DOMAINE DE L'INVENTION
[0001] La présente invention concerne la fabrication de microbilles métalliques, présentant
à la fois une faible taille et une forte densité.
[0002] De telles billes trouvent notamment application dans le domaine du « packaging »
des composants optoélectroniques et/ou microélectroniques.
[0003] Plus précisément, le procédé selon l'invention repose sur l'utilisation d'un alliage,
de nature au moins binaire.
ETAT ANTERIEUR DE LA TECHNIQUE
[0004] Dans le domaine des micro- et nano- technologies, la tendance est à la réduction
de la taille des composants et à l'augmentation de leur densité d'intégration. Cette
tendance doit nécessairement être suivie par les technologies d'interconnexion (films
et adhésifs conducteurs, flip chip (1), ...), pour lesquels les pas sont de plus en
plus fins.
[0005] Un premier exemple concerne le « flip-chip » ou « hybridation par billes » qui est
une technique très intéressante pour hybrider des composants, par exemple sur des
circuits de lecture (Figure 1). Par rapport à d'autres techniques comme le « wire-bonding
» (ou « microcâblage »), elle permet d'obtenir une haute efficacité d'interconnexion
et de faire fonctionner les composants à haute fréquence. En outre, cette technique
collective permet d'obtenir un auto-alignement des composants (Figure 2).
[0006] Le mode de réalisation actuel des billes d'indium est explicité à la Figure 3. La
quantité de matière nécessaire à la formation de la bille d'indium est déposée par
« lift off » ou « dépôt localisé » sur un plot métallique, puis la plaque est portée
à une température suffisante pour refondre l'indium : le métal prend alors sa forme
de bille.
[0007] Ce mode de réalisation fait intervenir une étape technologique délicate, le « lift
off », qui nécessite l'emploi de résines épaisses et une bonne maîtrise de leur profil,
ainsi qu'une étape de refonte pour obtenir la bille d'indium proprement dite. Le diamètre
typique des billes obtenues est de l'ordre de 10 µm, avec un pas de 15 µm, comme illustré
à la figure 1. Avec cette technique, l'obtention de billes plus petites, avec des
densités importantes, devient difficile.
[0008] Pour des pas plus fins et/ou des tailles de billes plus petites, d'autres modes d'obtention,
tels que la photolithographie classique avec gravure plasma de l'indium (avec une
chimie carbonée) ou la croissance électrolytique, sont utilisés. Cependant, ces modes
de réalisation ne sont aujourd'hui pas arrivés à maturité.
[0009] Un second exemple concerne le domaine des films/colles conductrices anisotropes.
Ces colles contiennent des particules qui, écrasées par thermocompression, vont provoquer
une conduction verticale. Dans ce domaine, il faut également mettre en oeuvre des
films de plus en plus fins, avec des connectiques de plus en plus denses. Actuellement,
les films conducteurs anisotropes (ACF pour « Anisotrope Conductive Films »), qui
possèdent les particules conductrices les plus petites, sont des produits avec des
particules de diamètre 3 µm.
[0010] Le problème technique que se propose de résoudre la présente invention est donc de
fournir un procédé permettant la fabrication de microbilles métalliques ayant les
caractéristiques structurales souhaitées, en particulier présentant une taille inférieure,
et une densité par unité de surface importante.
[0011] Un autre objectif avantageusement poursuivi par la présente invention est d'offrir
un procédé permettant de s'affranchir des étapes de photolithographie mises en oeuvre
dans l'art antérieur.
EXPOSE DE L'INVENTION
[0012] Ainsi l'invention concerne un procédé de fabrication de billes constituées d'au moins
un matériau conducteur électrique, à partir d'un alliage composé d'au moins ce premier
matériau et au moins un second matériau.
[0013] Pour une meilleure compréhension et dans la suite de la description, le premier matériau,
conducteur électrique, est noté (A), le second matériau (B) et l'alliage (AB). Le
terme d'alliage est approprié dans la mesure où le matériau mixte AB comprend au moins
un métal.
[0014] Plus précisément, un tel procédé comprend les étapes suivantes :
- le dépôt, sur un support, de l'alliage (AB) comprenant au moins le premier
- (A) et le second matériau (B) ;
- l'exposition de cet alliage (AB) à une gravure plasma, de manière à entraîner la désorption
des éléments, à l'exception d'au moins le matériau conducteur électrique (A).
[0015] Plus précisément, on entend par « éléments » les matériaux de l'alliage n'entrant
pas dans la composition des billes, en l'occurrence le second matériau (B). Au contraire,
le matériau conducteur électrique (A) constitutif des billes ne doit pas subir la
désorption.
[0016] A l'issue de ce procédé, il y a formation sur le substrat de billes composées des
matériaux de l'alliage n'ayant pas subi de désorption, en l'occurrence du matériau
conducteur électrique (A).
[0017] Dans un mode de réalisation privilégié, l'alliage est un matériau binaire constitué
de A et B exclusivement. Avantageusement, les matériaux associés sont choisis parmi
les éléments des colonnes II et VI ou des colonnes III et V, telles que définies dans
la classification périodique.
[0018] Comme déjà dit le premier matériau présente la propriété d'être conducteur électrique.
Il s'agit donc d'un métal, voire d'un métalloïde.
[0019] Avantageusement, le matériau conducteur électrique est de l'indium (In) ou du gallium
(Ga) qui sont classés dans la colonne III du tableau périodique.
[0020] Ainsi, des matériaux binaires privilégiés sont InP ou GaAs, dans lesquels le phosphore
(P) et l'arsenic (As), appartenant à la colonne V du tableau périodique, sont associés
au métal In et Ga, et permettent la formation de billes d'indium et de gallium, respectivement.
[0021] Un autre exemple de matériau binaire privilégié est du cadmium (Cd ; colonne II du
tableau périodique) associé à du tellure (Te ; colonne VI du tableau périodique).
[0022] Alternativement, l'alliage peut être de nature ternaire ou quaternaire, comprenant
un ou plusieurs matériaux conducteurs électriques. Ainsi, un matériau InAsP permettra
la formation de billes d'indium, alors qu'un matériau quaternaire de type InGaAsP
donnera lieu a des billes composées soit d'un seul de ces deux métaux (In ou Ga),
soit d'un alliage d'indium et de gallium.
[0023] Selon l'invention, le matériau conducteur électrique (A), destiné à constituer la
bille, n'est donc pas déposé sous sa forme simple comme dans l'art antérieur, mais
sous forme d'un matériau au moins binaire (AB).
[0024] Cet alliage (AB) peut par exemple être déposé par la méthode de dépôt chimique en
phase vapeur (CVD pour «
Chemical Vapor Deposition »), avantageusement à basse température (entre 100 et 250°C) comme rapporté dans
le document
US 5,346,852.
[0025] Dans ce cas de figure, l'alliage se présente sous la forme d'une couche pleine plaque.
[0026] Avantageusement, l'alliage déposé peut être mis en forme par lithographie puis gravure,
avant la gravure plasma. La lithographie est avantageusement mise en oeuvre à l'aide
d'une résine fine et la gravure est de type chimique ou sèche. Cette variante permet
de mieux contrôler d'éventuelles fluctuations en taille des billes formées, dans la
mesure où la quantité de matière formant la bille est prédéfinie.
[0027] Dans le cadre de la réalisation de films conducteurs anisotropes (ACF), des plots
métalliques de connexion sont disposés sur le support, avant de réaliser le dépôt
de l'alliage. Avantageusement, ces plots sont espacés et recouverts par le dépôt.
A l'issue de la seconde étape qui va être détaillée ci-dessous, des billes métalliques
sont donc formées à la surface de ces plots métalliques, assurant la connexion avec
les plots métalliques qui viendront en regard.
[0028] Dans le cadre de la réalisation de champ de microbilles métalliques (« flip chip
»), des plots métalliques sont également disposés sur le support, avec un espacement
de l'ordre de 100 nm à quelques micromètres. Ces plots sont voués à être recouverts
par le dépôt et sont configurés pour ne permettre la formation que d'une microbille
par plot. Ceci dépend notamment de la surface du plot, de la quantité d'alliage déposé.
[0029] Dans une étape ultérieure, l'alliage est gravé par plasma. La gravure par plasma
a pour but d'enlever de la matière à l'alliage. Les conditions de cette étape sont
fixées de manière à obtenir :
- une désorption sélective de tous les éléments à l'exception des éléments souhaités
dans la composition de la bille, notamment le matériau conducteur électrique (A) ;
- la formation de billes à l'aide du matériau conducteur électrique (A) présentant les
caractéristiques souhaitées, notamment de taille, grâce à sa réorganisation sous forme
sphérique à la surface.
L'étape de gravure plasma est avantageusement réalisée sous un vide de l'ordre de
2 à 50 mTorr, avantageusement de l'ordre de 10 mTorr.
[0030] La chimie de cette étape, notamment les conditions de température et de pression,
ainsi que la nature des gaz constituant le plasma, sont déterminées en fonction des
éléments en présence dans l'alliage, notamment de A et B. Le principe est que l'élément
B placé dans ces conditions doit désorber plus facilement que les autres éléments
(en particulier A) qui constitueront les billes.
[0031] En d'autres termes, le produit de réaction entre le(s) gaz et le deuxième matériau
doit être plus volatil que le matériau conducteur électrique et même que le produit
de réaction entre ce premier matériau et le(s) gaz formant le plasma.
[0032] A titre d'exemple, l'alliage InP, en présence des gaz C
2H
4 et H
2, forme de la phosphine (PH
3) très volatile. Dans des conditions similaires, le matériau GaAs mène à de l'arsine
(AsH
3), elle aussi très volatile.
[0033] En faisant varier les paramètres du procédé selon l'invention, il est donc possible,
à l'issue dudit procédé, d'obtenir des billes métalliques dans une gamme de taille
très large, allant d'environ 10 micromètres à quelques dizaines de nanomètres. De
manière notable par rapport à l'art antérieur (densité de l'ordre de 10
6 billes/cm
2), il est donc possible d'obtenir des billes de diamètre inférieur à 10 micromètres,
voire inférieur à 3 micromètres, et présentant une densité importante, supérieure
ou égale à 10
7 billes/cm
2. Ainsi, les exemples de réalisation présentés ci-dessous montrent qu'il est possible
d'obtenir, avec des billes plus petites, une densité supérieure ou égale à 10
8 billes/cm
2.
[0034] En conclusion, la solution technique proposée dans le cadre de la présente demande
offre plusieurs avantages :
- la possibilité de former des billes métalliques de taille micrométrique, voire nanométrique,
à la surface d'un substrat en s'affranchissant de toute lithographie ;
- la possibilité de former des billes métalliques en densité élevée à la surface d'un
substrat. Les billes sont bien séparées spatialement en X et Y dans le plan des couches,
et permettent une conduction uniquement en Z soit perpendiculairement au plan des
couches.
- la température maximale à laquelle doit être porté le substrat pour obtenir des billes
métalliques peut être plus basse qu'avec une technique de fusion de matériau « massif
». En effet, la température de fusion des particules métalliques diminue avec la taille
de ces particules. Lors de la gravure du matériau AB, il est possible que se forment,
à l'échelle nanométrique, des particules A, qui fondent à température plus basse que
la température de fusion de A massif, puis coalescent entre elles pour former de plus
grosses particules allant jusqu'à des tailles micrométriques. Ainsi, pour les billes
d'indium, il a été observé que les indicateurs de température n'ont pas relevé de
températures supérieures à 130°C, alors que la température de fusion de l'indium est
de 157°C.
Comme déjà dit, la présente invention trouve de nombreuses applications d'intérêt
:
- l'obtention d'ACA (« Anisotropic Conductive Adhesives ») ou d'ACF (« Anisotropic Conductive
Films ») présentant un pas très fin ;
- l'hybridation par billes d'indium ;
- la réalisation de catalyseurs métalliques pour croissances de nanofils ;
- la réalisation de nanoparticules métalliques pour le domaine de la plasmonique.
BREVE DESCRIPTION DES FIGURES
[0035] La manière dont l'invention peut être réalisée et les avantages qui en découlent
ressortiront mieux des exemples de réalisation qui suivent, données à titre indicatif
et non limitatif, à l'appui des figures annexées parmi lesquelles :
La figure 1 est une image par microscopie électronique à balayage montrant des billes
d'indium pour le « flip-chip ».
La figure 2 est un schéma illustrant l'auto-alignement que permet la technique de
« flip-chip » par billes d'indium, grâce à des étapes d'alignement visuel (A), de
placement et de chauffage (B), suivis d'un auto-alignement (C).
La figure 3 schématise le mode de réalisation des billes d'indium selon l'art antérieur
: (A) réception du circuit de lecture ; (B) métallurgie sous cordon de soudure ; (C)
photolithographie définissant le volume d'indium ; (D) dépôt d'indium ; (E) dépôt
localisé de résine photosensible ; (F) refonte d'indium.
La figure 4 schématise le mode de réalisation des billes d'indium selon l'invention
comprenant une étape de dépôt du matériau AB (A) puis une étape de désorption de B
parallèlement avec la formation de billes de A (B).
La figure 5 illustre des vues de dessus (A) ou de profil (B) prises par microscopie
électronique à balayage, montrant l'obtention de billes à la surface d'un substrat
d'InP, après gravure plasma ; la zone sans bille correspond au masque de gravure (nitrure).
La figure 6 correspond à des images en microscopie électronique à balayage qui montrent
qu'en faisant varier les conditions de plasma, des billes de taille moyenne variable
peuvent être obtenues (A : 0,2 µm; B : 1,8 µm; C : 3,2 µm; D : 6,5 µm).
La figure 7 correspond à une image obtenue en microscopie électronique à balayage
de billes d'In d'environ 300 nm de diamètre obtenues par le procédé de l'invention
à partir d'une couche de 3 µm d'InP collés sur du silicium via une couche de silice.
La figure 8 illustre les différentes étapes du procédé selon l'invention mis en oeuvre
pour l'interconnexion de circuits avec un pas de billes très fin :
■ (A) définition des plots métalliques de connexion ;
■ (B) dépôt par CVD du matériau binaire AB ;
■ (C) gravure plasma avec un gaz favorisant la désorption de l'élément B ;
■ (D) mise en regard de l'élément à connecter et exercice d'une pression ;
■ (E) connexion réalisée.
La figure 9 illustre les différentes étapes du procédé selon l'invention mis en oeuvre
pour obtenir des microbilles d'élément A à partir du binaire B :
■ (A) définition des plots métalliques qui recevront les billes métalliques ;
■ (B) dépôt par CVD du matériau binaire AB ;
■ (C) gravure plasma avec un gaz favorisant la désorption de l'élément B.
La figure 10 illustre une première variante du procédé de la figure 9, dans laquelle
il n'y a pas besoin de plots métalliques pour assurer la conduction verticale.
La figure 11 illustre une seconde variante du procédé de la figure 9, permettant un
meilleur contrôle de la fluctuation en taille des billes, dans laquelle une étape
de lithographie avec dépôt de résine fine et une gravure chimique ou sèche sont mises
en oeuvre (A) avant la gravure plasma (B).
MODES DE REALISATION DE L'INVENTION
[0036] Le principe du procédé selon l'invention est illustré à la figure 4. Le mode de réalisation
des billes d'indium décrit dans la présente demande implique deux étapes :
- une étape de dépôt de l'alliage AB (Fig. 4A) ;
- puis une étape de désorption de l'élément B et, en parallèle, la formation de billes
d'élément A (Fig. 4B).
Cette solution est illustrée concrètement sur l'image de microscopie électronique
à balayage de la figure 5. Cette image a été réalisée dans le cadre de l'obtention
de billes d'indium (In), qui joue ici le rôle de l'élément A.
[0037] Des substrats InP (qui joue ici le rôle du binaire AB), d'épaisseur quasi infinie
de l'ordre de 350 µm, ont été soumis à une étape de gravure plasma en présence d'un
mélange gazeux C
2H
4/H
2, dans un bâti de gravure ICP (« Inducely Coupled Plasma »). Les débits de gaz sont
de l'ordre de 10 sccm pour l'éthylène, de 30 sccm pour l'hydrogène, la pression dans
l'enceinte de gravure est de 10 mTorr, et les puissances RF et LF de 200W et 600W,
respectivement.
[0038] L'hydrogène, qui est le gaz prépondérant dans l'enceinte, réagit préférentiellement
avec le phosphore P pour former de la phosphine PH
3, très volatile : la désorption du phosphore est donc volontairement privilégiée,
et ce à basse pression et basse température. L'indium restant se réorganise sous forme
de nanobilles (2), dont la température de fusion est plus faible que la température
de fusion de l'indium massif (157°C). Ces nanobilles coalescent pour former des billes
de taille plus importante (figure 5).
[0039] Il est donc possible, à l'aide de cette technique, d'obtenir des billes d'indium
à la surface d'un substrat sans utiliser de technique de photolithographie. Par ailleurs,
on peut observer sur la figure 5 qu'il est possible d'obtenir des tailles de billes
relativement petites, allant de 3 µm jusqu'à quelques dizaines de nm.
[0040] La figure 6 illustre le fait qu'il est possible de modifier la taille moyenne de
ces billes d'indium, en jouant sur les conditions du plasma. Des substrats d'InP ont
été exposés, pendant une durée de 15 minutes, à des plasmas C
2H
4/H
2 (10 sccm/30 sccm) sous une pression de 10 mTorr dans un bâti ICP. En faisant varier
uniquement les puissances RF et LF, des tailles de billes comprises entre 0,2 et 6,5
µm ont été obtenues.
[0041] A la figure 7 est présenté le résultat de la gravure plasma d'une couche d'InP d'épaisseur
finie de 3 µm, collée sur du silicium via une couche de silice :
l'homogénéité en taille de billes est meilleure par rapport aux gravures présentées
précédemment, avec des diamètres de billes, pour les conditions de plasma utilisées,
allant de 200 à 500 nm environ. La densité de billes est de l'ordre de 108/cm2.
[0042] Comme déjà dit, une première application des billes obtenues à l'issue du procédé
a trait à la réalisation de films conducteurs anisotropes (ACF pour « Anisotrop Conductive
Films »). Un mode de réalisation adapté pour cette application est schématisé à la
figure 8 et permet l'interconnexion de circuits avec un pas de billes très fin.
[0043] Cette figure illustre les étapes en amont et en aval du procédé selon l'invention
:
- définition des plots métalliques de connexion (fig. 8A) ;
- dépôt par CVD du matériau binaire AB (fig. 8B) ;
- gravure plasma avec un gaz favorisant la désorption de l'élément B (fig.8 C) ;
- mise en regard de l'élément à connecter et exercice d'une pression (fig. 8D) aboutissant
à la connexion (fig. 8E).
Un second domaine d'application est la réalisation de champ de microbilles métalliques
(« flip chip ») régulièrement espacées, mais avec un pas plus fin qu'avec la technique
de « lift off » actuellement utilisée et telle qu'illustrée à la Figure 1.
[0044] Dans ce cadre, un mode de réalisation possible, reposant sur le procédé selon l'invention,
est décrit à la figure 9. Outre les deux étapes caractéristiques du procédé selon
l'invention, une étape antérieure consiste à définir des plots métalliques destinés
à recevoir des billes métalliques. Ces plots sont avantageusement espacés de quelques
centaines de nm à quelques micromètres. De par la taille de ces plots, une seule bille
est formée par plot à l'issue du procédé.
[0045] Une variante de ce mode de réalisation, proposée à la figure 10, consiste à s'affranchir
des plots métalliques pour la conduction verticale. Selon le concept même du procédé
de l'invention, les billes peuvent se former n'importe où sur le substrat, ce qui
aboutit à une forte densité.
[0046] Afin de mieux maîtriser l'homogénéité en taille des billes, et pour une certaine
gamme de diamètres de billes supérieure à 1 micromètre, il est possible de mettre
en oeuvre une autre variante présentée à la figure 11. Celle-ci consiste à réaliser
une étape de lithographie + gravure du matériau AB, avant la gravure plasma qui formera
les billes. Toutefois, cette variante a l'inconvénient d'être plus lourde en termes
de technologies mises en oeuvre.
REFERENCES
[0047]
- (1) Kristiansen Helge et Liu Johan, « Overview of conductive Adhesive Interconnection
Technologies for LCD's », IEE transactions on components, packaging, and manufacturing
technology, part A, Vol. 21, N° 2, June 1998, pp 208-214.
- (2) Coombes C.J., « The melting of small particles of lead and indium », J. Phys. F: Metal
Phys., Vol. 2, May 1972, pp 441-449.
1. Procédé de fabrication de billes composées d'au moins un matériau conducteur électrique
comprenant les étapes suivantes :
- dépôt, sur un support, d'un alliage comprenant au moins le matériau conducteur électrique
et un second matériau ;
- exposition de l'alliage à une gravure plasma, de manière à entraîner la désorption
des matériaux de l'alliage n'entrant pas dans la composition des billes, à savoir
au moins le second matériau mais pas le matériau conducteur électrique ;
- formation de billes composées d'au moins ledit matériau conducteur électrique.
2. Procédé de fabrication de billes selon la revendication 1, caractérisé en ce que le premier matériau conducteur électrique et le second matériau sont choisis parmi
les éléments des colonnes II et VI ou des colonnes III et V selon la classification
périodique, respectivement.
3. Procédé de fabrication de billes selon la revendication 2, caractérisé en ce que le premier matériau conducteur électrique est de l'indium (In), du gallium (Ga) ou
du cadmium (Cd), et le second matériau est du phosphore (P), de l'arsenic (As), ou
du tellure (Te).
4. Procédé de fabrication de billes selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'alliage est ternaire ou quaternaire, comprenant un ou plusieurs matériaux conducteurs
électriques.
5. Procédé de fabrication de billes selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le dépôt de l'alliage sur le support est réalisé par dépôt chimique en phase vapeur
(CVD).
6. Procédé de fabrication de billes selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'alliage déposé sur le support est mis en forme par lithographie et gravure, avant
exposition à la gravure plasma.
7. Procédé de fabrication de billes selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'étape de gravure plasma est réalisée sous un vide de l'ordre de 2 à 50 mTorr, avantageusement
de l'ordre de 10 mTorr.
8. Procédé de fabrication de billes selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que les gaz formant le plasma dans l'étape de gravure plasma sont l'éthylène (C2H4) et l'hydrogène (H2).
9. Billes métalliques obtenues à l'aide du procédé selon l'une des revendications 1 à
8 présentant un diamètre inférieur à 10 micromètres, avantageusement inférieur à 3
micromètres.