[0001] La présente invention concerne le domaine du travail des métaux, et plus particulièrement
des alliages en magnésium.
[0002] Pour la réalisation de certaines pièces de machines à hautes performances, on utilise
couramment l'aluminium ou bien un alliage d'aluminium pour leurs propriétés mécaniques
combinées à un faible poids. Pour ces raisons, ils trouvent un emploi dans les véhicules
automobiles et les machines aéronautiques notamment. Conventionnellement les pièces,
telles que des éléments de carter de moteur, sont usinées dans des plaques ou des
ébauches obtenues par la technique du moulage. Cependant, lorsqu'il s'agit de pièces
soumises en fonctionnement à des températures allant au delà de 150 - 180°C, la stabilité
thermique de ces matériaux devient insuffisante. Cette faiblesse se traduit en service
par des déformations et des pertes de résistance mécanique. En augmenter la masse
n'est pas une solution dans un domaine où le poids est un facteur important de choix
du matériau.
[0003] On a proposé de remplacer ce métal par des alliages à base de magnésium pour les
mêmes applications. En effet, ceux-ci sont connus d'une part pour leur densité plus
basse et d'autre part parce qu'ils sont susceptibles de bénéficier d'une meilleure
tenue à chaud. Cependant tous les alliages de magnésium ne sont pas satisfaisants.
Par exemple, les séries d'alliage connus AZ31, AZ61 ou AZ80 et ZK révèlent des comportements
proches des alliages d'aluminium et ne répondent ainsi pas au besoin exprimé. De nouveaux
alliages de magnésium moulés sont apparus ces dernières années et sont destinés au
même domaine d'application, mais le moulage génère des taux d'aléas élevés, de l'ordre
de 15 à 30%. Les défauts tels que la porosité ou les retassures doivent être pris
en compte dans le dimensionnement de pièces. Cela réduit le bénéfice de leur emploi.
[0004] Par ailleurs à la connaissance du déposant, il existe un seul alliage de magnésium
forgé industriel qui présente des caractéristiques suffisamment stables dans le domaine
d'emploi à une température supérieure à 180°C le WE 43 mais il est très coûteux.
[0005] Cependant, selon l'art antérieur, il est admis que la résistance à la rupture et
la limite d'élasticité d'un bloc d'alliage de magnésium sont influencées négativement
par la température à laquelle la déformation est effectuée. La figure 6.64 de l'ouvrage
« Magnesium technology » de 2006 par Horst E. Friedrich et Barry L. Mordike aux éditions
Springer Allemagne, montre ainsi qu'un lingot d'alliage de QE22 (Mg-2,2Ag-2Nd-0,5Zr) soumis à un traitement
d'extrusion voit ses caractéristiques mécaniques diminuer quand on augmente la température
à laquelle celui-ci est effectué. La température explorée a été limitée à 400°C.
[0007] Le déposant s'est fixé comme objectif de réaliser une pièce en alliage de magnésium,
pour la réduction de masse qu'il procure par rapport à l'aluminium notamment mais
dont les stabilités métallurgique et dimensionnelle aux températures de fonctionnement
de la pièce, soient suffisantes pour ne pas nécessiter d'épaississement des zones
sollicitées mécaniquement. En effet un tel épaississement est souvent rendu nécessaire
pour tenir compte de la perte de caractéristiques liée au vieillissement thermique
du matériau qui la constitue.
[0008] Il est important que le coût reste inférieur à celui de la mise en oeuvre des alliages
connus.
[0009] L'invention parvient à réaliser ces objectifs avec un procédé de fabrication d'une
pièce en alliage de magnésium selon la revendication 1, comprenant une étape de forgeage
d'un bloc dudit alliage suivie d'un traitement thermique, caractérisé par le fait
que l'alliage est un alliage de fonderie à base de magnésium constitué en poids de:
0,2 à 1,3 % de Zinc,
2 à 4,5 % de Néodyme,
0,2 à 7,0 % de terre rare métallique de poids atomique 62 à 71, 0,2 à 1,0 % de zirconium,
le complément à 100% étant le magnésium, et que le forgeage est réalisé à une température
supérieure à 400°C.
[0010] Un exemple d'alliage de fonderie est celui fourni par la société Magnesium Elektron
Limited (sous la référence Elektron 21) de dénomination normalisée EV31A et dont la
composition plus précise est la suivante. L'alliage de magnésium comprend : 0,2 à
0,5% de Zinc, 2,6 à 3,1 % de Néodyme, 1,0 à 1,7 % de Gadolinium, et est saturé en
Zirconium. Ce produit est défini par les revendications de la demande de brevet
WO 2005/035811.
[0011] Plus particulièrement, la température de forgeage est comprise entre 420 et 430 °C
et la déformation plastique est effectuée à vitesse lente, notamment à une vitesse
correspondant à une vitesse de déplacement du coulisseau de forgeage inférieure à
40mm/sec.
[0012] Alors que selon l'art antérieur, comme cela est illustré dans l'ouvrage cité plus
haut, le forgeage à chaud d'un alliage de magnésium de fonderie n'apparaissait pas
donner des résultats améliorés quant à ses caractéristiques mécaniques, on a constaté
avec surprise que l'application du procédé de l'invention sur un alliage de fonderie
de la famille de l'EV31A, fournissant déjà des caractéristiques mécaniques élevées
et une résistance à la corrosion améliorée, permettait la réalisation de pièces ayant
en outre une excellente tenue au vieillissement tout en étant en service soumis à
des températures de l'ordre de 200°C. En outre par le forgeage, on réduit sensiblement
le taux d'aléas.
[0013] De préférence et conformément à un mode de réalisation la déformation plastique de
forgeage est effectuée par matriçage en une ou plusieurs étapes.
[0014] Conformément à un autre mode de réalisation, la déformation plastique est effectuée
par filage ou laminage.
[0015] Conformément à une autre caractéristique, le bloc initial vient de moulage et plus
particulièrement bloc moulé est corroyé au préalable avant matriçage.
[0016] Conformément à une autre caractéristique, le forgeage est suivi d'un traitement thermique
avec une étape de mise en solution, une étape de trempe et une étape de revenu à une
température comprise entre 200°C et 250°C.
[0017] On décrit maintenant, un mode de réalisation de l'invention à titre d'exemple non
limitatif, en regard des dessins annexés sur lesquels
la figure 1 montre un bloc d'alliage de fonderie dans sa forme initiale avant forgeage
et dans sa forme après corroyage,
la figure 2 est un exemple d'installation de matriçage.
[0018] On a traité au préalable un bloc en alliage EV31A venu de fonderie. Un lopin, d'élancement
initial (rapport H/D) de l'ordre de 2, a été corroyé une pluralité de fois, pour obtenir
une galette 1 d'élancement H/D = 1/5, rapport pour lequel il est possible de la forger,
sans qu'elle soit contenue latéralement, sans risque de flambage et de création d'imperfections
dans les fibres du métal. Le corroyage est ici obtenu par refoulement ou autre technique.
Un dispositif de refoulement pour le corroyage de lopins métalliques comprend deux
tas plats, pouvant comporter éventuellement un logement d'encastrement. Un lopin est
disposé sur le tas inférieur, les deux tas plats étant pressés l'un contre l'autre,
par une presse, pour assurer le refoulement du lopin, qui prend donc la forme, correspondant
au logement entre les deux tas plats. Plusieurs opérations de refoulement sont généralement
nécessaires pour l'obtention du lopin utilisable en matriçage. Des réchauffes de lopins
sont possibles entre les différentes opérations de refoulement.
[0019] On procède ensuite au matriçage en une ou plusieurs étapes ; par exemple une première
étape de matriçage ébauche permet d'obtenir une première forme approchant la forme
définitive. Ensuite on procède au matriçage de précision sur une presse permettant
d'obtenir la pièce à la forme définitive. On observe que cette forme définitive peut
être le cas échéant usinée pour obtenir la pièce prête à être utilisée. Un exemple
d'installation 3 est représenté sur la figure 2. Les matrices, supérieure 5a, inférieure
5b sont des tas plats permettant l'obtention de la forme à l'étape considérée. L'installation
comprend des moyens de chauffage, en l'occurrence un four électrique ventilé, pour
chauffer la galette à la température conforme au procédé de l'invention. Cette température
est supérieure à 400°C, de préférence elle est comprise entre 420 et 430°C (température
visée = 425°C) pour l'alliage EV31A. On chauffe de la même façon l'ébauche avant l'étape
de matriçage de précision.
[0020] Les outillages de matriçage sont préchauffés et maintenus en température en cours
de procédé de fabrication.
[0021] La vitesse de déformation de la pièce correspondant à la vitesse de déplacement du
coulisseau de la machine de matriçage est inférieure à 40 mm/sec, de préférence comprise
entre 10 et 30 mm/s. la vitesse visée est de 20 mm/s.
[0022] Lorsque la pièce est sortie de l'installation de matriçage, elle est ébavurée (enlèvement
du surplus de matière utile à la fabrication des pièces) et nettoyée.
[0023] Elle subit enfin un traitement thermique de type T6 en fonction des caractéristiques
mécaniques recherchées notamment pour assurer les caractéristiques mécaniques et la
stabilité dimensionnelle jusqu'à 200°C.
[0024] Ce traitement comprend :
une mise en solution pendant 8 heures à 520°C,
une trempe à l'eau + polymère < 40°C ou eau de 60 à 80°C,
[0025] Un revenu à une température comprise entre 200°C et 250°C pendant une durée supérieure
à 16 heures. Cette température est déterminée en fonction de la température de fonctionnement
prévue de la pièce.
[0026] La plage de température de revenu comprise entre 200°C et 225°C est optimisée pour
obtenir de meilleures caractéristiques dans le cas d'un fonctionnement à température
ambiante.
[0027] La plage de température de revenu comprise entre 225°C et 250°C est optimisée pour
obtenir de meilleures caractéristiques dans le cas d'un fonctionnement à température
supérieure à 180°C.
[0028] On a procédé à des essais de manière à pouvoir comparer les propriétés mécaniques
de l'alliage forgé avec un alliage moulé de l'art antérieur AS7G06T1R2 qui est une
référence pour l'aéronautique.
[0029] On a mesuré la résistance à la rupture Rm en Mpa et la limite d'élasticité Rp
0.2.
Sans vieillissement
| Essai à température ambiante |
Rm (MPa) |
Rp0.2 (Mpa) |
| AS7G06T1R2 |
≥ 270 |
≥ 220 |
| EV 31A forgé |
287 |
187.5 |
Après 10 000h de vieillissement à 180°C
| Baisse des caractéristiques |
Rm (MPa) |
Rp0.2 (Mpa) |
| AS7G06T1R2 |
53% |
68% |
| EV 31A forgé |
15% |
<15% |
[0030] Ces tableaux montrent une amélioration significative des caractéristiques mécaniques
de l'alliage forgé de l'invention par rapport à un alliage de magnésium de l'art antérieur
de fonderie, notamment concernant les caractéristiques après 10 000 heures de vieillissement
à 180 °C.
1. Procédé de fabrication d'une pièce en alliage de magnésium comprenant une étape de
forgeage d'un bloc dudit alliage suivie d'un traitement thermique,
caractérisé par le fait que l'alliage est un alliage de fonderie à base de magnésium constitué en poids de :
0,2 à 1,3 % de Zinc,
2 à 4,5 % de Néodyme,
0,2 à 7,0 % de terre rare métallique de poids atomique 62 à 71,
0,2 à 1,0 % de zirconium, le complément à 100 % étant le magnésium, et
l'étape de forgeage comprenant une déformation plastique effectuée par matriçage,
filage ou laminage, à vitesse lente, la vitesse correspondant à la vitesse de déplacement
du coulisseau de forgeage étant inférieure à 40 mm/sec, et
que le forgeage est réalisé à une température supérieure à 400°C.
2. Procédé selon la revendication précédente, dont la dite température est comprise entre
420 et 430 °C.
3. Procédé selon la revendication 1 ou 2 dont la vitesse est comprise entre 10 et 30
mm/sec.
4. Procédé selon l'une des revendications précédentes dont le forgeage est effectué sur
un bloc moulé.
5. Procédé selon la revendication 4 dont le bloc moulé a été préalablement corroyé avant
le forgeage.
6. Procédé selon l'une des revendications précédentes dont le forgeage est suivi d'un
traitement thermique avec une étape de mise en solution, une étape de trempe et une
étape de revenu à une température comprise entre 200°C et 250°C.
7. Procédé selon la revendication 6 dont la température de revenu est comprise entre
200 et 225°C.
8. Procédé selon la revendication 6 dont la température de revenu est comprise entre
225° et 250°C.
9. Procédé selon la revendication 1 dont l'alliage de magnésium comprend : 0,2 à 0,5%
de Zinc, 2,6 à 3,1 % de Néodyme, 1,0 à 1,7 % de Gadolinium, et est saturé en Zirconium.
1. Verfahren zur Herstellung eines Teils aus Magnesiumlegierung, umfassend einen Schritt
des Schmiedens eines Blocks der Legierung, gefolgt von einer thermischen Behandlung,
dadurch gekennzeichnet, dass die Legierung eine Gusslegierung auf der Grundlage von Magnesium ist, bestehend aus:
0,2 bis 1,3 Gew% Zink,
2 bis 4,5 Gew% Neodym,
0,2 bis 7,0 Gew% metallischer Seltenerde mit einem Atomgewicht von 62 bis 71,
0,2 bis 1,0 Gew% Zirkonium, wobei die Ergänzung zu 100 % Magnesium ist, und
wobei der Schritt des Schmiedens eine plastische Verformung umfasst, die durch Gesenkschmieden,
Spinnen oder Laminieren mit niedriger Geschwindigkeit durchgeführt wird, wobei die
Geschwindigkeit, die der Verschiebungsgeschwindigkeit des Schmiedeschiebers entspricht,
geringer als 40 mm/sec ist, und
dass das Schmieden bei einer Temperatur von mehr als 400 °C erfolgt.
2. Verfahren nach dem vorstehenden Anspruch, wobei die Temperatur im Bereich zwischen
420 und 430 °C liegt.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder 2, wobei die Geschwindigkeit im Bereich zwischen 10
und 30 mm/sec liegt.
4. Verfahren nach einem der vorstehenden Ansprüche, wobei das Schmieden auf einem geformten
Block durchgeführt wird.
5. Verfahren nach Anspruch 4, wobei der geformte Block vor dem Schmieden im Voraus zugerichtet
wurde.
6. Verfahren nach einem der vorstehenden Ansprüche, wobei dem Schmieden eine thermische
Behandlung mit einem Schritt des Lösens, einem Schritt des Härtens und einem Schritt
des Rückkehrens auf eine Temperatur im Bereich zwischen 200 °C und 250 °C folgt.
7. Verfahren nach Anspruch 6, wobei die Rückkehrtemperatur im Bereich zwischen 200 und
225 °C liegt.
8. Verfahren nach Anspruch 6, wobei die Rückkehrtemperatur im Bereich zwischen 225° und
250 °C liegt.
9. Verfahren nach Anspruch 1, wobei die Magnesiumlegierung umfasst: 0,2 bis 0,5 % Zink,
2,6 bis 3,1 % Neodym, 1,0 bis 1,7 % Gadolinium und mit Zirkonium gesättigt ist.
1. A process for manufacturing a part made of a magnesium alloy, comprising a step of
forging a block of said alloy followed by a heat treatment,
characterised in that the alloy is a casting alloy based on magnesium consisting of the following by weight:
0.2 to 1.3% zinc;
2 to 4.5% neodymium;
0.2 to 7.0% rare-earth metal with an atomic weight from 62 to 71;
0.2 to 1.0% zirconium, the remainder making up 100% being magnesium and
the forging step comprising a plastic deformation carried out by die forging, extrusion
or rolling, at a slow rate, the rate corresponding to the rate of displacement of
the forging slide being less than 40 mm/s and
in that the forging is carried out at a temperature above 400°C.
2. The process as claimed in the preceding claim, said temperature of which is between
420 and 430°C.
3. The process as claimed in claim 1 or 2, the rate of which is between 10 and 30 mm/s.
4. The process as claimed in one of the preceding claims, the forging of which is carried
out on a cast block.
5. The process as claimed in claim 4, the cast block of which has been pre-wrought prior
to forging.
6. The process as claimed in one of the preceding claims, the forging of which is followed
by a heat treatment with a solution heat treatment step, a quenching step and a tempering
step at a temperature between 200°C and 250°C.
7. The process as claimed in claim 6, the tempering temperature of which is between 200°C
and 225°C.
8. The process as claimed in claim 6, the tempering temperature of which is between 225°C
and 250°C.
9. The process as claimed in claim 1, the magnesium alloy of which comprises: 0.2 to
0.5% zinc, 2.6 to 3.1% neodymium, 1.0 to 1.7% gadolinium and is saturated with zirconium.