DOMAINE TECHNIQUE
[0001] La présente invention concerne un dispositif d'éjection de fluide, en particulier
un extincteur ou un générateur hydraulique de secours utilisé dans un aéronef.
ÉTAT DE LA TECHNIQUE ANTÉRIEURE
[0002] En ce qui concerne l'utilisation des dispositifs d'éjection de fluide comme extincteur,
on sait que les extincteurs à réservoir d'agent extincteur sont classés en deux grandes
catégories. La première catégorie concerne des appareils à pression permanente dans
lesquels un gaz assure la pressurisation permanente de l'agent extincteur au sein
d'une bouteille unique lui servant de réservoir ; l'agent extincteur est libéré par
une vanne à la sortie de ladite bouteille. Dans la deuxième catégorie, un gaz propulseur
n'est libéré qu'à la mise en service de l'extincteur et libère l'agent extincteur,
qui n'est donc pas stocké sous pression.
[0003] A titre d'illustration comme extincteur du premier type, on peut considérer les extincteurs
actuellement utilisés pour éteindre un feu de moteur d'aéronef. Ces dispositifs, non
seulement permettent d'éteindre le feu, mais préviennent également toute extension
dudit feu. L'agent extincteur est contenu dans une bouteille, la plupart du temps
de forme sphérique, pressurisée par un gaz inerte ; une ou plusieurs canalisations
de distribution, connectées à ladite bouteille, permettent la distribution de l'agent
vers les zones à protéger. A l'extrémité inférieure de la bouteille, un opercule calibré
permet d'obturer chaque canalisation de distribution. Un capteur de pression est également
installé afin de vérifier, de façon continue, la pressurisation de la bouteille. Lorsqu'un
feu est détecté, un détonateur pyrotechnique est déclenché. L'onde de choc qui en
résulte permet de percer l'opercule obturateur, ce qui entraîne la vidange de la bouteille
et l'évacuation de l'agent extincteur sous l'effet de la pression contenue dans la
bouteille vers les zones à protéger, via les canalisations.
[0004] Un inconvénient important de ce type d'extincteurs pressurisés est leur sensibilité
aux micro-fuites, ce qui les soumet à des conditions sévères de surveillance, de vérification
et d'entretien. Par ailleurs, l'agent extincteur ne remplit pas complètement la bouteille
puisque celle-ci doit pouvoir contenir le gaz de pressurisation.
[0005] En ce qui concerne les extincteurs de la deuxième catégorie, ils utilisent un dispositif
séparé de mise sous pression. Ces appareils de lutte contre l'incendie sont généralement
équipés d'un premier réservoir de gaz comprimé et d'un second réservoir pour l'agent
extincteur. Lorsque l'appareil est utilisé, le gaz comprimé contenu dans le premier
réservoir est mis en communication par l'intermédiaire d'un orifice avec le second
réservoir d'agent extincteur pour la pressurisation de la bouteille contenant l'agent
extincteur. Lorsque l'agent extincteur est pressurisé, il est éjecté pour lutter contre
l'incendie, comme pour les appareils de la première catégorie d'extincteur.
[0006] Dans certains cas, pour des extincteurs de deuxième catégorie, le premier réservoir
de gaz comprimé peut être remplacé par un générateur de gaz, comme décrit dans le
document
EP1552859.
[0007] Ce type d'extincteur peut comprendre un moyen de séparation, par exemple une membrane
ou un piston, placé dans le réservoir de manière à définir une première enceinte appelée
chambre de pressurisation, et une deuxième enceinte contenant l'agent extincteur.
Le but de ce moyen de séparation est de limiter les transferts thermiques entre le
gaz généré et l'agent extincteur, comme décrit dans le document
EP1819403 déposé au nom de la demanderesse. En effet, en l'absence d'isolation thermique, l'agent
extincteur peut absorber rapidement les calories du gaz généré et diminuer ainsi l'efficacité
d'éjection de l'agent extincteur.
[0008] Cependant, les performances de tels extincteurs peuvent encore être optimisées. En
effet, un extincteur utilisé sur un aéronef doit rester opérationnel dans une large
gamme de température, notamment de -55°C environ du fait de la haute altitude à laquelle
vole l'avion, à +95°C environ. En fonction de la température, l'agent extincteur peut
subir de fortes variations volumiques. Ces variations volumiques peuvent induire une
surpression dans la chambre de pressurisation, ce qui présente plusieurs inconvénients
majeurs.
[0009] En effet, les contraintes en matière de sécurité imposées par la réglementation internationale
dans le domaine aéronautique rendent délicate et complexe l'implémentation de dispositifs
soumis à une surpression interne à proximité de zones susceptibles d'être approvisionnées
en agent extincteur, en particulier à proximité des moteurs. En effet, ces dispositifs
sont susceptibles d'être endommagés lors d'incidents extérieurs, par exemple par l'éjection
de pièces du moteur, par de la chaleur ou des flammes. De la même manière, l'explosion
de ces dispositifs peut endommager les zones en question.
[0010] Pour répondre à cette exigence réglementaire, une solution peut consister à réaliser
l'extincteur de manière particulièrement sécurisée, par exemple avec des épaisseurs
de paroi importantes. Cette solution conduit à une augmentation de la masse globale
de l'extincteur, ce qui est pénalisant pour les performances de l'aéronef.
[0011] Une autre solution peut consister à éloigner suffisamment l'extincteur des zones
en question. Cependant, cet éloignement nécessite d'utiliser une plus grande longueur
de conduite de distribution entre l'extincteur et lesdites zones, ce qui augmente
la perte de charge linéaire dans la conduite et diminue l'efficacité d'éjection. De
plus, la masse importante de conduite nécessaire est également pénalisante.
[0012] Bien entendu, le problème reste identique dans le cas d'une utilisation du dispositif
d'éjection de fluide comme générateur hydraulique de secours pour aéronef, où toute
surpression dans le dispositif d'éjection doit être évitée en phase de repos, tout
en assurant une efficacité d'éjection optimale.
[0013] Un dispositif d'éjection de fluide pour la lutte contre l'incendie comprend habituellement,
comme le montre la figure 1, un réservoir sous pression A1 connecté à un circuit de
distribution A4 pour l'adduction du fluide vers le point d'extinction A5. Le réservoir
est connecté au circuit de distribution A4 par l'intermédiaire d'une vanne A2 pilotée
à distance par tout dispositif adapté A6. L'ouverture de la vanne A2 provoque la vidange
du réservoir sous pression A1 dans les circuits de distribution A4 vers le point d'extinction
A5. Pour une efficacité maximale d'un tel dispositif, il est souhaitable que les réservoirs
soient situés le plus près possible du point d'extinction de manière à réduire la
longueur du circuit de distribution et accélérer ainsi le transfert du fluide vers
le point d'extinction en limitant les pertes de charges.
[0014] Si une quantité importante de fluide est nécessaire et qu'il n'est pas possible,
compte tenu du confinement de l'espace, d'installer un réservoir de volume important
à proximité du point d'extinction, ou, si pour des raisons réglementaires, il est
imposé d'avoir plusieurs systèmes indépendants ou une redondance, il peut être nécessaire
de coupler plusieurs réservoirs en parallèle sur le même circuit. Dans ce cas, selon
un premier mode de réalisation, un premier réservoir sous pression est vidé par ouverture
de sa vanne de connexion A2 puis la vanne est fermée et le second réservoir sous pression
est vidé en ouvrant sa vanne de connexion laquelle est ensuite fermée en fin de vidange
et ainsi de suite. La fermeture de chaque vanne en fin de vidange est nécessaire afin
d'éviter que le fluide éjecté d'un réservoir dont la vanne a été subséquemment ouverte
ne vienne remplir le ou les réservoirs précédemment vidés au lieu de se diriger vers
le point d'extinction.
[0015] Ceci nécessite un système de commande complexe et des vannes en mesure d'être pilotées
dans les deux sens, ouverture et fermeture, c'est-à-dire contenant des pièces mobiles
et sujettes à des défauts d'étanchéité. La complexité d'un tel dispositif rend sa
maintenance coûteuse et diminue sa fiabilité lorsqu'il est utilisé pour des dispositifs
de sécurité où ledit dispositif peut rester passif pendant des années et doit fonctionner
parfaitement le moment venu.
[0016] Ainsi, il est connu, par exemple, du brevet
EP1502859B1, ou de
EP1819403, d'utiliser un réservoir contenant l'agent d'extinction à la pression atmosphérique.
Celui-ci est mis sous pression soit en le mettant en communication avec une bouteille
d'air ou d'azote comprimé ou par l'intermédiaire d'un générateur de gaz pyrotechnique
placé directement à l'intérieur du réservoir ou à proximité et relié à celui-ci. Dans
ce dernier cas de pressurisation du réservoir, la membrane séparant le fluide des
gaz générés par réaction pyrotechnique du dispositif selon
EP1819403 permet d'éviter que le fluide n'absorbe les calories de cette réaction et diminue
son efficacité. Un tel réservoir de fluide est mis en communication directe avec le
circuit de distribution, la connexion étant fermée par un opercule déchirable pour
une pression donnée. Cet opercule joue le rôle de la vanne. Ainsi pour déclencher
la vidange du dispositif, il suffit d'introduire le gaz sous pression de la bouteille
dans le réservoir ou de déclencher le générateur pyrotechnique. La pression différentielle
appliquée sur l'opercule, le circuit de distribution étant vide et à la pression atmosphérique
alors que la pression augmente dans le réservoir, entraîne la déchirure de celui-ci,
autorisant ainsi le déversement du fluide dans le circuit de distribution A4 vers
le point d'extinction A5.
[0017] Ce dispositif est plus fiable car il ne comprend pas de pièces en mouvement au niveau
de la vanne, pièces dont il faut assurer l'étanchéité et garantir le fonctionnement,
notamment l'absence de grippage, dans le temps. En revanche, une fois l'opercule percé,
celui-ci ne peut plus assurer la fermeture de la connexion du réservoir avec le circuit
de distribution.
[0018] Dans de telles situations et partout où il est prévu d'utiliser des vannes pilotables
uniquement en ouverture, il est possible d'insérer dans le circuit de distribution
des clapets anti-retour A3. De tels clapets ne laissent passer le fluide que dans
un sens d'écoulement (sens de la flèche figure 1). Ils empêchent ainsi, lors des déclenchements
successifs des ouvertures de vannes pour la vidange d'autres réservoirs connectés
sur le même circuit de distribution, que le fluide aille remplir les réservoirs précédemment
vidés. En cas de l'installation d'une pluralité de N réservoirs, au moins (N-1) clapets
A3 doivent être installés sur le circuit.
[0019] Autant de clapets créent des pertes de charges sur le circuit et doivent également
faire l'objet d'une surveillance régulière pour en assurer l'aptitude de fonctionnement.
En effet, le circuit de distribution A4 étant vide en dehors du fonctionnement du
dispositif, c'est-à-dire pendant des temps pouvant atteindre des années, de tels clapets
peuvent être sujets à des grippages causés par la condensation qui peut intervenir
dans de tels circuits, particulièrement lorsque le dispositif est installé dans un
aéronef en zone non pressurisée et subit donc des variations de température et de
pression sur une large amplitude lors de chaque vol.
[0020] Ainsi il existe un besoin pour un dispositif permettant d'assembler en parallèle
une pluralité de réservoirs de fluide en vue de leur déclenchement séquentiel sans
engendrer de pertes de charges excessives dans le circuit et tout en préservant une
fiabilité de fonctionnement comparable à celle qui serait obtenue par un réservoir
unique.
[0021] Comme décrit précédemment, le dispositif d'éjection d'un fluide selon l'art antérieur
comprend un réservoir contenant le fluide destiné à être éjecté, une extrémité dudit
réservoir comportant des moyens d'obturation pilotables, tels qu'une vanne, aptes
à mettre le fluide en communication avec l'extérieur du réservoir de sorte à provoquer
son écoulement.
[0022] Selon un mode de réalisation, le fluide est ainsi stocké sous pression dans le réservoir.
Le réservoir est connecté à un circuit de distribution par l'intermédiaire de la vanne,
l'ouverture de celle-ci provoquant l'éjection du fluide dans le circuit de distribution.
[0023] Selon un autre mode de réalisation de l'art antérieur, le fluide n'est pas stocké
sous pression dans le réservoir. Pour provoquer l'éjection du fluide, il faut augmenter
la pression dans le réservoir avant d'ouvrir la vanne de mise en communication avec
le circuit de distribution. Cet effet est obtenu soit en mettant l'intérieur du réservoir
directement en communication avec un fluide sous pression, par exemple avec de l'air
comprimé, soit en comprimant le fluide destiné à être éjecté par l'intermédiaire d'un
élément séparateur situé à l'intérieur du réservoir. Un tel élément séparateur peut
être constitué par une membrane ou par un piston qui sépare de manière étanche le
réservoir en deux chambres l'une des deux contenant le fluide destiné à être éjecté.
Le volume du réservoir étant fixe, la mise sous pression du fluide à éjecter et son
éjection hors du réservoir se font en augmentant le volume de la chambre ne contenant
pas le fluide. Une telle variation de volume est obtenue en déplaçant l'élément séparateur
soit par un dispositif purement mécanique, soit en augmentant la pression dans la
chambre ne contenant pas le fluide destiné à être éjecté. Cette augmentation de pression
est obtenue en injectant dans ladite chambre, nommée chambre de pressurisation, un
fluide sous pression.
[0024] Les deux chambres du réservoir étant séparées de manière étanche par l'élément séparateur,
tout type de fluide peut être utilisé sans risque qu'il ne se mélange avec le fluide
destiné à être éjecté. A titre d'exemple, il peut s'agir d'air comprimé ou d'azote.
Avantageusement le fluide injecté dans la chambre de pressurisation est généré par
un générateur de gaz pyrotechnique, et, selon un mode de réalisation particulièrement
avantageux de l'art antérieur, ledit générateur pyrotechnique est situé directement
dans le réservoir, à l'intérieur de la chambre de pressurisation.
[0025] Finalement, les moyens d'obturation pilotables de la chambre contenant le fluide
destiné à être éjecté peuvent prendre la forme d'un opercule qui se rompt pour une
pression donnée dudit fluide. On obtient dans ces conditions un dispositif compact,
comportant tous les moyens de déclenchement de l'éjection du fluide. Un tel dispositif
est décrit dans la demande de brevet européen
EP1819403 déposée au nom de la demanderesse.
[0026] En outre, l'élément séparateur isole thermiquement la chambre de pressurisation du
fluide destiné à être éjecté. Ainsi, lors de l'utilisation de ce dispositif en tant
que dispositif de lutte contre l'incendie, le fluide à éjecter est par exemple un
agent d'extinction en phase liquide. Ce type de fluide peut présenter une capacité
calorifique très élevée et l'élément séparateur évite que la réaction pyrotechnique
générant le gaz de pressurisation ne soit ralentie par l'absorption de la chaleur
par l'agent d'extinction.
[0027] De tous ces modes de réalisation de l'art antérieur, celui qui utilise un réservoir
de forme sensiblement cylindrique séparé en deux chambres par un piston est le plus
efficace en termes d'éjection du fluide, c'est-à-dire que ce mode de réalisation maximise
le ratio entre le volume de fluide effectivement déversé dans le circuit de distribution
et le volume de fluide initialement contenu dans le réservoir.
[0028] Dans ce type de dispositif, la séquence d'éjection se réalise en cinq phases essentielles
:
- 1. Le déclenchement du générateur de gaz provoque l'augmentation de la pression dans
la chambre de pressurisation et corrélativement, par l'intermédiaire du piston, dans
la chambre contenant le fluide ;
- 2. Au-delà d'un seuil défini de pression, l'opercule de la chambre contenant le fluide
à éjecter se rompt, mettant en communication ledit fluide avec le circuit de distribution
- 3. L'élément séparateur peut alors se déplacer et pousser le fluide dans le circuit
de distribution
- 4. Lorsque le piston arrive en fin de course des moyens verrouillent le piston dans
cette position de sorte à éviter tout retour du fluide vers le réservoir
- 5. Des moyens spécifiques formant clapet permettent alors l'écoulement des gaz de
la chambre de pressurisation vers le circuit de distribution de sorte à purger ledit
circuit.
[0029] La pression, tant dans la chambre de pressurisation que dans la chambre contenant
le fluide à éjecter, est élevée en début de déclenchement et passe par un maximum
au moment de la rupture de l'opercule. Elle diminue ensuite pour atteindre une valeur
proche de la pression atmosphérique en fin de décharge.
[0030] Un tel dispositif est à usage unique.
[0031] Lorsqu'il est utilisé en tant que dispositif de lutte contre l'incendie ou comme
dispositif de secours, il peut rester inactif pendant des temps très longs, pouvant
atteindre plusieurs années et devra malgré tout fonctionner de manière parfaite le
moment venu. Or, le piston étant amené à coulisser à l'intérieur du réservoir, il
est difficile d'assurer une étanchéité parfaite entre les deux chambres tout en conservant
une facilité de coulissement du piston et ceci pendant des temps pouvant atteindre
plusieurs années.
[0032] Ainsi selon ces réalisations de l'art antérieur de petites quantités du fluide à
éjecter finissent par s'infiltrer dans la chambre de pressurisation.
[0033] Si ladite chambre de pressurisation est en communication avec l'air extérieur, ce
fluide peut s'évaporer. Le fluide ainsi évaporé est perdu, diminuant d'autant la quantité
de fluide apte à être éjecté. Si la chambre de pressurisation est étanche vis-à-vis
de l'extérieur, alors l'accumulation de ce fluide dans celle-ci réduit d'autant l'efficacité
de la réaction pyrotechnique et par suite celle de l'éjection du fluide.
[0034] Par ailleurs, particulièrement si la chambre de pressurisation est en communication
avec l'extérieur, des phénomènes de condensation peuvent s'y produire. L'eau ainsi
introduite dans cette chambre peut, à la longue, se mêler au fluide à éjecter dont
elle risque de dégrader les caractéristiques d'usage.
[0035] Finalement même s'il reste possible de garantir l'étanchéité du piston lorsque le
dispositif est au repos, la première phase de l'éjection reste une phase critique
du fait des variations rapides de pression qui se produisent durant cette phase. L'étanchéité
doit être conservée également sous ces conditions de pression.
[0036] Il existe donc un besoin pour un dispositif compact d'éjection d'un fluide comportant
deux chambres séparées par un élément séparateur de type piston, dont l'étanchéité
entre les deux chambres soit parfaite et durable sans pour autant dégrader la faculté
de coulissement du piston. Un tel dispositif est connu de
WO 03/037441 A1.
EXPOSÉ DE L'INVENTION
[0037] Afin de résoudre au moins en partie les insuffisances de l'art antérieur, l'invention
propose un dispositif d'éjection d'un fluide selon l'objet de la revendication 1.
[0038] Ainsi les fuites éventuelles de fluide à éjecter qui peuvent se produire entre l'élément
séparateur et la paroi du réservoir restent confinées entre la paroi et la chaussette.
Il n'y a donc pas de risque de perte de fluide à éjecter notamment par évaporation
de celui-ci dans la chambre de pressurisation, ni de risque de mélange avec le fluide
d'éjection de produits de condensation de la chambre de pressurisation.
[0039] Avantageusement, la chaussette est apte à assurer l'étanchéité entre la chambre de
pressurisation et les parois du cylindre de manière constante entre deux positions
longitudinales de l'élément séparateur. Ceci permet de conserver l'étanchéité lors
des mouvements du piston engendrés notamment par la dilatation thermique du fluide
à éjecter, ainsi que pendant une partie au moins des deux premières phases de la décharge.
[0040] Avantageusement, ladite chaussette est constituée d'un matériau souple expansible
diamétralement. Ainsi, en plus de provoquer la translation du piston, l'augmentation
de pression dans la chambre de pressurisation provoque l'expansion de la chaussette,
la plaquant contre les parois du réservoir. La chaussette continue donc à assurer
l'étanchéité entre les deux chambres même en présence d'une pression plus élevée.
Cet effet permet de sécuriser le fonctionnement du dispositif même si les moyens d'étanchéité
entre le piston et les parois du réservoir se sont légèrement dégradés dans le temps
et ne sont plus aptes à assurer une étanchéité parfaite sous pression, donc particulièrement
en début d'éjection juste avant et immédiatement après l'ouverture de l'opercule.
[0041] Dès lors que l'opercule est rompu et que l'écoulement a commencé, la pression du
fluide à éjecter n'est plus fonction que de la caractéristique et des pertes de charges
du circuit de distribution. Durant la seconde phase de l'éjection, l'efficacité du
dispositif dépend de la capacité du piston à coulisser rapidement. Il est donc avantageux
qu'au cours de cette phase le piston ne soit pas freiné dans sa translation par la
chaussette. L'étanchéité de la chaussette est rompue au-delà d'une position longitudinale
définie de l'élément séparateur. Cela permet également de mettre le circuit de distribution
en communication avec les gaz de pressurisation afin de le purger lors de la cinquième
phase de la décharge.
[0042] La continuité de l'étanchéité de la chaussette entre les deux positions longitudinales
définies du piston peut être assurée par l'extension élastique longitudinale de ladite
chaussette particulièrement si celle-ci est constituée d'un matériau souple. Avantageusement
cependant, cette extension longitudinale est facilitée lorsque la chaussette comporte
au moins un pli apte à se déplier sous l'effet de la translation de l'élément séparateur.
Cette caractéristique permet d'utiliser pour la constitution de la chaussette un matériau
plus épais donc plus résistant à la pression et, le cas échéant, à la température
au cours des deux premières phases de la décharge. Ce mode de réalisation est donc
particulièrement avantageux lorsque le dispositif comporte un générateur de gaz pyrotechnique
en communication avec la chambre de pressurisation, dont le déclenchement permet de
provoquer la décharge.
[0043] La combinaison de ces caractéristiques permet de constituer un dispositif d'éjection
compact dont l'étanchéité entre les chambres est renforcée. Avantageusement, un tel
dispositif comporte un dispositif apte à mettre la chambre de pressurisation en communication
avec l'extérieur de sorte à y conserver une pression constante vis-à-vis des variations
lentes de volume et fermer ladite chambre vis-à-vis des variations de pression et
de volume engendrées par l'activation du générateur de gaz pyrotechnique. Cette caractéristique
permet de conserver le dispositif d'éjection sans sur-pression interne en dehors des
phases de fonctionnement, ce qui améliore sa sécurité et permet d'en réduire le poids
et l'encombrement. En effet, n'étant pas soumis en permanence à une pression interne,
le dispositif peut être construit avec des parois moins épaisses sans dégrader sa
fiabilité vis-à-vis des risques d'éclatement.
[0044] Selon un mode de réalisation particulièrement adapté à l'utilisation du dispositif
d'éjection d'un fluide en tant que dispositif de lutte contre l'incendie, celui-ci
comporte des moyens aptes à mettre en communication les gaz générés par la réaction
pyrotechnique avec le circuit de distribution de fluide en fin d'éjection du fluide.
Ceci permet d'une part de purger le circuit et ainsi de profiter de toute la quantité
de l'agent d'extinction et également d'obtenir une décharge en deux phases : la première
consistant à déverser une grande quantité d'agent d'extinction sur l'incendie, la
seconde consistant dans le soufflage sur la zone d'incendie d'un aérosol constitué
du gaz généré par la réaction pyrotechnique et d'agent d'extinction.
[0045] Le fait d'injecter un agent pur dans cette première phase de décharge permet ainsi
d'obtenir une concentration maximale en agent d'extinction ce qui constitue le critère
le plus souvent recherché dans le cadre de la certification d'un système d'extinction
en particulier pour les applications extinction feu moteur dans le domaine aéronautique.
[0046] Dans la deuxième phase, l'éjection de l'aérosol constitué par le gaz de pressurisation,
permet d'une part de participer utilement à la phase d'extinction par la nature même
du gaz (inerte), et d'autre part de bien distribuer l'agent partout où c'est utile
dans la zone feu à traiter.
[0047] Un dispositif selon l'invention peut comporter des moyens aptes en empêcher tout
retour de gaz ou de fluide depuis le circuit de distribution dans le réservoir après
décharge complète de celui-ci. Ceci permet d'augmenter l'efficacité du dispositif
et notamment de maximiser le ratio entre le fluide effectivement déversé et le fluide
initialement contenu dans le réservoir, cela permet également de coupler en parallèle
sur le même circuit de distribution plusieurs réservoirs de ce type afin de disposer
d'une plus grande quantité de fluide à éjecter. Dans ce cas, les différents réservoirs
sont déclenchés séquentiellement sans risque que la décharge de l'un des réservoirs
n'en remplisse un autre, déjà vidé, au lieu de se déverser au point visé.
[0048] Pour l'utilisation du dispositif selon l'invention pour la lutte contre l'incendie,
le fluide à éjecter est avantageusement un agent d'extinction de type fluorocétone.
[0049] Alternativement, un tel dispositif peut également être utilisé comme générateur hydraulique
de dernier secours, dans ce cas le fluide éjecté est une huile hydraulique qui peut
assurer ainsi la pressurisation en dernier secours d'un circuit hydraulique quelconque.
[0050] De tels dispositifs sont plus particulièrement adaptés, du fait de leur compacité,
de leur fiabilité et de leur poids réduit et de leur faible sensibilité aux variations
de pression et de température pour l'utilisation dans des aéronefs.
BRÈVE DESCRIPTION DES DESSINS
[0051] On décrira à présent, à titre d'exemples non limitatifs, des modes de réalisation,
en se référant aux dessins annexés, dans lesquels :
La figure 1, déjà décrite, est une vue schématique d'un dispositif selon l'art antérieur
couplant plusieurs réservoirs et mettant en oeuvre des vannes pilotées et des clapets
anti-retour sur le circuit de distribution ;
Les figures 2A et 2B sont des vues en perspective d'une coupe longitudinale d'un dispositif
d'éjection de fluide;
La figure 3 est une vue en coupe d'un moyen de séparation ;
La figure 4 montre une coupe longitudinale d'un moyen de contrôle de pression ;
Les figures 5A, 5B et 5C sont trois vues en coupe longitudinale du moyen de contrôle
de pression en fonctionnement ;
Les figures 6A, 6B et 6C sont des vues de dessus d'une coupe longitudinale d'un dispositif
d'éjection de fluide pour trois exemples de position du moyen de séparation ;
La figure 7 est une vue en perspective d'une coupe longitudinale d'un dispositif d'éjection
dans lequel le moyen de séparation comprend une zone de rupture et la deuxième partie
d'extrémité comprend une portion formant butée ;
Les figures 8A, 8B, 8C et 8D sont des vues en coupe longitudinale d'un dispositif
d'éjection selon le mode de réalisation présenté dans la figure 6 pour quatre instants
de la phase d'éjection ;
La figure 9 est une vue d'ensemble en coupe du dispositif selon l'un des modes de
réalisation de l'invention avant son déclenchement, comprenant une chaussette ;
La figure 10 est une vue de détail du dispositif en fin de décharge lorsque la chaussette
est rompue et le piston verrouillé en position ;
La figure 11A est une vue en coupe d'un dispositif utilisant un réservoir sphérique
comprenant une membrane séparant le fluide des gaz sous pression injectés dans le
réservoir afin de le vidanger. Ledit réservoir est représenté en fin de vidange, la
membrane venant obturer l'orifice de connexion au circuit de distribution ;
La figure 11B est une vue en coupe d'un dispositif utilisant un réservoir cylindrique
et l'éjection du fluide par un piston se déplaçant axialement dans le réservoir ;
La figure 12 représente une vue partielle en coupe du côté de l'orifice de connexion
au circuit de distribution présentant un dispositif de verrouillage en position du
piston en fin de course ;
La figure 13 représente une vue en coupe d'un dispositif dans lequel le déclenchement
du dispositif est obtenu par l'activation d'une cartouche pyrotechnique placée dans
le réservoir ;
La figure 14 est une vue de détail en coupe partiel d'un piston d'un dispositif incorporant
des moyens permettant de mettre en communication les gaz générés par le dispositif
pyrotechnique avec le circuit de distribution en fin de vidange ;
La figure 15 présente une vue en coupe d'un mode de réalisation particulier du piston
du dispositif dans lequel ledit piston présente une jupe et une zone annulaire délimitée
par des moyens d'étanchéité, laquelle zone comprend des moyens permettant de mettre
en communication les gaz générés lors de l'activation du dispositif pyrotechnique
avec le circuit de distribution en fin de vidange ;
La figure 16 présente une vue d'ensemble en coupe d'un dispositif équipé d'un piston
à jupe avec des orifices et des moyens aptes à obturer ces orifices sous forme d'une
bague expansible ;
La figure 17 est une vue de détail en coupe du dispositif selon la figure 16 lorsque
le piston arrive en fin de course et que la bague est expansée de manière à laisser
passer les gaz sous pression vers le circuit de distribution ;
La figure 18 est une vue du piston seul muni de la bague élastique d'obturation en
position serrée telle que celle-ci obstrue les lumières pratiquées dans la jupe du
piston ;
La figure 19 représente le piston seul, la bague élastique d'obturation étant en position
expansée, autorisant ainsi le passage vers la chambre annulaire du gaz de pressurisation.
EXPOSÉ DÉTAILLÉ DE MODES DE RÉALISATION PARTICULIERS
[0052] Les figures 2 à 8 représentent un dispositif d'éjection de fluide.
[0053] Comme l'illustre schématiquement les figures 2A et 2B, le dispositif d'éjection de
fluide comprend comme élément principal un réservoir 1 contenant le fluide 14 à éjecter,
constitué par un corps cylindrique 2 creux et fermé de manière étanche aux deux extrémités
par une première partie d'extrémité 3 et une deuxième partie d'extrémité 4. Le corps
cylindrique 2 peut présenter une section circulaire, elliptique, oblongue, ou toute
autre forme du même type. L'invention s'applique plus particulièrement à un fluide
14 en phase liquide. Néanmoins, le fluide 14 peut également se présenter sous forme
de poudres, de fluides pâteux ou de suspensions.
[0054] Le réservoir 1 comporte un ou plusieurs orifices d'éjection 16A, qui peuvent être
reliés à des moyens de distribution (non représentés) afin de permettre l'éjection
du fluide 14 et son acheminement jusqu'à une zone déterminée. Les orifices d'éjection
16A sont situés dans la deuxième partie d'extrémité 4 du cylindre ou à proximité de
cette partie d'extrémité. Avantageusement, chaque orifice d'éjection 16A est fermé
de manière étanche par un opercule de distribution 16 afin de garder le fluide dans
le réservoir 1 tant que son action n'est pas sollicitée. En particulier, si l'orifice
d'éjection 16A est unique, l'opercule de distribution 16 peut par exemple être un
opercule taré, c'est-à-dire une membrane qui se rompt ou s'ouvre dès que la pression
à l'intérieur du réservoir 1 atteint un certain seuil. L'opercule de distribution
peut également être une vanne, avantageusement contrôlée à distance. D'autres dispositifs
de fermeture sont connus par exemple de
W0 93/25950 ou
US-A-4 877 051, et disponibles dans le commerce.
[0055] Le dispositif d'éjection comporte des moyens pour générer un gaz sous pression. Les
moyens pour générer un gaz sous pression sont connectés au réservoir 1 par l'intermédiaire
de moyens de communication. Avantageusement, les moyens de communication entre le
réservoir 1 et les moyens de génération d'un gaz sous pression débouchent dans le
réservoir 1 de façon opposée à l'orifice d'éjection 16A, c'est-à-dire dans la première
partie d'extrémité 3 ou à proximité de cette partie d'extrémité. Les moyens pour générer
un gaz sous pression peuvent consister en un ou plusieurs réservoirs de gaz sous pression.
Dans ce cas, une vanne dans les moyens de communication permet par exemple d'isoler
le réservoir de gaz sous pression du réservoir 1 tant que celui-ci n'est pas utilisé.
[0056] Un autre mode de réalisation concerne un générateur de gaz 7. De façon avantageuse
pour des raisons d'encombrement, et tel qu'illustré sur les figures 2A et 2B, le générateur
7 est situé à l'intérieur du réservoir 1. Il est constitué d'une enceinte de combustion
8 munie d'un dispositif d'allumage 9, et contenant une quantité appropriée d'un matériau
énergétique ou pyrotechnique. Ce matériau peut être à l'état solide, par exemple sous
forme de billes ou de pastilles, ou encore sous forme de bloc de forme étudiée. Les
gaz engendrés par la combustion du matériau énergétique ou pyrotechnique sont dirigés
vers le réservoir 1 par l'intermédiaire d'orifices de sortie de l'enceinte 8. De tels
générateurs 7 sont connus de l'homme du métier. Avantageusement, un diffuseur 11 placé
autour de l'enceinte de combustion 8 permet une meilleure répartition du gaz généré
par le générateur de gaz 7 au sein de la première enceinte A, ce qui minimise les
impacts thermiques localisés à la surface de la première enceinte A.
[0057] En phase d'éjection, ledit fluide 14 peut absorber une quantité importante d'énergie
thermique du gaz généré. C'est le cas notamment du NOVEC® 1230 commercialisé par la
société 3M. La chaleur absorbée par un tel fluide 14 entraîne une baisse de température
du gaz généré, ce qui produit une diminution de la pression exercée par le gaz généré
dans le réservoir 1 sur le fluide 14 à éjecter. Cette réduction de pression appliquée
au fluide 14 à éjecter conduit à un débit d'éjection du fluide 14 plus faible, ce
qui diminue ainsi l'efficacité du dispositif selon l'invention. Pour limiter les échanges
thermiques entre les deux phases, un moyen de séparation 5 est nécessaire.
[0058] Le moyen de séparation 5 est localisé entre la première partie d'extrémité 3 et ledit
fluide 14 de manière à former de manière étanche d'une part une première enceinte
A située entre le moyen de séparation 5 et la première partie d'extrémité 3 appelée
chambre de pressurisation, et d'autre part une deuxième enceinte B contenant ledit
fluide 14 située entre le moyen de séparation 5 et la deuxième partie d'extrémité
4.
[0059] Le moyen de séparation 5 peut comprendre une partie centrale 5C s'étendant sensiblement
suivant la direction radiale du réservoir 1, et une partie latérale 5L s'étendant
sensiblement suivant la direction axiale du réservoir 1. La partie latérale 5L est
reliée à la partie centrale 5C au niveau de la circonférence de la partie 5C. Les
parties 5C et 5L sont rigides. La partie centrale 5C du moyen de séparation 5 comprend
une surface 5A située dans la première enceinte A et une surface 5B située dans la
deuxième enceinte B.
[0060] Le moyen de séparation 5 est mobile suivant la direction axiale du réservoir 1 de
façon à présenter un effet de piston : en phase d'éjection, la surface 5A subit la
pression du gaz généré, pression qui est communiquée au fluide 14 par la surface 5B
de la partie centrale 5C de façon à éjecter le fluide 14 du réservoir 1.
[0061] De préférence, le moyen de séparation 5 est en matériau isolant thermiquement, par
exemple en matière plastique, ou en un matériau quelconque rigide, habillé de matériau
isolant, comme un élastomère. Ainsi le fluide 14 ne peut absorber l'énergie du gaz
généré, ce qui optimise l'efficacité d'éjection du dispositif selon l'invention.
[0062] Le moyen de séparation 5 peut comporter des joints ou segments d'étanchéité 6, placés
dans des évidements circonférentiels de la partie latérale 5L en regard de la paroi
intérieure 2I du corps cylindrique 2. Les segments d'étanchéité 6, en frottant sur
la paroi intérieure 2I du corps cylindrique 2, permettent d'interdire tout transfert
massique entre les enceintes A et B.
[0063] Outre l'avantage d'éviter tout transfert thermique, le moyen de séparation 5 présente
également l'avantage d'éviter tout mélange et toute dilution du fluide 14 dans le
gaz généré qui viendrait diminuer l'efficacité du dispositif d'éjection. Cette non
dilution du fluide 14 dans le gaz généré est particulièrement importante pour certaines
applications comme l'extinction feu moteur en aéronautique où, pour des raisons réglementaires,
il convient d'assurer une concentration minimale en agent extincteur dans une zone
feu considérée pendant une durée donnée, comme le décrit le document
EP1552859 déposé au nom de la demanderesse. En effet, ces zones feu sont le plus souvent ventilées
par un débit important d'air de renouvellement. Aussi, il est essentiel d'injecter
très rapidement l'agent extincteur aussi pur que possible dans ladite zone, afin d'obtenir
le critère de certification en utilisant une quantité minimale d'agent extincteur,
toujours dans le but de minimiser le poids de l'extincteur.
[0064] Dans un mode de réalisation représenté dans la figure 3, le moyen de séparation comprend
une zone d'isolation thermique 5I s'étendant sensiblement suivant la direction radiale
du moyen de séparation 5. Cette zone d'isolation thermique 5I peut être un évidement
fermé situé à l'intérieur de la partie centrale 5C entre les surfaces 5A et 5B du
moyen de séparation 5, comme l'illustre la figure 3. D'autres solutions sont possibles,
comme le recouvrement d'une surface 5A ou 5B, ou des deux surfaces 5A et 5B, par une
plaque en matériau isolant thermiquement et d'épaisseur appropriée. L'isolation thermique
entre la première enceinte A et la deuxième enceinte B est ainsi améliorée.
[0065] La figure 4 montre un moyen de contrôle de pression 12 équipant le dispositif d'éjection
de fluide. Le dispositif d'éjection peut être équipé de plusieurs moyens de contrôle
de pression 12. La figure 4 montre un exemple non limitatif de moyen de contrôle de
pression, ici correspondant à une soupape. Cependant, d'autres moyens peuvent convenir,
comme par exemple un clapet ou une vanne. Le moyen de contrôle de pression 12, désigné
par la suite soupape, est disposé dans la première partie d'extrémité 3 de manière
à assurer la communication entre la première enceinte A et l'environnement extérieur
du réservoir. La soupape 12 est apte à adopter une configuration ouverte en absence
de gaz généré dans le réservoir 1 de manière à assurer la mise à l'air libre de ladite
première enceinte A et une configuration fermée en présence de gaz généré dans le
réservoir 1 de manière à assurer l'étanchéité de ladite première enceinte A, et ce
quelle que soit la position axiale du moyen de séparation 5. La soupape 12 est conçue
de manière à se fermer de manière étanche sous la pression du gaz généré dans la première
enceinte A. Ainsi une variation lente de pression entre la première enceinte A et
l'environnement extérieur du réservoir 1 au travers de la soupape 12 n'est pas apte
à opérer la fermeture de la soupape 12. Ce type de variation lente se présente lors
de la variation de la pression atmosphérique extérieure au dispositif d'éjection selon
l'invention, par exemple du fait de la variation d'altitude de l'aéronef. Il peut
se présenter également lors du déplacement du moyen de séparation 5 en fonction de
la variation volumique du fluide 14, et donc de la variation de pression dans la première
enceinte A du fait du déplacement du moyen de séparation 5. En effet, en fonction
de la température de l'air environnant, le fluide 14 peut présenter une variation
volumique par rapport à un volume de référence défini pour une température donnée,
par exemple +20°C. Dans le cas de températures élevées, le fluide 14 présente une
dilatation volumique et exerce alors une pression sur le moyen de séparation 5 dans
la direction de la première partie d'extrémité 3. Le moyen de séparation 5 se déplace
alors dans la direction de la première partie d'extrémité 3.
[0066] Ainsi, tout déplacement du moyen de séparation 5 du fait de la variation volumique
du fluide 14 vient modifier le volume de la première enceinte A et donc la pression
résidente à l'intérieur de cette enceinte A. Ainsi, la mise à l'air libre par la soupape
12 de la première enceinte A assure qu'aucune des enceintes A et B du dispositif d'éjection
selon l'invention n'est sous pression pendant la phase hors éjection.
[0067] En revanche, une variation rapide et importante de pression dans la première enceinte
A du fait de la génération du gaz sous pression est apte à provoquer la fermeture
de la soupape 12.
[0068] Ainsi, la mise à l'air libre de la première enceinte A assurée par la soupape 12
permet d'éviter d'avoir dans le dispositif d'éjection un gaz sous pression pendant
la phase hors éjection, et ce quelle que soit la position axiale du moyen de séparation
5. Toute contrainte mécanique inutile qui viendrait fragiliser le dispositif d'éjection
est ainsi évitée. De plus, dans le cas d'une utilisation de l'invention sur un aéronef,
le fait que la pression interne du dispositif d'éjection du fluide soit toujours équilibrée
avec l'extérieur permet de l'installer au plus près des zones à approvisionner en
fluide 14, en facilitant la réponse aux contraintes imposées par la réglementation
aéronautique. Cela permet également de diminuer la longueur de la conduite de distribution
reliant le dispositif d'éjection aux zones en question. La perte de charge linéaire
dans la conduite de distribution est donc diminuée, ce qui permet d'obtenir un débit
de fluide 14 plus important pour une pression d'éjection donnée. L'efficacité d'éjection
du dispositif est ainsi améliorée. Enfin, la diminution de la longueur de la conduite
de distribution et l'optimisation de l'épaisseur des parois du dispositif d'éjection
permettent de répondre aux exigences d'économie de masse en aéronautique.
[0069] En référence à la figure 4 montrant un mode de réalisation, la soupape 12 comprend
un corps de soupape 32 fixé de préférence à la première partie d'extrémité 3 du réservoir
1. Le corps de soupape 32 est creux et de préférence de forme sensiblement tubulaire.
Il permet la communication de gaz entre la première enceinte A et l'environnement
extérieur du réservoir 1. Un bouchon 35 vient fermer de manière étanche la partie
du corps de soupape 32 communiquant avec l'environnement extérieur. Ledit corps de
soupape 32 comprend au moins un conduit de communication 34 reliant l'intérieur du
corps de la soupape 32 à l'environnement extérieur du réservoir 1. La face intérieure
32I comporte un siège de soupape 32S situé sensiblement à proximité de l'extrémité
du corps de soupape 32 communiquant avec la première enceinte A. Une pièce mobile
31 est apte à se déplacer suivant la direction axiale du corps de soupape 32 et comporte
une tête 31T adaptée à venir en contact avec ledit siège de soupape 32S définissant
ainsi ladite position fermée de la soupape.
[0070] La soupape 12 comprend en outre un moyen de séparation 33 mobile suivant la direction
axiale du corps de soupape 32 et situé radialement entre le corps de soupape 32 et
la pièce mobile 31, ledit moyen de séparation 33 étant adapté à venir en regard dudit
conduit de communication 34 du corps de soupape, de manière à venir bloquer tout écoulement
de gaz généré au travers du conduit de communication 34, formant en cela une deuxième
sécurité de fermeture. Au repos, le moyen de séparation mobile 33 est en appui contre
une partie formant butée 32B du corps de soupape 32, sous l'action par exemple d'un
ressort 36, comprimé entre le moyen de séparation mobile 33 et le bouchon 35, de manière
à ce que le moyen de séparation 33 ne soit pas en regard dudit conduit de communication
34.
[0071] La pièce mobile 31 est en appui sur le moyen de séparation mobile 33 par l'intermédiaire
d'une pièce formant butée 38 solidaire de la pièce mobile 31, sous l'action d'un ressort
37 comprimé entre la pièce formant butée 38 et le bouchon 35. Elle définit une première
enceinte de soupape 30A communiquant avec la première enceinte A du réservoir 1 et
une deuxième enceinte de soupape 30B communiquant avec l'environnement extérieur.
Les deux enceintes 30A et 30B communiquent entre elles par l'intermédiaire de conduits
de communication 39 situés à l'intérieur de la pièce mobile, comprenant une entrée
39A située sensiblement dans la première enceinte 30A de soupape et une sortie 39B
située dans la deuxième enceinte 30B de soupape.
[0072] Comme illustré dans la figure 5A, le positionnement précis (par construction ou par
réglage) de la pièce formant butée 38 sur la pièce mobile 31 détermine un léger jeu
40 entre la pièce mobile 31 et le corps de soupape 32 permettant ainsi la communication
entre la première enceinte A du réservoir 1 et l'environnement extérieur, par l'intermédiaire
des conduits 34 du corps 32 et des conduits 39 de la pièce mobile 31.
[0073] De manière à ce que la soupape 12 se ferme sous la pression du gaz généré dans la
première enceinte A, le jeu 40 et les conduits de communication 34 et 39 ont une taille
ne permettant pas un écoulement inertiel. Dans ce but, une taille caractéristique
du jeu 40 et des conduits 34 et 39 peut être de l'ordre du millimètre.
[0074] Lors de l'éjection du fluide sous l'action du gaz généré, comme illustré dans les
figures 5B et 5C, dès le début de la pressurisation de la première enceinte A du réservoir
1, la tête 31T de la pièce mobile 31 vient au contact du siège 32S du corps de soupape
32 par l'action conjuguée de la pression sur ladite pièce mobile 31 ainsi que sur
le moyen de séparation mobile 33 qui recule jusqu'à entrer en contact avec la pièce
formant butée 38 solidaire de la pièce mobile 31. Comme le montre la figure 5B, le
moyen de séparation mobile 33 dans son mouvement obture les conduits 34 du corps 32,
ce qui assure une double étanchéité (contact entre la tête 31T de la pièce mobile
31 avec le siège 32S du corps 32 d'une part et fermeture des conduits 34 du corps
32 par le moyen de séparation 33 d'autre part). En outre quand la pièce mobile 31
est fermée, l'entrée 39A du conduit 39 de la pièce mobile 31 est obturée par un ergot
solidaire 35E du bouchon 35.
[0075] Si une légère fuite apparaît entre le moyen de séparation 33 et le corps 32 puis
vers le conduit 34 du corps 32, comme illustré dans la figure 5C, cela conduit à une
baisse de pression sur le moyen de séparation 33. Ledit moyen de séparation 33 poussé
par le ressort 36 va se déplacer jusqu'à revenir en appui sur le corps 32 ce qui a
pour effet d'obturer les conduits 39 de la pièce mobile 31, rétablissant ainsi une
double étanchéité.
[0076] En référence aux figures 2A et 2B, un moyen de ressort 13 peut être disposé dans
ladite première enceinte A dudit réservoir 1 et placé entre la première partie d'extrémité
3 et le moyen de séparation 5 de manière à exercer un effort de compression suivant
la direction axiale dudit réservoir 1 sur ledit moyen de séparation 5, toujours orientée
dans la direction de la deuxième partie d'extrémité 4. Cet effort de compression toujours
orienté dans la même direction minimise le volume de la deuxième enceinte B et maintient
en contact permanent le moyen de séparation 5 avec le fluide 14 à éjecter. La surface
5B du moyen de séparation 5 est ainsi entièrement en contact avec le fluide 14 à éjecter.
La figure 6A montre un moyen de ressort 13 sous forme de ressort hélicoïdal, toutefois
d'autres types de ressort peuvent être utilisés.
[0077] Dans le cas de températures élevées, comme illustré dans la figure 6B, le fluide
14 présente une dilatation volumique et exerce alors une pression sur le moyen de
séparation 5 dans la direction de la première partie d'extrémité 3. Le moyen de séparation
5 se déplace alors dans la direction de la première partie d'extrémité 3. Le moyen
de ressort 13 se déforme et exerce en retour un effort de compression, toujours orienté
dans la direction de la deuxième partie d'extrémité 4, sur le moyen de séparation
5. L'intensité de l'effort exercé par le moyen de ressort 13 dépend de l'intensité
de la déformation de ce dernier. Ainsi, la surface 5B du moyen de séparation est maintenue
entièrement et de manière permanente en contact avec le fluide 14 à éjecter, et la
deuxième enceinte B présente un volume minimal.
[0078] Dans le cas de faibles températures, le fluide 14 diminue de volume. Du fait de la
pression exercée par le moyen de ressort 13 sur le moyen de séparation 5, le moyen
de séparation 5 se déplace dans la direction de la deuxième partie d'extrémité 4 de
manière à maintenir un contact entier et permanent entre la surface 5B de la partie
centrale 5C du moyen de séparation 5 avec le fluide 14 à éjecter. La deuxième enceinte
B présente toujours un volume minimal.
[0079] Ainsi, du fait qu'il y ait un contact permanent entre le moyen de séparation étanche
5 et le fluide à éjecter 14, aucun mélange ne se produit entre le gaz généré et le
fluide 14 à l'intérieur du réservoir 1 durant toute la phase d'éjection du fluide
14. Ainsi le fluide éjecté 14 arrive dans la zone à approvisionner en fluide 14 avec
une concentration maximale, ce qui augmente l'efficacité du dispositif d'éjection
selon l'invention. De plus, en l'absence de moyen de ressort 13, un temps de retard
est présent qui correspond au temps pendant lequel le moyen de séparation 5, lorsqu'il
n'est plus en contact avec le fluide 14, va au contact du fluide 14. Grâce au moyen
de ressort 13, il n'y a pas de temps de retard lors de l'éjection du fluide 14 puisque
la pression exercée par le gaz généré sur le moyen de séparation 5 est immédiatement
transmise par le moyen de séparation 5 au fluide 14 à éjecter. Notons également que
la minimisation de la deuxième enceinte B par le moyen de séparation 5 sur lequel
s'exerce l'effet ressort permet de s'affranchir de toute contrainte d'orientation
du dispositif d'éjection. Il n'est plus nécessaire d'orienter le dispositif d'éjection
dans le sens de la gravité avec l'orifice d'éjection 16A en bas. De plus, l'efficacité
d'éjection du fluide 14 est améliorée puisque la face 5A du moyen de séparation 5
subit à la fois l'effort de compression du moyen de ressort 13 et la pression du gaz
généré, ce qui augmente le débit d'éjection du fluide 14 au travers de l'orifice d'éjection
16A.
[0080] Dans le cadre des applications aéronautiques, il est avantageux qu'un dispositif
de surveillance vérifie en continu l'intégrité d'un dispositif d'éjection de fluide,
notamment pour une application d'extinction mais aussi pour une application comme
générateur hydraulique de secours.
[0081] Dans un mode de réalisation, le dispositif de surveillance est constitué d'un circuit
électrique tel que celui-ci change d'état, entre l'état ouvert et l'état fermé, lorsque
le moyen de séparation 5 se trouve dans une position axiale déterminée entre la première
extrémité 3 et la deuxième extrémité 4. Avantageusement, ledit circuit électrique
est ouvert lorsque le moyen de séparation se trouve entre ladite position déterminée
et la deuxième extrémité 4 et fermé lorsqu'il se trouve entre la première partie d'extrémité
3 et ladite position déterminée. Ce circuit électrique est constitué de deux conducteurs
électriques, par exemple des fils électriques ou des pistes, disposés sur la face
intérieure 2I du corps cylindrique 2 et s'étendant suivant la direction axiale du
réservoir 1. L'une des extrémités des fils est reliée à un circuit électrique par
l'intermédiaire d'un connecteur étanche 21 situé dans la première partie d'extrémité
3. L'autre extrémité d'au moins un conducteur électrique est positionnée à une distance
déterminée de la deuxième partie d'extrémité 4, définissant ainsi une position d'ouverture
du circuit électrique. Les deux conducteurs sont reliés électriquement par le moyen
de séparation 5, par exemple par le moyen de blocage 19 également réalisé en matériau
conducteur. Ainsi, le moyen de séparation 5 assure la fermeture du circuit électrique
lorsqu'il est situé entre la première partie d'extrémité 3 et ladite position d'ouverture,
le circuit étant ouvert lorsqu'il est situé entre ladite position d'ouverture et la
deuxième partie d'extrémité 4. L'ouverture du circuit sera reconnue par un système
de surveillance comme un défaut d'intégrité du dispositif d'éjection de fluide.
[0082] Dans un autre mode de réalisation, le dispositif de surveillance 20 est constitué
par au moins un fil conducteur 20, de préférence deux, fixé d'une part au moyen de
séparation 5 et connecté par exemple à un circuit de masse via un connecteur étanche
21 situé sur la première partie d'extrémité 3, comme l'illustrent les figures 6A,
6B et 6C. La longueur du fil est adaptée aux différentes positions que peut prendre
le moyen de séparation 5 dans le réservoir 1 en fonction des températures extrêmes
de fonctionnement du dispositif d'éjection, comme le montrent les figures 6A et 6B.
Ainsi, le fil ne subit aucune contrainte mécanique excessive en phase hors éjection.
Si la quantité de fluide 14 diminue à cause d'une évaporation liée par exemple à une
micro-fuite, susceptible de survenir plus particulièrement avec des fluides qui s'évaporent
facilement comme le NOVEC® 1230 de la société 3M, le moyen de séparation 5 va poursuivre
son déplacement vers la deuxième partie d'extrémité 4 du réservoir 1 sous la pression
exercée par le moyen de ressort 13. La contrainte sur les fils va donc augmenter de
façon continue. Comme le montre la figure 6C où l'on voit le dispositif d'éjection
déchargé, au-delà d'une position déterminée du moyen de séparation 5, la contrainte
va provoquer la rupture ou la déconnexion d'au moins un des fils.
[0083] La rupture ou la déconnexion d'au moins un fil 20 conducteur entraîne l'ouverture
d'un circuit de masse, ouverture constituant un signal qui sera reconnu par un système
de surveillance comme un défaut d'intégrité du dispositif d'éjection de fluide 14
et provoquera une opération de maintenance au cours de laquelle sera identifié rapidement
le problème. Il est possible de s'affranchir d'un des deux fils 20, par exemple dans
la mesure où le retour de masse se fait par le corps cylindrique 2 du réservoir 1,
en assurant une continuité électrique entre le moyen de séparation 5 et le corps cylindrique
2 par exemple en utilisant le moyen de blocage 19 du moyen de séparation 5 qui sera
décrit en détail plus loin. Celui-ci étant en contact avec la paroi intérieure 2I
du corps cylindrique 2 pendant le déplacement du moyen de séparation 5, la continuité
de masse peut être assurée.
[0084] De la même façon que précédemment, lors de la décharge du dispositif d'éjection,
le moyen de séparation 5, en se déplaçant, va également provoquer rapidement la rupture
ou la déconnexion de ces fils, et donc l'ouverture du circuit de masse comme illustrée
dans la figure 6C. L'évènement faisant cette fois suite à une commande volontaire
de la séquence d'éjection sera interprété par le système de surveillance comme la
preuve de la décharge du dispositif d'éjection, preuve qui est également une exigence
réglementaire dans les applications aéronautiques.
[0085] La figure 3 illustre un mode de réalisation dans lequel le moyen de séparation 5
peut posséder au moins un conduit de communication 15, de préférence quatre repartis
à 90° débouchant latéralement et perpendiculairement à la paroi intérieure 2I du corps
cylindrique 2. Le corps cylindrique 2 comporte sensiblement à proximité de la deuxième
partie d'extrémité 4 un épaulement 17. Cet épaulement 17 autorise la dépressurisation
de la première enceinte A et l'éjection complète du fluide 14 et par suite du gaz
généré dans les moyens de distribution. En effet, lorsque le moyen de séparation 5
est sensiblement en butée en fin de course à proximité de la deuxième partie d'extrémité
4, il y a mise en communication de la première enceinte A avec les moyens de distribution
de manière à ce que le gaz généré s'écoule au travers de l'orifice 15 placé en vis-à-vis
de l'épaulement 17 puis s'écoule dans au moins un évidement 18 situé dans la face
intérieure 4I de la deuxième partie d'extrémité 4, jusqu'à l'orifice d'éjection 16A.
L'évidement 18 peut également être réalisé sur la face 5B du moyen de séparation 5
de manière à permettre l'écoulement du gaz généré jusqu'à l'orifice d'éjection 16A.
Ainsi, le fluide 14 est éjecté et le gaz généré est évacué dans les moyens de distribution.
Cela permet une vidange totale du dispositif d'éjection du fluide, à la fois en fluide
14 à éjecter et en gaz généré. Cela permet également de mettre le réservoir 1 à l'air
libre et d'éviter ainsi toute contrainte mécanique liée à une éventuelle surpression
résiduelle. Cela permet notamment de garantir la sécurité d'un opérateur, par exemple
lors d'une opération d'entretien, puisque tout risque d'intervention sur le dispositif
présentant encore une surpression interne est écarté.
[0086] Dans un mode de réalisation, le moyen de séparation 5 est pourvu d'un moyen de blocage
19, comme illustré dans la figure 3. Ce moyen de blocage 19, par exemple un segment
élastique ou un ensemble tige métallique et ressort, est placé entre les éléments
d'étanchéité 6 et au-dessus des orifices 15 dont la fonction est de verrouiller le
moyen de séparation 5 en fin de parcours, ceci afin d'éviter tout retour en arrière
dudit moyen de séparation 5 par réaction à un éventuel coup de bélier ou par contre-pression
dans les moyens de distribution qui nuirait à l'efficacité de la décharge. En fin
d'éjection du fluide 14, la partie latérale 5L du moyen de séparation 5 est en regard
de l'épaulement 17. Par effet ressort, le segment se déplace suivant la direction
radiale du réservoir 1 dans cet épaulement 17 et constitue de ce fait une butée mécanique
interdisant tout retour en arrière du moyen de séparation 5.
[0087] La figure 7 illustre un mode de réalisation alternatif dans lequel le moyen de séparation
5 comprend une zone de rupture 5R s'étendant à la circonférence de la partie centrale
5C et située entre la partie centrale 5C et la partie latérale 5L du moyen de séparation
5. La deuxième partie d'extrémité 4 comprend une portion formant butée 4B de manière
à ce que, sous la pression du gaz généré, ladite partie centrale 5C vient en contact
avec la portion formant butée 4B provoquant ainsi la rupture de la zone de rupture
5R du moyen de séparation 5, de sorte à permettre la communication entre la première
enceinte A et l'orifice d'éjection 16A. Ainsi le gaz généré peut être évacué et s'écouler
ensuite par les moyens de distribution. Cela permet une vidange totale du dispositif
d'éjection du fluide, à la fois en fluide à éjecter et en gaz généré. Cela permet
également de mettre le réservoir 1 à l'air libre et d'éviter ainsi toute contrainte
mécanique liée à une éventuelle surpression résiduelle.
[0088] La figure 8A montre le dispositif d'éjection au repos selon le mode de réalisation
présenté dans la figure 7. Le moyen de ressort 13 n'est pas représenté pour souci
de clarté de la figure. Le moyen de séparation 5 est positionné à proximité de la
première partie d'extrémité 3. La figure 8B montre la phase initiale de l'éjection
dans laquelle le gaz généré est introduit dans la première enceinte A et exerce une
pression sur la surface 5A du moyen de séparation 5. Le moyen de séparation 5 exerce
alors un effort sur le fluide à éjecter 14 dans la direction de la deuxième partie
d'extrémité 4. En conséquence, l'opercule de distribution 16 s'ouvre et le fluide
14 est évacué au travers de l'orifice d'éjection 16A. Dans la figure 8C, le moyen
de séparation 5 s'est déplacé en direction de la deuxième partie d'extrémité 4 sous
l'effet conjoint de la pression exercée par le gaz généré et de l'effort de compression
exercé par le moyen de ressort 13. La partie centrale 5C du moyen de séparation est
venue au contact de la portion formant butée 4B de la deuxième partie d'extrémité
4, alors que la partie latérale 5L du moyen de séparation 5 n'est pas au contact avec
une quelconque partie formant butée. Aussi la partie centrale 5C ne peut poursuivre
le déplacement dans la direction de la deuxième partie d'extrémité 4 du fait du contact
avec la portion formant butée 4B, alors que la partie latérale 5L peut poursuivre
le déplacement. Ainsi, du fait de l'énergie cinétique acquise lors du déplacement
par le moyen de séparation 5, la partie latérale 5L se désolidarise de la partie centrale
5C par rupture de la zone de rupture 5R. La figure 8D montre le dispositif d'éjection
en fin de phase d'éjection. La partie latérale 5L du moyen de séparation 5 s'est désolidarisée
de la partie centrale 5C et est venue en butée contre la deuxième partie d'extrémité
4, créant ainsi une ouverture s'étendant de manière circonférentielle et située entre
la partie latérale 5L et la partie centrale 5C du moyen de séparation 5. Dans le mode
de réalisation représenté dans la figure 8D, des conduits d'éjection 4E sont prévus
dans la deuxième partie d'extrémité 4 de manière à permettre l'évacuation du fluide
14 et du gaz généré jusqu'à l'orifice d'éjection 16A. Ainsi le gaz généré peut être
évacué et s'écouler ensuite par les moyens de distribution. Cela permet une vidange
totale du dispositif d'éjection du fluide, à la fois en fluide à éjecter et en gaz
généré. Cela permet également de mettre le réservoir 1 à l'air libre et d'éviter ainsi
toute contrainte mécanique liée à une éventuelle surpression résiduelle.
[0089] Le dispositif peut avantageusement être utilisé comme un système de génération hydraulique
dit de "dernier secours" pour aéronef. Dans ce cas, lorsque l'aéronef, suite à un
incident, a perdu toutes ses générations électriques et hydrauliques, un tel dispositif
permet de fournir l'énergie hydraulique nécessaire pour opérer une commande mécanique,
par exemple pour des applications de type freinage et direction au sol, voire ouverture
et verrouillage de train d'atterrissage lorsque les caractéristiques du train ne permettent
pas de réaliser ces opérations par simple gravité. Pour ce type d'utilisation, le
fluide expulsé est une huile hydraulique de caractéristiques adéquates pour l'application
considérée.
[0090] Les figures 9 et 10 représentent un aspect de l'invention.
[0091] Les références numériques identiques à celles des figures 2 et 3 désignent des éléments
identiques ou similaires.
[0092] La figure 9 représente le dispositif d'éjection d'un fluide selon un mode de réalisation
de l'invention. Celui-ci comprend un réservoir 1 dont le corps 2 est de forme sensiblement
cylindrique, séparé en deux chambres A et B par un élément séparateur 5 de type piston,
apte à coulisser longitudinalement dans le réservoir. L'une des chambres B contient
le fluide à éjecter et est fermée par une partie d'extrémité 4, ou flasque, comprenant
un opercule 16, séparant la chambre B contenant le fluide du circuit de distribution.
[0093] Le piston 5 comprend des moyens d'étanchéité avec la paroi latérale intérieure du
réservoir, sous la forme d'un segment élastique 19 et/ou d'un joint à lèvre 6, ou
segment d'étanchéité. La chambre de pressurisation A est également fermée par une
autre partie d'extrémité 3, ou flasque, et contient un générateur de gaz pyrotechnique
7. Avantageusement, le flasque 3 fermant la chambre de pressurisation est pourvu de
moyens formant soupape (non représentés) et permettant de mettre celle-ci en communication
avec l'air extérieur vis-à-vis à des variations lentes de pression.
[0094] Avantageusement, le dispositif comporte un système de contrôle de son intégrité,
par exemple, sous la forme d'un circuit de masse fermé par un fil 20 de longueur déterminée,
tel que décrit précédemment. La longueur de ce fil lui permet de suivre les variations
de position du piston sur une plage donnée. De telles variations de position sont
par exemple liées à la dilatation thermique du fluide à éjecter. Lorsque le dispositif
a été déclenché ou lorsque le niveau de fluide à éjecter atteint un minimum défini,
du fait d'un phénomène d'évaporation dû à une légère fuite vers l'extérieur par exemple,
le fil 20 se rompt, ouvrant le circuit de masse. Il est donc possible de contrôler
par une simple mesure électrique, prise au contact 21 situé sur le flasque supérieur
3, de vérifier l'intégrité du système, c'est-à-dire :
- que le dispositif d'éjection n'a pas été déclenché ;
- que le volume de fluide à éjecter n'est pas passé en dessous d'un seuil critique qui
ne permettrait plus au dispositif d'assurer pleinement son rôle d'extincteur ou de
secours hydraulique.
[0095] Comme décrit précédemment, le piston est maintenu en contact avec le fluide à éjecter
par des moyens formant ressort agissant sur le piston selon l'axe longitudinal du
cylindre. Ces moyens formant ressort peuvent être constitués par un ressort hélicoïdal
d'axe longitudinal (non représenté) disposé entre le flasque supérieur 3 et le piston
5, ou, si le dispositif ne dispose pas de moyens de mise à l'air libre de la chambre
de pressurisation, ils peuvent être formés par le gaz initialement contenu dans celle-ci.
Selon ce mode de réalisation, la chambre de pressurisation A est étanche vis-à-vis
de l'extérieur. Ledit gaz, de préférence un gaz inerte, y est introduit au montage
du dispositif sous une pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique
par l'intermédiaire d'une valve (non représentée) située, par exemple, sur le flasque
supérieur 3. Cette pression de gaz initiale dans la chambre de pressurisation est
choisie de sorte que le piston appuie sur le fluide à éjecter même lorsque ledit fluide
occupe un volume minimum sous l'effet de la dilatation thermique et que la pression
maximale dans le fluide, lorsque celui-ci occupe un volume maximal sous l'effet de
la dilatation thermique soit suffisamment éloignée de la pression entraînant la rupture
de l'opercule, de sorte qu'il ne puisse pas y avoir de risque de rupture de l'opercule
en dehors du cas de déclenchement du dispositif.
[0096] Selon l'invention, l'étanchéité entre les deux chambres est améliorée par la présence
d'une chaussette 50 comprise entre le piston 5 et le flasque supérieur 3 dans la chambre
de pressurisation A. Avantageusement, cette chaussette est constituée d'un matériau
diamétralement expansible, de sorte qu'elle puisse assurer son rôle d'étanchéité lors
de la montée en pression dans la chambre de pressurisation. Afin que la chaussette
50 n'empêche pas le piston d'appuyer constamment sur le fluide à éjecter, celle-ci
est constituée d'un matériau extensible longitudinalement entre les deux positions
extrêmes que peut occuper le piston au contact avec le fluide à éjecter sous l'effet
de la dilatation thermique de ce fluide. Selon un mode de réalisation avantageux,
la chaussette 50 comporte au moins un pli 51 qui en facilite l'extension.
[0097] Si une quantité d'agent d'éjection se trouve emprisonnée sous la chaussette 50 au
cours du temps du fait d'une dégradation lente de l'étanchéité du joint 6, ce reliquat
sera repoussé à travers le joint d'étanchéité qui est de type adapté au cours de la
phase de vidange. Un joint à lèvre est parfaitement adapté à ce fonctionnement.
[0098] Les effets conjugués de la montée en pression dans la chambre de pressurisation A,
et de l'extension jusqu'à sa rupture de la chaussette 50 plaquent la chaussette contre
la paroi de la chambre de pressurisation éjectant ainsi le reliquat de fluide à travers
le joint 6. Dans le cas où tout le reliquat d'agent venait à ne pas être totalement
repoussé à travers le joint 6, celui-ci serait tout de même éjecté dans la cinquième
phase de la vidange.
[0099] Le déclenchement de la décharge du réservoir s'opère en déclenchant le générateur
de gaz pyrotechnique 7. La génération d'un volume de gaz dans la chambre pressurisation
conduit à l'augmentation de la pression dans cette chambre, pression qui est transmise
au fluide à éjecter dans l'autre chambre B par l'intermédiaire du piston. Sous l'effet
de cette pression, l'opercule 16 se rompt provoquant l'écoulement du fluide dans le
circuit de distribution et la translation du piston, plaqué sur le fluide par la pression
générée dans la chambre de pressurisation.
[0100] La pression dans la chambre de pressurisation provoque également l'expansion diamétrale
de la chaussette 50.
[0101] La translation du piston au-delà d'une position définie provoque la rupture du fil
20 puis la rupture de la chaussette.
[0102] En fin de course, un épaulement 17 pratiqué sur la paroi de la chambre B contenant
le fluide au voisinage de l'extrémité, permet l'expansion du segment élastique 19
du piston. L'expansion du segment bloque toute possibilité de remontée du piston et,
par conséquent, toute possibilité de remontée de fluide dans le réservoir.
[0103] Avantageusement le piston comprend une soupape 60 apte à laisser passer les gaz de
la réaction pyrotechnique vers le circuit de distribution, afin de le purger.
[0104] Les figures 11 à 19 représentent un dispositif d'éjection de fluide.
[0105] Les références numériques identiques à celles des figures 2 et 3 désignent des éléments
identiques ou similaires.
[0106] La figure 11A représente un premier mode de réalisation d'un dispositif d'éjection
de fluide utilisant un réservoir 1 de forme sensiblement sphérique comprenant une
membrane intérieure 105 séparant le réservoir en deux chambres A, B. La première chambre
A peut être mise en communication avec un gaz comprimé par l'intermédiaire de la vanne
700. La seconde chambre B contenant le fluide devant être éjecté, tel qu'un agent
d'extinction pour la lutte contre l'incendie.
[0107] Lorsque le gaz sous pression remplit la chambre A, la membrane 105 se déforme en
direction de la chambre B contenant le fluide, l'accroissement de la pression qui
en résulte dans ledit fluide provoque la rupture de l'opercule déchirable 16 libérant
l'orifice de connexion du réservoir avec le circuit de distribution de fluide 25.
Ainsi le réservoir est mis en communication avec le circuit de distribution 25 et
le fluide se déverse dans celui-ci en direction du point d'utilisation.
[0108] La figure 11A représente un tel dispositif en fin de vidange. La chambre B ne contient
plus ou très peu de fluide. La membrane 105 est alors plaquée par la pression contre
l'orifice de communication entre le réservoir et le circuit de distribution et obstrue
cet orifice de sorte que toute réintroduction de fluide dans le réservoir est impossible,
et que plusieurs réservoirs de ce type peuvent être montés en parallèle sur le même
circuit de distribution et déclenchés séquentiellement sans que le fluide éjecté d'un
réservoir ne vienne remplir un des réservoirs déjà vidés. A fonctionnalités égales
avec l'art antérieur (figure 1), ce mode de réalisation permet de supprimer les clapets
anti-retour sur le circuit et ainsi de supprimer les pertes de charges constatées
en leur présence. Néanmoins, un tel dispositif présente des difficultés quant au choix
de la membrane et à la prévision de son comportement et, par suite, de la fiabilité
du dispositif. En effet la membrane 105 doit être suffisamment souple pour assurer
une vidange complète du réservoir et une obturation efficace de l'orifice de connexion,
appelé également orifice d'éjection, et suffisamment résistante pour ne pas se percer
sous l'effet de la pression ou de la rencontre avec l'orifice en fin de vidange. A
titre d'exemple, la membrane 105 peut être constituée d'un élastomère non armé.
[0109] Afin d'améliorer le dispositif en regard de ces inconvénients, un mode de réalisation
du dispositif comprend (figure 2B) un réservoir 1 dont le corps 2 est cylindrique
à l'intérieur duquel se trouve un piston 5 comprenant des moyens d'étanchéité 6 entre
ledit piston et la paroi intérieure du réservoir. Le piston est apte à se déplacer
axialement dans le réservoir de manière à provoquer l'éjection du fluide hors du réservoir
à la manière d'une seringue. Le déplacement du piston est obtenu par tout moyen connu
de l'homme du métier notamment par l'intermédiaire d'un vérin ou par l'introduction
dans le réservoir de gaz sous pression du côté de la face opposée à la face du piston
en contact avec le fluide.
[0110] En provoquant le déplacement axial du piston 5 (la figure 11B montre deux étapes
de déplacement dudit piston 5), la pression dans le fluide augmente jusqu'à provoquer
la rupture de l'opercule déchirable 16 obturant l'orifice de la connexion 16A du réservoir
avec le circuit de distribution 25. Le fluide est éjecté du réservoir par le déplacement
du piston 5 dans le sens de la flèche et s'écoule alors dans le circuit de distribution
25 en direction du point d'utilisation. En fin de course, le piston 5 vient obturer
l'orifice de connexion avec le circuit, soit par contact direct, soit par l'intermédiaire
de moyens d'étanchéité 6 qui peuvent être placés sur le piston (cas de la figure 2B)
ou alternativement liés au réservoir à proximité de la connexion 16A avec le circuit
de distribution.
[0111] L'orifice 16A de la connexion avec le circuit de distribution étant obturé par le
piston, il ne peut y avoir de retour du fluide dans le réservoir déjà vidé lors de
la vidange subséquente d'un autre réservoir monté en parallèle sur le même circuit
de distribution 25. Toutefois, cette solution comme la précédente (figure 2A) impose
que la force d'application du piston 5, ou de la membrane 105 dans le cas du mode
de réalisation selon la figure 2A, sur la périphérie de l'orifice de connexion, soit
conservée, au moins pendant le temps de la vidange de l'ensemble des réservoirs. Dans
le cas où cette force d'application est obtenue par l'injection, dans le réservoir,
d'un gaz sous pression, cela implique que le réservoir soit conservé sous pression,
ce qui entraîne des risques d'explosion ou de dépressurisation subite de ces réservoirs
après son fonctionnement, notamment lors de la reconfiguration de ceux-ci suite à
des opérations de maintenance. De telles explosions ou dépressurisations subites peuvent
être très préjudiciables aux composants situés à proximité de ces réservoirs.
[0112] Afin de remédier à ces inconvénients, un mode de réalisation avantageux (figure 12)
comporte des moyens de verrouillage du piston 5 en fin de course. Ces moyens de verrouillage
peuvent être obtenus par la coopération d'un anneau élastique 19, ou segment élastique,
installé dans une gorge du piston 5 et d'un épaulement 17 pratiqué dans le corps de
réservoir à l'extrémité comportant la connexion avec le circuit de distribution 25.
[0113] Par réaction élastique, le segment ou anneau élastique 19 placé dans la gorge du
piston tend à s'expanser, c'est-à-dire à augmenter de diamètre. Lorsque, lors de son
déplacement axial dans le réservoir afin d'éjecter le fluide, le piston 5 arrive dans
la zone de fin de course, l'anneau élastique 19 s'écarte jusqu'à atteindre le diamètre
de l'épaulement 17. Ainsi le piston ne peut plus revenir en arrière même en l'absence
de l'application d'une action mécanique sur celui-ci.
[0114] Dans ces conditions, même s'il n'y a pas obturation parfaite de la connexion avec
le circuit seul, une faible quantité de fluide émanant de la vidange d'un autre réservoir
peut pénétrer dans le réservoir vidé, le piston 5, verrouillé en position par les
moyens de verrouillage 17, 19, empêche tout remplissage du réservoir, par l'intermédiaire
de ses moyens d'étanchéité avec la paroi intérieure du réservoir 21. Ainsi, après
verrouillage du piston, le volume du réservoir placé derrière le piston peut être
purgé afin qu'il ne contienne plus de gaz sous pression et ainsi éviter tout risque
inhérent à la présence d'un élément sous pression.
[0115] Selon un mode de réalisation avantageux (figure 13), le gaz sous pression nécessaire
à l'éjection du fluide peut être généré par le déclenchement d'une cartouche pyrotechnique
70 placée directement dans le réservoir ou à proximité. Le piston définit alors deux
chambres A, B séparées de manière étanche, la première A étant destinée à recevoir
le gaz sous pression nécessaire pour provoquer le déplacement axial du piston. La
seconde chambre B contient le fluide.
[0116] L'allumage de la cartouche pyrotechnique 70 provoque la génération de gaz sous pression
ce qui a pour effet de propulser le piston vers l'autre extrémité, comprimant ainsi
le fluide dans la chambre B. Lorsque le fluide atteint une pression donnée, il déchire
l'opercule et se déverse dans le circuit de distribution. En fin de vidange, le piston
se verrouille par l'action combinée de l'anneau élastique 19 et de l'épaulement 17,
formant ainsi un anti-retour dans le réservoir.
[0117] Le réservoir peut être équipé d'une soupape d'équilibrage des pressions 12, par exemple
comme décrite précédemment. Cette soupape particulière équilibre la pression entre
l'intérieur de la chambre A et l'extérieur du réservoir en cas de variation lente
de ladite pression et se ferme en cas de pic de pression. Au moment de l'allumage
du générateur de gaz pyrotechnique 70 ou de l'introduction d'un gaz sous pression,
la variation brusque de pression qui en résulte dans la chambre A ferme la soupape
12, et propulse le piston 5 vers l'autre extrémité du réservoir, éjectant ainsi le
fluide après rupture de l'opercule 16. En fin de vidange, l'anneau élastique 19 s'écarte
dans l'épaulement 17 empêchant tout retour du piston et formant ainsi un système anti-retour
vis-à-vis du fluide dans le circuit de distribution. La pression se stabilise alors
dans la chambre A à une valeur supérieure à la pression à l'extérieur du corps. La
soupape d'équilibrage 12, permet alors la fuite du gaz hors de la chambre A et la
baisse de la pression dans celle-ci. Alternativement, la soupape d'équilibrage 12
peut être normalement fermée et pilotée à l'ouverture par un système la reliant à
la position du piston 5 verrouillé en fin de course, autorisant la dépressurisation
de la chambre A.
[0118] Selon ce mode de réalisation, on dispose d'un dispositif d'éjection autonome qui
ne reste pas sous pression après fonctionnement.
[0119] Toutefois, il est avantageux en fin de vidange du réservoir de diriger les gaz sous
pression dans la chambre A vers le circuit de distribution de manière à assurer la
vidange totale du réseau de distribution.
[0120] La figure 14 présente une vue partielle en coupe du piston 5 intégrant des moyens
formant soupape aptes à mettre en communication la chambre A contenant le gaz sous
pression et la chambre B contenant le fluide. De tels moyens formant soupape comprennent
un alésage 110 dans le piston 5. Ledit alésage est obturé par une soupape 111 portant
sur deux sièges 212, 213, le siège 213 situé du côté de la chambre A recevant le gaz
sous pression étant réalisé directement par l'alésage, le siège 212 situé côté fluide
étant constitué dans une bague rapportée 214. La soupape 111 est idéalement plaquée
contre chacun des sièges 212, 213 par des moyens formant ressort 112.
[0121] Selon un mode de réalisation avantageux, la position axiale de la bague 214 est réglable
afin d'assurer une portée parfaite des deux extrémités de la soupape 111 sur les deux
sièges 212, 213. Les moyens formant ressort 112 et les diamètres extérieurs des deux
extrémités de la soupape 111 sont choisis de telle sorte qu'au cours de la vidange
la force axiale appliquée sur la soupape résultant de la pression du gaz et qui tend
à ouvrir ladite soupape, s'équilibre avec la somme de la force appliquée sur l'autre
extrémité de la soupape par le fluide et la force du ressort 112, des deux dernières
forces tendant à refermer à la soupape. Ainsi, tant qu'il y a du fluide dans la chambre
B contenant le fluide, la soupape est fermée et étanche. Lorsque le réservoir est
vide, la pression appliquée par le gaz sur la soupape 111 n'est plus équilibrée par
la pression du fluide et la soupape s'ouvre, laissant passer le gaz sous pression
qui pénètre dans le circuit de distribution 25 et favorise l'éjection du fluide.
[0122] Lorsque la pression dans la chambre A contenant le gaz chute, la soupape 111 se referme
sous l'effet du ressort 112. La soupape étant fermée, le piston 5 est à nouveau étanche
et joue son rôle anti-retour vis-à-vis du fluide contenu dans le circuit de distribution
25.
[0123] Avantageusement les moyens formant soupape 140 (figure 14) peuvent être disposés
radialement. Selon ce mode de réalisation (figure 15), le piston 5 comprend une jupe
113 s'étendant axialement, ladite jupe comportant une gorge annulaire comprise en
des moyens d'étanchéité 121, 122 disposés axialement de part et d'autre de la gorge.
Lorsque le piston 5 muni d'une jupe 113 est présent dans le réservoir, les moyens
d'étanchéité 121, 122 et la gorge, forment une chambre annulaire étanche 80.
[0124] Des moyens formant soupape 140 sont montés radialement et sont aptes à mettre en
communication la chambre annulaire 80 avec la chambre A contenant le gaz sous pression.
[0125] Lors de la vidange, les deux moyens d'étanchéité 121, 122 disposés de part et d'autre
de la gorge annulaire du piston sont en contact avec la paroi intérieure du cylindre.
Le gaz sous pression tend à ouvrir la soupape 140, et entre dans la chambre annulaire
étanche jusqu'à ce que les pressions s'équilibrent et que la soupape se referme sous
l'action du ressort de la soupape.
[0126] En fin de course du piston, l'anneau élastique 19 s'expanse dans l'épaulement 17
empêchant le retour du piston 5. Du fait de la présence de l'épaulement 17, le moyen
d'étanchéité 122 situé à proximité de la face avant du piston 5 n'est plus en contact
avec la paroi du réservoir et n'assure plus sa fonction d'étanchéité. Sous l'effet
de la pression du gaz, la soupape 140 s'ouvre et met en communication le gaz sous
pression avec le circuit de distribution 25.
[0127] Selon un mode de réalisation alternatif (figures 16 et 17), les moyens formant soupape
dans la jupe 113 du piston sont remplacés par de simples lumières 115 pratiquées dans
ladite jupe et débouchant dans la chambre annulaire étanche 80. Lesdites lumières
sont obturées par une bague élastique circulaire 116 placée dans la gorge du piston
et tendant, par élasticité, à se plaquer dans le fond de cette gorge, de sorte que
les lumières de la jupe 115 soient obturées par la bague 116. Lorsque le gaz sous
pression est introduit dans la chambre A prévue à cet effet, la pression entraîne
l'expansion de la bague 116 qui n'étant plus plaquée en fond de gorge met en communication
la chambre A contenant le gaz sous pression avec la chambre annulaire étanche 80.
[0128] Avantageusement le fond du réservoir comprend des butées 101 aptes à recevoir le
piston 5 en fin de course. En fin de vidange, le piston vient en contact avec lesdites
butées 101 en même temps que l'anneau élastique 19 vient bloquer le retour du piston
en s'engageant dans l'épaulement 17. Une partie des moyens d'étanchéité 122 n'étant
plus en contact avec la paroi intérieure du réservoir au niveau de l'épaulement, la
chambre 80 n'est plus étanche en fin de course. La pression de gaz continuant d'expanser
la bague 116, le gaz peut s'écouler au travers des lumières 115 vers le circuit de
distribution. Lorsque la pression de gaz chute, la bague 116 se rétreint sur les lumières
assurant à nouveau l'étanchéité du piston et son rôle de système anti-retour vis-à-vis
du fluide contenu dans le circuit de distribution.
[0129] La bague élastique 116 apte à obturer les lumières 115 se présente avantageusement
comme une bague fendue (figures 18 et 19). Outre le fait de procurer une capacité
d'expansion élastique supplémentaire cette fente peut avantageusement être utilisée
pour orienter angulairement la bague 116 et faire en sorte que la dite fente ne soit
pas positionnée face à une lumière 115. A cette fin, la gorge du piston recevant la
bague 116 est avantageusement munie d'une protubérance 215 en fond de gorge. Lorsque
la bague élastique fendue d'obturation 116 est montée dans la gorge, les deux bords
de la fente se positionnent de part et d'autre de ladite protubérance 215. La coopération
entre la fente et la protubérance 215 permet ainsi d'arrêter la rotation de la bague
116 dans la gorge de la jupe du piston.