[0001] L'invention concerne un procédé pour le tri d'envois postaux en machine comme les
envois à valeur déclarée et les envois recommandés.
[0002] Ces envois postaux spéciaux (qui concernent dans les postes des services distincts
du service d'envois standards car répondant à des exigences particulières des clients)
ne généralement sont pas encore triés automatiquement dans les machines de tri. Le
traitement manuel de ces envois spéciaux, outre le fait qu'il est plus coûteux qu'un
traitement automatique, présente l'inconvénient d'exposer ces envois au vol et à la
fraude. On pourrait envisager des les traiter automatiquement en machine en les isolant
par exemple des envois standards mais compte tenu des faibles volumes de courrier,
leur coût de traitement serait trop important. En plus, un tel traitement automatique
sans suivi spécifique présenterait un risque accru de perte de ces envois.
[0003] On connait toutefois des documents
EP1515279 et
US2006/219601 des procédés de traitement d'envois postaux spéciaux tels que des envois recommandés
portant une étiquette RFID. Ces envois recommandés sont surveillés et localisés automatiquement
par détection de leur étiquette RFID.
[0004] Le but de l'invention est de proposer un envoi postal spécial, comme des envois à
valeur déclarée (cartes bancaires de crédit, documents confidentiels, etc...) ou des
envois recommandés, qui puisse être mélangé avec des envois standards lors d'un procédé
de tri et dont l'émetteur de l'envoi puisse avoir un suivi.
[0005] A cet effet, l'invention a pour objet un envoi postal spécial, du type « envoi à
valeur déclarée » ou « envoi recommandé », comprenant une étiquette RFID équipée d'une
mémoire dans laquelle un code unique d'identification (IDc) est enregistré,
caractérisé en ce que l'envoi postal se présentant sous la forme d'une enveloppe avec un rabat disposé
dans une zone de pliage de l'enveloppe comprend ledit code unique qui est imprimé
sous forme de caractères alphanumériques dans la zone de pliage de telle sorte qu'une
fois l'enveloppe fermée, ce code n'est plus visible.
[0006] Avantageusement, l'émetteur de l'envoi peut lire (manuellement ou automatiquement)
le code imprimé sur l'envoi spécial. Ce code est ensuite caché par le rabat de l'enveloppe
avant que l'envoi postal ne soit transmis à un opérateur postal. L'émetteur peut ainsi
avoir un accès simple à un suivi de l'envoi par exemple sur internet.
[0007] Les technologies de RFID sont bien connues. Par exemple du document de brevet
EP-1431929, on connaît une méthode de traitement d'envois postaux dans laquelle on utilise des
étiquettes RFID fixées aux envois pour sécuriser une opération d'affranchissement
des envois. L'idée à la base de l'invention est donc d'utiliser la RFID dans un autre
but de traitement d'envois postaux, à savoir le suivi des envois spéciaux tout au
long du processus de tri automatique. Du fait que l'on peut regrouper les envois spéciaux
avec les envois standards dans tout le processus de tri automatique, le coût de traitement
des envois spéciaux est abaissé par rapport à un traitement manuel. L'étiquette RFID
est utilisée comme identifiant d'envoi au début et en bout de chaîne de tri des envois.
Le procédé selon l'invention n'exclut pas que ces envois spéciaux soient munis d'une
liasse à folios détachables collée sur l'envoi (ces folios permettent de laisser un
exemplaire au déposant, au facteur de garder un exemplaire comme preuve de distribution
après l'avoir fait signer au destinataire lors de la remise en mains propres et, le
cas échéant, de renvoyer au déposant un accusé de réception comme preuve de la distribution
du pli). Le cas échéant, ces étiquettes RFID permettront par un traçage du trajet
de ces envois spéciaux, la réalisation d'audits visant à améliorer les temps de distribution
des envois. La mise en oeuvre du procédé selon l'invention peut se faire facilement
et sans grande complication sur des machines de tri existantes.
[0008] Un exemple de mise en oeuvre du procédé selon l'invention est décrit ci-après en
relation avec le dessin.
La figure 1 est une vue schématique d'une machine de tri pour la mise en oeuvre du
procédé selon l'invention.
La figure 2 représente très schématiquement une enveloppe RFID.
[0009] Selon l'invention, des enveloppes 20 d'envois postaux sont d'abord confectionnées
avec des dispositifs électroniques à mémoire RFID 21, notamment à mémoire à lecture
seule (étiquette RFID). L'étiquette de préférence souple peut être collée ou intégrée
dans la texture de l'enveloppe. Un code unique IDc est enregistré dans la mémoire
de chaque étiquette RFID. Ce code est par ailleurs imprimé avec des chiffres décimaux
par exemple sur la surface de l'envoi, de préférence sur la zone de pliage du rabat
22 de l'enveloppe, de telle sorte qu'une fois l'enveloppe fermée, ce code ne soit
plus visible. La figure 2 illustre le code IDc « 125689045 » imprimé sur la zone de
pliage du rabat de l'enveloppe. Le code IDc est un identifiant unique. A titre d'exemple,
il peut comporter deux caractères alphanumériques pour l'identification de l'Opérateur
postal, 2 caractères alphanumériques pour l'identification du fabriquant de l'étiquette
RFID et de l'enveloppe munie de l'étiquette RFID, un ensemble de caractères alphanumériques
pour l'identification d'une date (exprimée en jour/mois/année) de fabrication de l'étiquette
RFID, et enfin un numéro de série séquentiel qui est remis à zéro chaque jour.
[0010] Ces enveloppes RFID 20 sont livrées aux Postes. Les Postes fournissent les enveloppes
RFID à des clients expéditeurs d'envois postaux spéciaux, comme des envois à valeur
déclarée ou des envois recommandés.
[0011] A la mise sous pli d'un envoi recommandé par exemple, dans une enveloppe RFID, le
code IDc imprimé sur l'enveloppe est relevé par l'expéditeur, par exemple par une
lecture automatique par OCR, par une lecture RF de l'étiquette, ou encore par une
lecture visuelle. La lecture par OCR ou visuelle du code IDc sur le rabat de l'enveloppe
se fait avant la fermeture de l'enveloppe. Cette lecture peut éventuellement servir
à l'expéditeur pour le suivi de l'envoi par consultation d'une base d'information
accessible par exemple par le réseau Internet (si l'Opérateur postal propose ce service).
[0012] Selon l'invention, ces envois à enveloppe RFID sont traités par l'Opérateur postal
comme des envois standards, c'est-à-dire qu'ils suivent le même circuit automatique
de tri acheminement/distribution dans les machines de tri automatique et de préparation
des tournées du facteur.
[0013] Quand un envoi à enveloppe RFID est remis à l'Opérateur postal par un expéditeur,
le code IDc de l'enveloppe enregistré en mémoire dans l'étiquette RFID est lu à l'aide
d'un dispositif électronique de lecture RF, par exemple un dispositif de lecture portatif,
et une base d'information 7 dans un serveur informatique est mise à jour automatiquement.
La mise à jour peut consister dans cette étape à enregistrer dans la base d'information
7 en correspondance avec le code IDc, la date (Jour, Mois, Année, Heure) et le lieu
(City) de remise de l'envoi.
[0014] Si des envois à enveloppe RFID sont mélangés à des envois standards dans un sac de
transport ou dans un bac par exemple, les codes IDc de ces premiers envois peuvent
être lus automatiquement également par passage du sac ou du bac rempli des envois
mélangés sous un portique de lecture RFID. La mise à jour de la base d'information
7 peut être réalisée de manière automatique en temps réel par une unité de traitement
et de commande programmée.
[0015] Les envois mélangés sont introduits en entrée 2 d'une première machine de tri acheminement
1 par exemple représentée sur la figure 1 qui est connectée au serveur informatique
contenant la base d'information 7. Selon l'invention, cette machine de tri est équipée
ici d'un dispositif de lecture automatique par OCR 3 de l'adresse de destinataire
apposée à la surface de chaque envoi mais également d'un dispositif de détection RFID
4. Chaque envoi sérialisé en entrée de la machine de tri passe devant le dispositif
de lecture d'adresse par OCR pour une reconnaissance d'adresse de distribution de
façon à être dirigée vers une sortie de tri correspondante 5. Selon l'invention, chaque
envoi est déplacé devant le dispositif de détection RFID. Si un code IDc est détecté,
la base d'information 7 est mise à jour dans le serveur à travers la machine de tri
(par le système de tri de façon plus générale). Cette mise à jour peut consister dans
cette étape à enregistrer notamment en regard du code IDc présent dans la base d'information,
des données indicatives de la date passage de l'envoi dans la machine (JMAH) et de
la localisation de l'envoi (par exemple référence de la machine - N° de centre de
tri - etc....).
[0016] Au fur et à mesure que les envois à enveloppe RFID sont passés dans des machines
de tri automatique munies de détecteurs RFID, la base d'information 7 est mise à jour
automatiquement comme indiquée ci-dessus et on réalise de la sorte un traçage du parcours
de chaque envoi spécial.
[0017] A l'ultime passe de tri dans une machine de tri pour la préparation d'une tournée
du facteur, un envoi à enveloppe RFID peut être dirigé dans la machine vers une sortie
de tri particulière aux envois spéciaux pour être isolé des envois standards. De la
sorte ces envois spéciaux isolés pourront être facilement remis en mains propres par
le facteur à leur destinataire. En variante, on peut prévoir que les envois spéciaux
à enveloppe RFID soient mélangés avec les envois standards dans les sorties de tri
mais qu'ils soient en outre marqués pour être facilement identifiables par le facteur
lors de sa tournée. Par exemple, on peut prévoir de faire fonctionner la machine de
tri (à l'ultime passe de tri pour la préparation de la tournée du facteur) pour déplacer
un intercalaire (ou un jalon non représenté) vers la sortie de tri 5 où est dirigé
un envoi à enveloppe RFID ou encore pour apposer un onglet (sous la forme d'une étiquette
autocollante d'une couleur appropriée) sur la surface de cet envoi. Cet onglet a le
même rôle qu'un séparateur mais réserve en plus la possibilité d'imprimer une instruction
pour le facteur, par exemple « remise en main propre », « remise à une tierce personne
», « remise contre remboursement », « remise a une adresse différente (réadressage)
», « nouvelle présentation au domicile... », etc....
[0018] Selon l'invention, à l'ultime passe de tri, en réponse à la détection d'un code IDc
sur un envoi, le système de tri est agencé pour récupérer automatiquement dans la
base d'information 7 une adresse électronique associée au destinataire de l'envoi.
Cette adresse électronique peut être une adresse de messagerie vocale ou textuelle.
Cette adresse peut être enregistrée préalablement dans la base d'information 7 par
l'émetteur de l'envoi au moment de la remise de l'envoi à l'opérateur postal. Après
récupération de l'adresse électronique à travers le serveur de stockage de la liste
des étiquettes RFID, le système de tri est agencé pour envoyer automatiquement un
message (phonique ou textuel suivant le cas) à cette adresse électronique. Ce message
peut par exemple être un message SMS quand l'adresse électronique est un numéro de
téléphone portable par exemple. Le contenu de ce message peut être une information
indicative de la date de présentation de l'envoi au destinataire de l'envoi. Cette
fonctionnalité permet donc de prévenir le destinataire de l'envoi de la distribution
prochaine du pli.
[0019] La base d'information 7 peut avantageusement être maintenue en mémoire dans un serveur
8 accessible par Internet. Cette base d'information peut être de cette façon facilement
consultée en entrant les codes IDc qui servent d'index de recherche.
[0020] A la remise en mains propres par le facteur à son destinataire d'un envoi à enveloppe
RFID, la base d'information 7 peut être encore mise à jour en temps réel en indiquant
dans la base que l'envoi a été réceptionné par le destinataire. Cette opération pourra
être réalisée facilement par le facteur à l'aide d'un scanner portatif muni d'un lecteur
RFID par exemple.
1. Envoi postal spécial, du type « envoi à valeur déclarée » ou « envoi recommandé »,
comprenant une étiquette RFID équipée d'une mémoire dans laquelle un code unique d'identification
(IDc) est enregistré, caractérisé en ce que l'envoi postal se présentant sous la forme d'une enveloppe avec un rabat disposé
dans une zone de pliage de l'enveloppe comprend ledit code unique qui est imprimé
sous forme de caractères alphanumériques dans la zone de pliage de telle sorte qu'une
fois l'enveloppe fermée, ce code n'est plus visible.
2. Procédé pour le tri d'envois postaux spéciaux selon la revendication 1 consistant
à mélanger ces envois spéciaux à des envois standard en entrée d'une machine de tri
et à déplacer chaque envoi spécial ou standard devant un détecteur de code RFID (4)
et en réponse à la détection d'un code RFID (IDc) sur l'envoi considéré, enregistrer
dans une base d'information (7), en correspondance avec ledit code RFID de l'envoi,
des données indicatives d'une date de passage de l'envoi dans la machine de tri.
3. Procédé selon la revendication 2, dans lequel en réponse à la détection d'un code
RFID sur l'envoi, on dirige l'envoi vers une sortie de tri machine spécifique aux
envois munis d'un code RFID.
4. Procédé selon la revendication 2, dans lequel en réponse à la détection d'un code
RFID sur l'envoi, on commande l'apposition d'un onglet sur l'envoi.
5. Procédé selon la revendication 2, dans lequel en réponse à la détection d'un code
RFID sur l'envoi, on dirige un intercalaire vers la sortie de tri machine de réception
de l'envoi.
6. Procédé selon l'une des revendications 2 à 5, dans lequel en réponse à la détection
d'un code RFID sur l'envoi, on récupère une adresse électronique associée au destinataire
de l'envoi et on envoie un message électronique à cette adresse électronique.