[0001] La présente invention est relative à une pièce d'horlogerie comprenant un chronographe
dont les aiguilles sont entraînées par un premier rouage entraînant à son tour un
premier résonateur et une montre dont les aiguilles sont entraînées par un second
rouage indépendant du premier, ce second rouage entraînant à son tour un second résonateur.
[0002] Comme c'est généralement le cas dans une pièce d'horlogerie réunissant une montre
et un chronographe le rouage entraînant le chronographe est placé en dérivation du
rouage entraînant la montre, cette pièce d'horlogerie ne comportant qu'une seule source
d'énergie et qu'un seul résonateur. Pour prendre un cas concret, cité dans l'ouvrage
de
B. Humbert « Le Chronographe » aux éditions Scriptar SA La Conversion (Suisse), 1990, on prolonge le pivot supérieur du mobile de seconde de la montre pour y ajuster
une roue sur champ ou première roue entraîneuse de chronographe. Cette dernière est
en prise permanente avec une roue intermédiaire solidaire d'une bascule d'embrayage
commandée par une roue à colonnes commandée à son tour par un bouton poussoir. Quand
la bascule est activée, la roue intermédiaire, appelée aussi roue d'embrayage, entraîne
un mobile de chronographe solidaire d'une aiguille trotteuse faisant un tour en une
minute.
[0003] On comprendra que la façon de faire qui vient d'être sommairement décrite entraîne
une instabilité de l'heure affichée par la montre lors du fonctionnement du chronographe
cette instabilité étant provoquée par une perte de couple entraînant une diminution
de l'énergie d'impulsion transmise au balancier-spiral. Ainsi la précision de marche
de la montre est-elle affectée lors du fonctionnement du chronographe.
[0004] Il a été proposé un remède pour s'affranchir des inconvénients cités ci-dessus. Le
document
EP1333345 propose un dispositif comportant une montre dont les indicateurs horaires sont entraînés
par un premier barillet relié à un premier rouage et un premier organe régulateur,
et un module chronographe autonome dont les indicateurs sont entraînés par un second
barillet indépendants du premier, relié à un second rouage et un second organe régulateur.
[0005] Le dispositif décrit ci-dessus garantit bien l'indépendance des deux mouvements et
donc une marche non perturbée de la montre lorsque le chronographe est en fonction.
Cette indépendance cependant se fait au prix d'un système compliqué faisant appel
notamment à un double barillet.
[0006] La présente invention remédie à cet état de fait. En effet la pièce d'horlogerie
qu'elle propose, en plus qu'elle obéit à ce qui est exposé au premier paragraphe de
cette description est originale en ce que les premier et second rouages sont entraînés
à partir d'une seule source d'énergie.
[0007] L'invention va être expliquée maintenant en détail ci-dessous par un mode d'exécution
donné à titre d'exemple non limitatif, cette exécution étant illustrée par les dessins
annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue générale en plan de la pièce d'horlogerie exécutée selon la
présente invention,
- la figure 2 est une vue en perspective de la partie essentielle du mécanisme réalisé
selon l'invention et incorporé dans la pièce d'horlogerie,
- la figure 3 est une coupe dans la source d'énergie alimentant la pièce d'horlogerie
selon l'invention, cette source d'énergie étant en prise d'une part avec le rouage
de la montre et d'autre part avec le rouage du chronographe,
- la figure 4 est une vue en perspective du rochet d'armage qui équipe la source d'énergie
de l'invention, et
- la figure 5 est une vue en perspective du rochet d'entraînement du chronographe qui
équipe la source d'énergie de l'invention.
[0008] La pièce d'horlogerie 1 des figures 1 et 2 est composée d'un chronographe dont les
aiguilles 2 et 3 sont entraînées par un premier rouage 4 entraînant à son tour un
premier résonateur 5. En particulier et comme le montre la figure 1, le chronographe
pris ici en exemple, est équipé d'une aiguille trotteuse 2 et d'une aiguille 3 équipant
un compteur de minutes rétrograde. Les aiguilles 2 et 3 sont entraînées par le premier
rouage 4 montré en figure 2 où l'aiguille trotteuse 2, non représentée, est montée
sur le mobile de seconde 21 faisant partie de ce premier rouage 4. Le compteur de
minutes entraînant l'aiguille rétrograde 3 n'est pas représenté au dessin, mais est
lié d'une manière connue au premier rouage 4. Ce premier rouage 4 entraîne à son tour
et en fin de parcours un premier résonateur 5. Ce résonateur comporte un balancier-spiral
22 sur l'axe duquel est fixé un plateau 23 muni d'une cheville actionnée par une ancre
24 coopérant avec une roue d'échappement 25 entraînée par la dernière roue 50 du rouage
4.
[0009] La pièce d'horlogerie des figures 1 et 2 comporte également une montre dont les aiguilles
6 et 7 sont entraînées par un second rouage 8, indépendant du premier rouage 4, ce
second rouage 8 entraînant à son tour un second résonateur 9. En particulier et comme
le montre la figure 1, la montre prise ici en exemple est équipée d'une aiguille de
minute 6 et d'une aiguille d'heure 7. Les aiguilles sont entraînées par le second
rouage 8 montré en figure 2. Lesdites aiguilles sont emmanchées de manière connue,
mais non représentée sur la figure 2, sur un pignon de centre 26, ce pignon formant
le premier mobile du second rouage 8. Ce second rouage 8 entraîne à son tour et en
fin de parcours un second résonateur 9. Ce résonateur comporte un balancier-spiral
27 sur l'axe duquel est fixé un plateau 28 muni d'une cheville actionnée par une ancre
29 coopérant avec une roue d'échappement 30 entraînée par la dernière roue 31 du rouage
8.
[0010] Selon la caractéristique principale de la présente invention, les figures 1, 2 et
3 montrent clairement que les premier et second rouages 4 et 8 sont entraînés à partir
d'une seule source d'énergie 10, ce qui distingue la présente invention du dispositif
EP1333345 précédemment cité, où les rouages de chronographe et de montre sont entraînés chacun
par une propre source d'énergie.
[0011] En particulier, dans la pièce d'horlogerie prise ici en exemple, la source d'énergie
est un barillet 10 tournant librement autour d'un arbre 11, ce barillet 10 contenant
un ressort moteur 12 comme le montre bien la figure 3. L'arbre 11 pivote entre une
platine 44 et un pont 45.
[0012] Le barillet 10 porte de façon habituelle une roue de couronne 13 en prise directe
avec le pignon de centre 26 départ du second rouage 8 entraînant le mécanisme de la
montre. On peut imaginer faire partir également de cette roue de couronne 13 le premier
rouage entraînant le mécanisme du chronographe auquel cas la caractéristique principale
de la présente invention serait également satisfaite, à savoir entraîner les premier
et second rouages 4 et 8 à partir d'un barillet unique. Dans cette configuration en
effet, la mise en fonction du chronographe n'affecte en rien la marche de la montre
car le rouage du chronographe n'est pas disposé en dérivation du rouage de la montre.
Cette solution non décrite ici dans le détail, nécessite l'utilisation d'un embrayage
déconnectant du barillet le rouage du chronographe quand ce dernier se trouve à l'arrêt.
[0013] On va décrire maintenant une solution originale permettant l'entraînement direct
des premier et second rouages 4 et 8 par le barillet de construction particulièrement
simple et qui évite l'utilisation de l'embrayage cité au paragraphe ci-dessus. On
se référera pour cela plus particulièrement aux figures 3, 4 et 5.
[0014] Comme le montre la coupe de la figure 3, le barillet 10 porte une roue de couronne
13 en prise avec le second rouage 8. Le premier mobile de ce second rouage est le
pignon de centre 26 sur lequel sont emmanchées une chaussée 32 portant l'aiguille
des minutes 6 et une roue à canon 33 portant l'aiguille des heures 7. Le barillet
10 contient le ressort moteur 12 et tourne librement autour de l'arbre 11. Un premier
ensemble 14 (voir aussi figure 4) composé d'un rochet d'armage 15 et d'une roue à
dents de loup 16 est solidaire de l'arbre 11 et y est fixé au moyen d'une vis 34.
Le rochet d'armage 15 permet le remontage du ressort 12 et se trouve donc lié à un
mécanisme de remontage qui n'est pas représenté au dessin. Le barillet porte encore
un second ensemble 17 (voir aussi figure 5) disposé entre le premier ensemble 14 et
le barillet 10. Ce second ensemble tourne librement autour de l'arbre 11 et présente
un rochet entraîneur 18 et au moins un cliquet 19 (ici deux cliquets 19 sont utilisés)
coopérant avec les dents 20 que présente la roue à dents de loup 16. Des ressorts
38 appuient les cliquets 19 sur la roue à dents de loup 16. Le rochet entraîneur 18
est en prise avec le premier rouage 4, en l'occurrence avec le premier mobile 37 de
ce premier rouage comportant un pignon 35 et une roue 36.
[0015] Le dispositif qui vient d'être décrit fonctionne de la façon suivante :
On remonte le ressort 12 de barillet 10 par la couronne 43 équipant le mécanisme de
remontoir. Le premier ensemble 14 comprenant le rochet d'armage 15 et la roue à dents
de loup 16 tourne dans le sens antihoraire. Lors de cette opération le second ensemble
17 comprenant le rochet entraîneur 18 et les cliquets 19 est maintenu immobile par
un frein (non représenté au dessin) empêchant la roue de centre 40 appartenant au
mobile de seconde 21 de tourner. Les cliquets 19 sautent sur les dents 20 de la roue
à dents de loup 16 et aucun couple n'est imparti au rochet entraîneur 18. Pendant
l'opération de remontage et après cette opération le ressort est armé de sorte que
la roue de couronne 13 du barillet 10 tourne dans le sens antihoraire et entraîne
le pignon de centre 26 de la montre dans le sens horaire et avec lui les aiguilles
d'heure et de minute qui lui sont liées.
[0016] Lorsqu'on enclenche le chronographe on libère le frein agissant sur la roue de centre
40 dudit chronographe. Sous l'effet du ressort 12 de barillet 10, la roue à dents
de loup 16 se met à tourner dans le sens horaire, c'est-à-dire dans le sens opposé
à celui qu'elle avait lors du remontage. De ce fait les cliquets 19 sont pris par
la denture de la roue à dents de loup 16 ce qui conduit le rochet entraîneur 18 à
tourner dans le sens horaire et à entraîner le premier rouage 4 du chronographe. Le
mobile de seconde 21 lié au rouage 4, va aussi tourner dans le sens horaire par l'interposition
du mobile 37 composé du pignon 35 et de la roue 36.
[0017] Ainsi de la description qui vient d'être donnée, on a compris que les rouages 4 et
8 respectivement relatifs au chronographe et à la montre sont totalement indépendants
l'un de l'autre et que la marche ou l'arrêt du chronographe n'a aucune influence sur
la précision de marche de la montre. Tout au plus le fonctionnement du chronographe
diminue-t-il la réserve de marche de la pièce d'horlogerie.
[0018] On s'est abstenu dans la description ci-dessus d'exposer comment se réalisent la
mise en marche, l'arrêt et la remise à zéro des aiguilles du chronographe qui sont
connus de l'homme du métier. En particulier on utilise couramment pour ces fonctions
une roue à colonnes ou une came dont la description peut être lue dans l'ouvrage «
Le Chronographe » cité dans le préambule de ce document. De même, le chronographe
peut présenter un seul poussoir permettant le démarrage, l'arrêt et la remise à zéro
de sa trotteuse ou deux poussoirs comme représentés sur la figure 1 où le poussoir
de droite 41 permet le démarrage et l'arrêt des aiguilles 2 et 3 et où le poussoir
de gauche 42 permet la remise à zéro des mêmes aiguilles.
[0019] La pièce d'horlogerie qui vient d'être décrite comporte deux résonateurs 5 et 9.
Généralement le résonateur 9 de la montre est dimensionné de telle façon que son balancier
27 exécute 18'000 alternances à l'heure ce qui conduit à un affichage au 1 /5 de seconde.
Le résonateur 5 du chronographe peut être dimensionné de telle façon que son balancier
22 exécute 36'000 alternances à l'heure ce qui permet un affichage au 1 /10 de seconde
pour la trotteuse du chronographe. Ainsi on peut profiter de la présence des deux
résonateurs distincts pour faire osciller le résonateur du chronographe à une fréquence
plus élevée que la fréquence du résonateur de la montre.
1. Pièce d'horlogerie (1) comprenant un chronographe dont les aiguilles (2, 3) sont entraînées
par un premier rouage (4) entraînant à son tour un premier résonateur (5) et une montre
dont les aiguilles (6, 7) sont entraînées par un second rouage (8) indépendant du
premier, ce second rouage entraînant à son tour un second résonateur (9), caractérisée en ce que les premier (4) et second (8) rouages sont entraînés à partir d'une seule source
d'énergie (10).
2. Pièce d'horlogerie selon la revendication 1, caractérisée en ce que la source d'énergie est un barillet (10) tournant librement autour d'un arbre (11),
ce barillet contenant un ressort moteur (12).
3. Pièce d'horlogerie selon la revendication 2, caractérisée en ce que le barillet (10) porte une roue de couronne (13) en prise avec le second rouage (8)
et qu'un premier ensemble (14) composé d'un rochet d'armage (15) et d'une roue (16)
à dents de loup est solidaire de l'arbre (11) du barillet (10), un second ensemble
(17) étant disposé entre le premier ensemble (14) et le barillet (10), ce second ensemble
(17) tournant librement autour dudit arbre (11) et présentant un rochet entraîneur
(18) en prise avec le premier rouage (4) et au moins un cliquet (19) articulé sur
ledit rochet entraîneur (18), ce cliquet (19) coopérant avec les dents (20) que présente
la roue (16) à dents de loup.
4. Pièce d'horlogerie selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le premier résonateur (5) présente une fréquence plus élevée que la fréquence du
second résonateur (9).
RÉFÉRENCES CITÉES DANS LA DESCRIPTION
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et ne fait pas partie du document de brevet européen. Même si le plus grand soin a
été accordé à sa conception, des erreurs ou des omissions ne peuvent être exclues
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Documents brevets cités dans la description
Littérature non-brevet citée dans la description
- B. HumbertLe Chronographe19900000 [0002]