[0001] La présente invention concerne un bloc porte pourvu de moyens anti-feu.
[0002] Les portes dites coupe-feu ou anti-feu sont bien connues dans l'état de la technique
et n'ont pas pour objectif de complètement stopper le feu mais de le ralentir dans
une mesure suffisante, tel que prévu par les diverses réglementations concernées.
De manière bien connue, les bois très denses résistent mieux au feu et sont donc généralement
utilisés pour réaliser des blocs portes anti-feu ou coupe feu. Ces bois denses, qui
sont généralement des bois rouges, tels que des bois exotiques, sont toutefois peu
disponibles, voire en voie d'extinction et donc très coûteux, en particulier lorsque
la porte est une porte industrielle, pour laquelle la qualité du bois utilisée n'a
que peu d'intérêt. Par ailleurs, il est connu de plaquer des joints anti-feu dans
la feuillure ou sur la tranche extérieure de la porte afin de ralentir la destruction
de ces éléments par le feu. Outre le fait qu'ils sont d'une efficacité relativement
moyenne, ces joints sont visibles de l'extérieur et présentent donc un aspect inesthétique
évident. De plus, au cours du vieillissement de la porte, des risques de décollement
ou d'autres altérations de ces joints sont possibles. Les documents
EP-1 657 397,
EP-1 209 314,
DE 297 21 870 et
DE-20 2004 012 651 décrivent des portes coupe-feu de l'art antérieur.
[0003] La présente invention a pour but de fournir un bloc porte anti-feu ne reproduisant
pas les inconvénients susmentionnés.
[0004] En particulier, la présente invention a pour but de fournir un bloc porte qui permet
de résister de manière satisfaisante au feu tout en étant simple et peu coûteux à
fabriquer et à assembler.
[0005] La présente invention a également pour but de fournir un bloc porte anti-feu pour
lequel la capacité anti-feu est maintenue quelque soit l'ancienneté dudit bloc porte.
[0006] La présente invention a donc pour objet un bloc porte selon la revendication 1.
[0007] Des modes de réalisation avantageux sont décrits dans les revendications dépendantes.
[0008] Ces caractéristiques et avantages et d'autres de la présente invention apparaîtront
plus clairement au cours de la description détaillée suivante de deux variantes de
réalisation de celle-ci, faite en référence aux dessins joints, donnés à titre d'exemple
non limitatif, sur lesquels
[0009] La figure 1 est une vue en section horizontale à travers un bloc porte selon une
première variante de réalisation de l'invention, avec la porte fermée dans son cadre
; et
[0010] La figure 2 est une figure similaire à celle de la figure 1, montrant une autre variante
de réalisation de l'invention.
[0011] De manière classique, un bloc porte comporte une porte 10 articulée dans un cadre
de porte 20, généralement réalisée en bois. Ce cadre de porte 20 formant huisserie
est lui-même fixé au mur 30 d'une manière quelconque connue. Ce bloc porte comporte
des moyens anti-feu qui sont adaptés à retarder la destruction du bloc porte par le
feu, comme cela sera décrit ci-après.
[0012] Selon l'invention, lesdits moyens anti-feu comportent au moins un insert de cadre
25 réalisé en un matériau anti-feu, ledit insert étant encastré dans au moins une
partie dudit cadre de porte 20. Avantageusement, plusieurs inserts 25 sont disposés
à l'intérieur du cadre, de préférence de manière parallèle les uns aux autres. Les
figures 1 et 2 montrent deux variantes de réalisation dans lesquelles ces inserts
sont au nombre de deux et sont disposés verticalement à l'intérieur du cadre de porte,
en s'étendant parallèlement à la tranche de la porte lorsque celle-ci est fermée,
comme représenté sur les figures 1 et 2. Bien entendu, l'invention pourrait également
prévoir un seul insert ou plus de deux inserts, et leur orientation n'est pas nécessairement
parallèle ni les uns aux autres, ni à la tranche de la porte.
[0013] Selon une variante avantageuse, chaque insert de cadre est réalisé par une plaque
de matériau anti-feu qui est disposée à l'intérieur d'une rainure correspondante ménagée
dans le cadre 20.
[0014] La figure 1 représente une variante de réalisation avantageuse, dans laquelle le
cadre de porte 20, qui reçoit les deux inserts 25, est réalisé en deux parties, une
partie principale 21 et une partie de type couvercle 22. Ces deux parties de cadre
21, 22 sont séparées pour permettre la réalisation des rainures destinées à recevoir
les inserts 25. Dans l'exemple de la figure 1, ces rainures s'étendent à la fois dans
la partie 21 et dans la partie 22, de sorte que l'utilisateur qui assemble la porte
va insérer les inserts 25 dans les parties de rainures ménagées dans la partie principale
21 du cadre de porte 20, puis venir adapter la partie de couvercle 22 par-dessus les
projections des plaques 25, puis fixer de manière indémontable la partie de couvercle
22 à la partie principale 21 du cadre de porte 20. Cette fixation peut être réalisée
de manière appropriée, par exemple par collage, mais tout autre moyen connu serait
également utilisable. Au contraire, dans l'exemple de la figure 2, les rainures et
les inserts ne s'étendent que dans la partie principale 21, la partie de couvercle
étant prévue uniquement pour boucher les extrémités desdites rainures et ainsi encastrer
entièrement les inserts dans le cadre 20.
[0015] L'encastrement total des inserts 25 à l'intérieur du cadre 20 présente non seulement
un avantage esthétique évident puisque la présence des inserts devient invisible après
assemblage du cadre de porte, mais améliore également les capacités anti-feu desdits
inserts. Il est toutefois à noter que la présente invention couvre également des inserts
qui seraient encastrés à l'intérieur du cadre de porte 20 tout en restant apparent
au niveau de leur tranche sur un bord dudit cadre.
[0016] Avantageusement, la présente invention prévoit également un insert de porte 15 disposé
à proximité de la tranche de la porte 10. De manière classique, la porte 10 peut être
constituée d'une âme 11 relativement peu dense avec deux parements de fibres de bois
12 disposés de chaque côté de ladite âme 11. L'insert de porte 15 est de préférence
encastré dans ladite porte et séparé de son bord latéral par un montant en bois 13,
qui peut par exemple être réalisé dans un bois similaire ou identique à celui de l'huisserie
ou cadre de porte. Ici aussi, l'insert de porte 15 est de préférence réalisé sous
la forme d'une plaque de matériau anti-feu.
[0017] Divers matériaux anti-feu sont utilisables pour réaliser les inserts de cadre et
l'insert de porte. Le choix du matériau se fera en fonction des propriétés anti-feu
souhaitables pour la porte considérée. Ainsi, des inserts ou joints intumescents sont
une réalisation particulièrement avantageuse de la présente invention. Certains de
ces joints intumescents ont la capacité de gonfler sous l'effet de la chaleur produite
par le feu. De ce fait, les inserts de cadre encastrés dans le cadre de porte 20 vont
gonfler et se déformer, et ainsi comprimer ledit cadre et ainsi augmenter la densité
du bois, ce qui va ralentir de manière correspondante la progression du feu et la
destruction dudit cadre par le feu. Cet effet de compression est maximal lorsque les
inserts de cadre sont totalement encastrés.
[0018] Par conséquent, la présente invention permet de réaliser des portes présentant de
bonnes capacités anti-feu, avec des bois de disponibilité importante et bon marché,
tels que des bois résineux, et notamment le sapin. La densité d'un bois est généralement
mesurée à un taux d'humidité de 15%. Elle varie fortement entre 0,1 pour des bois
très tendres du type balsa, à 1,3 - 1,4 pour les bois très durs tel que le gaïac ou
bois de fer. Les bois peu denses, tels que le sapin, l'épicéa et le peuplier ont une
densité d'environ 0,4 à 0,5, les bois mi-denses, tels que l'iroko, le frêne, le chêne,
ont des densités de 0,6 à 0,8, alors que les bois durs, tels que le teck, l'if et
l'olivier, ont des densités de l'ordre de 0,8 à 1. La présente invention permet donc
d'utiliser des bois mi-durs, et de préférence des bois peu denses, qui ont des densités
inférieures à 0,8, de préférence inférieures à 0,6. En particulier, les bois résineux,
notamment le sapin, dont la densité est d'environ 0,4, et qui sont très peu coûteux
comparés aux bois durs, sont utilisables grâce à la présente invention. La présence
des inserts augmente la densité du bois du cadre lors d'un feu et de ce fait, celui-ci
résistera au feu d'une manière similaire aux bois durs, beaucoup plus coûteux et rares.
[0019] Un matériau anti-feu particulièrement avantageux est le silicate de sodium hydraté.
Des plaques de ce matériau sont disponibles dans le commerce sous l'appellation Palusol
® qui est une marque déposée par la société BASF AG. Ce matériau, outre le fait de
gonfler, est également adapté à libérer de la vapeur d'eau sous l'effet de la chaleur
produite par le feu. Cette vapeur d'eau, qui humidifie le bois, participe également
au ralentissement de la progression du feu. Un bloc porte selon la présente invention
est donc plus résistant tout en étant moins cher à fabriquer du fait qu'il n'est plus
nécessaire d'utiliser un bois dense et coûteux pour réaliser le cadre. La présence
d'un insert de porte permet également de déformer le montant latéral 13 de la porte,
ce qui, ensemble avec la déformation du cadre 20, peut provoquer la fermeture de l'espace
entre la porte 10 et le cadre 20, cette fermeture étant également avantageuse pour
ralentir la progression du feu.
[0020] Un autre type de matériau utilisable pour la présente invention est un matériau foisonnant,
c'est-à-dire un matériau qui est adapté à mousser sous l'effet de la chaleur. Un exemple
de ce matériau est le phosphate d'ammonium, qui est disponible dans le commerce sous
la marque Interdens
®, vendu par la société Dr. Wolman GmbH. Ce matériau qui mousse en cas de feu a la
capacité de bloquer l'air et donc de ralentir la progression du feu, sans toutefois
provoquer de déformation du bois, contrairement au silicate de sodium hydraté.
[0021] Eventuellement, les deux matériaux ci-dessus pourraient être combinés dans un même
bloc porte pour profiter des divers effets anti-feu décrits ci-dessus.
[0022] Bien entendu, des matériaux équivalents ou faisant partie des mêmes familles sont
également utilisables, ainsi que d'autres matériaux qui présenteraient des propriétés
similaires sous l'effet de la chaleur provoquée par un feu.
[0023] La présente invention permet donc d'obtenir à faible coût des blocs portes résistant
au feu. Des tests comparatifs démontrent que des cadres en sapin réalisés selon l'invention
résistent aussi bien sinon mieux au feu que des cadres similaires réalisés en bois
rouge, plus dense et plus coûteux que le sapin. Un autre avantage de la présente invention
est que du fait de l'encastrement des inserts de cadre et de porte, ceux-ci ne présentent
aucun risque de détérioration au cours de l'utilisation du bloc porte, de sorte que
les capacités anti-feu de la porte restent identiques tout au long de la vie de celui-ci.
De plus, l'encastrement des inserts est également un plus d'un point de vue esthétique,
notamment en comparaison des systèmes prévoyant l'application de joints sur la feuillure
ou la tranche externe de la porte.
[0024] Bien que la présente invention ait été décrite en référence à deux variantes de réalisation
de celle-ci, il est entendu que l'homme du métier peut y apporter toute modification
utilise sans sortir du cadre de la présente invention tel que défini par les revendications
annexées.
1. Bloc porte comportant une porte (10) articulée dans un cadre de porte (20) en bois,
ledit bloc porte comportant des moyens anti-feu (15 ; 25) adaptés à retarder sa destruction
par le feu, caractérisé en ce que le cadre de porte (20) et/ou la porte (10) est (sont) réalisé(s) essentiellement
dans un bois peu dense et en ce que lesdits moyens anti-feu (15 ; 25) comportent au moins un insert de cadre (25) réalisé
en un matériau anti-feu encastré dans au moins une partie dudit cadre de porte (20).
2. Bloc porte selon la revendication 1, dans lequel ledit au moins un insert de cadre
(25) est une plaque disposée dans une rainure verticale correspondante du cadre de
porte.
3. Bloc porte selon la revendication 1 ou 2, dans lequel ledit au moins un insert de
cadre (25) est totalement encastré dans ledit cadre de porte (20), de sorte qu'après
assemblage il est invisible.
4. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
cadre de porte (20) recevant ledit au moins un insert de cadre (25) est réalisé en
deux parties (21, 22) séparées pour insérer ledit au moins un insert de cadre (25),
puis assemblées de manière indémontable.
5. Bloc porte selon la revendication 4, dans lequel ledit au moins un insert de cadre
(25) s'étend dans l'une ou les deux desdites parties (21, 22) de cadre de porte (20).
6. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel une
pluralité d'insert de cadre (25) sont prévus, notamment disposés parallèlement les
uns aux autres.
7. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel lesdits
moyens anti-feu comportent en outre au moins un insert de porte (15) réalisé en un
matériau anti-feu encastré dans ladite porte (10), au voisinage dudit cadre (20).
8. Bloc porte selon la revendication 7, dans lequel ledit au moins un insert de porte
(15) est une plaque disposée à proximité d'une tranche de ladite porte (10).
9. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
matériau anti-feu est adapté à augmenter la densité du bois sous l'effet de la chaleur.
10. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
matériau anti-feu est adapté à gonfler et/ou à libérer de la vapeur d'eau et/ou à
mousser sous l'effet de la chaleur.
11. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
matériau anti-feu comporte du silicate de sodium hydraté.
12. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
matériau anti-feu comporte du phosphate d'ammonium.
13. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
cadre de porte (20) et/ou la porte (10) est (sont) réalisé(s) dans un bois bon marché,
tel qu'un bois résineux.
14. Bloc porte selon l'une quelconque des revendications précédentes, dans lequel ledit
cadre de porte (20) et/ou ladite porte (10) est (sont) réalisé(s) essentiellement
dans un bois dont la densité à 15% d'humidité est inférieure à 0,8, avantageusement
inférieure à 0,6, de préférence d'environ 0,4 - 0,5.