Domaine technique
[0001] La présente invention concerne une méthode de compartimentation pour cuves et des
cuves compartimentées utilisées notamment dans le domaine des stations d'épuration.
Etat de la technique
[0002] L'épuration des eaux domestiques peut être réalisée grâce à des stations d'épuration
qui comprennent généralement plusieurs cuves ou compartiments. L'eau passe successivement
par les compartiments intégrant chacun une fonction différente, par exemple le dégraissage
des eaux, la dégradation microbiologique, la décantation, etc.
[0003] Les stations d'épuration sont généralement fabriquées au départ d'une cuve en béton
ou en matière synthétique standard du marché qui est adaptée en y installant d'abord
chacune des cloisons en béton ou en matière synthétique séparant les différents compartiments.
Les différentes cloisons doivent ensuite être fixées dans la cuve et la pose de joints
s'impose afin d'obtenir une étanchéité entre les différents compartiments. Cette étanchéité
est d'autant plus importante que les pressions différentielles s'exerçant sur les
cloisons sont élevées.
[0004] Cette réalisation de station d'épuration est relativement longue car l'opérateur
doit d'abord verrouiller les différentes cloisons dans la cuve, et une fois fixés
procéder à la pose de joints. Par ailleurs, l'opérateur s'expose à des risques lorsqu'il
entre dans la cuve pour fixer les cloisons, car les cloisons peuvent se renverser
sur lui, ce qui est d'autant plus dangereux s'il s'agit de cloisons lourdes (en béton
par exemple).
[0005] Pour éviter ce risque, on pourrait envisager d'insérer les cloisons dans des rainures
en forme de U se trouvant dans la paroi de la cuve. Néanmoins, il s'est avéré qu'une
telle configuration n'est pas suffisamment étanche en raison des tolérances de fabrication
qui sont à considérer, et la pose de joints reste donc toujours nécessaire.
[0006] Ces inconvénients pourraient être surmontés en moulant des cuves compartimentées
d'une seule pièce, les cuves et les cloisons de compartimentation étant ainsi formées
d'un seul matériau. Elles pourraient être transportées telles quelles chez le client,
nécessitant éventuellement l'installation d'éléments supplémentaires, comme par exemple
une cassette réacteur biologique. Avec ce type de cuves, les formes qu'on peut donner
à la cuve sont cependant limitées par la technique de moulage. De même, il n'est pas
facile par exemple de positionner des orifices au milieu d'une cloison. Il faudrait
donc effectuer des opérations supplémentaires, par exemple des perçages, où l'opérateur
doit descendre dans la cuve après le moulage. Dans le cas du béton, il est alors conseillé
d'attendre la prise suffisante du béton de la cuve moulé afin de ne pas endommager
la cuve encore fraîche ce qui rallonge le temps de fabrication. Néanmoins, l'inconvénient
majeur reste le poids de ces cuves compartimentées, notamment si elles sont moulées
en béton ou d'autres matériaux lourds. En effet, leur poids augmente rapidement avec
le nombre de cloisons prévues, l'installation de telles cuves nécessite donc des engins
lourds de chantier, ce qui n'est pas toujours souhaitable, ni possible.
Objet de l'invention
[0007] L'objet de la présente invention est par conséquent de proposer une cuve compartimentée
avec un poids plus réduit, tout en étant étanche. De plus, l'équipement de ces cuves
pour les transformer en station d'épuration devrait être facile et rapide, avec le
moins de risques d'accidents pour l'opérateur.
Description générale de l'invention
[0008] Afin de résoudre le problème mentionné ci-dessus, la présente invention concerne
une cuve moulée compartimentée ayant un fond et des parois périphériques. Cette cuve
comprend par ailleurs une ou plusieurs cloisons en matériau fin et/ou léger dont les
bords sont scellés par moulage dans la paroi et le fond de la cuve, de manière à obtenir
une étanchéité parfaite entre les compartiments.
[0009] L'invention présente trois avantages majeurs : le premier est de disposer d'une cuve
compartimentée, dont les bords des cloisons sont enchâssés dans la cuve lors du moulage,
de sorte à obtenir une étanchéité quasi parfaite, aussi bien entre la paroi de la
cuve et les cloisons qu'entre le fond de la cuve et les cloisons.
[0010] Le deuxième avantage, tout aussi important, est que l'invention de par le scellage
par moulage permet d'utiliser des cloisons plus fines, ce qui réduit considérablement
le poids des cuves compartimentées et par conséquent les coûts de transport et d'installation.
[0011] Troisièmement, l'insertion de cloisons directement lors du moulage ne rallonge pas
significativement la fabrication de la cuve, mais rendent superflu leur montage ultérieur
en atelier ou chez le client. En effet, comme la cuve est moulée avec les cloisons
insérées, il en résulte une cuve compartimentée plus légère et prête à l'emploi qui
peut être livrée directement chez le client par le fabricant de cuve. L'utilisation
de moyens de fixation et la descente d'opérateurs dans la cuve pour assurer la fixation
sont donc également superflues, améliorant ainsi la sécurité.
[0012] Finalement, l'intérêt de l'invention réside dans la simplicité et la rapidité du
montage, ce qui est évidemment intéressant d'un point de vue économique.
[0013] Les cuves compartimentées, c'est-à-dire la paroi périphérique et le fond, sont moulées
préférentiellement en béton et/ou en fibrociment et/ou polyester ou tout autre matériau
approprié à l'usage. Par ailleurs, si nécessaire, des additifs appropriés peuvent
être ajoutés comme par exemple des composés rigidifiants, des fibres, des accélérateurs
de prise, des hydrofuges, des résines polymères ou des combinaisons de ceux-ci.
[0014] Comme indiqué, afin de remédier au problème de poids des cuves compartimentées, les
cloisons utilisées sont des cloisons légères par comparaison à des parois en béton.
Pour cela, elles sont faites en matériau fin et/ou léger, c'est-à-dire elles peuvent
être fabriquées en un matériau relativement lourd, mais présentant alors une épaisseur
réduite (et formant donc des cloisons légères), comme par exemple des cloisons en
acier inoxydable, ou alors le matériau utilisé est fin et léger, comme par exemple,
les matières synthétiques imputrescibles, telles que le PVC, le polyéthylène haute
densité, le polyéthylène, le polyester, le polypropylène, le nylon, voire tout autre
matériau adapté. On peut également utiliser des matériaux moussés qui sont légers,
mais qui présentent alors généralement une épaisseur plus importante. Toutes les combinaisons
de ces matériaux sont également possibles. L'épaisseur du matériau utilisé dépend
évidemment du matériau utilisé et des contraintes prévues, néanmoins elle se situera
normalement entre 1 mm et 3 cm, de préférence entre 2 mm et 2 cm.
[0015] Le poids plus réduit d'une telle cuve facilite donc son transport et son installation
chez le client. En effet, en pratique on peut atteindre un gain de poids important,
par exemple de l'ordre de plusieurs centaines de kilogrammes pour une cuve d'épuration
standard, ce gain de poids dépendant évidemment de la taille de la cuve compartimentée
et du nombre de compartiments prévus.
[0016] En prévoyant des moyens de rigidification appropriés, comme par exemple des cannelures,
des rainures etc., il est par ailleurs possible de réduire davantage le poids de la
cuve car ces moyens permettent d'utiliser des cloisons encore plus fines ou en matériau
encore plus léger.
[0017] Cette réduction de poids permet au final un maniement plus facile des cuves compartimentées
et on peut ainsi par exemple s'affranchir de gros engins de chantier pour installer
la cuve chez le client.
[0018] Les cloisons en matériau fin selon l'invention peuvent prendre tout forme appropriée
à l'usage comme par exemple droit, incurvé, ondulé etc. Les bords des cloisons peuvent
être en continuité avec le reste de la cloison, c'est à dire avoir une forme (ou section)
sensiblement identique au reste de la cloison. Ainsi, on peut utiliser par exemple
une cloison sensiblement droite dont les bords sont également sensiblement droits
(bords francs). Néanmoins, les bords peuvent prendre toute autre forme appropriée
à l'usage. Lorsque les pressions existantes de part et d'autre des compartiments sont
similaires, c'est-à-dire la pression différentielle est faible, des cloisons en matériau
fin avec des bords droits par exemple sont assez rigides pour garantir une étanchéité
parfaite.
[0019] On entend par étanchéité parfaite ou quasi parfaite, une étanchéité entre les cloisons
et la paroi de la cuve qui est suffisante pour que le liquide contenu d'un compartiment
ne s'écoule pas de manière significative entre les cloisons et le fond ou la paroi
de la cuve, et ceci tant en présence de pressions différentielles faibles (p.ex. même
niveau de liquide dans les compartiments), tout comme en présence de pressions différentielles
élevées (qui peuvent déjà se produire par exemple leur de la vidange ou du remplissage
d'un compartiment). Il est clair que cette configuration n'exclue pas le passage de
liquides à travers des trous, entailles, orifices etc. spécialement conçus à cet effet
et pour l'utilisation visée, comme par exemple en cas de station d'épuration.
Au cas où des pressions différentielles importantes s'exerceraient sur les cloisons,
une cloison, comme par exemple une cloison droite à bord droit scellé dans la cuve
pourrait se bomber, se déboîter et ainsi ne plus assurer l'étanchéité entre les compartiments.
En effet, les cuves compartimentées selon l'invention présentent en général une incompatibilité
chimique entre le matériau utilisé pour le moulage de la cuve et celui de la cloison,
de sorte à ce qu'il n'y a généralement pas de liaison chimique suffisante entre les
deux matériaux, contrairement aux cuves compartimentées moulées en une seule pièce
avec un matériau identique.
[0020] Par conséquent, pour éviter une éventuelle dislocation de cloison(s) en cas de pressions
élevées, un mode avantageux de la présente invention propose d'utiliser des cloisons
dont les bords scellés dans la cuve présentent un ou plusieurs moyens d'ancrage ou
de blocage mécanique. Ces moyens d'ancrage peuvent être disposés de manière régulière
ou non, c'est à dire ils peuvent se trouver sur tout le pourtour utile de la cloison
scellée dans la cuve, ou bien sur une partie seulement.
[0021] On entend par moyen d'ancrage tout moyen ou outil permettant de bloquer la cloison
dans la paroi et le fond de la cuve, c'est-à-dire effectuer un blocage mécanique qui
résiste à des forces même élevées et empêche ainsi une dislocation ou arrachement
du bord de la cloison hors de la paroi et/ou du fond de la cuve. Ces forces proviennent
par exemple de différences de pressions existant par exemple lors du remplissage ou
de la vidange, où un des compartiments peut être rempli de liquide, alors que l'autre
est encore/déjà vide.
[0022] Avantageusement les bords scellés par moulage présentent donc des moyens d'ancrage
sous forme de profils de scellement en forme de queue d'aronde, en forme de poire,
en forme de T, etc. Les bords à ancrage peuvent être présents de façon régulière sur
l'entièreté du bord ou bien ils peuvent par exemple seulement être placés aux endroits
subissant d'importantes forces et nécessitant donc une plus forte accroche, par exemple
sur la partie supérieure de la cloison.
[0023] Le blocage peut également être obtenu par la fixation d'accessoires sur/dans les
bords de la cloison, comme par exemple des tiges fixées à la cloison qui lors du moulage
sont intégrés et la paroi et/ou le fond de la cuve.
[0024] Différents moyens d'ancrage peuvent évidemment être prévus en combinaison sur un
même bord et/ou sur une même cloison.
[0025] L'homme du métier est conscient qu'il faut adapter la profondeur de scellement des
bords des cloisons dans la paroi et/ou le fond de la cuve en fonction de l'utilisation
visée. L'épaisseur de la paroi et du fond de la cuve et des cloisons dépendra notamment
de la nature du matériau utilisé et de la rigidité de la compartimentation souhaitée
ou nécessaire. L'homme du métier déterminera facilement par ailleurs à quelle profondeur
il faut sceller le bord de la cloison pour arriver à un scellement efficace sans pour
autant fragiliser la cuve. Ainsi en pratique, la largeur du bord scellé, c'est-à-dire
la profondeur à laquelle la cloison est scellée dans la paroi et/ou le fond de la
cuve est de l'ordre d'un à plusieurs centimètres, en général de 2 à 5 cm.
[0026] Il est clair qu'en principe, le scellage des bords des cloisons dans la paroi et/ou
le fond de la cuve selon l'invention réduit a priori l'épaisseur efficace de la paroi
et/ou du fond à l'endroit du scellage.
[0027] Au cas où cet aspect serait critique, un mode particulier de réalisation de la présente
invention prévoit le moulage de surépaisseurs sur la face intérieure de la paroi et/ou
du fond de la cuve, aux endroits où les bords des cloisons en matériau fin sont scellés
par moulage. Par ailleurs, l'homme du métier peut également ajouter des surépaisseurs
du côté extérieur du fond de la cuve et/ou de la paroi si nécessaire.
[0028] Un autre moyen d'obtenir un effet d'ancrage et de blocage mécanique qui permet en
même temps de diminuer l'effet de réduction de l'épaisseur efficace aux endroits de
scellage peut être obtenu par exemple par la réalisation de perforations ou de trous
sur les bords latéraux des cloisons. Ces perforations ou trous se remplissent lors
du moulage de la cuve et forment ainsi un ancrage tout en augmentant l'épaisseur efficace
de la paroi ou du fond à l'endroit de scellement des cloisons. La taille, la forme
et le nombre de ces trous n'est en principe pas critique, mais est en général déterminé
en partie par le matériau utilisé pour la cloison et/ou pour le moulage de la cuve.
[0029] Il est clair que ces différents éléments et mesures d'ancrage, de rigidification
et d'augmentation de l'épaisseur efficace de la paroi et/ou du fond peuvent être combinés
si cela est jugé utile.
[0030] Dans un mode de réalisation particulier, la/les cloison(s) à sceller dans la cuve
est (sont) choisie(s) parmi les cloisons simples, complexes et/ou intégrées.
[0031] Une cloison en matériau fin dans le sens de la présente invention est, dans son mode
de réalisation le plus élémentaire, une cloison simple présentant deux bords latéraux
et un bord horizontal inférieur, ces bords étant en continuité.
[0032] Dans une autre variante avantageuse de l'invention, la cloison peut également former
une cloison dite intégrée. On entend par cloison intégrée une cloison qui intègre
au moins un compartiment. Cette cloison intégrée présente de plus un fond et ce fond
portant le bord horizontal inférieur qui est scellé dans le fond de la cuve. Ainsi
la cloison intégrée, tout comme la cloison simple, présente des bords en continuité.
L'avantage de la cloison intégrée réside dans le fait qu'on obtient au moins trois
compartimentations avec le scellement d'une seule cloison. De plus, la cloison n'est
scellée qu'en deux endroits dans la paroi (en plus du scellement dans le fond), ce
qui a l'avantage éventuel de fragiliser moins la cuve. La cloison intégrée peut en
outre intégrer plus d'un compartiment, ces compartiments pouvant prendre diverses
formes par exemple rectangulaire, triangulaire etc., l'essentiel étant que le moulage
de la cuve compartimentée soit réalisable. Comme pour la cloison simple, le matériau
utilisé pour la cloison intégré présente une épaisseur réduite par comparaison par
exemple au béton.
[0033] Dans une autre variante avantageuse de l'invention, la cloison peut être une cloison
dite complexe, c'est à dire présentant plus de deux bords latéraux, par exemple une
cloison dont la base est en forme de croix, d'étoile etc. Cette cloison complexe présente
par ailleurs un fond, ce fond portant le bord de scellement qui va être sertie dans
le fond de la cuve. L'avantage de la cloison complexe est que l'on obtient au moins
trois compartiments avec une seule cloison. De plus, cette cloison complexe peut être
assemblée au préalable en atelier et évite de devoir assembler diverses cloisons simples
afin d'obtenir un cloisonnement complexe au sein de la cuve. Il est clair qu'une cuve
peut accueillir les différents types de cloisons (simple, complexe et intégré).
[0034] Les cloisons peuvent par ailleurs présenter des entailles, incisons, orifices, trous
ou toute autre forme appropriée, afin de permettre par exemple l'écoulement de liquide
à travers les différents compartiments ou l'aération.
[0035] La cloison peut être droite, mais l'homme du métier peut évidemment l'adapter selon
l'utilisation de la cuve pour lui donner diverses formes par exemple une forme incurvée,
ondulée, etc. et la cloison peut également être renforcée par des rainures, cannelures
ou tout autre moyen de renforcement adapté. Il est également possible d'augmenter
la rigidité de la cuve compartimentée par des moyens connus, par exemple par l'application
de cannelures et d'autres structures, par le montage de profilés de renforcement,
etc.
[0036] L'invention permet ainsi de disposer de cloisons scellées dans la cuve, c'est-à-dire
étanches mais également verrouillées en position. De cette façon, la cuve compartimentée
moulée peut, une fois démoulé et le béton suffisamment durci, être livré directement
chez le client, la fixation de cloisons ou la pose de joints étant superflues.
[0037] Dans un mode de réalisation avantageux de l'invention, la cloison complexe et/ou
la cloison intégrée forment une cassette, c'est-à-dire un module pré-équipé pour la
réalisation de fonctions particulières dans un compartiment. Il peut par exemple s'agir
d'une cassette réacteur biologique formant un compartiment pour la dégradation biologique,
composé par exemple d'une cloison complexe ou intégrée telle que décrite ci-dessus,
équipée d'un support pour micro-organismes, d'un système d'aération et/ou d'un système
de bullage. La cassette peut également former une cassette de décantation formant
un compartiment pour la décantation, composé d'une des cloisons décrites ci-dessus
équipées d'un plan incliné par exemple pour faciliter la décantation.
[0038] Différentes variantes de cassettes réacteur biologique sont possibles, l'essentiel
étant qu'il soit possible de sceller leurs bords dans la paroi et/ou le fond de la
cuve lors du moulage de cette dernière, sans pour autant abîmer la ou les fonctions
prévues, par exemple le lit biologique. En pratique, les cassettes doivent donc présenter
un fond si le moulage est effectué à cuve renversé (voir plus loin). Le support du
lit peut prendre différentes formes, par exemple tubulaire, sphérique, conique etc.
Il est à noter cependant que la forme de la cassette réacteur biologique n'est critique
que dans le sens où elle doit être appropriée pour l'utilisation prévue, et qu'elle
doit permettre, par sa forme et ses dimensions, la compartimentation d'une cuve de
taille et de forme déterminées. Les compartiments d'une cuve peuvent ainsi être formés
de cloisons et ou de cassettes.
[0039] De cette manière, le montage d'une station d'épuration pour eaux usées est facile
et rapide. Cette cassette réacteur biologique, est préfabriquée en atelier. Elle est
ensuite scellée dans une cuve lors du moulage de celle-ci et la cuve compartimentée
peut ensuite être livrée directement chez le client. L'installation sur place est
donc plus rapide et nécessite moins d'outillage lourd.
[0040] Un aspect supplémentaire de la présente invention concerne une station d'épuration
des eaux usées comprenant une cuve compartimentée moulée telle que décrite ci-dessus.
[0041] Avantageusement, la cuve compartimentée telle que définie ci-dessus peut être utilisée
pour le traitement des eaux usées.
[0042] Ainsi, on dispose d'une station d'épuration à assemblage simple, rapide et peu onéreux.
En utilisant une cassette réacteur biologique pré-assemblée, la transformation en
station d'épuration est d'autant plus simple et rapide. Elle peut par ailleurs résister
à des pressions différentielles élevées en raisons des bords sertis dans la cuve.
Finalement, de par son poids réduit, le maniement de cette cuve est grandement facilitée.
[0043] Finalement la présente invention concerne une méthode de compartimentation pour mouler
des cuves compartimentées. Cette méthode comprend les étapes:
- a) de prévoir un moule extérieur déterminant la forme et les dimensions extérieures
de la paroi et du fond de la cuve,
- b) de prévoir un moule intérieur, divisé à des endroits prévus pour accueillir une
ou plusieurs cloisons en matériau fin,
- c) de placer une ou plusieurs cloisons en matériau fin aux endroits définis ci-dessus
du moule intérieur divisé, les bords des cloisons faisant saillie par rapport aux
limites extérieures du moule intérieur,
- d) de placer le moule intérieur et les cloisons à l'intérieur du moule extérieur,
les bords faisant saillie (par exemple le profil de scellement) se trouvant dans l'espace
qui formera la paroi et/ou le fond de la cuve moulée,
- e) de mouler la cuve par remplissage de cet espace avec scellement des bords des cloisons
dans la paroi et/ou le fond de la cuve.
[0044] Le moulage peut être réalisé de n'importe quelle manière appropriée, mais est préférentiellement
effectué à cuve renversé, c'est-à-dire que la cuve est moulé avec le fond se trouvant
en haut. Après le moulage, l'ensemble est retourné et ensuite les moules extérieurs
et intérieurs sont retirés.
[0045] Le démoulage peut être effectué par exemple en différé ou en intégral, mais préférentiellement
il est effectué en intégral. On entend par démoulage en intégral que le moulage est
suivi tout de suite par le démoulage. Cette technique peut être utilisée par exemple
pour le béton : la cuve en béton frais avec cloisons scellées dans la cuve qui en
résulte est séchée, puis elle est prête pour être livrée. Ainsi, le moule utilisé
est rapidement réutilisable, ce qui réduit donc le nombre de moules nécessaires et
présente un avantage économique. Un autre avantage de l'invention est que la ou les
cloisons ainsi scellé(es) dans la paroi de la cuve renforcent celle-ci au moment du
démoulage et durant toute la période de séchage, évitant ainsi par exemple des déformations
de la paroi périphérique de la cuve.
[0046] Avantageusement, les moules intérieurs et les cloisons insérées dans le moule extérieur
présentent une forme sensiblement conique se rétrécissant vers le fond du moule. En
effet, dans le cas de moulage de cuves en béton, de la laitance pourrait s'introduire
par exemple entre les moules intérieurs et les cloisons et, en se solidifiant, elle
pourrait empêcher ou du moins gêner le démoulage. En utilisant des moules intérieurs
et/ou des cloisons en forme sensiblement conique comme indiqué, on peut remédier à
cet éventuel inconvénient. Le rétrécissement entre le haut et le bas de la cloison
insérée, respectivement du moule intérieur, est situé dans la plage de 0,5° à 4°,
de préférence de 1° à 2°. L'homme de métier saura que dans ce cas de figure, la cuve,
après retournement et démoulage, présente des parois et/ou cloisons dont la section
transversale est sensiblement plus étroite en haut de la cloison qu'en bas de cloison.
[0047] Des agents de démoulage appropriés peuvent également être utilisés pour faciliter
le démoulage. Il est par ailleurs clair que les moyens d'ancrage décrits précédemment
augmentent aussi en général la tenue des cloisons lors du démoulage, même à frais
(démoulage intégral), réduisant de ce fait le rique d'arrachement des cloisons lors
du démoulage.
Brève description des dessins
[0048] D'autres particularités et caractéristiques de l'invention ressortiront de la description
détaillée de quelques modes de réalisation avantageux présentés ci-dessous, à titre
d'illustration, en se référant aux dessins annexés. Ceux-ci montrent:
Fig. 1 : Vue d'une partie de cuve selon l'invention, montrant une cloison en matériau
fin dans une cuve moulée
Fig. 2 : Section de différentes formes de réalisation de profils de bord de cloison,
(A) franc, (B), (C) et (D) à ancrage.
Fig. 3 : Vue de profil d'une cloison intégrée selon un mode particulier de l'invention.
Fig. 4 : Vue d'une cloison intégrée selon un mode particulier de l'invention.
Description d'exécutions préférées
[0049] La figure 1 présente une partie de cuve 10 comprenant une paroi périphérique 105
et un fond (non représenté). La cuve 10 est compartimenté par une cloison 100 présentant
un bord à ancrage en queue d'aronde 101 scellé dans la paroi 105 lors du moulage.
[0050] La figure 2 présente quelques formes particulières de bords 201 de cloisons. Une
cloison 200 sensiblement droite (A) présente un bord latéral franc en continuité de
la cloison, ce bord peut être scellé par exemple dans une cuve où des pressions différentielles
s'exercent sur les parois, sans risque de déboîtement. En revanche, si des différences
de pression plus importantes sont à prévoir, des cloisons avec un bord à ancrage comme
par exemple en queue d'aronde (B) et (C) ou en forme de cylindre (D), sont préférables
pour bloquer la cloison dans la cuve et pour garantir l'étanchéité.
[0051] La figure 3 présente une forme de réalisation de la présente invention montrant de
profil une cloison 300 intégrée présentant des bords latéraux et inférieurs 301, ces
bords étant scellés dans paroi et le fond d'une cuve (non représentée). Dans cette
réalisation particulière de l'invention, la cloison présente une section transversale
sensiblement plus étroite en haut de la cloison qu'en bas de cloison.
[0052] La figure 4 présente une forme de réalisation de la présente invention montrant une
cloison intégrée à cassette 403 présentant deux bords latéraux et un bord inférieur
401, ces bords étant en continuité. Cette cassette peut présenter des moyens de rigidification,
comme par exemple des rainures 404. Il est en outre possible de fixer différents accessoires,
comme par exemple un lit biologique (non représenté) dans cette cassette avec des
tiges en matière approprie, ces tiges se termineraient dans les rainures 404 et ne
gênent donc pas lors du moulage de la cuve.
1. Cuve moulée compartimentée ayant un fond et une paroi périphérique et comprenant une
ou plusieurs cloisons en matériau fin et/ou léger dont les bords sont scellés par
moulage dans la paroi et dans le fond de ladite cuve, pour obtenir une étanchéité
parfaite entre les compartiments.
2. Cuve compartimentée selon la revendication 1, caractérisée en ce que les bords scellés par moulage dans la paroi et/ou dans le fond présentent un ou plusieurs
moyen(s) d'ancrage.
3. Cuve compartimentée selon la revendication 2, caractérisée en ce que le ou les moyen(s) d'ancrage présentent une section en forme de queue d'aronde, en
forme de poire, en forme de T ou des combinaisons de ceux-ci.
4. Cuve compartimentée selon la revendication 2 ou 3, caractérisée en ce que le ou les moyen(s) d'ancrage sont formé par des perforations.
5. Cuve compartimentée selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la paroi et/ou le fond de la cuve présentent en outre des surépaisseurs sur leur
face intérieure, aux endroits où les bords desdites cloisons en matériau fin sont
scellés par moulage.
6. Cuve compartimentée selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la paroi et/ou la ou les cloison(s) présentent une section verticale conique plus
large du coté du fond de la cuve.
7. Cuve compartimentée selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce la cuve comprend du béton et/ou du fibrociment et/ou du polyester et éventuellement
d'autres matériaux comme des fibres, des accélérateurs de prise, des hydrofuges, des
résines polymères; ou des combinaisons de ceux-ci.
8. Cuve compartimentée selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la/les cloison(s) en matériau fin et/ou léger sont fabriquée(s) en acier inoxydable
et/ou en une matière synthétique imputrescible, de préférence sélectionnés parmi le
PVC, le polyéthylène haute densité, le polyéthylène, le polyester, le polypropylène
; ou des combinaisons de ceux-ci.
9. Cuve compartimentée selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisée en ce que la/les cloison(s) en matériau fin et/ou léger est (sont) choisie(s) parmi les cloisons
simples, complexes et/ou intégrées.
10. Cuve compartimentée selon la revendication 9, caractérisée en ce que la/les cloison(s) complexes et/ou intégrées forme(nt) une cassette réacteur biologique.
11. Méthode de compartimentation de cuves moulées ayant un fond et une paroi périphérique,
ladite méthode comprenant les étapes:
a) de prévoir un moule extérieur déterminant la forme et les dimensions extérieures
de la paroi et du fond de la cuve,
b) de prévoir un moule intérieur, divisé à des endroits prévus pour accueillir une
ou plusieurs cloisons en matériau fin et/ou léger,
c) de placer une ou plusieurs cloisons en matériau fin et/ou léger auxdits endroits
du moule intérieur divisé, les bords desdites cloisons faisant saillie,
d) de placer ledit moule intérieur et lesdites cloisons à l'intérieur du moule extérieur,
les bords faisant saillie se trouvant dans l'espace qui formera la paroi et le fond
de la cuve moulée,
e) de mouler la cuve par remplissage de cet espace avec scellement des bords des cloisons
dans la paroi et le fond de la cuve.
12. Méthode de compartimentation de cuves selon la revendication 11, caractérisé en ce que la paroi et/ou la ou les cloison(s) présentent une section verticale conique plus
large du coté du fond de la cuve.
13. Station d'épuration des eaux usées comprenant une cuve compartimentée selon des revendications
1 à 10.
14. Utilisation d'une cuve compartimentée selon les revendications 1 à 10 pour le traitement
des eaux usées.