Domaine de l'invention
[0001] La présente invention concerne en général des produits en alliages d'aluminium et,
en particulier, de tels produits utiles dans l'industrie aérospatiale et appropriés
pour une utilisation dans des applications de fuselage.
Etat de la technique
[0002] Dans l'industrie aéronautique civile d'aujourd'hui et, en particulier, pour des applications
de fuselage, il existe une forte motivation pour réduire tant le poids que le coût.
Le fuselage d'un avion de transport commercial est soumis à un ensemble complexe de
contraintes, dépendant de la phase de fonctionnement (décollage, croisière, manoeuvre,
atterrissage...) et des conditions environnementales (rafales de vent, vents de face,...).
De plus, les différentes parties du fuselage sont soumises à des contraintes différentes.
En dépit de cette complexité, il est possible de distinguer des lignes directrices
majeures de conception qui déterminent le poids de la structure, certaines ayant un
impact sur le poids total plus important que d'autres.
[0003] A titre d'exemple, la résistance à la compression et au cisaillement en compression
est une ligne directrice de conception extrêmement importante, puisque les panneaux
de fuselage les plus lourds subissent ce type de contrainte. Afin qu'un nouveau matériau
puisse permettre une réduction du poids de ces panneaux contraints en compression,
il doit avoir un module d'élasticité élevé, une limite d'élasticité à 0,2 % élevée
(pour résister au flambage) et une faible masse volumique.
[0004] La deuxième ligne directrice majeure est la résistance résiduelle de panneaux longitudinalement
(dans l'axe du fuselage) fissurés. Les règlements de certification aéronautiques obligent
la prise en compte de la tolérance aux dommages dans la conception, ainsi il est habituel
d'envisager de grandes fissures longitudinales ou circonférentielles dans les panneaux
de fuselage, pour prouver qu'un certain niveau de contrainte peut être appliqué sans
rupture catastrophique. Une propriété connue des matériaux gouvernant la conception
est ici la ténacité sous contrainte plane. Tous les facteurs connus d'intensité de
contrainte critique ne confèrent toutefois qu'une vue limitée de la ténacité. L'essai
de courbe R est un moyen largement reconnu pour caractériser les propriétés de ténacité.
La courbe R représente l'évolution du facteur d'intensité de contrainte effective
critique pour la propagation de fissure en fonction de l'extension de fissure effective,
sous une contrainte monotone. Elle permet la détermination de la charge critique pour
une rupture instable pour toute configuration pertinente à des structures d'aéronef
fissurées. Les valeurs du facteur d'intensité de contrainte effective et de l'extension
de fissure effective sont des valeurs définies dans la norme ASTM E561. La longueur
de la courbe R - à savoir l'extension de fissure maximale de la courbe - est un paramètre
en lui-même important pour la conception de fuselage. L'analyse classique, généralement
utilisée, des essais réalisés sur des panneaux à fissure centrale donne un facteur
d'intensité de contrainte apparent à la rupture (K
app). Cette valeur ne varie pas significativement en fonction de la longueur de la courbe
R, spécialement lorsque la pente de la courbe R est proche de la pente de la courbe
liée au facteur d'intensité de contrainte appliqué à la longueur de fissure (courbe
appliquée). Toutefois, dans une structure d'élément structural réel tel qu'un panneau
comportant des raidisseurs fixés, lorsqu'une fissure progresse sous un raidisseur
non rompu, la courbe appliquée chute en raison de l'effet de pontage du raidisseur.
Dans ce cas, un minimum local de la courbe appliquée peut se produire pour une longueur
de fissure plus grande que la somme de la longueur de fissure initiale et de l'extension
de fissure sous une charge monotone. Dans ce cas, de plus grandes contraintes avant
rupture instable sont permises pour de longues courbes R. Il est ainsi intéressant
d'avoir une plus longue courbe R, même pour des facteurs d'intensité de contrainte
critiques identiques, tels qu'ils sont déterminés classiquement.
[0005] Pour des produits ayant des propriétés mécaniques identiques, une masse volumique
inférieure est clairement bénéfique pour le poids d'un élément de structure. Une troisième
ligne directrice majeure est ainsi la masse volumique du matériau. De plus, de grandes
parties du fuselage ne sont pas aussi fortement chargées et le poids de la conception
est limité par une certaine limite généralement appelée « épaisseur minimale ». Le
concept d'épaisseur minimale correspond à la plus faible épaisseur utilisable pour
la fabrication (en particulier la manipulation des panneaux) et la réparation (rivetage
de réparation). La seule manière de réduire le poids dans ce cas consiste à utiliser
un matériau de plus faible masse volumique.
[0006] D'autres lignes directrices importantes sont la propagation de fissures en fatigue,
soit sous contrainte à amplitude constante, soit avec une amplitude variable (en raison
de manoeuvres et de rafales de vent, spécialement dans la direction longitudinale,
mais également autour de l'aile, dans toutes les directions).
[0007] Aujourd'hui, les fuselages des avions civils sont, pour la majeure partie, constitués
de tôle en alliage 2024, 2056, 2524, 6013, 6156 ou 7475, plaquée sur chaque face avec
un alliage d'aluminium peu chargé en éléments d'alliage, un alliage 1050 ou 1070 par
exemple. Le but de l'alliage de revêtement est de conférer une résistance à la corrosion
suffisante. Une corrosion légère, généralisée ou par piqûre est tolérable mais elle
ne doit pas être pénétrante de façon à ne pas attaquer l'alliage de coeur. Il existe
une tendance à essayer d'utiliser des matériaux non-plaqués pour la conception de
fuselage, de façon à réduire le coût. La résistance à la corrosion, et en particulier
la corrosion intergranulaire et la corrosion sous contrainte, du panneau de fuselage
est ainsi un aspect important de ses propriétés.
[0008] Comme énoncé ci-dessus, la seule manière de réduire le poids consiste, dans certains
cas, à réduire la masse volumique des matériaux utilisés pour la construction aéronautique.
Les alliages en aluminium-lithium ont depuis longtemps été reconnus comme une solution
efficace pour réduire le poids en raison de la faible masse volumique de ces alliages.
Toutefois, les différentes exigences citées ci-dessus : module d'élasticité élevé,
résistance à la compression élevée, tolérance aux dommages élevée et résistance à
la corrosion élevée, n'ont pas été satisfaites simultanément par les alliages aluminium-lithium
de l'art antérieur. Obtenir une ténacité élevée avec ces alliages s'est en particulier
révélé être un problème difficile à résoudre. Prasad et al, par exemple, ont établi
récemment (dans Sadhana, vol. 28, parties 1 & 2, février/avril 2003 pages 209 à 246)
que « des alliages Al-Li sont des matériaux candidats de premier ordre pour remplacer
les alliages en A1 traditionnellement utilisés. En dépit de leurs nombreux avantages
de propriétés, une faible ductilité en tension et une ténacité inadéquate, spécialement
dans les directions à travers l'épaisseur, militent contre leur acceptabilité ». Aujourd'hui,
les alliages en Al-Li ont été limités à des applications militaires très spécifiques
telles que les matériaux ayant une résistance élevée à haute température, les matériaux
ayant une ténacité améliorée à des températures cryogénique pour des applications
aérospatiales, dans certaines parties d'hélicoptères, et des pièces de fuselage d'avions
militaires.
[0009] Le brevet
US 5 032 359 (Martin Marietta) décrit une famille d'alliages basée sur des alliages aluminium-cuivre-magnésium-argent
auxquels du lithium a été ajouté, dans des gammes spécifiques et qui présentent une
résistance élevée à température ambiante et à haute température, une ductilité élevée
à températures ambiante et à haute température, une aptitude à l'extrusion, une forgeabilité,
et de bonnes propriétés de soudabilité et de réponse au vieillissement naturel. Les
exemples décrivent des produits extrudés. Aucune information n'est fournie quant à
la ténacité, au comportement en fatigue ou à la résistance à la corrosion. Dans un
mode de réalisation préféré, l'alliage a pour composition de 3,0 à 6,5 % de cuivre,
de 0,05 à 2,0 % de magnésium, de 0,05 à 1,2 % d'argent, de 0,2 à 3,1 % de lithium,
de 0,05 à 0,5 % d'un élément choisi parmi le zirconium, le chrome, le manganèse, le
titane, le bore, l'hafnium, le vanadium, le diborure de titane et les mélanges de
ces derniers.
[0010] Le document
US 5 122 339 (Martin Marietta) est une continuation de la demande précédente. Il est décrit en outre une utilisation
d'alliages similaire en tant qu'alliages de soudage ou en tant qu'alliages soudés.
[0011] Le document
US 5 211 910 (Martin Marietta) décrit les alliages à base d'aluminium contenant du Cu, du Li, du Zn, du Mg et de
l'Ag qui possèdent des propriétés favorables, comme une masse volumique relativement
faible, un module élevé, des combinaisons résistance mécanique/ductilité élevées,
une forte réponse au vieillissement naturel avec et sans écrouissage antérieur, et
un module élevé après revenu avec ou sans écrouissage antérieur. Les alliages ont
pour composition de 1 à 7% de Cu, de 0,1 à 4% de Li, de 0,01 à 4% de Zn, de 0,05 à
3% de Mg, de 0,01 à 2 % d'Ag, de 0,01 à 2 % d'un élément choisi parmi Zr, Cr, Mn,
Ti, Hf, V, Nb, B et TiB
2, le reste étant de l'Al conjointement avec ses impuretés inévitables. Cette invention
décrit comment des additions de Zn peuvent être utilisées pour réduire la teneur en
Ag présents dans les alliages enseignés dans le document
US 5 032 359 de façon à de réduire le coût.
[0012] Le document
US 5 455 003 (Martin Marietta) décrit un procédé de production d'alliages aluminium-cuivre-lithium qui présentent
une résistance mécanique et une ténacité améliorées à des températures cryogéniques.
Les propriétés cryogéniques améliorées sont atteintes en ajustant la composition de
l'alliage, conjointement avec les paramètres de traitement tels que la quantité d'écrouissage
et le revenu. Le produit est utilisé pour des réservoirs cryogéniques dans des véhicules
de lancement spatial.
[0013] Le document
US 5 389 165 (Reynolds) décrit un alliage à base d'aluminium utile dans des structures d'aéronef et aérospatiales
qui a une faible masse volumique, une résistance mécanique élevée et une haute ténacité
et qui a pour formule: Cu
aLi
bMg
cAg
dZr
eAl
bal dans laquelle a, b, c, d, e et bal indiquent la quantité en % en poids de composants
d'alliage, et dans laquelle
2,8 < a < 3,8,
0,80 < b < 1,3, 0,20 < c < 1,00, 0,20 < d < 1,00 et
0,08 < e < 0,40. De préférence, les composants cuivre et lithium sont ajustés de sorte
que la teneur combinée en cuivre et en lithium est maintenue en dessous de la limite
de solubilité afin d'éviter une perte de la ténacité pendant une exposition à une
température élevée. La relation entre les teneurs en cuivre et en lithium doit également
satisfaire la relation suivante :

[0014] Des conditions spéciales de traction contrôlée, entre 5 et 11 %, sont appliquées.
Les exemples sont limités à une épaisseur de 19 mm et une teneur en zirconium supérieure
ou égale à 0,13 % en poids.
[0015] Le document
US 2004/0071586 (Alcoa) divulgue un alliage Al-Cu-Mg comprenant de 3 à 5 % en poids de Cu, de 0,5 à 2 %
en poids de Mg et de 0,01 à 0,9 % en poids de Li. D'après cette demande de brevet,
la ténacité des alliages pour lesquels un ajout de Li compris entre 0,2 et 0,7 % en
poids est améliorées de façon significative par rapport à des alliages semblables
contenant soit pas de Li soit une quantité de Li plus élevée.
[0016] Il existe un besoin d'un alliage en Al-Li de résistance mécanique élevée, de haute
ténacité et en particulier d'extension de fissure élevée avant une rupture instable,
de résistance à la corrosion élevée, pour des applications aéronautiques et en particulier
pour des applications de tôle de fuselage.
Objet de l'invention
[0017] Pour ces raisons et d'autres, les présents inventeurs sont parvenus à la présente
invention concernant un alliage aluminium-cuivre-lithium-magnésium-argent, qui présente
une résistance mécanique élevée, une haute ténacité et spécifiquement une extension
de fissure élevée avant une rupture instable de panneaux larges pré-fissurés, et une
haute résistance à la corrosion.
[0018] Un objet de la présente invention est un procédé de fabrication d'une tôle à base
d'alliage d'aluminium ayant une ténacité et une résistance mécanique élevées, dans
lequel :
- a) on élabore un bain de métal liquide comprenant 2,7 à 3,4 % en poids de Cu, 0,8
à 1,4 % en poids de Li, 0,1 à 0,8 % en poids d'Ag, 0,2 à 0,6 % en poids de Mg et au
moins un élément choisi parmi Zr, Mn, Cr, Sc, Hf et Ti, la quantité dudit élément,
s'il est choisi, étant de 0,05 à 0,13 % en poids pour Zr, 0,05 à 0,8 % en poids pour
Mn, 0,05 à 0,3 % en poids pour Cr et pour Sc, 0,05 à 0,5 % en poids pour Hf et de
0,05 à 0,15 % en poids pour Ti,
le reste étant de l'aluminium et des impuretés inévitables,
avec la condition supplémentaire que la quantité de Cu et de Li soit telle que
Cu (% en poids) + 5/3 Li (% en poids) < 5,2 ;
- b) on coule une plaque à partir dudit bain de métal liquide
- c) on homogénéise ladite plaque à une température comprise entre 490 à 530°C pendant
une durée de 5 à 60 heures ;
- d) on lamine ladite plaque en une tôle ayant une épaisseur finale comprise entre 0,8
et 12 mm ;
- e) on met en solution et on trempe ladite tôle ;
- f) on tractionne de façon contrôlée ladite tôle avec une déformation permanente de
1 à 5 % ;
- g) on réalise un revenu de ladite tôle par chauffage à 140 à 170 °C pendant 5 à 30
heures.
[0019] Un autre objet de l'invention est un produit laminé, extrudé et/ou forgé en alliage
d'aluminium comprenant 2,7 à 3,4 % en poids de Cu, 0,8 à 1,4 % en poids de Li, 0,1
à 0,8 % en poids d'Ag, 0,2 à 0,6 % en poids de Mg et au moins un élément choisi parmi
Zr, Mn, Cr, Sc, Hf et Ti, la quantité dudit élément, s'il est choisi, étant de 0,05
à 0,13 % en poids pour Zr, 0,05 à 0,8 % en poids pour Mn, 0,05 à 0,3 % en poids pour
Cr et pour Sc, 0,05 à 0,5 % en poids pour Hf et de 0,05 à 0,15 % en poids pour Ti,
le reste étant de l'aluminium et des impuretés inévitables, avec la condition supplémentaire
que la quantité de Cu et de Li soit telle que

[0020] Encore d'autres objets de l'invention sont des éléments de structures, raidisseurs
et panneaux de fuselage obtenus à partir desdits produits laminés, extrudés et/ou
forgés.
Description des figures
[0021]
Figure 1 : Courbe R dans le sens T-L (éprouvette CCT760).
Figure 2 : Courbe R dans le sens L-T(éprouvette CCT760).
Figure 3 : évolution de la vitesse de fissuration dans le sens T-L lorsque l'amplitude
du facteur d'intensité de contrainte varie.
Figure 4 : évolution de la vitesse de fissuration dans le sens L-T lorsque l'amplitude
du facteur d'intensité de contrainte varie.
Figure 5 : Courbe R dans le sens T-L (éprouvette CCT760) d'échantillons selon l'invention
ayant été obtenu avec différents niveaux de déformation par traction.
Description détaillée de l'invention
[0022] Sauf mention contraire, toutes les indications concernant la composition chimique
des alliages sont exprimées comme un pourcentage en poids basé sur le poids total
de l'alliage. La désignation des alliages se fait en conformité avec les règlements
de The Aluminium Association, connus de l'homme du métier. Les définitions des états
métallurgiques sont indiquées dans la norme européenne EN 515.
[0023] Sauf mention contraire, les caractéristiques mécaniques statiques, en d'autres termes
la résistance à la rupture Rm, la limite d'élasticité conventionnelle à 0,2% d'allongement
R
p0,2 et l'allongement à la rupture A, sont déterminées par un essai de traction selon
la norme EN 10002-1, le prélèvement et le sens de l'essai étant définis par la norme
EN-485-1.
[0024] La vitesse de fissuration (da/dN) est déterminée selon la norme ASTM E 647. Une courbe
de l'intensité de contrainte en fonction de l'extension de fissure, connue comme la
courbe R, est déterminée selon la norme ASTM E 561. Le facteur d'intensité de contrainte
critique K
C, en d'autres termes le facteur d'intensité qui rend la fissure instable, est calculé
à partir de la courbe R. Le facteur d'intensité de contrainte K
CO est également calculé en attribuant la longueur de fissure initiale à la charge critique,
au commencement de la charge monotone. Ces deux valeurs sont calculées pour une éprouvette
de la forme requise. K
app représente le facteur K
CO correspondant à l'éprouvette qui a été utilisée pour effectuer l'essai de courbe
R. K
eff représente le facteur K
C correspondant à l'éprouvette qui a été utilisée pour effectuer l'essai de courbe
R. Δa
eff(max) représente l'extension de fissure du dernier point valide de la courbe R. Sauf mention
contraire, la taille de fissure à la fin du stade de pré-fissurage par fatigue est
W/3 pour des éprouvettes du type M(T), dans laquelle W est la largeur de l'éprouvette
telle que définie dans la norme ASTM E561. Il faut remarquer que la largeur de l'éprouvette
utilisée dans un essai de courbe R peut avoir une influence substantielle sur l'intensité
de contrainte mesurée dans l'essai. Les tôles de fuselage étant de grands panneaux,
les résultats de courbe R obtenus sur échantillons suffisamment larges, tels que des
échantillons ayant une largeur supérieure ou égale à 400 mm, sont jugés les plus significatifs
pour l'évaluation de la ténacité. Pour cette raison, les échantillons d'essai CCT760,
qui avaient une largeur de 760 mm, ont été utilisés préférentiellement pour l'évaluation
de la ténacité. La longueur de fissure initiale 2ao = 253 mm.
[0025] La ténacité a été également évaluée dans les sens T-L à l'aide de l'énergie globale
à rupture E
g selon l'essai Kahn. La contrainte Kahn R
e (en MPa) est égale au rapport de la charge maximale F
max que peut supporter l'éprouvette sur la section de l'éprouvette (produit de l'épaisseur
B par la largeur W). R
e ne permet pas d'évaluer la ténacité relative d'échantillons dont les caractéristiques
mécaniques statiques sont différentes. L'énergie globale à rupture E
g est déterminée comme l'aire sous la courbe Force-Déplacement jusqu'à la rupture de
l'éprouvette, E
g est directement reliée à la ténacité. L'essai est décrit dans l'article
« Kahn-Type Tear Test and Crack Toughness of Aluminum Alloy Sheet », paru dans la
revue Materials Research & Standards, Avril 1964, p. 151- 155. L'éprouvette utilisée pour l'essai de ténacité Kahn est décrite, par exemple, dans
le
« Metals Handbook », 8th Edition, vol. 1, American Society for Metals, pp. 241-242.
[0026] Par « tôle », on veut dire ici un produit laminé n'excédant pas 12 mm d'épaisseur.
[0027] Le terme « élément de structure » se réfère à un élément utilisé en construction
mécanique pour lequel les caractéristiques mécaniques statiques et / ou dynamiques
ont une importance particulière pour la performance et l'intégrité de la structure,
et pour lequel un calcul de la structure est généralement prescrit ou effectué. Il
s'agit typiquement d'une pièce mécanique dont la défaillance est susceptible de mettre
en danger la sécurité de ladite construction, de ses utilisateurs, de ses usagers
ou d'autrui. Pour un avion, ces éléments de structure comprennent notamment les éléments
qui composent le fuselage (tels que la peau de fuselage (fuselage skin en anglais),
les raidisseurs ou lisses de fuselage (stringers), les cloisons étanches (bulkheads),
les cadres de fuselage (circumferential frames), les ailes (tels que la peau de voilure
(wing skin), les raidisseurs (stringers ou stiffeners), les nervures (ribs) et longerons
(spars)) et l'empennage composé notamment de stabilisateurs horizontaux et verticaux
(horizontal or vertical stabilisers), ainsi que les profilés de plancher (floor beams),
les rails de sièges (seat tracks) et les portes.
[0028] L'alliage aluminium - cuivre - lithium - argent-magnésium selon un mode de réalisation
de l'invention a de manière avantageuse la composition suivante :
Tableau 1 :
| Gammes de composition d'alliages (% en poids, le reste étant du Al) |
| |
Cu |
Li |
Ag |
Mg |
| Large |
2,7 à 3,4 |
0,8 à 1,4 |
0,1 à 0,8 |
0,2 à 0,6 |
| Préférée |
3,0 à 3,4 |
0,8 à 1,2 |
0,2 à 0,5 |
0,2 à 0,6 |
| Plus préférée |
3,1 à 3,3 |
0,9 à 1,1 |
0,2 à 0,4 |
0,2 à 0,4 |
[0029] Afin d'obtenir des résultats souhaités en termes de ténacité, il peut être avantageux
d'obtenir une dissolution presque parfaite pendant un traitement thermique de mise
en solution et également de minimiser la décomposition de la solution solide pendant
la trempe. Les inventeurs ont déterminé que ceci peut être obtenu, par exemple, en
limitant la quantité totale de Cu et de Li, selon la relation suivante entre le cuivre
et le lithium

et en assurant une vitesse de refroidissement pendant la trempe suffisamment élevée,
par exemple en trempant à l'eau froide.
[0030] Pour les compositions préférée et plus préférée du tableau 1, la relation entre le
cuivre et le lithium est de préférence :

[0031] Au moins un élément tel que Zr, Mn, Cr, Sc, Hf, Ti ou une combinaison de ceux-ci
est inclus de façon à affiner le grain. Les additions dépendent de l'élément: de 0,05
à 0,13 % en poids (de préférence de 0,09 à 0,13 % en poids) pour Zr, de 0,05 à 0,8
% en poids pour Mn, de 0,05 à 0,3 % en poids pour Cr et Sc, de 0,05 à 0,5 % en poids
pour Hf et de 0,05 à 0,15 % en poids pour Ti. Lorsque plusieurs de ces éléments anti-recristallisants
sont ajoutés, la somme peut être limitée par l'apparition de phases primaires.
[0032] Dans une autre réalisation avantageuse de l'invention, l'affinage de grain est réalisé
grâce à l'ajout de 0,05 à 0,13% en poids de Zr, de 0,02 à 0,3% en poids de Sc et optionnellement
de 0,05 à 0,8 % en poids de Mn, de 0,05 à 0,3 % en poids de Cr, de 0,05 à 0,5 % en
poids de Hf et de 0,05 à 0,15 % en poids de Ti.
[0033] Dans certains cas, et particulièrement pour les tôles laminées à chaud d'épaisseur
comprise entre 4 et 12 mm, il peut être avantageux de limiter la teneur en Mn à 0,05
% en poids et de préférence à 0,03 % en poids. Les inventeurs ont observé que pour
de telles épaisseurs la présence de Mn rend plus difficile le contrôle de la structure
granulaire et peut affecter à la fois les propriétés mécaniques et la ténacité.
[0034] Fe et Si affectent généralement les propriétés de ténacité. La quantité de Fe devrait
de préférence être limitée à 0,1 % en poids et la quantité de Si devrait de préférence
être limitée à 0,1 % en poids (de préférence à 0,05 % en poids). Tous les autres éléments
devraient également de préférence être limités à 0,1 % en poids (de préférence à 0,05
% en poids).
[0035] Les inventeurs ont trouvé que si la teneur en cuivre est supérieure à 3,4 % en poids,
les propriétés de ténacité peuvent dans certains cas chuter rapidement. Pour certains
modes de réalisation de l'invention, il est recommandé de ne pas dépasser une teneur
en cuivre de 3,3 % en poids. De manière préférée, la teneur en cuivre est supérieure
à 3,0% ou même 3,1% en poids.
[0036] Les présents inventeurs ont observé que les teneurs en Zr supérieures à 0,13 % en
poids peuvent, dans certains cas, conduire à une performance de ténacité inférieure.
Quelle que soit la raison de cette chute de la ténacité, les inventeurs ont trouvé
que la teneur en Zr supérieure conduisait à une formation de phases primaires Al
3Zr. Dans ce cas, une température de coulée élevée peut être utilisée afin d'éviter
la formation des phases primaires, mais ceci peut conduire à une plus faible qualité
du métal liquide, en termes d'inclusion et de teneur en gaz. C'est pourquoi les présents
inventeurs considèrent que le Zr devrait avantageusement ne pas excéder 0,13 % en
poids.
[0037] Les inventeurs ont trouvé que si la teneur en Li est inférieure à 0,8 % en poids
ou même 0,9% en poids, l'amélioration de la résistance mécanique est trop faible.
Dans certains cas, il peut être avantageux que la teneur en Li soit > 0,9 % en poids.
Egalement, avec ces faibles teneur en Li la diminution de la densité de l'alliage
est trop faible. Pour une teneur en Li supérieure à 1,4 % voir supérieure à 1,2 %
en poids ou même supérieure à 1,1 % en poids, la ténacité est réduite de façon significative.
Egalement, ces teneurs en Li élevées ont plusieurs désavantages liés notamment à la
stabilité thermique, la coulabilité et le coût des matières premières.
[0038] L'ajout d'Ag est une caractéristique essentielle de l'invention. Les performances
en résistance mécanique et en ténacité observées par les inventeurs ne sont habituellement
pas atteintes pour des alliages ne contenant pas d'argent. Les inventeurs pensent
que l'argent joue un rôle lors de la formation des phases durcissantes contenant du
cuivre, formées pendant le vieillissement naturel ou artificiel et permet en particulier
la formation de phases plus fines et une distribution plus homogène de ces phases.
L'effet avantageux de Ag est observé pour une teneur de cet élément supérieure à 0,1
% en poids et préférentiellement supérieure à 0,2 % en poids. De façon à limiter le
coût associé à l'ajout de Ag, il peut être avantageux de ne pas excéder 0,5% en poids
ou même 0,4% en poids.
[0039] L'ajout de Mg améliore la résistance mécanique et diminue la densité. Une addition
excessive de Mg aurait cependant un effet néfaste sur la ténacité. Dans une réalisation
avantageuse de l'invention, la teneur en Mg est limitée à 0,4% en poids. Les inventeurs
pensent que l'ajout de Mg pourrait également avoir un rôle pendant la formation des
phases contenant du cuivre.
[0040] Le bain de métal liquide ayant une composition selon l'invention est ensuite coulé.
La présente invention permet d'obtenir un produit laminé, extrudé et/ou forgé dont
l'épaisseur est, d'une façon avantageuse, comprise entre 0,8 et 12 mm et de préférence
entre 2 et 12 mm.
[0041] Selon un mode de réalisation avantageux de la présente invention, un alliage ayant
des quantités ajustées d'éléments d'alliage est coulé sous forme de plaque. La plaque
est ensuite homogénéisée à 490 à 530 °C pendant 5 à 60 heures. Les inventeurs ont
observé que les températures d'homogénéisation supérieures à 530 °C peuvent tendre
à réduire la performance de ténacité dans certains cas.
[0042] Avant le laminage à chaud, les plaques sont chauffées à 490 à 530 °C pendant 5 à
30 h. Un laminage à chaud est réalisé pour obtenir une épaisseur comprise entre 4
et 12 mm. Pour une épaisseur d'approximativement 4 mm ou moins, une étape de laminage
à froid peut être ajoutée, si nécessaire. La tôle obtenue a une épaisseur comprise
de préférence entre 0,8 et 12 mm, et l'invention est plus avantageuse pour des tôles
de 2 à 12 mm d'épaisseur et même 2 à 9 mm et encore plus avantageuse pour des tôles
de 3 à 7 mm d'épaisseur. Les tôles sont ensuite mises en solution, par exemple par
traitement thermique entre 490 et 530 °C pendant 15 min à 2 h, puis trempées avec
de l'eau à température ambiante ou préférentiellement de l'eau froide.
[0043] Le produit subit ensuite une traction contrôlée de 1 à 5 % et préférentiellement
de 2,5 à 4 %. De tels niveaux d'écrouissage à froid peuvent également être obtenus
par laminage à froid, planage, forgeage ou une combinaison de ces méthodes et de la
traction contrôlée. De manière avantageuse, l'écrouissage à froid total après trempe
est compris entre 2,5 et 4%. En particulier, quand une opération de planage est effectuée
entre la trempe et la traction contrôlée et qu'aucune autre déformation à froid n'est
réalisée, il peut être avantageux que la déformation par traction contrôlée soit comprise
entre 1,7 et 3,5%. Les inventeurs ont observé que la ténacité tend à diminuer quand
la déformation par traction contrôlée est supérieure à 5%. De plus, les résultats
de Kahn test, en particulier E
g tend à diminuer pour des déformations permanentes supérieures à 5%. Il est de ce
fait recommandé de ne pas dépasser une déformation permanente de 5%. Par ailleurs,
si la traction est supérieure à 5 % on peut rencontrer des difficultés industrielles
telles qu'une mise en oeuvre élevée ainsi que des difficultés de mise en forme, ce
qui augmenterait le coût du produit.
[0044] Un revenu est réalisé à une température comprise entre 140 et 170°C pendant 5 à 30
h, ce qui permet d'obtenir un état T8. Dans certains cas et en particulier pour les
compositions préférée et plus préférée du tableau 1 le revenu est plus préférentiellement
réalisé, entre 140 et 155°C pendant 10 à 30 h. Des températures de revenu basses favorisent
généralement une haute ténacité. Dans un mode de réalisation de la présente invention,
l'étape de revenu est divisée en deux étapes : une étape de pré-revenu antérieure
à une opération de soudage, et un traitement thermique final d'un élément de structure
soudé. Dans le cadre de la présente invention, un soudage par friction-malaxage est
une technique de soudage préférée.
[0045] Les tôles selon l'invention ont des propriétés avantageuses pour des microstructures
recristallisées, non recristallisées ou mixtes (c'est à dire comprenant des zones
recristallisées et des zones non recristallisées). Dans certains cas, les inventeurs
ont observé qu'il pouvait être avantageux d'éviter les microstructures mixtes : pour
les tôles dont l'épaisseur est comprise entre 4 et 12 mm, il peut être avantageux
que la microstructure soit complètement non recristallisée.
[0046] Les caractéristiques des tôles obtenues selon l'invention sont à l'état T8 :
[0047] La mise en forme de la tôle de l'invention peut avantageusement être effectuée par
emboutissage profond, étirage, fluotournage, roulage ou pliage, ces techniques étant
connues de l'homme du métier.
[0048] Dans l'assemblage de pièces structurales, toutes les techniques connues et possibles
de rivetage et de soudage appropriées pour des alliages en aluminium peuvent être
utilisées, si souhaité. Ladite tôle peut être fixée à des raidisseurs ou des cadres,
par exemple par rivetage ou soudage. Les inventeurs ont trouvé que si le soudage est
choisi, il peut être préférable d'utiliser des techniques de soudage à basse température,
qui aident à assurer que la zone affectée thermiquement soit aussi faible que possible.
A cet égard, le soudage au laser et le soudage par friction-malaxage donnent souvent
des résultas particulièrement satisfaisants. Dans le cadre de l'invention, le soudage
par friction-malaxage est la méthode de soudage préférée. Les joints soudés de tôles
selon l'invention obtenus avantageusement par soudage par friction-malaxage ont un
coefficient d'efficacité du joint supérieur à 70% et de préférence supérieur à 75%.
Ce résultat avantageux est obtenu que le revenu soit pratiqué avant ou après l'opération
de soudage.
[0049] Un élément de structure, formé d'au moins un produit selon l'invention, en particulier
d'une tôle selon l'invention et de raidisseurs ou de cadres, ces raidisseurs ou cadres
étant de préférence constitués de profilés extrudés, peut être utilisé en particulier
pour la fabrication de panneaux de fuselage d'aéronefs de même que toute autre utilisation
où les présentes propriétés pourraient être avantageuses.
[0050] Selon l'invention, des éléments de structures, des raidisseurs, et/ou des panneaux
de fuselage, peuvent être fabriqués à partir des produits laminés, extrudés, et/ou
forgés obtenus. Les inventeurs ont trouvé que la tôle de l'invention a des propriétés
mécaniques statiques particulièrement favorables et une haute ténacité. Pour des produits
connus, les tôles à haute ténacité ont généralement de faibles limites d'élasticité
et résistance à la rupture. Pour la tôle de l'invention, les propriétés mécaniques
élevées favorisent une application industrielle pour des parties structurales d'aéronef,
la limite d'élasticité et la résistance à la rupture de ladite tôle étant des caractéristiques
qui sont directement prises en compte pour le calcul du dimensionnement structural.
Des calculs d'éléments de structure et en particulier de panneaux de fuselage comprenant
des tôles et/ou des raidisseurs selon l'invention ont montré une possibilité de réduction
de poids par rapport à des éléments de structure de propriétés comparables ne comprenant
que des tôles de l'art antérieur en alliage 2024, 2056, 2098, 7475 ou 6156. De telles
réductions de poids sont en général de 1 à 10 % et, dans certains cas, des réductions
de poids même supérieures peuvent être atteintes.
[0051] A titre d'exemple, dans une pièce de forme et dimensions données, la simple substitution
de l'alliage 2024 par un alliage selon l'invention, sans redimensionner l'élément
de structure en fonction de l'amélioration des caractéristiques mécaniques, peut permettre
une réduction de poids de l'ordre de 3 à 3,5%.
[0052] Les caractéristiques mécaniques élevées des alliages selon l'invention permettent
de développer des produits d'une dimension et forme plus légère encore ce qui permet
d'atteindre ou même de dépasser une réduction de poids de 10%.
[0053] La tôle de l'invention n'induit généralement aucun problème particulier pendant des
opérations ultérieures de traitement de surface classiquement utilisées en construction
aéronautique..
[0054] La résistance à la corrosion intergranulaire de la tôle de l'invention est généralement
élevée ; à titre d'exemple, on ne détecte en général que des piqûres lorsque le métal
est soumis à un essai de corrosion. Dans un mode de réalisation préféré de l'invention,
la tôle de l'invention peut être utilisée sans placage.
[0055] Ces aspects, ainsi que d'autres de l'invention sont expliqués plus en détail à l'aide
de l'exemple illustratif et non limitant suivant.
Exemples
Exemple 1
[0056] En relation avec la présente invention, plusieurs matériaux connus sont présentés
à des fins de comparaison (références A à E). Ils comprennent, respectivement, les
alliages 2024, 2056, 7475, 6156 et 2098. Les exemples de l'invention sont marqués
F à I. La composition chimique des divers alliages testés est fournie dans le tableau
2.
Tableau 2 :
| Composition chimique (% en poids) |
| coulée |
Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Cr |
Zn |
Zr |
Li |
Ag |
Ti |
| A (2024) |
0,12 |
0,15 |
4,2 |
0,5 |
1,4 |
0,05 |
0,2 |
0,02 |
- |
- |
0,02 |
| B (2056) |
0,06 |
0,09 |
4,0 |
0,4 |
1,3 |
- |
0,6 |
- |
- |
- |
0,02 |
| C (7475) |
0,04 |
0,07 |
1,6 |
0,01 |
2,2 |
0,2 |
5,8 |
0,02 |
- |
- |
0,02 |
| D (6156) |
0,78 |
0,07 |
0,9 |
0,45 |
0,75 |
|
0,14 |
0,02 |
- |
- |
0,02 |
| E (2098) |
0,03 |
0,04 |
3,6 |
0,01 |
0,32 |
|
|
0,14 |
1,00 |
0,33 |
0,02 |
| F |
0,02 |
0,04 |
3,3 |
0,01 |
0,31 |
|
|
0,12 |
0,96 |
0,32 |
0,02 |
| G |
0,05 |
0,06 |
3,2 |
0,01 |
0,31 |
|
|
0,11 |
0,93 |
0,32 |
0,03 |
| H |
0,05 |
0,06 |
3,3 |
0,02 |
0,31 |
|
0,06 |
0,11 |
0,96 |
0,34 |
0,02 |
| I |
0,05 |
0,06 |
3,2 |
0,01 |
0,31 |
|
|
0,11 |
0,94 |
0,33 |
0,03 |
| J |
0,03 |
0,04 |
3,2 |
- |
0,31 |
- |
- |
0,11 |
0,98 |
0,33 |
0,02 |
| K |
0,03 |
0,04 |
3,3 |
0,00 |
0,31 |
- |
- |
0,11 |
0,97 |
0,34 |
0,03 |
[0057] La masse volumique des différents alliages testés est présentée dans le tableau 3.
Les échantillons F à I présentent la plus faible masse volumique des différents matériaux
testés.
Tableau 3 :
| Masse volumique des alliages testés |
| Référence |
Masse volumique (g/cm3) |
| A (2024) |
2,78 |
| B (2056) |
2,78 |
| C (7475) |
2,81 |
| D (6156) |
2,72 |
| E (2098) |
2,70 |
| F, G, H, I, J, K |
2, 69 |
[0058] Le procédé utilisé pour la fabrication des échantillons de référence A à D est le
procédé industriel classique, ces échantillons de référence ont été plaqués. Les états
métallurgiques finaux pour A, B, C et D étaient, respectivement, T3, T3, T76 et T6
selon la norme EN573. Le procédé utilisé pour fabriquer les échantillons E et F est
présenté dans le tableau 4. Dans certains cas, une étape de planage a été effectuée
entre la tempe et la traction contrôlée. A des fins de comparaison, les échantillons
E n'ont pas été transformés avec leurs conditions les plus habituelles, qui comprennent
une opération de traction contrôlée avec un allongement entre 5 et 10 %. L'échantillon
E#3 a subit un traitement de recuit avant mise en solution à des fins d'amélioration
de la ténacité. Le procédé particulier réalisé pour l'échantillon E#3, incluant une
étape supplémentaire, ne serait pas favorable pour une application industrielle en
raison de l'augmentation de coût liée à cette étape. Pour les autres échantillons
réalisés avec l'alliage E, aucune étape de recuit n'a été réalisée.
Tableau 4 :
| Conditions des étapes consécutives de transformation |
| |
Référence E |
Références F et K |
Références G, H, I et J |
| Etat |
T8 |
T8 |
T8 |
| Détente des plaques |
Oui |
Oui |
Oui |
| Homogénéisation |
8 h à 500 °C + 36 h à 526 °C |
8 h à 500 °C + 36 h à 526 °C |
12h à 505 °C |
| Préchauffage avant laminage à chaud |
20 h à 520 °C |
20 h à 520 °C |
20 h à 520 °C |
| Laminage à chaud |
Epaisseur > 4 mm |
Epaisseur > 4 mm |
Epaisseur > 4 mm |
| Laminage à froid |
Epaisseur < 4 mm |
Epaisseur < 4 mm |
Epaisseur < 4 mm |
| Mise en solution |
2h à 521 °C |
1h à 517 °C |
30 mn 505 °C |
| Trempe |
Eau froide |
Eau froide |
Eau froide |
| Traction contrôlée |
1 à 5 % de déformation permanente |
1 à 5 % de déformation permanente |
1 à 5 % de déformation permanente |
| Revenu |
14h à 155 °C |
14 h à 155 °C |
14 h à 155 °C |
[0059] Pour les références G, H, I et J, la sélection précise de composition autorise une
dissolution complète tout en restant à une température de mise en solution significativement
inférieure au solidus.
[0060] Après revenu, on a coupé les échantillons aux dimensions souhaitées. Le tableau 5
fournit la référence des différents échantillons et de leurs dimensions.
Tableau 5 :
| Dimensions finales des échantillons |
| Echantillon |
Epaisseur [mm] |
Largeur [mm] |
Longueur [mm] |
| A |
6,0 |
2 000 |
3 000 |
| B |
6,0 |
2 000 |
3 000 |
| C |
6,3 |
1 900 |
4 000 |
| D |
4,6 |
2 500 |
4 500 |
| E#1 |
2,0 |
1 000 |
2 500 |
| E#2 |
3,2 |
1 000 |
2 500 |
| E#3 |
4,5 |
1 250 |
2 500 |
| E#31 |
4,5 |
1 250 |
2 500 |
| E#4 |
6,7 |
1 250 |
2 500 |
| F#1 |
3,0 |
1 000 |
2 500 |
| F#2 |
5,0 |
1 250 |
2 500 |
| F#3 |
6,7 |
1 250 |
2 500 |
| G#1 |
3,8 |
2 450 |
9 600 |
| H#1 |
5,0 |
2 450 |
9 600 |
| I#1 |
5,0 |
1 500 |
3 000 |
| K#1 |
2,0 |
1 000 |
2 500 |
[0061] Les échantillons ont été testés pour déterminer leurs propriétés mécaniques statiques
de même que leur ténacité. La limite d'élasticité R
p0,2, la résistance à la rupture Rm, et l'allongement à la rupture (A) sont fournis dans
le tableau 6.
Tableau 6 :
| Propriétés mécaniques des échantillons |
| |
Sens L |
Sens LT |
| Echantillon |
Epaisseur |
Rm( MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
Rm (MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
| A |
6,0 |
454 |
367 |
19,0 |
448 |
323 |
19,3 |
| B |
6,0 |
460 |
367 |
20,0 |
450 |
325 |
21,0 |
| C |
6,3 |
510 |
450 |
14,0 |
506 |
460 |
11,5 |
| D |
4,6 |
374 |
356 |
12,0 |
375 |
339 |
12,0 |
| E#1 |
2,0 |
532 |
514 |
9,9 |
538 |
490 |
10,6 |
| E#3 |
4,5 |
586 |
570 |
11,0 |
568 |
543 |
12,0 |
| E#31 |
4,5 |
571 |
539 |
10,2 |
565 |
522 |
11,3 |
| E#4 |
6,7 |
560 |
540 |
12,0 |
557 |
531 |
11,7 |
| F#1 |
3,0 |
490 |
469 |
13,0 |
512 |
467 |
12,5 |
| F#2 |
5,0 |
498 |
470 |
12,2 |
502 |
453 |
11,1 |
| F#3 |
6,7 |
514 |
481 |
12,2 |
509 |
468 |
11,6 |
| G#1 |
3,8 |
507 |
470 |
11,3 |
494 |
447 |
13,8 |
| H#1 |
5,0 |
517 |
478 |
11,9 |
488 |
444 |
14,7 |
| I#1 |
5,0 |
493 |
458 |
8,7 |
483 |
431 |
11,0 |
| K#1 |
2,0 |
508 |
481 |
12,6 |
496 |
439 |
13,0 |
[0062] Les propriétés mécaniques statiques des échantillons selon l'invention sont très
élevées comparés à l'alliage classique de la gamme 2XXX tolérant aux dommages, et
du même ordre de grandeur que l'échantillon 7475 T76 référencé C. La résistance mécanique
des échantillons selon l'invention est légèrement inférieure à la résistance mécanique
de l'alliage de référence E. Les inventeurs considèrent que la teneur en cuivre inférieure
et la teneur en zirconium inférieure des échantillons selon l'invention influencent
légèrement leur résistance mécanique.
[0063] Les courbes R de certains échantillons selon l'invention et des échantillons E de
référence sont fournies sur les figures 1 et 2, pour les directions T-L et L-T, respectivement.
La figure 1 montre clairement que l'extension de fissure du dernier point valide de
la courbe R (Δa
eff (max) ) est beaucoup plus grande pour les échantillons de l'invention que pour l'échantillon
E#1, E#3, E#31 et E#4. Ce paramètre est au moins aussi critique que les valeurs K
app du fait que, comme expliqué dans la description de l'art antérieur, la longueur de
la courbe R est un paramètre important pour la conception du fuselage. La figure 2
montre la même tendance, bien que la direction L-T donne intrinsèquement un meilleur
résultat. La courbe R de l'échantillon F#3 n'a pas pu être mesurée dans la direction
L-T car la charge maximale de la machine a été atteinte. Le tableau 7 résume les résultats
des essais de ténacité. Pour les tôles selon l'invention, la valeur de K
app dans le sens T-L est supérieure à 110 MPa.

et même supérieure à 130 MPa

tandis que pour les échantillons E en alliage 2098 de référence la valeur de K
app dans le sens T-L est inférieure à 110 MPa

à part pour l'échantillon E#3 qui a subit une étape spéciale de recuit avant mise
en solution.
Tableau 7 :
| Résultats des essais de ténacité |
| |
T-L (éprouvette de largeur 760 mm) |
L-T (éprouvette de largeur 760 mm) |
| Echantillon |
Epaisseur [mm] |
Kapp (MPa
 ) |
Keff (MPa
 ) |
Kapp (MPa
 ) |
Keff (MPa=
 ) |
| A |
6,0 |
114 |
160 |
130 |
180 |
| B |
6,0 |
140 |
220 |
150 |
236 |
| C |
6,3 |
110 |
135 |
150 |
206 |
| D |
4,6 |
125 |
178 |
147 |
214 |
| E#1 |
2,0 |
95 |
108 |
114 |
131 |
| E#2 |
3,1 |
104 |
114 |
160 |
200 |
| E#3 |
4,5 |
154 |
174 |
148 |
188 |
| E#31 |
4,5 |
106 |
126 |
143 |
162 |
| E#4 |
6,7 |
103 |
112 |
123 |
143 |
| F#2 |
5,0 |
141 |
171 |
179 |
237 |
| F#3 |
6,7 |
140 |
171 |
155 |
172 |
| G#1 |
3,8 |
162 |
227 |
164 |
213 |
| H#1 |
5,0 |
175 |
277 |
154 |
191 |
| I#1 |
5,0 |
150 |
192 |
|
|
| K#1 |
2,0 |
140 |
182 |
158 |
213 |
[0064] Les résultats issus de la courbe R sont regroupés dans le tableau 8. L'extension
de fissure du dernier point valide de la courbe R est supérieure pour les échantillons
de l'invention que pour les échantillons de référence. Ainsi, dans le sens T-L, tous
les échantillons selon l'invention atteignent une extension de fissure d'au moins
30 mm et même d'au moins 40 mm tandis que l'extension maximale de fissure est inférieure
à 40 mm pour les échantillons de référence. Les inventeurs considèrent que plusieurs
raisons peuvent être proposées pour expliquer cette performance, comme la plus faible
teneur en Cu, et/ou la plus faible teneur en Zr.
Tableau 8 :
| Données de résumé de la courbe R |
| Δa [mm] |
10 |
20 |
30 |
40 |
50 |
60 |
70 |
80 |
Kr (Direction T- L) (MPa=
 ) |
E#1 |
86 |
106 |
|
|
|
|
|
|
| E#3 |
125 |
161 |
- |
- |
- |
|
|
|
| E#31 |
97 |
112 |
123 |
|
|
|
|
|
| E#4 |
96 |
|
|
|
|
|
|
|
| F#2 |
113 |
141 |
159 |
170 |
178 |
|
|
|
| F#3 |
104 |
136 |
156 |
168 |
|
|
|
|
| G#1 |
115 |
146 |
167 |
184 |
198 |
210 |
221 |
230 |
| H#1 |
106 |
140 |
166 |
188 |
207 |
225 |
241 |
256 |
| I#1 |
122 |
147 |
164 |
177 |
188 |
198 |
|
|
| K#1 |
113 |
139 |
156 |
168 |
178 |
186 |
192 |
198 |
Kr (Direction L- T) (MPa=
 ) |
E#1 |
96 |
120 |
|
|
|
|
|
|
| E#3 |
115 |
141 |
159 |
174 |
185 |
|
|
|
| E#31 |
123 |
152 |
|
|
|
|
|
|
| E#4 |
102 |
128 |
140 |
|
|
|
|
|
| F#2 |
122 |
159 |
185 |
206 |
225 |
|
|
|
| G#1 |
123 |
153 |
173 |
189 |
203 |
214 |
224 |
233 |
| H#1 |
124 |
150 |
168 |
182 |
193 |
203 |
212 |
220 |
| K#1 |
115 |
149 |
171 |
188 |
201 |
212 |
221 |
228 |
[0065] Les figures 3 et 4 montrent l'évolution de la vitesse de fissuration da/dN (en mm/cycle)
dans l'orientation T-L et L-T, respectivement, pour différents niveaux de facteur
d'intensité de contrainte (ΔK). La largeur de l'échantillon était de 400 mm (éprouvette
CCT 400) et R = 0,1. On n'observe pas de différence majeure entre les échantillons
E et F. La vitesse de fissuration de l'échantillon F est dans la même gamme que dans
celle typiquement obtenue pour l'alliage 2056 (Echantillon B) et inférieure à celle
obtenue pour l'alliage 6156 (Echantillon D).
[0066] La résistance à la corrosion intergranulaire a été testée selon la norme ASTM G110.
Pour tous les échantillons selon l'invention, on n'a détecté aucune corrosion intergranulaire.
Aucune corrosion intergranulaire n'a non plus été détectée sur les échantillons en
alliage 2098 de référence (E#1 à E#4). Pour l'échantillon B (pour lequel on avait
enlevé le placage), on a observé une corrosion intergranulaire avec une profondeur
moyenne de 120 µm et pour l'échantillon D (pour lequel on avait enlevé le placage),
on a observé une corrosion intergranulaire avec une profondeur moyenne de 180 µm.
La résistance à la corrosion intergranulaire était ainsi très élevée pour les échantillons
selon l'invention.
Exemple 2
[0067] Dans cet exemple, l'influence du taux de déformation par traction a été étudié sur
des échantillons à l'échelle du laboratoire. Six échantillons provenant de la coulée
H et transformés en tôles d'épaisseur 5 mm selon les conditions décrites dans le tableau
4 ont été déformés par traction contrôlée avec un taux de déformation permanente compris
entre 1 et 6% puis ont subi un revenu de 18h à 155 °C. Les échantillons ont été testés
pour déterminer leurs propriétés mécaniques statiques de même que leur ténacité. La
limite d'élasticité R
p0,2, la résistance à la rupture Rm, et l'allongement à la rupture (A) sont fournis dans
le tableau 9.
Tableau 9 :
| Propriétés mécaniques des échantillons laboratoire ayant différents taux de déformation permanente |
| |
Sens L |
Sens LT |
| Echantillon |
Taux de déformation permanente (%) |
Rm( MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
Rm (MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
| H#11 |
1 |
495 |
436 |
11,2 |
469 |
411 |
15,1 |
| H#12 |
2 |
515 |
469 |
11,1 |
489 |
444 |
13,5 |
| H#13 |
3 |
529 |
493 |
10,5 |
501 |
464 |
13,8 |
| H#14 |
4 |
534 |
501 |
10,8 |
501 |
465 |
14,2 |
| H#15 |
5 |
542 |
514 |
10,8 |
511 |
481 |
13,8 |
| H#16 |
6 |
550 |
524 |
10,4 |
516 |
485 |
13,9 |
[0068] Les caractéristiques mécaniques statiques augmentent avec le taux de déformation
permanente lors de la traction contrôlée. L'essentiel de l'augmentation est atteint
pour un taux de déformation permanente de 3%. Ainsi, l'augmentation de R
m(L) est de 7% pour une augmentation du taux de déformation permanente de 1 à 3% tandis
qu'elle est seulement de 3% pour une augmentation de 4 à 6%. La ténacité a été évaluée
par la méthode dite du Kahn test, les résultats sont donnés dans le Tableau 10.
Tableau 10 :
| Résultats du Kahn test effectué sur les échantillons laboratoire ayant différents taux de déformation permanente |
| |
|
Kahn test |
| Echantillon |
Taux de déformation permanente (%) |
Eg (J) |
| H#11 |
1 |
30,5 |
| H#12 |
2 |
29,2 |
| H#13 |
3 |
27,8 |
| H#14 |
4 |
25,1 |
| H#15 |
5 |
25,0 |
| H#16 |
6 |
20,6 |
[0069] La relation entre l'énergie globale à rupture E
g et la ténacité est directe bien que les valeurs de E
g ne puissent pas être utilisées pour prédire les résultats de la courbe R d'échantillons
larges en raison des géométries différentes des tests. On peut remarquer que E
g diminue lentement jusqu'à une déformation permanente de 5% et diminue de façon plus
brutale pour une déformation permanente de 6%.
Exemple 3
[0070] Dans cet exemple, l'influence du taux de déformation permanente obtenu par traction
contrôlée a été étudiée sur des échantillons industriels. Deux échantillons issus
de la coulée J et transformés en tôles d'épaisseur 5 mm selon les conditions indiquées
dans le Tableau 4 ont été planés et ont subit une traction contrôlée avec un taux
de déformation permanente de 1,8% et 3,4%. Les échantillons ont été testés pour déterminer
leurs propriétés mécaniques statiques de même que leur ténacité. La limite d'élasticité
R
p0,
2, la résistance à la rupture Rm, et l'allongement à la rupture (A) sont fournis dans
le tableau 11.
Tableau 11 :
| Propriétés mécaniques des échantillons industriels ayant différents taux de déformation permanente |
| |
Sens L |
Sens LT |
| Echantillon |
Taux de déformation permanente |
Rm(MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
Rm (MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
| J#11 |
1,8 |
510,0 |
465,0 |
13,1 |
494,7 |
444,3 |
14,5 |
| J#12 |
3,4 |
534,0 |
499,0 |
10,7 |
515,0 |
475,0 |
13,7 |
[0071] Les courbes R obtenues pour les deux échantillons dans la direction T-L sont présentées
sur la figure 5. Le tableau 12 résume les résultats des courbes R. L'échantillon ayant
subit une déformation permanente de 1,8% présente une résistance mécanique plus faible
que celle de l'échantillon ayant subit une déformation permanente de 3,4%. Par ailleurs,
une ténacité très élevée a été observée pour les deux échantillons.
Tableau 12 :
| Résultats des essais de ténacité effectués sur les échantillons industriels ayant différents taux de déformation permanente. |
| Echantillon |
Taux de déformation permanente (%) |
T-L (760 mm wide specimen) |
| Kapp (MPa√m ) |
Keff (MPa√m) |
Kr (MPa√m) |
| Δa [mm] |
| 10 |
20 |
30 |
40 |
50 |
60 |
70 |
80 |
| J#11 |
1,8 |
140 |
220 |
118 |
152 |
177 |
198 |
216 |
232 |
246 |
260 |
| J#12 |
3,4 |
179 |
259 |
135 |
160 |
181 |
199 |
217 |
234 |
250 |
263 |
Exemple 4
[0072] Dans cet exemple, la résistance mécanique de joints soudés entre des tôles de l'invention
ou entre des tôles de référence a été évaluée. Des tôles d'épaisseur 3,2 mm provenant
des coulées D (6156), E et I ont été soudées par soudage par friction-malaxage. Le
soudage a été effectué sur une machine MTS ISTIR
®. Les paramètres de soudage ont été choisis sur la base d'essais effectués lors d'une
étude préliminaire. La sélection des paramètres a été effectuée en fonction des résultats
d'observations microstructurales et de tests de pliage. Pour les tôles provenant des
coulées E et I, les assemblages ont été effectués avec une vitesse de rotation de
l'outil de 800 tpm (tours par minute) et une vitesse de soudage de 300 mm/min. Pour
des tôles provenant de la coulée D, les assemblages ont été effectués avec une vitesse
de rotation de l'outil de 510 tpm (tours par minute) et une vitesse de soudage de
900 mm/min.
[0073] Le revenu a été effectué soit avant soit après l'assemblage par soudage par friction-malaxage.
Les résultats sont donnés dans le tableau 13. La performance des joints soudés obtenus
avec les tôles selon l'invention a été particulièrement satisfaisante pour deux aspects.
Premièrement, le coefficient d'efficacité du joint, qui est le rapport entre la résistance
à la rupture du joint soudé et celle de la tôle non soudée, est supérieur à 70% et
même supérieur à 75% pour les tôles de l'invention. Ce coefficient atteint même 80%
dans certains cas. Ce résultat est meilleur que celui obtenu avec des tôles provenant
de la coulée E. Deuxièmement, les résultats sont peu influencés par la position de
l'étape de revenu (avant ou après soudage), ce qui permet un procédé flexible. Au
contraire, pour les tôles obtenues à partir de la coulée D(6156), on observe une influence
importante de la position de l'étape de revenu.
Tableau 13 :
| Propriétés mécaniques des joints soudés |
| Coulée |
Position de l'étape de revenu |
Mechanical strength of the joint |
Rm de référence pour les tôles non soudées (MPa) |
Coefficient d'efficacité du joint (%) |
| Rm (MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
| D |
Avant soudage |
264 |
200 |
2,8 |
372 |
71 |
| D |
Après soudage |
318 |
292 |
1,8 |
372 |
86 |
| E |
Avant soudage |
386 |
269 |
4,9 |
543 |
71 |
| E |
Après soudage |
413 |
309 |
5,6 |
543 |
76 |
| F |
Avant soudage |
385 |
309 |
5,2 |
483 |
80 |
| F |
Après soudage |
377 |
279 |
5,9 |
483 |
78 |
Exemple 5
[0074] Dans cet exemple l'influence de la teneur en Zr et Mn sur les caractéristiques mécaniques
statiques et la ténacité a été évaluée.
[0075] Deux alliages ont été coulés et transformés en tôles d'épaisseur 6 mm selon les conditions
indiquées pour les échantillons G, H et I du tableau 4. Les compositions de ces alliages
sont données dans le tableau 14.
Tableau 14 :
| Composition chimique (% en poids) des alliages contenant du Mn |
| Référence de coulée |
Si |
Fe |
Cu |
Mn |
Mg |
Zr |
Li |
Ag |
Ti |
| L |
0,03 |
0,05 |
3,3 |
0,31 |
0,32 |
0,05 |
0,99 |
0,32 |
0,02 |
| M |
0,03 |
0,05 |
3,3 |
0,30 |
0,33 |
0,11 |
0,98 |
0,35 |
0,02 |
[0076] Les échantillons ont été testés pour déterminer leurs propriétés mécaniques statiques
de même que leur ténacité. La limite d'élasticité R
p0,2, la résistance à la rupture Rm, et l'allongement à la rupture (A) sont fournis dans
le tableau 15 et les résultats des essais de ténacité dans le tableau 16.
Tableau 15 :
| Propriétés mécaniques des échantillons provenant d'alliages contenant du Mn |
| |
Sens L |
Sens LT |
| Echantillon |
Epaisseur |
( MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
Rm (MPa) |
Rp0,2 (MPa) |
A (%) |
| L |
6,0 |
479 |
447 |
13,5 |
477 |
419 |
7,8 |
| M |
6,0 |
494 |
464 |
13,7 |
493 |
448 |
13,1 |
Tableau 16 :
| Résultats des essais de ténacité pour les alliages contenant du Mn |
| Echantillon |
Epaisseur (mm) |
T-L (760 mm wide specimen) |
| Kapp (MPa√m) |
Keff (MPa√m) |
Kr (mPa√m) |
| Δa [mm] |
| 10 |
20 |
30 |
40 |
50 |
60 |
70 |
80 |
| L |
6,0 |
140 |
174 |
111 |
137 |
155 |
168 |
178 |
187 |
194 |
200 |
| M |
6,0 |
158 |
198 |
123 |
152 |
171 |
186 |
199 |
209 |
219 |
227 |
[0077] Les échantillons L et M atteignent les caractéristiques mécaniques selon l'invention
à l'état T8. Par ailleurs, les performances en résistance mécanique statique et en
ténacité sont plus faibles pour l'échantillon L, qui contient du Mn et une faible
teneur en Zr, que pour les autres exemples selon l'invention. Les inventeurs pensent
que la plus faible performance de l'échantillon L est liée à une microstructure moins
favorable caractérisée en particulier par la présence de zones recristallisées et
de zones non recristallisées (microstructure mixte).