Domaine technique
[0001] La présente invention concerne un mécanisme de blocage pour module d'entraînement
horloger. L'invention est particulièrement adaptée notamment à des micromoteurs électromécaniques
pour montres bracelets.
Etat de la technique
[0002] Les moteurs pas-à-pas sont bien connus pour transformer des impulsions électriques
en mouvement mécanique rotatif. Le premier moteur pas-à-pas a été inventé en 1936
par M. LAVET pour l'industrie horlogère; et désormais de tels moteurs se retrouvent
dans la plupart des montres à quartz à aiguilles pour en entraîner le mouvement. Ce
type de moteur est du reste très courant dans tous les dispositifs où l'on souhaite
faire du contrôle de vitesse ou de positionnement.
[0003] Les moteurs « LAVET » possèdent des aimants permanents qui permettent de générer
des positionnements stables entre des impulsions électriques. Le couple permanent
ainsi exercé sur le rotor, i.e. la partie rotative du moteur, est censé en éviter
tout mouvement intempestif, même lors de chocs sur la montre. Le couple permanent,
choisi en général très largement supérieur au couple moteur, a aussi pour vocation
d'empêcher toute incrémentation de plus d'un pas simultanément. Ces couples de positionnement
n'assurent toutefois pas totalement le blocage intégral et l'indexation incrémentale
des roues engrenées; des systèmes d'encliquetage ont par conséquent été proposés pour
coopérer avec ces moteurs et améliorer les fonctionnalités de maintien et de blocage,
comme par exemple dans le document de brevet
US4647218. Dans ce document, un moteur LAVET entraîne une roue en rotation de 180 degrés à
chaque impulsion électrique, soit toutes les minutes; cette roue est équipée à deux
extrémités diamétralement opposées d'ergots qui s'engagent dans des fentes radiales
successives de la roue des minutes. Ainsi, entre chaque impulsion, les deux ergots
sont engagés dans deux fentes radiales successives de la roue des minutes et en bloquent
tout mouvement possible.
[0004] Désormais d'autres types de moteurs pas-à-pas sont disponibles, par exemple le micromoteur
électromécanique décrit dans le document
EP1921520 de la demanderesse, qui comprend un actionneur linéaire muni d'un cliquet actif pour
entraîner le rotor en rotation, et d'un cliquet passif pour empêcher la rotation du
rotor dans le sens contraire lors du retour de l'actionneur durant ses oscillations.
Pour un tel moteur, les mêmes fonctionnalités de blocage et d'incrémentation unitaires
seraient également souhaitables; il apparaît toutefois clairement que le mécanisme
d'encliquetage décrit plus haut, spécifique à un moteur LAVET, n'est pas adéquat.
Bref résumé de l'invention
[0005] Un but de la présente invention est de proposer un nouveau mécanisme qui assure le
blocage dans des positions d'indexations stables, et empêche parallèlement toute incrémentation
d'une roue engrenée de plus d'une unité simultanément.
[0006] Un autre but de la présente invention est de proposer un mécanisme de blocage pouvant
s'appliquer à tout type de moteur pas-à-pas, et pas uniquement à un moteur de type
« LAVET ».
[0007] Ces buts sont atteints notamment grâce à un dispositif pour le blocage et l'incrémentation
unitaire d'un module d'entraînement 1 pour rouage horloger, comprenant un actionneur
2 muni d'un cliquet actif 5 coopérant avec une roue dentée 7. Le dispositif comprend
un premier 8 et un deuxième doigt 9 coopérant avec la roue dentée 7, et est
caractérisé en ce que:
- le premier doigt 8 bloque intégralement la rotation de ladite roue dentée 7 lorsqu'il
est engagé dans une des dents de ladite roue dentée 7; et que
- le deuxième doigt 9 est disposé entre une première 10 et une deuxième butée 11, l'espacement
entre les butées 10,11 limitant la course angulaire de la roue dentée 7 lorsque ledit
deuxième doigt 9 est engagé dans une des dents de ladite roue dentée 7.
[0008] Ces buts sont également atteints par une méthode de blocage utilisant le dispositif
selon la revendication principale et comprenant des étapes de:
- (A) Abaissement du premier doigt 8 et dégagement de la route dentée (7);
- (B) Entraînement de la roue dentée 7 en rotation par ledit cliquet actif (5) dudit
actionneur 2;
- (C) Relèvement du premier doigt 8 et engagement dans l'une des dents de la roue dentée
7;
- (D) Dégagement et retour dudit cliquet actif 5 de l'actionneur 2;
- (E) Dégagement et retour du deuxième doigt contre la première butée 10;
- (F) Relèvement du deuxième doigt 9 et engagement dans l'une des dents de ladite roue
dentée 7.
[0009] Un avantage de la solution proposée est d'être applicable ou associée à tout type
de moteur pas-à-pas, incluant par exemple des organes réglants pour montres mécaniques,
et potentiellement tout type de module d'entraînement horloger.
[0010] Un autre avantage de la solution proposée est de ne plus requérir d'aimants permanents
pour stabiliser le positionnement au repos des rouages entraînés par le moteur.
[0011] Un avantage additionnel de la solution proposée est de dispenser un moteur pas-à-pas
électromécanique de cliquets passifs pour empêcher la rotation du rotor dans le sens
inverse lors du retour de l'actionneur durant ses oscillations.
[0012] Par ailleurs, la solution proposée pour le blocage se distingue fondamentalement
du système de blocage appliqué au moteur Lavet en ce que la consommation énergétique
requise n'est pas liée à la valeur du couple maximum du moteur. Un avantage important
de la solution proposée est par conséquent que la consommation énergétique du système
de blocage est potentiellement nettement inférieure à celle du moteur lui-même.
Brève description des figures
[0013] Des exemples de mise en oeuvre de l'invention sont indiqués dans la description et
illustrée par les figures annexées dans lesquelles :
La figure 1 illustre une vue de dessus d'un moteur pas-à-pas connu de l'art antérieur
et qui sera préférentiellement associé au mécanisme de blocage selon l'invention;
La figure 1 bis illustre une vue en coupe, selon le plan du moteur, du détail de l'actionnement
de la roue dentée du rotor avec les cliquets actifs et passifs;
La figure 2 illustre une vue en coupe d'un dispositif de blocage selon un mode de
réalisation préférentiel de l'invention, au repos avant un pas du moteur;
La figure 3 illustre une vue en coupe d'un dispositif de blocage selon un mode de
réalisation préférentiel de l'invention durant l'étape d'abaissement du premier doigt
de blocage;
La figure 4 illustre une vue en coupe d'un dispositif de blocage selon un mode de
réalisation préférentiel de l'invention durant un pas du moteur;
La figure 5 illustre une vue en coupe d'un dispositif de blocage selon un mode de
réalisation préférentiel de l'invention lors de la butée du deuxième doigt de blocage;
La figure 6 illustre une vue en coupe d'un dispositif de blocage selon un mode de
réalisation préférentiel de l'invention après le relèvement du premier doigt de blocage
et durant le retour de l'actionneur et du deuxième doigt de blocage;
La figure 7 illustre une vue en coupe d'un dispositif de blocage selon un mode de
réalisation préférentiel de l'invention au repos à la fin d'un pas du moteur;
La figure 8 illustre un diagramme d'état synthétisant les différents états du dispositif
de blocage et les étapes d'un mode de réalisation préférentiel de la méthode de blocage
selon l'invention.
Exemple(s) de modes de réalisation de l'invention
[0014] La figure 1 illustre un module d'entraînement 1, destiné à engrener avec une roue
horlogère, comprenant un micromoteur électromécanique de type pas-à-pas connu. Le
micromoteur est constitué d'actionneurs 2 qui comportent des stylets mobiles 3 entraînant
en rotation un rotor grâce à des cliquets actifs 5 coopérant avec la roue dentée 7
du rotor. Etant donné leur fonction active d'entraînement du rotor 5, utilise aussi
souvent la terminologie d'actionneur « moteur » pour les actionneurs 2. Cette coopération
entre la route dentée 7 et les cliquets, ainsi que le mécanisme d'entraînement séquentiel
du rotor en rotation sont précisément illustrés en détail sur la figure 1 bis qui
est un agrandissement de la figure 1 au niveau de la roue dentée 7, à 5 heures dans
le plan du moteur.
[0015] Sur la figure 1, l'actionneur 2 est composé de deux parties globalement symétriques,
la première partie comportant un cliquet actif de poussée et la deuxième partie comportant
un cliquet actif de traction afin d'améliorer le rendement du moteur en exerçant un
couple plus élevé. Toutefois, l'homme du métier comprendra qu'un seul cliquet de poussée
ou un seul cliquet de traction suffit à entraîner le rotor en rotation. Selon le mode
de réalisation avantageux représenté, chaque actionneur 2 est associé à un cliquet
passif 6, maintenu élastiquement engrené avec la roue dentée 7 de manière à assurer
d'une part un positionnement angulaire précis au cours des phases d'entraînement lorsque
les stylets 3 sont déplacés, et d'autre part pour constituer un mécanisme de blocage
de la roue dentée 7 pour en empêcher tout mouvement en arrière.
[0016] La figure 1 bis illustre le mécanisme d'entraînement et d'indexation du moteur pas-à-pas
de la figure 1, où un seul cliquet passif 6 et un seul cliquet actif sont représentés.
Le cliquet actif 5, situé à l'extrémité du stylet, a des mouvements d'oscillations
dans la direction 4 tangente à la roue dentée 7. Les indentations de la roue dentée
7 tendent à l'entraîner dans un mouvement dans le sens de rotation anti-horaire lors
de mouvements de traction du stylet 3, alors que chaque dent du cliquet passif 6 associé
donne alors des positions d'indexation pour la rotation de la roue dentée, correspondant
typiquement à un pas du moteur. Par ailleurs, lors du mouvement de retour du stylet
3 dans la même direction tangente 4 à la roue dentée 7, mais en sens inverse, le cliquet
passif 6 empêche au cliquet actif 5 d'entraîner la roue dentée 7 en sens inverse et
de maintenir la position angulaire de la route dentée 7 entre chaque pas. Ce mécanisme
de blocage et d'indexation décrit ne permet toutefois pas d'empêcher toute accélération
indésirable de la roue dentée 7 dans le sens anti-horaire, comme par exemple dans
le cas d'un couple moteur trop important exercé par le ou les cliquets actifs 5 si
les impulsions électriques générées par les actionneurs 2 sont d'une trop grande amplitude,
ou encore entre les pas du moteur si des chocs sont subis par le boîtier de la montre
contenant un tel moteur électromécanique.
[0017] Les figures 2 à 7 illustrent un mode de réalisation préférentiel du mécanisme de
blocage et d'indexation selon l'invention, qui permettent de pallier ces lacunes de
l'art antérieur. Elles représentent toutes une vue en coupe dans le plan de rotation
d'une roue dentée 7 entraînée par un cliquet actif 5 qui s'engage dans les dents de
la roue dentée 7 et se déplace linéairement par des mouvements d'oscillations selon
une direction tangente à la roue dentée 7 au niveau de l'encliquetage, ainsi que le
dispositif de blocage, composé notamment de deux doigts de blocage distincts 8 et
9, dans différentes positions selon l'état du mécanisme. Selon le mode de réalisation
préférentiel illustré, le premier doigt de blocage 8 est logé entre deux éléments
d'arrêt 15,16 de telle sorte qu'il est guidé pour n'avoir que des mouvements verticaux
ne posséder ainsi qu'un seul degré de liberté en translation. Selon un mode de réalisation
alternatif, ce degré de liberté pourrait toutefois aussi être en rotation. Ce premier
doigt a pour vocation de bloquer tout mouvement de rotation de la roue dentée lorsqu'il
est engagé dans une de ses dents. Le deuxième doigt de blocage 9 est agencé entre
deux butées 10 et 11, de telle sorte qu'il limite la course angulaire de la roue dentée
lorsqu'il est engagé dans l'une de ses dents. Selon le mode de réalisation préférentiel
de l'invention représenté, l'espacement entre les butées 10,11 limite la course angulaire
de la roue dentée 7 au déplacement d'une seule dent, correspondant ainsi à un pas
du moteur. Les références aux butées 10,11 ainsi qu'aux éléments d'arrêt seront illustrées
sur toutes les figures suivantes 3 à 7, qui décrivent les mouvements des doigts lors
de différentes étapes de blocage, sans toutefois être systématiquement mentionnées
à nouveau dans la description.
[0018] La figure 2 illustre le dispositif de blocage selon l'invention dans un état au repos,
avant un pas du moteur. Dans cet état, les deux doigts de blocage 8 et 9 sont levés,
et logés dans deux dents consécutives de la roue dentée 7. Le deuxième doigt de blocage
9 est par ailleurs logé contre la première butée 10. Dans cet état du système, le
cliquet 5 est engagé dans une des dents 71 de la roue dentée 7, et se déplace selon
des mouvements d'oscillation linéaires suivant la flèche 4 (NB: le stylet mobile,
présent sur les figures 1 et 1 bis, n'est plus matérialisé sur cette figure ni sur
les suivantes car il n'est pas nécessaire à la compréhension du mécanisme de blocage
ci-décrit ci-après). La référence à cette dent 71 engrenée par le cliquet actif 5
est illustrée dans toutes les figures suivantes 3 à 7, sans toutefois être systématiquement
mentionnée à nouveau dans la description.
[0019] La figure 3 illustre le dispositif de blocage durant l'étape d'abaissement (flèche
A) du premier doigt de blocage 9. Selon le mode de réalisation préférentiel représenté,
on peut constater que le seul degré de liberté du premier doigt de blocage 8 est en
translation selon un rayon de la roue dentée 7, soit perpendiculairement au mouvement
de l'actionneur et du cliquet actif 5, comme on le verra sur les figures suivantes.
Une fois cet abaissement effectué, la roue dentée 7 peut être entraînée en rotation;
toutefois, dans cet état du système le deuxième doigt de blocage 9 est toujours logé
contre la première butée 10, bien qu'il possède un degré de liberté en translation
entre les deux butées 10 et 11.
[0020] La figure 4 illustre le dispositif de blocage selon l'invention durant un pas du
moteur, i.e. lorsque la roue dentée 7 est entraînée en rotation par le cliquet actif
5 (étape B, illustrée par les flèches B correspondantes). La rotation de la roue dentée
7, dans une des dents de laquelle le deuxième doigt de blocage 9 est engagé, entraîne
donc ce doigt 9 dans le même mouvement de translation que celui du cliquet, selon
la flèche (B), dans une direction tangente à la roue et le sens correspondant à un
de ses deux degrés de liberté. La route dentée 7 s'arrête dès que le deuxième doigt
9 est positionné contre la deuxième butée 11, qui empêche toute rotation supplémentaire
de la roue dentée.
[0021] La figure 5 illustre le dispositif de blocage selon l'invention, dans l'état de blocage
du deuxième doigt de blocage 9 contre la butée 11. La flèche (C) illustre l'étape
de relèvement du premier doigt de blocage 8 qui vient à s'engager dans l'une des dents
de la roue dentée et bloque ainsi tout mouvement de la roue dentée 7, même dans le
sens inverse de celui dans lequel elle a été activée jusqu'alors, i.e. dans le sens
des aiguille d'une montre pour le mode de réalisation décrit. Une fois cette étape
achevée, le dispositif se trouvera donc à nouveau dans un état stable, empêchant tout
mouvement de rotation de la roue dentée, mais avec cette fois les deux doigts 8,9
espacés de deux dents, contrairement à la figure 2 où les deux doigts étaient logés
dans deux dents consécutives de la roue. La course angulaire de la roue dentée 7 correspond
donc, selon le mode de réalisation illustré, à au maximum une dent de la route dentée
7.
[0022] La figure 6 illustre le dispositif de blocage après le relèvement du premier doigt
de blocage et durant les étapes de retour de l'actionneur (flèche D) et du deuxième
doigt de blocage (flèche E2), qui a au préalable dû être abaissé (flèche E1) pour
être dégagé de la dent pour permettre le mouvement de translation dans le même sens
que le cliquet 5. Les étapes (D) et (E2) de retour du cliquet actif 5 et du deuxième
doigt 9 peuvent être exécutées indépendamment l'une de l'autre et séquentiellement
dans n'importe quel ordre. Elles pourront toutefois, selon un mode de réalisation
préférentiel de l'invention, être exécutées simultanément, par exemple en programmant
un actionneur distinct de celui (non représenté sur cette figure, correspondant à
la référence 2 sur la figure 1) commandant le cliquet actif 5 pour agir sur le deuxième
doigt 9 lors du mouvement de retour du cliquet 5, ou encore en couplant l'actionneur
du cliquet actif 5 (référence numéro 2 de la figure 1) au deuxième doigt 9 par l'intermédiaire
d'une tige (non représentée), de telle sorte que tout mouvement de l'actionneur 2
en translation selon la direction des oscillations de l'actionneur (voir flèche 4
sur la figure 2), et en particulier le sens du retour (flèche D sur cette figure),
s'accompagne d'un mouvement identique en translation du deuxième doigt 9. Un tel couplage
permettrait du reste également le dégagement simultané du cliquet 5 et du deuxième
doigt 9 des dents respectives dans lesquelles ils sont engagés.
[0023] La figure 7 illustre le dispositif de blocage selon l'invention au repos à la fin
d'un pas du moteur, i.e. une fois que le deuxième doigt 8 est revenu en butée contre
la première butée 10 et qu'il a été relevé dans une des dents de la roue dentée 7
(étape F, illustrée par la flèche correspondante sur la figure). On pourra constater
que la disposition des deux doigts 8,9 de blocage est identique à celle de la figure
2, ainsi que celle du cliquet 5 par rapport aux doigts 8,9. Le cliquet 5 est cependant
désormais positionné derrière la dent 71 dans laquelle il était engagé avant le pas
du moteur.
[0024] La comparaison des étapes décrites à l'aide des différentes figures permet de constater
que, selon le mode de réalisation préférentiel du mécanisme de blocage décrit, le
premier doigt 8 possède un degré de liberté en translation, verticalement selon les
figures, pour être élevé ou abaissé, et ainsi engagé ou dégagé dans l'une des dents
de la roue dentée 7, et que le deuxième doigt 9 possède ce même degré de liberté en
translation, ainsi qu'un degré de liberté en translation additionnel entre les butées
10 et 11, horizontal selon les figures, et qui correspond à la direction des oscillations
4 du cliquet actif 5 ainsi qu'à la tangente à la roue dentée 7 au niveau de l'engrenage
avec le doigt 9. On pourra toutefois constater qu'aucune corrélation n'est nécessaire
entre les degrés de liberté des deux doigts de blocage 8,9 pour garantir le bon fonctionnement
de l'invention, ni la direction du mouvement des translations qui ne sont pas nécessairement
verticales et respectivement horizontales. Par ailleurs, il a déjà été précisé plus
haut que le degré de liberté pour engager et dégager les dents pourrait aussi être,
aussi bien pour le premier doigt 8 que le deuxième doigt 9, non pas en translation
mais potentiellement en rotation. Toutes les combinaisons entre les degrés de liberté
et le type de liberté de chaque doigt 8,9 sont possibles dans le cadre de l'invention.
[0025] Sur la figure 7, on peut également distinguer un circuit électronique 14, de préférence
programmable, pour gérer les séquences de mouvements des doigts de blocage 8 et 9.
Ce circuit 14 a été rajouté sur cette figure car il correspond à un mode de réalisation
préférentiel de l'invention, selon lequel les mouvements des doigts 8,9 sont commandés
par des signaux électriques provoquant le mouvement d'actionneurs électrostatiques
12,13 couplés respectivement à chaque doigt 8,9. Sur cette figure, l'actionneur moteur
2 a par ailleurs été rajouté pour éviter toute confusion avec les actionneurs 12,13
des doigts 8,9.
[0026] La séquence des mouvements des doigts 8,9 suit les étapes mentionnées précédemment
et qui sont synthétisées dans le diagramme d'état de la figure 8, dans lequel les
trois chiffres décrivant l'état du système de blocage correspondent respectivement:
- 1er chiffre: à l'état du premier doigt 8 ; 0 = baissé, 1= levé;
- 2e chiffre: à l'état du deuxième doigt 9; 0 = baissé, 1 = levé;
- 3e chiffre : au positionnement du deuxième doigt 9; 0 = contre la première butée 10;
1 = contre la deuxième butée 11.
[0027] L'abaissement du premier doigt 8 après son dégagement de ladite route dentée 7 correspond
à une première étape A faisant passer de l'état 110 stable du système « au repos »;
à un état 010 dans lequel la rotation de la roue dentée est possible.
[0028] L'entraînement de la roue dentée 7 en rotation par le cliquet actif 5 de l'actionneur
2 correspond à une deuxième étape B, qui entraîne le mouvement du deuxième doigt de
blocage 9 de la butée 10 selon l'état 010 du système, vers l'autre butée 11, qui bloque
la course de la roue dentée plus avant et amène alors le système dans l'état 011.
[0029] Le relèvement dudit premier doigt 8, le conduisant à être engagé dans l'une des dents
de la roue dentée 7 pour la bloquer à nouveau complètement, constitue une troisième
étape C, faisant passer le système de l'état 011 à un état 111 stable.
[0030] L'étape D de dégagement et de retour du cliquet actif 5 de l'actionneur 2 ne modifie
pas l'état du système de blocage; toutefois l'étape E correspondante de dégagement
et retour du deuxième doigt contre la première butée 10 peut être scindée en deux
sous-étapes E1, d'abaissement du deuxième doigt amenant le système de l'état 111 à
l'état 101, et E2, amenant le système de l'état 101 à 100. Selon une variante d'implémentation
préférentielle de la méthode de blocage, les étapes D et E de dégagement et retour
du cliquet actifs 5 et du deuxième doigt 9 ont lieu simultanément.
[0031] Enfin, l'étape F de relèvement du deuxième doigt 9 qui le conduit à l'engager dans
l'une des dents de la roue dentée 7 ramène le système à l'état initial 110 dit « de
repos » et termine ainsi le cycle d'incrémentation d'un pas du moteur.
[0032] Le séquencement décrit, qui garantit que toujours qu'au moins un des deux doigts
est engagé dans une des dents, permet soit de maintenir le dispositif de blocage dans
un état « stable », i.e. dans lequel la roue dentée est immobilisée totalement (cas
du premier doigt engagé dans la denture de la roue 7), soit dans un état « borné »,
i.e. dans lequel la course de la roue dentée est limitée (cas du deuxième doigt 9
engagé dans la denture de la roue 7). L'obtention d'états stables selon l'invention
ne nécessite donc plus l'usage d'aimants pour appliquer des couples de positionnement
au repos; par ailleurs, le premier doigt dispense de l'usage d'un cliquet passif dont
l'usinage est plus complexe et le coût par conséquent plus onéreux. Par conséquent,
la solution proposée diminue le coût total du dispositif de blocage tout en améliorant
ses fonctionnalités puisque désormais la course angulaire de la roue dentée est toujours
bornée. L'homme du métier pourra du reste constater que la manière d'actionner les
cliquets 5 engrenant la roue dentée est totalement transparente pour le dispositif
et la méthode de blocage décrits, de telle sorte qu'il s'applique aussi bien à des
rouages horlogers électromécaniques que purement mécaniques.
[0033] Selon le mode de réalisation préférentiel illustré par la figure 7, la séquence voulue
est de préférence obtenu par programmation électronique; on pourra toutefois concevoir
un mode de réalisation selon lequel au moins les mouvements d'abaissement et de relèvement
des doigts peuvent être commandés par une came.
[0034] Par ailleurs, bien que les actionneurs des doigts sont, selon une variante préférentielle
de l'invention, électrostatiques dans le cadre d'une implémentation d'un dispositif
de blocage pour micromoteur destiné à des montres bracelets, on pourra aussi imaginer
utiliser des actionneurs hydrauliques pour d'autres applications horlogères. De même,
la forme des dents en biseau illustrée selon les figures décrites et qui tend à faire
tourner la roue dentée dans les sens inverse des aiguilles d'une montre pourrait être
modifiée par une forme similaire dans l'autre sens ou par exemple en créneau afin
d'assurer le blocage total de la roue même en cas de choc. En effet, une telle forme
en créneau (non représentée) rendrait impossible le dégagement de la dent sous l'action
de forces extérieures au système, grâce à la coopération avec une forme en créneau
identique mais inverse correspondante pour l'extrémité des doigts de blocage 8,9.
La forme de dents illustrée sur les figures est toutefois adaptée pour engrener des
roues dentées dans le sens des aiguilles d'une montre, et permet donc une association
aisée à rouage d'affichage à aiguilles par exemple.
Liste des références
[0035]
| 1 |
Module d'entraînement |
| 2 |
Actionneur moteur |
| 3 |
Stylet mobile de l'actionneur |
| 4 |
Direction des oscillations du stylet mobile |
| 5 |
Cliquet actif de l'actionneur |
| 6 |
Cliquet passif |
| 7 |
Roue dentée |
| 8 |
Premier doigt de blocage |
| 9 |
Deuxième doigt de blocage |
| 10 |
Première butée pour le deuxième doigt de blocage |
| 11 |
Deuxième butée pour le deuxième doigt de blocage |
| 12 |
Actionneur du premier doigt de blocage |
| 13 |
Actionneur du deuxième doigt de blocage |
| 14 |
Circuit programmable pour l'actionnement des doigts de blocage |
| 15 |
Premier élément d'arrêt du premier doigt de blocage |
| 16 |
Deuxième élément d'arrêt du premier doigt de blocage |
| A |
Etape d'abaissement du premier doigt de blocage |
| B |
Etape d'entraînement de la roue dentée et du deuxième doigt de blocage |
| C |
Etape de relèvement du premier doigt |
| D |
Etape de retour du cliquet actif dans le sens inverse de l'entraînement de la roue
dentée |
| E1 |
Etape d'abaissement du deuxième doigt de blocage |
| E2 |
Etape de retour du deuxième doigt de blocage |
| F |
Etape de relèvement du deuxième doigt de blocage |
| 110 |
Etat du système au repos, deux doigts levés sur deux dents consécutives, deuxième
doigt levé contre la première butée |
| 010 |
Etat du système permettant l'incrémentation d'une dent, premier doigt baissé, deuxième
doigt levé contre la première butée |
| 011 |
Etat du système après l'incrémentation d'une dent, deuxième doigt levé et contre la
deuxième butée, premier doigt toujours baissé |
| 111 |
Etat du système en blocage complet après l'incrémentation d'une dent, deuxième doigt
levé et contre la deuxième butée, premier doigt levé |
| 101 |
Etat du système en blocage complet, premier doigt levé, deuxième doigt abaissé contre
la deuxième butée |
| 100 |
Etat du système en blocage complet, premier doigt levé, deuxième doigt abaissé contre
la première butée |
1. Dispositif pour le blocage et l'incrémentation unitaire d'un module d'entraînement
(1) pour rouage horloger, ledit module (1) comprenant un actionneur (2) muni d'un
cliquet actif (5) coopérant avec une roue dentée (7), ledit dispositif comprenant
un premier (8) et un deuxième doigt (9) coopérant avec ladite route dentée (7),
caractérisé en ce que :
ledit premier doigt (8) bloque intégralement la rotation de ladite roue dentée (7)
lorsqu'il est engagé dans une des dents de ladite roue dentée (7); et que
ledit deuxième doigt (9) est disposé entre une première (10) et une deuxième butée
(11), l'espacement entre lesdites butées (10,11) limitant la course angulaire de ladite
roue dentée (7) lorsque ledit deuxième doigt (9) est engagé dans une des dents de
ladite roue dentée (7).
2. Dispositif selon la revendication précédente, ladite course angulaire de ladite roue
dentée (7) étant au maximum d'une dent de ladite route dentée (7).
3. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, ledit premier doigt de blocage
(8) possédant un degré de liberté en translation, et ledit deuxième doigt de blocage
(9) possédant deux degrés de liberté en translation.
4. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, ledit premier doigt de blocage
(8) possédant un degré de liberté en translation selon un rayon de ladite roue dentée
(7), et ledit deuxième doigt de blocage (9) possédant un degré de liberté en translation
selon la direction (4) des oscillations dudit cliquet actif(5).
5. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, ledit deuxième doigt (9) possédant
le même degré de liberté que ledit premier doigt (8) ainsi qu'un degré de liberté
additionnel.
6. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, les dents de ladite roue dentée
(7) et l'extrémité desdits doigts de blocage (8,9) présentant une forme en créneaux.
7. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, lesdits doigts (8,9) étant
commandés par des actionneurs électrostatiques (13,14) ou hydrauliques.
8. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, comprenant de plus un circuit
électronique programmable pour la commande des signaux d'actionnement desdits doigts
(8,9).
9. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, comprenant de plus un came
pour actionner les mouvements desdits doigts (8,9).
10. Dispositif selon l'une des revendications précédentes, ledit deuxième doigt (9) étant
couplé à l'actionneur (2) dudit cliquet actif (5).
11. Méthode pour le blocage et l'incrémentation unitaire d'un module d'entraînement (1)
pour rouage horloger utilisant le dispositif de blocage l'une des revendications précédente,
ladite méthode comprenant les étapes de:
- (A) Abaissement dudit premier doigt (8) et dégagement de ladite route dentée (7);
- (B) Entraînement de ladite roue dentée (7) en rotation par ledit cliquet actif (5)
dudit actionneur (2);
- (C) Relèvement dudit premier doigt (8) et engagement dans l'une des dents de ladite
roue dentée (7);
- (D) Dégagement et retour dudit cliquet actif (5) dudit actionneur (2);
- (E) Dégagement et retour dudit deuxième doigt contre ladite première butée (10);
- (F) Relèvement dudit deuxième doigt (9) et engagement dans l'une des dents de ladite
roue dentée (7).
12. Méthode pour le blocage et l'incrémentation unitaire d'un module d'entraînement (1)
pour rouage horloger selon la revendication 11, ladite étape (E) consistant en une
première sous étape (E1) d'abaissement dudit deuxième doigt (9), et une deuxième sous
étape (E2) de retour dudit deuxième doigt contre ladite première butée (10).
13. Méthode selon la revendication 11 ou 12, lesdites étapes (D,E) de dégagement et de
retour desdits cliquet actif (5) dudit actionneur (2) et dudit deuxième doigt (9)
étant simultanées.