[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l'horlogerie. Elle concerne plus
précisément une montre chronographe munie d'un compteur des secondes permanentes et
d'un compteur des secondes de chronographe.
[0002] Une telle montre chronographe comporte classiquement un rouage de finissage formant
une chaîne de transmission de l'énergie depuis un organe accumulateur d'énergie, le
barillet, jusqu'à un organe distributeur de l'énergie, l'échappement. Ce rouage de
finissage est généralement formé d'un mobile de grande moyenne, d'un mobile de moyenne,
et d'un mobile des secondes de chronographe montés en série entre le barillet et l'échappement.
Il comprend, en outre, un mobile des secondes permanentes, solidaire d'un organe d'affichage
des secondes permanentes, monté en dérivation depuis le mobile de moyenne. Ainsi monté,
le mobile des secondes permanentes est situé en fin d'un train d'engrenage formé du
mobile de grande moyenne, du mobile de moyenne et de lui-même.
[0003] En raison de cette situation en fin de train d'engrenage, le mobile des secondes
permanentes peut tourner de façon saccadée et irrégulière, ce qui donne à l'organe
d'affichage des secondes permanentes une impression de flottement et d'imprécision.
Ce problème, bien connu de l'homme de métier, provient de l'existence d'un ébat d'engrenage,
c'est-à-dire un jeu angulaire entre les différents mobiles, prévu pour des raisons
de tolérance de fabrication, d'une part, et pour éviter une situation de blocage de
l'engrenage, d'autre part. Au sein d'un engrenage, l'ébat est compensé d'un mobile
à l'autre par l'action de freinage exercé par le mobile suivant, mais en fin d'engrenage,
comme c'est le cas du mobile des secondes permanentes, cette action de freinage est
inexistante et l'ébat d'engrenage est pleinement répercuté.
[0004] Une solution pour remédier à ce problème consiste à munir le mobile des secondes
permanentes d'une friction exerçant un frottement axial apte à supprimer les déplacements
angulaires aléatoires liés à l'ébat. Les brevets
EP 0 482 443 et
CH 506 824 décrivent des dispositifs de ce type. On notera toutefois qu'une telle solution est
défavorable du point de vue énergétique, en raison des pertes générées par le frottement.
La présente invention propose une solution alternative au problème de flottement de
l'organe d'affichage des secondes permanentes, ne faisant pas appel à l'utilisation
d'une friction et n'induisant pas de pertes énergétiques. Plus précisément l'invention
concerne une montre chronographe munie d'un rouage de finissage comportant :
- un mobile des secondes permanentes solidaire d'un organe d'affichage des secondes
permanentes,
- un mobile des secondes de chronographe coopérant avec un embrayage pour se solidariser
avec un organe d'affichage des secondes de chronographe, et
- un mobile de moyenne comprenant une première roue de moyenne montée solidaire en rotation,
en prise soit avec le mobile des secondes permanentes, soit avec ledit mobile des
secondes de chronographe.
[0005] Selon l'invention, le rouage de finissage comporte encore une deuxième roue de moyenne
montée folle, en prise, d'une part avec le mobile des secondes permanentes, et d'autre
part avec le mobile des secondes de chronographe.
[0006] Grâce à la deuxième roue moyenne montée folle entre le mobile des secondes permanentes
et le mobile des secondes de chronographe, le mobile des secondes permanentes n'est
plus situé en fin d'engrenage, mais en série dans le rouage de finissage. De la sorte,
il n'est plus soumis à des déplacements angulaires aléatoires liés à l'ébat, et l'impression
de flottement de l'organe d'affichage des secondes permanentes est éliminée.
[0007] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention ressortiront plus
clairement de la description détaillée qui suit d'un exemple de réalisation d'une
montre chronographe selon l'invention, cet exemple étant donné à titre purement illustratif
et non limitatif seulement, en liaison avec le dessin annexé sur lequel :
- les figures 1 et 2 sont des vues respectivement en coupe partielle et de dessus partielle
de la montre chronographe selon l'invention.
[0008] La montre chronographe représentée en figures 1 et 2 comporte classiquement un organe
accumulateur d'énergie, le barillet 1, et un rouage de finissage 2 destiné à transmettre
l'énergie depuis le barillet 1 jusqu'à un organe de distribution non représenté. L'ensemble
est monté entre une platine 3, un pont de roue de grande moyenne 4, un pont des secondes
permanentes 5 et un pont de rouage 6. Le rouage de finissage 2 comprend, montés en
série depuis le barillet 1, un mobile de grande moyenne 7, un mobile de moyenne 8,
un mobile des secondes permanentes 9 excentré solidaire en rotation d'un organe d'affichage
des secondes permanentes non représenté, un mobile des secondes de chronographe 10
central, et un mobile intermédiaire d'échappement 11.
[0009] Le mobile de grande moyenne 7 est formé d'un pignon de grande moyenne 12 en prise
avec le barillet 1, et d'une roue de grande moyenne 13 solidaire en rotation du pignon
de grande moyenne 12. Il est monté entre la platine 3 et le pont de roue de grande
moyenne 4. La roue de grande moyenne 13 entraîne en rotation le mobile de moyenne
8 monté entre la platine 3 et le pont de rouage 6, et comprenant un pignon de moyenne
14, et une première roue de moyenne 15 montée solidaire en rotation du pignon de moyenne
14. A cet effet, la roue de grande moyenne 13 engrène avec le pignon de moyenne 14.
La première roue de moyenne 15 est, par ailleurs, en prise avec le mobile des secondes
permanentes 9, monté entre le pont des secondes permanentes 5 et le pont de rouage
6, et formé d'un pignon.
[0010] Selon l'invention, le mobile de moyenne 8 comprend encore une deuxième roue de moyenne
16, montée folle, en prise avec le mobile des secondes permanentes 9. La deuxième
roue de moyenne 16 entraîne, par ailleurs, le mobile des secondes de chronographe
10, monté libre en rotation sur un mobile de compteur des secondes de chronographe
17, et formé d'un pignon des secondes de chronographe 18 et d'une roue des secondes
de chronographe 19 solidaire en rotation du pignon 18. A cet effet, la deuxième roue
de moyenne 16 est en prise avec le pignon des secondes de chronographe 18.
[0011] Enfin, la roue des secondes de chronographe 19 engrène avec le mobile intermédiaire
d'échappement 11, lui-même en prise avec un organe de distribution non représenté.
[0012] La transmission de l'énergie au sein du rouage de finissage 2 ainsi décrit se fait,
depuis le barillet 1 jusqu'à l'organe de distribution non représenté, en passant par
le pignon de grande moyenne 12, la roue de grande moyenne 13, le pignon de moyenne
14, la première roue de moyenne 15, le mobile des secondes permanentes 9, la deuxième
roue de moyenne 16, le pignon des secondes de chronographe 18, la roue des secondes
de chronographe 19 et enfin le mobile intermédiaire d'échappement 11.
[0013] Grâce à la deuxième roue de moyenne 16 montée sur le mobile de moyenne, le mobile
des secondes permanentes 9 n'est pas situé en fin d'engrenage, mais en série dans
le rouage de finissage 2. L'ébat d'engrenage auquel il est soumis, est ainsi réduit
par le freinage exercé par la deuxième roue de moyenne 16, et l'impression de flottement
de l'organe d'affichage des secondes permanentes est éliminée.
[0014] On notera que, pour obtenir la même vitesse de rotation des mobiles des secondes
permanentes 9 et des secondes de chronographe 10, la deuxième roue moyenne 16 doit
être identique en diamètre et en nombre de dents à la première roue de moyenne 15.
Il est entendu que, comme dans un mode de réalisation classique, les conditions suivantes
sont également respectées : Le pignon du mobile des secondes permanentes 9 et le pignon
18 du mobile des secondes de chronographe 10 sont identiques en diamètre et en nombre
de dents, et l'entraxe entre le mobile de moyenne 8 et le mobile des secondes permanentes
9 est égal à l'entraxe entre le mobile de moyenne 8 et le mobile des secondes de chronographe
10.
[0015] On notera par ailleurs que le mobile des secondes de chronographe 10 est monté libre
en rotation sur un mobile de compteur des secondes de chronographe 17, solidaire d'un
organe d'affichage des secondes de chronographe non représenté. Un embrayage vertical
20 disposé entre le mobile des secondes de chronographe et le mobile de compteur des
secondes de chronographe 17 permet de solidariser en rotation ces deux mobiles 10,
17 lorsque le chronographe est enclenché. Le mobile de compteur des secondes de chronographe
17 est monté libre en rotation entre un pont de chronographe 21 et un tube de centre
22 chassé dans la platine 3. Ce montage est bien connu de l'homme de métier et ne
sera pas décrit plus en détail.
[0016] On a ainsi décrit une montre chronographe exempte du problème de flottement de l'organe
d'affichage des secondes permanentes. Il va de soi que la présente invention n'est
pas limitée au mode de réalisation qui vient d'être décrit, et que diverses modifications
et variantes simples peuvent être envisagées par l'homme de métier, sans sortir du
cadre de la présente invention telle que définie par les revendications annexées.
[0017] On notera en particulier que le mode de réalisation de la montre chronographe qui
vient d'être décrit, est particulièrement avantageux en raison de sa compacité. Toutefois,
dans une première variante de ce mode de réalisation, la deuxième roue de moyenne
16 pourrait être montée sur un mobile intermédiaire distinct du mobile de moyenne,
situé entre les mobiles des secondes permanentes 9 et des secondes de chronographe
10, et vérifiant la condition sur les entraxes citée plus haut. Dans ce cas particulier,
le mobile de moyenne 8 ne comporterait qu'une première roue de moyenne 15 et ne serait,
lui, pas soumis à la condition sur les entraxes susmentionnée. Ce mode de réalisation
est équivalent au mode de réalisation décrit précédemment du point de vue fonctionnel,
mais il présente un encombrement plus important.
[0018] On notera également que dans une deuxième variante simple du mode de réalisation
décrit, la première roue de moyenne 15 pourrait être en prise avec le mobile des secondes
de chronographe 10 plutôt qu'avec le mobile des secondes permanentes 9. L'agencement
de la deuxième roue de moyenne 16 serait, par contre, inchangé. Dans ce mode de réalisation,
le mobile des secondes de chronographe 10 serait formé d'un pignon uniquement, tandis
que le mobile des secondes permanentes 9 comporterait un pignon et une roue, ladite
roue engrenant avec le mobile intermédiaire d'échappement 11. La transmission de l'énergie
au sein du rouage de finissage 2 ainsi décrit se ferait, depuis le barillet 1 jusqu'à
l'organe de distribution non représenté, en passant par le pignon de grande moyenne
12, la roue de grande moyenne 13, le pignon de moyenne 14, la première roue de moyenne
15, le pignon des secondes de chronographe 18, la deuxième roue de moyenne 16, le
mobile des secondes permanentes 9 et enfin le mobile intermédiaire d'échappement 11.
Ce mode de réalisation est équivalent, du point de vue fonctionnel, au mode de réalisation
décrit précédemment.
1. Montre chronographe munie d'un rouage de finissage (2) comportant :
- un mobile des secondes permanentes (9) solidaire d'un organe d'affichage des secondes
permanentes,
- un mobile des secondes de chronographe (10) coopérant avec un embrayage (20) pour
se solidariser avec un organe d'affichage des secondes de chronographe, et
- un mobile de moyenne (8) comprenant une première roue de moyenne (15) montée solidaire
en rotation, en prise soit avec le mobile des secondes permanentes (9), soit avec
le mobile des secondes de chronographe (10),
caractérisée en ce que le rouage de finissage (2) comporte encore une deuxième roue de moyenne (16) montée
folle, en prise, d'une part avec le mobile des secondes permanentes (9), et d'autre
part avec le mobile des secondes de chronographe (10).
2. Montre chronographe selon la revendication 1, caractérisée en ce que ladite deuxième roue de moyenne (16) est identique en diamètre et en nombre de dents
à la première roue de moyenne (15).
3. Montre chronographe selon l'une des revendication 1 et 2, caractérisée en ce que l'entraxe entre la deuxième roue de moyenne (16) et le mobile des secondes permanentes
(9) est égale à l'entraxe entre la deuxième roue de moyenne (16) et le mobile des
secondes de chronographe (10).
4. Montre chronographe selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que ladite deuxième roue de moyenne (16) est montée sur ledit mobile de moyenne (8).
5. Montre chronographe selon l'une des revendications 1 à 4, caractérisée en ce que la première roue de moyenne (15) est en prise avec le mobile des secondes permanentes
(9).