[0001] La présente invention concerne une nouvelle couche ultra-mince hydrophobe et oléophobe
formée par auto-assemblage sur une surface de substrat solide de composés à pied catéchol,
un procédé pour préparer cette couche ultra-mince et l'utilisation de celle-ci comme
épilame.
[0002] Le bon fonctionnement d'un mouvement horloger dépend entre autre de sa lubrification.
La durabilité du lubrifiant dépend notamment de son maintien dans la zone de fonctionnement
: tout horloger a cependant constaté qu'une goutte de lubrifiant s'étale rapidement
sur une pièce propre. Le dépôt d'une couche d'épilame, généralement sous la forme
d'une couche moléculaire invisible hydrophobe et oléophobe, permet d'éviter l'étalement
du lubrifiant et de ses composants.
[0003] L'étalement d'un liquide dépend des forces d'interaction entre le liquide, la surface
et l'air environnant (Cf.
J.C. Berg, "Wettability", Marcel Dekker, New York, 1993 et
A.W. Adamson, "Physical Chemistry of Surfaces", Wiley). Le paramètre qui caractérise les forces d'interaction entre un liquide et l'air
est la tension superficielle, γ
LV. On définit de façon similaire une énergie de surface γ
SV entre un solide et l'air environnant et un paramètre γ
LS entre le solide et le liquide. Pour une goutte de liquide à l'équilibre sur une surface,
l'équation de Young stipule que γ
SV - γ
LS - γ
LV·cosθ, où θ est l'angle de contact de la goutte de liquide par rapport à la surface.
L'équation de Young montre également que si la tension superficielle du liquide est
plus faible que l'énergie de surface, l'angle de contact est nul et le liquide mouille
la surface. C'est ce qui se passe pour un lubrifiant déposé sur une surface métallique
propre : en effet, un lubrifiant a une tension superficielle de 35-40 mN/m, alors
qu'une surface métallique courante a une énergie de surface plus élevée.
[0005] L'énergie de surface est souvent déterminée par la dernière couche atomique ou moléculaire.
La nature chimique du solide a peu d'importance par rapport à l'état de sa surface
et à la contamination qui la recouvre. Sur une surface métallique propre et exempte
de contamination organique, l'angle de contact d'avance avec une goutte d'eau est
inférieur à 10°. Avec une molécule formant des couches monomoléculaires auto-assemblées
(SAM : Self-Assembled Monolayers) montrant un groupe fonctionnel -OH (p.ex. HOC
11H
22SH), cet angle de contact est d'environ 30°, alors qu'il est d'environ 110° pour un
groupe fonctionnel -CH
3 (p.ex. C
12H
25SH) et d'environ 118° pour un groupe fonctionnel -CF
3 (p.ex. C
10F
17H
4SH).
[0006] Les techniques de fabrication utilisées en horlogerie laissaient jusque dans les
années 1930 un état de surface minimisant l'étalement des lubrifiants par la présence
d'un film abaissant l'énergie de surface (
M. Osowiecki, 1957, "Un nouvel épilame résistant aux lavages", Bulletin SSC III, page
735). Ce film disparut avec les perfectionnements apportés aux techniques de lavage,
provoquant un étalement plus ou moins rapide des lubrifiants. En 1930, P. Woog de
la Compagnie Française de Raffinage développa un produit anti-migration à base d'acide
stéarique qu'il nomma "épilame". Celui-ci fut utilisé dans différentes branches de
l'industrie jusqu'à la fin des années 60. Le nom est resté et désigne en horlogerie
tout produit servant à garantir la tenue des lubrifiants sur une surface.
[0007] Le dépôt d'un composé sur une surface fonctionnelle afin d'abaisser l'énergie de
surface et de contrôler la mouillabilité et l'adhérence est un procédé assez répandu.
Cependant, son application comme film barrière ou antimigration est limité à l'horlogerie
(
M. Massin, "Epilames et lubrifiants associés à haute stabilité : propriétés, technologie
d'application et résultats en horlogerie", Actes du congrès de Chronométrie Franco-Allemand,
page 85, 1970, et "
Conception de la lubrification en micromécanique : réalisations nouvelles par préparation
des surfaces associées à des fluides silicones", Actes du congrès des Sociétés Allemande
et Française de Chronométrie, page 95, 1971), à l'industrie spatiale (
M. Marchetti, "Aspects globaux et locaux de la mise en oeuvre de la lubrication fluide
en ambiance spatiale", Thèse de Doctorat INSA, Lyon, 2000) et à l'électronique. Les deux premiers domaines ont comme point commun la difficulté
de remplacer un lubrifiant usagé ou épuisé.
[0008] Des produits à base d'acide stéarique dilué dans du toluène furent utilisés en horlogerie
jusque dans les années 1970 (
M.Osowiecki, référence ci-dessus et P. Ducommun, 1956, "Les huiles d'horlogerie synthétiques",
J. Suisse Horl. Bij. 9-10, 117). Des recherches entreprises à la fin des années 60 débouchèrent sur deux développements
importants. D'une part, un produit à base de silicone fut développé (P. Massin, références
ci-dessus) mais ne connût qu'un succès limité. D'autre part, des produits à base de
polymères fluorés furent introduits dans le courant des années 70 et sont encore utilisés
aujourd'hui. La demande
DD 238 812 A1 décrit des couches ultra-minces impliquant la mise en oeuvre de silanes et de perfluoroalcanes.
[0009] Actuellement, la grande majorité des épilames disponibles sur le marché, comme le
Fixodrop FK-BS de Moebius, ou la ligne des produits Fluorad (FC-722 et autres) de
3M, consistent en un polymère fluoré dissous dans un solvant perfluoré.
[0010] Le dépôt du composé sur le substrat s'effectue par trempage de celui-ci dans une
solution de solvant perfluoré chargée en polymère. Le solvant utilisé est généralement
du tétradécafluorohexane (C
6F
14) qui est, une fois volatilisé, un gaz à effet de serre puisqu'il reste stable 3200
ans dans l'air et a un potentiel à effet de serre de 7400 equ. CO
2.
[0011] L'invention a pour but de proposer des composés utilisables comme épilame pouvant
être fixés à une surface de substrat solide sans utilisation de solvants fluorés toxiques
pour l'environnement.
[0012] Ces buts sont atteints par l'invention telle que définie dans le jeu de revendications
ci-joint.
[0013] L'invention propose en effet une nouvelle couche ultra-mince hydrophobe et oléophobe
formée par auto-assemblage sur une surface de substrat solide de composés à pied catéchol,
et un procédé pour préparer cette couche ultra-mince qui utilise un solvant non fluoré
respectueux de l'environnement, par exemple un mélange d'eau et de 2-propanol. Grâce
au pied catéchol des composés utilisés, cette couche ultra-mince est solidement fixée
à la surface du substrat solide. Cette couche ultra-mince présente des propriétés
satisfaisantes pour une utilisation comme épilame, en particulier un angle de contact
d'avance avec l'eau et un étalement d'une goutte d'huile, tout à fait comparables
à celles de la couche obtenue à partir du produit commercial de référence Fixodrop
FK-BS.
[0014] L'invention apporte ainsi une contribution importante à la préparation écologique
d'épilames.
[0015] Les composés à pied catéchol ont pour formule générale
A-B
dans laquelle
A représente un groupe de formule

dans laquelle
Z représente C ou N+,
X représente C-H ou C-L, L étant un groupe électroattracteur choisi parmi F, Cl, Br,
I, CF3, NO2 et N(CH3)3+,
Y représente H ou CH3, ou Y forme avec X un hétérocycle de 5 ou 6 atomes,
T représente NH, NH-CO, NH-CO-NH ou NH2+U-, U- étant un anion soluble choisi parmi F-, Cl-, Br-, I, OH-, NO3-, HSO4-, SO42-, CO32-, HCO3- ou SCN-, et
B représente un groupe alkyl linéaire aliphatique C1-C20 substitué partiellement ou complètement par F.
[0016] Le groupe A sert notamment à permettre la fixation des composés à la surface du substrat
solide grâce au groupe catéchol et la solubilisation de la molécule amphiphile A-B
dans la solution de trempage.
[0017] Le groupe B confère à la couche ultra-mince ses propriétés hydrophobes et oléophobes.
[0018] De préférence le groupe B est un groupe alkyl linéaire aliphatique perfluoré dans
sa partie terminale, par exemple de formule
(CH
2)
n-(CF
2)
mCF
3
dans laquelle n est de 1 à 5, en particulier de 1 à 3, et m est de 4 à 11, en particulier
de 5 à 9.
[0020] Un composé particulièrement apprécié est le N-(3,4-dihydroxyphénéthyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadécafluoroundécanamide

(SuSoS2).
[0021] Les composés de formules A-B peuvent être obtenus à partir de composés connus en
utilisant des techniques et des réactions bien connues du chimiste organicien. Par
exemple le N-(3,4-dihydroxyphénéthyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadécafluoroundécanamide
peut être obtenu en faisant réagir du 2H,2H,3H,3H-perfluoro-undécanoïque-acide-N-succinimidyl
ester et du 3-hydroxy-tyrosine acide chlorhydrique en solution dans le DMF en présence
de N-méthylmorpholine.
[0022] Le 3-(4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadecafluoroundécanamido)-6,7-dihydroxy-1,1-diméthyl-1,2,3,4-tétrahydroquinolinium

(SuSoS 3)
peut être préparé à partir de ANACAT et de 2H,2H,3H,3H-perfluoro-undécanoïque-acide-N-succinimidyl
selon des procédés analogues à ceux décrits par
Y.Bethuel. K. Gademann, J. Org. Chem 2005, 70, 6258.;
Zürcher, S.; Wâckerlin, D.; Bethuel, Y.; Malisova, B.; Textor, M.; Tosatti, S.; Gademann,
K. Journal of the American Chemical Society 2006, 128, 1064-1065.
[0023] Le 1-(2-(4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadecafluoroundecanamido)éthyl)-3,4-dihydroxypyridinium

(SuSoS4)
peut également être préparé par des procédés analogues à ceux mentionnés ci-dessus,
à partir de 1-(2-aminoéthyl)-3,4-dihydroxypyridinium et de 2H,2H,3H,3H-perfluoro-undécanoïque-acide-N-succinimidyl.
[0024] Le N-(3,4-dihydroxyphenethyl)-3,3,4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,10-heptadecafluorodécan-1-aminium

(SuSoS5) peut également être préparé par des procédés analogues à ceux mentionnés
ci-dessus, à partir de 3-hydroxy-tyrosine acide chlorhydrique et 1,1,1,2,2,3,3,4,4,5,5,6,6,7,7,8,8-heptadécafluoro-10-iododécane.
[0025] Le N-(4,5-dihydroxy-2-nitrophénéthyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadécafluoroundecanamide

(SuSoS6) peut également être préparé par des procédés analogues à ceux mentionnés
ci-dessus, à partir de 4-(2-aminoéthyl)-5-nitrobenzène-1,2-diol et 2H,2H,3H,3H-perfluoro-undécanoïque-acide-N-succinimidyl.
[0026] Le substrat solide sur la surface duquel se fait l'auto-assemblage peut être n'importe
quel substrat solide impliqué dans le fonctionnement d'un mouvement mécanique, en
particulier constitué d'une matière choisie parmi l'or, l'argent, l'acier, notamment
l'acier 20AP, l'aluminium, le laiton, le bronze, le cuprobéryllium, le dioxyde de
titane, le rubis, le saphir, le silicium, le nickel et le nickel-phosphore, ainsi
que d'autres surfaces métalliques, tels que le fer, le chrome, le tantale, l'yttrium,
le silicium, le germanium, le cuivre, le platine , et d'oxydes métalliques ou céramiques,
tels la zircone et la niobie (oxyde de niobium), cette liste n'étant pas limitative.
Comme substrat, on peut utiliser aussi des polymères tels que les polyéthylènes, les
polystyrols, les polyamides, les polydiméthylsiloxanes, les chlorures de polyvinyle,
les résines époxy, cette liste n'étant pas là aussi limitative. Le substrat peut aussi
être un substrat en une de ces matières ou une autre dont la surface a été recouverte
ou revêtue, par exemple par un dépôt galvanique d'or, d'or-cuivre-cadmium et d'or,
de nickel, de rhodium, d'étain-nickel, ou traitée par anodisation, comme dans le cas
des pièces en alliage d'aluminium ou de titane, ou modifiée par un traitement de surface
comme l'oxydation, la carburation ou la nitruration.
[0027] L'épaisseur de la couche ultra-mince mesurée en ellipsométrie est de 0,5 à 10 nm,
valeur supérieure qu'on reteindra pour la définition de ultra-mince, de préférence
de 1 à 4 nm.
[0028] Pour être efficace comme épilame, c'est à dire empêcher de façon satisfaisante l'étalement
d'huile, l'angle de contact d'avance avec l'eau doit être généralement d'au moins
100°.
[0029] De préférence la couche ultra-mince de formule A-B reste fonctionnelle comme épilame
après deux lavages horlogers.
[0030] L'invention concerne aussi une pièce d'horlogerie caractérisée en ce qu'elle comprend
une couche ultra-mince telle que définie ci-dessus.
[0031] L'invention concerne aussi un procédé de préparation de la couche ultra-mince définie
ci-dessus, caractérisé en ce qu'il comprend l'immersion du substrat dans une solution
du composé de formule A-B, par exemple dans de l'eau, ou un mélange d'eau et de solvant
protique tel que, par exemple, le 2-propanol. Ce procédé n'utilise pas de solvant
fluoré et est donc respectueux de l'environnement.
[0032] L'invention sera mieux comprise à l'aide des exemples ci-après qui ont un caractère
illustratif et non limitatif.
Exemple 1 Synthèse de N-(3,4-dihydroxyphénéthyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadécafluoroundécanamide
(SuSoS2)
Synthèse de 2H,2H,3H,3H-perfluoro-undécanoïque-acide-N-succinimidyl ester
[0033] De l'acide 2H, 2H, 3H, 3H-perfluoro-undécanoïque (1,354 g, 2,75 mmol), du N-hydroxysuccimide
(348 mg, 3,02 mmol), du dicyclohexylcarbodiimide (622 mg, 3,02 mmol) ont été dissous
dans de l'éthylacétate (120 ml) et mélangés pendant 18 heures à température ambiante.
On a filtré le précipité blanc formé (dicyclohexylurée DCU) et évaporé la solution
restante à sec. On a recristallisé deux fois le résidu à partir d'éthyl acétate. Rendement
1,00 g (62%) contenant des traces de DCU.
[0034] 1H RMN (CDCl
3, 300 MHz, ppm) : 3,0 (m, 2H CH
2), 2,88 (s, 4H CH
2 NHS), 2, 6 (m, 2H CH
2).
Synthèse de N-(3,4-dihydroxyphénéthyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadécafluoroundécanamide
[0035] Du 3-hydroxy-tyrosine acide chlorhydrique (257,5 mg, 1,35 mmol) et de la N-méthylmorpholine
(241 µl) ont été dissous dans du DMF (8ml). On a ajouté le perfluoro-NHS-ester (800
mg) et agité le mélange sous atmosphère d'azote pendant une nuit. On a ajouté de l'eau
(40 ml), filtré le précipité formé et lavé avec de l'eau. On a dissout le solide dans
de l'éthylacétate et séché la phase organique avec du sulfate de magnésium. On a évaporé
le solvant et recristallisé le résidu à partir du chloroforme (30ml, 4°C). Rendement
752 mg (88%).
Poids moléculaire : 627,29
% pondéral : C 36,38 ; H 2,25 ; F 51,49 ; N 2,23 ; O 7,65 sans H : C 47,5 ; F 42,5
; N 2,5 ; O 7,5
[0036] 1H RMN (CDCl
3, 300 MHz, ppm) : 8,7 (s large, 2H OH), 8,08 (t, 1H NH), 6.7-6.4 (m, 3H dopamine),
3,2 (q, 2H CH
2), 2,7-2,3 (m, 6H CH
2).
correspondant au N-(3,4-dihydroxyphénéthyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadécafluoroundécanamide

Exemple 2 Préparation de solutions de trempage et immersion de différents substrats dans celles-ci
Préparation de la solution de trempage de SuSoS2
[0037] On a dissout 33 mg de SuSoS2 (0,052 mmol) dans 35 ml de 2-propanol dans une fiole
de 100 ml graduée et secoué jusqu'à dissolution complète. On a ajouté de l'eau ultrapure
jusqu'à la marque et secoué vigoureusement, ce qui a fait augmenter la température
de la solution. Après retour de la solution à température ambiante, on a ajouté quelques
gouttes d'eau pour ajuster le volume à 100 ml. On a soumis la solution aux ultrasons
pendant 10 secondes pour la dégazer et permettre un mélange complet de l'eau et du
2-propanol.
Immersion des substrats d'or, d'acier poli, d'aluminium d'oxyde de titane et de rubis
dans les solutions de trempage
[0038] Les échantillons d'or, d'acier poli, d'aluminium, d'oxyde de titane et de rubis ont
été nettoyés dans une chambre UV/ozone pendant 30 minutes et immergés pendant une
nuit dans la solution de SuSoS2. Les échantillons ont été ensuite immergés dans du
2-propanol pendant 10 secondes , rincés avec du 2-propanol et séchés avec un flux
d'azote. Dans le cas de l'acier, les surfaces ont été légèrement polies avec une lingette
imbibée de 2-propanol, rincées avec du 2-propanol supplémentaire et séchées avec un
flux d'azote.
Exemple 3 Analyse des couches ultra-minces formées par auto-assemblage sur différents substrats
[0039] Les monocouches formées par auto-assemblage sur les différents substrats ont été
analysées par
- ellipsométrie spectroscopique à angle variable (VASE : Variable Angle Spectroscopique
Ellipsometry ; cf. Feller et al. (2005). "Influence of poly(propylene sulfide-block-ethylene glycol)
di-and triblock copolymer architecture on the formation of molecular adlayers on gold
surfaces and their effect on protein resistance: A candidate for surface modification
in biosensor research.", Macromolecules 38 (25) : 10503-10510),
- mesure d'angle de contact dynamique (dCA : Contact Angle dynamique ; cf. Tosatti et al. (2002) "Self-Assembled Monolayers of Dodecyl and Hydroxy-dodecyl Phosphates
on Both Smooth and Rough Titanium and Titanium Oxide Surfaces", Langmuir 18(9): 3537-3548, comme suit : la mouillabilité de surface a été déterminée en mesurant les angles
de contact d'avance et le recul sur une goutte (d'eau) sessile (Contact Angle Measuring
System, G2/G40 2.05-D, Krüss GmbH, Hamburg, Germany) ; l'expérience a été conduite
en automatique en augmentant et diminuant la taille de la goutte à une vitesse de
15 ml par minute ; 480 valeurs ont été mesurées pour l'angle de contact d'avance et
240 pour l'angle de contact de recul, sur 3 emplacements différents pour chaque échantillon)
; les données recueillies ont été analysées par la méthode des tangentes 2 (routine
d'ajustement du programme de Drop-Shape Analysis en Version DSA 1.80.0.2 for Windows
9x/NT4/2000, (c) 1997 - 2002 KRUESS",) et
- spectrométrie spectroscopique à rayons X (XPS ; Tosatti et al. ci-dessus).
[0040] Les différents substrats utilisés sont
- des plaques de silicium recouverts d'une fine couche d'or
- des disques d'acier poli
- des disques de rubis poli
- des plaques d'aluminium
- des plaques de silicium recouverts d'une fine couche de dioxyde de titane
[0041] Les principaux paramètres mesurés par VASE et CA sont rassemblés dans le Tableau
1 ci-après.
Tableau 1 : Epaisseur mesurée par ellipsométrie et angles de contact d'avance avec
l'eau
| Substrat |
Modification |
Epaisseur mesurée par ellipsométrie [nm] |
Angle de contact d'avance avec l'eau [°] |
| Or |
Propre |
- |
environ 50 |
| SuSoS2 |
0,7 |
115,6±0,8 |
| Acier poli |
Propre |
- |
< 10 |
| SuSoS2 |
3,3 |
116,8±2,5 |
| Aluminium |
Propre |
non mesuré |
< 10 |
| SuSoS2 |
non mesuré |
126,2±1,9 |
| Dioxyde de titane |
Propre |
- |
< 10 |
| SuSoS2 |
1,4 |
116,5±0,6 |
| Rubis |
Propre |
non mesuré |
< 10 |
| SuSoS2 |
non mesuré |
109,9±2,1 |
[0042] L'analyse par spectroscopie de photoélectrons par rayons X (XPS) montre que les molécules
SuSoS2 sont présentes sur toutes les surfaces par la détection des éléments N et F.
[0043] Ces résultats montrent qu'on obtient sur tous les substrats testés une couche ultra-mince
de SuSoS2.
[0044] Les valeurs d'angle de contact d'avance avec l'eau sont satisfaisantes pour une utilisation
comme épilame (supérieures à 100°).
[0045] Exemple 4 Comparaison des couches ultra-fines formées par auto-assemblage de SuSoS2 et Fixodrop
FK-BS sur des surfaces d'or, d'acier poli et de rubis.
1) Préparation des couches ultra-fines de SuSoS2 et Fixodrop sur les surfaces des différents
substrats
[0046] On revêt d'une couche ultra-fine de SuSoS2 des surfaces de substrats d'or, d'acier
poli et de rubis comme décrit dans l'exemple 2. L'aspect de surface est excellent
et on ne distingue aucune marque due au dépôt.
[0047] On revêt d'une couche ultra-fine de Fixodrop FK-BS des surfaces de substrats d'or,
d'acier poli et de rubis selon les indications du fabricant par trempage des substrats
dans une solution de tétradécafluorohexane.
[0048] L'épaisseur de cette couche mesurée par ellipsométrie sur l'or est de 0,7 nm pour
SuSoS2 et 1,7 nm pour le Fixodrop.
2) Mesure des angles de contact avec différents solvants et détermination des énergies
de surface
[0049] Les angles de contact d'avance avec l'eau, l'hexadécane, le diodométhane et l'éthylèneglycol
ont été mesurés par mesure d'angle de contact dynamique selon une technique goniométrique
proche de celle utilisée dans l'exemple 3.
[0051] Les principaux résultats obtenus sont rassemblés dans le tableau 2 ci-après.
Tableau 2 Angles de contact et énergies de surface avec différents solvants
| Liquide |
Acier SuSoS2 |
Rubis SuSoS2 |
Or SuSoS2 |
Or Fixodrop |
| Angle de contact [°] |
|
|
|
|
| Hexadécane |
64.1 |
56.8 |
47.3 |
56.8 |
| Diiodométhane |
90.4 |
84.4 |
77.8 |
78.0 |
| Ethylèneglycol |
93.2 |
87.2 |
84.9 |
88.4 |
| Eau |
103.0 |
113.8 |
104.8 |
104.2 |
| Energie de surface [mJ/m2] |
|
|
|
|
| Dispersive |
12.5 |
16.3 |
18.6 |
16.8 |
| Polaire |
2.2 |
0.2 |
0.8 |
0.4 |
| Totale |
14.6 |
16.6 |
19.4 |
17.3 |
[0052] Pour l'or, l'acier et le rubis, les angles de contact avec l'eau, l'hexadécane, le
diodométhane et l'éthylèneglycol sont acceptables pour une utilisation comme épilame,
et comparables avec ceux mesurés pour le Fixodrop.
[0053] Pour l'or, l'acier et le rubis, la couche formée avec SuSoS2 montre un caractère
dispersif uniquement, comme attendu pour une molécule de ce type. L'énergie de surface
semble varier avec le matériau, mais se trouve en tout cas en dessous de 20 mJ/m
2. L'énergie la plus faible (et donc a priori la meilleure tenue) est obtenue pour
l'acier, suivi du rubis et de l'or.
3) Mesure d'étalement de lubrifiants
[0054] On caractérise l'étalement des lubrifiants sur une surface en mesurant le diamètre
moyen d'une goutte de typiquement 0,5 mm de diamètre immédiatement après dépôt de
la goutte et après 20 minutes. L'étalement correspond à la variation relative du diamètre
moyen après 20 minutes. Une bonne tenue d'un lubrifiant correspond à un étalement
de 2% ou moins. Un étalement supérieur à 10% se remarque à l'oeil et n'est pas acceptable.
Les huiles utilisées pour les tests sont une huile horlogère "941 "(maison Moebius
et Fils, mélange d'alkyl-aryl-monooléate et de deux C
10-C
13 di-esters, viscosité de 110 cSt à 20°C, tension superficielle de 32.8 mN/m) et une
huile de test CESNIII (Laboratoire Suisse de Recherches Horlogères, huile silicone,
tension superficielle de 23.1 mN/m, "La Suisse Horlogère" No 43, 7.11.1974).
[0055] On compare l'étalement obtenu sur des surfaces d'acier, de rubis et d'or revêtues
de la molécule SuSoS2, ainsi que d'une surface d'or revêtue du produit commercial
Fixodrop FK-BS de la maison Moebius et Fils selon les indications du fabricant. Pour
la molécule SuSoS2, l'étalement est en tous les cas inférieur à 1%, et est comparable
à celui mesuré pour le Fixodrop, comme montré par le tableau ci-après.
Tableau 3 : Etalement de lubrifiants
| Surface |
Couche ultra-mince |
Huile Moebius 941 |
Huile CESNIII |
| Acier |
SuSoS2 |
0,11% |
0,92% |
| Rubis |
SuSoS2 |
0,37% |
0,46% |
| Or |
SuSoS2 |
0,30% |
0,14% |
| Or |
Fixodrop FK-BS |
-0,90% |
0,86% |
4) Conclusion
[0056] Pour toutes les surfaces étudiées, l'angle de contact obtenu sur les couches ultra-minces
réalisées avec la molécule SuSoS2 est supérieur à 100°, l'énergie de surface est inférieure
à 20 mJ m
-2, et l'étalement est inférieur à 1%.
[0057] Les propriétés de la couche ultra-mince SuSoS2 sont au moins aussi bonnes que celles
obtenues avec le produit commercial Fixodrop, et le solvant utilisé pour le trempage
est respectueux de l'environnement.
1. Couche ultra-mince, dont l'épaisseur mesurée en ellipsométrie est de 0,5 à 10 nm,
hydrophobe et oléophobe formée par auto-assemblage sur une surface de substrat solide
de composés de formule générale
A-B
dans laquelle
A représente un groupe de formule

dans laquelle
Z représente C ou N+,
X représente C-H ou C-L, L étant un groupe électroattracteur choisi parmi F, Cl, Br,
I, CF3, NO2 et N(CH3)3+,
Y représente H ou CH3, ou Y forme avec X un hétérocycle de 5 ou 6 atomes,
T représente NH, CO, NH-CO, NH-CO-NH ou NH2+U-, U- étant choisi parmi F-, Cl-, Br-, I-, OH-, NO3-, HSO4-, SO42-, CO32-, HCO3- ou SCN-, et
B représente un groupe alkyl linéaire aliphatique C1-C20 substitué partiellement ou complètement par F.
2. Couche ultra-mince selon la revendication 1, caractérisée en ce que B est un groupe alkyl linéaire aliphatique perfluoré dans sa partie terminale de
formule (CH2)n-(CF2)mCF3
dans laquelle n est de 1 à 5, et m est de 4 à 11.
3. Couche ultra-mince selon la revendication 2, caractérisée en ce que n est de 1 à 3 et m de 5 à 9.
4. Couche ultra-mince selon l'une des revendications précédentes,
caractérisée en ce que A est choisi parmi l'un des groupes suivants :
5. Couche ultra-mince selon l'une des revendications précédentes caractérisée en ce qu'elle est obtenue à partir de N-(3,4-dihydroxyphenethyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadecafluoroundecanamide.
6. Couche ultra-mince selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que le substrat solide est constitué d'une matière choisie parmi l'or, l'argent, l'acier,
l'aluminium, le laiton, le bronze, le cuprobéryllium, le dioxyde de titane, le rubis,
le saphir, le silicium, le nickel et le nickel-phosphore, ainsi que d'autres surfaces
métalliques, tels que le fer, le chrome, le tantale, l'yttrium, le germanium, le cuivre,
le platine , et d'oxydes métalliques ou céramiques, tels la zircone ou la niobie (oxyde
de niobium), ou des polymères tels que les polyéthylènes, les polystyrols, les polyamides,
les polydiméthylsiloxanes, les chlorures de polyvinyle, les résines époxy, ou encore
un substrat en une de ces matières ou une autre dont la surface a été recouverte ou
revêtue, par exemple par un dépôt galvanique d'or, d'or-cuivre-cadmium et d'or, de
nickel, de rhodium, d'étain-nickel, ou traitée par anodisation, comme dans le cas
des pièces en alliage d'aluminium ou de titane, ou modifiée par un traitement de surface
comme l'oxydation, la carburation ou la nitruration.
7. Couche ultra-mince selon l'une des revendications précédentes, caractérisée en ce que son angle de contact d'avance avec l'eau est d'au moins 100°.
8. Pièce d'horlogerie, caractérisée en ce qu'elle comprend une couche ultra-mince selon l'une des revendications précédentes.
9. Procédé de préparation d'une couche ultra-mince selon l'une des revendications 1 à
7, caractérisé en ce qu'il comprend l'immersion du substrat dans une solution du composé de formule A-B dans
de l'eau ou un mélange d'eau et de solvant protique.
10. Procédé selon la revendication 9, caractérisé en ce que le solvant protique est le 2-propanol.
11. Utilisation d'une couche ultra-mince selon l'une des revendications 1 à 7 comme épilame.
1. Ultradünne Schicht, deren mittels Ellipsometrie gemessene Dicke zwischen 0,5 und 10
nm beträgt, hydrophob und oleophob, gebildet durch Selbstassemblierung auf einer festen
Substratoberfläche aus Verbindungen der allgemeinen Formel
A-B
in welcher
A eine Gruppe der Formel

darstellt,
in welcher Z für C oder N+ steht,
X für C-H oder C-L steht, wobei L eine Elektronen anziehende Gruppe ist, gewählt aus
F, Cl, Br, I, CF3, NO2 und N(CH3)3+,
Y für H oder CH3 steht, wobei Y mit X einen Heterozyklus von 5 oder 6 Atomen bildet,
T für NH, CO, NH-CO, NH-CO-NH oder NH2+U- steht, wobei U- gewählt ist aus F-, Cl-, Br-, I-, OH-, NO3-, HSO4-, SO42-, CO32-, HCO3- oder SCN-, und
B für eine lineare aliphatische, Alkylgruppe C1-C20 steht, teilweise oder vollständig substituiert durch F.
2. Ultradünne Schicht gemäß Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass B eine lineare, aliphatische, Alkylgruppe ist, die in ihrem Endabschnitt perfluoriert
ist mit der der Formel (CH2)n-(CF2)mCF3,
wobei n zwischen 1 und 5 liegt und m zwischen 4 und 11.
3. Ultradünne Schicht gemäß Anspruch 2, dadurch gekennzeichnet, dass n zwischen 1 und 3 liegt und m zwischen 5 und 9.
4. Ultradünne Schicht gemäß einem der vorangehenden Ansprüche,
dadurch gekennzeichnet, dass A gewählt ist aus einer der folgenden Gruppen:
5. Ultradünne Schicht gemäß einem der vorangehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass sie erhalten wird ausgehend von N-(3,4-Dihydroxyphenethyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-Heptadecafluoroundecanamid.
6. Ultradünne Schicht gemäß einem der vorangehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass das feste Substrat zusammengesetzt ist aus einem Material gewählt aus Gold, Silber,
Stahl, Aluminium, Messing, Bronze, Kupfer-Beryllium, Titandioxid, Rubin, Saphir, Silizium,
Nickel und Nickel-Phosphor, sowie anderen metallischen Oberflächen, wie Eisen, Chrom,
Tantal, Yttrium, Germanium, Kupfer, Platin und metallischen oder keramischen Oxiden,
wie Zirkonoxid oder Nioboxid, oder Polymeren, wie Polyethylenen, Polystyrolen, Polyamiden,
Polydimethylsiloxanen, Polyvinylchloriden, Epoxyharzen, oder auch ein Substrat aus
einem dieser Materialien, dessen Oberfläche beschichtet oder überzogen worden ist,
beispielsweise mit einer galvanischen Abscheidung von Gold, Gold-Kupfer-Cadmium und
Gold, Nickel, Rhodium, Zinn-Nickel, oder anodisiert, wie im Falle von Teilen aus Aluminium-
oder Titan-Legierungen, oder modifiziert durch eine Oberflächenbehandlung, wie Oxidation,
Karburierung oder Nitrierung.
7. Ultradünne Schicht gemäß einem der vorangehenden Ansprüche, dadurch gekennzeichnet, dass der Vorwärts-Kontaktwinkel mit Wasser mindestens 100° beträgt.
8. Uhr, dadurch gekennzeichnet, dass sie eine ultradünne Schicht gemäß einem der vorangehenden Ansprüche umfasst.
9. Verfahren zur Herstellung einer ultradünnen Schicht gemäß einem der Ansprüche 1 bis
7, dadurch gekennzeichnet, dass es das Eintauchen des Substrats in eine Lösung der Zusammensetzung mit der Formel
A-B in Wasser oder ein Wassergemisch und einer protischen Lösung umfasst.
10. Verfahren gemäß Anspruch 9, dadurch gekennzeichnet, dass die protische Lösung 2-Propanol ist.
11. Verwendung einer ultradünnen Schicht gemäß einem der Ansprüche 1 bis 7 als Epilame.
1. An ultra-thin hydrophobic and oleophobic layer, of which the thickness measured in
ellipsometry is 0.5 to 10 nm, formed by self-assembly on a solid substrate surface,
of compounds of the general formula
A-B
in which
A represents a group of the formula

in which
Z represents C or N+,
X represents C-H or C-L, L being an electron-attracting group selected from F, Cl,
Br, I, CF3, NO2 and N(CH3)3+,
Y represents H or CH3, or Y forms a 5- or 6-atom heterocycle with X,
T represents NH, CO, NH-CO, NH-CO-NH or NH2+U-, U- being selected from F-, Cl-, Br-, I-, OH-, NO3-, HSO4-, SO42-, CO32-, HCO3- or SCN-, and
B represents a C1-C20 linear aliphatic alkyl group partially or completely substituted with F.
2. An ultra-thin layer as claimed in claim 1, wherein B is a linear aliphatic alkyl group
perfluorinated in its terminal section, having the formula
(CH2)n-(CF2)mCF3
in which n is from 1 to 5 and m is from 4 to 11.
3. An ultra-thin layer as claimed in claim 2, wherein n is from 1 to 3 and m from 5 to
9.
5. An ultra-thin layer as claimed in one of the preceding claims, wherein it is obtained
from N-(3,4-dihydroxyphenethyl)-4,4,5,5,6,6,7,7,8,8,9,9,10,10,11,11,11-heptadecafluoroundecanamide.
6. An ultra-thin layer as claimed in one of the preceding claims, wherein the solid substrate
is composed of a material selected from gold, silver, steel, aluminium, brass, bronze,
copper-beryllium, titanium dioxide, ruby, sapphire, silicon, nickel and nickel phosphorus,
as well as other metallic surfaces such as iron, chromium, tantalum, yttrium, germanium,
copper, platinum, and metal oxides or ceramics, such as zirconia or niobia (niobium
oxide), or polymers such as polyethylenes, polystyrenes, polyamides, polydimethylsiloxanes,
polyvinyl chlorides, epoxy resins, or a substrate made of one of these materials or
another, the surface of which has been covered or coated, for example by an electroplating
of gold, of gold-copper-cadmium and of gold, of nickel, of rhodium, of tin-nickel,
or treated by anodising, as in the case of parts made of aluminium alloy or titanium
alloy, or modified by a surface treatment such as oxidation, carburisation or nitriding.
7. An ultra-thin layer as claimed in one of the preceding claims, wherein its advancing
contact angle with water is at least 100°.
8. A timepiece, wherein it comprises an ultra-thin layer as claimed in one of the preceding
claims.
9. A method of preparing an ultra-thin layer as claimed in one of claims 1 to 7, wherein
it comprises the immersion of the substrate in a solution of the compound of formula
A-B in water or a mixture of water and protic solvent.
10. A method as claimed in claim 9, wherein the protic solvent is 2-propanol.
11. Use of an ultra-thin layer as claimed in one of claims 1 to 7 as an epilame.