesdites fentes, ladite plaque présentant sur un premier
côté latéral un profil comportant en son milieu un ergot arrondi suivi vers ses extrémités
inférieure et supérieure d'une portion de chant faisant régulièrement décroître la
longueur de la plaque, ladite réduction étant prévue pour autoriser un pivotement
par rapport au coin supérieur opposé de la plaque, prenant une forme arrondie à cet
effet ;
- des moyens de préhension consistant en au moins un orifice situé au voisinage de
l'extrémité supérieure du premier côté latéral de la plaque, ledit orifice étant dimensionné
pour permettre au moins le passage des doigts d'un opérateur.
11. Dispositif antibasculement selon la revendication précédente, caractérisé en ce que les portions reliant l'ergot aux chants supérieur et inférieur sont rectilignes et
se terminent par un coin arrondi.
12. Dispositif antibasculement selon l'une des revendications 7 et 8, caractérisé en ce que le second chant latéral de la plaque comporte, à ses extrémités supérieure et inférieure,
deux ergots arrondis séparés par une portion rectiligne.
13. Dispositif antibasculement selon l'une des revendications 7 à 9, caractérisé en ce que deux lumières verticales débouchent dans le chant inférieur en une portion évasée
de centrage, lesdites lumières étant prévues pour coopérer avec des galets d'un système
de guidage du cadre de l'armoire.
14. Dispositif antibasculement selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la plaque est en acier.
15. Dispositif antibasculement selon la revendication précédente, caractérisé en ce que l'épaisseur de la plaque est comprise entre 4 et 10 mm.
16. Procédé visant à empêcher le basculement d'une armoire à l'aide d'un dispositif selon
les revendications précédentes par mise en place d'au moins une plaque,
caractérisé par les étapes suivantes :
- positionnement en biais de la plaque contre le fond, premier côté latéral vers le
haut ;
- insertion de l'extrémité supérieure du second côté latéral de la plaque dans la
fente d'un des côtés latéraux de l'armoire ;
- pivotement de la plaque autour de ladite extrémité supérieure en vue d'insérer le
premier côté latéral dans la fente opposée de l'armoire ;
- horizontalisation de la plaque par mise en contact avec la base du cadre de l'armoire
ou le chant supérieur d'une plaque déjà positionnée.
17. Procédé selon la revendication précédente, caractérisé en ce que l'horizontalisation s'accompagne d'une insertion des galets du système de guidage
dans les lumières pratiquées dans le chant inférieur de la plaque.