[0001] La présente invention concerne le domaine technique de la maçonnerie de parois de
piscines en béton et de leur finition et revêtement.
[0002] Il est connu de réaliser des parois de piscines en béton armé en utilisant des blocs
de coffrage perdu tels que décrits dans la demande de brevet
FR 2 790 777. Ainsi, il est proposé de réaliser, comme représenté sur les
fig. 1 et
2, chaque bloc de coffrage perdu
B par l'assemblage de deux modules
M identiques en matière plastique. Chaque module comprend alors un panneau rectangulaire
P présentant une face recto
P1 et une face verso
P2 et une série de demi-entretoises
e réparties sur la face verso du panneau en s'étendant perpendiculairement au panneau.
Afin de permettre un assemblage des deux modules entre eux, chaque demi-entretoise
comprend au niveau de son extrémité distale un élément d'emboîtement mâle et/ou femelle
destiné à s'engager dans un élément d'emboîtement complémentaire d'une demi-entretoise
correspondante. Enfin, l'irréversibilité de l'assemblage est obtenue par soudure
S des deux demi-entretoises au niveau des éléments d'emboîtement.
[0003] Un tel bloc de coffrage perdu présente l'inconvénient d'imposer une soudure au niveau
de chaque jonction entre les demi-entretoises, ce qui est particulièrement coûteux.
[0004] Pour palier ce problème, la demande de brevet
FR 2 889 550 au nom de la Demanderesse a proposé un mode de jonction des modules de coffrage par
vissage.
[0005] Cependant, les parois fabriquées à l'aide de blocs de coffrage perdu tels que décrit
dans l'art antérieur ne peuvent pas, ou bien difficilement, être carrelées car il
est excessivement difficile de réussir la prise de carreaux, par exemple de céramique
comme il est régulièrement utilisé dans le domaine des piscines, sur les parois de
plastique des modules réalisant le coffrage perdu.
[0006] Ainsi, il est apparu le besoin d'un nouveau type de module pour la réalisation d'un
bloc de coffrage dont la mise en oeuvre garantisse l'opportunité d'un carrelage aisé
d'au moins la paroi interne d'une piscine en béton dont les murs sont formés à l'aide
de tels blocs de coffrage perdu.
[0007] Afin d'atteindre cet objectif, l'invention concerne un module destiné à être assemblé
avec un autre module pour former un bloc de coffrage perdu pour la réalisation d'une
paroi de piscine en béton, module comprenant :
■ un panneau rectangulaire présentant une face recto et une face verso,
■ des organes d'assemblage à un autre dit module, disposés sur la face verso du panneau
rectangulaire et étant complémentaires d'organes d'assemblage de l'autre dit module.
[0008] Conformément à la présente invention, le module proposé se caractérise par le fait
que le panneau rectangulaire est ajouré d'orifices débouchant de part en part sur
chacune des faces recto et verso du panneau rectangulaire et répartis de façon uniforme
sur toute la surface dudit panneau.
[0009] La procuration d'orifices débouchant au travers du panneau rectangulaire du module
de l'invention permet d'obtenir, lorsque le module est assemblé par ses organes d'assemblage
à un autre module, un bloc de coffrage perdu qui sur une de ses faces permet lors
de la coulée de béton pour réaliser une paroi murale, par exemple de piscine, la traversée
d'une légère quantité de béton au travers des orifices procurés dans le panneau du
module de l'invention, ce béton traversant permettant la réalisation d'un carrelage
classique sur la paroi plastique du panneau perforé du bloc de coffrage.
[0010] De plus, l'écoulement de béton au travers des orifices permet de réaliser un effet
de blocage du module dans le béton, ce qui allège les efforts de poussée du béton
sur les panneaux du bloc de coffrage. Le béton bloque la paroi du bloc et évite ainsi
des problèmes de dilatation et une désolidarisation du bloc et du béton.
[0011] Selon une caractéristique de l'invention, les orifices couvrent plus de 50 % de la
surface totale du panneau rectangulaire. Ainsi, une quantité de béton suffisante "transpire"
au travers des orifices et permet un lissage approprié du béton pour réaliser un carrelage
de bonne facture.
[0012] Selon une autre caractéristique de l'invention, les orifices présentent une forme
sensiblement oblongue.
[0013] De manière préférée, les orifices présentent une largeur inférieure à l'épaisseur
du panneau rectangulaire. Ainsi, l'écoulement du béton lors de la coulée est très
léger et retenu tout en étant effectif. On évite ainsi les gaspillages de béton.
[0014] Selon une caractéristique de l'invention, la largeur des orifices est variable sur
l'épaisseur du panneau rectangulaire. Selon cette caractéristique, on maîtrise encore
mieux l'écoulement du béton au travers des orifices du panneau
[0015] De façon préférée, la largeur des orifices est variable de façon décroissante puis
croissante depuis la face verso vers la face recto du panneau rectangulaire. Ainsi,
on maîtrise d'une part l'écoulement du béton dans les orifices et l'on favorise et
renforce l'effet de blocage du module dans la paroi de béton formée, le béton réalisant
un crochetage du panneau rectangulaire dans la paroi.
[0016] De façon encore préférée, les bords des orifices sont chanfreinés de manière à favoriser
encore l'effet de blocage du module dans le béton lors de la coulée de béton et après
séchage.
[0017] Un module selon l'invention peut être réalisé en tout matériau approprié et de manière
préférée, afin de réduire son poids et son coût de fabrication, il sera réalisé en
matière plastique injectée telle que par exemple en polypropylène ou polyéthylène.
[0018] Enfin, l'invention concerne également un bloc de coffrage perdu obtenu par l'assemblage
de deux modules de coffrage perdu dont au moins un est conforme au module selon l'invention.
[0019] Par ailleurs, diverses autres caractéristiques de l'invention ressortent de la description
faite ci-dessous en référence aux dessins annexés qui montrent, à titre d'exemples
non limitatifs, une forme de réalisation préférée d'un module de coffrage perdu selon
l'invention et d'un bloc de coffrage comportant un tel module pour la réalisation
de parois de piscines.
La fig. 1 est une coupe transversale d'un bloc de coffrage perdu connu de l'art antérieur ;
La fig. 2 est une vue en perspective du bloc de coffrage perdu illustré à la fig. 1 ;
La fig. 3 est une vue en perspective d'un bloc de coffrage conforme à la présente invention,
comportant au moins un module de coffrage selon l'invention, muni d'orifices de suintement
de béton ;
La fig. 4 est une vue en coupe transversale partielle d'un bloc de coffrage selon la présente
invention rempli de béton ;
La fig. 5 est une vue de détail de la fig. 4 représentant une variante préférée de réalisation des orifices de suintement de béton
d'un module de coffrage selon l'invention ;
La fig. 6 est une vue en perspective partielle d'une paroi murale de béton réalisée à l'aide
d'un bloc de coffrage selon l'invention et carrelée directement sur la face externe
du module de coffrage selon l'invention dudit bloc de coffrage.
[0020] Un bloc de coffrage perdu selon l'invention, tel qu'illustré à la
figure 3 et désigné dans son ensemble par la référence
1 présente une forme générale sensiblement parallélépipédique. Le bloc de coffrage
perdu
1 est destiné à être associé avec d'autres blocs identiques pour définir par exemple
le coffrage d'une paroi verticale de piscine. Les blocs de coffrage perdu
1 sont alors emboîtés les uns dans les autres verticalement et latéralement en fonction
de la hauteur et de la longueur de paroi souhaitée.
[0021] Chaque bloc de coffrage
1 est obtenu par l'assemblage de deux modules
2, 3 en matière plastique injectée. Chaque module
2, 3 comprend un panneau rectangulaire
4 qui possède une face recto
5 et une face verso
6.
[0022] Afin de maintenir à distance les panneaux
4 des modules
2, 3 constitutifs du bloc de coffrage perdu
1 pour définir le volume de réception du béton, chaque panneau
4 comprend une série de demi-entretoises
7 réparties sur la face verso
5 de chacun des panneaux
4 en s'étendant perpendiculairement au panneau
4. Chaque demi-entretoise
7 possède au niveau de son extrémité distale, à l'opposé du panneau
3, un élément d'emboîtement mâle et/ou femelle (non représenté) destiné à s'engager
dans un élément d'emboîtement complémentaire d'une demi-entretoise
7 correspondante lors de l'assemblage de deux modules
2, 3. Selon l'exemple illustré, les demi-entretoises
7 sont disposées en quatre rangs parallèles au bord supérieur des panneaux
4 et les demi-entretoises d'un même rang présentent alternativement au niveau de leurs
extrémités distales une conformation mâle et une conformation femelle.
[0023] Afin de permettre un assemblage des modules
2, 3 entre eux, chaque demi-entretoise
7 comprend de préférence, comme proposé dans la demande de brevet n°
FR 2 889 550 de la Demanderesse, un alésage proximal
8 qui est, de préférence destiné à recevoir une vis d'assemblage et qui débouche au
niveau de la face recto
5 du panneau
4. L'alésage proximal
8 ne s'étend pas de préférence sur toute la longueur de la demi-entretoise
7 de sorte qu'il est non traversant. De manière préférée, chaque demi-entretoise
7 possède également un alésage distal non représenté qui est coaxial avec l'alésage
proximal
8 et qui débouche au niveau de l'extrémité distale de chaque demi-entretoise
7. L'alésage distal ne débouche pas dans l'alésage proximal
7 de sorte que les deux alésages proximal et distal sont séparés par une zone pleine.
Les demi-entretoises
7 des deux modules
2, 3 sont emboîtées les unes dans les autres au niveau de leur extrémité distale puis
il est engagé une vis d'assemblage au niveau de chacun des alésages proximaux
8 de la face recto
5 du module
3. De préférence, chaque vis d'assemblage présentera de plus au-delà de sa partie non
filetée un filet autotaraudeur.
[0024] Après la mise en place de toutes les vis d'assemblage, le bloc de coffrage perdu
1 ainsi obtenu présente une résistance mécanique particulièrement importante et se
trouve donc parfaitement adapté pour subir la pression interne exercée par le béton
en cours de coulée.
[0025] Pour la réalisation d'un bloc de coffrage perdu
1 conforme à la présente invention, il convient de mettre en oeuvre deux modules de
coffrage
2, 3 tels que décrits précédemment, et dont au moins un, qui dans l'exemple des
fig. 3 à
6 est le module
3, est ajouré d'orifices
9 de suintement de béton débouchant de part en part sur chacune des faces recto
5 et verso
6 du panneau rectangulaire
4 et répartis sur toute la surface dudit panneau
4 du module
3. Ces orifices
9 sont destinés à laisser s'écouler ou "suinter" le béton au travers du panneau
4 du module de coffrage
3 lors de la coulée du béton à l'intérieur du bloc de coffrage
1 de manière à permettre la réalisation d'une finition de carrelage directement sur
la face recto du panneau
4 du module
3, comme représenté sur la
fig. 6.
[0026] Un tel module
3 muni d'orifices
9 s'avère tout particulièrement avantageux pour la réalisation de parois de piscines
en béton dont le revêtement interne du bassin n'est pas constitué comme fréquemment
d'un film plastique, généralement appelé "liner" ou de peinture, mais d'un carrelage
ou de mosaïque. En effet, les orifices
9 permettent le passage, lors de la coulée du béton, d'une petite proportion de béton
liquide au travers du panneau
4 du module
3, qu'il est ensuite possible d'étaler sur la face recto
5 du module de manière à autoriser la pose de carreaux de carrelage ou de mosaïque.
[0027] De façon préférée selon l'invention et comme représenté sur les
fig. 3 à
6, les orifices
9 présentent une forme sensiblement oblongue et couvrent une surface cumulée représentant
plus de 50 % de la surface totale du panneau
4 du module
3, et de préférence entre 50 et 75 % de la surface du panneau
4.
[0028] Il est en effet important que le béton qui traverse toute la surface du panneau
4 du module
3 lors de la coulée soit réparti de manière sensiblement uniforme sur toute la face
recto
5 du module, de manière à former une couche de béton en surépaisseur sur ladite face
qui soit uniforme. Ceci évite le besoin d'un étalement trop important de ladite couche
de béton pour couvrir l'ensemble du panneau
4 sur sa face recto
5, et ainsi favorise une bonne prise du carrelage lors de sa pose ultérieure.
[0029] La forme oblongue des orifices
9 peut être droite mais pas nécessairement. En particulier, les orifices
9 formés autour des alésages
8 d'insertion des vis d'assemblages dans les demi-entretoises
7 peuvent être, comme représenté sur les
fig. 3 à
6, en arc de cercle, le cas échéant concentriques de l'alésage
8.
[0030] Selon l'invention, il est important mais non essentiel cependant que les orifices
9 permettent uniquement un suintement ou épanchement d'une légère quantité de béton
au travers du panneau
4 du module
3 lors de la coulée, et non un écoulement pur et simple du béton au travers du panneau
4. On distingue en effet dans le cadre de l'invention la notion de suintement ou épanchement
de béton par les orifices
9 de la notion d'écoulement. Ainsi, on entend ici par suintement ou épanchement de
béton que le béton tend à traverser le panneau
4 du module
3 par les orifices
9 lors de la coulée dans le bloc de coffrage
1 mais ne parvient pas à couler par ces orifices, malgré l'effort de pression lors
de la coulée du fait de sa viscosité et de la faible largeur des orifices
9. Ainsi seuls des cordons de béton se forment au travers des orifices
9 en surépaisseur de la face recto
5 du panneau
4 du module
3.
[0031] A cet effet, la largeur
I des orifices
9 doit être choisie pour autoriser le suintement sans écoulement. De façon préférée,
la largeur
I est choisie inférieure à l'épaisseur
e du panneau rectangulaire
4 du module
3.
[0032] En outre, la largeur
I des orifices
9 est également avantageusement variable sur l'épaisseur
e du panneau rectangulaire
4. Ce caractère variable de la largeur
I procure, outre un meilleur contrôle du suintement du béton au travers des orifices
9 lors de la coulée dans le bloc de coffrage, un effet de blocage du module
3 dans la paroi de béton formée à l'aide du bloc de coffrage
1 de l'invention, cet effet de blocage renforçant encore l'assemblage des deux modules
2, 3 du bloc de coffrage
1 et l'ancrage du module
3 dans la paroi de béton formée.
[0033] L'effet d'ancrage et de blocage du module
3 dans la paroi de béton PB formé est par ailleurs amélioré lorsque, comme représenté
en détail sur la
figure 5, la largeur
I des orifices
9 est variable de façon décroissante puis croissante depuis la face verso
6 vers la face recto
5 du panneau rectangulaire
4 et que, de façon préférée également, les bords
10 des orifices
9 sont chanfreinés. Une telle conformation des orifices
9 sur l'épaisseur du panneau
4 du module
3 de l'invention provoque la création lors du suintement de béton au travers des orifices
9 d'un tenon de béton
11 au niveau de la face recto
5 du panneau
4. Ce tenon exerce alors lors de la prise du béton un effort de traction contre la paroi
de béton formée entre les modules
2, 3 du bloc de coffrage, tout en procurant un support adéquat sur ladite face recto
5 pour permettre de carreler avec des carreaux
C cette dernière comme représenté sur la
fig. 6.
[0034] Le bloc de coffrage perdu
1 tel que décrit précédemment et illustré à la
fig. 1 présente une forme droite plus particulièrement destinée à la réalisation de mur
droit. Cependant, les modules
2, 3 constituant ce bloc peuvent être utilisés pour réaliser un bloc de coffrage perdu
incurvé ou courbe. Bien entendu, bien que les modules
2, 3 représentés sur les
fig. 3 à
6 soient différents et que le bloc de coffrage de l'invention ne comporte qu'un seul
module perforé
3 selon l'invention, il est entièrement possible de réaliser le bloc de coffrage
1 avec deux modules perforés
3 identiques au module
3 représenté sans sortir du cadre de la présente invention.
[0035] Bien entendu également, diverses modifications peuvent être apportées au module
3 ou au bloc de coffrage perdu
1 selon l'invention sans sortir du cadre de cette dernière.