[0001] La présente invention concerne les dispositifs de codage de signaux audio, destinés
notamment à prendre place dans des applications de transmission ou de stockage de
signaux audio numérisés et compressés.
[0002] L'invention est relative plus précisément aux modules de quantification compris dans
ces dispositifs de codage audio.
[0003] L'invention concerne plus particulièrement le codage de scène sonore 3D. Une scène
sonore 3D, encore appelée son spatialisé, comprend une pluralité de canaux audio correspondant
chacun à des signaux monophoniques.
[0004] Une technique de codage de signaux d'une scène sonore utilisée dans le codeur « MPEG
Audio Surround » (cf. « Text of ISO/IEC FDIS 23003-1, MPEG Surround », ISO/IEC JTC1
/ SC29 / WG11 N8324, July 2006, Klagenfurt, Austria), comprend l'extraction et le
codage de paramètres spatiaux à partir de l'ensemble des signaux audio monophoniques
sur les différents canaux. Ces signaux sont ensuite mélangés pour obtenir un signal
monophonique ou stéréophonique, qui est alors comprimé par un codeur mono ou stéréo
classique (par exemple de type MPEG-4 AAC, HE-AAC, etc). Au niveau du décodeur, la
synthèse de la scène sonore 3D restituée se fait à partir des paramètres spatiaux
et du signal mono ou stéréo décodé.
[0005] Le codage des signaux multicanaux nécessite dans certains cas l'introduction d'une
transformation (KLT, Ambiophonique, DCT...) permettant de mieux prendre en compte
les interactions qui peuvent exister entre les différents signaux de la scène sonore
à coder.
[0006] Il est toujours besoin d'accroitre la qualité audio des scènes sonores restituées
après une opération de codage et décodage.
[0008] L'objet de l'invention est de trouver une amélioration pour la quantification dans
un système multicanaux. Cet objet est résolu par les revendication indépendantes.
Suivant un premier aspect, l'invention propose un procédé de quantification de composantes,
certaines au moins de ces composantes étant déterminées chacune en fonction d'une
pluralité de signaux audio d'une scène sonore et calculables par application d'une
transformation linéaire sur lesdits signaux audio.
[0009] Selon le procédé, on détermine une fonction de quantification à appliquer audites
composantes dans une bande de fréquence donnée en testant une condition relative à
au moins un signal audio et dépendant au moins d'une comparaison effectuée entre un
seuil de masquage psychoacoustique relatif au signal audio dans la bande de fréquence
donnée, et une valeur déterminée en fonction de la transformation linéaire inverse
et d'erreurs de quantification des composantes par ladite fonction sur la bande de
fréquence donnée.
[0010] Un tel procédé permet donc de déterminer une fonction de quantification qui permette
de masquer, dans le domaine d'écoute de restitution, le bruit introduit par rapport
au signal audio de la scène sonore initiale. La scène sonore restituée après les opérations
de codage et décodage présente donc une meilleure qualité audio.
[0011] En effet, l'introduction d'une transformée multicanal (par exemple de type ambiophonique)
transforme les signaux réels dans un nouveau domaine différent du domaine d'écoute.
La quantification des composantes résultant de cette transformée selon les méthodes
de l'état de l'art, basées sur un critère perceptuel (i.e. respectant le seuil de
masquage sur ces derniers), ne garantit pas une distorsion minimale sur les signaux
réels restitués dans le domaine d'écoute. En effet, le calcul de la fonction de quantification
selon l'invention permet de garantir que les bruits de quantification induits sur
les signaux réels par la quantification des composantes transformées sont minimaux
au sens d'un critère perceptuel. La condition d'une amélioration maximale de la qualité
perceptuelle des signaux dans le domaine d'écoute est alors vérifiée.
[0012] Dans un mode de réalisation la condition est relative à plusieurs signaux audio et
dépend de plusieurs comparaisons, chaque comparaison étant effectuée entre un seuil
de masquage psychoacoustique relatif à un signal audio respectif dans la bande de
fréquence donnée, et une valeur déterminée en fonction de la transformation linéaire
inverse et d'erreurs de quantification des composantes par ladite fonction.
[0013] Cette disposition accroît encore la qualité audio de la scène sonore restituée.
[0014] Dans un mode de réalisation, la détermination de la fonction de quantification est
réitérée lors de l'actualisation des valeurs des composantes à quantifier. Cette disposition
permet également d'accroître la qualité audio de la scène sonore restituée, en adaptant
la quantification dans le temps en fonction des caractéristiques des signaux.
[0015] Dans un mode de réalisation, on teste la condition relative à un signal audio au
moins en comparant le seuil de masquage psychoacoustique relatif au signal audio et
un élément représentant la valeur

où s est la bande de fréquence donnée, r est le nombre de composantes,
hi,j est le coefficient de la transformée linéaire inverse relatif au signal audio et
à la j
ème composante avec j=1 à r,
Bj(
s) représente un paramètre de la fonction de quantification dans la bande s relative
à la j
ème composante et

est l'espérance mathématique dans la bande s de la racine carrée de la j
ème composante.
[0016] Dans un mode de réalisation, on détermine une fonction de quantification à appliquer
audites composantes dans la bande de fréquence donnée à l'aide d'un processus itératif
générant à chaque itération un paramètre de la fonction de quantification candidat
vérifiant la condition et associé à un débit correspondant, l'itération étant stoppée
lorsque le débit est inférieur à un seuil donné.
[0017] Une telle disposition permet ainsi de déterminer simplement une fonction de quantification
à partir des paramètres déterminés, permettant le masquage du bruit dans le domaine
d'écoute de restitution tout en réduisant le débit de codage en dessous d'un seuil
donné.
[0018] Dans un mode de réalisation, la transformation linéaire est une transformation ambiophonique.
[0019] Dans un mode de réalisation particulier, la transformation linéaire est une transformation
ambiophonique (appelée en anglais « ambisonic »). Cette disposition permet d'une part
de réduire le nombre de données à transmettre puisque, en général, les N signaux peuvent
être décrits d'une manière très satisfaisante par un nombre de composantes ambiophoniques
réduit (par exemple, un nombre égal à 3 ou 5), inférieur à N. Cette disposition permet
en outre une adaptabilité du codage à tout type de système de rendu sonore, puisqu'il
suffit au niveau du décodeur, d'appliquer une transformée ambiophonique inverse de
taille Q'x(2p'+1), (où Q' est égal au nombre de haut-parleurs du système de rendu
sonore utilisé en sortie du décodeur et 2p'+1 le nombre de composantes ambiophoniques
reçues), pour déterminer les signaux à fournir au système de rendu sonore.
[0020] L'invention peut être mise en oeuvre avec toute transformation linéaire, par exemple
la DCT ou encore la transformée KLT (en anglais « Karhunen Loeve Transform ») qui
correspond à une décomposition sur des composantes principales dans un espace représentant
les statistiques des signaux et permet de distinguer les composantes les plus énergétiques
des composantes les moins énergétiques.
[0021] Suivant un deuxième aspect, l'invention propose un module de quantification adapté
pour quantifier des composantes, certaines au moins de ces composantes étant déterminées
chacune en fonction d'une pluralité de signaux audio d'une scène sonore et calculables
par application d'une transformation linéaire sur lesdits signaux audio, ledit module
de quantification étant adapté pour mettre en oeuvre les étapes d'un procédé suivant
le premier aspect de l'invention.
[0022] Suivant un troisième aspect, l'invention propose un codeur audio adapté pour coder
une scène audio comprenant plusieurs signaux respectifs en un flux binaire de sortie,
comprenant :
un module de transformation adapté pour calculer par application d'une transformation
linéaire sur lesdits signaux audio, des composantes dont certaines au moins sont déterminées
chacune en fonction d'une pluralité des signaux audio d'une scène sonore ; et
un module de quantification suivant le deuxième aspect de l'invention adapté pour
déterminer au moins une fonction de quantification sur au moins une bande de fréquence
donnée et pour quantifier les composantes sur la bande de fréquence donnée en fonction
d'au moins la fonction de quantification déterminée ;
le codeur audio étant adapté pour constituer un flux binaire en fonction au moins
de données de quantification délivrées par le module de quantification.
[0023] Suivant un quatrième aspect, l'invention propose un programme d'ordinateur à installer
dans un module de quantification, ledit programme comprenant des instructions pour
mettre en oeuvre les étapes d'un procédé suivant le premier aspect de l'invention
lors d'une exécution du programme par des moyens de traitement dudit module.
[0024] Suivant un cinquième aspect, l'invention propose des données de codage, déterminées
suite à la mise en oeuvre d'un procédé de quantification suivant le premier aspect
de l'invention.
[0025] D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront encore à la lecture
de la description qui va suivre. Celle-ci est purement illustrative et doit être lue
en regard des dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1 représente un codeur dans un mode de réalisation de l'invention ;
- la figure 2 représente un décodeur dans un mode de réalisation de l'invention ;
- la figure 3 est un organigramme représentant des étapes d'un procédé dans un mode
de réalisation de l'invention.
[0026] La figure 1 représente un codeur audio 1 dans un mode de réalisation de l'invention.
Il s'appuie sur la technologie des codeurs audio perceptuels, par exemple de type
MPEG-4 AAC.
[0027] Le codeur 1 comprend un module 2 de transformation temps/fréquence, un module 3 de
transformation linéaire, un module 4 de quantification, un module 5 de codage entropique
de Huffman et un module 6 de calcul de courbe de masquage, en vue de la transmission
d'un flux binaire Φ représentant les signaux fournis en entrée du codeur 1.
[0028] Une scène sonore 3D comprend N canaux sur chacun un signal audio respectif
S1, ...,
SN est délivré.
[0029] La figure 2 représente un décodeur audio 100 dans un mode de réalisation de l'invention.
[0030] Le décodeur 100 comprend un module 101 de lecture de séquence binaire, un module
102 de quantification inverse, un module 103 de transformation linéaire inverse, un
module 104 de transformation fréquence/temps.
[0031] Le décodeur 100 est adapté pour recevoir en entrée le flux binaire Φ transmis par
le codeur 1 et pour délivrer en sortie Q' signaux S'
1, ...,
S'Q, destinés à alimenter les Q' haut-parleurs H1, H2 ..., HQ' respectifs d'un système
de rendu sonore 105.
Opérations réalisées au niveau du codeur :
[0032] Le module 2 de transformation temps/fréquence du codeur 1 reçoit en entrée les N
signaux
S1, ...,
SN de la scène sonore 3D à coder, sous forme de blocs successifs.
[0033] Chaque bloc m reçu comporte N trames temporelles indiquant chacune différentes valeurs
prises au cours du temps par un signal respectif.
[0034] Sur chaque trame temporelle de chacun des signaux, le module 2 de transformation
temps/fréquence effectue une transformation temps/fréquence, dans le cas présent,
une transformée en cosinus discrète modifiée (MDCT).
[0035] Ainsi, suite à la réception d'un nouveau bloc comportant une nouvelle trame pour
chacun des signaux
Si, il détermine, pour chacun des signaux
Si, i=1 à N, sa représentation spectrale X
i, caractérisée par M coefficients MDCT X
i,t, avec t = 0 à M-1. Un coefficient MDCT X
i,t représente ainsi le spectre du signal Si pour une fréquence
Fi.
[0036] Les représentations spectrales X
i des signaux
Si, i= 1 à N, sont fournies en entrée du module 3 de transformation linéaire.
[0037] Les représentations spectrales X
i des signaux
Si, i= 1 à N, sont en outre fournies en entrée du module 6 de calcul des courbes de
masquage.
[0038] Le codage de signaux multicanaux comporte dans le cas considéré une transformation
linéaire, permettant de prendre en compte les interactions entre les différents signaux
audio à coder, avant le codage monophonique, par le module 4 de quantification, des
composantes résultant de la transformation linéaire.
[0039] Le module 3 de transformation linéaire est adapté pour effectuer une transformation
linéaire des coefficients des représentations spectrales (
Xi)
1≤i≤N fournis. Dans un mode de réalisation, il est adapté pour effectuer une transformation
spatiale. Il détermine alors les composantes spatiales des signaux (
Xi)
1≤i≤N, dans le domaine fréquentiel, résultant de la projection sur un référentiel spatial
dépendant de l'ordre de la transformation. L'ordre d'une transformation spatiale se
rattache à la fréquence angulaire selon laquelle elle « scrute » le champ sonore.
[0040] Dans le mode de réalisation considéré, le module 3 de transformation linéaire effectue
une transformation ambiophonique d'ordre p (par exemple p=1), qui donne une représentation
spatiale compacte d'une scène sonore 3D, en réalisant des projections du champ sonore
sur les fonctions harmoniques sphériques ou cylindriques associées.
[0042] Le module 3 de transformation spatiale délivre ainsi r (r= 2p+1) composantes ambiophoniques
(
Yj)
1≤j≤r. Chaque composante ambiophonique
Yj considérées dans le domaine fréquentiel, comporte M paramètres spectraux
Yj,t pour t = 0 à M-1. Le paramètre spectral
Yj,t se rapporte à la fréquence
Ft pour t = 0 à M-1.
[0043] Les composantes ambiophoniques sont déterminés de la façon suivante :

où

est la matrice de transformation ambiophonique d'ordre p pour la scène sonore spatiale,
avec

si i pair et

si i impair supérieur ou égale à 3, et θj est l'angle de propagation du signal
Sj dans l'espace de la scène 3D.
[0044] Chacune des composantes ambiophoniques est donc déterminée en fonction de plusieurs
signaux (
Si)
1≤i≤N.
[0045] Le module 6 de calcul de courbe de masquage est adapté pour déterminer la courbe
de masquage spectral de chaque trame d'un signal Si considéré individuellement dans
le bloc m, à l'aide de sa représentation spectrale Xi et d'un modèle psychoacoustique.
[0046] Le module 6 de calcul de courbe de masquage calcule ainsi un seuil de masquage

relatif à la trame de chaque signal (
Si)
1≤i≤N dans le bloc m, pour chaque bande de fréquence s considérée lors de la quantification.
Chaque bande de fréquence s est élément d'un ensemble de bandes de fréquence comprenant
par exemple les bandes telles que normalisées pour le codeur MPEG-4 AAC.
[0047] Les seuils de masquage

pour chaque signal
Si et chaque bande de fréquences s sont délivrés au module 4 de quantification.
[0048] Le module 4 de quantification est adapté pour quantifier les composantes (
Yj)
1≤j≤r qui lui sont fournies en entrée, de manière à réduire le débit nécessaire à la transmission.
Des fonctions de quantification respectives sont déterminées par le module 4 de quantification
sur chaque bande de fréquence s.
[0049] Dans une bande s quelconque, le module 4 de quantification quantifie chaque coefficient
spectral

tel que la fréquence
Ft est élément de la bande de fréquence s. Il détermine ainsi un indice de quantification
i(k) pour chaque coefficient spectral

tel que la fréquence
Ft est élément de la bande de fréquence s.
[0050] Pour une bande s considérée, k prend les valeurs de l'ensemble {
kmin,s,kmin+1,s,...kmax,s}, et (
kmax,s - kmin+1,s +1) est égal au nombre de coefficients spectraux à quantifier dans la bande s pour
l'ensemble des composantes ambiophoniques.
[0051] La fonction de quantification Q
m appliquée par le module 4 de quantification pour les coefficients

calculés pour un bloc m de signaux prend la forme suivante, conformément à la norme
MPEG-4 AAC :

avec la fréquence
Ft élément de la bande de fréquence s, et il existe k élément de {
kmin,s,
kmin+1,s,
...kmax,s} tel que Q
m(
Yj,t) = i(k).

coefficient d'échelle relatif à la composante ambiophonique Y
j, prend des valeurs discrètes. Il dépend du paramètre d'échelle entier relatif

[0052] Arr est une fonction d'arrondi délivrant une valeur entière. Arr(x) est par exemple
la fonction fournissant l'entier le plus proche de la variable x, ou encore la fonction
« partie entière » de la variable x, etc.
[0053] Le module 4 de quantification est adapté pour déterminer une fonction de quantification
à appliquer sur une bande de fréquence s vérifiant que le seuil de masquage

de chaque signal
Si dans le domaine d'écoute, avec 1 ≤ i ≤ N, est supérieur à la puissance de l'erreur
apportée, sur un signal audio restitué dans le domaine d'écoute correspondant au canal
i (et non pas dans le domaine de transformation linéaire), par les erreurs de quantification
apportée aux composantes ambiophoniques.
[0054] Le module 4 de quantification est donc adapté pour déterminer, lors du traitement
d'un bloc m de signaux, la fonction de quantification définie à l'aide des paramètres
d'échelle

relatifs à chaque bande s, telle que, pour tout i, 1 ≤ i ≤ N, l'erreur introduite
sur le signal
Si dans la bande s par la quantification des composantes ambiophoniques est inférieure
au seuil de masquage

du signal
Si sur la bande s.
[0055] Un problème à résoudre par le module 4 de quantification est donc de déterminer,
sur chaque bande s, l'ensemble des coefficients d'échelle

vérifiant la formule (1) suivante :

où

est la puissance d'erreur introduite sur le signal
Si suite aux erreurs de quantification introduites par la quantification, définie par
les coefficients d'échelle

des composantes ambiophoniques.
[0056] Ainsi,
Bj(
s) représente un paramètre caractérisant la fonction de quantification dans la bande
s relative à la j
ème composante. Le choix de
Bj(
s) détermine de manière bijective la fonction de quantification utilisée.
[0057] Cette disposition a pour effet que le bruit apporté dans le domaine d'écoute par
la quantification sur les composantes issues de la transformation linéaire reste masqué
par le signal dans le domaine d'écoute, ce qui contribue à une meilleure qualité des
signaux restitués dans le domaine d'écoute.
[0058] Dans un mode de réalisation, le problème indiqué ci-dessus par la formule (1) est
traduit sous la forme de la formule (2) suivante :

où
α est un taux fixé de respect du seuil de masquage.
[0059] La probabilité est calculée pour la trame relative au signal
Si du bloc m considéré et sur l'ensemble des bandes de fréquence s.
[0061] Par ailleurs,

où

sont les erreurs introduites sur les K
s = (
kmax,s -
kmin+1,s +1) coefficients spectraux du signal
Si correspondant à des fréquences dans la bande s.
[0062] Soit

la matrice inverse de la matrice de transformation ambiophonique R, alors

où

sont les erreurs de quantification introduites sur les (
kmax,s - kmin+1,s + 1) coefficients spectraux de composantes ambiophoniques correspondant à des fréquences
dans la bande s.
[0063] Ainsi

[0064] On effectue les hypothèses suivantes :
- les erreurs de quantification

sont des variables aléatoires indépendantes équi-distribuées selon l'indice k ;
- les erreurs de quantification

sont des variables aléatoires selon l'indice i ;
- le nombre d'échantillons dans une bande s est suffisamment grand ;
- le codeur 1 travaille à haute résolution.
[0065] Sous ces hypothèses et par application du théorème de la limite centrale, la puissance

de l'erreur de quantification, dans une sous-bande s et pour un signal
Si, tend, lorsque le nombre de coefficients dans une bande s augmente, vers une gaussienne
dont la moyenne

et la variance

sont données par les formules suivantes :

où la fonction E[x] délivre la moyenne de la variable x.
[0066] La contrainte « Probabilité

» indiquée dans la formule 2 ci-dessus s'écrit alors à l'aide de la formule (3) suivante
:

Avec :

et la fonction
Erf -1(
x) est l'inverse de la fonction d'erreur d'Euler.
[0067] Les variables

étant indépendantes selon l'indice
i, on en déduit :

[0068] Par conséquent, on obtient :

[0069] Les variables aléatoires

étant indépendantes et équi-distribuées selon l'indice
k, les variables aléatoires

sont également indépendantes et équi-distribuées selon l'indice k. Par conséquent
:

avec :

[0070] On suppose que les puissances

d'erreur de quantification tendent vers des gaussiennes, alors :

[0071] D'où :

[0072] Ainsi on peut écrire :

[0073] A partir de cette dernière équation, et en appliquant l'inégalité de Cauchy-Schwartz
:

[0074] Ce qui implique que :

[0075] Par ailleurs, en haute résolution :

avec

représentant l'espérance mathématique de

dans la sous bande s traitée et
eR l'erreur d'arrondi propre à la fonction d'arrondi Arr.
[0076] Si Arr(x) est par exemple la fonction fournissant l'entier le plus proche de la variable
x,
eR est égale à 0,5. Si Arr(x) est la fonction « partie entière » de la variable x,
eR est égale à 1.
[0077] Ainsi la contrainte donnée par la formule (3) relative au signal
Si, i= 1 à N, sur une bande s, s'écrit sous la forme suivante :

[0078] Il est ainsi possible, à partir de cette dernière équation, de déterminer si des
coefficients d'échelle

calculés par le module 4 de quantification pour coder les composantes de la transformée,
permettent ou non de respecter le seuil de masquage tel que considéré dans le domaine
du signal.
[0079] Cette dernière équation représente une condition suffisante pour que le bruit correspondant
au canal i soit masqué en sortie dans le domaine d'écoute.
[0080] Dans un mode de réalisation de l'invention, le module 4 de quantification est adapté
pour déterminer à l'aide de cette dernière équation, pour un bloc m de trames courant,
des coefficients d'échelle

garantissant que le bruit dans le domaine d'écoute est masqué.
[0081] Dans un mode de réalisation particulier de l'invention, le module 4 de quantification
est adapté pour déterminer, pour un bloc m de trames courant, des coefficients d'échelle

garantissant que le bruit dans le domaine d'écoute est masqué et en outre permettant
de respecter une contrainte de débit.
[0083] On peut écrire que :

où

est le débit attribué à la composante ambiophonique
Yj dans la bande s.
[0084] Minimiser le débit global
Dm revient donc à minimiser le débit

dans chaque bande s. Dans une première approximation, on peut écrire que le débit
attribué à une composante ambiophonique dans une bande s est une fonction logarithmique
du coefficient d'échelle, soit :

[0085] La nouvelle fonction à minimiser s'écrit donc sous la forme suivante :

[0086] Pour résoudre le problème de quantification par bande en minimisant le débit global
sous la contrainte (3), il faut donc minimiser la fonction F sous la contrainte (3).
[0087] La résolution de ce problème d'optimisation sous contrainte est par exemple effectuée
à l'aide de la méthode des Lagrangiens.
La fonction Lagrangienne s'écrit sous la forme suivante :

[0088] Avec :

et les valeurs
λj, 1 ≤
j ≤
N, sont les coordonnées du vecteur de Lagrange λ.
[0089] La mise en oeuvre de la méthode des Lagrangiens permet d'écrire tout d'abord que,
pour 1 ≤
j ≤ r : 
[0090] On remplace par ces termes les coefficients d'échelle dans l'équation de Lagrange.
Et on cherche alors à déterminer la valeur du vecteur de Lagrange λ qui maximise la
fonction

par exemple à l'aide de la méthode du gradient de la fonction
ω.
[0091] D'après la méthode du gradient d'Uzawa ∇
w(
λ), où

les dérivées partielles ne sont autres que les contraintes calculées pour les

[0092] On utilise la méthode itérative de gradient relatif (cf. notamment le document Derrien)
pour résoudre ce système.
[0093] L'équation générale (formule (4)) de mise à jour du vecteur de Lagrange lors d'une
(k+1)
ième itération de la méthode s'écrit alors sous la forme suivante :

avec le vecteur de Lagrange
λ avec un exposant (k+1) indiquant le vecteur actualisé et le vecteur de Lagrange λ
avec un exposant k indiquant le vecteur calculé précédemment lors de la k
ième itération, ⊗ désignant le produit terme à terme entre deux vecteurs de même taille,
ρ désignant le pas de l'algorithme itératif et
m étant un vecteur de pondération.
[0094] Dans un mode de réalisation, de manière à assurer la convergence de la méthode itérative,
on choisit le vecteur
m égal à :

[0095] Dans le mode de réalisation considéré, le module 4 de quantification est adapté pour
mettre en oeuvre les étapes du procédé décrit ci-dessous en référence à la figure
3 sur chaque bande de quantification s lors de la quantification d'un bloc m de signaux
(
Si)
1≤i≤N.
[0096] Le procédé est basé sur un algorithme itératif comprenant des instructions pour mettre
en oeuvre les étapes décrites ci-dessous lors de l'exécution de l'algorithme sur des
moyens de calcul du module 4 de quantification.
[0097] Dans une étape a/ d'initialisation (k=0) : on définit la valeur du pas d'itération
ρ, une valeur D représentant un seuil de débit et la valeur des coordonnées (
λ1, ...
λN) du vecteur de Lagrange initial avec
λj =
λ0, 1 ≤
j ≤ N.
[0098] Les étapes de la boucle itérative pour une (k+1)
ème itération, avec k entier supérieur ou égal à 0, sont les suivantes.
[0099] Dans une étape b/, les valeurs des coordonnées
λj, 1 ≤
j ≤
N du vecteur de Lagrange considérées étant celles calculées précédemment lors de la
k
ième itération, on calcule pour 1 ≤
j ≤
N : 
[0100] Puis dans une étape c/, on calcule les coefficients d'échelle, pour 1 ≤
j ≤
r : 
[0101] Dans une étape d/, on calcule la valeur de la fonction
F sur la bande s, représentant le débit correspondant pour la bande s :

[0102] Dans une étape e/, on compare la valeur
F(
s) calculée avec le seuil donné D.
[0103] Si la valeur
F(
s) calculée est supérieure au seuil donné D, on calcule, dans une étape f/, la valeur
du vecteur de Lagrange λ pour la (k+1)
ème itération à l'aide de l'équation (4) indiquée ci-dessus et du vecteur de Lagrange
calculé lors de la k
ème itération.
[0104] Puis, dans une étape g/, on incrémente l'indice k d'une unité et on réitère les étapes
b/, c/, d/ et e/.
[0105] Si la valeur
F(
s) calculée à l'étape e/, est inférieure au seuil donné D, on stoppe les itérations.
On a alors déterminé des coefficients d'échelle

pour la bande de quantification s permettant de masquer, dans le domaine d'écoute,
le bruit dû à la quantification dans la bande s, des composantes ambiophoniques (
Yj)
1≤j≤r, tout en garantissant que le débit nécessaire pour cette quantification dans la bande
s est inférieur à une valeur déterminée, fonction de D.
[0106] On applique ensuite la fonction de quantification ainsi déterminée pour les bandes
s respectives et composantes ambiophoniques respectives aux coefficients spectraux
des composantes ambiophoniques. Les indices de quantification ainsi que des éléments
de définition de la fonction de quantification sont fournis au module 5 de codage
de Huffman.
[0107] Les données de codage délivrées par le module 5 de codage de Huffman sont ensuite
transmises sous forme de flux binaire Φ au décodeur 100.
Opérations réalisées au niveau du décodeur :
[0108] Le module 101 de lecture de séquence binaire est adapté pour extraire des données
de codage présentes dans le flux Φ reçu par le décodeur et en déduire, dans chaque
bande s, des indices de quantification i(k) et des coefficients d'échelle

[0109] Le module de quantification inverse 102 est adapté pour déterminer les coefficients
spectraux, relatifs à la bande s, des composantes ambiophoniques correspondants en
fonction des indices de quantification i(k) et des coefficients d'échelles

dans chaque bande s.
[0110] Ainsi un coefficient spectral
Yj,t relatif à la fréquence
Ft élément de la bande s de la composante ambiophonique
Yj et représenté par l'indice de quantification i(k) est restitué par le module 102
de quantification inverse à l'aide de la formule suivante :

[0111] Un décodage ambiophonique est ensuite appliqué aux r composantes ambiophoniques décodées,
de manière à déterminer Q' signaux S'
1, S'
2, ..., S'
Q, destinés aux Q' haut-parleurs H1, H2 ..., HQ'.
[0112] Le bruit de quantification à la sortie du décodeur 100 est une constante qui ne dépend
que de la transformée R utilisée et du module 4 de quantification car les données
psychoacoustiques utilisées lors du codage ne prennent pas en considération les traitements
effectués lors de la restitution par le décodeur. En effet, le modèle psychoacoustique
ne prend pas en compte les interactions acoustiques entre les différents signaux,
mais calcule la courbe de masquage d'un signal comme s'il était le seul écouté. L'erreur
calculée sur ce signal reste donc constante et masquée pour toute matrice de décodage
ambiophonique utilisée. Cette matrice de décodage ambiophonique va simplement modifier
la distribution de l'erreur sur les différents haut-parleurs en sortie.
1. Verfahren zur Quantifizierung von Komponenten, wobei wenigstens einige dieser Komponenten
((Y
j)
1≤j≤r) jeweils in Abhängigkeit von mehreren Audiosignalen ((
Sj)
1≤j≤N) einer Klangszene bestimmt werden und durch Anwendung einer Mehrkanal-Lineartransformation,
ambisonisch und mit mehr als zwei Kanälen, auf diese Audiosignale berechnet werden,
wobei eine Quantifizierungsfunktion (Q
m) bestimmt wird, die auf die Komponenten in einem gegebenen Frequenzband (s) anzuwenden
ist, indem eine Bedingung geprüft wird, die sich auf wenigstens ein Audiosignal (
Si) bezieht und von wenigstens einem Vergleich abhängt, der durchgeführt wird zwischen:
- einem Schwellenwert der psychoakustischen Maskierung

der sich auf das Audiosignal in dem gegebenen Frequenzband bezieht, und
- einem Wert, der in Abhängigkeit von der inversen Mehrkanal-Lineartransformation
und von Fehlern der Quantifizierung der Komponenten durch die Funktion auf dem gegebenen
Frequenzband bestimmt wird.
2. Verfahren nach Anspruch 1, wobei sich die Bedingung auf mehrere Audiosignale bezieht
und von mehreren Vergleichen abhängt, wobei jeder Vergleich zwischen einem Schwellenwert
der psychoakustischen Maskierung, der sich auf ein jeweiliges Audiosignal in dem gegebenen
Frequenzband bezieht, und einem Wert, der in Abhängigkeit von der inversen Mehrkanal-Lineartransformation
und von Fehlern der Quantifizierung der Komponenten durch die Funktion bestimmt wird,
durchgeführt wird.
3. Verfahren nach Anspruch 1 oder Anspruch 2, wobei die Bestimmung der Quantifizierungsfunktion
(Qm) bei der Aktualisierung der Werte der zu quantifizierenden Komponenten wiederholt
wird.
4. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei die Bedingung, die sich auf
wenigstens ein Audiosignal bezieht, geprüft wird, indem der Schwellenwert der psychoakustischen
Maskierung, der sich auf das Audiosignal bezieht, und ein Element, das den mathematischen
Wert

repräsentiert, verglichen werden, wobei s das gegebene Frequenzband ist, r die Anzahl
der Komponenten ist,
hi,j der Koeffizient der inversen Mehrkanal-Lineartransformation in Bezug auf das Audiosignal
(Si) und auf die j-te Komponente ist, mit j=1 bis r,
Bj(
s) ein Maßstabsfaktor ist, der sich auf die ambisonische Komponente
Yj bezieht, diskrete Werte annimmt und die Quantifizierungsfunktion (Q
m) im Band s in Bezug auf die j-te Komponente charakterisiert, und

der Erwartungswert im Band s der Quadratwurzel aus der j-ten Komponente ist.
5. Verfahren nach einem der vorhergehenden Ansprüche, wobei eine Quantifizierungsfunktion,
die auf die Komponenten in dem gegebenen Frequenzband anzuwenden ist, mithilfe eines
iterativen Prozesses bestimmt wird, der in jeder Iteration einen Parameter-Kandidaten
der Quantifizierungsfunktion bestimmt, der die Bedingung erfüllt und einer entsprechenden
Rate zugeordnet ist, wobei die Iteration gestoppt wird, wenn die Rate kleiner als
ein vorgegebener Schwellenwert ist.
6. Modul (4) zur Quantifizierung, welches dafür ausgelegt ist, wenigstens Komponenten
((Yj)1≤j≤r) zu quantifizieren, die jeweils in Abhängigkeit von mehreren Audiosignalen ((Sj)1≤j≤N) einer Klangszene bestimmt werden und durch Anwendung einer Mehrkanal-Lineartransformation
auf diese Audiosignale berechnet werden, wobei das Quantifizierungsmodul dafür ausgelegt
ist, die Schritte eines Verfahrens nach einem der Ansprüche 1 bis 5 durchzuführen.
7. Audiocoder (1), welcher dafür ausgelegt ist, eine Audioszene, die mehrere jeweilige
Audiosignale ((
Sj)
1≤j≤N) umfasst, in einen Ausgangsbitstrom (Φ) zu codieren, und umfasst:
- ein Transformationsmodul (3), das dafür ausgelegt ist, durch Anwendung einer Mehrkanal-Lineartransformation
auf die Audiosignale Komponenten ((Yj)1≤j≤N) zu berechnen, von denen wenigstens einige jeweils in Abhängigkeit von mehreren Audiosignalen
bestimmt werden; und
- ein Modul (4) zur Quantifizierung nach Anspruch 6, das dafür ausgelegt ist, wenigstens
eine Quantifizierungsfunktion (Qm) auf wenigstens einem gegebenen Frequenzband (s) zu bestimmen und die Komponenten
auf dem gegebenen Frequenzband in Abhängigkeit von wenigstens der bestimmten Quantifizierungsfunktion
zu quantifizieren;
wobei der Coder dafür ausgelegt ist, einen Bitstrom in Abhängigkeit wenigstens von
Quantifizierungsdaten, die von dem Quantifizierungsmodul geliefert werden zu erstellen.
8. Computerprogramm, welches in einem Modul (4) zur Quantifizierung zu installieren ist,
wobei das Programm Anweisungen zum Durchführen der Schritte eines Verfahrens nach
einem der Ansprüche 1 bis 5 bei einer Ausführung des Programms durch Verarbeitungsmittel
des Moduls umfasst.
9. Codierungsdaten (Φ), welche im Anschluss an die Durchführung eines Verfahrens zur
Quantifizierung nach einem der Ansprüche 1 bis 5 bestimmt werden.