[0001] L'invention concerne un procédé d'hydrotraitement d'une charge gazole.
[0002] En raison de la sévérisation des normes antipollution pour les moteurs diesel, les
spécifications des gazoles moteurs au cours des deux dernières décennies ont évolué
et font apparaître de nouvelles contraintes qui ont conduit à une modification des
formulations des mélanges de gazoles moteurs.
[0003] Depuis janvier 2005, les spécifications des gazoles moteurs sont les suivantes (norme
européenne EN590) :
Masse volumique (à 15°C) : 820-845 kg/m3
T95% (Température de distillation de 95% du gazole) : 360 °C (maximale)
Teneur en soufre : 50mg/kg (maximale)
Cétane moteur : 51 (minimum)
Cétane calculé (ASTM D4737) : 46 (minimum)
Point de trouble : < -5°C en hiver,
< +5°C en été.
[0004] Les bases recherchées sont donc des bases légères, sans soufre, à indice cétane élevé,
et distillant complètement avant 360°C.
[0005] Les objectifs sont de réduire encore la teneur en soufre jusqu'à une valeur inférieure
à 10mg/kg d'ici 2009 et d'augmenter la valeur minimale du cétane moteur.
[0006] Une solution pour améliorer l'indice de cétane consiste à ajouter un additif pro-cétane.
Il s'agit le plus souvent de nitrates d'alkyle qui interviennent dans les étapes élémentaires
d'oxydation avant l'auto-inflammation du mélange. Ils réduisent ainsi le délai d'inflammation
et permettent d'accroître l'indice de cétane de 3 à 5 points selon la quantité ajoutée.
Ils sont toutefois d'autant moins efficaces que l'indice de cétane d'origine est faible.
[0007] Une autre solution consiste à ajouter au mélange un carburant de substitution, tel
qu'un biocarburant, car les esters d'huiles végétales présentent généralement un bon
indice de cétane.
[0008] De ce fait, la directive européenne 2003/30/CE vise notamment à promouvoir l'utilisation
de biocarburants. Dans les transports, la communauté européenne a adopté un objectif
de part de biocarburants de 5,75% du PCI (Pouvoir calorifique Inférieur) des carburants
en 2010. C'est-à-dire que la quantité de biocarburant présente dans le mélange doit
procurer 5,75% du PCI du mélange.
[0009] Actuellement, le gouvernement français a instauré une taxe : la TGAP (Taxe Générale
des Activités Polluantes), qui concerne les carburants mis à la consommation sur le
territoire français. Les carburants soumis à cette taxe sont le « SP95 », le « SP98
» et le « Gazole Moteur ». L'objectif de cette taxe est d'inciter l'incorporation
de Biocarburant en augmentant progressivement le pourcentage du PCI (Pouvoir Calorifique
Inférieur) apporté par la proportion de biocarburant de 1,75% en 2006 à 7,00% en 2010.
[0010] Cet ajout est réalisé sur la base énergétique et l'origine « Bio » des produits incorporés.
Ainsi, l'ETBE (éthyl tertiobutyléther) voit son taux réduit puisqu'il ne contient
que 47% d'éthanol (d'origine agricole) et un PCI inférieur à l'essence.
[0011] Pour les gazoles moteurs, les biocarburants les plus couramment utilisés sont les
esters d'huile végétale, comme l'ester méthylique d'huile de colza (EMC).
[0012] Ces gazoles moteurs sont en général obtenus par mélange du biocarburant au gazole
moteur après traitement de ce dernier. Ces mélanges sont ainsi souvent effectués par
les distributeurs, juste avant la mise en distribution du carburant.
[0013] Les mélanges obtenus à partir d'esters méthyliques d'huile végétale présentent l'avantage
d'un cétane conforme à la norme, mais leur densité (supérieure à 880 kg/m3) est très
supérieure à la spécification de la norme, ce qui entraîne des difficultés de formulation
à des taux d'incorporation élevés. Les esters éthyliques d'huiles végétales conduisent
également à des mélanges trop lourds, sans oublier le problème de stabilité dans le
temps.
[0014] On connaît déjà des procédés de raffinage de la biomasse qui ont été élaborés pour
produire ces biocarburants. Ainsi, les documents
US 4 992 605,
US 5 705 722,
EP 1 396 531 et
SE 520 633 décrivent des procédés d'hydrotraitement des triglycérides contenus dans les huiles
végétales. Les réactions mises en œuvre sont toutefois fortement exothermiques. Afin
de limiter les problèmes liés à cette forte exothermicité, il est nécessaire de faire
re-circuler jusqu'à 80% de la charge en sortie du réacteur d'hydrotraitement, à l'entrée
de celui-ci, d'où la nécessité de la réalisation d'une installation nouvelle dédiée
à ce procédé d'hydrotraitement, et de surdimensionner hydrauliquement cette unité
par rapport à la quantité de la charge réellement traitée.
[0015] Par ailleurs, la demande de brevet
EP 1 693 432 décrit un procédé d'hydrotraitement d'un mélange d'une charge d'origine pétrolière
et d'une charge d'origine biologique. Néanmoins, les réactions d'hydrodéoxygénation
des triglycérides étant plus rapides que celles d'hydroraffinage des coupes pétrolières,
le traitement d'un tel mélange de charges d'origine pétrolière et biologique en tête
du réacteur provoque une baisse de la pression partielle en hydrogène et donc une
baisse de l'activité catalytique en hydrotraitement de la charge pétrolière. De plus,
des réactions parallèles durant l'hydroraffinage des triglycérides, conduisent à la
production de gaz tels que le dioxyde de carbone CO
2, le méthane CH
4, et l'oxyde de carbone CO qui est considéré comme un inhibiteur réversible de l'activité
désulfurante du catalyseur. Or, dans une unité d'hydrotraitement classique, ces gaz
contenant l'hydrogène H
2 (gaz de recycle) sont le plus souvent séparés de l'effluent sortant du réacteur,
puis réinjectés dans le réacteur après passage dans un système de traitement. La présence
de CO dans le gaz de recycle s'avère donc pénalisante pour les réactions d'hydroraffinage
de la coupe pétrolière.
[0016] La demanderesse a proposé dans sa demande de brevet français
06.06892 un procédé d'hydrotraitement d'un mélange d'une charge d'origine pétrolière de type
gazole et d'une charge d'origine biologique du type huiles végétales et/ou graisses
animales, sans dispositif de recycle d'effluent liquide en tête de réacteur. Ce mélange
est introduit en tête de réacteur, à la manière d'une charge usuelle. Le procédé décrit
dans cette demande, dans l'une de ses variantes, comporte une unité de séparation
et de traitement du monoxyde de carbone présent dans les gaz de recycle.
[0017] Néanmoins, il existe toujours un besoin dans la technique d'améliorer les performances
du procédé d'hydrotraitement d'un mélange d'une charge d'origine pétrolière et d'une
charge d'origine biologique, tout en limitant la formation de gaz du type CH
4, ainsi que H
2O.
[0018] Notamment, lorsque l'on ajoute des triglycérides dans une charge gazole, il est nécessaire
d'augmenter la quantité d'hydrogène H
2 fournie afin de couvrir une consommation accrue de H
2, et d'augmenter la température de la réaction, ou le volume catalytique, si l'on
souhaite maintenir la même activité en hydrodésulfuration (HDS), c'est-à-dire si l'on
souhaite atteindre le même taux de soufre en sortie par rapport à une HDS classique.
[0019] Cependant, une température de réaction plus élevée entraîne une réduction de la durée
d'un cycle, de sorte qu'il est préférable de pouvoir diminuer cette température afin
d'augmenter cette durée. Il est également préférable de limiter la consommation de
H
2 pour des raisons d'économie.
[0020] On connaît du document
WO2007/125332 un procédé d'hydroconversion d'un mélange d'huiles organiques de différentes origines
dans une unité d'hydrotraitement traditionnelle, comprenant au moins deux lits catalytiques
dans des conditions de procédé modérément sévères, afin d'obtenir une huile combustible
diesel. Le procédé comprend l'injection d'huile d'origine animale ou végétale, avec
des débits ajustés de manière indépendante, à partir du second lit catalytique de
l'unité d'hydrotraitement, conformément aux variations de température observées dans
chacun des lits catalytiques suivant le premier lit.
[0021] L'invention propose un procédé d'hydrotraitement catalytique d'une charge d'origine
pétrolière de type gazole et d'une charge d'origine biologique à base d'huiles végétales
et/ou graisses animales dans une unité d'hydrotraitement en lit fixe, ledit procédé
étant caractérisé en ce que la charge d'origine pétrolière est introduite dans ladite
unité en amont de la charge d'origine biologique et en ce que la vitesse spatiale
VVH de la charge d'origine pétrolière est inférieure à la vitesse spatiale de la charge
d'origine biologique, en mélange avec l'effluent issu du traitement de la charge d'origine
pétrolière.
[0022] La présente demande décrit également une unité d'hydrotraitement pour la mise en
œuvre dudit procédé, et une unité d'hydroraffinage correspondante.
[0023] On entend, au sens de la présente invention, par charge d'origine biologique, toute
charge renouvelable, définie couramment par le terme biomasse.
[0024] En raison de son introduction en amont de la charge d'origine biologique, le traitement
de la charge d'origine pétrolière n'est pas perturbé par le traitement de la charge
d'origine biologique. Il est alors possible de réaliser les réactions d'hydroraffinage
de la coupe pétrolière dans des conditions plus favorables par rapport à une introduction
conjointe des deux types de charge.
[0025] En effet, l'hydrodésulfuration de la charge d'origine pétrolière n'est pas perturbée
par l'introduction de la charge d'origine biologique qui a lieu en aval. Ainsi, l'hydrodéoxygénation
de la charge d'origine biologique a lieu en aval de l'hydrodésulfuration de la coupe
pétrolière de sorte que cette dernière peut être menée sans l'effet inhibiteur du
CO et des autres gaz formés lors de la réaction d'hydrodéoxygénation des triglycérides
de la charge d'origine biologique, et de sorte que la pression partielle d'hydrogène
ne sera pas abaissée par la réaction d'hydroraffinage de la charge d'origine biologique,
ce qui permet de maintenir une activité catalytique élevée en hydrodésulfuration.
[0026] L'introduction en aval de la charge d'origine biologique permet également de réaliser
l'hydrodéoxygénation de celle-ci dans des conditions plus favorables (pression partielle
d'hydrogène plus faible, température plus faible, ...) qui limitent la formation de
CH
4 et H
2O, ce qui diminue la consommation d'H
2 et l'exothermicité de la réaction.
[0027] En effet, les réactions de craquage qui surviennent lors de la déoxygénation de la
charge d'origine biologique (par décarbonylation et/ou décarboxylation), conduisent
au détachement d'un carbone en bout de chaîne, ce qui va induire un équilibre thermodynamique
entre CO/CO
2/CH
4 par les réactions de « CO Shift » (CO+H
2O<->CO
2+H
2) et de méthanation du CO (CO+3H
2<->CH
4+H
2O) et du CO
2 (CO
2+4H
2<->CH
4+2H
2O).
[0028] De plus, le ratio CO/CO
2 est toujours piloté par la constante d'équilibre de la réaction de « CO shift ».
[0029] Ainsi, une diminution de la concentration en CO dont l'effet inhibiteur est problématique,
en faveur de la concentration en CO
2, qui peut être plus facilement éliminé, par exemple par lavage aux amines, est obtenue
par :
- la diminution de la pression partielle d'H2, obtenue selon l'invention par le fait qu'une grande partie de l'hydrogène est consommée
par l'hydrotraitement de la charge gazole, en amont de la section d'hydrodéoxygénation
de la charge d'origine biologique,
- un temps de séjour plus court de la charge d'origine biologique, obtenu selon l'invention
par le fait que l'on peut diminuer le volume catalytique en aval de la zone d'injection
de la charge biologique,
- un traitement de la charge d'origine biologique à la température la plus basse possible,
ce qui peut être obtenu dans une variante de l'invention décrite plus loin,
- l'ajout d'eau, qui peut être obtenu dans une autre variante de l'invention décrite
plus loin,
- l'élimination du monoxyde de carbone du gaz de recycle de l'unité, tel que décrit
plus loin.
[0030] Un autre avantage du procédé selon l'invention est la dilution de la charge d'origine
biologique par la charge d'origine pétrolière partiellement hydrotraitée résultant
de l'introduction de la charge d'origine biologique en aval de la charge d'origine
pétrolière dans l'unité d'hydrotraitement.
[0031] En effet, l'hydrotraitement des charges d'origine biologique à base d'huiles végétales
et/ou animales est fortement exothermique et nécessite un moyen de contrôle de la
température de réaction tel que l'utilisation d'un volume important de dilution. De
ce fait, jusqu'à présent, ces huiles végétales et/ou animales étaient traitées dans
des unités dédiées, à recyclage d'effluent liquide élevé.
[0032] Il est ainsi possible de limiter, voire de supprimer le recyclage d'effluent liquide
en utilisant le procédé selon l'invention par rapport aux procédés connus de raffinage
d'une charge d'origine biologique seule.
[0033] Le procédé selon l'invention permet également:
- de minimiser de la formation de méthane (CH4)
- d'améliorer les propriétés du gazole produit : cétane, densité, distillation ...,
- d'augmenter le volume de gazole produit avec une même charge d'origine pétrolière,
ce qui répond parfaitement aux besoins actuels en Europe, où l'on manque de gazole.
[0034] Le procédé selon l'invention permet, de plus, d'utiliser des catalyseurs différents
dans chacune des zones catalytiques où sont injectées les charges d'origine pétrolière
et biologique : par exemple CoMo pour la zone d'hydroraffinage de la coupe pétrolière
et de préférence NiMo pour la deuxième zone traitant les triglycérides.
[0035] Dans une première variante du procédé selon l'invention, l'unité d'hydrotraitement
est formée d'un unique réacteur dans lequel les charges d'origine pétrolière et biologique
sont injectées.
[0036] Cette variante présente l'avantage de permettre l'utilisation d'une unité d'hydrotraitement
existante dans laquelle on aura ajouté une entrée pour la charge d'origine biologique.
[0037] Dans une deuxième variante, l'unité d'hydrotraitement est formée de deux réacteurs
distincts, la charge d'origine pétrolière étant injectée dans le premier réacteur,
et la charge d'origine biologique étant injectée dans le deuxième réacteur en mélange
avec l'effluent liquide sortant du premier réacteur.
[0038] Cette variante présente l'avantage de permettre le traitement de la charge d'origine
biologique à une température plus basse que la température de traitement de la charge
d'origine pétrolière. En effet, l'hydrotraitement de la charge d'origine biologique
peut se faire à une température plus faible, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de
chauffer beaucoup la charge pour la traiter. De plus, la majeure partie de l'hydrotraitement
de la charge d'origine pétrolière a déjà eu lieu dans le premier réacteur, le second
réacteur permet alors l'hydrofinissage du traitement de la charge d'origine pétrolière
et ne nécessite pas de températures aussi élevées. Cet hydrofinissage permet d'obtenir
une teneur en soufre beaucoup plus basse par rapport aux teneurs habituellement obtenues
en hydroraffinage.
[0039] De plus, généralement, des réactions de recombinaison d'oléfines avec du H
2S, favorisées à haute température, sont à l'origine de la formation de mercaptans
et rendent difficile l'obtention de gazole à très basse teneur en soufre. Or, des
conditions de traitement à une température de réaction plus basse dans le deuxième
réacteur sont favorables à la minimisation de ces réactions de recombinaison, ce qui
permet d'obtenir un produit à très basse teneur en soufre (<3 ppm) ou de diminuer
la sévérité dans le premier réacteur pour une cible de soufre produit donnée.
[0040] Cette température plus basse dans le second réacteur permet également d'améliorer
la stabilité thermique de la charge d'origine biologique, en particulier lorsque l'effluent
liquide sortant du premier réacteur est refroidi préalablement à son mélange avec
la charge d'origine biologique. Il est notamment possible de récupérer la chaleur
de cet effluent, et d'abaisser ainsi la température de ce dernier, pour chauffer la
charge d'origine pétrolière, et le cas échéant la charge d'origine biologique, avant
leur entrée dans leur réacteur respectif.
[0041] L'exothermicité de la réaction d'hydrotraitement de la charge d'origine biologique
nécessite en outre un volume important de dilution qui est assuré par la charge d'origine
pétrolière partiellement hydrotraitée, sortant du premier réacteur.
[0042] L'abaissement de la température du second réacteur favorise également une diminution
de la production de CO (voir plus haut).
[0043] Enfin, mener les réactions d'hydrodésulfuration et les réactions d'hydrodéoxygénation
dans deux réacteurs distincts permet une gestion indépendante des catalyseurs dans
chacun des réacteurs, et rend possible la production de gazoles sans biomasse. On
peut pour cela, soit isoler le second réacteur pour n'utiliser que le premier réacteur,
soit arrêter l'alimentation en huiles végétales et/ou graisses animales et utiliser
les deux réacteurs pour l'hydrotraitement de la charge gazole.
[0044] Dans une troisième variante du procédé selon l'invention, l'unité d'hydrotraitement
est formée de deux réacteurs distincts. La charge d'origine pétrolière est injectée
dans le premier réacteur et la charge d'origine biologique est injectée pour partie
dans le premier réacteur, et pour partie dans le deuxième réacteur, et l'effluent
liquide sortant du premier réacteur est injecté dans le deuxième réacteur.
[0045] Selon l'invention, la vitesse spatiale (VVH) de la charge d'origine pétrolière est
inférieure à la vitesse spatiale de la charge d'origine biologique, en mélange avec
l'effluent issu du traitement de la charge d'origine pétrolière.
[0046] Dans les conditions du procédé (P, T°), la formation de CH
4 et H
2O est ainsi ralentie car les réactions sont limitées cinétiquement (voir les réactions
de CO shift et de méthanation décrites plus haut). Il en résulte une consommation
plus faible de H
2 et la production d'un gaz de recycle plus concentré en hydrogène.
[0047] Avantageusement, la charge d'origine pétrolière de type gazole est choisie parmi
les coupes gazole provenant de la distillation d'un pétrole brut et/ou d'un brut synthétique
issu du traitement des schistes bitumineux ou de pétroles bruts lourds et extra-lourds
ou de l'effluent du procédé Fischer Tropsch, les coupes gazoles issues de différents
procédés de conversion, en particulier, celles issues du craquage catalytique et/ou
thermique (FCC, cokéfaction, viscoréduction...).
[0048] En particulier, on introduit la charge d'origine biologique à base d'huiles végétales
et/ou de graisses animales jusqu'à un taux de 30% en masse.
[0049] Plus particulièrement, le taux de charge d'origine biologique à base d'huiles végétales
et/ou de graisses animales est de préférence inférieur ou égal à 15 % en masse. En
effet, l'introduction d'un tel taux de charge d'origine biologique n'affecte que très
légèrement les propriétés à froid du produit final. En particulier, le point de trouble
de l'effluent final ne présente, généralement, qu'un écart de 1°C par rapport à l'effluent
obtenu sans injection de biomasse. Ce résultat, qui diffère de ce qu'aurait prédit
les lois de mélanges, est très intéressant car il démontre la synergie, au cours du
procédé selon l'invention, entre les deux types de charges.
[0050] L'introduction de taux élevés de charge d'origine biologique est permise grâce à
l'utilisation de la charge d'origine pétrolière hydrotraitée comme diluant, sans la
nécessité d'une re-circulation d'effluent liquide en amont de l'introduction de la
charge d'origine biologique.
[0051] Les huiles végétales ou animales contenues dans la charge d'origine biologique utilisée
selon l'invention sont composées majoritairement de triglycérides d'acides gras (>90%
en poids), dont les longueurs de chaîne dépendent de la nature de l'huile utilisée.
Elles peuvent également contenir des acides gras. Au sens de l'invention, les huiles
végétales et graisses animales peuvent également contenir des esters d'acides gras.
[0052] Dans le cadre de l'invention, les huiles végétales et graisses animales peuvent être
utilisées brutes. Mais elles sont préférentiellement raffinées afin d'éviter l'encrassement
de l'unité d'hydrotraitement. Dans ce cas, on parle d'huiles dégommées, c'est-à-dire
après retrait d'une grande partie des phospholipides.
[0053] Avantageusement, la zone catalytique d'injection de la charge d'origine biologique
comprend un premier lit catalytique piège à métaux, connus en eux mêmes. Ces pièges
à métaux sont généralement composés d'alumine macroporeuse. Le but d'utiliser un tel
piège à métaux, commercialement connu est de débarrasser les huiles végétales et/ou
graisses animales des éventuelles impuretés qu'elles contiennent (Na, K, Cl...).
[0054] Les huiles végétales peuvent en particulier être l'huile de palme, l'huile de soja,
l'huile de colza, l'huile de tournesol, l'huile de lin, l'huile de son de riz, l'huile
de maïs, l'huile d'olive, l'huile de ricin, l'huile de sésame, l'huile de pin, l'huile
d'arachide, l'huile de palmiste, l'huile de coco, l'huile de babasu ou un mélange
de deux ou plusieurs de ces huiles. Ces huiles vont produire essentiellement des paraffines
en C
12 à C18.
[0055] L'huile de palme est particulièrement préférée, car c'est l'une des huiles comportant
les chaînes carbonées les plus courtes, avec près de 50% de C16. Comme l'huile de
palme est l'une des plus saturées, son hydrotraitement nécessite une quantité d'hydrogène
moindre par rapport aux autres huiles. De plus, la stabilité thermique de l'huile
de palme limite l'encrassement des échangeurs thermiques situés en amont du réacteur
dans une unité d'hydroraffinage classique.
[0056] L'huile de palme présente en outre l'avantage d'avoir son profil centré sur celui
de la charge gazole, ce qui limite la perturbation de ce dernier, d'être économique,
et d'être peu utilisée pour l'alimentation humaine.
[0057] Comme graisses animales, on peut par exemple utiliser de la graisse de poisson, de
l'huile animale (dénommée tall oil).
[0058] Une façon particulièrement avantageuse d'utiliser l'invention, est donc d'utiliser
préférentiellement l'huile de palme ou toute autre huile végétale ou d'origine animale
susceptible de produire par hydrotraitement un maximum de paraffines en C15 à C18
de façon à induire une augmentation importante de l'indice de cétane des charges produites
tout en diminuant le plus possible la densité, et à mieux valoriser les bases à indice
de cétane faible et densité élevée, telles que le LCO (« Light Cycle Oil ») qui se
caractérise par une densité élevée et un indice de cétane très bas, et les gazoles
issus de bruts acides qui présentent d'excellentes propriétés à froid mais ont comme
caractéristiques de présenter une densité élevée et un faible indice de cétane.
[0059] Selon une caractéristique particulière de l'invention, on utilise une quantité d'hydrogène
introduite dans la première zone catalytique de 50 à 1000 Normolitres de H
2 par litre de charge d'origine pétrolière, préférentiellement de 100 à 500 Normolitres
de H
2 par litre de charge pétrolière, et encore plus préférentiellement de 120 à 450 Normolitres
de H
2 par litre de charge d'origine pétrolière.
[0060] La couverture d'hydrogène dans la deuxième zone catalytique, selon une caractéristique
particulière de l'invention, est de 50 à 2000 Normolitres de H
2 par litre de charge totale (charge d'origine biologique, en mélange avec l'effluent
issu du traitement de la charge d'origine pétrolière), préférentiellement de 150 à
1500 Normolitres de H
2 par litre de charge totale, et encore plus préférentiellement de 200 à 1000 Normolitres
de H
2 par litre de charge totale.
[0061] Selon une caractéristique particulière de l'invention, la température de la première
zone catalytique de traitement de la charge d'origine pétrolière est de 320 à 420°C,
de préférence de 340 à 400°C. Selon une autre caractéristique préférentielle de l'invention,
la température de la deuxième zone catalytique de traitement de la charge d'origine
biologique en mélange avec l'effluent issu du traitement de la charge d'origine pétrolière
est de 250 à 420°C, de préférence de 280 à 350°C.
[0062] Selon une caractéristique particulière de l'invention, on traite les différentes
charges à une pression de 25 à 150 bars, de préférence de 30 à 70 bars.
[0063] Selon une autre caractéristique de l'invention, la VVH de la charge d'origine pétrolière,
dans la première zone catalytique est de 0.3 à 5, de préférence de 0.6 à 3.
[0064] La VVH, dans la deuxième zone catalytique, de la charge totale (charge d'origine
biologique, en mélange avec l'effluent issu du traitement de la charge d'origine pétrolière)
est de 0.5 à 10, de préférence de 1 à 5.
[0065] Avantageusement, selon l'invention, la charge d'origine pétrolière est injectée dans
une première zone catalytique de l'unité d'hydrotraitement et la charge d'origine
biologique est injectée dans une deuxième zone catalytique de l'unité d'hydrotraitement
située en aval de la première zone catalytique.
[0066] Il est ainsi possible d'utiliser des catalyseurs spécifiques au niveau de chaque
zone catalytique, et de favoriser ainsi les réactions d'hydrodésulfuration ou d'hydrodéoxygénation.
[0067] Selon une caractéristique particulière de l'invention, on traite la charge d'origine
biologique sur au moins un lit catalytique dans l'unité d'hydrotraitement, le lit
catalytique contenant au moins un catalyseur à base d'oxydes métalliques choisis parmi
les oxydes des métaux du groupe VI-B (Mo, W...) et VIII-B (Co, Ni, Pt, Pd, Ru, Rh...)
supportés sur un support choisi parmi l'alumine, silice alumine, zéolithe, ferrierite,
alumine phosphatée, silice alumine phosphatée...De préférence, le catalyseur utilisé
sera du NiMo, CoMo, NiW, PtPd, ou un mélange de deux ou plusieurs de ceux-ci. Le catalyseur
utilisé peut également être à base de métaux à l'état massique tel que le catalyseur
de type Nebula commercialement connu.
[0068] Selon une autre caractéristique particulière de l'invention, on traite la charge
d'origine biologique introduite dans l'unité d'hydrotraitement sur au moins un lit
catalytique contenant au moins pour partie un catalyseur avec une fonction isomérisante,
à base d'oxydes de nickel sur un support acide tel que silice alumine amorphe, zéolithe,
ferrierite, alumine phosphatée, silice alumine phosphatée...
[0069] Les lits catalytiques contenant des oxydes de NiW présentent en effet l'avantage
de favoriser les réactions d'isomérisation, ce qui peut permettre d'améliorer, c'est-à-dire
de réduire, le point de trouble du produit fini. En particulier, dans le cas d'une
charge gazole comportant un point de trouble élevé, un lit catalytique contenant NiW,
et de préférence des oxydes de NiW sur silice alumine amorphe, zéolithe, ferrierite,
alumine phosphatée ou silice alumine phosphatée, en favorisant les réactions d'isomérisation,
va permettre de réduire très nettement le point de trouble du produit fini.
[0070] Les lits catalytiques contenant des catalyseurs de type oxydes de NiMo ont un fort
pouvoir hydrogénant et hydrodéoxygénant des triglycérides.
[0071] Avantageusement, la première zone catalytique destinée au traitement de la charge
d'origine pétrolière contient un ou plusieurs lits de catalyseur contenant des catalyseurs
qui présentent une bonne performance en hydrodésulfurisation, tandis que la deuxième
zone catalytique destinée au traitement de la charge d'origine biologique contient
un ou plusieurs lits de catalyseur contenant des catalyseurs présentant une bonne
performance pour la déoxygénation des triglycérides de la charge (par exemple à base
de NiMo) et/ou des catalyseurs favorisant les réactions d'isomérisation. De préférence,
dans le dernier lit de la deuxième zone catalytique on utilisera un catalyseur avec
une fonction isomérisante permettant d'améliorer les propriétés à froid du produit.
Ce catalyseur pourra être composé d'oxydes de nickel sur un support acide tel que
silice alumine amorphe, zéolithe, ferrierite, alumine phosphatée, silice alumine phosphatée...On
utilisera préférentiellement NiW.
[0072] Avantageusement, on injecte de l'eau dans l'unité d'hydrotraitement au niveau de
la zone de traitement de la charge d'origine biologique. Cette injection d'eau permet
de déplacer l'équilibre de la réaction de « CO shift » vers la transformation du CO
en CO
2, qui peut être beaucoup plus facilement éliminé. On favorise ainsi la conversion
du CO produit par la réaction d'hydrodéoxygénation, vers du CO
2 et H
2, en limitant la réaction de méthanation qui produit le méthane CH
4, ce qui résulte en une diminution de l'exothermicité et de la consommation d'H
2.
[0073] Dans une variante particulièrement avantageuse du procédé comprenant un traitement
de gaz de recycle issu de l'hydrotraitement de la charge totale avant sa réinjection
dans l'unité d'hydrotraitement, on effectue un traitement supplémentaire du monoxyde
de carbone présent dans ledit gaz de recycle.
[0074] Il est ainsi possible de ne pas réinjecter le monoxyde de carbone dans le réacteur
pour ne pas risquer d'inhiber le catalyseur.
[0075] En particulier, un tel traitement du CO peut être mis en œuvre lorsque la teneur
en CO des gaz de recycle atteint une valeur prédéterminée.
[0076] La séparation et le traitement du monoxyde de carbone peuvent être réalisés par l'introduction,
dans le système de traitement des gaz de recycle, d'un dispositif de séparation et
de traitement du monoxyde de carbone. En particulier, il est possible d'utiliser des
équipements de conversion du CO (appelés « CO shift » par les spécialistes) tels que
ceux généralement fournis par les fabricants d'unité d'hydrogène. Ainsi, de préférence,
on traite le monoxyde de carbone au moyen d'une unité de conversion de CO utilisant
la réaction de « CO shift ». On transforme ainsi le CO en CO2, qui peut être éliminé
plus facilement.
[0077] Il est également possible d'utiliser une unité de traitement PSA (abréviation de
Pressure Swing Adsorption - Adsorption par Variations de Pression). Cette technologie
est connue en elle même. Les adsorbants sont sélectionnés en fonction de la nature
des impuretés à éliminer des courants porteurs d'hydrogène, et qui sont dans notre
cas le monoxyde de carbone CO et éventuellement le méthane CH
4, l'éthane C
2H
6, le propane C
3H
8 ...
[0078] Préférentiellement, les gaz ainsi séparés sont utilisés dans un vaporéformeur, tel
qu'un vaporéformeur de méthane (« SMR » : Steam Methane Reformer). Le CO et les autres
produits de la déoxygénation de la charge d'origine biologique, sont ainsi valorisés
comme gaz de synthèse pour la production d'un gaz hydrogéné d'origine biologique.
En utilisant cette configuration, le CO est donc valorisé et on n'est donc pas tenu,
afin d'éviter son effet inhibiteur, de diminuer sa concentration en faveur de la concentration
en CO
2 qui peut être plus facilement éliminé.
[0079] Avantageusement, on effectue en outre un traitement au cours duquel on sépare et
on traite le dioxyde de carbone (CO
2) et l'hydrogène sulfuré (H
2S) présents dans ledit gaz de recycle avant la réinjection de ce dernier dans l'unité
d'hydrotraitement. Ce traitement est par exemple réalisé par passage du gaz de recycle
dans un absorbeur amine. Ce traitement supplémentaire permet donc d'éliminer du circuit
les gaz à traiter, c'est à dire le CO
2 et l'H
2S.
[0080] Une autre façon particulièrement avantageuse d'utiliser l'invention, et là aussi
dès que le taux d'huiles végétales et/ou de graisses animales est important, est de
compenser l'exothermicité qui résulte nécessairement de l'ajout des ces huiles.
[0081] Ainsi, avantageusement, on contrôle l'exothermicité de l'hydrotraitement de la charge
au moyen de systèmes de régulation thermique. Dans une unité d'hydrotraitement classique,
il s'agit par exemple de l'amélioration de la distribution liquide/gaz, de quench
gazeux et/ou liquides (c'est-à-dire l'apport de gaz ou liquides froids dans le réacteur),
de répartition du volume de catalyseur sur plusieurs lits catalytiques, de gestion
de préchauffe de la charge à l'entrée du réacteur, notamment par action sur le four
et/ou les échangeurs de chaleur situés en amont du réacteur, sur des lignes de dérivation
(by-pass), etc, pour abaisser la température à l'entrée du réacteur.
[0082] Selon une première variante de l'invention, on préférera l'ajout d'un liquide (quench
liquide) pour gérer l'exothermicité.
[0083] Ce liquide peut par exemple être constitué d'une partie de la charge hydroraffinée
sortant de l'unité d'hydroraffinage. Il est introduit au niveau de la zone de traitement
de la charge d'origine biologique, en particulier lorsque l'unité d'hydrotraitement
comprend un unique réacteur.
[0084] Lorsque l'unité d'hydrotraitement comprend deux réacteurs, ce liquide peut être constitué
d'une partie de l'effluent du premier réacteur. Il est introduit, de même, au niveau
de la zone de traitement de la charge d'origine biologique.
[0085] Selon une deuxième variante de l'invention dans laquelle deux réacteurs distincts
sont utilisés, un système de régulation thermique consiste à récupérer de la chaleur
de l'effluent sortant du premier réacteur afin d'abaisser sa température avant son
injection dans le deuxième réacteur. Ceci permet de réaliser un important gain énergétique.
[0086] Avantageusement, selon l'invention, l'unité d'hydrotraitement fonctionne en une passe,
sans recycle d'effluent liquide en tête de réacteur.
[0087] Il est également décrit une unité d'hydroraffinage comprenant au moins une unité
d'hydrotraitement catalytique telle que décrite ci-après, pour la mise en œuvre du
procédé selon l'invention.
[0088] Avantageusement, l'unité d'hydrotraitement catalytique comprend au moins un réacteur
pourvu d'une première entrée pour l'introduction d'une charge d'origine pétrolière
de type gazole et une deuxième entrée pour l'introduction d'une charge d'origine biologique
à base d'huiles végétales et/ou animales, la deuxième entrée étant située en aval
de la première entrée.
[0089] Avantageusement, l'unité d'hydrotraitement catalytique comprend une première zone
catalytique destinée au traitement de la charge d'origine pétrolière, et une deuxième
zone catalytique située en aval de la première zone catalytique et destinée au traitement
de la charge d'origine biologique diluée par la charge d'origine pétrolière sortant
de la première zone catalytique.
[0090] Dans un premier mode de réalisation, cette unité d'hydrotraitement catalytique comprend
un unique réacteur.
[0091] Dans un second mode de réalisation, l'unité d'hydrotraitement catalytique comprend
deux réacteurs distincts, un premier réacteur pourvu de ladite première entrée pour
l'introduction de la charge d'origine pétrolière, et un deuxième réacteur pourvu de
ladite deuxième entrée pour l'introduction de la charge d'origine biologique, ledit
premier réacteur comprenant en outre une sortie de la charge d'origine pétrolière
traitée, ladite sortie rejoignant ladite deuxième entrée du deuxième réacteur.
Dans un troisième mode de réalisation, l'unité d'hydrotraitement catalytique comprend
deux réacteurs distincts, un premier réacteur pourvu de ladite première entrée pour
l'introduction de la charge d'origine pétrolière et de ladite deuxième entrée pour
l'introduction d'une partie de la charge d'origine biologique à base d'huiles végétales
et/ou animales, la deuxième entrée étant située en aval de la première entrée, ledit
premier réacteur comprenant en outre une sortie du mélange des deux charges traité,
ladite sortie rejoignant l'entrée du deuxième réacteur, et le deuxième réacteur comprend
une troisième entrée pour l'introduction d'une partie de la charge d'origine biologique.
[0092] De préférence, l'unité d'hydrotraitement catalytique comprend au moins un lit catalytique
contenant au moins un catalyseur à base d'oxydes métalliques choisis parmi les oxydes
des métaux du groupe VI-B (Mo, W...) et VIII-B (Co, Ni, Pt, Pd, Ru, Rh...) supportés
sur un support choisi parmi l'alumine, silice alumine, zéolithe, ferrierite, alumine
phosphatée, silice alumine phosphatée..., de préférence, du NiMo, CoMo, NiW, PtPd,
ou un mélange de deux ou plusieurs de ceux-ci.
[0093] De préférence, l'unité d'hydrotraitement catalytique comprend au moins un lit catalytique
contenant au moins pour partie un catalyseur avec une fonction isomérisante, de préférence
à base d'oxydes de nickel sur un support acide tel que silice alumine amorphe, zéolithe,
ferrierite, alumine phosphatée, silice alumine phosphatée...
[0094] De préférence, l'unité d'hydroraffinage comprend en outre un séparateur séparant
les phases liquide et vapeur de l'effluent sortant de ladite unité d'hydrotraitement,
et comprend, en aval du séparateur, une unité de séparation et de traitement du monoxyde
de carbone (CO) présent dans la phase vapeur de l'effluent pour la mise en œuvre du
procédé selon l'invention.
[0095] Préférentiellement, l'unité d'hydroraffinage comprend en aval du séparateur, une
unité de séparation et de traitement du dioxyde de carbone (CO
2) et de l'hydrogène sulfuré (H
2S) présents dans la phase vapeur de l'effluent pour la mise en œuvre du procédé selon
l'invention.
[0096] L'invention est maintenant décrite en référence aux dessins annexés, non limitatifs,
dans lesquels :
- la figure 1 est un schéma simplifié d'une unité 1 d'hydroraffinage classique d'une
charge de type gazole ;
- la figure 2 est un schéma simplifié d'une section de séparation d'une unité d'hydroraffinage
classique ;
- la figure 3 un schéma simplifié d'une unité d'hydrotraitement selon un premier mode
de réalisation de l'invention, comportant un unique réacteur.
- la figure 4 est un schéma simplifié d'une unité d'hydroraffinage comportant une unité
d'hydrotraitement selon un deuxième mode de réalisation de l'invention, comportant
deux réacteurs.
[0097] La figure 1 représente un schéma simplifié d'une unité 1 d'hydroraffinage classique
d'une charge de type gazole. Cette unité 1 comprend un réacteur 2 dans lequel est
introduit la charge à traiter au moyen d'une ligne 3. Ce réacteur contient un ou plusieurs
lits de catalyseurs d'hydroraffinage.
[0098] Une ligne 4 récupère l'effluent en sortie du réacteur 2 et le conduit à une section
de séparation 5.
[0099] Un échangeur de chaleur 6 est placé en aval du réacteur sur la ligne 4 afin de chauffer
la charge circulant dans la ligne 3, en amont du réacteur.
[0100] En amont de cet échangeur de chaleur 6, une ligne 7, raccordée sur la ligne 3, apporte
à la charge à traiter un gaz riche en H
2.
[0101] En aval de l'échangeur de chaleur 6, et en amont du réacteur 2, la charge mélangée
au gaz riche en H
2 circulant dans la ligne 3 est chauffée par un four 8.
[0102] Ainsi, la charge est mélangée au gaz riche en hydrogène, puis portée à la température
de réaction par l'échangeur de chaleur 6 et le four 8 avant son entrée dans le réacteur
2. Elle passe ensuite dans le réacteur 2, à l'état vapeur s'il s'agit d'une coupe
légère, en mélange liquide-vapeur s'il s'agit d'une coupe lourde.
[0103] A la sortie du réacteur, le mélange obtenu est refroidi, puis séparé dans la section
de séparation 5, ce qui permet d'obtenir :
- un gaz G acide riche en H2S, dont une partie est réinjectée dans le gaz riche en H2 mélangé à la charge, au moyen d'une ligne 9,
- des produits légers L qui résultent de la décomposition des impuretés. L'élimination du soufre, de l'azote,
... conduit en effet à une destruction de nombreuses molécules et à la production
de fractions plus légères,
- un produit hydroraffiné H de volatilité proche de celle de la charge mais aux caractéristiques améliorées.
[0104] De manière classique, l'effluent sortant du réacteur 2 est refroidi et partiellement
condensé, puis pénètre dans la section de séparation 5.
[0105] Une telle section de séparation 5 comprend généralement (figure 2) :
- un premier ballon séparateur 10 haute pression qui permet de séparer de l'effluent
un gaz G(H2) riche en hydrogène, ce gaz pouvant être recyclé,
- un deuxième ballon séparateur 11 basse pression (10 bars) qui sépare les phases liquide
et vapeur obtenues par détente du liquide provenant du ballon haute pression 10. Le
gaz G(H2, L, H2S) obtenu contient principalement de l'hydrogène, des hydrocarbures légers et une grande
partie de l'hydrogène sulfuré qui s'est formé dans le réacteur,
- un stripper 12 dont la fonction est d'éliminer les hydrocarbures légers L et l'H2S résiduel de la charge traitée. Le produit hydroraffiné H est soutiré en fond de ce stripper,
- un sécheur 13 permettant d'éliminer l'eau solubilisée par le produit hydroraffiné
chaud dans le stripper.
[0106] Selon un premier mode de réalisation, une unité d'hydrotraitement catalytique est
formée d'un unique réacteur 20, tel que représenté sur la figure 3. Ce réacteur 20
est pourvu d'une première entrée 21 pour l'introduction d'une charge d'origine pétrolière
(Cp) de type gazole et une deuxième entrée 22 pour l'introduction d'une charge d'origine
biologique (Cb) à base d'huiles végétales et/ou animales, la deuxième entrée 22 étant
située en aval de la première entrée 21.
[0107] De préférence, l'entrée 21 de la charge d'origine pétrolière est située en tête de
réacteur, de manière conventionnelle.
[0108] Le réacteur 20 comprend plusieurs lits catalytiques, qui sont répartis en deux zones
catalytiques : une première zone située en amont de la deuxième entrée 22, destinée
au traitement de la charge d'origine pétrolière, et une deuxième zone B située en
aval de cette deuxième entrée 22, destinée au traitement de la charge d'origine biologique.
[0109] La première zone catalytique A comportera de préférence un catalyseur favorisant
l'hydrodésulfuration de la charge d'origine pétrolière.
[0110] La deuxième zone catalytique B comportera de préférence un catalyseur favorisant
la déoxygénation de la charge d'origine biologique. Avantageusement, cette zone B
comprend au moins un premier lit contenant un catalyseur à base de NiMo et un dernier
lit contenant un catalyseur avec une fonction isomérisante permettant d'améliorer
les propriétés à froid du produit.
[0111] Par ailleurs, le réacteur 20 comprend une entrée 23 pour l'introduction d'hydrogène
H
2 au niveau de la première zone catalytique A, et de préférence, une deuxième entrée
24 d'introduction de l'hydrogène H
2, au niveau de la deuxième zone catalytique B, ces injections de H
2 servant de quench gazeux.
[0112] Enfin, on pourra prévoir une entrée 25 pour l'introduction d'eau au niveau de la
zone catalytique B, cette injection B permettant de favoriser la transformation du
CO éventuellement formé en CO
2.
[0113] Le réacteur formant l'unité d'hydrotraitement catalytique 20 peut être utilisé dans
une unité d'hydroraffinage classique telle que celle décrite en référence à la figure
1, en remplacement du réacteur 2 de cette unité.
[0114] Selon un deuxième mode de réalisation, une unité d'hydrotraitement catalytique est
formée de deux réacteurs 30, 31. La figure 4 représente une unité d'hydroraffinage
équipée d'une telle unité d'hydrotraitement catalytique.
[0115] Le schéma de cette unité d'hydroraffinage est très proche de celui de l'unité représentée
sur la figure 1.
[0116] Le premier réacteur 30 de l'unité d'hydrotraitement catalytique est de préférence
identique au réacteur 2 de la figure 1. La charge d'origine pétrolière Cp est amenée
en tête de ce réacteur au moyen d'une ligne 32, mais l'effluent liquide sortant de
ce premier réacteur, au lieu d'être dirigé vers une section de séparation, est envoyé
en tête du deuxième réacteur 31 au moyen d'une ligne 33.
[0117] Une ligne 34 amenant la charge d'origine biologique Cb rejoint la ligne 33 avant
son entrée en tête du deuxième réacteur 31.
[0118] Une ligne 35 récupère l'effluent liquide en sortie du deuxième réacteur 31 et le
conduit à une section de séparation.
[0119] De même que pour une unité classique, un échangeur de chaleur 36 est placé en aval
du premier réacteur 30 sur la ligne 33 afin de chauffer la charge Cp circulant dans
la ligne 32, en amont du premier réacteur 30.
[0120] De préférence, l'unité d'hydroraffinage comprend en plus un deuxième échangeur de
chaleur 37 placé en aval du deuxième réacteur 31 sur la ligne 35, et chauffant également
la charge Cp circulant en amont du premier réacteur 30, ce deuxième échangeur 37 étant
par exemple placé en amont du premier échangeur 36.
[0121] En amont de ces échangeurs de chaleur 36 et 37, une ligne 38 raccordée sur la ligne
32, apporte à la charge Cp à traiter, un gaz riche en H
2.
[0122] En aval des échangeurs de chaleur 36, 37 et en amont du premier réacteur 30, la charge
d'origine pétrolière mélangée au gaz riche en H
2 circulant dans la ligne 32 est chauffée par un four 39.
[0123] A la sortie du deuxième réacteur 31, l'effluant liquide est refroidi, puis séparé
dans une section de séparation qui comprend un premier ballon séparateur « chaud »
40 haute pression qui permet de séparer de l'effluent un gaz
G(H2) riche en hydrogène et contenant également du CO et du CO
2. Ce gaz
G(H2) est conduit dans un autre ballon séparateur « froid » basse pression 41 , puis amené
dans une unité 42 de traitement et de séparation du CO
2, par exemple un absorbeur aux amines, puis dans une unité 43 de séparation et de
traitement du CO, du type PSA. Le CO séparé dans cette unité 43, ainsi que les autres
gaz séparés tels que CH
4, C
2H
6, C
3H
8... peuvent être avantageusement envoyés vers une unité SMR pour la production d'hydrogène
H
2. Cet hydrogène peut alors être éventuellement renvoyé dans la ligne 44 ramenant le
gaz de recycle dans le premier réacteur 30 en tant que quench gazeux, et dans la ligne
38 pour le traitement de la charge Cp.
[0124] L'effluent liquide sortant du premier ballon séparateur 40 est, quant à lui, dirigé
vers un autre ballon séparateur basse pression 45 (10 bars) qui sépare les phases
liquide et vapeur obtenues par détente du liquide provenant du ballon haute pression
40. Le gaz
G(H2, L, H2S) obtenu contient principalement de l'hydrogène, des hydrocarbures légers et une grande
partie de l'hydrogène sulfuré qui s'est formé dans le réacteur. L'effluent liquide
issu de ce ballon 45 est conduit dans un stripeur 46 à vapeur d'eau dont la fonction
est d'éliminer les hydrocarbures légers et l'H
2S résiduel de la charge traitée. L'effluent gazeux sortant du ballon 45 peut être
envoyé vers un autre ballon 47, alimenté par l'effluent liquide sortant du ballon
41, et dont l'effluent liquide est également conduit dans le stripeur 46. Le gaz sortant
de ce ballon 47 peut être exploité.
[0125] Le produit hydroraffiné
H est soutiré en fond de ce stripeur 46.
[0126] L'unité de séparation décrite ci-dessus et composée des ballons 40, 41, 45 et 47,
du stripeur 46 et des unités de traitement 42, 43, peut bien entendu être utilisée
en sortie du réacteur unique décrit à la figure 3. Selon les conditions, on peut également
prévoir seulement deux ballons séparateurs successifs 40 et 41 dont les effluents
liquides sont dirigés directement vers le stripeur 46.
[0127] Une partie du produit hydroraffiné
H peut être introduite dans le deuxième réacteur via une ligne 48 afin de servir de
quench liquide. Des échangeurs de chaleurs 49, 50 placés respectivement sur les lignes
34 et 32 peuvent servir au préchauffage de la charge d'origine biologique et de la
charge d'origine pétrolière respectivement.
[0128] De même que dans le précédent mode de réalisation à un réacteur, on peut prévoir
une injection d'eau 51 dans le deuxième réacteur 31.
[0129] Cette unité permet ainsi d'effectuer l'hydroraffinage des coupes pétrolières dans
le premier réacteur 30 et d'effectuer une finition de l'hydroraffinage des coupes
pétrolières dans le deuxième réacteur 31, ainsi que la déoxygénation des triglycérides
de la charge d'origine biologique.
[0130] Il apparaît en outre clairement que le deuxième réacteur peut être facilement isolé
du circuit au moyen de vannes, une conduite de dérivation amenant directement l'effluent
liquide sortant du premier réacteur vers les dispositifs de séparation et de traitement.
Ainsi, cette unité d'hydroraffinage peut être utilisée pour l'hydrotraitement d'une
charge d'origine pétrolière avec ou sans ajout d'une charge d'origine biologique.
[0131] Les exemples suivants illustrent les avantages produits par le procédé selon l'invention.
Exemples
Charge étudiée
[0132] La charge à base de gazole étudiée est composée de 30 % de LCO (« Light Cycle Oil
») et de 70% de coupes de type gazole provenant de la distillation directe (ou straight-run
(SR) selon la dénomination anglaise) d'un pétrole brut. Les caractéristiques de cette
charge gazole ainsi que celles de l'huile de palme incorporée à environ 15 % poids
sont reportées dans les tableaux 1 et 2 respectivement.
Tableau 1 : caractéristiques de la charge gazole
| Densité à 15°C |
0.8685 |
| Teneur en soufre (ppm) |
6570 |
| Dont soufre réfractaire (dibenzothiophène ou composés plus lourds) (% poids) |
80 % |
| Teneur en azote basique (ppm) |
23 |
| Point de trouble (°C) |
-4 |
| Indice de Cétane calculé (ASTM D 4737) |
47 |
| Température de distillation de |
|
| 5% |
240 |
| 20% |
259 |
| 50% |
285 |
| 80% |
319 |
| 95% |
344 |
| du gazole (°C, ASTM D 86) |
|
| Teneur en polyaromatiques (% en poids) |
14.8 |
| Teneur totale en aromatiques (% en poids) |
31.6 |
Tableau 2 : caractéristiques de l'huile de palme
| Composition en acide (pourcentages en poids) |
|
|
| Acide laurique |
12 : 0 |
0,2 |
| Acide myristique |
14 : 0 |
1,1 |
| Acide palmitique |
16 : 0 |
45,7 |
| Acide palmitoléique |
16 : 1 |
0,2 |
| Acide margarique |
17 : 0 |
0,1 |
| |
17 : 1 |
<0,1 |
| Acide stéarique |
18 : 0 |
4,3 |
| Acide oléique |
18 : 1 |
37,7 |
| Acide linoléique |
18 : 2 |
9,8 |
| Acide linolénique |
18 : 3 |
0,2 |
| Acide arachidique |
20 : 0 |
0,4 |
| Acide gondoïque |
20 : 1 |
0,1 |
| |
|
|
| GPC : |
|
|
| Acides gras libres |
|
0,7 |
| Monoglycérides |
|
<0,1 |
| Diglycérides |
|
7,1 |
| Triglycérides |
|
92,0 |
| Non indentifié |
|
0,2 |
| Teneur en éléments (ppm) |
|
| Phosphore |
|
0,5 |
| Calcium |
|
<0,2 |
| Cuivre |
|
<0,08 |
| Fer |
|
0,04 |
| Magnésium |
|
<0,02 |
| Sodium |
|
<0,1 |
Installation et conditions opérationnelles
[0133] Dans l'exemple 1, qui sert de référence, le traitement se fait sur une unité comportant
un seul réacteur d'hydrotraitement, dans lequel le volume de catalyseur est de 54,6
m
3. L'alimentation simultanée d'huile de palme et de la charge à base de gazole se fait
en tête de réacteur. La pression partielle d'hydrogène est de 63 bars, et la température
moyenne de traitement est de 362°C. Cette température permet d'assurer une teneur
en soufre de 10 ppm à partir de la charge traitée ici.
[0134] Dans l'exemple 2, selon l'invention, le traitement se fait sur une unité comportant
deux réacteurs d'hydrotraitement. La charge à base de gazole est incorporée en tête
du premier réacteur, et la charge à base d'huile de palme est incorporée à l'effluent
du premier réacteur, avant l'entrée dans le deuxième réacteur. Le volume global de
catalyseur dans l'unité est de 54,6 m
3 (identique à celui de l'exemple 1). La température moyenne de réaction du deuxième
réacteur est de 321°C, et celle du premier réacteur est telle que l'unité (ensemble
des deux réacteurs en série) permet d'assurer une teneur en soufre de 10 ppm à partir
de la charge traitée ici.
[0135] Dans l'exemple 3, selon l'invention, le traitement se fait également sur une unité
comportant deux réacteurs d'hydrotraitement. La charge à base de gazole est incorporée
en tête du premier réacteur, et la charge à base d'huile de palme est incorporée à
l'effluent du premier réacteur, avant l'entrée dans le deuxième réacteur. Le volume
global de catalyseur de 47,4 m
3. La température moyenne de réaction dans le premier réacteur est de 362°C (identique
à celle de l'exemple 1) et celle du deuxième réacteur est de 321°C, ce qui permet
à l'unité (ensemble des deux réacteurs en série) d'assurer une teneur en soufre de
10 ppm à partir de la charge traitée ici.
[0136] Les réacteurs contiennent un catalyseur commercial d'hydrodésulfuration connu par
l'homme du métier, constitué d'alumine poreuse sur laquelle sont déposés des oxydes
de nickel et de molybdène. Ce catalyseur se présente sous la forme d'extrudés de 1
à 2 mm de diamètre de forme trilobé. La densité de chargement est de 950 kg/m
3 de catalyseur chargé dans l'unité.
[0137] La pression partielle d'hydrogène à l'entrée du premier réacteur est de 63 bars.
La couverture d'hydrogène utilisée, dans le premier réacteur, pour les exemples exposés
est de 350 NI/I (c'est-à-dire la quantité de normolitres d'hydrogène par litre de
charge).
[0138] Une section de strippage de l'effluent liquide est présente à la sortie du réacteur
afin d'éliminer les gaz tels que H
2S, NH
3, CO, CO
2 lorsque ces composés sont présents dans l'effluent.
[0139] Le tableau 3 résume les conditions opératoires de l'unité utilisée.
Tableau 3: Conditions Opératoires pour l'obtention d'un gazole à 10 ppm de soufre
| |
Exemple 1 |
Exemple 2 |
Exemple 3 |
| Débit de la charge gazole (m3/h) |
47.7 |
47.7 |
47.7 |
| Débit de la charge d'huile de palme (m3/h) |
6.9 |
6.9 |
6.9 |
| Réacteur 1 |
|
|
|
| Volume de catalyseur (m3) |
54.6 |
36.6 |
29.4 |
| Température moyenne de réaction (°C) |
362 |
357 |
362 |
| VVH (h-1) |
1 |
1.31 |
1.62 |
| Couverture d'hydrogène (NI/I) |
350 |
350 |
350 |
| Teneur en soufre de l'effluent |
10 |
25 |
25 |
| Réacteur 2 |
|
|
|
| Volume de catalyseur (m3) |
18 |
18 |
| Température moyenne de réaction (°C) |
321 |
321 |
| Couverture d'hydrogène (NI/I) |
300 |
300 |
| VVH (h-1) |
3 |
3 |
| Teneur en soufre de l'effluent |
10 |
10 |
| Volume total de catalyseur dans l'unité |
54.6 |
54.6 |
47.4 |
[0140] La comparaison des exemples 1 et 2, montre qu'en utilisant le même volume catalytique
(54.6 m
3), la mise en oeuvre de l'invention permet de faire fonctionner le premier réacteur
à la température de 357°C, au lieu de 362°C dans le cas de l'exemple 1. Cette différence
de 5°C a pour conséquence de réaliser un gain énergétique considérable, d'autant plus
qu'une partie de la chaleur est récupérée de l'effluent du premier réacteur. De plus,
les conditions étant moins sévères, la durée de cycle s'en trouve allongée. Dans ce
cas, on peut s'attendre à avoir une durée de cycle allongée d'au moins 5 mois. De
plus, le deuxième réacteur, dans l'exemple 2, sera caractérisé par une durée de cycle
très longue, du fait de la température de fonctionnement peu élevée, et néanmoins
suffisante à obtenir un gazole à 10 ppm en sortie.
[0141] La comparaison des exemples 1 et 3, montre qu'à une température réactionnelle moyenne
pour le premier réacteur, le volume catalytique nécessaire pour obtenir un gazole
à 10 ppm en sortie, est moins élevé lorsque est mise en œuvre l'invention. En effet,
le gain sur la première zone catalytique est de 7.2 m
3 de volume de catalyseur, ce qui implique une baisse de 13 % du volume total de catalyseur
pour l'unité. De plus, le deuxième réacteur, dans l'exemple 2, sera caractérisé par
une durée de cycle très longue, du fait de la température de fonctionnement peu élevée,
et néanmoins suffisante à obtenir un gazole à 10 ppm en sortie.
Production de CO, CO2, CH4 et H2O
[0142] Le tableau 4 illustre la production, en sortie de l'unité, des gaz CO, CO
2, CH
4 et H
2O, par rapport à la charge d'huile de palme étudiée.
Tableau 4 : Production, en sortie de l'unité, de CO, CO
2, CH
4 et H
2O par rapport à la charge d'huile de palme étudiée
| |
Exemple 1 |
Exemples 2 et 3 |
| %mol |
%pds |
%mol |
%pds |
| CO |
1.1 |
3.7 |
2.2 |
7.6 |
| CO2 |
1.2 |
6.3 |
1.1 |
5.8 |
| CH4 |
1.0 |
1.9 |
0.5 |
0.9 |
| H2O |
2.4 |
5.1 |
1.5 |
3.1 |
[0143] Le tableau 4 démontre que la mise en œuvre de l'invention présente l'avantage d'une
diminution de la consommation d'hydrogène H
2. En effet, la formation de méthane (CH
4) et d'eau (H
2O) est diminuée.
Qualité des produits
[0144] Le tableau 5 regroupe les résultats d'une analyse détaillée de l'effluent obtenu
pour les exemples 2 et 3. L'incorporation d'huile de palme en charge d'une unité d'hydrodésulfuration,
tant par incorporation simultanée en tête de réacteur, que par mise en œuvre de l'invention,
a pour conséquence d'ajouter des normales paraffines dans le produit final, et les
caractéristiques des produits obtenus s'en trouvent favorablement affectées. En particulier,
on constate que le point de trouble des effluents est de -3°C, alors qu'on aurait
pu s'attendre, avec l'incorporation de 15 % d'huile de palme à la charge gazole, à
un plus grand impact sur le point de trouble.
Tableau 5 : caractéristiques des effluents des exemples 2 et 3
| Densité à 15°C |
0.8436 |
| Soufre (ppm) |
10 |
| Point de trouble (°C) |
-3 |
| TLF (°C) |
-8 |
| Indice cétane calculé |
59 |
| GPC (triglycérides) (% poids) |
<0,05 |
| Température de distillation (°C, ASTM D86) |
|
| 5% (% de produit distillé) |
236 |
| 20% |
262 |
| 50% |
288 |
| 80% |
315 |
| 95% |
343 |
| Teneur en polyaromatiques (% en poids) |
6.2 |
1. Procédé d'hydrotraitement catalytique d'une charge d'origine pétrolière de type gazole
et d'une charge d'origine biologique à base d'huiles végétales et/ou graisses animales
dans une unité d'hydrotraitement en lit fixe, ledit procédé étant caractérisé en ce que la charge d'origine pétrolière est introduite dans ladite unité en amont de la charge
d'origine biologique et en que la vitesse spatiale VVH de la charge d'origine pétrolière
est inférieure à la vitesse spatiale de la charge d'origine biologique, en mélange
avec l'effluent issu du traitement de la charge d'origine pétrolière.
2. Procédé d'hydrotraitement selon la revendication 1, caractérisé en ce que la charge d'origine pétrolière est injectée dans une première zone catalytique de
l'unité d'hydrotraitement et en ce que la charge d'origine biologique est injectée dans une deuxième zone catalytique de
l'unité d'hydrotraitement située en aval de la première zone catalytique.
3. Procédé d'hydrotraitement selon les revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'unité d'hydrotraitement est formée d'un unique réacteur dans lequel les charges
d'origine pétrolière et biologique sont injectées.
4. Procédé d'hydrotraitement selon les revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'unité d'hydrotraitement est formée de deux réacteurs distincts, et en ce que la charge d'origine pétrolière est injectée dans le premier réacteur, et la charge
d'origine biologique est injectée dans le deuxième réacteur en mélange avec l'effluent
liquide sortant du premier réacteur.
5. Procédé d'hydrotraitement selon les revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'unité d'hydrotraitement est formée de deux réacteurs distincts, et en ce que la charge d'origine pétrolière est injectée dans le premier réacteur, et que la charge
d'origine biologique est injectée pour partie dans le premier réacteur, et pour partie
dans le deuxième réacteur, et en ce que l'effluent liquide sortant du premier réacteur est injecté dans le deuxième réacteur.
6. Procédé d'hydrotraitement selon l'une des revendications précédentes, dans lequel
la charge d'origine pétrolière de type gazole est choisie parmi les coupes gazole
provenant de la distillation d'un pétrole brut et/ou d'un brut synthétique issu du
traitement des schistes bitumineux ou de pétroles bruts lourds et extra-lourds ou
de l'effluent du procédé Fischer Tropsch, les coupes gazoles issues de différents
procédés de conversion, en particulier, celles issues du craquage catalytique et/ou
thermique tel que FCC, cokéfaction, viscoréduction, et/ou les huiles végétales contenues
dans la charge d'origine biologique sont choisies parmi l'huile de palme, l'huile
de soja, l'huile de colza, l'huile de tournesol, l'huile de lin, l'huile de son de
riz, l'huile de maïs, l'huile d'olive, l'huile de ricin, l'huile de sésame, l'huile
de pin, l'huile d'arachide, l'huile de palmiste, l'huile de coco, l'huile de babasu,
de préférence l'huile de palme, , ou un mélange de deux ou plusieurs de ces huiles.
7. Procédé d'hydrotraitement selon l'une des revendications précédentes, dans lequel
le taux de la charge d'origine biologique à base d'huiles végétales et/ou de graisses
animales est jusqu'à 30% en masse, de préférence inférieur ou égal à 15 % en masse.
8. Procédé d'hydrotraitement selon l'une des revendications précédentes dépendant de
la revendication 2, dans lequel la zone catalytique d'injection de la charge d'origine
biologique comprend un premier lit catalytique piège à métaux.
9. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
comprenant un traitement de gaz de recycle issu de l'hydrotraitement de la charge
totale avant sa réinjection dans l'unité d'hydrotraitement, dans lequel on effectue
un traitement supplémentaire du monoxyde de carbone présent dans ledit gaz de recycle,
et dans lequel on traite le monoxyde de carbone au moyen d'une unité de conversion
de CO utilisant la réaction de « CO shift ».
10. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes dépendant
de la revendication 2,
dans lequel la quantité d'hydrogène introduite dans la première zone catalytique est
de 50 à 1000 Normolitres de H2 par litre de charge d'origine pétrolière, préférentiellement de 100 à 500 Normolitres
de H2 par litre de charge pétrolière, et encore plus préférentiellement de 120 à 450 Normolitres
de H2 par litre de charge d'origine pétrolière,
et/ou dans lequel la quantité d'hydrogène introduite dans la deuxième zone catalytique
est de 50 à 2000 Normolitres de H2 par litre de charge totale, correspondant à la charge d'origine biologique en mélange
avec l'effluent issu du traitement de la charge d'origine pétrolière, préférentiellement
de 150 à 1500 Normolitres de H2 par litre de charge totale, et encore plus préférentiellement de 200 à 1000 Normolitres
de H2 par litre de charge totale.
11. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes dépendant
de la revendication 2, dans lequel la température de la première zone catalytique
de traitement de la charge d'origine pétrolière est de 320 à 420°C, de préférence
de 340 à 400°C et/ou dans lequel la température de la deuxième zone catalytique de
traitement de la charge d'origine biologique en mélange avec l'effluent issu du traitement
de la charge d'origine pétrolière est de 250 à 420°C, de préférence de 280 à 350°C.
12. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
dans lequel les différentes charges sont traitées à une pression de 25 à 150 bars,
de préférence de 30 à 70 bars.
13. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes dépendant
de la revendication 2, dans lequel la VVH de la charge d'origine pétrolière, dans
la première zone catalytique est de 0.3 à 5, de préférence de 0.6 à 3 et/ou dans lequel
la VVH, dans la deuxième zone catalytique, de la charge totale, correspondant à la
charge d'origine biologique en mélange avec l'effluent issu du traitement de la charge
d'origine pétrolière, est de 0.5 à 10, de préférence de 1 à 5.
14. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
dans lequel, la charge d'origine biologique traverse au moins un lit catalytique dans
l'unité d'hydrotraitement, le lit catalytique contenant au moins un catalyseur à base
d'oxydes métalliques choisis parmi les oxydes des métaux du groupe VI-B et VIII-B
supportés sur un support choisi parmi l'alumine, silice alumine, zéolithe, ferrierite,
alumine phosphatée, silice alumine phosphatée...de préférence, du NiMo, CoMo, NiW,
PtPd, ou un mélange de deux ou plusieurs de ceux-ci.
15. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
dans lequel on traite la charge d'origine biologique introduite dans l'unité d'hydrotraitement
sur au moins un lit catalytique contenant au moins pour partie un catalyseur avec
une fonction isomérisante, de préférence à base d'oxydes de nickel sur un support
acide tel que silice alumine amorphe, zéolithe, ferrierite, alumine phosphatée, silice
alumine phosphatée...
16. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
dans lequel on injecte de l'eau au niveau de la zone de traitement de la charge d'origine
biologique.
17. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon la revendication 9,
- dans lequel on sépare le monoxyde de carbone CO, et éventuellement le méthane CH4, l'éthane C2H6, le propane C3H8... au moyen d'une unité de traitement PSA,
- dans lequel le monoxyde de carbone CO séparé, et éventuellement le méthane CH4, l'éthane C2H6, le propane C3H8 séparés sont utilisés dans un vaporéformeur, tel qu'un vaporéformeur de méthane SMR,
et
- dans lequel on effectue en outre un traitement au cours duquel on sépare et on traite
le dioxyde de carbone CO2 et l'hydrogène sulfuré H2S présents dans ledit gaz de recycle avant sa réinjection dans ladite unité d'hydrotraitement.
18. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
dans lequel on contrôle l'exothermicité de l'hydrotraitement de la charge d'origine
biologique au moyen de systèmes de régulation thermique et dans lequel le système
de régulation thermique consiste en l'ajout d'un liquide au niveau de la zone de traitement
de la charge d'origine biologique.
19. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon la revendication 18 dépendant de la revendication
4 ou 5, dans lequel le système de régulation thermique consiste à récupérer de la
chaleur de l'effluent sortant du premier réacteur afin d'abaisser sa température avant
son injection dans le deuxième réacteur.
20. Procédé d'hydrotraitement catalytique selon l'une des revendications précédentes,
dans lequel l'unité d'hydrotraitement fonctionne en une passe, sans recycle d'effluent
liquide en tête de l'unité d'hydrotraitement.
1. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren für einen Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs
vom Dieseltyp und einen Einsatzstoff biologischen Ursprungs auf der Basis pflanzlicher
Öle und/oder tierischer Fette in einer Festbett-Hydrotreating-Einheit, wobei das Verfahren
dadurch gekennzeichnet ist, dass der Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs stromauf des Einsatzstoffs biologischen
Ursprungs in die Einheit eingebracht wird und dass die Raumgeschwindigkeit VVH des
Einsatzstoffs mineralölischen Ursprungs geringer ist als die Raumgeschwindigkeit des
Einsatzstoffs biologischen Ursprungs im Gemisch mit dem bei der Behandlung des Einsatzstoffs
mineralölischen Ursprungs anfallenden Abwasser.
2. Hydrotreating-Verfahren nach Anspruch 1, dadurch gekennzeichnet, dass der Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs in eine erste katalytische Zone der Hydrotreating-Einheit
eingespritzt wird und dass der Einsatzstoff biologischen Ursprungs in eine zweite
katalytische Zone der Hydrotreating-Einheit eingespritzt wird, die stromab der ersten
katalytischen Zone gelegen ist.
3. Hydrotreating-Verfahren nach den Ansprüchen 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Hydrotreating-Einheit aus einem einzigen Reaktor gebildet ist, in den die Einsatzstoffe
mineralölischen und biologischen Ursprungs eingespritzt werden.
4. Hydrotreating-Verfahren nach den Ansprüchen 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Hydrotreating-Einheit aus zwei verschiedenen Reaktoren gebildet ist und dass
der Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs in den ersten Reaktor eingespritzt wird
und der Einsatzstoff biologischen Ursprungs in den zweiten Reaktor im Gemisch mit
dem aus dem ersten Reaktor austretenden flüssigen Abwasser eingespritzt wird.
5. Hydrotreating-Verfahren nach den Ansprüchen 1 oder 2, dadurch gekennzeichnet, dass die Hydrotreating-Einheit aus zwei verschiedenen Reaktoren gebildet ist und dass
der Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs in den ersten Reaktor eingespritzt wird
und dass der Einsatzstoff biologischen Ursprungs zum Teil in den ersten Reaktor und
zum Teil in den zweiten Reaktor eingespritzt wird und dass das aus dem ersten Reaktor
austretende flüssige Abwasser in den zweiten Reaktor eingespritzt wird.
6. Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei der Einsatzstoff
mineralölischen Ursprungs vom Dieseltyp aus den Dieselschnitten, die aus der Destillation
eines Rohöls und/oder eines synthetischen Rohstoffs, der bei der Behandlung von Ölschiefern
oder schweren und extraschweren Rohölen oder dem Abwasser des Fischer-Tropsch-Verfahrens
anfällt, hervorgehen, den Dieselschnitten, die bei verschiedenen Konversionsverfahren
anfallen, insbesondere denen, die beim katalytischen und/oder thermisches Cracken
wie FCC, Verkokung, Visbreaking anfallen, gewählt ist und/oder die im Einsatzstoff
biologischen Ursprungs enthaltenen pflanzlichen Öle aus Palmöl, Sojaöl, Rapsöl, Sonnenblumenöl,
Leinöl, Reiskleieöl, Maisöl, Olivenöl, Rizinusöl, Sesamöl, Pinienöl, Erdnussöl, Palmkernöl,
Kokosöl, Babasuöl, bevorzugt Palmöl, oder einem Gemisch aus zwei oder mehreren dieser
Öle gewählt sind.
7. Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei der Anteil
des Einsatzstoffs biologischen Ursprungs auf der Basis pflanzlicher Öle und/oder tierischer
Fette bis zu 30 Gew.-% beträgt, bevorzugt kleiner als oder gleich 15 Gew.-% ist.
8. Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche in Abhängigkeit von
Anspruch 2, wobei die katalytische Einspritzzone des Einsatzstoffs biologischen Ursprungs
ein erstes katalytische Bett als Metallfalle umfasst.
9. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, umfassend
eine Behandlung von Recyclegas, das beim Hydrotreating des Gesamteinsatzstoffs vor
seinem Wiedereinspritzen in die Hydrotreating-Einheit anfällt, wobei eine zusätzliche
Behandlung des im Recyclegas vorhandenen Kohlenmonoxids erfolgt und wobei das Kohlenmonoxid
mittels einer CO-Konversionseinheit unter Verwendung der "CO-Shift"-Reaktion behandelt
wird.
10. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche in Abhängigkeit
von Anspruch 2,
wobei die in die erste katalytische Zone eingebrachte Wasserstoffmenge 50 bis 1000
Normliter H2 je Liter Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs, bevorzugt 100 bis 500 Normliter
H2 je Liter mineralölischen Einsatzstoffs und noch bevorzugter 120 bis 450 Normliter
H2 je Liter Einsatzstoff mineralölischen Ursprungs beträgt,
und/oder wobei die in die zweite katalytische Zone eingebrachte Wasserstoffmenge 50
bis 2000 Normliter H2 je Liter Gesamteinsatzstoff, entsprechend dem Einsatzstoff biologischen Ursprungs
im Gemisch mit dem bei der Behandlung des Einsatzstoffs mineralölischen Ursprungs
anfallenden Abwasser, bevorzugt 150 bis 1500 Normliter H2 je Liter Gesamteinsatzstoff und noch bevorzugter 200 bis 1000 Normliter H2 je Liter Gesamteinsatzstoff beträgt.
11. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche in Abhängigkeit
von Anspruch 2 wobei die Temperatur der ersten katalytischen Zone zur Behandlung des
Einsatzstoffs mineralölischen Ursprungs 320 bis 420 °C, bevorzugt 340 bis 400 °C beträgt
und/oder wobei die Temperatur der zweiten katalytischen Zone zur Behandlung des Einsatzstoffs
biologischen Ursprungs im Gemisch mit dem bei der Behandlung des Einsatzstoffs mineralölischen
Ursprungs anfallenden Abwasser 250 bis 420 °C, bevorzugt 280 bis 350 °C beträgt.
12. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei
die verschiedenen Einsatzstoffe bei einem Druck von 25 bis 150 bar, bevorzugt 30 bis
70 bar behandelt werden.
13. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche in Abhängigkeit
von Anspruch 2, wobei die VVH des Einsatzstoffs mineralölischen Ursprungs in der ersten
katalytischen Zone 0,3 bis 5, bevorzugt 0,6 bis 3 beträgt und/oder wobei die VVH in
der zweiten katalytischen Zone des Gesamteinsatzstoffs, entsprechend dem Einsatzstoff
biologischen Ursprungs im Gemisch mit dem bei der Behandlung des Einsatzstoffs mineralölischen
Ursprungs anfallenden Abwasser, 0,5 bis 10, bevorzugt 1 bis 5 beträgt.
14. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei
der Einsatzstoff biologischen Ursprungs mindestens ein katalytisches Bett in der Hydrotreating-Einheit
durchläuft, wobei das katalytische Bett mindestens einen Katalysator auf der Basis
von Metalloxiden enthält, die aus den Oxiden der Metalle der Gruppen VI-B und VIII-B
gewählt sind, die auf einem Träger getragen werden, der aus Aluminiumoxid, Siliciumdioxid-Aluminiumoxid,
Zeolith, Ferrierit, phosphatiertem Aluminiumoxid, phosphatiertem Siliciumdioxid-Aluminiumoxid
... bevorzugt NiMo, CoMo, NiW, PtPd oder einem Gemisch aus zwei oder mehreren davon
gewählt ist.
15. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei
der in die Hydrotreating-Einheit eingebrachte Einsatzstoff biologischen Ursprungs
auf mindestens einem katalytischen Bett behandelt wird, das mindestens zum Teil einen
Katalysator mit einer isomerisierenden Funktion enthält, bevorzugt auf der Basis von
Nickeloxiden auf einem sauren Träger wie amorphes Siliciumdioxid, Zeolith, Ferrierit,
phosphatiertes Aluminiumoxid, phosphatiertes Siliciumdioxid-Aluminiumoxid ...
16. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei
an der Behandlungszone des Einsatzstoffs biologischen Ursprungs Wasser eingespritzt
wird.
17. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach Anspruch 9,
- wobei das Kohlenmonoxid CO und gegebenenfalls das Methan CH4, das Ethan C2H6, das Propan C3H8 ... mittels einer PSA-Behandlungseinheit getrennt werden,
- wobei das getrennte Kohlenmonoxid CO und gegebenenfalls das getrennte Methan CH4, Ethan C2H6, Propan C3H8 in einem Dampfreformer wie einem Methandampfreformer SMR verwendet werden, und
- wobei ferner eine Behandlung durchgeführt wird, während der das Kohlendioxid CO2 und den Schwefelwasserstoff H2S, die im Recyclegas vorhanden sind, vor dessen erneutem Einspritzen in die Hydrotreating-Einheit
getrennt und behandelt werden.
18. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei
die Exothermizität des Hydrotreatings des Einsatzstoffs biologischen Ursprungs mittels
Wärmeregulierungssystemen geregelt wird und wobei das Wärmeregulierungssystem in der
Zugabe einer Flüssigkeit im Bereich der Behandlungszone des Einsatzstoffs biologischen
Ursprungs besteht.
19. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach Anspruch 18 in Abhängigkeit von Anspruch
4 oder 5, wobei das Wärmeregulierungssystem darin besteht, Wärme aus dem Abwasser
zurückzugewinnen, das aus dem ersten Reaktor austritt, um seine Temperatur vor dem
Einspritzen in den zweiten Reaktor zu senken.
20. Katalytisches Hydrotreating-Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei
die Hydrotreating-Einheit in einem Durchgang arbeitet, ohne Rückführung von flüssigem
Abwasser zum Anfang der Hydrotreating-Einheit.
1. A method for the catalytic hydroprocessing of a petroleum feedstock of gas oil type
and a biological feedstock comprising vegetable oils and/or animal fats in a fixed-bed
hydroprocessing unit, said method being characterized in that the petroleum feedstock is introduced into said unit upstream of the biological feedstock
and in that the HSV space velocity of the petroleum feedstock is less than the space velocity
of the biological feedstock, as a mixture with the effluent resulting from the processing
of the petroleum feedstock.
2. The method for hydroprocessing according to claim 1, characterized in that the petroleum feedstock is injected into a first catalytic region of the hydroprocessing
unit and in that the biological feedstock is injected into a second catalytic region of the hydroprocessing
unit situated downstream of the first catalytic region.
3. The method for hydroprocessing according to claims 1 or 2, characterized in that the hydroprocessing unit is formed of a single reactor, into which the petroleum
and biological feedstocks are injected.
4. The method for hydroprocessing according to claim 1 or 2, characterized in that the hydroprocessing unit is formed of two separate reactors, and in that the petroleum feedstock is injected into the first reactor, and the biological feedstock
is injected into the second reactor, as a mixture with the liquid effluent leaving
the first reactor.
5. The method for hydroprocessing according to claim 1 or 2, characterized in that the hydroprocessing unit is formed of two separate reactors, and in that the petroleum feedstock is injected into the first reactor, and in that the biological feedstock is injected partly into the first reactor and partly into
the second reactor, and in that the liquid effluent leaving the first reactor is injected into the second reactor.
6. The method for hydroprocessing according to any one of the preceding claims, wherein
the petroleum feedstock of gas oil type is selected from gas oil fractions derived
from the distillation of a crude oil and/or a synthetic crude resulting from the processing
of oil shales of heavy and extra-heavy crude oils, or of the effluent from a Fischer-Tropsch
process, gas oil fractions resulting from different conversion processes, in particular
those resulting from catalytic and/or thermal cracking, such as FCC, coking, visbreaking,
and/or the vegetable oils contained in the biological feedstock are selected from
palm oil, soy bean oil, rapeseed oil, sunflower oil, linseed oil, rice bran oil, corn
oil, olive oil, castor oil, sesame oil, pine oil, peanut oil, palm kernel oil, coconut
oil, babassu oil, preferably palm oil, or a mixture of two or more of these oils.
7. The method for hydroprocessing according to any one of the preceding claims, wherein
the level of the biological feedstock comprising vegetable oils and/or animal fats
is up to 30% by weight, preferably less than or equal to 15% by weight.
8. The method for hydroprocessing according to any one of the preceding claims dependent
on claim 2, wherein the catalytic region for the injection of the biological feedstock
comprises a first metal trap catalytic bed.
9. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
comprising a treatment of recycle gas resulting from the hydroprocessing of the total
feedstock before it is reinjected into the hydroprocessing unit, wherein an additional
processing of the carbon monoxide present in said recycle gas is carried out, and
wherein the carbon monoxide is processed by means of a CO conversion unit using the
CO shift reaction.
10. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims
dependent on claim 2,
wherein the amount of hydrogen introduced into the first catalytic region is from
50 to 1000 Normal litres of H2 per litre of petroleum feedstock, preferably from 100 to 500 Normal litres of H2 per litre of petroleum feedstock, and even more preferably from 120 to 450 Normal
litres of H2 per litre of petroleum feedstock,
and/or wherein the amount of hydrogen introduced into the second catalytic region
is from 50 to 2000 Normal litres of H2 per litre of total feedstock, corresponding to the biological feedstock mixed with
the effluent resulting from the processing of the petroleum feedstock, preferably
from 150 to 1500 Normal litres of H2 per litre of total feedstock, and even more preferably from 200 to 1000 Normal litres
of H2 per litre of total feedstock.
11. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims
dependent on claim 2, wherein the temperature of the first catalytic region for processing
the petroleum feedstock is from 320 to 420°C, preferably from 340 to 400°C and/or
wherein the temperature of the second catalytic region for processing the biological
feedstock, as a mixture with the effluent resulting from the processing of the petroleum
feedstock, is from 250 to 420°C, preferably from 280 to 350°C.
12. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
wherein the different feedstocks are processed at a pressure of 25 to 150 bar, preferably
30 to 70 bar.
13. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims
dependent on claim 2, wherein the HSV of the petroleum feedstock in the first catalytic
region is from 0.3 to 5, preferably from 0.6 to 3 and/or wherein the HSV in the second
catalytic region of the total feedstock, corresponding to the biological feedstock,
as a mixture with the effluent resulting from the processing of the petroleum feedstock
is from 0.5 to 10, preferably from 1 to 5.
14. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
wherein the biological feedstock passes through at least one catalytic bed in the
hydroprocessing unit, the catalytic bed containing at least one catalyst based on
metal oxides selected from Groups VI-B and VIII-B supported on a support selected
from alumina, silica-alumina, zeolite, ferrierite, phosphated alumina, phosphated
silica-alumina, etc., preferably NiMo, CoMo, NiW, PtPd or a mixture of two or more
thereof.
15. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
wherein the biological feedstock introduced into the hydroprocessing unit is processed
over at least one catalytic bed at least partially comprising a catalyst with an isomerizing
function, preferably based on nickel oxides on an acidic support such as amorphous
silica, zeolite, ferrierite, phosphated alumina, phosphated silica-alumina, etc.
16. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
wherein water is injected at the level of the processing region of the biological
feedstock.
17. The method for catalytic hydroprocessing according to claim 9,
- wherein carbon monoxide CO, and optionally methane CH4, ethane C2H6, and propane C3H8, etc. are separated by means of a PSA processing unit,
- wherein the separated carbon monoxide CO, and optionally the separated methane CH4, ethane C2H6, or propane C3H8 are used in a steam reformer, such as a steam methane reformer (SMR), and
- wherein processing is also carried out during which carbon dioxide CO2 and hydrogen sulfide H2S present in said recycle gas are separated and processed before being reinjected
into said hydroprocessing unit.
18. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
wherein the exothermicity of the hydroprocessing of the biological feedstock is controlled
by means of thermal control systems and wherein the thermal control system consists
of adding a liquid to the biological feedstock processing region.
19. The method for catalytic hydroprocessing according to claim 18 dependent on claim
4 or 5, wherein the thermal control system consists of recovering the heat from the
effluent leaving the first reactor in order to lower its temperature prior to its
injection into the second reactor.
20. The method for catalytic hydroprocessing according to any one of the preceding claims,
wherein the hydroprocessing unit operates in a single pass, without recycling of liquid
effluent at the top of the hydroprocessing unit.