[0001] La présente invention concerne le domaine du contrôle moteur et plus particulièrement
le contrôle de combustion des moteurs à allumage commandé.
[0002] Le fonctionnement du moteur à allumage commandé (type essence) est basé sur la combustion
d'un mélange d'air, de gaz brûlés et de carburant. Le cycle du moteur se décompose
en quatre phases (figure 1) :
- Phase d'admission (ADM) : la soupape d'admission laisse entrer dans la chambre CHB le mélange d'air et de gaz brûlés. L'air est prélevé dans l'environnement extérieur
du moteur. Les gaz brûlés sont prélevés dans la tubulure d'échappement ECH et ramené
vers la tubulure d'admission (re-circulation de gaz brûlés EGR) et/ou ré aspiré par
la soupape d'échappement (re-circulation interne de gaz brûlés iEGR). Le carburant
est injecté pendant l'admission. Le dispositif de Variable Valve Timing (VTT) permet
de décaler dans le temps les profils de levée des soupapes d'admission (VVTa) et d'échappement
(VVTe). Ceci joue directement sur la composition des gaz ainsi que sur la turbulence
dans la chambre de combustion.
- Phase de compression : Après que la soupape d'admission se ferme (IVC : intake valve
closing), le piston PIS comprime les gaz.
- Phase de combustion : La bougie d'allumage BOUG produit une étincelle qui initie la combustion du mélange air, gaz brûlés, carburant,
qui s'enflamme en libérant l'énergie chimique disponible dans le carburant, créant
ainsi une surpression qui repousse le piston.
- Phase de détente : Une fois le piston redescendu, la soupape d'échappement s'ouvre,
le mélange gazeux est alors évacué par la tubulure d'échappement.
[0003] Le but du contrôle moteur est de garantir au conducteur le couple qu'il demande tout
en minimisant le bruit et les émissions de polluants. Il faut donc régler aussi finement
que possible le pilotage des quantités des différents gaz et du carburant.
État de la technique
[0004] Pour réaliser un contrôle de combustion d'un moteur à allumage commandé, on connaît
des méthodes permettant de déterminer le milieu de combustion à l'aide de capteurs
montés sur le moteur. On connaît des méthodes se basant sur des mesures directes dans
la chambre de combustion tels que celles fournies par :
- des capteurs de pression cylindre : Paljoo Yoon et al., "Closed-loop Control of Spark Advance and Air-fuel Ratio in SI
Engines Using Cylinder Pressure", Society of Automotive Engineering World Congress,
2000-01-0933.
- des capteurs de courants d'ions dans la chambre de combustion : Lars Eriksen et al., "Closed loop Ignition Control by Ionization Current Interpretation",
SAE 1997 Transactions, Journal of Engines, Vol. 106, Section 3, pp. 1216-1223, 1997.
[0005] Cependant l'utilisation de tels capteurs sur des véhicules de série est rendue difficile
du fait de leur coût très important. De plus, ces capteurs sont généralement sujets
à des dérives relativement rapides.
[0006] On connaît également des méthodes dans lesquelles les quantités et les phasages sont
optimisés sur chaque point de fonctionnement statique (régime et couple) de manière
à dégager une stratégie idéale à chaque point. On utilise donc un calibrage sur banc
moteur pour dégager les valeurs optimales des trois jeux de données principaux :
Boucle d'air :
[0007]
- les masses d'air Mair et de gaz brûlés Mgb nécessaires dans la chambre de combustion.
- La pression et la température de ces gaz dans la chambre de combustion.
- La position des dispositifs de levée variable des soupapes (VVT) et notamment l'angle
de fermeture de la soupape d'admission notée θivc.
on représentera par
Xair ces variables thermodynamiques et physiques
Xair = (
Mair,Mbg,P,T,θIVC).
Boucle de carburant :
[0008] La masse de carburant
Mf injectée dans la chambre de combustion (injection directement dans la chambre ou
indirectement dans la pipe d'admission).
Xfuel = (
Mf)
Boucle d'allumage :
[0009] L'angle vilebrequin
θall auquel apparaît l'étincelle (via la bougie), qu'on représentera par X
all = (
θall).
[0010] Cependant ces stratégies se révèlent insuffisantes dans les phases transitoires.
En effet, lors des phases de transition d'un point de fonctionnement à un autre (changement
de vitesse du véhicule ou du profil de la route), le contrôle moteur supervise les
différents actionneurs présents dans le moteur pour garantir le couple désiré tout
en minimisant le bruit, les émissions de polluants et la consommation. Cela se traduit
donc par le passage des valeurs des paramètres du point initial aux valeurs des paramètres
du point final :

[0011] Or, il existe dans le moteur deux échelles de temps. La plus rapide (50 Hz) correspond
à l'ensemble du phénomène de combustion (1 cycle moteur). A cette échelle, on est
capable de changer la stratégie de l'injection (X
fuel) et de l'allumage (X
all) pour piloter la combustion. La plus lente (1 Hz) correspond à la dynamique des gaz
dans les tubulures du moteur (admission, échappement, re-circulation de gaz brûlés)
et les inerties des actionneurs (turbo compresseur
TC). On ne peut changer plus vite la stratégie de cette boucle d'air (X
air).
[0012] Avec les méthodes actuelles, les variables pilotées (
Xair,
Xfuel,Xall) n'arrivent donc pas en même temps à leurs valeurs de consigne à cause de cette différence
de dynamique. Les objectifs en production de couple, consommation, polluants, bruit
sont donc respectés dans les phases statiques (les boucles dynamiques sont stabilisées
à leurs valeurs de référence), en revanche, si on ne prend pas de précaution dans
les phases transitoires, une partie des paramètres atteignant presque instantanément
la valeur de consigne finale alors que l'autre partie est encore aux valeurs de consigne
initiale, le moteur produit alors plus de polluants ou de bruit, et peut même dans
certain cas s'éteindre.
[0013] De plus, sans capteurs de pressions cylindre, les méthodes connues ne permettent
pas de contrôler le phasage de la combustion pendant les phases transitoires. Or comme
l'illustre les figures 2 et 3, ceci est insuffisant pour assurer le fonctionnement
du moteur en transitoire.
[0014] L'objet de l'invention concerne un procédé pour assurer le contrôle de la combustion
d'un moteur à allumage commandé, notamment en phase transitoire, tout en s'affranchissant
des problèmes de l'art antérieur. Le procédé y parvient, d'une part en contrôlant
les trois boucles dynamiques de manière séparée, et d'autre part en corrigeant la
valeur de référence de l'angle d'allumage via un contrôle de l'angle
CA50.
[0015] WO 02/095191 décrit un procédé de contrôle de combustion d'un moteur à allumage commandé dans
lequel l'instant d'allumage est contrôlé de façon à ce que l'angle de vilebrequin
auquel y % du carburant est consommé lors de la combustion soit égal à une valeur
de consigne, afin d'optimiser la combustion.
Le procédé selon l'invention
[0016] L'invention concerne un procédé de contrôle de combustion d'un moteur à allumage
commandé selon la revendication 1. Dans ce procédé : - on détermine des valeurs de
consigne de paramètres physiques liés à la combustion d'un mélange de gaz et de carburant
dans une chambre de combustion, ainsi qu'une valeur de consigne (
θall)
ref d'un angle vilebrequin d'allumage dudit mélange, lesdites valeurs de consigne étant
déterminées de façon à optimiser la combustion, - un système de contrôle moteur pilote
des actionneurs de façon à ce que les valeurs desdits paramètres physiques soient
égales auxdites valeurs de consigne.
[0017] Le procédé comporte les étapes suivantes :
- on corrige la valeur de consigne (θall)ref avant que lesdits paramètres physiques n'atteignent leurs valeurs de consigne, en
calculant une correction dθall à appliquer à ladite valeur de consigne (θall)ref, de façon à ce qu'un angle vilebrequin CAy, auquel y pour cent du carburant est consommé lors de la combustion, soit égale à
une valeur de consigne de cet angle pour une combustion optimisée ;
- ledit système de contrôle moteur pilote l'allumage dudit mélange dans la chambre de
combustion lorsque l'angle vilebrequin est égal à ladite valeur de consigne (θall)ref corrigée afin de conserver la combustion optimale.
[0018] Selon l'invention, on détermine la correction
dθall en tenant compte de différences
dp entre des valeurs réelles
p desdits paramètres physiques et lesdites valeurs de consignes
pref desdits paramètres physiques. Pour ce faire, on utilise un modèle de combustion défini
par une équation différentielle permettant de modéliser une évolution au cours du
temps d'une masse de carburant consommée, et en linéarisant ce modèle de combustion
en
p autour des valeurs de consignes
pref, puis en calculant une solution au premier ordre de la correction à apporter, de
façon à ce que la correction
dθall soit proportionnelle aux différences
dp.
[0019] Selon un mode de réalisation, on peut ainsi déterminer la correction
dθall en appliquant les étapes suivantes :
- on détermine lesdites valeurs réelles desdits paramètres physiques ;
- on calcule lesdites différences dp entre lesdites valeurs réelles et lesdites valeurs de consignes ;
- on détermine ladite valeur de consigne (CAy)ref de l'angle vilebrequin CAy, au moyen d'une intégration numérique dudit modèle de combustion en affectant à chaque
paramètre du modèle sa valeur de consignes ;
- on calcule la matrice de linérarisation Λ du modèle de combustion en linéarisant le
modèle de combustion en p autour des valeurs de consignes pref;
- on calcule la correction dθall au moyen de la formule suivante :

[0020] Selon un mode de réalisation préférentiel, l'angle vilebrequin
CAy est l'angle vilebrequin auquel cinquante pour cent du carburant est consommé lors
de la combustion.
[0021] Selon l'invention, les paramètres physiques sont choisis parmi les paramètres suivants
au moment de la fermeture soupape : pression dans la chambre de combustion (
PIVC), température dans la chambre de combustion (
TIVC), rapport (
XIVC) entre une masse de gaz brûlés et une masse de gaz totale dans la chambre de combustion,
masse (
MIVC) d'air dans le cylindre, et angle de fermeture d'une soupape d'admission (
θivc).
[0022] Enfin, on peut adapter également une masse de carburant injectée dans la chambre
de combustion, avant que les paramètres physiques n'atteignent leurs valeurs de consigne,
au moyen d'un contrôle de la richesse de combustion.
[0023] D'autres caractéristiques et avantages du procédé selon l'invention, apparaîtront
à la lecture de la description ci-après d'exemples non limitatifs de réalisations,
en se référant aux figures annexées et décrites ci-après.
Présentation succincte des figures
[0024]
- la figure 1 illustre les différentes phases d'un cycle de combustion d'un moteur à
allumage commandé.
- la figure 2 illustre une chronologie de combustion, en fonction de l'angle vilebrequin
selon trois situations de contrôle de combustion : contrôle optimal (réalisé en phase
stabilisée), contrôle actuel en phase transitoire sans contrôle du CA50 et contrôle souhaité en phase transitoire avec contrôle du CA50.
- la figure 3 illustre les trois courbes de dégagement d'énergie Q en fonction de l'angle vilebrequin θ pour les trois situations décrites en figure 2.
- la figure 4 illustre un schéma de calcul de la correction dθall de l'angle d'allumage.
Description détaillée du procédé
[0025] Le procédé selon l'invention permet de contrôler le déroulement de la combustion
d'un moteur à allumage commandé, en phase statique comme en phase transitoire. Il
comporte un contrôle séparé et indépendant de la boucle d'air (boucle lente) et des
boucles de fuel et d'allumage (boucles rapides), par une adaptation de la dynamique
des boucles rapides de manière à être cohérent avec la boucle d'air. Le procédé permet
ainsi une adaptation de X
fuel et X
all pour conserver les caractéristiques de la combustion demandée (à travers la demande
de couple du conducteur). On limite ainsi l'impact sur les émissions de polluants
et de bruit tout en garantissant au conducteur le couple demandé.
[0026] Selon ce procédé, le contrôle de la combustion d'un moteur à allumage commandé s'effectue
en cinq étapes :
1- Détermination de valeurs de consigne pour différents paramètres physiques.
[0027] Lors des phases de transition d'un point de fonctionnement à un autre (changement
de vitesse du véhicule ou du profil de la route), le contrôle moteur supervise les
différents actionneurs présents dans le moteur pour garantir le couple désiré tout
en minimisant le bruit, les émissions de polluants et la consommation. Cela se traduit
donc par le passage des valeurs des paramètres
Xair, X
fuel et X
all d'un point initial aux valeurs des paramètres d'un point final :

[0028] Les valeurs finales sont définies de façon à optimiser la combustion, c'est-à-dire
à brûler le maximum de carburant de façon à minimiser les émissions de polluants et
la consommation tout en minimisant le bruit. Ces valeurs finales optimisant la combustion
sont appelées valeurs de consigne. Le contrôle moteur est chargé de faire respecter
ses valeurs consignes.
[0029] Les paramètres physiques importants, régulés par la boucle d'air, sont la pression,
la température, la composition chimique des gaz dans la chambre et l'angle de fermeture
de la soupape d'admission. Idéalement, ces paramètres atteignent instantanément leur
valeur consigne. En réalité, la lenteur de la boucle d'air fait qu'il existe une erreur
sur ces paramètres
Xair, entre leur valeur de consigne et leur valeur réelle, pendant toute la phase de transition.
En conséquence, les paramètres thermodynamiques (masse, pression, température et taux
de gaz brûlés) de la charge gazeuse aspirée dans le cylindre sont différents de leur
valeur de consigne. On adapte le contrôle des boucles de fuel et d'allumage aux erreurs
des paramètres suivants :
- P : La pression dans la chambre de combustion. Elle est fonction de l'angle vilebrequin
θ.
- T : La température dans la chambre de combustion. Elle est fonction de l'angle vilebrequin
θ.
- X : Le rapport entre la masse de gaz brûlés et la masse de gaz totale dans la chambre
de combustion (paramètre entre 0 et 1). Il est fonction de l'angle vilebrequin θ.
- Mair : La masse d'air enfermée dans le cylindre.
[0030] On distingue la valeur de ces paramètres au moment de la fermeture soupape (IVC)
:
- PIVC : La pression dans la chambre de combustion au moment de la fermeture soupape.
- TIVC : La température dans la chambre de combustion au moment de la fermeture soupape.
- XIVC : Le rapport entre la masse de gaz brûlé et la masse de gaz totale dans la chambre
de combustion au moment de la fermeture soupape.
- MIVC : La masse d'air dans le cylindre au moment de la fermeture soupape.
- θIVC : L'angle de fermeture de la soupape d'admission ; il influence directement la turbulence
dans la chambre de combustion.
[0031] Les valeurs de ces cinq paramètres sont déterminées en continue. Pour ce faire, on
suppose que la composition (
XIVC) et la pression (
PIVC) dans le cylindre au moment de la fermeture soupape sont les mêmes que celles dans
le collecteur d'admission où l'on dispose de mesures (par des capteurs ou des estimateurs).
Nous estimons
TIVC par la loi des gaz parfait

où R est la constante des gaz parfait (R=287) et
MIVC est la masse aspirée par le cylindre qui est mesurée par un débitmètre.
[0032] Pour ces cinq paramètres physiques, liés à l'admission de comburant gazeux dans la
chambre de combustion du moteur, les valeurs de consigne sont respectivement notées
:
Pref,Tref,
Xref,
Mref. et (
θivc)
ref.
[0033] Ces valeurs de consignes sont obtenues à partir d'une cartographie de consigne établie
sur banc moteur : les valeurs de consigne de ces paramètres sont données par le point
optimal cartographié au banc moteur (valeur que ces paramètres doivent atteindre).
Ces valeurs de consigne sont déterminées de façon à optimiser la combustion. Ces paramètres
sont liés par la relation des gaz parfait (PV=MRT) mais pour des raisons de simplicité,
on n'explicite pas directement cette relation. Cela n'affecte en rien la méthode proposée.
[0034] Selon l'invention, le paramètre qu'on s'autorise à contrôler est l'angle d'allumage
du mélange :
θall. On note (
θall)
ref sa valeur référence (donnée par le point optimal cartographié au banc moteur). Le
paramètre que l'on cherche à maintenir constant est l'angle vilebrequin
CAy, c'est-à-dire l'angle auquel
y pour cent du carburant est consommé lors de la combustion. On cherche à maintenir
cet angle à une valeur de consigne (
CAy)
ref de cet angle pour une combustion optimale. Selon un mode préférentiel, on utilise
le l'angle de moitié de combustion :
CA50. Il s'agit de l'angle vilebrequin auquel 50% du carburant a été consommé pendant
la combustion optimisée (combustion obtenue avec les valeurs de consigne).
2- Contrôle de la boucle d'air (boucle lente).
[0035] Une fois déterminées les valeurs de consigne
Pref,Tref,
Xref,
Mref, et (
θivc)
ref un système de contrôle moteur pilote des actionneurs de façon à ce que les valeurs
des paramètres physiques
PIVC, TIVC,
XIVC, MIVC et
θivc soient égales à leurs valeurs de consigne
Pref,Tref, Xref,
Mref, et (
θivc)
ref.
3- Adaptation de la boucle de fuel (boucle rapide).
[0036] L'adaptation du pilotage de la masse de carburant injectée à la dynamique de la boucle
d'air est classiquement effectuée par le contrôle de la richesse de combustion : en
effet, la dépollution des gaz d'échappement des moteurs essence peut être réalisée
par un catalyseur trois voies. Il permet de traiter efficacement les CO, HC et NO
x produit par la combustion à condition que les gaz d'échappement ne soient globalement
ni oxydant ni réducteur. On définit la richesse de combustion (λ), comme étant l'excédant
de la masse d'air
Mair par rapport à la masse de carburant
Mf ramené au même rapport dans le cas de la combustion stoechiométrique (ce rapport
stoechiométrique est noté PCO). On a donc

La dépollution est donc efficace quand la richesse est proche de 1. La stratégie
de contrôle de la masse de carburant injectée est donc réduite à l'estimation de la
masse d'air aspirée dans le cylindre à partir des paramètres de la boucle d'air. L'estimation
de la masse d'air
Mair permet alors d'appliquer la commande

4- Adaptation de la boucle d'allumage
a. Calcul de la correction de la valeur de consigne de l'angle d'allumage (θall)ref
[0037] La stratégie classique de contrôle de l'angle d'allumage
θall est un pré positionnement dépendant du régime moteur, et de l'estimation de la masse
d'air aspirée dans le cylindre (via une cartographie). Contrairement au contrôle de
la masse de carburant, cette stratégie n'est pas optimale. En effet, si la masse de
carburant injectée fournit un potentiel de couple, c'est le phasage de l'allumage
qui garantit la bonne exploitation de ce potentiel.
- si l'allumage est trop précoce, la combustion est elle aussi précoce, provoquant une
augmentation de pression pendant la phase de compression ce qui va à l'encontre de
la production de couple.
- si l'allumage est trop tardif la combustion sera trop tardive et c'est toute la phase
d'expansion qui se fera à une moindre pression. Le couple produit est alors plus faible.
[0038] Le
CA50 (angle vilebrequin auquel 50% du carburant a brûlé) est l'angle vilebrequin qui permet
de rendre compte de ce phasage de combustion. Il est classiquement admis que chaque
moteur possède un angle vilebrequin référence (
CA50)
ref fixé, dépendant des caractéristiques techniques du moteur. La stratégie d'allumage
est alors optimale si le
CA50 est régulé sur sa valeur référence (
CA50)
ref.
[0039] Il est donc nécessaire de prendre en compte tous les paramètres thermodynamiques
et physiques influençant la combustion pour piloter au mieux l'angle d'allumage. Le
pré-positionnement classique de l'angle d'allumage, en fonction du régime moteur et
de la masse d'air aspirée, est donc un début d'adaptation de la boucle d'allumage
aux paramètres lents de la boucle d'air, mais il n'est pas complet. En effet, d'autres
paramètres de la boucle d'air influencent la combustion :
- La pression dans la chambre de combustion
- La température dans la chambre de combustion.
- Le taux de gaz brûlés dans la chambre de combustion.
- La turbulence dans la chambre de combustion (via θivc).
[0040] Si le contrôle de la boucle d'air était parfait, les cinq paramètres
PIVC, TIVC, MIVC,
XIVC et
θivc atteindraient leurs valeurs références
Pref,
Tref,
Mref,
Xref et (
θivc)
ref instantanément. En réalité, en phase transitoire, les paramètres
PIVC,TIVC, MIVC, XIVC et
θivc sont différents de leur valeur référence. Le contenu du cylindre au moment de la
fermeture soupape est donc différent du contenu référence pour lequel a été cartographié
la stratégie d'allumage.
[0041] Il faut donc prendre en compte les erreurs de ces paramètres au moment de la fermeture
soupape pour modifier l'angle d'allumage, de manière à conserver une combustion aussi
proche que la combustion référence (combustion optimisée). On note :
- p le vecteur (PIVC ; TIVC ; MIVC ; XIVC ; θivc);
- pref le vecteur (Pref ; Tref ; Mref ; Xref ; (θivc)ref) ;
- dp le vecteur p-pref = (dP; dT; dM; dX; dθivc), avec :

et

[0042] Pour cela, on cherche un nouvel angle d'allumage corrigé (
θall)
ref+
dθall pour que l'angle CA
50 soit à sa valeur de référence (
dCA50 =
CA50 - (
CA50)
ref = 0). On cherche donc
dθall tel que (voir figures 2 et 3 pour les trois situations) :
- si il n'y a pas d'erreur, c'est-à-dire si tous les paramètres ont atteint leur valeur
de référence (dp = 0), on est exactement dans la situation du point de fonctionnement référence, on
a donc dθall = 0 (situation ①).
- si les paramètres n'ont pas atteint leur valeur de référence (dp ≠ 0), la vitesse de la combustion n'est pas identique à celle de la combustion référence.
On a donc un déphasage de la combustion et le CA50 n'est pas atteint à sa valeur référence (situation ②).
- pour contre balancer les erreurs dp ≠ 0, on introduit donc une correction angulaire dθall ≠ 0 sur l'angle d'allumage pour avoir le même phasage CA50 (situation ③).
[0043] La figure 2 illustre une chronologie de combustion selon trois situations. Pour chaque
situation l'axe horizontal représente l'angle vilebrequin
θ. Sur ces axes sont repérés : la valeur de consigne (
θall)
ref de l'angle d'allumage, l'angle d'allumage
θall, et le terme correctif
dθall. La figure 3 illustre les trois courbes de dégagement d'énergie Q en fonction de
l'angle vilebrequin
θ pour les trois situations décrites précédemment (figure 2).
[0044] Pour déterminer la correction
dθall, on réalise une modélisation du système de combustion. Selon un exemple particulier
de réalisation, on peut utiliser un modèle de combustion défini par une équation différentielle
permettant de modéliser l'évolution au cours du temps de la masse de carburant consommée
par la combustion. Un tel modèle de combustion peut donc s'écrire sous la forme compacte
suivante (l'annexe 1 illustre un exemple d'un tel modèle de combustion) :

Avec :
x : fraction massique de carburant brûlé (x est de dimension 1×1)
y : autres variables dont la dynamique est nécessaire pour le modèle de combustion
(pression, température...). y est de dimension 1×n avec

p : paramètres de la boucle d'air à compenser durant les transitoires. p est de dimension 1×n avec

θall : angle d'allumage du mélange
f, g et h sont des fonctions entièrement connues (voir annexe 1 par exemple).
[0045] On note que la méthode de contrôle de l'angle d'allumage selon l'invention est applicable
à tout modèle de combustion sous forme d'équation différentielle.
Estimation de la correction de la valeur de consigne de l'angle d'allumage (θall)ref
[0046] Le calcul de la correction se fait en linéarisant le modèle de combustion en
p autour des valeurs références
pref en introduisant les écarts
dp.
[0047] Au vu de la forme complexe du modèle de combustion, il est difficile de trouver une
expression analytique de la correction
dθall. En conséquence, on cherche une solution au premier ordre de la correction à apporter.
De cette manière, la correction est proportionnelle à l'erreur de boucle d'air
dp.
[0048] Pour obtenir la correction, on procède comme suit :
- on réalise une analyse de sensibilité de l'équation différentielle (1) par rapport
aux deux variables p et θall. On obtient ainsi la variation au premier ordre des états de l'équation différentielle
(dx,dy) consécutifs à des variations quelconques de p et θall autour de leurs valeurs de référence.
- On traduit le fait qu'en présence de l'erreur dp et de la correction dθall le CA50 ne doit pas être affecté (dCA50 = 0) par une condition sur la sensibilité de l'état x : dx(θall) = 0. On obtient donc une équation dans laquelle apparaissent dp et dθall. Par inversion de cette équation, on obtient une expression de dθall en fonction de dp et de toutes les variables présentes dans le modèle.
b. Adaptation de la boucle d'allumage (boucle rapide)
[0050] Le système de contrôle moteur pilote le système d'allumage du carburant dans la chambre
de combustion lorsque l'angle vilebrequin est égal à la valeur corrigée de consigne
(
θall)
ref +
dθall afin de conserver la combustion optimale.
[0051] Un intérêt de la méthode est de relier directement les erreurs de la boucle d'air
avec la correction à appliquer sur la commande de l'allumage via la matrice Λ. Celle-ci
est entièrement calculable : elle ne dépend que du modèle de combustion, des valeurs
de références
Pref,Tref,Xref et
Mref et d'un certain nombre de constantes connues.
[0052] En appliquant la correction précédente sur l'angle d'allumage, on assure (au premier
ordre) que l'angle
CA50 est à sa valeur de référence. Petit à petit, la boucle d'air amène les erreurs
dP,dT,dX et
dM vers zéro, la correction disparaît donc dans les phases statiques stabilisées. La
stratégie de contrôle est schématisée sur la figure 4. Cette figure illustre un schéma
du calcul de la correction
dθall de l'angle d'allumage. Après avoir estimé ou mesuré (
EST-ACT) les valeurs réelles des paramètres p, déterminé (
DET-CONS) les valeurs de consignes
pref de ces paramètres et (
θall)
ref, on calcule la matrice de linérarisation (
CAL-MAT) du modèle de combustion. Ensuite, on calcule le coefficient suivant : ((
CA50)
ref-(
θall)
ref).Λ.
[0053] Pour cela on a donc besoin de la valeur de (
CA50)
ref (valeur de l'angle de milieu de combustion de la combustion de référence). On utilise
donc le système différentiel (1) (modèle de combustion) avec les valeurs de référence
pref et (
θall)
ref pour conditions initiales. On obtient le système suivant:

[0054] Par intégration numérique de ce système, on détermine la valeur de l'angle
θ lorsque x
ref = 0.5. Cet angle correspond à la valeur de (
CA50)
ref.
[0055] Enfin, on calcule la correction (
CAL-COR)
dθall :

[0056] Ainsi le procédé selon l'invention permet d'assurer le contrôle de la combustion
d'un moteur à allumage commandé, en contrôlant les trois boucles dynamiques de manière
séparée, et en corrigeant la valeur de référence de l'angle d'allumage. Cette correction
est déterminée de façon à ce que l'angle CA
50 soit à sa valeur de référence. En appliquant cette correction à l'angle d'allumage,
on maintient donc l'angle CA
50 à sa valeur de référence, et par conséquent, on obtient le même dégagement d'énergie
que pour la combustion de référence (optimisée).
ANNEXE 1
Modèle de combustion
[0058] Ce modèle représente le volume du cylindre en deux zones (la zone brûlée et la zone
non-brûlée) séparée par le front de flamme (modélisé comme une couche infiniment fine).
Pendant toute la combustion, la flamme se propage de la zone brûlée vers la zone non-brûlée.
Les équations du modèle sont les suivantes :

avec :
| Symb. |
Quantity |
Unit |
| Nc |
Régime moteur |
rpm |
| θ |
angle vilebrequin |
[deg] |
| θivc |
angle vilebrequin de l'ivc |
[deg] |
| θTDC |
angle vilebrequin de la position haute du piston |
[deg] |
| θall |
angle vilebrequin de l'allumage du mélange |
[deg] |
| V(θ) |
Volume du cylindre |
m3 |
| Vivc |
Volume du cylindre l'ivc |
m3 |
| P(θ) |
pression dans le cylindre |
Pa |
| Pivc |
pression dans le cylindre à l'ivc |
Pa |
| T(θ) |
température dans le mélange |
K |
| Tivc |
température dans le mélange à l'ivc |
K |
| Tu(θ) |
température de la zone non-brûlée |
K |
| AFRs |
richesse à la stoechiométrie |
- |
| minj |
Masse de carburant injectée |
kg |
| mair |
Masse d'air admise |
kg |
| mbg |
taux de gaz brûlé dans la chambre de combustion |
kg |
| mf |
masse de carburant brûlée pendant la combustion (va de 0 à Mf) |
kg |
| ρu |
densité dans la zon non brûlée |
kg/m3 |
| (ρu)ivc |
densité dans la zone non-brûlée à l'ivc |
kg/m3 |
| Yu |
fraction massique de carburant dans la zone non-brûlée |
- |
| U |
vitesse de flamme laminaire |
m/s |
| Ξ |
plissement due à la turbulence |
- |
| γ |
Indice adiabatique |
- |
| PMI |
Pression moyenne indiquée |
bar |
| QLHV |
Energie massique disponible dans le carburant |
J/kg |
| A |
Surface du piston |
m2 |
| Sfl |
Surface de la flamme |
m2 |
| Sgeo |
Surface de flamme géométrique (sans le plissement) |
m2 |
| fvol |
Volume de flamme minimal (initiation du volume de flamme) |
m3 |
| x |
fraction massique de carburant brûlée |
- |
| y |
P.Vγ (variable représentant la pression dans la chambre) |
Pa m3γ |
[0060] Enfin, les paramètres du modèle sont :
C1,
C2,
C3,
C4,
α. Un exemple de valeur numérique (unités du système international SI) pour ces paramètres
est donné dans le tableau suivant :
| Paramètre |
C1 |
C2 |
C3 |
C4 |
α |
| Valeur |
2.92 e-5 |
2.11 |
5.34 e7 |
1,67 e-2 |
2.12 |
[0061] Au final, le modèle peut donc s'écrire sous la forme condensée suivante :

avec
p = (
p1,
p2,
p3)
T, C = (1,0,0)
T et f et g définies par l'équation du modèle de combustion en début d'annexe.
[0062] Dans ces équations le terme CA50 peut facilement être substitué par tout angle CAy.