[0003] La fabrication des contacts électriques est réalisée de manière connue de la façon
suivante. Tout d'abord, une préforme est réalisée consistant en un cylindre de diamètre
légèrement supérieur au diamètre final du contact et d'épaisseur, celle du contact
après usinage. Cette préforme est frittée, calibrée puis recuite afin de conférer
au contact, les propriétés physico-chimiques souhaitées comprenant la conductivité
électrique souhaitée.
Cette préforme est ensuite usinée pour donner au contact sa forme finale. La forme
du contact contribue à la fonction coupure des ampoules à vide, notamment avec l'usinage
des fentes. Cette fabrication se termine par une étape d'ébavurage, cette étape ayant
pour objectif d'enlever tout angle vif laissé éventuellement par des copeaux d'usinage
et affectant la tenue diélectrique du contact dans l'ampoule à vide.
Ainsi, on peut distinguer deux grandes étapes pour la réalisation d'un contact électrique
: La première est une étape métallurgique de frittage de la préforme et d'obtention
des propriétés physico-chimiques finales, la seconde est une étape d'usinage. Cette
dernière étape ne possède pas vraiment de valeur ajoutée dans la fabrication du contact.
Ce coût d'usinage est d'autant plus important que certains fournisseurs réalisent
une opération d'ébavurage manuelle, opération nécessaire dans les zones inaccessibles
à des outillages, telles que le bout des fentes usinées.
[0006] Sur la figure 1, on voit une pastille de contact 1 selon l'art antérieur, destinée
à étre montée à l'extrémité d'un contact fixe ou mobile dans une ampoule à vide, cette
ampoule à vide étant destinée notamment à être intégrée à un disjoncteur électrique
moyenne tension afin de réaliser la coupure d'un circuit électrique en cas de défaut.
De manière connue en soi, cette ampoule à vide comprend une enveloppe cylindrique
à l'intérieur de laquelle sont logées deux contacts d'arc respectivement un contact
d'arc fixe et un contact d'arc mobile, ce contact mobile étant apte à être déplacé
à l'intérieur de l'enveloppe entre deux positions respectivement une position de fermeture
des contacts et une position d'ouverture des contacts.
Selon cette réalisation de l'art antérieur, cette pastille de contact 1 est monobloc
et a été réalisée par frettage, puis usinage des fentes.
Sur la figure 2, une pastille de contact 2 fabriquée selon le procédé de l'invention
est illustrée.
La première étape du procédé consiste à identifier la forme d'une pièce élémentaire
3 ne comportant pas de fente, laquelle pièce étant destinée à être reproduite en un
certain nombre d'exemplaires, ces pièces élémentaires 3 étant ensuite destinées à
être assemblées de manière à former une pastille 2 en forme de disque comportant des
fentes 4.
La pièce élémentaire 3 est fabriquée par exemple par frittage sans usinage supplémentaire.
Les fentes 4 de la pastille de contact 2 sont réalisées par deux bords en regard 4a,4b
appartenant respectivement à deux pièces élémentaires adjacentes 3a,3b.
Selon la réalisation illustrée sur les figures 1 à 4, la pastille 2 est constituée
par quatre pièces élémentaires 3a,3b,3c,3d telles que celle illustrée sur la figure
3, lesdites pièces étant assemblées de manière à former une pastille entière. Telle
qu'illustrée sur la figure 3, chacune des pièces élémentaires 3 est formée par un
quart d'anneau 5 relié sur une partie de sa circonférence extérieure 6 par une partie
en forme de bec 7, cette partie 7 présentant un bord périphérique circulaire 8 formant
le bord périphérique circulaire de la pastille de contact 2, une bord intérieur rectiligne
9 et un bord latéral extérieur 10. Le bord intérieur rectiligne 9 d'une pièce élémentaire
3a forme avec le bord rectiligne extérieur 10a d'une pièce adjacente 3d une fente
orthoradiale 11. De même, le bord extérieur latéral 10 de la pièce élémentaire 3a
forme avec le bord intérieur rectiligne 9a d'une pièce élémentaire adjacente 3b une
fente rectiligne orthoradiale 11a de la pastille de contact 2.
Après fabrication de la pièce élémentaire par exemple par frittage, ladite pièce élémentaire
est calibrée, puis recuite, afin de conférer au matériau de ladite pièce les propriétés
physico-chimiques escomptées du matériau de contact.
La pièce ainsi fabriquée peut être ébavurée par des moyens industriels (par exemple
par passage au tonneau). L'un des bords de la pièce élémentaire constituant un bord
de fente, la difficulté de l'usinage des bords des fentes qui existait lorsque la
pastille de contact entière était usinée, est alors supprimée.
Le contact est ensuite reconstitué par assemblage final des différentes pièces élémentaires
et fixation de cet ensemble par une brasure 12 sur un support de contact 13.
Ainsi, cette pièce élémentaire étant de dimensions plus petites que la pastille finale,
les moyens de mise en oeuvre, par exemple comprenant une presse à pastiller, sont
réduits et nécessitent moins d'investissement.
On notera que les étapes de calibrage et d'assemblage des formes élémentaires peuvent
être réalisées simultanément à l'aide d'une pièce de frettage 14, assurant la tenue
mécanique du contact, une brasure 15 solidarisant la pastille de contact 2 au support
de contact 13.
Le procédé de fabrication selon l'invention s'applique notamment aux ampoules à vide
des disjoncteurs utilisant la technique de coupure dite à champ magnétique axial,
telles que représentées sur la figure 6, ou à champ magnétique radial telles que représentées
sur la figure 7, les fentes 4 étant orientées différemment sur la pastille de contact
2 suivant la technique de coupure utilisée.
L'invention s'applique également aux contacts similaires comportant des fentes appartenant
aux appareils de coupure électriques.
Selon l'exemple de l'ampoule illustrée sur la figure 6, les fentes 16 sont radiales,
tandis que selon la réalisation de l'ampoule illustrée sur la figure 7, les fentes
17 sont orthoradiales.
[0008] L'invention peut être utilisée pour des pastilles de contact constituées de compositions
de matériau de contact destinées à couper des courants de court-circuit (disjoncteurs)
ou des courants de charge (interrupteurs), occasionnellement ou avec une endurance
électrique élevée (contacteurs), par exemple des contacts constitués de Cu-Cr avec
un pourcentage en masse de chrome compris entre 10 % et 60 %.
On a donc réalisé selon l'invention, un procédé de fabrication d'une pastille de contact,
particulièrement économique, présentant des moyens de mise en oeuvre réduits.
En effet, la pièce élémentaire étant de dimensions plus petites que la pastille finale,
les moyens de mise en oeuvre utilisés (exemple une presse à pastiller) sont réduits
et nécessitent moins d'investissement.
L'invention permet également de réaliser des formes de fente complexes qui peuvent
difficilement être obtenues par usinage.
En outre, ce type de pétale élémentaire est facilement réalisable directement aux
cotes par métallurgie des poudres, ceci étant plus difficile pour des pastilles entières
à cause des fentes.
Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisations décrits et illustrés
qui n'ont été donnés qu'à titre d'exemple.