[0001] La présente invention concerne un composant horloger, c'est-à-dire un composant destiné
à être intégré dans une pièce d'horlogerie telle qu'une montre ou une pendule. La
présente invention concerne plus particulièrement un composant horloger, par exemple
une roue ou une virole, destiné à être monté élastiquement sur un axe.
[0002] Un tel composant comprend des bras élastiques agencés pour serrer l'axe et ainsi
maintenir le composant sur celui-ci. Les bras peuvent être droits. Ils peuvent aussi
avoir une forme non droite, par exemple en V, pour augmenter leur longueur de sorte
à permettre, en ajustant leurs autres dimensions, d'augmenter leur raideur et donc
la force de serrage de l'axe. Des exemples de tels composants à bras élastiques droits
ou non droits sont décrits dans les documents
EP 1 513 029,
EP 1 705 533,
EP 1 708 045 et
JP 59 135385.
[0003] Lors du montage du composant sur l'axe, ce dernier déforme les bras pour qu'ils exercent
leur fonction de serrage élastique. Cette déformation des bras entraîne une déformation
ou mal-rond du pourtour du composant. Dans certains cas, en particulier lorsque les
bras sont rattachés par leurs deux extrémités au reste du composant et ont une forme
non droite, le mal-rond du pourtour peut être important. Un tel mal-rond peut être
préjudiciable au fonctionnement du composant, notamment lorsque le pourtour a une
fonction active telle qu'une fonction d'engrènement.
[0004] La présente invention vise à proposer un composant horloger apte à être monté élastiquement
sur un axe et dont la déformation du pourtour due à son montage sur l'axe reste limitée.
[0005] A cette fin est prévu un composant horloger destiné à être monté sur un axe et comprenant
une partie centrale et une partie périphérique, la partie centrale comprenant des
bras de serrage élastique de l'axe et une partie extérieure entourant les bras et
à laquelle les bras sont rattachés,
caractérisé en ce qu'il comprend des lumières entre la partie périphérique et la partie extérieure, ces
lumières étant agencées de telle sorte que la partie périphérique est rattachée à
la partie extérieure en des zones discrètes de cette dernière comprenant chacune un
point qui n'est pas déplacé lors de la déformation des bras par l'axe.
[0006] Des modes de réalisation particuliers de l'invention sont définis dans les revendications
dépendantes annexées.
[0007] D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront à la
lecture de la description détaillée suivante faite en référence aux dessins annexés
dans lesquels :
- la figure 1 est une vue de dessus d'une roue d'échappement selon un premier mode de
réalisation de l'invention, destinée à être montée sur un axe représenté en trait
pointillé ;
- la figure 2 est un tiers de vue de dessus de la roue d'échappement illustrée à la
figure 1, montrant cette roue dans un état non déformé (trait continu) avant son montage
sur l'axe et dans un état déformé (trait pointillé) après son montage sur l'axe ;
et
- la figure 3 est une vue de dessus d'une roue d'échappement selon un deuxième mode
de réalisation de l'invention.
[0008] En référence à la figure 1, un composant horloger selon un premier mode de réalisation
de l'invention consiste en une roue d'échappement comprenant une partie centrale ou
intérieure 1 et une partie périphérique ou extérieure 2.
[0009] La partie centrale 1 comporte trois bras élastiques 3 en V placés à 120° les uns
par rapport aux autres autour de l'axe imaginaire 4 de la roue et une partie extérieure
ou périphérique circulaire 5, d'axe 4, qui entoure les bras 3 et à laquelle chaque
bras 3 est rattaché par ses deux extrémités. Les bras 3 et la partie extérieure 5
sont définis par des premières lumières 6 formées dans la partie centrale 1. Les pointes
respectives des V définissent des surfaces concaves 7 agencées à 120° les unes par
rapport aux autres à proximité et autour de l'axe imaginaire 4. Ces surfaces 7 sont
les surfaces de contact de la roue avec l'axe (physique) 8 sur lequel elle est destinée
à être montée. L'axe 8 a un diamètre supérieur au diamètre de la zone entre les surfaces
7 de sorte que son introduction dans cette zone déforme les bras 3 vers la partie
périphérique 2, causant un serrage de l'axe 8 par les bras 3 et ainsi le maintien
de la roue sur l'axe 8. Dans cette position assemblée de la roue et de l'axe 8, l'axe
imaginaire de ce dernier coïncide avec l'axe imaginaire 4 de la roue. Les bras 3 ont
une largeur variable pour que les contraintes que leur fait subir l'axe 8 soient réparties
de façon plus homogène sur toute leur longueur.
[0010] La partie périphérique 2, dite également serge de la roue, comporte la denture 9
de la roue. La partie périphérique 2 entoure coaxialement la partie centrale 1 et
est rattachée à cette dernière uniquement en des zones discrètes 10 de la partie extérieure
5. A cet effet, la roue comporte des deuxièmes lumières 11, au nombre de six dans
l'exemple illustré, qui séparent la partie périphérique 2 de la partie extérieure
5 sauf au niveau des intervalles 12 entre les lumières 11. Ces lumières 11 sont disposées
suivant un cercle coaxial avec la partie périphérique 2 et la partie extérieure 5
et forment ainsi une ligne circulaire interrompue. Les intervalles 12 entre les lumières
11 constituent des parties discrètes de liaison de la partie périphérique 2 aux zones
discrètes 10 de la partie extérieure 5 et sont alignés radialement avec les zones
discrètes 10. La position et la longueur des lumières 11 sont déterminées de telle
sorte que les zones discrètes 10 soient des zones de moindre déplacement, c'est-à-dire
des zones contenant chacune un point qui n'est pas déplacé lors de l'introduction
de l'axe 8 entre les bras 3. Ces zones de moindre déplacement peuvent être déterminées
par des méthodes de simulation connues de l'homme du métier, par exemple par une méthode
à éléments finis. Le nombre de ces zones, six dans l'exemple illustré, dépend du nombre
et de la géométrie des bras 3.
[0011] La figure 2 montre de manière exagérée la déformation de la roue lors de son montage
sur l'axe 8. On voit qu'au droit de certaines lumières 11a la partie extérieure 5
se déforme vers l'extérieur tandis qu'au droit d'autres lumières 11 b la partie extérieure
5 se déforme vers l'intérieur. Entre deux lumières consécutives 11 a, 11 b, dans chaque
zone discrète 10, le sens des déformations locales de la partie extérieure 5 change,
ce qui implique qu'il existe dans cette zone un (unique) point de déplacement nul.
Comme la partie périphérique 2 est rattachée à la partie centrale 1 uniquement en
des zones de moindre déplacement, elle n'est que peu affectée par la déformation de
la partie centrale 1 due à l'axe 8. Sa déformation et donc le mal-rond de la roue
sont dès lors réduits, permettant ainsi une coopération fiable entre cette roue et
une ancre d'échappement. Dans l'exemple illustré aux figures 1 et 2, pour une force
de tenue de la roue sur l'axe 8 de 2 Newtons, un mal-rond de 1,8 µm a été constaté
après montage de la roue sur l'axe 8. Pour la même force de tenue, le mal-rond est
de 7 µm si la roue ne comporte pas les lumières 11.
[0012] La présente invention n'est pas limitée à un nombre de bras particulier. La figure
3 montre une roue d'échappement selon un deuxième mode de réalisation de l'invention,
comportant deux bras élastiques 13 en V placés à 180° l'un par rapport à l'autre autour
de l'axe imaginaire de la roue. Dans cet exemple de la figure 3, un mal-rond de la
roue de 2,8 µm pour une force de tenue de 1,5 Newtons a été constaté, à comparer avec
un mal-rond de 10 µm constaté dans le cas où les lumières 11 sont omises.
[0013] Dans la présente invention, le nombre de zones discrètes de rattachement 10 peut
être égal ou inférieur au nombre de zones de moindre déplacement de la partie extérieure
5. Dans les exemples des figures 1 et 3, il est égal au nombre de zones de moindre
déplacement. Un nombre inférieur de zones discrètes 10 peut être obtenu, à partir
de l'un ou l'autre des exemples des figures 1 et 3, en prolongeant deux lumières 11
consécutives pour qu'elles se rejoignent.
[0014] Bien que le problème de mal-rond soit plus particulièrement critique dans le cas
de bras élastiques de forme non droite, tels que les bras en V 3 et 13 des figures
1 et 3, la présente invention n'exclut pas de donner une forme droite aux bras. La
présente invention n'exclut pas non plus que les bras soient rattachés à la partie
extérieure 5 par l'une de leurs extrémités seulement.
[0015] La présente invention peut s'appliquer à d'autres composants horlogers qu'une roue
d'échappement. A titre d'exemples complémentaires, le composant horloger selon l'invention
peut être une roue dentée d'engrènement, un râteau, une virole de spiral, une ancre
d'échappement, un balancier ou un petit plateau destiné à être monté sur l'axe d'un
balancier-spiral pour coopérer avec le dard d'une ancre d'échappement. Dans les cas
de la roue d'engrènement, du râteau, de l'ancre et du petit plateau, la faible déformation
de leur pourtour lors de leur montage sur leur axe, permise par la présente invention,
augmente la fiabilité de leur fonctionnement, c'est-à-dire de leur coopération avec
leurs partenaires respectifs (roue d'engrènement, roue d'échappement et dard). Dans
le cas de la virole, la faible déformation de son pourtour lors de son montage sur
l'axe permet de maintenir sensiblement fixe le point d'attache du spiral à la virole
et d'améliorer ainsi l'isochronisme du balancier-spiral. Enfin, dans le cas du balancier,
l'invention permet de maintenir son inertie sensiblement constante lors de son montage
sur l'axe.
[0016] Le composant horloger selon l'invention, en particulier sa partie périphérique, n'a
pas nécessairement une forme circulaire. Il pourrait avoir une autre forme, par exemple
polygonale, selon la fonction du composant.
1. Composant horloger destiné à être monté sur un axe (8) et comprenant une partie centrale
(1) et une partie périphérique (2), la partie centrale (1) comprenant des bras (3)
de serrage élastique de l'axe (8) et une partie extérieure (5) entourant les bras
(3) et à laquelle les bras (3) sont rattachés, caractérisé en ce qu'il comprend des lumières (11) entre la partie périphérique (2) et la partie extérieure
(5), ces lumières (11) étant agencées de telle sorte que la partie périphérique (2)
est rattachée à la partie extérieure (5) en des zones discrètes (10) de cette dernière
comprenant chacune un point qui n'est pas déplacé lors de la déformation des bras
(3) par l'axe (8).
2. Composant horloger selon la revendication 1, caractérisé en ce que les intervalles (12) entre les lumières (11) définissent des parties discrètes de
liaison rattachant la partie périphérique (2) auxdites zones discrètes (10) de la
partie extérieure (5).
3. Composant horloger selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce que les zones discrètes (10) sont constituées respectivement par toutes les zones de
la partie extérieure (5) comprenant un point qui n'est pas déplacé lors de la déformation
des bras (3) par l'axe (8).
4. Composant horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que les lumières (11) forment un agencement coaxial avec la partie extérieure (5).
5. Composant horloger selon la revendication 4, caractérisé en ce que ledit agencement de lumières (11) et la partie extérieure (5) sont circulaires.
6. Composant horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce que les bras (3) ont une forme qui n'est pas droite.
7. Composant horloger selon la revendication 6, caractérisé en ce que les bras (3) ont une forme en V.
8. Composant horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 7, caractérisé en ce que les bras (3) sont chacun rattachés à la partie extérieure (5) par leurs deux extrémités.
9. Composant horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 8,
caractérisé en ce qu'il comporte deux ou trois bras (3 ; 13).
10. Composant horloger selon l'une quelconque des revendications 1 à 9,
caractérisé en ce qu'il consiste en une roue, un râteau, une virole, une ancre, un balancier ou un plateau.