Domaine technique de l'invention
[0001] La présente invention concerne les produits corroyés et les éléments de structure,
notamment pour construction aéronautique, en alliage d'aluminium. Les produits corroyés
peuvent être des produits laminés (tels que des tôles minces, tôles moyennes, tôles
épaisses), des produits filés (tels que des barres, profilés, tubes ou fils), et des
produits forgés.
Etat de la technique
[0002] Les éléments structuraux monolithiques métalliques à propriétés variables dans l'espace
présentent un intérêt considérable dans le contexte actuel de l'industrie aéronautique.
En effet, les éléments structuraux sont soumis à un faisceau de contraintes contradictoires
qui nécessitent des choix particuliers sur les matériaux et les conditions de transformation,
ce qui peut conduire à des compromis peu satisfaisants. De plus, le remplacement des
étapes d'assemblage mécanique, longues et coûteuses par des étapes plus économiques
d'usinage intégral d'éléments monolithiques se trouve limité par la possibilité d'obtenir
au sein d'un élément monolithique les propriétés les plus avantageuses dans chaque
zone géométrique. Il serait donc très intéressant de réaliser des éléments structuraux
monolithiques ayant des propriétés variables dans l'espace de façon à obtenir dans
chaque zone un compromis optimal de propriétés tout en bénéficiant des avantages économiques
des procédés d'usinage intégral. Cependant, aucun procédé de fabrication d'élément
structural monolithique métallique à propriétés variables dans l'espace n'a été industrialisé
à ce jour car de nombreux problèmes de coût et de fiabilité sont rencontrés.
[0003] Ainsi, plusieurs procédés ont été proposés dans l'art antérieur pour réaliser des
éléments structuraux monolithiques métalliques à propriétés variables dans l'espace.
[0004] Une première solution proposée est de réaliser, lors du revenu, un traitement thermique
différent entre les extrémités de l'élément structural.
[0005] FR 2 707 092 (Pechiney Rhenalu) décrit un procédé de fabrication de produits à durcissement structural
possédant des propriétés variables de façon continue dans au moins une direction dans
lequel le revenu est effectué en portant une des extrémités du produit à une température
T et l'autre extrémité à une température t dans un four spécifique comprenant une
chambre chaude et une chambre froide reliées par une pompe à chaleur.
[0006] WO 2005/098072 (Pechiney Rhenalu) décrit un procédé de fabrication dans lequel au moins une étape
du traitement de revenu est effectuée dans un four à profil thermique contrôlé comportant
au moins deux zones ou groupes de zones Z
1 et Z
2 avec des températures initiales T
1 et T
2 dans lequel la longueur des deux zones est d'au moins un mètre.
[0007] Ces procédés limitent les variations de propriétés à des propriétés pouvant être
modifiées de façon compatible lors d'un revenu. Dans le cas des alliages sans traitement
thermique, ce type de procédé ne peut pas être utilisé. De même, dans le cas des alliages
de la famille 2XXX, pour lesquels il existe de nombreuses pièces vendues à l'état
T3 ou T4 (non revenu) il n'est pas possible d'obtenir des éléments ayant des propriétés
variables par ce procédé.
[0008] Par ailleurs, des profilés comportant dans un même plan perpendiculaire à la longueur
une zone entre les nervures ayant une microstructure présentant une texture fibre
plus développée de façon à diminuer la vitesse de propagation de fissure sont décrits
dans la demande de brevet
US 2003/226935.
[0009] Dans une autre approche, il a été proposé de souder deux pièces en alliages différents
avant d'usiner la pièce résultante. L'élément structural obtenu, même s'il présente
une continuité de matière et des propriétés variables dans l'espace, ne peut cependant
pas être considéré comme un élément structural monolithique en raison de la zone soudée.
La demande
PCT WO 98/58759 (British Aerospace) décrit ainsi une billette hybride formée à partir d'un alliage
2000 et d'un alliage 7000 par soudage par friction-malaxage à partir de laquelle est
usiné un longeron. La demande de brevet
EP 1 547 720 A1 (Airbus UK) décrit une méthode d'assemblage par soudage de deux pièces typiquement
obtenues à partir d'alliages différents de façon à réaliser après usinage une pièce
structurale pour des applications aéronautiques telles qu'un longeron.
[0010] Dans l'industrie aéronautique, le problème est en partie résolu en faisant localement
varier l'épaisseur des éléments structuraux à propriétés homogènes dans l'espace de
façon à leur permettre de résister au niveau local de contrainte. La variation d'épaisseur
est généralement obtenue par assemblage ou par usinage.
[0011] CA 2 317 366 (Airbus Deutschland) décrit par exemple la fabrication d'éléments de fuselage par
soudage de tôles de diverses épaisseurs. On peut aussi envisager d'obtenir directement
par laminage des tôles d'épaisseur variable de façon à éviter les étapes d'assemblage
et les problèmes techniques et économiques associés. Des variations d'épaisseur sont
envisageables dans la direction longitudinale ou la direction transverse (voir par
exemple
R. Kopp, C. Wiedner et A. Meyer, International Sheet Metal Review, Juillet/Août 2005,
p20-24).
[0012] La réalisation de tôles à épaisseur variable a par ailleurs été envisagée par diverses
méthodes pour résoudre d'autres problèmes techniques. Les bandes « sur mesure » («
tailored blanks ») sont ainsi connues dans la sidérurgie et permettent d'économiser
de la matière lors des étapes de mise en forme.
[0013] JP 11-192502 (Nippon Steel) décrit ainsi un procédé permettant d'obtenir une bande d'acier, dont
l'épaisseur et les caractéristiques mécaniques statiques varient dans la largeur.
EP 0 062 469 A1 (Sumitomo) décrit un procédé comprenant une étape de transformation par déformation
plastique à froid avec plusieurs réductions à froid suivie d'un traitement thermique
de solubilisation également appelé mise en solution.
[0014] WO 00/21695 (Thyssen Krupp) décrit un procédé permettant d'obtenir des sections d'épaisseur variable
dans la direction du laminage au sein d'une bande métallique, ces sections présentant
des propriétés mécaniques différentes.
[0015] La modification de la géométrie des tôles, si elle se justifie pour réaliser des
économies de matière présente cependant des inconvénients en terme de fabrication,
de contrôle, de manutention et ne permet pas un transfert rapide direct vers les procédés
existants chez les avionneurs.
[0016] Le problème auquel répond la présente invention est de développer un procédé pour
la fabrication de produits corroyés et d'éléments de structure monolithiques en alliage
d'aluminium, notamment pour la construction aéronautique, présentant des propriétés
d'emploi variables dans l'espace tout en présentant des caractéristiques géométriques
identiques à celles des produits et éléments actuels, qui soit suffisamment économique
et contrôlable, qui permette de faire varier dans l'espace les propriétés d'emploi
d'éléments de structure dont le procédé de fabrication ne nécessite pas nécessairement
de revenu et qui permette de faire varier les propriétés d'emploi d'éléments de structure
à différentes position de leur longueur.
Objet de l'invention
[0017] Un premier objet de la présente invention est un procédé de fabrication d'un produit
corroyé ou d'un élément de structure multi-fonctionnel monolithique en alliage d'aluminium
comprenant une étape de transformation à chaud caractérisé en ce que postérieurement
à la transformation à chaud il comprend également au moins une étape de transformation
par déformation plastique à froid dans laquelle on impose en au moins deux zones de
l'élément de structure des déformations plastiques généralisées moyennes différentes
d'au moins 2% et préférentiellement différentes d'au moins 3%.
[0018] Un deuxième objet de l'invention est un produit corroyé ou un élément de structure
en alliage 2XXX à l'état T3X susceptible d'être obtenu par le procédé selon l'invention.
[0019] Un troisième objet de l'invention est un produit corroyé ou un élément de structure
en alliage 2XXX contenant du lithium à l'état T8X susceptible d'être obtenu par le
procédé selon l'invention.
Description des figures
[0020]
La figure 1 montre de manière schématique un mode de réalisation de l'invention dans
lequel trois zones situées à une position différente dans la direction L subissent des déformations plastiques différentes par traction contrôlée grâce à
un déplacement des mors du banc de traction.
La figure 2 montre de manière schématique un mode de réalisation de l'invention dans
lequel trois zones situées à une position différente dans la direction L subissent des déformations plastiques différentes par traction contrôlée grâce à
une variation de la section.
La figure 3 montre de manière schématique un mode de réalisation de l'invention dans
lequel trois zones situées à une position différente dans la direction L subissent des déformations plastiques différentes par laminage à froid grâce à une
variation de l'épaisseur avant laminage.
La figure 4 montre de manière schématique un mode de réalisation de l'invention dans
lequel trois zones situées à une position différente dans la direction l subissent des déformations plastiques différentes par laminage à froid grâce à une
variation de l'épaisseur avant laminage.
La figure 5 montre de manière schématique un mode de réalisation de l'invention dans
lequel trois zones situées à une position différente subissent des déformations plastiques
différentes par compression.
Description de l'invention
[0021] Sauf mention contraire, toutes les indications relatives à la composition chimique
des alliages sont exprimées en pourcent massique. Par conséquent, dans une expression
mathématique, « 0,4 Zn » signifie : 0,4 fois la teneur en zinc, exprimée en pourcent
massique ; cela s'applique mutatis mutandis aux autres éléments chimiques. La désignation
des alliages suit les règles de The Aluminum Association, connues de l'homme du métier.
Les états métallurgiques et les traitements thermiques sont définis dans la norme
européenne EN 515. La composition chimique d'alliages d'aluminium normalisés est définie
par exemple dans la norme EN 573-3. Sauf mention contraire, les caractéristiques mécaniques
statiques, c'est-à-dire la résistance à la rupture R
m, la limite élastique R
p0,2, et l'allongement à la rupture A, sont déterminées par un essai de traction selon
la norme EN 10002-1, l'endroit et le sens du prélèvement des éprouvettes étant définis
dans la norme EN 485-1. La ténacité K
1C est mesurée selon la norme ASTM E 399.
[0022] Sauf mention contraire, les définitions de la norme européenne EN 12258-1 s'appliquent,
en particulier on appelle alliage sans traitement thermique un alliage qui ne peut
être durci de façon substantielle par un traitement thermique et alliage à traitement
thermique un alliage qui peut être durci par un traitement thermique approprié.
[0023] Le terme « tôle » est utilisé ici pour des produits laminés de toute épaisseur.
[0024] Par déformation plastique à froid on entend ici une déformation plastique pour laquelle
le métal n'est volontairement chauffé ni avant d'être déformé ni au cours de la déformation.
Il existe plusieurs types de déformations plastiques à froid, notamment le laminage
à froid, la traction contrôlée (planage), le tréfilage, l'étirage, le matriçage, l'emboutissage,
le pliage, la compression et le forgeage à froid. Par transformation à chaud on entend
une étape de déformation pour laquelle la température initiale du métal est d'au moins
200 °C.
[0025] Le taux d'écrouissage est défini dans le cas du laminage d'une épaisseur e
0 à une épaisseur e par τ(%) = (e
0 -e)/e et dans le cas de la traction d'une longueur L
0 à une longueur L par τ(%) = (L-L
0)/L
0.
[0026] La déformation plastique généralisée est connue de l'homme du métier, elle est définie
par exemple dans le manuel
«Mise en forme des métaux - Calculs sur la plasticité » de P. Baque, E. Felder, J.
Hyafil et Y. D'Escatha aux éditions Dunod, Paris (1973) ou dans l'ouvrage
« Mise en forme des métaux et alliages », textes rassemblés par B. Baudelet, édité
par les éditions du CNRS, 1976, Paris. Par convention, la déformation généralisée est la mesure de l'amplitude de déformation
et on prend comme valeur de la déformation
ε celle qui correspond à un essai de traction simple d'après le critère

où
dε1,
dε2 et
dε3 sont les déformations principales élémentaires.
[0027] Dans le cas d'une déformation plastique, la variation de volume est nulle et on a
donc
dε1+
dε2+
dε3= 0. La déformation plastique généralisée est additive pour différentes étapes successives
de déformation plastique.
[0028] Dans le cas du laminage d'une épaisseur e
0 à une épaisseur e, où la déformation est plane (
dε3=0,
dε2= -
dε1), la déformation plastique généralisée est égale à ε (%) = (2/√3)ln(e
0/e).
[0029] Dans le cas de la traction d'une longueur l
0 à une longueur l, la déformation plastique généralisée est égale à ε(%) = ln(l/l
0).
[0030] Dans le cas de la compression d'une longueur l
0 à une longueur l, la déformation plastique généralisée est égale à ε(%) = ln(l
0/l)
[0031] On appellera ici déformation plastique généralisée moyenne, la moyenne de la déformation
plastique généralisée dans un volume donné.
[0032] Le terme « usinage » comprend tout procédé d'enlèvement de matière tel que le tournage,
le fraisage, le perçage, l'alésage, le taraudage, l'électroérosion, la rectification,
le polissage, l'usinage chimique.
[0033] Le terme « produit filé » comprend également les produits qui ont été étirés après
filage, par exemple par étirage à froid à travers une filière. Il comprend également
les produits tréfilés.
[0034] Le terme « produit corroyé » se réfère à un demi-produit (c'est-à-dire un produit
intermédiaire) prêt à être transformé, notamment par sciage, usinage et/ou mise en
forme en élément de structure. Dans certains cas le produit corroyé peut être utilisé
directement comme élément de structure. Les produits corroyés peuvent être des produits
laminés (tels que des tôles minces, tôles moyennes, tôles épaisses), des produits
filés (tels que des barres, profilés, tubes ou fils), et des produits forgés. Lorsque
le procédé de fabrication du produit corroyé comprend une étape de détentionnement
par traction contrôlée, les extrémités de la pièce qui se sont trouvées sous l'emprise
des mors du banc de traction sont sciées de façon à rendre la pièce utilisable en
construction mécanique.
[0035] Le terme « élément de structure » se réfère à un élément utilisé en construction
mécanique pour lequel les caractéristiques mécaniques statiques et / ou dynamiques
ont une importance particulière pour la performance et l'intégrité de la structure,
et pour lequel un calcul de la structure est généralement prescrit ou effectué. Il
s'agit typiquement d'une pièce mécanique dont la défaillance est susceptible de mettre
en danger la sécurité de ladite construction, de ses utilisateurs, de ses usagers
ou d'autrui. Pour un avion, ces éléments de structure comprennent notamment les éléments
qui composent le fuselage (tels que la peau de fuselage (fuselage skin en anglais),
les raidisseurs ou lisses de fuselage (stringers), les cloisons étanches (bulkheads),
les cadres de fuselage (circumferential frames), les ailes (tels que la peau de voilure
(wing skin), les raidisseurs (stringers ou stiffeners), les nervures (ribs) et longerons
(spars)) et l'empennage composé notamment de stabilisateurs horizontaux et verticaux
(horizontal or vertical stabilisers), ainsi que les profilés de plancher (floor beams),
les rails de sièges (seat tracks) et les portes.
[0036] Le terme « élément de structure monolithique » se réfère à un élément de structure
qui a été obtenu à partir d'une seule pièce de demi-produit laminé, filé, forgé ou
moulé, sans assemblage, tel que rivetage, soudage, collage, avec une autre pièce.
[0037] Le terme « élément de structure multi-fonctionnel » se réfère ici principalement
aux fonctions conférées par les caractéristiques métallurgiques du produit et non
pas par sa forme géométrique.
[0038] Selon l'invention, le problème est résolu par un procédé de fabrication d'un produit
corroyé en alliage d'aluminium ou d'un élément de structure multi-fonctionnel monolithique
en alliage d'aluminium qui comprend au moins une étape de déformation plastique à
froid postérieure à la transformation à chaud, dans laquelle au moins deux zones du
produit corroyé ou de l'élément de structure subissent des déformations plastiques
généralisées moyennes différentes d'au moins 2%, préférentiellement d'au moins 3%
et encore plus préférentiellement d'au moins 4% ou même 5%. Les zones considérées
ont un volume significatif par rapport au volume total de l'élément de structure.
Avantageusement, le volume des zones considérées représente au moins 5%, préférentiellement
au moins 10% et plus préférentiellement au moins 15% du volume total du produit corroyé
ou de l'élément de structure. D'une manière avantageuse toutes les zones du produit
corroyé ou de l'élément de structure subissent une déformation plastique généralisée
minimale d'au moins 1% et de préférence d'au moins 1,5%.
[0039] De façon avantageuse, le procédé selon l'invention comprend au moins deux étapes
de transformation par déformation plastique à froid postérieures à la transformation
à chaud.
[0040] Les procédés selon l'invention permettent de réaliser des produits corroyés et des
éléments de structure ayant une dimension principale ou longueur finale L
f dans la direction principale ou direction de la longueur
L et une section finale dans le plan perpendiculaire à cette direction S
f. De manière préférée, la section S
f est sensiblement constante en tout point du produit corroyé. Dans le cas où le produit
corroyé est une tôle de longueur finale L
f, de largeur finale l
f et d'épaisseur finale e
f, il est avantageux que l'épaisseur e
f soit sensiblement constante en tout point. Dans le cas où il s'agit d'un produit
filé de longueur L et de forme complexe il est avantageux que la forme soit identique
en tout point de la longueur.
[0041] Un usinage peut constituer une des dernières étape du procédé selon l'invention de
façon à obtenir une section finale et/ou une épaisseur finale du produit corroyé sensiblement
constantes en tout point.
[0042] Le procédé selon l'invention peut être utilisé pour élaborer des produits corroyés,
de préférence des tôles et des profilés, et des éléments structuraux en tout alliage
d'aluminium de corroyage. En particulier, l'invention peut être utilisée avec des
alliages sans traitement thermique tels que les alliages 1XXX, 3XXX, 5XXX et certains
alliages de la série 8XXX, et de façon particulièrement avantageuse avec des alliages
5XXX contenant du scandium, à une teneur préférée de 0,001 à 5% en poids et de façon
encore plus préférée de 0,01 à 0,3% en poids. Les différences de propriétés mécaniques
résultant des différences de corroyage obtenues par le procédé selon l'invention confèrent
aux éléments de structure obtenus à partir des produits corroyés en alliage sans traitement
thermique selon l'invention un caractère multi-fonctionnel.
[0043] Dans une réalisation avantageuse de l'invention, on utilise un alliage d'aluminium
à traitement thermique et on réalise entre la transformation à chaud et la première
transformation par déformation plastique à froid une étape de mise en solution, une
étape de trempe et, optionnellement une étape de revenu postérieure aux étapes de
transformation par déformation plastique à froid. En particulier, l'invention peut
être utilisée pour élaborer des produits corroyés ou des éléments structuraux en alliage
d'aluminium des séries 2XXX, 4XXX, 6XXX et 7XXX, ainsi qu'en alliage à durcissement
structural de la série 8XXX contenant du lithium. Dans le cadre de l'invention, on
entend par « alliage contenant du lithium » un alliage dont la teneur en lithium est
supérieure à 0,1 % en poids. Dans le cas des alliages de la série 2XXX, on peut utiliser
un revenu pour obtenir par exemple un état T8X ou au contraire utiliser un vieillissement
naturel vers un état T3X. L'invention est particulièrement avantageuse pour la réalisation
de produits corroyés ou d'éléments de structure en alliage 2XXX à l'état T3X.
[0044] L'invention permet de réaliser des produits corroyés ou des éléments de structure
en alliage 2XXX à l'état T3X caractérisé en ce qu'ils contiennent au moins deux zones
Z1 et Z2 possèdant des propriétés mécaniques (mesurées à mi-épaisseur) sélectionnées
dans le groupe formé de
- (i) Z1 : Rm(L) > 500 MPa et préférentiellement Rm(L) > 520 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 16% et préférentiellement A(L)(%) > 18%
- (ii) Z1 : Rm(L) > 450 MPa et préférentiellement Rm(L) > 470 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 18% et préférentiellement A(L)(%) > 20%
- (iii) Z1 : Rm(L) > 550 MPa et préférentiellement Rm(L) > 590 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 10% et préférentiellement A(L)(%) > 14%
- (iv) Z1 : Rm(L) > 550 MPa et préférentiellement Rm(L) > 590 MPa
et Z2 : K1c(L-T) > 45 Mpa√m et préférentiellement K1c(L-T) > 55 Mpa√m.
[0045] On peut aussi obtenir des produits corroyés ou des éléments de structure en alliage
2XXX à l'état T3X caractérisés en ce qu'ils contiennent au moins deux zones Z1 et
Z2 possèdant des propriétés mécaniques (mesurées à mi-épaisseur) dans lesquelles :
- (i) Rp0,2, mesuré dans le sens L ou dans le sens LT présente un écart Rp0,2(Z1) - Rp0,2(Z2) d'au moins 50 MPa et préférentiellement d'au moins 70 MPa et/ou
- (ii) Rm, mesuré dans le sens L ou dans le sens LT présente un écart Rm(Z1) - Rm(Z2) d'au moins 20 MPa et préférentiellement d'au moins 30 MPa et/ou
- (iii) K1c, mesuré dans le sens L-T présente un écart K1c (Z1) - K1c (Z2) d'au moins 5 MPa√m et préférentiellement d'au moins 15 MPa√m.
[0046] L'invention permet également d'obtenir des produits corroyés ou des éléments de structure
en alliage 2XXX contenant du lithium à l'état T8X caractérisés en ce qu'ils contiennent
au moins deux zones Z1 et Z2 possédant des propriétés mécaniques sélectionnées dans
le groupe formé de
- (i) Z1 : Rm(L) > 630 MPa et préférentiellement Rm(L) > 640 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 8 % et préférentiellement A(L)(%) > 9 %
- (ii) Z1 : Rm(L) > 640 MPa et préférentiellement Rm(L) > 650 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 7 % et préférentiellement A(L)(%) > 8 %
- (iii) Z1 : Rm(L) > 630 MPa et préférentiellement Rm(L) > 640 MPa
et Z2 : K1c(L-T) > 25 Mpa√m et préférentiellement K1c(L-T) > 30 Mpa√m
[0047] Dans le cas des alliages artificiellement vieillis et plus particulièrement des alliages
de la série 7XXX et de certains alliages de la série 2XXX, la déformation plastique
à froid réalisée après les étapes de mise en solution et trempe permet de modifier
la cinétique de revenu. Ainsi, les zones subissant des déformations plastiques généralisées
moyennes différentes atteindront lors du revenu des états métallurgiques différents
ce qui conférera à l'élément de structure un caractère multi-fonctionnel. Dans une
réalisation avantageuse de l'invention s'appliquant à tous les alliages à traitement
thermique subissant un revenu, on effectue le revenu dans un four présentant un gradient
de température de façon à amplifier les différences de propriétés entre les extrémités
de l'élément de structure.
[0048] Dans une première variante de l'invention, les au moins deux zones du produit corroyé
ou de l'élément de structure subissant des déformations plastiques généralisées moyennes
différentes d'au moins 2 % sont situées à une position différente dans la direction
principale ou de longueur
L. Dans ce cas, les zones considérées ont de manière avantageuse une section S
Z dans le plan perpendiculaire à la direction
L égale à la section du produit corroyé dans ce plan. En particulier, lorsque la section
S
f, du produit corroyé est sensiblement constante la section S
Z est de manière avantageuse sensiblement égale à S
f. Dans cette première variante, la longueur desdites zones dans la direction L est
préférentiellement d'au moins 1m et de manière préférée d'au moins 5m.
[0049] De manière avantageuse, le procédé selon l'invention comporte dans la première variante
au moins une étape de déformation plastique à froid par traction contrôlée. La traction
contrôlée est de manière habituelle utilisée pour réaliser un planage ou un redressage
et pour libérer les contraintes résiduelles. Dans un mode de réalisation de l'invention,
une étape de traction contrôlée dans laquelle une des extrémités du produit intermédiaire
sur lequel est effectuée la traction contrôlée déborde significativement des mors
du banc de traction, peut également être utilisée pour générer des déformations plastiques
généralisées moyennes différentes entre deux zones du produit corroyé.
[0050] La figure 1 illustre un mode de réalisation de l'invention dans lequel 3 étapes de
traction contrôlée sont réalisées successivement. Le produit intermédiaire (2) de
longueur initiale utile (c'est dire située entre les mors)
L0 est dans une première étape A tractionné dans son ensemble ce qui permet de le planer
et/ou de le redresser. Il atteint ainsi une première longueur intermédiaire utile
Li1 et la déformation plastique généralisée moyenne est égale à ε
1(%) = ln(
Li1 /
L0) pour la partie située entre les mors (21) de la pièce (2). Au moins un des mors
(1) du banc de traction est alors déplacé comme indiqué sur la figure 1, de façon
à ce que l'une des extrémités de la pièce déborde significativement des mors et que
la longueur de la pièce comprise entre les mors soit
L1. Une seconde étape de traction contrôlée B est alors effectuée sur la zone de la
pièce située entre les mors de façon à obtenir une seconde longueur intermédiaire
utile
Li2 de l'élément et donc de faire passer la zone (22) comprise entre les mors de la longueur
L1 à la longueur
Li2 - Li1 +
L1. Cette zone subit donc au cours de la deuxième étape une déformation généralisée
moyenne égale à ε
2(%) = ln((
Li2 -
Li1 +
L1) /
L1). Optionnellement, au moins un des mors peut à nouveau être déplacé de façon à réaliser
au moins une troisième étape de traction sur une portion de longueur
L2. Dans le cas schématisé sur la figure 1 cette troisième étape C permet d'obtenir
une longueur finale utile
Lf et la zone (23) située entre les mors voit sa longueur augmentée de
Lf -
Li2 et subit donc au cours de cette troisième étape une déformation généralisée moyenne
égale à ε
3(%) = ln((
Lf -
Li2 +
L2) /
L2). Dans une quatrième étape D, les extrémités de la pièce qui se trouvaient sous l'emprise
des mors du banc de traction lors de l'étape A sont sciées. Dans le cas de la Figure
1, les quatre étapes permettent ainsi d'obtenir un produit corroyé comportant trois
zones
Z11,
Z12 et
Z13 dont la déformation plastique généralisée moyenne est, respectivement de ε
11=ε
1, ε
12 = ε
1 + ε
2 et ε
13 = ε
1 + ε
2 + ε
3. L'opération peut être répétée autant de fois que nécessaire de façon à obtenir une
différence de déformation plastique généralisée moyenne d'au moins 2 % entre au moins
deux zones situées à une position différente dans la direction principale
L.
[0051] Le procédé utilisant des tractions successives décrit par la figure 1 peut être appliqué
aux tôles comme aux produits filés.
[0052] La figure 2 décrit un autre mode de réalisation de la première variante de l'invention.
Dans ce mode de réalisation, on réalise par cisaillage, rivage, usinage ou toute autre
méthode appropriée un produit intermédiaire ayant une section variable dans la direction
de la longueur L. Dans la figure 2, le produit intermédiaire ainsi obtenu a une longueur
initiale
L0 et trois zones de section différentes
S1,
S2 et
S3. Lors de l'étape de traction de ce produit intermédiaire de section variable, les
déformations subies par ces zones sont différentes.
[0053] Dans un autre mode de réalisation de l'invention s'appliquant de manière préférée
à la fabrication de tôles, au moins une étape de déformation plastique à froid est
réalisée par compression. Ce mode de réalisation est illustré par la figure 5.
[0054] Dans encore un autre mode de réalisation de la première variante de l'invention ne
s'appliquant qu'à la fabrication de tôles, le procédé selon l'invention comprend une
étape de laminage à froid dans laquelle l'épaisseur de la tôle est variable à l'entrée
du laminoir et sensiblement constante à la sortie du laminoir. La figure 3 illustre
un mode de réalisation dans lequel une tôle présentant trois zones
Z31,
Z32 et
Z33 d'épaisseurs respectives
e1,
e2 et
e3 et une longueur initiale
L0 subit une étape de laminage à froid entre deux cylindres (5) conduisant à une épaisseur
finale
ef. Les déformations plastiques généralisées moyennes subies par les différentes zones
Z31,
Z32 et
Z33 sont respectivement ε
31(%) = (2/√3)ln(
e1 /
ef), ε
32(%) = (2/√3)ln(
e2 /
ef) et ε
33(%) = (2/√3)ln(
e3 /
ef).
[0055] La tôle présentant une épaisseur variable dans la direction L nécessaire dans le
mode de réalisation décrit par la figure 3 peut-être obtenue par exemple en modifiant
en cours de laminage à chaud le visé d'épaisseur. Dans un autre mode de réalisation,
cette tôle d'épaisseur variable peut être obtenue par usinage d'une tôle d'épaisseur
constante issue de l'étape de laminage à chaud. La figure 3 décrit un mode de réalisation
dans lequel la variation d'épaisseur est obtenue sur une seule face, l'autre face
restant plane. On peut également faire varier l'épaisseur sur les deux faces et ne
pas garder de face plane. Dans encore un autre mode de réalisation, de la première
variante de l'invention qui ne s'applique qu'à la fabrication de tôles, le procédé
selon l'invention comprend une étape de laminage à froid dans laquelle l'épaisseur
de la tôle est sensiblement constante à l'entrée du laminoir et variable dans la direction
L à la sortie du laminoir et une étape subséquente d'usinage qui permet d'obtenir une
épaisseur sensiblement constante en tout point.
[0056] Dans une seconde variante de l'invention uniquement destinée à la fabrication de
tôles ayant une dimension principale ou de longueur dans la direction
L, une dimension transversale ou de largeur dans la direction
l et une dimension d'épaisseur dans la direction
e, les zones de l'élément de structure subissant des déformations plastiques généralisées
moyennes différentes d'au moins 2 % sont situées à une position différente dans la
direction transversale
l. Dans ce cas, les zones considérées ont de manière avantageuse une épaisseur e
Z dans la direction de l'épaisseur
e égale à l'épaisseur du produit corroyé. En particulier, lorsque l'épaisseur e
f du produit corroyé est sensiblement constante, l'épaisseur e
Z est de manière avantageuse sensiblement égale à e
f.
[0057] Dans cette seconde variante, la largeur desdites zones est préférentiellement d'au
moins 0,2 m et de manière préférée d'au moins 0,4 m.
[0058] Dans un mode de réalisation de cette seconde variante, le procédé selon l'invention
comporte une étape de laminage à froid dans laquelle l'épaisseur de la tôle est variable
dans la direction transversale
l à l'entrée du laminoir et est sensiblement constante à la sortie du laminoir. La
variation d'épaisseur de la tôle peut être notamment obtenue par laminage à chaud,
par usinage à l'issue du laminage à chaud ou par forgeage. Ce mode de réalisation
est illustré sur la figure 4, où une tôle dont l'épaisseur est de
e1 pour les zones situées aux extrémités de l'élément dans direction
l est de
e2 pour la zone située au centre dans la direction
l est laminée dans la direction
L jusqu'à une épaisseur sensiblement homogène
ef. Les déformations plastiques généralisées moyennes subies par les différentes zones
Z41,
Z42 et
Z43 sont respectivement ε
41(%) = (2/√3)ln(
e1 /
ef), ε
42(%) = (2/√3)ln(
e2 /
ef) et ε
43(%) = ε
41(%) = (2/√3)ln(
e1 /
ef). La réalisation dans laquelle les zones
Z41 et
Z43 ont la même épaisseur initiale est avantageuse, cependant un mode de réalisation
dans lequel les épaisseurs sont différentes est également possible.
[0059] Dans encore un autre mode de réalisation de la seconde variante de l'invention, qui
ne s'applique qu'à la fabrication de tôles, le procédé selon l'invention comprend
une étape de laminage à froid dans laquelle l'épaisseur de la tôle est sensiblement
constante à l'entrée du laminoir et variable dans la direction
l à la sortie du laminoir et une étape subséquente d'usinage qui permet d'obtenir une
épaisseur sensiblement constante en tout point.
[0060] La figure 5 décrit un autre mode de réalisation dans lequel une compression est réalisée
à l'aide d'un outil (6) se déplaçant dans la direction symbolisée par une flèche.
Au cours d'une première étape, l'épaisseur est réduite de e
0 à e
1, puis au cours d'une deuxième étape de e
1 à e
2 sur une partie de l'élément de structure, puis enfin au cours d'une troisième étape
de e
2 à e
3, ce qui définit trois zones
Z51,
Z52 et
Z53. Une étape finale d'usinage permet d'obtenir une épaisseur finale e
f sensiblement égale en tout point. On peut également usiner la tôle à des épaisseurs
différentes puis la compresser de façon à obtenir une épaisseur constante en tout
point.
Exemple 1:
[0061] Dans cet exemple, on a obtenu une tôle ayant des propriétés variables dans l'espace
d'épaisseur 25 mm en alliage AA2023.
[0062] On a fabriqué une tôle d'une longueur de 30 mètres, d'une largeur de 2,5 mètres et
d'une épaisseur de 28,2 mm par laminage à chaud d'une plaque de laminage.
[0063] La composition de l'alliage utilisé est donnée dans le Tableau 1 ci-dessous :
Tableau 1 : composition de la plaque de laminage en alliage AA2023 (% en masse)
| Si |
Fe |
Cu |
Mg |
Ti |
Zr |
Sc |
| 0,06 |
0,07 |
3,81 |
1,36 |
0,024 |
0,11 |
0,03 |
[0064] La plaque de laminage a été homogénéisée pendant 12 heures à 500 °C. La température
d'entrée du laminage à chaud était de 460 °C.
[0065] Après laminage à chaud, la tôle a été usinée comme indiqué sur la figure 3 de façon
à obtenir trois zones Z31, Z32 et Z33, d'une longueur égale à 10 mètres ayant les
épaisseurs suivantes :
zone Z31 : 28,1 mm
zone Z32 : 26,3 mm
zone Z33 : 25,5 mm
[0066] La tôle a alors été mise en solution à 500 °C et trempée.
[0067] La tôle a ensuite été laminée à froid, de façon à obtenir une épaisseur sensiblement
constante de 25,5 mm sur l'ensemble de la tôle, puis a subi une traction contrôlée
avec un allongement permanent d'environ 2 % à l'issue de laquelle les extrémités de
la pièce qui se trouvaient sous l'emprise des mors du banc de traction ont été sciées
[0068] L'étape de laminage a conduit la zone Z31 à atteindre une longueur de 11 mètres environ
[0069] Les déformations réalisées dans les différentes zones sont résumées dans le tableau
2 ci-dessous :
Tableau 2. Taux d'écrouissage et déformation généralisée dans les zones Z31, Z32 et
Z33.
| Zone |
Taux d'écrouissage par laminage |
Taux d'écrouissage par traction |
Taux d'écrouissage total |
Déformation généralisée par laminage |
Déformation généralisée par traction |
Déformation généralisée totale |
| Z31 |
10,2% |
2,0% |
12,4% |
11,2% |
2,0% |
13,2% |
| Z32 |
3,1% |
2,0% |
5,2% |
3,6% |
2,0% |
5,6% |
| Z33 |
0,0% |
2,0% |
2,0% |
0,0% |
2,0% |
2,0% |
[0070] Des échantillons ont été prélevés dans les zones Z31, Z32 et Z33 de façon à caractériser
la tôle obtenue. Les résultats des essais mécaniques sont fournis dans le tableau
3, ci-dessous :
Tableau 3 : résultats des essais mécaniques réalisés dans les zones Z31, Z32 et Z33.
| Zone |
Sens L |
Sens LT |
| Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A (%) |
Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A (%) |
| Z31 |
533 |
464 |
12.3 |
499 |
414 |
17.0 |
| Z32 |
509 |
422 |
17.0 |
468 |
364 |
22.4 |
| Z33 |
504 |
388 |
20.6 |
465 |
335 |
24.1 |
[0071] Le procédé selon l'invention permet d'obtenir des compromis de propriétés différents
dans les zones Z31, Z32 et Z33. Ainsi, la zone Z31 est caractérisée par une résistance
mécanique élevée, au détriment d'un allongement limité tandis que la zone Z33 se distingue
par un allongement important mais pour une résistance mécanique statique plus faible.
Exemple 2:
[0072] Dans cet exemple, on a obtenu une tôle ayant des propriétés variables dans l'espace
d'épaisseur 15 mm en alliage AA2024A.
[0073] On a fabriqué une tôle d'une longueur de 30 mètres, d'une largeur de 2,5 mètres et
d'une épaisseur de 16,8 mm par laminage à chaud d'une plaque de laminage.
[0074] La composition de l'alliage utilisé est donnée dans le Tableau 4 ci-dessous :
Tableau 4 : composition de la plaque de laminage en alliage AA2024A (% en masse)
| Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Ti |
| 0,04 |
0,07 |
3,96 |
0,38 |
1,29 |
0,013 |
[0075] La plaque de laminage a été homogénéisée puis laminée à chaud.
[0076] Après laminage à chaud, la tôle a été usinée comme décrit sur la figure 3 de façon
à obtenir trois zones Z31, Z32 et Z33, d'une longueur égale à 10 mètres ayant les
épaisseurs suivantes :
zone Z31 : 16,7 mm
zone Z32 : 15,9 mm
zone Z33 : 15,3 mm
[0077] La tôle a alors été mise en solution à 500 °C et trempée.
[0078] La tôle a ensuite été laminée à froid, de façon à obtenir une épaisseur sensiblement
constante de 15,3 mm sur l'ensemble de la tôle, puis a subi une traction contrôlée
avec un allongement permanent d'environ 2 % à l'issue de laquelle les extrémités de
la pièce qui se trouvaient sous l'emprise des mors du banc de traction ont été sciées.
[0079] L'étape de laminage a conduit la zone Z31 à atteindre une longueur de 10,9 mètres
environ.
[0080] Les déformations réalisées dans les différentes zones sont résumées dans le tableau
5 ci-dessous :
Tableau 5. Taux d'écrouissage et déformation généralisée dans les zones Z31, Z32 et
Z33.
| Zone |
Taux d'écrouissage par laminage |
Taux d'écrouissage par traction |
Taux d'écrouissage total |
Déformation généralisée par laminage |
Déformation généralisée par traction |
Déformation généralisée totale |
| Z31 |
9,2% |
2% |
11,3% |
10,1% |
2,0% |
12,1% |
| Z32 |
3,9% |
2% |
6,0% |
4,4% |
2,0% |
6,4% |
| Z33 |
0,0% |
2% |
2,0% |
0,0% |
2,% |
2,0% |
[0081] Des échantillons ont été prélevés dans les zones Z31, Z32 et Z33 de façon à caractériser
la tôle obtenue. Les résultats des essais mécaniques sont fournis dans le tableau
6, ci-dessous :
Tableau 6 : résultats des essais mécaniques réalisés dans les zones Z31, Z32 et Z33.
| Zone |
Sens L |
Sens LT |
| Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A (%) |
Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A (%) |
| Z31 |
477 |
437 |
16,8 |
495 |
416 |
13.0 |
| Z32 |
467 |
414 |
17,9 |
481 |
390 |
15,6 |
| Z33 |
444 |
360 |
23,4 |
467 |
337 |
18,5 |
[0082] Le procédé selon l'invention permet d'obtenir des compromis de propriétés différents
dans les zones Z31, Z32 et Z33. Ainsi, la zone Z31 est caractérisée par une résistance
mécanique élevée, au détriment d'un allongement limité tandis que la zone Z33 se distingue
par un allongement important mais pour une résistance mécanique statique plus faible.
Exemple 3:
[0083] Dans cet exemple, on a obtenu un profilé ayant des propriétés variables dans l'espace
de section 170 x 45 mm en alliage AA2027.
[0084] On a fabriqué un profilé d'une longueur de 15 mètres, d'une section de 170 x 45 mm
par extrusion à chaud d'une billette de filage.
[0085] La composition de l'alliage utilisé est donnée dans le Tableau 7 ci-dessous :
Tableau 7 : composition de la plaque de laminage en alliage AA2027 (% en masse)
| Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Zn |
Ti |
Zr |
| 0,05 |
0,11 |
4,2 |
0,6 |
1,3 |
0,06 |
0,02 |
0,11 |
[0086] La billette de filage a été homogénéisée à 490 °C et extrudée à chaud.
[0087] Après filage, le profilé a été mis en solution à 500 °C et trempé.
[0088] Il a alors subi une première étape de traction contrôlée avec un allongement permanent
de 2,8 %. L'un des mors du banc de traction a alors été déplacé comme indiqué sur
la figure 1, de façon à ce l'une des extrémités du profilé déborde des mors. Une deuxième
étape de traction a alors été effectuée sur les deux tiers du profilé (zones Z11 et
Z12) situés entre les mors avec un allongement permanent de 5,6 %. Le mors déplacé
dans la seconde étape a alors à nouveau été déplacé de façon à ce qu'un tiers du profilé
(zone Z11) soit situé entre les mors. Une troisième étape de traction a été effectuée
avec un allongement permanent de 2,4%. Les extrémités de la pièce qui se trouvaient
sous l'emprise des mors du banc de traction lors de la première étape de traction
ont ensuite été sciées. On a ainsi obtenu un profilé présentant trois zones, Z
11, Z
12 et Z
13 d'une longueur sensiblement égale et présentant des déformations par traction différentes.
[0089] Les déformations réalisées dans les zones sont résumées dans le tableau 8 ci-dessous
:
Tableau 8. Taux d'écrouissage et déformation généralisée dans les zones Z11, Z12 et
Z13.
| |
Taux d'écrouissage par traction |
Taux de déformation généralisée |
| Zone |
1ère étape |
2ième étape |
3ième étape |
Total |
1ère étape |
2ième étape |
3ième étape |
Total |
| Z11 |
2,8 % |
5,6 % |
2,4 % |
11,2% |
2,8% |
5,4 % |
2,4% |
10,6 % |
| Z12 |
2,8 % |
5,6 % |
|
8,6% |
2,8% |
5,4% |
|
8,2 % |
| Z13 |
2,8 % |
|
|
2,8% |
2,8% |
|
|
2.8% |
[0090] Des échantillons ont été prélevés dans les zones Z11, Z12 et Z13 de façon à caractériser
le profilé. Les résultats des essais mécaniques sont fournis dans le tableau 9, ci-dessous
:
Tableau 9 : résultats des essais mécaniques réalisés dans les zones Z11, Z12 et Z13.
| Zone |
Sens L |
K1c (Mpa√m) |
| Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A% |
L-T |
T-L |
| Z11 |
606 |
585 |
6,1 |
45,9 |
31,5 |
| Z12 |
554 |
503 |
9,9 |
47,7 |
33,5 |
| Z13 |
554 |
443 |
15,8 |
64,0 |
49,7 |
[0091] Le procédé selon l'invention permet d'obtenir des compromis de propriétés différents
dans les zones Z11, Z12 et Z13. Ainsi, la zone Z11 est caractérisée par une résistance
mécanique élevée, au détriment d'un allongement et d'une ténacité limités tandis que
la zone Z13 se distingue par un allongement et une ténacité importants mais pour une
résistance mécanique statique plus faible.
Exemple 4:
[0092] Dans cet exemple, on a obtenu une tôle ayant des propriétés variables dans l'espace
d'épaisseur 30 mm en alliage AA2195.
[0093] On a fabriqué une tôle d'une longueur de 30 mètres, d'une largeur de 2,5 mètres et
d'une épaisseur de 33 mm par laminage à chaud d'une plaque de laminage.
[0094] La composition de l'alliage utilisé est donnée dans le Tableau 10 ci-dessous :
Tableau 10 : composition de la plaque de laminage en alliage AA2195 (% en masse)
| Si |
Fe |
Cu |
Li |
Mg |
Zr |
Ag |
| 0,03 |
0,06 |
4,3 |
1,17 |
0,39 |
0,12 |
0,35 |
[0095] La plaque de laminage a été homogénéisée puis laminée à chaud. La tôle a alors été
mise en solution à 510 °C et trempée.
[0096] Une moitié de la tôle (zone G) a ensuite été laminée à froid jusqu'à l'épaisseur
de 30 mm tandis que l'autre moitié a subit une traction contrôlée en mors décalés
de 2,5% (zone H).
[0097] La tôle a ensuite été usinée, de façon à obtenir une épaisseur sensiblement constante
de 30 mm sur l'ensemble de la tôle, puis a subi une traction contrôlée avec un allongement
permanent d'environ 1,5 % à l'issue de laquelle les extrémités de la pièce qui se
trouvaient sous l'emprise des mors du banc de traction ont été sciées
[0098] Les déformations réalisées dans les différentes zones sont résumées dans le tableau
11 ci-dessous :
Tableau 11. Taux d'écrouissage et déformation généralisée dans les zones G et H.
| Zone |
Taux d'écrouissage par laminage |
Taux d'écrouissage par traction |
Taux d'écrouissage total |
Déformations généralisée par laminage |
Déformation généralisée par traction |
Déformation généralisée totale |
| G |
10% |
1,5 % |
11,3% |
11% |
1,5 % |
11,5% |
| H |
0% |
2,5+1,5 % |
4,0% |
0% |
2,5+1,5 % |
4,0% |
[0099] Des échantillons ont été prélevés dans les zones G et H de façon à caractériser la
tôle obtenue. Les résultats des essais mécaniques sont fournis dans le tableau 12,
ci-dessous :
Tableau 12 : résultats des essais mécaniques réalisés dans les zones G et H
| Zone |
Sens L |
K1c (L-T) (Mpa√m) |
| Rm (Mpa) |
Rp0,2 (Mpa) |
A% |
| |
|
|
|
|
| G |
642 |
631 |
7,7 |
25,2 |
| H |
628 |
600 |
8,9 |
32,0 |
[0100] Le procédé selon l'invention permet d'obtenir des compromis de propriétés différents
dans les zones G et H Ainsi, la zone G est caractérisée par une résistance mécanique
élevée, au détriment d'un allongement et d'une ténacité limités tandis que la zone
H se distingue par un allongement et une ténacité plus importants mais pour une résistance
mécanique statique plus faible.
1. Procédé de fabrication d'un produit corroyé en alliage d'aluminium sans traitement
thermique, ledit procédé comprenant :
- une étape de transformation à chaud,
- au moins une étape de transformation par déformation plastique à froid dans laquelle
on impose en au moins deux zones dudit produit corroyé des déformations plastiques
généralisées moyennes différentes d'au moins 2% et préférentiellement différentes
d'au moins 3%,
caractérisé en ce que ladite transformation par déformation plastique à froid est réalisée postérieurement
à la transformation à chaud.
2. Procédé de fabrication d'un produit corroyé en alliage d'aluminium à traitement thermique,
ledit procédé comprenant :
- une étape de transformation à chaud,
- une étape de mise en solution et une étape de trempe,
- au moins une étape de transformation par déformation plastique à froid dans laquelle
on impose en au moins deux zones dudit produit corroyé des déformations plastiques
généralisées moyennes différentes d'au moins 2% et préférentiellement différentes
d'au moins 3%,
caractérisé en ce que ladite transformation par déformation plastique à froid est réalisée postérieurement
à la transformation à chaud et aux étapes de mise en solution et trempe.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2 comprenant au moins deux étapes de transformation
par déformation plastique à froid postérieures à la transformation à chaud.
4. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 3 dans lequel, ledit produit corroyé
a une dimension principale ou de longueur dans la direction L et dans lequel lesdites
au moins deux zones sont situées à une position différente dans ladite direction principale
L.
5. Procédé selon la revendication 4 dans lequel au moins une étape de déformation plastique
à froid est une traction contrôlée, et dans lequel une des extrémités dans la direction
principale du produit intermédiaire sur lequel est effectuée ladite traction contrôlée
déborde significativement des mors du banc de traction lors de ladite étape de traction
contrôlée.
6. Procédé selon la revendication 4 dans lequel au moins une étape de déformation plastique
à froid est une traction contrôlée et dans lequel ladite étape de traction contrôlée
est effectuée sur un produit intermédiaire ayant une section variable dans le plan
perpendiculaire à la direction L.
7. Procédé selon la revendication 4 dans lequel ledit produit corroyé est une tôle ayant
une dimension principale ou de longueur dans la direction L, une dimension transversale
ou de largeur dans la direction l et une dimension d'épaisseur dans la direction e, et dans lequel au moins une étape de transformation par déformation plastique à
froid est effectuée par laminage à froid de telle façon que l'épaisseur de ladite
tôle est variable à l'entrée du laminoir et sensiblement constante à la sortie du
laminoir.
8. Procédé selon la revendication 7 dans lequel la variation d'épaisseur de ladite tôle
à l'entrée du laminoir à froid est obtenue au cours de l'étape de laminage à chaud
ou
par usinage d'une tôle d'épaisseur constante issue de l'étape de laminage à chaud.
9. Procédé selon la revendication 4 dans lequel ledit produit corroyé est une tôle ayant
une dimension principale ou de longueur dans la direction L, une dimension transversale
ou de largeur dans la direction l et une dimension d'épaisseur dans la direction e,
et dans lequel au moins une étape de transformation par déformation plastique à froid
est effectuée par laminage à froid de telle façon que l'épaisseur de ladite tôle est
sensiblement constante à l'entrée du laminoir et variable à la sortie du laminoir,
et dans lequel une étape subséquente d'usinage permet d'obtenir une épaisseur finale
sensiblement constante en tout point.
10. Procédé selon une quelconque des revendications 1 à 3 dans lequel, ledit produit corroyé
est une tôle ayant une dimension principale ou de longueur dans la direction L, une dimension transversale ou de largeur dans la direction l et une dimension d'épaisseur dans la direction e et dans lequel lesdites au moins deux zones sont situées à une position différente
de ladite direction transversale l.
11. Procédé selon la revendication 10 dans lequel au moins une étape de transformation
par déformation plastique à froid est effectuée par laminage à froid de telle façon
que l'épaisseur de ladite tôle est sensiblement constante à l'entrée du laminoir et
variable à la sortie du laminoir,
et dans lequel une étape subséquente d'usinage permet d'obtenir une épaisseur finale
sensiblement constante en tout point.
12. Produit corroyé en alliage 2XXX à l'état T3X susceptible d'être obtenu par le procédé
selon une quelconque des revendications 1 à 11
caractérisé en ce que les dites au moins deux zones Z1 et Z2 possèdent des propriétés mécaniques sélectionnées
dans le groupe formé de
(i) Z1 : Rm(L) > 500 MPa et préférentiellement Rm(L) > 520 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 16% et préférentiellement A(L)(%) > 18%
(ii) Z1 : Rm(L) > 450 MPa et préférentiellement Rm(L) > 470 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 18% et préférentiellement A(L)(%) > 20%
(iii) Z1 : Rm(L) > 550 MPa et préférentiellement Rm(L) > 590 MPa
et Z2 : A(L)(%) > 10% et préférentiellement A(L)(%) > 14%
(iv) Z1 : Rm(L) > 550 MPa et préférentiellement Rm(L) > 590 MPa
et Z2 : K1c(L-T) > 45 Mpa√m et préférentiellement K1c(L-T) > 55 Mpa√m
13. Produit corroyé en alliage 2XXX à l'état T3X susceptible d'être obtenu par le procédé
selon une quelconque des revendications 1 à 11
caractérisé en ce que les dites au moins deux zones Z1 et Z2 possèdent des propriétés mécaniques dans lesquelles
(i) Rp0,2, mesuré dans le sens L ou dans le sens LT présente un écart Rp0,2(Z1) - Rp0,2(Z2) d'au moins 50 MPa et préférentiellement d'au moins 70 MPa et/ou
(ii) Rm, mesuré dans le sens L ou dans le sens LT présente un écart Rm(Z1) - Rm(Z2) d'au moins 20 MPa et préférentiellement d'au moins 30 MPa.
(iii) K1c, mesuré dans le sens L-T présente un écart K1c (Z1) - K1c (Z2) d'au moins 5 MPa√m et préférentiellement d'au moins 15 MPa√m.
14. Produit corroyé en alliage 2XXX contenant du lithium à l'état T8X susceptible d'être
obtenu par le procédé selon une quelconque des revendications 1 à 11
caractérisé en ce que les dites au moins deux zones Z1 et Z2 possèdent des propriétés mécaniques sélectionnées
dans le groupe formé de
(i) Z1 : Rm(L) > 630 MPa et préférentiellement Rm(L) > 640 MPa et Z2 : A(L)(%) > 8 % et préférentiellement A(L)(%) > 9 %
(ii) Z1 : Rm(L) > 640 MPa et préférentiellement Rm(L) > 650 MPa et Z2 : A(L)(%) > 7 % et préférentiellement A(L)(%) > 8 %
(iii) Z1 : Rm(L) > 630 MPa et préférentiellement Rm(L) > 640 MPa et Z2 : K1c(L-T) > 25 Mpa√m et préférentiellement K1c(L-T) > 30 Mpa√m
1. Verfahren zur Herstellung eines Kneterzeugnisses aus Aluminiumlegierung ohne Wärmebehandlung,
wobei das Verfahren umfasst:
- einen Warmumformschritt,
- mindestens einen Umformschritt durch plastische Kaltverformung, bei dem in wenigstens
zwei Bereichen des Kneterzeugnisses mittlere generalisierte plastische Verformungen
durchgeführt werden, die um mindestens 2% und vorzugsweise um mindestens 3% voneinander
verschieden sind,
dadurch gekennzeichnet, dass die Umformung durch plastische Kaltverformung nach der Warmumformung durchgeführt
wird.
2. Verfahren zur Herstellung eines Kneterzeugnisses aus Aluminiumlegierung mit Wärmebehandlung,
wobei das Verfahren umfasst:
- einen Warmumformschritt,
- einen Lösungsglühschritt und einen Abschreckschritt,
- mindestens einen Umformschritt durch plastische Kaltverformung, bei dem in wenigstens
zwei Bereichen des Kneterzeugnisses mittlere generalisierte plastische Verformungen
durchgeführt werden, die um mindestens 2 % und vorzugsweise um mindestens 3 % voneinander
verschieden sind,
dadurch gekennzeichnet, dass die Umformung durch plastische Kaltverformung nach der Warmumformung und dem Lösungsglüh-
und Abschreckschritt durchgeführt wird.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, welches mindestens zwei Umformschritte durch plastische
Kaltverformung nach der Warmumformung umfasst.
4. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, bei dem das Kneterzeugnis ein Haupt-
oder Längenmaß in der Richtung L aufweist und bei dem sich die wenigstens zwei Bereiche an einer unterschiedlichen
Position in der Hauptrichtung L befinden.
5. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem mindestens ein plastischer Kaltverformungsschritt
ein kontrolliertes Ziehen ist und bei dem eines der Enden in Hauptrichtung des Zwischenerzeugnisses,
an dem das kontrollierte Ziehen durchgeführt wird, bei diesem kontrollierten Ziehschritt
deutlich aus den Klemmbacken der Ziehmaschine herausragt.
6. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem mindestens ein plastischer Kaltverformungsschritt
ein kontrolliertes Ziehen ist und bei dem dieser kontrollierte Ziehschritt an einem
Zwischenerzeugnis durchgeführt wird, das in der Ebene senkrecht zur Richtung L einen variablen Querschnitt hat.
7. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem das Kneterzeugnis ein Blech ist, das ein Haupt-
oder Längenmaß in Richtung L, ein Quer- oder Breitenmaß in Richtung l und ein Dickenmaß in Richtung e aufweist, und bei dem mindestens ein Umformschritt durch plastische Kaltverformung
mittels Kaltwalzen so durchgeführt wird, dass die Dicke des Blechs am Eingang des
Walzwerks variabel und am Ausgang des Walzwerks im Wesentlichen konstant ist.
8. Verfahren nach Anspruch 7, bei dem die Dickenvariation des Blechs am Eingang des Kaltwalzwerks
während des Warmwalzschritts bzw. durch Bearbeitung eines aus dem Warmwalzschritt
hervorgehenden Blechs konstanter Dicke erzeugt wird.
9. Verfahren nach Anspruch 4, bei dem das Kneterzeugnis ein Blech ist, das ein Haupt-
oder Längenmaß in Richtung L, ein Quer- oder Breitenmaß in Richtung l und ein Dickenmaß in Richtung e aufweist,
und bei dem mindestens ein Umformschritt durch plastische Kaltverformung mittels Kaltwalzen
so durchgeführt wird, dass die Dicke des Blechs am Eingang des Walzwerks im Wesentlichen
konstant und am Ausgang des Walzwerks variabel ist,
und bei dem mit einem nachfolgenden Bearbeitungsschritt eine an allen Stellen im Wesentlichen
konstante Enddicke erhalten werden kann.
10. Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 3, bei dem das Kneterzeugnis ein Blech
ist, das ein Haupt- oder Längenmaß in Richtung L, ein Quer- oder Breitenmaß in Richtung l und ein Dickenmaß in Richtung e aufweist, und bei dem sich die wenigstens zwei Bereiche an einer unterschiedlichen
Position in der Querrichtung l befinden.
11. Verfahren nach Anspruch 10, bei dem mindestens ein Umformschritt durch plastische
Kaltverformung mittels Kaltwalzen so durchgeführt wird, dass die Dicke des Blechs
am Eingang des Walzwerks im Wesentlichen konstant und am Ausgang des Walzwerks variabel
ist,
und bei dem mit einem nachfolgenden Bearbeitungsschritt eine an allen Stellen im Wesentlichen
konstante Enddicke erhalten werden kann.
12. Kneterzeugnis aus einer Legierung 2XXX im Zustand T3X, herstellbar durch das Verfahren
nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 11,
dadurch gekennzeichnet, dass die wenigstens zwei Bereiche Z1 und Z2 Festigkeitseigenschaften aufweisen, die ausgewählt
sind aus der Gruppe bestehend aus
(i) Z1: Rm(L) > 500 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 520 MPa
und Z2 : A(L)(%) > 16% und vorzugsweise A(L)(%) > 18%
(ii) Z1: Rm(L) > 450 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 470 MPa
und Z2 : A(L)(%) > 18% und vorzugsweise A(L)(%) > 20%
(iii) Z1: Rm(L) > 550 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 590 MPa
und Z2 : A(L)(%) > 10% und vorzugsweise A(L)(%) > 14%
(iv) Z1: Rm(L) > 550 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 590 MPa
und Z2 : K1c(L-T) > 45MPa√m und vorzugsweise K1c(L-T) > 45MPa√m.
13. Kneterzeugnis aus einer Legierung 2XXX im Zustand T3X, herstellbar durch das Verfahren
nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 11,
dadurch gekennzeichnet, dass die wenigstens zwei Bereiche Z1 und Z2 Festigkeitseigenschaften aufweisen, bei denen
(i) Rp0,2, gemessen in L-Richtung oder in LT-Richtung, eine Abweichung Rp0,2(Z1) - Rp0,2(Z2) von mindestens 50 MPa und vorzugsweise mindestens 70 MPa aufweist, und/oder
(ii) Rm, gemessen in L-Richtung oder in LT-Richtung, eine Abweichung Rm(Z1) - Rm(Z2) von mindestens 20 MPa und vorzugsweise mindestens 30 MPa aufweist.
(iii) K1c, gemessen in L-T-Richtung, weist eine Abweichung K1c (Z1) - K1c (Z2) von mindestens 5MPa√m und vorzugsweise mindestens 15MPa√m auf.
14. Kneterzeugnis aus einer Lithium enthaltenden Legierung 2XXX im Zustand T8X, herstellbar
durch das Verfahren nach irgendeinem der Ansprüche 1 bis 11,
dadurch gekennzeichnet, dass die wenigstens zwei Bereiche Z1 und Z2 Festigkeitseigenschaften aufweisen, die ausgewählt
sind aus der Gruppe bestehend aus
(i) Z1 : Rm(L) > 630 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 640 MPa
und Z2 : A(L)(%) > 8% und vorzugsweise A(L)(%) > 9%
(ii) Z1: Rm(L) > 640 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 650 MPa
und Z2 : A(L)(%) > 7% und vorzugsweise A(L)(%) > 8%
(iii) Z1: Rm(L) > 630 MPa und vorzugsweise Rm(L) > 640 MPa
und Z2 : K1c(L-T) > 25MPa√m und vorzugsweise K1c(L-T) > 30MPa√m.
1. Method for manufacturing a wrought product made from aluminium alloy without heat
treatment, said method comprising:
- a hot-transformation step,
- at least one step of transformation by cold plastic deformation in which, in at
least two regions of said wrought product, mean generalised plastic deformations are
imposed, different by at least 2% and preferentially different by at least 3%,
characterised in that said cold plastic deformation transformation is performed subsequently to the hot
transformation.
2. Method for manufacturing a wrought product made from aluminium alloy with heat treatment,
said method comprising:
- a hot-transformation step,
- a step of solution heat treatment and a quenching step,
- at least one step of transformation by cold plastic deformation in which, in at
least two regions of said wrought product, mean generalised plastic deformations are
imposed, different by at least 2% and preferentially different by at least 3%,
characterised in that said transformation by cold plastic deformation is carried out subsequently to the
hot transformation and to the aging and quenching steps.
3. Method according to claim 1 or claim 2, comprising at least two steps of transformation
by cold plastic deformation subsequent to the hot transformation.
4. Method according to any of claims 1 to 3, in which said wrought product has a principal
dimension or a dimension of length in the direction L and in which said at least two
regions are situated at different positions in said principal direction L.
5. Method according to claim 4, in which at least one cold plastic deformation step is
a controlled traction, and in which one of the ends in the principal direction of
the intermediate product on which said controlled traction is performed projects significantly
from the jaws of the traction bench during said controlled traction step.
6. Method according to claim 4, in which at least one cold plastic deformation step is
a controlled traction and in which said controlled traction step is performed on an
intermediate product having a cross section variable in the plane perpendicular to
the direction L.
7. Method according to claim 4, in which said wrought product is a sheet having a principal
dimension or a dimension of length in the direction L, a transverse dimension or a dimension of width in the direction l and a dimension of thickness in the direction e, and in which at least one step of transformation by cold plastic deformation is
performed by cold rolling so that the thickness of said sheet is variable at the entry
to the rolling mill and substantially constant at the exit from the rolling mill.
8. Method according to claim 7, in which the variation in thickness of said sheet at
the entrance of the cold rolling mill is obtained during the hot rolling step or by
machining a sheet of constant thickness issuing from the hot rolling step.
9. Method according to claim 4, in which said wrought product is a sheet having a principal
dimension or a dimension of length in the direction L, a transverse dimension or a
dimension of width in the direction l and a dimension of thickness in the direction e,
and in which at least one step of transformation by cold plastic deformation is performed
by cold rolling so that the thickness of said sheet is substantially constant at the
entrance of the rolling mill and variable at the exit from the rolling mill,
and in which a subsequent machining step makes it possible to obtain a final thickness
that is substantially constant at every point.
10. Method according to any of claims 1 to 3, in which said wrought product is a sheet
having a principal dimension or a dimension of length in the direction L, a transverse dimension or a dimension of width in the direction l and a dimension of thickness in the direction e and in which said at least two regions are situated at different positions in said
transverse direction l.
11. Method according to claim 10, in which at least one step of transformation by cold
plastic deformation is performed by cold rolling so that the thickness of said sheet
is substantially constant at the entrance of the rolling mill and variable at the
exit from the rolling mill,
and in which a subsequent machining step makes it possible to obtain a final thickness
that is substantially constant at every point.
12. Wrought product made from 2XXX alloy in the T3X state able to be obtained the method
according to any of claims 1 to 11,
characterised in that said at least two regions Z1 and Z2 have mechanical properties selected from the
group formed by:
(i) Z1: Rm(L) > 500 MPa and preferentially Rm(L) > 520 MPa
and Z2: A(L)(%) > 16% and preferentially A(L) (%) > 18%
(ii) Z1: Rm(L) > 450 MPa and preferentially Rm (L) > 470 MPa
and Z2: A(L)(%) > 18% and preferentially A(L) (%) > 20%
(iii) Z1: Rm(L) > 550 MPa and preferentially Rm(L) > 590 MPa
and Z2: A(L)(%) > 10% and preferentially A(L) (%) > 14%
(iv) Z1: Rm(L) > 550 MPa and preferentially Rm(L) > 590 MPa
and Z2: K1c(L-T) > 45 MPa√m and preferentially K1c(L-T) > 55 MPa√m.
13. Wrought product made from 2XXX alloy in the T3X state able to be obtained the method
according to any of claims 1 to 11,
characterised in that said at least two regions Z1 and Z2 have mechanical properties in which
(i) Rp0.2, measured in the direction L or in the direction LT, has a difference Rp0.2(Z1) - Rp0.2(Z2) of at least 50 MPa and preferentially at least 70 MPa, and/or
(ii) Rm, measured in the direction L or in the direction LT, has a difference Rm(Z1) - Rm(Z2) of at least 20 MPa and preferentially at least 30 MPa,
(iii) K1c, measured in the direction L-T, has a difference K1c(Z1) - K1c(Z2) of at least 5 MPa√m and preferentially at least 15 MPa√m.
14. Wrought product made from 2XXX alloy containing lithium in the T8X state able to be
obtained by the method according to any of claims 1 to 11,
characterised in that said at least two regions Z1 and Z2 have mechanical properties selected from the
group formed by
(i) Z1: Rm(L) > 630 MPa and preferentially Rm(L) > 640 MPa
and Z2: A(L)(%) > 8% and preferentially A(L) (%) > 9%
(ii) Z1: Rm(L) > 640 MPa and preferentially Rm(L) > 650 MPa
and Z2: A(L)(%) > 7% and preferentially A(L) (%) > 8%
(iii) Z1: Rm(L) > 630 MPa and preferentially Rm(L) > 640 MPa
and Z2: K1c(L-T) > 25 MPa√m and preferentially K1c(L-T) > 30 MPa√m