DOMAINE TECHNIQUE ET ART ANTERIEUR
[0001] La présente invention se rapporte au domaine des systèmes d'injection de liquide
dans le dard de torches à plasma.
[0002] Parmi les liquides à convertir dans une torche on peut citer les exemples des bio-huiles,
ou encore des boues de station d'épuration, ou encore des « slurry » ou particules
résultant de la pulvérisation d'un solide, ces particules étant mélangées à un liquide
pour l'injection dans le dard d'une torche plasma.
[0003] Une des problématiques majeures rencontrées dans les procédés de gazéification d'une
charge liquide par voie plasma, en particulier dans le cas de la bio-huile, est d'utiliser
au mieux la torche à plasma pour effectuer la conversion.
[0004] Dans le cas de la bio-huile, celle-ci est obtenue par pyrolyse flash, qui est un
procédé thermochimique (à une température T ≈ 500°C) dans lequel la biomasse est chauffée
rapidement sous défaut stoechiométrique de dioxygène. Sous l'effet de la chaleur,
la biomasse se décompose et conduit à la formation de gaz permanents, de vapeurs condensables,
d'aérosols et de résidus carbonés. Après refroidissement et condensation des composés
volatils et des aérosols, on obtient typiquement un liquide marron foncé, la bio-huile.
Celle-ci est ensuite gazéifiée par injection dans une torche à plasma.
[0005] Le prétraitement de la bio-huile permet d'injecter de la biomasse dans un dard de
torche à plasma pour la gazéifier. En effet la biomasse serait, sans cette étape de
prétraitement, hétérogène, difficilement dispersable (du moins sans un broyage préalable
coûteux) et difficile à injecter sous pression car solide. Par ailleurs en terme de
coût d'acheminement de la biomasse vers les usines de gazéification, une pré-transformation
de type pyrolyse flash peut s'avérer avantageuse.
[0006] Pour bien convertir un liquide, et en particulier de la bio-huile en gaz de synthèse,
par une torche plasma, on recherche un bon équilibre entre les différents paramètres
influençant la réaction, notamment le temps de séjour du liquide dans le dard plasma,
la température du dard plasma, la surface d'échange entre le réactif et le milieu
plasma et la composition du milieu.
[0007] Une mauvaise gazéification de la bio-huile produit non seulement un mauvais rendement
matière, rédhibitoire en terme de rentabilité de procédé, mais aussi un gaz de synthèse
de mauvaise qualité, c'est-à-dire que le gaz n'a pas un niveau de pureté suffisant
pour une utilisation ultérieure comme intermédiaire de la synthèse de bio-carburant
du fait de la présence de goudrons (seuil d'admissibilité voisin de 0,1 mg/Nm3). La
présence de ces goudrons pose de nombreux problèmes dans les différentes applications
visées notamment lors de la synthèse de carburant par procédés de type Fischer-Tropsch
où, sous l'action de la chaleur et de catalyseur, ils forment, par cokéfaction, des
suies et un dépôt de composés hydrocarbonés lourds. Ceci diminue sensiblement la durée
de vie du catalyseur utilisé pour la synthèse Fischer-Tropsch.
[0008] De plus, le dard plasma issu d'une torche à plasma a comme principales caractéristiques
une température élevée (de 5000 à 7000K), une vitesse d'écoulement élevée (800 à 1200
m.s
-1) ainsi qu'une viscosité élevée. Avec de telles caractéristiques, les particules qu'on
tente d'introduire au coeur du dard ont tendance à rebondir sur ce dernier.
[0009] Il existe donc un réel besoin industriel de disposer d'un dispositif d'injection
de liquide pour optimiser sa dispersion et/ou sa conversion au coeur d'un dard plasma.
[0010] Les techniques proposées à ce jour pour l'injection de liquide pour sa dispersion/conversion
par un dard plasma se répartissent en quatre grandes familles.
[0011] Une première famille regroupe les méthodes d'injection basées sur la nébulisation
préalable du liquide avant l'injection dans le dard plasma. Ce type de solution favorise
la surface d'échange entre le réactif et le milieu plasma comme dans le brevet
FR 2 565 992. La mise en oeuvre de ce procédé est faite au moyen d'un dispositif permettant d'introduire
la matière pulvérisée de manière concentrique autour de l'écoulement gazeux chaud
à l'aide d'un gaz vecteur. Il est conféré au gaz plasma un mouvement rotatoire dans
le générateur de plasma afin d'obtenir une turbulence dans la matière pulvérisée à
écoulement concentrique, l'écoulement gazeux chaud réchauffant le mélange. Le fait
qu'il soit difficile de donner suffisamment de vitesse au liquide nébulisé est compensé
par l'ajout d'un gaz vecteur auquel on donne la vitesse nécessaire pour pénétrer le
dard plasma et en créant une turbulence entre la matière à convertir et l'écoulement
gazeux chaud. Néanmoins ce procédé ne permet pas de pénétrer en profondeur dans le
dard plasma et la réaction de gazéification a lieu en périphérie, ne profitant pas
des hautes températures disponibles en profondeur du dard plasma. De plus, on dilue
le dard plasma avec un gaz supplémentaire froid, ce qui est pénalisant en terme de
rendement énergétique, sachant qu'il faut par ailleurs généralement une quantité de
gaz vecteur non négligeable pour fractionner finement un liquide. En outre, dans le
cas d'un liquide relativement visqueux et comportant des fines et susceptibles de
coker, le système de nébulisation avec la mise en oeuvre d'injecteur de diamètre relativement
restreint constitue une difficulté du fait du bouchage prévisible du dispositif.
[0012] Une deuxième famille concerne les méthodes d'injection basées sur le forçage du mélange.
Dans ce cas plusieurs configurations sont envisageables. Par exemple le plasma peut
passer dans un canal percé de trous d'injection obligeant ainsi le liquide injecté
à entrer dans le dard plasma. Divers documents évoquent cette technique, comme par
exemple les documents
FR 1 509 436 ou
US 5 906 757. Dans le premier document cité, on force le jet plasma à circuler dans un tube muni
d'un accroissement de diamètre, créant ainsi une détente du jet plasma dans la zone
d'accroissement et donc une zone de turbulence dans le plasma. Le liquide est injecté
dans cette zone et forme un anneau ou cylindre turbulent annulaire autour du dard
plasma. Dans le deuxième document, on fait circuler le plasma dans un tube muni d'au
moins un injecteur disposé radialement, ce qui permet d'injecter le liquide avec une
composante tangentielle dans le plasma. Ce type de solution favorise le temps de séjour
car le liquide est injecté en périphérie du dard plasma, où la vitesse d'écoulement
du plasma est moins élevée (de l'ordre de 100m/s comparé à la vitesse régnant au coeur
du dard pouvant dépasser 500m/s.) Néanmoins cette solution génère des pertes énergétiques
dues au transfert thermique avec les parois du canal. De plus cette solution ne force
pas le liquide à entrer en profondeur dans le dard plasma, ne permettant pas de bénéficier
de l'effet de température ni des espèces réactives constitutives du coeur du dard
plasma.
[0013] Une troisième famille regroupe les méthodes d'injection utilisant plusieurs torches
plasma. Un exemple de réalisation de cette méthode est évoqué dans le document
CA 2 205 578. Le principe de cette méthode est d'emprisonner un jet de réactif dans une confluence
d'au moins deux jets plasma, le point de confluence des jets plasma se trouvant sur
l'axe d'injection du réactif. Ce type de solution permet l'injection du liquide directement
en profondeur du dard plasma. Dans ce cas c'est la température qui est favorisée car
on profite des hautes températures régnant au coeur du dard plasma.
[0014] Ce type de solution pose des problèmes de pertes énergétiques.
[0015] En effet les flux des torches sont canalisés, ne laissant pas de degré de liberté
sur l'optimisation de l'injection du liquide à convertir par rapport à une configuration
figée des torches plasma.
[0016] En outre le jet n'est pas fractionné et donc l'échange thermique entre le liquide
à convertir et le milieu plasma n'est pas optimum.
[0017] Autre problème, l'injection du liquide en un point n'optimise pas l'utilisation du
dard. En effet on n'utilise pas tout le volume de ce dernier.
[0018] Encore un autre problème résulte du fait que l'injection se fait au coeur du dard
: on obtient par conséquent un temps de séjour court car la vitesse d'écoulement du
plasma y est élevée. Par ailleurs, du fait de l'utilisation de plusieurs torches plasma,
un problème ou un besoin de maintenance sur l'une d'elles impose l'arrêt de l'ensemble
des torches.
[0019] Un autre problème, posé par l'utilisation de plusieurs torches, est la nécessité
de disposer d'une alimentation électrique pour chaque torche, ce qui augmente ainsi
les pertes énergétiques. Pour compenser ces pertes thermiques, il faut alors augmenter
le nombre de torche pour un débit donné, ce qui n'est pas très bon thermiquement.
Enfin, le fait d'utiliser plusieurs torches est susceptible d'entraîner des instabilités
qui ne peuvent que difficilement être encaissées par un système d'injection centré.
[0020] Une dernière famille regroupe les méthodes d'injection utilisant une pièce intermédiaire
située dans la torche plasma. Pour se faire on interpose sur le trajet de l'écoulement
gazeux chaud un dispositif de mise en forme de cet écoulement gazeux chaud et on amène
la matière fluide à une buse, créant ainsi un courant de matière fluide dont la direction
est semblable à la direction de l'écoulement gazeux chaud, comme décrit dans les brevets
FR 2 614 751 et
WO-A1-2007/065252. Avec ce type de dispositif on injecte le fluide directement au coeur de l'écoulement
gazeux chaud, les particules à convertir se retrouvant ainsi prisonnières de l'écoulement
gazeux chaud étant donné la viscosité élevée de celui-ci. Cette méthode permet de
bénéficier de la température et du temps de séjour dans le dard plasma grâce à la
possibilité d'injection à contre-courant de l'écoulement du plasma. Cependant la pièce
doit être refroidie pour sa tenue mécanique à cause des hautes températures (causant
des pertes thermiques), refroidissant et perturbant également le plasma. Par ailleurs
des risques de bouchages peuvent survenir dans les phases de démarrage ou d'arrêts
du fait du niveau de la température au niveau de la buse.
[0021] On voit donc bien que la plupart des méthodes d'injection de liquide pour sa dispersion/conversion
au coeur d'un dard plasma ne favorisent qu'un seul des paramètres que sont, soit le
temps de séjour dans le dard plasma, soit l'utilisation de la température du dard
plasma, soit la surface d'échange entre le réactif et le milieu plasma, soit enfin
la composition de milieu. La première famille s'appuie sur la surface d'échange entre
le réactif et le milieu plasma, la deuxième sur le temps de séjour, la troisième sur
l'utilisation de la température et la dernière reposent sur deux paramètres, le temps
de séjour et l'utilisation de la température.
[0022] Ainsi, aucune des solutions présentées n'est donc à même de répondre simultanément
aux exigences suivantes :
- l'optimisation du temps de séjour du liquide dans le dard plasma,
- l'utilisation optimale de la température du dard plasma,
- la maximisation du développement de la surface d'échange entre le réactif et le milieu
plasma,
- la bonne utilisation de la composition du milieu pour la conversion.
[0023] Il se pose donc le problème d'effectuer une injection de liquide pour sa dispersion/conversion
au coeur d'un dard plasma pour obtenir le meilleur équilibre entre le temps de séjour
du liquide dans le dard plasma, la température du dard plasma, la surface d'échange
entre le réactif et le milieu plasma, et la composition du milieu.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
[0024] L'invention concerne d'abord un dispositif d'injection de matière liquide dans une
torche plasma, comportant N (N ≥ 1) groupes, ou sections, d'injecteurs Gi (i=1,...N)
disposés sur le pourtour d'une zone d'écoulement du plasma, ou à distance de la zone
d'écoulement du dard plasma, ou en dehors de cette zone d'écoulement, chaque groupe
ou section comportant au moins ni (ni ≥ 2) injecteurs qui sont disposés par exemple
de part et d'autre de l'axe ou de la zone d'écoulement du plasma ou dans un plan sensiblement
perpendiculaire à l'axe d'écoulement du plasma, de manière à injecter dans le plasma
au moins une partie de ladite matière liquide suivant une direction au moins partiellement
opposée à la direction d'écoulement du plasma.
[0025] Dans la plupart des cas, on aura N ≤ 15 ou à 20.
[0026] Les ni injecteurs d'un même groupe d'injecteurs Gi peuvent être disposés sur le pourtour
de la zone d'écoulement du plasma, avec un écart angulaire de 360 ° / (ni) l'un par
rapport à l'autre. Ils sont de préférence disposés de manière à réaliser une confluence
des jets de liquide qu'ils injectent dans le plasma. Ils ne sont pas en contact direct
avec le dard ou avec une zone d'écoulement du plasma.
[0027] Au moins un injecteur peut comporter un profil intérieur hélicoïdal, de manière à
communiquer au fluide une composante de mouvement rotationnelle pouvant favoriser
la dispersion du liquide à l'impact au coeur du dard plasma.
[0028] Au moins un injecteur peut comporter des moyens piézoélectriques pour fractionner
le liquide injecté.
[0029] Un dispositif selon l'invention peut comporter N groupes d'injecteurs (N>1) disposés
le long de l'axe d'écoulement plasma, des injecteurs de différents groupes d'injecteurs
comportant des angles d'incidence différents par rapport à l'axe d'écoulement du plasma.
Cette disposition permet notamment une meilleure répartition, dans le plasma, de la
charge liquide à traiter. De préférence, plus un groupe d'injecteurs est éloigné de
la base du dard plasma, plus son angle d'incidence par rapport à l'axe d'écoulement
du plasma est faible.
[0030] Un dispositif selon l'invention peut comporter en outre des moyens pour injecter,
dans au moins une partie des injecteurs, des trains de jets liquides en impulsion
ou des jets liquides, par exemple à pression oscillante (variable en fonction du temps).
[0031] Avantageusement, un ou plusieurs des injecteurs comporte en outre chacun une buse
d'injection de vapeur pour injecter un jet de vapeur simultanément au jet de liquide.
[0032] Un dispositif selon l'invention peut comporter en outre des moyens de mise sous pression
de la charge liquide à convertir. La pression de certains jets peut être modifiée
de manière à, notamment dans certaines configurations des jets, permettre un ajustement
de l'angle d'injection des jets dont la précision est modifiée.
[0033] Avantageusement, des moyens peuvent être prévus pour séparer, d'une part les composés
organiques lourds du liquide à convertir, et d'autre part de la phase légère de ce
même liquide.
[0034] Des moyens de préparation d'un liquide à injecter peuvent comporter en outre des
moyens pour vaporiser la phase aqueuse avant qu'elle ne soit injectée.
[0035] Un dispositif selon l'invention peut comporter en outre des moyens optiques pour
contrôler la qualité d'injection et éventuellement adapter les paramètres d'injection
de la charge liquide à convertir à des modifications du dard plasma.
[0036] Plus généralement, des moyens peuvent être prévus pour adapter l'injection de la
charge liquide à convertir à des modifications du dard plasma.
[0037] L'invention concerne également un procédé d'injection de matière liquide dans un
dard de torche plasma, dans lequel on injecte le liquide par N (N ≥ 1) groupes d'injecteurs
Gi (i=1,...N) disposés sur le pourtour d'une zone d'écoulement du plasma, ou à distance
de la zone d'écoulement du dard plasma, chaque groupe comportant au moins ni (ni≥2)
injecteurs disposés, par exemple, de part et d'autre de l'axe ou de la zone d'écoulement
du plasma ou en dehors de cette zone et/ou dans un plan sensiblement perpendiculaire
à l'axe d'écoulement du plasma, au moins une partie de ladite matière liquide étant
injectée dans le plasma suivant une direction au moins partiellement opposée à la
direction d'écoulement de ce dernier.
[0038] Là encore, les n injecteurs d'un même groupe d'injecteurs peuvent être disposés sur
le pourtour de la zone d'écoulement du plasma, avec un écart angulaire de 360°/n l'un
par rapport à l'autre. Ils sont de préférence disposés de manière à réaliser une confluence
des jets de liquide qu'ils injectent dans le plasma.
[0039] Un dispositif et un procédé selon l'invention s'appliquent particulièrement bien
à un liquide de type bio-huile, ou à une boue de station d'épuration, ou à un mélange
de particules solides et d'un liquide.
[0040] Une partie de la chaleur dégagée par le plasma peut être récupérée par le support
d'injecteurs puis ensuite transférée, par conduction, au liquide passant dans les
injecteurs.
[0041] On peut avantageusement injecter, dans au moins une partie des injecteurs, des trains
de jets liquides en impulsion ou des jets liquides, par exemple dont la pression d'injection
varie périodiquement (oscillation).
[0042] Selon un autre mode de réalisation avantageux, on injecte, dans au moins une partie
des jets de liquide, un jet de vapeur simultanément au jet de liquide. Le liquide
peut être préalablement séparé entre une première partie, vaporisable à relativement
basse température (de l'ordre de 80 à 150°C environ) et une deuxième partie, plus
lourde, à injecter dans le plasma sous forme liquide.
[0043] Un ajout d'eau dans le liquide à injecter peut également être réalisé, afin d'optimiser
la réaction de conversion du liquide à traiter.
[0044] Selon un autre mode de réalisation particulièrement avantageux on forme une couche
de vapeur à l'extérieur du dard plasma.
[0045] Les jets de liquide des n injecteurs d'un même groupe d'injecteurs sont de préférence
confluents dans le plasma, la zone de confluence des jets étant avantageusement située
sensiblement sur l'axe d'écoulement du plasma.
[0046] L'angle d'injection d'au moins un jet dans le plasma peut être modifié, par exemple
par variation de la pression de fluide dans ce jet.
[0047] Des contrôles de divers paramètres peuvent être réalisés, par exemple :
- la qualité de l'injection des jets liquides, par exemple par des moyens de type optique
;
- et/ou la qualité du plasma en sortie de torche ;
- et/ou la pulsation du dard plasma, éventuellement par rapport à la pulsation de l'injection
de liquide dans le dard plasma.
[0048] Pour permettre un ajustement des paramètres du système à partir de données correspondant
à une ou diverses mesures effectuées, il peut être souhaitable de pouvoir ajuster,
si besoin est, la composition de la charge et/ou les conditions de fonctionnement
du plasma. Par exemple on peut souhaiter ajuster le déphasage entre la période d'une
impulsion du dard plasma et la période d'une impulsion de l'injection.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0049]
- La figure 1A est un exemple de réalisation détaillée d'un dispositif selon l'invention.
- La figure 1B est un exemple de réalisation détaillée d'un système selon l'invention.
- Les figures 2A à 4 sont des exemples de profils d'injecteurs utilisés dans un dispositif
selon l'invention.
- Les figures 5 et 6 illustrent les problèmes de traversée du dard plasma par un jet
de liquide (en cas d'excès de quantité de mouvement du jet liquide) et le cas d'une
insuffisance de quantité de mouvement du jet liquide ne permettant pas la pénétration
du dard plasma.
- La figure 7 représente un impact à fractionnement maximal de jets qui confluent à
presque 90° juste avant l'impact.
- Les Figures 8A et 8B illustrent l'impact de jets à confluence non orthogonale induisant
la formation de nappe liquide.
- La figure 9 représente une configuration comportant plusieurs sections d'injecteurs
le long de l'axe de la torche plasma.
- Les figures 10A à 10C représentent l'injection en impulsions de trains de jets liquides
pour minimiser le risque de saturation du dard plasma.
- La figure 11 représente un positionnement possible d'un ensemble de 3 couples d'injecteurs
le long de l'axe de la torche plasma et selon deux axes perpendiculaires entre eux.
- La figure 12 représente un profil du coefficient d'échange thermique à la paroi en
fonction de l'axe xx' de l'écoulement dard plasma, ainsi que le dard plasma et des
portions de la paroi.
- La figure 13 représente schématiquement le positionnement d'un injecteur et d'une
buse d'injection de vapeur.
- La figure 14 illustre la constitution d'une couche limite de vapeur riche en eau en
limite de dard plasma pour éviter la formation de suies.
- La figure 15 représente une illustration type d'un diagramme de phase du type du système
eau-bio-huile.
- La figure 16 représente l'une des interfaces optiques du réacteur, permettant le diagnostic
de l'injection par mesure optique.
- La figure 17 représente de manière détaillée la répartition d'un ensemble de trois
couples d'injecteurs, ramenés dans un même plan, le long d'un axe d'écoulement plasma.
- La figure 18 représente de manière schématique des volumes élémentaires du dard plasma,
pour estimer les taux d'occupation du dard par la charge liquide à convertir.
- La figure 19 représente la formation d'une nappe liquide par confluence de deux jets
liquides.
- La figure 20 représente l'évolution du rayon (r) de la nappe de fluide en fonction
de l'angle β et de l'angle d'incidence des jets (θ).
- La figure 21 représente un exemple de la fluctuation de l'arc électrique au sein de
la torche à plasma, par le suivi temporel de la tension au niveau des électrodes de
la torche.
- La figure 22 représente de manière schématique la répartition, sur la section circulaire
autour d'un dard plasma, de trois injecteurs de liquide.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ DE MODES DE RÉALISATION PARTICULIERS
[0050] Un mode de réalisation de l'invention va être expliqué en liaison avec le schéma
de la figure 1A.
[0051] La figure 1B inclut un tel dispositif avec des moyens périphériques complémentaires,
décrits plus loin.
[0052] Sur la figure 1A, les références 30, 31 désignent des électrodes entre lesquelles
une décharge électrique est produite. Simultanément le passage d'un gaz plasmagène
entre ces électrodes conduit à la formation d'un dard plasma 3.
[0053] Des moyens d'alimentation électrique des électrodes sont désignés par la référence
32.
[0054] En sortie des électrodes est disposé un système formant support 2 pour le positionnement
et le maintien d'injecteurs de liquide à traiter. Dans une cavité 2' ménagée dans
ce support, s'écoule le dard plasma sensiblement selon un axe B désigné par la suite
comme l'axe découlement du plasma. Selon un exemple, la cavité 2' est de forme sensiblement
cylindrique et l'axe B est axe de symétrie cylindrique de cette cavité. Mais d'autres
formes peuvent être choisies pour cette cavité.
[0055] Dans ce support 2 sont disposés au moins deux injecteurs, formant un groupe de deux
d'injecteurs.
[0056] Plus généralement, ce sont N groupes Gi d'injecteurs (N
>1, mais, en général, N
< 15 ou
< 20) qui sont disposés dans ce support, chaque groupe Gi comportant au moins deux
injecteurs, et, plus généralement, ni (ni
> 2) injecteurs. Les N groupes d'injecteurs sont disposés le long de l'axe d'écoulement
du plasma. La disposition de ces injecteurs est décrite plus précisément ci-dessous.
[0057] Sur la figure 1A sont représentés schématiquement 4 injecteurs de liquide désignés
par les références 1b, 1d, 1b', 1d'. On a donc en fait deux groupes G1 et G2 de, chacun,
deux injecteurs de liquide. On distingue également, sur cette même figure, 4 autres
injecteurs, ou buses, 1a, 1c, la', 1c' qui permettent, comme expliqué ci-dessous,
l'injection séparée de vapeur, chacun d'entre eux en coopération avec l'un des injecteurs
1b, 1d, 1b', 1d'.
[0058] Les injecteurs 1b, 1d, 1b', 1d' de liquide sont dirigés vers la zone dans laquelle
doit être formé le dard plasma 3, de manière à injecter le liquide avec un mouvement
ayant une composante suivant une direction A (voir flèche A sur les figures 7, 8,
9, 10A-C, 14, 17) opposée à la direction B d'écoulement du plasma (voir également
flèche B sur les mêmes figures). Les injecteurs sont ici disposés par groupe de deux
ou par paire, chaque paire, ou les orifices de sortie de ces injecteurs (orifices
par lesquels la matière à traiter est éjectée vers le plasma), formant un axe I-I'
[0059] (voir figure 7) sensiblement perpendiculaire à l'axe ou à la direction B d'écoulement
du plasma, les deux injecteurs de chaque paire étant disposés de manière sensiblement
diamétralement opposée sur le pourtour du support 2 et étant dirigés vers la zone
dans laquelle le plasma 3 est formé.
[0060] Lorsqu'un groupe Gi d'injecteurs comporte 3 injecteurs - et plus généralement ni
injecteurs - ceux-ci, ou leurs orifices, sont disposés sensiblement dans un même plan
perpendiculaire à l'axe d'écoulement du plasma (sur la figure 7 ce plan serait un
plan de trace I-I', perpendiculaire au plan de la figure et à l'axe B). Ils sont alors
disposés de préférence sensiblement à 120° - et plus généralement à 360°/n - l'un
de l'autre (voir par exemple la figure 22 qui représente une vue schématique en coupe
d'un support 2 d'injection, perpendiculairement à l'axe B d'écoulement du plasma avec
un groupe de 3 injecteurs 1b, 1b' , 1b" dans un même plan, à sensiblement 120° l'un
de l'autre).
[0061] Les angles, par rapport à l'axe B d'écoulement du plasma, des axes de projection
de liquide en sortie d'injecteurs d'un même groupe d'injecteurs, ou axes de sortie
des injecteurs de ce groupe - injecteurs qui sont disposés de manière sensiblement
diamétralement opposée par rapport à l'axe d'écoulement du plasma dans le cas ni =
2 - sur la périphérie du support 2 (voir injecteurs 1b et 1b' des figures 1A, 1B,
7, 8, 10A - 10C) sont sensiblement égaux entre eux (en valeur absolue).
[0062] Une structure plus complexe est représentée en figures 9, 11, 17, 18, où le dispositif
comporte 3 paires ou groupes G1, G2, G3 d'injecteurs, 1b, 1b', 1d, 1d', 1f, 1f' disposés
le long de l'axe B, sur 3 axes différents mais perpendiculaires à l'axe B. Là encore,
les angles, par rapport à l'axe B d'écoulement du plasma, des axes de projection ou
de sortie d'injecteurs d'un même groupe (ces injecteurs sont situés sur la périphérie
de la zone d'écoulement du plasma, mais à une même position le long de l'axe d'écoulement
de ce plasma, c'est-à-dire sensiblement sur un même axe perpendiculaire à cet axe
d'écoulement), sont sensiblement égaux en valeur absolue. Ainsi, sur la figure 17,
l'angle de l'axe de chacun des injecteurs 1b, 1b' (groupe G1) avec l'axe B est égal
à n/2, l'angle de l'axe de chacun des injecteurs 1d, 1d' (groupe G2) avec l'axe B
est égal à n/4, et l'angle de l'axe de chacun des injecteurs 1f, 1f' (groupe G3) avec
l'axe B est égal à n/6.
[0063] Plus généralement, quel que soit le nombre ni d'injecteurs d'un même groupe Gi (ces
injecteurs sont donc disposés dans un même plan perpendiculaire à la direction B d'écoulement
du plasma):
- les angles que font les axes de projection ou de sortie de ces injecteurs, situés
dans ce même plan, avec l'axe de propagation du plasma, sont égaux ou sensiblement
égaux entre eux,
- ou les angles que font les directions d'incidence des jets des injecteurs de ce groupe
pénétrant dans le plasma, avec l'axe de propagation du plasma, sont égaux ou sensiblement
égaux entre eux.
[0064] De manière pratique, les injecteurs de la figure 17 ont été représentés dans un même
plan (celui de la figure), mais sont de préférence plutôt disposés comme indiqué en
figure 11, c'est-à-dire suivant des axes alternativement orthogonaux entre eux et
à la direction d'écoulement du plasma. Sur la figure 11 on distingue donc 3 groupes
d'injecteurs, G1, G2, G3 et tous les angles entre les axes de projection et l'axe
d'écoulement du plasma sont sensiblement égaux à 90°; l'angle au sommet du cône formé
par les injecteurs et le point de convergence sur l'axe d'écoulement du plasma est
alors égal à, sensiblement, 180°.
[0065] On voit, sur les modes de réalisation des figures 9, 17, 18, que, plus les injecteurs
d'un groupe d'injecteur sont éloignés de la base 33 du dard plasma 3, plus l'angle
d'incidence, par rapport à cet axe, des injecteurs de ce groupe est faible (sur la
figure 17, on passe d'un angle de π/2 pour les injecteurs 1b, 1b' à un angle de n/4
pour les injecteurs 1d, 1d', puis à un angle de n/6 pour les injecteurs 1f, 1f' qui
sont les plus éloignés de la base du plasma). Cette disposition permet, comme expliqué
plus loin, d'optimiser le taux d'occupation dans le plasma tout en réduisant les risques
de saturation de ce dernier.
[0066] Ainsi, quel que soit leur nombre, les injecteurs d'un même groupe, de par leur positionnement
dans le support 2 et leur orientation, permettent d'imposer une confluence de jets
(continus ou discontinus), assurant à chacun d'entre eux de s'appuyer sur l'(les)
autre(s) pour se fractionner au niveau de l'axe de propagation du dard plasma.
[0067] Par cette orientation des injecteurs, la quantité de mouvement résultante des jets
confluents se retrouve, en grande partie, dans le sens inverse A de l'écoulement B
du dard plasma. Ceci permet d'assurer une augmentation du temps de séjour de la matière
à convertir dans le dard, ainsi qu'un fractionnement secondaire optimal induit par
le dard plasma. En effet, la matière étant injectée avec une quantité de mouvement
l'entraînant dans le sens opposé au sens de propagation du plasma, une durée supplémentaire
sera nécessaire, par rapport à une injection dans le même sens que le plasma, pour
être entraînée par ce dernier. En outre le fractionnement secondaire induit par le
dard plasma est fonction de la vitesse relative entre le dard et le fluide à convertir
: les directions opposées, d'une part du liquide, et d'autre part de l'écoulement
du plasma, assurent une optimisation de cette vitesse relative.
[0068] Comme on peut le constater sur les figures 5-10C, 13, 14, 17, 18, les injecteurs
ne sont pas en contact (ni à proximité immédiate) avec le dard. Sont donc minimisés
les risques de cokéfaction (phénomène dû à la température au niveau des injecteurs)
et donc les risques de bouchages des injecteurs. De plus, la nécessité de refroidir
les injecteurs est moins forte, ce qui favorise le rendement thermique, l'écoulement
de liquide à relativement grande vitesse pour un liquide (cf. l'exemple de réalisation
ci-dessous) assurant une limitation de température qui permet dans certains cas de
pouvoir se dédouaner d'un refroidissement spécifique. Ce refroidissant peut lui même
être assuré par la charge à convertir et, avantageusement, la part non cokéfiable
issue de l'amont de la ligne 41 (figure 1B). Cet effet bénéfique sur le transfert
thermique est renforcé du fait que, dans la présente invention, le dard plasma 3 n'est
plus canalisé par des parois l'épousant au plus près. Les parois de la cavité 2' et
le support des injecteurs 2 étant relativement éloignés du dard plasma ou n'ayant
de rôle de confinement du dard, on limite ainsi les pertes thermiques, ce qui induit
une augmentation du rendement énergétique.
[0069] D'une manière générale, la distance injecteur-entrée dans le dard plasma (qui peut
être à titre indicatif de l'ordre de 10 fois (voire plus) le diamètre du dard) permet
d'assurer un temps de vol du jet avant l'entrée dans le dard qui complète le réchauffement
du jet et permet le cas échéant de volatiliser une fractions des espèces légères (ayant
pu rester dans le jet liquide injecté) qui ne nécessitent pas forcément des hautes
températures présentes au coeur du dard plasma pour être converties. Ceci permet d'optimiser
le temps de présence du jet dans le dard et d'utiliser le dard plasma spécifiquement
pour les espèces particulièrement réfractaires à la conversion.
[0070] Les injecteurs disposés de la manière décrite ci-dessus permettent, en fonction de
la quantité de mouvement disponible pour chaque jet, d'injecter la charge liquide
dans le dard plasma 3 (ou dans le flux chaud dense) de manière à le traverser totalement
jusqu'à l'axe d'écoulement du plasma, et de manière à ce que les jets se rencontrent
sensiblement sur cet axe et s'appuient les uns sur les autres lors de cette rencontre,
ce qui augmente leur fractionnement. On évite ainsi la situation, illustrée sur la
figure 5, de traversée partielle du dard plasma par le jet, sans que celui-ci puisse
arriver sur l'axe sans pulvérisation significative, ou même la situation de non pénétration
du plasma par le jet (figure 6). Dans le cas de la figure 6, le jet 10 de liquide
est brisé par le simple contact avec les bords du plasma 3. Sur la figure 17 sont
représentés les trois points A1, A2, A3 (tous trois situés sur l'axe B d'écoulement
du plasma), de rencontre des jets des différents groupes d'injecteurs.
[0071] Ce fractionnement, après confluence des jets sensiblement sur l'axe d'écoulement
du plasma, permet une dispersion optimisée, dès l'impact des jets (cas d'un fractionnement
maximal, avec impact à confluence quasiment perpendiculaire juste avant la confluence,
comme illustré sur la figure 7) ou à confluence non orthogonale, plutôt réduite (cas
d'un écoulement tel qu'illustré en figures 8A, 8B, avec des jets 10, 10' moins inclinés
par rapport à l'axe d'écoulement du plasma et des injecteurs situés plus en aval le
long de cet axe que dans la configuration de la figure 7). Dans le premier cas (figure
7), le fractionnement primaire est favorisé alors que, dans le second cas, on obtient
un accroissement du temps de séjour de la matière au sein du dard plasma 3 et une
augmentation de la surface d'échange (le liquide passe d'un tronçon cylindrique 10,
10' à une nappe 13, figure 8B) entre le liquide à convertir et le dard plasma 3.
[0072] Avant le fractionnement, imposé par les forces de cisaillement induites par l'écoulement
du plasma 3, on cherche de préférence à réaliser une confluence des jets 10, 10' des
injecteurs d'un même groupe d'injecteurs, ou situés dans un même plan, ou sur un même
axe perpendiculaire à l'axe découlement du plasma. On entend par confluence un impact
des jets 10, 10' entre eux avant que le fractionnement de ces derniers ne survienne
; cette situation de confluence est représentée sur la figure 7, la figure 6 illustrant
le problème de non -pénétration du jet dans le dard plasma. Les figures 7, 8A et 8B
illustrent la maîtrise du risque de traversée partielle ou de non pénétration du dard
plasma par le jet liquide. Les figures 8B et 19 représentent d'ailleurs de manière
plus détaillée la formation d'une nappe 13 liquide par confluence de deux jets 10,
10'.
[0073] Le point ou la zone de confluence, située sur l'axe d'écoulement du plasma, forme
le sommet d'un cône dont des génératrices sont par ailleurs constituées par une ligne
imaginaire reliant la zone ou le point de confluence et l'orifice de sortie de chacun
des injecteurs dont les jets se retrouvent en ce point ou dans cette zone de confluence,
donc chacun des injecteurs d'un même groupe d'injecteurs. Le demi-angle au sommet
du cône est égal à l'angle formé entre la direction d'injection de chaque injecteur
de liquide et l'écoulement du plasma, ou à l'angle formé par la direction du jet incident
au point de confluence et l'axe d'écoulement du plasma.
[0074] Ainsi, sur la figure 17, le groupe d'injecteurs 1d, 1d' forme, avec le point A2 de
confluence des jets de ces deux injecteurs, un cône dont le sommet est justement le
point A2. Chacune des droites Δ2, Δ'2, qui relie ce point à l'orifice de sortie de
l'un de ces deux injecteurs forme une génératrice du cône correspondant.
[0075] De même, sur cette même figure 17, le groupe d'injecteurs 1f, 1f' forme, avec le
point A3 de confluence des jets de ces deux injecteurs, un cône dont le sommet est
le point A3. Chacune des droites Δ3, Δ'3, qui relie ce point A3 à l'orifice de sortie
de l'un de ces deux injecteurs forme une génératrice du cône correspondant.
[0076] La confluence d'au moins deux jets, et l'éventuelle formation d'une nappe de liquide,
permettent de réaliser une optimisation de la surface d'échange et du temps de séjour
au sein de dard plasma.
[0077] On atomise donc les jets confluents, directement au sein du plasma, en bénéficiant
de l'impact entre les jets, de l'effet de cisaillement dû à l'écoulement du plasma
et on bénéficie de la température la plus élevée (celle du coeur du plasma) et des
espèces réactives.
[0078] La confluence des jets permet de s'affranchir d'un problème, à savoir l'optimisation
de la quantité de mouvement permettant d'introduire le liquide au coeur du dard plasma.
En effet, il suffit de donner suffisamment de quantité de mouvement au jet pour qu'il
puisse pénétrer le dard, mais sans le risque que le jet traverse le dard en cas de
dépassement, même limité, de la quantité de mouvement limite (qui équivaut quasiment,
du moins en ordre de grandeur, à celle du dard plasma). On obtient ainsi un degré
de liberté supplémentaire et un niveau de fractionnement double (à savoir celui dû
au plasma (différence de vitesse entre le liquide et le dard) et celui dû à l'impact)
tout en permettant de réaliser un compromis entre l'atteinte des hautes températures
du plasma et le temps de séjour du liquide au sein du dard.
[0079] La longueur h (figure 5) du jet continu 10 pénétrant dans le dard plasma et non soumis
au fractionnement est :
- d'une part, fonction (en ordre de grandeur) de la racine carré du rapport (noté q)
de la quantité de mouvement du jet liquide 10 à celle du dard plasma 3 ; de préférence,
q est supérieur à 1, de préférence encore supérieur à 2,
- d'autre part, fonction de l'angle d'injection (noté θ, il s'agit de l'angle entre
l'axe d'écoulement du plasma et les directions des jets),
- mais également fonction de la distance réduite (rapport de la longueur x du jet avant
sa pénétration dans le dard au diamètre (d) de l'injecteur du jet injecté).
[0080] Il est possible, selon les caractéristiques de l'écoulement, de trouver un angle
optimal (θ*) permettant de maximiser la longueur du jet (hmax) avant fractionnement.
Dans des régimes d'écoulement où l'hydrodynamique prime sur l'effet thermique (hypothèse
d'un maintien du jet à l'état liquide avant fractionnement au sein du dard), la longueur
du jet sans fractionnement peut être approchée par une expression du type :

avec

[0081] Dans cette expression, x et d sont fixés pour une configuration donnée.
[0082] Il existe donc, au plus (dans le cas où l'angle de l'injection n'est pas dépendant
de la quantité de mouvement, ce qui est le cas pour un débouchant d'injecteur sans
profilé), deux degrés de liberté (θ et q) pour optimiser l'injection. La plage de
variation du paramètre θ est moins importante que celle du paramètre q.
[0083] La multiplicité des injecteurs (deux par section ou groupe d'injecteurs sur les figures
1A et 1B, trois sur la figure 22, mais il est possible d'en prévoir plus pour un ou
plusieurs groupes d'injecteurs) permet d'augmenter la surface d'échange et d'utiliser
au mieux le volume du dard plasma, en évitant d'engorger celui-ci par la charge à
traiter. Pour ce faire, on cherche à garantir un taux maximal d'occupation du dard,
ou taux de saturation, afin d'éviter son engorgement sans pour autant trop réduire
le taux de charge au sein du dard plasma (sinon le traitement d'un kilogramme de charge
liquide à convertir serait trop couteux). D'une manière générale, on cherche à :
- injecter la quantité maximale admissible de charge au vu de l'apport de puissance
du dard plasma 3 et de l'enthalpie de transformation de la charge,
- minimiser les risques de saturation locale du dard en liquide et donc tenter de garantir
une bonne répartition de la teneur en charge liquide au sein du dard (cf. figure 9
où les nuances de gris donnent une indication sur la teneur en charge liquide dans
le volume du dard) ; ainsi, au niveau de la confluence des jets, le taux de charge
est important (surtout sur la première confluence, la plus proche de la base 33 du
plasma, voir figures 17 et 18 et l'exemple de réalisation donné plus loin) et tend
à diminuer du fait de la conversion plus ou moins avancée juste en amont d'une nouvelle
injection). La qualité de la répartition ne peut être présupposée comme optimale,
mais elle peut néanmoins être approchée a priori (voir à ce sujet l'exemple de réalisation
donné plus loin) et ajustée a posteriori en contrôlant la qualité de l'injection par
des diagnostics appropriés, par exemple à l'aide des moyens 5 et 6 de la figure 1.
[0084] Le taux de saturation peut être variable en fonction de la nature du dard et des
propriétés physico-chimiques de la charge à traiter (volatilité, tension de surface,...).
A titre indicatif, un taux de charge local inférieur à 1 % (volume de liquide sur
volume élémentaire du tronçon de dard englobant ce volume de liquide (cf. δVi défini
dans l'exemple de réalisation) permet de se préserver du risque de saturation du dard
(sachant par ailleurs qu'il existe un facteur d'au moins 1000 entre le volume occupé
par un liquide et celui occupé par sa vapeur lorsque ce dernier se vaporise).
[0085] Afin de minimiser les risques d'engorgement du dard, il est ainsi possible de mettre
en oeuvre les configurations suivantes :
- des groupes d'injecteurs répartis selon différentes cotes longitudinales du dard plasma
(voir les structures des figures 9, 10A-C, 17, 18) et/ou avec des axes d'incidence
ou des angles d'injection différents (voir les mêmes figures où tous les groupes d'injecteurs
ont des angles d'injection différents d'un groupe à l'autre),
- et/ou une injection de trains de jet liquide par impulsions, potentiellement déphasée
entre les tronçons ou les groupes d'injecteur (dans le cas d'une injection pulsée),
afin de répartir le taux de charge du plasma (ou du flux gazeux permettant la conversion).
Cette situation est représentée en figures 10A-10C, sur lesquelles seuls 2 injecteurs
1b, 1b' sont représentés, d'abord comme émettant chacun un jet de matière; cette matière
3' va être localisée, dans un premier temps, dans une zone située en avant (figure
10A) du plasma 3, puis entraînée dans le sens de l'écoulement du plasma, alors que
les injecteurs n'émettent plus de matière (figure 10B) ; lorsque les injecteurs émettent
chacun un nouveau jet de matière 3'' celle-ci est d'abord localisée dans une zone
en amont du plasma (figure 10C), en amont de la zone dans laquelle se situe alors
la matière 3' injectée par le premier jet. La durée séparant la fin d'une impulsion
d'injection de liquide et le début de la suivante est alors de préférence au minimum
le temps du déplacement du volume élémentaire de plasma ; en d'autres termes, on cherche
à injecter, dans le plasma, un volume de liquide permettant un renouvellement suffisant
de la zone d'injection dans le plasma, pour admettre une nouvelle impulsion d'injection.
[0086] Ceci permet notamment une alternance d'injection entre différents tronçons d'injecteurs,
la vitesse d'écoulement du flux gazeux étant généralement très importante (cas d'un
dard plasma).
[0087] Selon encore un autre mode de réalisation qui peut être combiné avec les précédents,
des moyens peuvent être prévus pour injecter une vapeur, comme illustré sur les figures
1A, 13 et 14 où des injecteurs ou buses 1d, 1d' de vapeur sont disposés de manière
à injecter chacun un jet de vapeur 100, 100' suivant une direction formant un angle
Ψ avec la direction d'injection 10, 10' des injecteurs 1b, 1b' de charge liquide.
Cette injection de vapeur permet d'apporter un degré de liberté supplémentaire sur
l'angle d'injection résultant entre le jet liquide et le dard plasma. Comme on le
voit en effet sur les figures 13 et 14, la vapeur 100, 100' fait dévier la trajectoire
initiale du liquide de manière plus ou moins importante en fonction du rapport entre
la quantité de mouvement du jet de vapeur et celle du jet de la charge liquide à convertir.
Dans ce cas, le point ou la zone de confluence A0, située sur l'axe B d'écoulement
du plasma, forme le sommet d'un cône dont des génératrices sont par ailleurs constituées
par les directions D1 et D2 des jets incidents en ce point de confluence.
[0088] Le gaz injecté peut avantageusement être la part facilement volatilisable (à une
température comprise par exemple entre 80 et 150°C environ) du liquide à convertir
(c'est-à-dire la part qui n'a a priori pas nécessairement besoin d'être injectée dans
le plasma pour être vaporisée ou convertie). Cette fraction est par nature (puisque
constituée d'éléments légers) moins soumise au phénomène de cokéfaction. Pour injecter
cette part volatilisable sous forme de vapeur il est possible de réaliser une démixtion
préalable, permettant de séparer la partie organique du liquide à convertir, difficilement
volatilisable, et plutôt réfractaire à la conversion, et nécessitant donc un traitement
par le plasma, de la partie aqueuse vaporisable, généralement plus aisée à convertir.
Des moyens pour effectuer une telle démixtion sont décrits plus loin avec les moyens
de préparation de charge.
[0089] La quantité de cette partie aqueuse vaporisable peut également éventuellement être
ajustée avec une injection d'eau additionnelle afin de garantir la gazéification complète
de la bio-huile en cas de déficit d'oxygène et d'hydrogène, notamment dû à une composition
spécifique de la bio-huile.
[0090] A titre indicatif, la bio-huile, pour une formule brute moyenne de type (CH
1,9O
0,7), a besoin d'une quantité équivalente d'eau de 0,3 mole par mole de bio-huile, pour
être totalement gazéifiée selon la formule :
CH
1,9O
0,7 + 0,3 H
20 → 1,25 H
2 + CO (réaction 1).
[0091] Dans cette réaction, une quantité d'eau insuffisante conduira néanmoins à une réaction,
mais déséquilibrée, et qui aboutira à la formation de suies.
[0092] Une injection fractionnée (injection de la part volatilisable sous forme de vapeur
et de la part non vaporisée sous forme liquide dans le plasma) permet non seulement,
comme expliqué ci-dessus, d'ajuster la quantité d'eau, mais également de réserver
l'occupation du coeur de la zone plasma à la charge la plus difficile à convertir,
afin que cette dernière soit totalement déstructurée et soit le moins possible diluée
par d'autres composés ne nécessitant pas forcément de très hautes températures pour
être convertis. En d'autres termes, n'est injecté dans le dard plasma que ce qui doit
y être converti, la part vaporisable en dehors du plasma étant avantageusement utilisée
d'une autre manière.
[0093] Par ailleurs, en plus de l'effet de changement d'angle d'injection du jet liquide
et d'ajustement de la composition stoechiométrique, l'insufflation de vapeur permet
éventuellement de chauffer préalablement la charge liquide avant son entrée dans le
plasma. Elle permet également de minimiser la présence de suies (phase solide issues
de la mauvaise gazéification de la charge liquide) au sortir du dard 3. En effet,
la vapeur d'eau, n'ayant pas une quantité de mouvement suffisante par rapport à celle
du dard plasma 3 pour y pénétrer, elle va être recirculée, comme illustré en figure
14, par entraînement induit par le dard plasma 3, ce qui va constituer une couche
de vapeur 11, 11' riche en eau en limite du dard plasma. Les références 110, 110'
désignent un nuage de vapeur circulant accumulé de chaque côté du plasma du fait de
l'injection de vapeur, et à partir desquels les couches 11, 11' vont être formées.
Les suies se forment très rapidement (vitesse de formation inférieure au millième
de seconde) en faisant intervenir des phénomènes de croissance et d'agrégation, il
est donc intéressant de gainer le dard plasma par ces zones 11, 11' riches en vapeur
d'eau pour limiter cette formation de suies relativement réfractaires à la gazéification
une fois celles-ci ayant atteint des tailles pénalisantes (pouvant dépasser le micron)
en terme de temps de gazéification.
[0094] Pour minimiser la formation de suies, il est également possible de jouer sur la composition
du gaz plasmagène introduit dans la torche. La composition du gaz plasmagène peut
être contrôlée, au niveau de l'injection dans les électrodes 3b de formation du plasma
(figure 1A).
[0095] Les injecteurs de liquide 1b, 1b', 1d, 1d' peuvent avoir par exemple des débouchants
profilés, dont l'ouverture 12, de diamètre ou de dimension maximale Φ, permet à la
fois de ne pas être soumis au bouchage intempestif du fait de la présence de fines
dans le liquide à injecter, mais garantit également une répartition satisfaisante
du débit au sein du dard plasma en leur extrémité. Un tel injecteur est représenté
schématiquement sur les figures 2A et 2B, à titre illustratif, en coupe et en vue
de face. L'ouverture 12 n'est pas symétrique par rapport à une direction définie par
l'axe d'extension DD' de l'injecteur. Cette ouverture dirige ou dévie le fluide vers
l'un des côtés de l'axe DD'.
[0096] Ces profilés permettent, optionnellement, selon la pression de fluide imposée en
amont du débouchant, d'imposer un angle d'injection α + δα variable dans une plage
δα limitée, la limite étant imposée par le profilé et par l'écoulement, comme illustré
sur les figures 3A et 3B : sur ces figures, une première pression, correspondant à
une première quantité de mouvement q1, permet d'obtenir un angle d'injection égal
à α (figure 3A), tandis qu'une deuxième pression, correspondant à une deuxième quantité
de mouvement q2 > q1, permet d'obtenir un angle d'injection égal à α + δα (figure
3B). Ce profilé permet ainsi de pouvoir ajuster les angles d'injection du liquide,
à l'aide simplement de la pression, à convertir sans avoir recours à des pièces mobiles,
difficiles à mettre en oeuvre dans un procédé dont les contraintes de température
et d'étanchéité sont importantes.
[0097] La paroi intérieure de ces débouchants peut également comporter un filetage hélicoïdal
120, comme illustré sur la figure 4, permettant d'impulser une quantité de mouvement
rotationnelle au fluide, ce qui a pour conséquence de permettre d'augmenter le fractionnement
de ce dernier au sein du dard plasma 3. Cette option permet d'injecter des jets continus
ou discontinus.
[0098] Selon un autre exemple, les injecteurs, qui peuvent être alors du type décrit ci-dessus,
ou même des débouchants droits, peuvent être équipés d'éléments piézoélectriques permettant
de faire vibrer l'injecteur et de fractionner le liquide. Cette option permet d'injecter
des trains de jets discontinus. Plus généralement, un fractionnement peut être favorisé
par le recourt à un phasage approprié entre la pulsation du dard plasma due aux mouvements
de l'arc électrique au sein de la torche à plasma et les pulsations de pression du
jet de liquide à convertir.
[0099] Des moyens de mise sous pression de la charge à convertir, identifiés sur la figure
1 par les références 4g, 4g', permettent d'assurer la vitesse d'injection et donc
la quantité de mouvement du fluide à injecter. Ces moyens, décrits plus loin, peuvent
permettre un ajustement de la pression et peuvent être pilotés par exemple par des
moyens 7a (figure 1B) de type microprocesseur.
[0100] D'une manière générale, au-delà du taux d'occupation et de la longueur de jet avant
leur fractionnement, les éléments suivants peuvent notamment être pris en considération
pour optimiser l'infection
- le temps de parcours du jet avant sa confluence avec un autre jet (ce temps se décomposant
entre le temps de vol avant pénétration dans le dard et la durée de parcours au sein
du dard). Ce temps permet le cas échéant d'élever la température du fluide et d'accroître
ainsi, par la diminution de la viscosité induite, son fractionnement lors de l'impact
des jets,
- le temps de fragmentation du jet en gouttelettes,
- le temps de mise à l'équilibre à la vitesse de l'écoulement du dard plasma d'une gouttelette
issue du fractionnement après l'impact des jets (une gouttelette à l'équilibre ne
subissant quasiment plus de fractionnement par cisaillement),
- le temps d'évaporation des gouttelettes (du moins pour la partie volatilisable),
- le temps de séjour du liquide au sein du dard plasma (sans compter le temps de vol
avant l'impact).
[0101] Le tableau I suivant donne les ordres de grandeurs de chacun de ces temps sachant
qu'ils ne correspondent pas tous à des phénomènes dont les contributions seraient
équivalentes au titre de la conversion de la charge. Les temps de conversion chimique
étant quant à eux inconnus en milieu plasma, aucune valeur n'est donnée.
[0102] La présente invention permet d'optimiser l'injection de la charge liquide pour que
les phénomènes physiques (notamment fractionnement et évaporation) soient optimisés.
Tableau I
| Temps caractéristiques |
Temps de vol au sein du dard avant intersection des jets |
Temps de ragmentation |
Temps de mise à l'équilibre hydrodynamique |
Temps caractéristique pour evaporation des gouttelettes |
Temps de séjour (après impact) |
| ordre de grandeur |
∼10-2 s |
< 10-3 s |
< 10-1 s |
≤ 10-3 s |
∼10-3 s |
[0103] Les paramètres les plus importants pour la conversion de la charge liquide sont le
temps de fragmentation, le temps caractéristique pour l'évaporation des gouttelettes
et le temps de séjour (après impact).
[0104] Le temps de mise à l'équilibre des gouttelettes est relativement long par rapport
aux autres phénomènes, mais il n'est pas nécessaire de chercher à tout prix à ce que
cette mise à l'équilibre intervienne (la mise à l'équilibre hydrodynamique ne traduit
en fait que le fait que tout le potentiel de cisaillement du dard a été utilisé, la
vitesse relative plasma/liquide étant nulle dès lors que cet équilibre intervient).
[0105] Le temps de vol au sein du dard avant impact n'est, quant à lui, pas négligeable
devant le temps de séjour après impact.
[0106] Cette analyse indique qu'il est préférable de procéder au fractionnement du liquide
le plus en amont possible de l'écoulement plasma (sans saturer le dard) et le plus
possible dans l'axe de symétrie longitudinal (axe B) de ce dernier, cette approche
maximisant le temps de séjour des fines gouttelettes au sein du dard plasma.
[0107] Les moyens ou le dispositif formant support d'injecteurs 2 contribuent au bon positionnement
et maintien de ces derniers. Ces moyens sont solidaires de la torche.
[0108] Le support d'injecteurs peut comporter des moyens pour accueillir N (N≥1) groupe
(s) Gi (i = 1,...N), chacun comportant ni injecteurs (ni≥ 2) positionnés comme expliqué
ci-dessus. Deux groupes d'injecteurs Gi et Gj (i≠j) différents peuvent comporter un
nombre d'injecteurs ni et nj différents l'un de l'autre. Le support d'injecteur entourant
le dard plasma, celui-ci possède une forme annulaire pouvant être fractionné par tronçon
(2a, 2b, 2c) afin d'obtenir un degré de liberté quant aux angles entre les différents
plans d'injection (un groupe de deux injecteurs forme un plan (plan d'injection) avec
le point de confluence des deux jets issus de ces injecteurs) comme ce qui peut être
visualisé pour le cas de la figure 11 où ces plans sont alternativement perpendiculaires
entre eux. Chaque groupe d'injecteurs de la figure 11 comporte deux injecteurs. Ces
deux injecteurs définissent aussi un axe, perpendiculaire à l'axe B d'écoulement du
plasma, mais aussi un plan, avec le point de convergence.
[0109] Afin de permettre aux injecteurs de fonctionner dans des conditions optimisées, de
température et d'angle d'injection notamment, le support permet de maintenir en température
le liquide à injecter, pour en maîtriser notamment la viscosité et compléter un préchauffage
ayant pu avoir lieu en amont au cours d'une éventuelle étape de préparation de la
charge, comme expliqué ci-dessous. Le liquide étant ainsi, avant injection, déjà porté
à une température proche de la température de conversion, le temps de séjour au coeur
du dard plasma est optimisé, car utilisé non pas (ou peu) pour chauffer le liquide,
mais plutôt pour le convertir rapidement après son fractionnement.
[0110] Le matériau du support et/ou de l'injecteur peut être de type réfractaire tout en
permettant un transfert thermique suffisant pour permettre un transfert thermique
pouvant assurer un préchauffage du liquide à injecter, sans induire des températures
superficielles de support d'injecteur trop élevées pour ces derniers ni de risques
de cokéfaction de la charge à injecter.
[0111] En effet, il peut être mis en évidence, comme illustré sur la figure 12, qu'une augmentation
importante du flux de chaleur peut être attendue au droit du support 2 de l'injecteur,
zone de rupture du dard plasma 3 propice à des échanges convectifs importants. Sur
cette figure, les références 2a, 2b, 2c désignent trois tronçons du support 2 des
injecteurs. Ces trois tronçons sont, en cours de fonctionnement de la torche, disposés
autour du dard plasma 3. Le tronçon 2c, qui correspond à l'extrémité du dard plasma
3, est celui par rapport auquel le coefficient d'échange thermique est à son maximum,
comme indiqué sur la partie supérieure de la figure 12.
[0112] Une partie du support 2 d'injecteurs peut donc être utilisée pour récupérer une partie
de la chaleur provenant du dard plasma 3. Cette chaleur récupérée peut ensuite être
transférée, par conduction, au liquide passant dans les injecteurs. Ce moyen de préchauffage
du liquide permet d'en réduire la viscosité, il devient donc plus fluide et va être
mieux fractionné dans le plasma. Le cas échéant, en cas de contrainte thermique trop
forte au niveau du pic du coefficient d'échange, le tronçon 2c peut être déporté en
aval de l'écoulement plasma.
[0113] On rappelle qu'un ajustement modéré de l'angle d'injection en fonction de la quantité
de mouvement appliquée est possible selon le profilé des débouchants, et en fonction
de l'injection de vapeur, comme déjà expliqué ci-dessus.
[0114] Le dispositif de la figure 1A peut comporter divers moyens périphériques supplémentaires.
De tels moyens sont représentés schématiquement sur la figure 1B.
[0115] Des moyens 4 peuvent ainsi être prévus pour préparer la charge liquide et mettre
en pression et/ou en température le liquide à injecter par les injecteurs dans le
dard 3 du plasma.
[0116] Éventuellement, des moyens 5, 5a, 5b peuvent être prévus pour réaliser un contrôle
de la qualité de l'injection.
[0117] Des moyens 6 peuvent permettre un suivi de la pulsation de la torche à plasma à laquelle
est associée la batterie d'injecteurs.
[0118] Des moyens 7a, 7b de traitement des données permettent, à partir de données correspondant
à diverses mesures effectuées sur le système, par exemple à partir de données fournies
par les moyens 5a, 5b, 6 de réajuster, si besoin est, la composition de la charge
et/ou les conditions de fonctionnement du plasma. Par exemple ces moyens permettent
d'ajuster, par exemple de minimiser, le déphasage entre la période d'une impulsion
du dard plasma 3 et la période d'une impulsion de l'injection.
[0119] Selon un exemple de réalisation les moyens 4 de préparation (mise en pression et
en température) de la charge comportent par exemple :
- un réservoir 4a de réserve tampon de la charge liquide brute,
- un réservoir d'eau 4b (ce peut être de l'eau chargée en résidus organiques issus du
traitement d'effluents),
- un réservoir 4c de démixtion ou d'ajustement de la teneur en eau (pour que la réaction
de conversion puisse être totale d'un point de vue stoechiométrique).
[0120] Eventuellement un décanteur 4d permet la séparation grossière des phases issues de
la démixtion du liquide brut, si cette dernière est possible.
[0121] En effet, ce phénomène de démixtion (il existe un diagramme de phase pour, par exemple,
la bio-huile comme pour d'autres composés hydrocarbonés spécifiques ; cf. figure 15)
qui est relativement préjudiciable dans bon nombre de procédés peut être, dans le
cas de la présente invention, utilisé avantageusement pour séparer les composés organiques
lourds, et difficiles à convertir, de la phase légère, plus aisée à convertir, sans
surcoût financier important. Une fois séparée, la phase lourde pourra avantageusement
être injectée au coeur du dard plasma, au sortir de la torche à plasma (le plus porche
possible de la base 33, voir figure 17 et 18) pour bénéficier, au mieux, de la zone
optimisant le fractionnement, alors que la phase plus légère (et plus aisée à convertir
à priori), pourra être injectée en queue de dard plasma ou comme vapeur au niveau
de buses d'injection de vapeur (comme les buses 1a, 1a' sur la figure 13), permettant
également de créer un degré de liberté supplémentaire quant à l'angle d'injection
de la charge liquide à convertir.
[0122] Des filtres (ici au nombre de deux) ou des moyens séparateurs (par exemple de type
centrifugeuse) 41, 41' peuvent permettre une séparation plus fine des phases issues
du décanteur.
[0123] Une pompe 4k' permet de recycler la phase non souhaitée (par exemple la phase organique
dans la zone de préparation de la phase aqueuse) dans les moyens 4d pour réaliser
la décantation.
[0124] Des moyens 4h permettent de réaliser une mesure de la teneur en eau en sortie du
réservoir 4c de démixtion. En effet, afin de contrôler le phénomène de démixtion,
une mesure de la teneur en eau peut être réalisée (par exemple par une mesure de type
Karl Fischer).
[0125] On peut connaître par ailleurs, par mesure de composition élémentaire, à l'aide des
moyens 4i, en amont de l'introduction de la charge liquide organique dans le volume
tampon 4c, la teneur en carbone, oxygène et hydrogène de la charge à convertir.
[0126] Il est alors possible de connaître la quantité d'eau à additionner pour garantir
une gazéification complète (telle que décrite par exemple par la réaction 1 ci-dessus).
[0127] Des moyens 4e d'alimentation en gaz sous pression (par exemple : de l'azote, ou du
CO
2, ou du méthane ou de la vapeur d'eau) peuvent être prévus au droit d'un réservoir
tampon 4f, situé sur la ligne d'injection, pour solubiliser au besoin ce gaz dans
la charge liquide.
[0128] Ce gaz pourra, au sortir des injecteurs, commencer à désorber et permettre un ajustement
de la composition du milieu (notamment en espèces oxydantes). Cette solubilisation
d'un gaz suivi de sa désorption rapide (du fait des gradients de température et de
pression importants) au coeur du réacteur, mais surtout du dard plasma, permet de
favoriser le phénomène de fractionnement visé. En effet, elle est susceptible d'entraîner
la formation de gouttelettes de gaz au sein du liquide à convertir qui, sous l'effet
de la température seront enclines, par microéclatement à fractionner localement le
liquide injecté.
[0129] Le gaz à solubiliser peut représenter une faible masse par rapport au liquide à convertir
(au contraire de la nébulisation par gaz vecteur). Ceci conduit à un fractionnement
du liquide à convertir et permet également d'apporter un réactif supplémentaire pour
la conversion de ce dernier.
[0130] Des moyens 4g, 4g' de mise en pression de la charge à convertir permettent d'assurer
sa vitesse d'injection et donc sa quantité de mouvement. Ces moyens permettent un
ajustement de la pression pour maintenir celle-ci, continue ou variable, selon une
périodicité et un signal (pression sinusoïdale par exemple en fonction du temps) adaptés
à l'écoulement du dard plasma ; en particulier on obtient ainsi une possibilité de
faire osciller la pression d'injection pour s'adapter aux fluctuations du dard plasma,
que met en évidence, par exemple, l'oscilloscope 6a. Ces moyens 4g, 4g' sont pilotés
par le microprocesseur 7a.
[0131] Un système 4j de distribution de solide divisé et de tensio-actif permet optionnellement
une formulation
in situ d'une charge de type slurry.
[0132] Un échangeur thermique 4m, lui aussi optionnel, permet de vaporiser la phase aqueuse
avant qu'elle ne soit injectée, en vue de former une phase vapeur à injecter séparément,
comme déjà expliqué ci-dessus, par exemple par les buses 1a, 1a', 1c, 1c' de la figure
1A. Pour chauffer cette phase aqueuse, on peut récupérer la chaleur issue d'un système
de refroidissement du réacteur et des électrodes de la torche à plasma.
[0133] Des moyens 4p, 4o permettent un contrôle de la bonne séparation (par décantation)
par mesure de densité des phases, au droit du décanteur 4d de démixtion.
[0134] Les moyens 4i, 4h, 4o, 4p fournissent des mesures à des moyens de type processeur
7a pour gérer la préparation du liquide à injecter.
[0135] Les conduits 40, 41 qui vont permettre respectivement d'injecter la phase liquide,
et éventuellement la phase vapeur séparée, peuvent être chauffés, par exemple par
un cordon chauffant, ou encore par du gaz chaud récupéré en sortie de torche 3 et
injecté dans une double enveloppe autour des conduits.
[0136] Un dispositif selon l'invention peut comporter des moyens 5 pour contrôler la qualité
de l'injection.
[0137] Un exemple de ces moyens est un ensemble de diagnostic optique 5a permettant, par
analyse d'images au travers d'un ou plusieurs hublot(s) 51, 53, comme représenté plus
précisément sur la figure 16, de procéder au diagnostic de la qualité de la fragmentation.
[0138] Un tel ensemble comporte par exemple une caméra haute définition 5b et un laser pulsé
5b' permettant d'éclairer et visualiser la position ou le déplacement des gouttelettes
de charge liquide au sein du dard. Eventuellement, un système de filtres 55, associées
à la caméra 5a et adaptés à la nature des gaz plasmagènes, permet de s'affranchir
de l'émissivité propre du plasma et de distinguer les gouttelettes de liquide éclairé
par le faisceau du laser. Un gaz neutre de balayage (de l'azote sur la figure 16)
permet d'éviter un dépôt de suie sur le hublot 51.
[0139] Un second exemple de ces moyens est un ensemble 5c de diagnostic permettant, au sortir
du réacteur (ou même à différentes cotes à l'intérieur du réacteur, si le temps de
séjour des gaz dans ce dernier est trop important) de suivre la composition des gaz
permanents. A partir des données obtenues par ces mesures, on peut en déduire un premier
ordre de grandeur de la performance du niveau de l'injection (par exemple par un suivi
du taux de conversion, ou du niveau de fractionnement au sein du dard)).
[0140] Parallèlement à cela, il est possible de coupler la mesure avec une mesure de type
PID (détection par Photo-Ionisation à l'aide d'une lampe UV, d'énergie voisine de
10,6 eV), pour ne pas être perturbé par la matrice gazeuse des gaz refroidis, donnant
en ligne une estimation de la teneur en goudrons et bio-huile ou de la charge organique
non totalement convertie. Ces dispositifs sont précédés d'un système de trempe thermique
et de filtres (classiques et non représentés) pour figer la cinétique de conversion
des espèces, permettre le refroidissement du flux gazeux et éliminer les possibles
traces de suies avant l'introduction des flux à analyser, par exemple dans un chromatographe
5c en phase gazeuse, et dans le PID.
[0141] En fonction des résultats des moyens de diagnostic, les moyens 7a processeurs, qui
peuvent intégrer un système de régulation propre, actionnent les éléments de pilotage
du système d'injection et de préparation de la charge (angle d'injection, quantité
de mouvement, teneur en eau, ...) pour adapter ces derniers.
[0142] Des moyens peuvent en outre être prévus pour adapter l'injection de la charge liquide
à convertir à d'éventuelles modifications du dard plasma, et notamment à d'éventuelles
variations de la pulsation de la torche.
[0143] En effet le dard issu d'une torche à plasma d'arc soufflé peut être sujet à des pulsations
du fait des instabilités générées, notamment lors de la rupture et la régénération
de l'arc électrique à l'intérieur de la tête de torche. Ces modifications (notamment
du niveau de température) sont relativement périodiques et peuvent être suivies indirectement
par l'enregistrement en continu de la tension aux bornes des électrodes 30, 31 (figure
1A), comme illustré en figure 21. La périodicité des pulsations du dard issues de
la torche étant relativement constante pour une torche et des conditions de fonctionnement
données, il n'est pas nécessairement utile (et de toute façon cela est parfois impossible
du fait de la fréquence de pulsation) d'adapter en temps réel l'injection à ces pulsations.
On peut cependant contrôler l'absence de dérive de la périodicité et la bonne synchronisation
des pulsations avec les injections de jet liquide (si celles-ci sont pulsées), notamment
pour :
- limiter les risques d'engorgement du dard plasma avec la charge à convertir,
- bénéficier d'un dard plasma qui soit le plus efficace possible (et donc le plus chaud)
sur une période donnée.
[0144] En cas de constatation de dérive de la périodicité (pouvant être mesurée par un oscilloscope
6 à acquisition rapide, figure 1B), il est possible d'ajuster les paramètres d'injection
pour se caler dans la périodicité choisie.
[0145] Pour ce faire, le système de diagnostic est relié lui aussi au processeur 7a qui
compare régulièrement les paramètres de périodicité et de phase entre la commande
de l'injection et les pulses du dard plasma.
[0146] Le fonctionnement d'un dispositif selon l'invention peut être décrit de la manière
suivante.
[0147] La torche plasma produit le dard plasma 3, dans lequel les injecteurs de liquide
injectent la charge à convertir.
[0148] Des moyens de préparation de la charge fournissent une charge adaptée aux injecteurs.
[0149] Des moyens de diagnostic de la qualité de l'injection permettent d'observer la fragmentation
des jets et de suivre la composition des gaz permanents.
[0150] Par ailleurs, des moyens de contrôle permettent de réaliser un suivi de la pulsation
de la torche.
[0151] Les moyens de diagnostic, les moyens de contrôle et les moyens de préparation de
la charge envoient les informations qu'ils ont recueillies à des moyens 7a, 7b de
traitement des données.
[0152] À leur tour, ces moyens de traitement des données peuvent commander les moyens de
préparation de la charge, en vue d'une adaptation de la composition de la charge en
fonction des informations recueillies.
[0153] Les moyens de traitement permettent également de contrôler les impulsions des injecteurs
par rapport aux impulsions du plasma, par exemple pour les recaler par rapport à ces
dernières.
[0154] Un exemple de réalisation d'un système d'injection, conforme à l'invention, va maintenant
être donné.
[0155] Cet exemple met en oeuvre une torche plasma à arc non transféré, de puissance 2 MW
électrique, en vue de la conversion optimisée de la bio-huile par la meilleure injection
de la bio-huile au sein du dard plasma.
[0156] Les données de fonctionnement suivantes ont été retenues :
- diamètre de la tuyère de torche : 60 mm,
- longueur du dard plasma : 300 mm (la température et la vitesse de l'écoulement du
dard sont supposées constante sur cette zone, ce qui simplifie les calculs),
- forme du dard : conique,
- température du dard : 7000 K,
- masse volumique du dard : 3,49. 10-2 kg/m3,
- masse volumique de la bio-huile : 1200 kg/m3,
- rendement thermique de la torche plasma : 90 %,
- enthalpie de transformation de la charge liquide à convertir : 11 MJ/kg (la composition
CxHyOz de la charge est supposée idéale pour ne pas avoir à injecter un complément
d'eau).
[0157] Au vu de ces données, la capacité maximale du système de traitement (Qmax) est voisine
de 600 kg/h. Un nombre raisonnable de 6 injecteurs peut être retenu pour assurer cette
distribution au sein du dard plasma, les axes des injecteurs étant alternés comme
présenté en figure 11. La figure 17 donne, pour une représentation où les injecteurs
seraient dans le même plan (celui de la figure), les différentes notations pour le
positionnement et les angles des injecteurs ; en particulier :
- R et L sont respectivement le rayon du plasma à sa base, mesuré à partir de l'axe
d'écoulement du plasma, et la longueur du dard plasma à partir de la base,
- ri désigne la longueur, mesurée sur l'axe d'écoulement du plasma, de la zone de fractionnement
ou des nappes liquides, lors de la confluence des jets,
- la position, sur l'axe d'écoulement du plasma, de chaque zone de confluence de deux
jets est désignée par xi,
- Hi désigne la position, sur un axe perpendiculaire à l'axe d'écoulement du plasma
et placé dans le plan de la figure, de l'intersection de chaque perpendiculaire à
l'axe d'écoulement passant par chaque point de confluence de jets avec l'un des grands
côtés du triangle schématisant le dard plasma,
- x'i (respectivement H'i) désigne la position, sur l'axe d'écoulement du plasma (respectivement
sur un axe perpendiculaire à cet axe d'écoulement et placé dans le plan de la figure),
de la projection orthogonale de l'intersection de chaque jet avec le côté le plus
proche du triangle schématisant le dard plasma.
[0158] Avec les notations de la figure 17 et 18 (sur lesquelles le dard plasma est schématisé
par un triangle) on a :
Hi' = tanθi . xi'- tanθi.xi (avec i = 2 ou 3),
Hi = R - R/L. xi (avec i = 1, 2 ou 3).
[0159] Les Hi sont indiqués sur la figure 17.
[0160] Sans perturbation spécifique, la confluence de deux jets permet d'obtenir la formation
d'une nappe liquide résultante dont la longueur dépend notamment de l'angle d'incidence
des jets. D'une manière générale, il est possible d'estimer le rapport er/(Φ/2)
2 en fonction de l'angle β tel que défini sur la figure 19, où Φ est le diamètre d'injection
de l'injecteur correspondant).
[0161] En extrapolant les maxima de r (distance entre le point de confluence des jets 10,
10' et un point courant R de la périphérie de la nappe) en fonction de l'angle d'incidence
θ des jets et en posant que l'épaisseur e des nappes 13 est d'un ordre de grandeur
plus petit que le rayon des jets liquides confluents 10, 10', les valeurs maximales
(du fait qu'en réalité le dard plasma tend à réduire le développement de ces nappes
liquides) suivantes des longueurs des nappes résultantes de la confluence des jets
peuvent être données en premières approximations :
| r1 |
r2 |
r3 |
| ≈3-4 Φ1 |
22,5 Φ2 |
45 Φ3 |
(Φ
i : étant le diamètre d'injection des jets des injecteurs i).
[0162] Les volumes élémentaires δVi définis comme décrits dans la figure 18 permettent alors
de définir les taux d'occupation de la charge liquide τi) pour les volumes élémentaires
englobant les points d'injection.
[0163] Soit δVi le volume élémentaire englobant le point de cote xi, la valeur de ce volume
élémentaire à l'expression suivante :

[0164] En notant qi le rapport de la quantité de mouvement du jet de l'injecteur i par rapport
à celle du dard plasma, et Qi le débit de liquide de l'injecteur i, on peut fixer
la règle suivante :
- si xi augmente, alors :
- supérieur à 1 pour assurer la pénétration θi et Φi diminuent tous deux, mais restent
chacun un paramètre de conduite du processus ;
- Qi, lui aussi paramètre de conduite, diminue, mais ΣQi < Qmax,
- τi peut être variable, même si il tend à baisser, et reste inférieur à 1 %,
- qi, lui aussi paramètre de conduite, est choisi du dard par le liquide.
[0165] En suivant cette règle la configuration pour l'exemple de réalisation recherchée
peut être celle indiquée en tableau II, configuration pour laquelle il pourra être
recherché, en cours de fonctionnement, la minimisation de ε (distance entre deux zones
d'occupation du dard par de la matière liquide, voir figure 18) et l'ajustement des
τi (au vu des éléments de diagnostic de la qualité de l'injection) au moyen des paramètres
de conduite que sont θi, Qi et qi :
Tableau II.
| Injecteur 1b, 1b' |
Injecteur 1d, 1d' |
Injecteur 1f, 1f' |
| q |
v |
Φ |
Q1 |
θ1 |
x1 |
τ1 |
Q |
v |
Φ |
Q |
θ2 |
x2 |
τ2 |
Q |
V |
Φ |
Q3 |
θ3 |
x3 |
τ3 |
| 4 |
8 |
3 |
205 |
90° . |
50 . |
0,9% |
4 |
8 |
1,8 |
75 |
45° |
160 |
0,3% |
1,5 |
5 |
1, 2 |
20 |
30° : |
230 |
0,3% |
| |
m/s |
mm |
1/h |
|
mm |
|
|
m/s |
mm |
1/h |
|
mm |
|
|
m/s |
|
1/h |
|
mm |
|
[0166] Plus généralement, au-delà de cet exemple, quelle que soit la configuration retenue
(donc quel que soit le nombre de groupes d'injecteurs et le nombre d'injecteurs par
groupe d'injecteurs) on pourra avantageusement chercher à ce que, pour deux groupes
d'injecteurs, dont le premier est plus proche de la base 33 du plasma que le deuxième,
le premier ayant des paramètres τ1, θ1, Φ1, q1 et Q1 et le deuxième ayant des paramètres
τ2, θ2, Φ2, q2 et Q2 :
- θ1> θ2 et Φ1> Φ2 ;
- Q1>Q2, mais ΣQi < Qmax (Qmax = débit total (défini en fonction de la puissance thermique
disponible dans le dard plasma et l'enthalpie de transformation de la charge (énergie
pour convertir la charge par unité de masse), soit ici environ 600 1/h) τ1 et τ2 <
1 % ;
- q1 et q2 sont tous deux supérieurs à 1.
[0167] D'une manière générale, le dispositif constituant la présente invention permet, pour
assurer la meilleure conversion possible de la charge, de trouver le meilleur compromis
entre :
- un fractionnement optimisé du liquide à convertir permettant une optimisation de la
surface d'échange entre le liquide et le dard plasma,
- un temps de séjour de la charge au sein du dard le plus important possible,
- une utilisation maximisée des températures les plus importantes au sein du dard plasma,
- une utilisation maximisée de la teneur en espèces actives du dard plasma,
sachant que la conversion de la charge est elle-même une fonction croissante des paramètres
précédemment cités (Conversion = f (t, S
échange milieu/réactif, T°, Comp)).
[0168] L'invention s'applique à la conversion de liquides tels que les bio-huiles, ou encore
des boues de station d'épuration, ou encore des « slurry » ou particules résultant
de la pulvérisation d'un solide, ces particules étant mélangées à un liquide pour
l'injection dans la torche plasma.
[0169] L'invention s'applique également à l'injection et/ou la conversion d'un liquide de
type bio-huile ou, plus généralement, renfermant potentiellement de fines particules
ou, plus généralement encore, relativement difficiles à nébuliser (ou atomiser) de
par ses propriétés physico-chimiques (notamment sa viscosité).
[0170] Un procédé de gazéification de la bio-huile permet de fournir un gaz adapté à la
production de carburant de synthèse.
[0171] Comme déjà expliqué en introduction, la bio-huile peut être obtenue par pyrolyse
flash, procédé thermochimique (à une température T ≈ 500°C) dans lequel la biomasse
est chauffée rapidement en absence d'oxygène. Sous l'effet de la chaleur, la biomasse
se décompose et conduit à la formation de gaz permanents, de vapeurs condensables,
d'aérosols et de résidus carbonés. Après refroidissement et condensation des composés
volatils et des aérosols, on obtient typiquement un liquide marron foncé, la bio-huile.
Celle-ci est ensuite gazéifiée par injection dans une torche à plasma, selon la présente
invention, ce qui permet de limiter ou d'éviter la présence de goudrons (on est en
dessous de la valeur limite de 0,1 mg/Nm3).
[0172] L'invention peut également être avantageusement mise en oeuvre pour le cas de procédés
nécessitant l'utilisation de dard plasma ou de flamme(s) ou d'un fluide relativement
chaud(s) ou générant une grande quantité de mouvement ne rendant pas aisé le mélange
entre la charge et ce dard (ou cette flamme ou ce fluide chaud ou générant une grande
quantité de mouvement).
[0173] Un système selon l'invention permet en outre d'accepter les variations de densité
du liquide à convertir. En effet, avec d'autres systèmes, s'il y a variation de la
densité du liquide, un ajustement pouvant être lourd est nécessaire.
[0174] Dans une variante d'un procédé selon l'invention on injecte, dans au moins une partie
des jets de liquide, un jet de vapeur simultanément au jet de liquide. Avantageusement,
le liquide est alors préalablement séparé entre une première partie, vaporisable à
une température inférieure à la température moyenne du plasma et une deuxième partie,
à injecter dans le plasma sous forme liquide.
[0175] Dans une variante d'un procédé selon l'invention on injecte du liquide avec des injecteurs
de différents groupes d'injecteurs comportant des angles d'incidence différents par
rapport à l'axe d'écoulement du plasma.