[0001] Le domaine de l'invention est celui du levage d'objets qui demandent un soin particulier
pour ne pas en abîmer la surface.
[0002] La présente invention concerne un dispositif permettant la protection de la surface
d'un objet contre les effets des sangles au cours des manoeuvres de levage, particulièrement
la protection des peintures de coques de bateaux. La présente invention concerne aussi
un procédé de réalisation du dispositif concerné.
[0003] Lorsque les bateaux viennent d'être repeints, lors de la mise à l'eau, les peintures
sont souvent rayées par les sangles de l'engin de levage. On observe des altérations
de l'ordre de 80%. Certains protègent la coque en introduisant des morceaux de carton,
de moquette ou des sacs en plastique entre la surface à protéger et la ou les sangles
de levage mais ces accessoires de fortune sont très difficiles à maintenir en place
lorsque les sangles de l'engin sont prêtes pour le levage.
[0004] Le document
FR2452459 divulgue une gaine pour élingue de levage de charge qui se présente sous forme de
sangle plate. Les câbles de l'élingue étant à demeure dans la gaine de protection,
un problème se pose sur la connaissance de leur état car toute rupture résultant d'une
détérioration de l'élingue serait préjudiciable au levage de la charge. La configuration
proposée nécessite des fenêtres de visibilité. Les coûts engendrés par la complexité
de réalisation, ne facilitent pas une large diffusion de ce type de gaine sur tout
lieu de levage, par exemple dans des régions moins favorisées. D'autre part, les câbles
y sont bien de préférence logés avec jeu dans les ouvertures de sorte que la gaine
entière peut se déplacer dans certaines limites le long de l'élingue. Ceci ne suffit
pas nécessairement à garantir une absence totale de frottement sur la l'objet levé
par la gaine lors de la mise en tension des câbles. De tels frottements peuvent être
préjudiciables à la peinture des coques de bateaux.
[0005] Le document
FR2891524 décrit un fourreau dans lequel peuvent glisser les sangles de levage de façon à ne
pas endommager la peinture. Il est possible de contrôler si besoin l'état des sangles
en les retirant du fourreau ou avant de les y introduire. Dans un port ne disposant
que d'élingues non équipées pour assurer une bonne protection de la peinture de la
coque des bateaux, on peut alors envisager de faire passer l'élingue dans le fourreau
mais ceci nécessite un minimum de manipulations.
[0006] Pour remédier aux inconvénients de l'état connu de la technique, un objet de l'invention
est un dispositif pour soulever un objet en en protégeant la surface. Le dispositif
est remarquable en ce qu'il comprend une première bande prévue pour être en contact
avec la surface de l'objet, une deuxième bande prévue pour être en contact avec des
sangles de levage et une couche de matériau lubrifiant disposée entre la première
et la deuxième bande reliées entre elles à chacune de leurs extrémités.
[0007] On peut utiliser un matériau lubrifiant liquide. Toutefois particulièrement à l'égard
de la peinture fraîche sur la coque des bateaux, il est nécessaire de prendre garde
aux salissures que pourraient provoquer par exemple des fuites de liquide. On connaît
aussi des matériaux lubrifiants solides tels que le polytétrafluoréthylène ou le graphite
en couches minces superposées qui présentent l'avantage de ne pas fuir. Ces matériaux
présentent cependant certains inconvénients en termes de coût, voire de fragilité.
[0008] De préférence, le matériau lubrifiant de la couche est de la paraffine qui apporte
les avantages d'un lubrifiant solide avec un bon rapport qualité coût.
[0009] Des moyens d'attache fixés aux extrémités des deux bandes reliées entre elles, tels
que par exemple des anneaux, permettent d'utiliser le dispositif comme une sangle
à accrocher au palan d'une grue. Ceci peut nécessiter des manipulations supplémentaires
que le grutier n'est pas nécessairement préparé à faire.
[0010] Avantageusement, des moyens d'attache fixés aux extrémités des deux bandes reliées
entre elles, tels que par exemple des rubans sur l'une et des oeillets sur l'autre,
permettent après avoir fait passer les bandes sou l'objet de les attacher entre elles
au dessus de façon à le protéger à la manière d'une enveloppe sur laquelle il suffit
de mettre en contact la sangle de levage proprement dite de la grue. On indique que
le terme sangle de levage est ici à prendre dans son acception la plus large, à savoir
tant une sangle plate à proprement parler qu'une élingue, un ou plusieurs câbles.
[0011] Plus particulièrement, un ensemble d'un ou plusieurs rubans à chacune des extrémités
permet d'attacher les bandes sur une partie supérieure de l'objet sans avoir à en
faire un tour complet, ce qui est appréciable pour un objet volumineux tel qu'un bateau
où il suffit alors de faire passer les bandes sous la coque et d'attacher les extrémités
au bastingage. On indique ici encore que le terme ruban est à prendre dans son acception
la plus large, à savoir tant des rubans plats au sens propre de nature bien entendu
suffisamment résistante que des cordelettes en nylon ou autres cordages de marines.
Un effet proche peut être obtenu en disposant des oeillets aux deux extrémités et
en y faisant passer des lacets accrochés par ailleurs au bastingage.
[0012] Un autre objet de l'invention est un procédé de fabrication d'un dispositif pour
soulever un objet en en protégeant la surface. Dans ce procédé, une première bande
prévue pour être en contact avec la surface de l'objet est superposée sur une deuxième
bande prévue pour contribuer aux fonctions de levage, la première et la deuxième bande
sont reliées entre elles à chacune de leurs extrémités et une couche de matériau lubrifiant
est injectée entre les deux bandes.
[0013] Préférentiellement, le matériau lubrifiant de la couche intermédiaire est de la paraffine.
[0014] Avantageusement, on soude sur les bords de leurs longueurs les deux bandes entres
elles qui comprennent chacune un film plastique, ou on utilise un tube de film plastic
extrudé qui est ensuite aplati afin d'avoir deux épaisseurs de film l'une sur l'autre.
Ceci est particulièrement utile au propriétaire d'un bateau qui peut emmener alors
le dispositif avec lui de façon à pouvoir l'utiliser en tout lieu où il déciderait
de faire repeindre son bateau sans avoir à craindre que le matériau lubrifiant ne
s'échappe du dispositif. Il est aisé de plier ou mieux encore d'enrouler des bandes
sous forme de film et une constitution en matière plastique permet un soudage propre
et souple.
[0015] Un autre objet encore de l'invention est un procédé de levage d'un objet en en protégeant
la surface. Préalablement au levage de l'objet, on met une première bande en contact
avec la surface de l'objet, on superpose une deuxième bande sur la première bande
pour contribuer aux fonctions de levage et on dispose une couche de matériau lubrifiant
entre la première et la deuxième bande que l'on relie entre elles à chacune de leurs
extrémités.
[0016] L'invention sera mieux comprise, et d'autres buts, caractéristiques, détails et avantages
de celle-ci apparaîtront plus clairement dans la description explicative qui va suivre
faite en référence aux dessins schématiques annexés donnés uniquement à titre d'exemple,
illustrant un mode préféré de réalisation de l'invention et dans lesquels :
- la figure 1 montre un objet muni du dispositif selon l'invention ;
- la figure 2 est une vue de dessus du dispositif selon l'invention ; et
- la figure 3 est une vue en coupe transversale du dispositif selon l'invention.
[0017] En référence à la figure 1, on explique un procédé de levage dans lequel on a fait
passer des bandes 1, 2 sous une coque 6 de bateau 10 qui constitue un objet que l'on
souhaite soulever. On a attaché chacune des extrémités 3 au bastingage 7 du bateau
10 qui constitue une partie supérieure de l'objet à soulever.
[0018] On a obtenu la configuration présentée après avoir mis une première bande 1 en contact
avec la surface de l'objet, avoir superposé une deuxième bande 2 sur la première bande
pour contribuer à des fonctions de levage, avoir disposé une couche 5 de paraffine
qui constitue un matériau lubrifiant solide entre la première et la deuxième bande
et avoir relié entre elles les bandes 1 et 2 à chacune de leurs extrémités 3.
[0019] La couche 5 n'est pas visible sur la figure 1 car elle est masquée par la bande 2.
[0020] L'ordre des actions énumérées ci-dessus peut varier au gré de celui qui met en oeuvre
le procédé. On conçoit bien que l'ordre dans lequel les actions sont énumérées n'est
pas forcément le plus pratique mais il est possible avec la variante d'avoir disposé
la couche de paraffine entre les bandes 1 et 2 avant ou après les avoir reliées entre
elles. Elle peuvent aussi se résumées aux actions simplifiées de faire passer sous
la coque du bateau un dispositif complet tel qu'expliqué ci-après en référence aux
figures 2 et 3 puis d'en attacher les extrémités au bastingage du bateau.
[0021] Les moyens d'attache au bastingage ici représenté sont constitués par trois rubans
4 d'un mètre environ chacun.
[0022] Les étapes précédemment décrites permettent dans une étape suivante, de mettre une
sangle de levage en contact avec la deuxième bande de façon à soulever le bateau sans
causer de dommage à sa surface comme expliqué à présent.
[0023] Dans le cas illustré par la figure 1, la bande 1 est par exemple un premier film
plastique et la bande 2 est par exemple un deuxième film plastique.
[0024] Le premier film en contact directe avec la coque du bateau, préserve la peinture
sur la surface de la coque. Grâce à la présence de paraffine injectée entre les deux
films, le second film glisse sur le premier lors de la tension de la sangle de levage
de sorte que le film en contact de la coque ne bouge pas et par conséquent ne provoque
pas de frottement sur la peinture.
[0025] En référence à la figure 2, le dispositif mentionné ci-dessus comprend une première
bande 1 prévue pour être en contact avec la surface de l'objet, par exemple la coque
de bateau représentée en figure 1. La bande 1 comprend un film plastique d'épaisseur
adaptée à la taille et à l'état de surface de l'objet à soulever. A titre illustratif,
on peut citer deux modèles, l'un en film de 30 microns d'épaisseur pour les bateaux
n'ayant pas de partie saillante, l'autre en film de 60 microns d'épaisseur pour les
bateaux plus lourds et ayant des parties saillantes.
[0026] Aux extrémités 3 de la bande 1, on observe des bretelles d'attache telles que trois
rubans 4 d'un mètre environ, agencés pour permettre la fixation de la bande sur le
bastingage du bateau. La bande 1 est enduite sur la face opposée à celle prévue pour
être en contact avec la surface à protéger, d'un matériau lubrifiant de préférence
solide et non salissant tel que de la paraffine.
[0027] La figure 3 est une vue en coupe selon la ligne a-a de la figure 2. Une deuxième
bande 2 est prévue pour contribuer aux fonctions de levage, par exemple pour être
soumise au contact d'une sangle ou autre élingue extérieure.
[0028] La deuxième bande 2 glisse sur la première bande 1 grâce à une couche 5 de paraffine
injectée entre les deux bandes. La paraffine constitue le matériau lubrifiant disposé
sur la bande 1, mentionné ci-dessus. La bande 2 est reliée à la bande 1 à chaque extrémité
3 vue sur la figure 1 et/ou sur les bords de leur longueur par soudure comme représenté
sur la figure 3.
[0029] Le dispositif qui vient d'être décrit est fabriqué par un procédé dans lequel :
- une première bande 1 prévue pour être en contact avec la surface de l'objet est superposée
sur une deuxième bande 2 prévue pour contribuer aux fonctions de levage ;
- la première et la deuxième bande sont reliées entre elles à chacune de leurs extrémités
;
- une couche 5 de matériau lubrifiant, de préférence de la paraffine, est injectée entre
les deux bandes ;
- on soude sur les bords de leurs longueurs les deux bandes entres elles qui comprennent
chacune un film plastique ;
- on fixe à une extrémité qui relient la première et la deuxième bande entre elles,
des moyens d'attache à un élément extérieur à ladite extrémité.
[0030] Selon une variante particulièrement avantageuse, le procédé de fabrication est simplifié
en ce qu'il met en oeuvre des étapes dans lesquelles :
- un tube de polyéthylène extrudé est aplati de façon à obtenir deux épaisseurs superposées
dont l'une constitue une première bande 1 prévue pour être en contact avec la surface
de l'objet et dont l'autre constitue une deuxième bande 2 prévue pour suivre un dispositif
de levage ;
- une couche 5 de matériau lubrifiant, de préférence de la paraffine, est injectée entre
les deux bandes ;
- la première et la deuxième bande sont reliées entre elles à chacune de leurs extrémités
;
- on fixe à une extrémité qui relient la première et la deuxième bande entre elles,
des moyens d'attache à un élément extérieur à ladite extrémité.
1. Dispositif pour soulever un objet en protégeant la surface dudit objet,
caractérisé en ce qu'il comprend :
- une première bande (1) prévue pour être en contact avec la surface de l'objet ;
- une deuxième bande (2) prévue pour être en contact avec une sangle de levage ;
- une couche (5) de matériau lubrifiant disposée entre la première et la deuxième
bande reliées entre elles à chacune de leurs extrémités.
2. Dispositif selon la revendication 1, caractérisé en ce que le matériau lubrifiant de la couche (5) est de la paraffine.
3. Dispositif selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que la première bande (1) comprend un film plastique d'épaisseur adaptée à la taille
et à l'état de surface de l'objet à soulever.
4. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la deuxième bande (2) comprend un film plastique d'épaisseur adaptée pour être mise
en contact avec une sangle de levage.
5. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce qu'au moins une des extrémités qui relient la première et la deuxième bande entre elles,
comprend des moyens d'attache à un élément extérieur à ladite extrémité.
6. Procédé de fabrication d'un dispositif pour soulever un objet en protégeant la surface
dudit objet, dans lequel :
- une première bande (1) prévue pour être en contact avec la surface de l'objet est
superposée sur une deuxième bande (2) prévue pour contribuer aux fonctions de levage
;
- la première et la deuxième bande sont reliées entre elles à chacune de leurs extrémités
;
- une couche (5) de matériau lubrifiant est injectée entre les deux bandes.
7. Procédé de fabrication selon la revendication 6, caractérisé en ce que le matériau lubrifiant de la couche (5) est de la paraffine.
8. Procédé de fabrication selon l'une des revendications 6 ou 7, dans lequel on fixe
à une extrémité qui relient la première et la deuxième bande entre elles, des moyens
d'attache à un élément extérieur à ladite extrémité.