(19)
(11) EP 2 221 676 A1

(12) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN

(43) Date de publication:
25.08.2010  Bulletin  2010/34

(21) Numéro de dépôt: 09153518.7

(22) Date de dépôt:  24.02.2009
(51) Int. Cl.: 
G04B 15/00(2006.01)
G04F 7/08(2006.01)
G04B 17/06(2006.01)
(84) Etats contractants désignés:
AT BE BG CH CY CZ DE DK EE ES FI FR GB GR HR HU IE IS IT LI LT LU LV MC MK MT NL NO PL PT RO SE SI SK TR
Etats d'extension désignés:
AL BA RS

(71) Demandeur: Montres Breguet SA
1344 L'Abbaye (CH)

(72) Inventeurs:
  • Léchot, Dominique
    1341, L'Orient (CH)
  • Zaugg, Alain
    1348, Le Brassus (CH)

(74) Mandataire: Surmely, Gérard et al
ICB Ingénieurs Conseils en Brevets SA Faubourg de l'Hôpital 3
2001 Neuchâtel
2001 Neuchâtel (CH)

   


(54) Pièce d'horlogerie comportant un chronographe et une montre


(57) La pièce d'horlogerie comprend un chronographe dont les aiguilles sont entraînées par un premier rouage (4) entraînant à son tour un premier résonateur (5) et une montre dont les aiguilles sont entraînées par un second rouage (8) indépendant du premier, ce second rouage entraînant à son tour un second résonateur (9). Les premier (4) et second (8) rouages sont entraînés à partir d'une seule source d'énergie (10).




Description


[0001] La présente invention est relative à une pièce d'horlogerie comprenant un chronographe dont les aiguilles sont entraînées par un premier rouage entraînant à son tour un premier résonateur et une montre dont les aiguilles sont entraînées par un second rouage indépendant du premier, ce second rouage entraînant à son tour un second résonateur.

[0002] Comme c'est généralement le cas dans une pièce d'horlogerie réunissant une montre et un chronographe le rouage entraînant le chronographe est placé en dérivation du rouage entraînant la montre, cette pièce d'horlogerie ne comportant qu'une seule source d'énergie et qu'un seul résonateur. Pour prendre un cas concret, cité dans l'ouvrage de B. Humbert « Le Chronographe » aux éditions Scriptar SA La Conversion (Suisse), 1990, on prolonge le pivot supérieur du mobile de seconde de la montre pour y ajuster une roue sur champ ou première roue entraîneuse de chronographe. Cette dernière est en prise permanente avec une roue intermédiaire solidaire d'une bascule d'embrayage commandée par une roue à colonnes commandée à son tour par un bouton poussoir. Quand la bascule est activée, la roue intermédiaire, appelée aussi roue d'embrayage, entraîne un mobile de chronographe solidaire d'une aiguille trotteuse faisant un tour en une minute.

[0003] On comprendra que la façon de faire qui vient d'être sommairement décrite entraîne une instabilité de l'heure affichée par la montre lors du fonctionnement du chronographe cette instabilité étant provoquée par une perte de couple entraînant une diminution de l'énergie d'impulsion transmise au balancier-spiral. Ainsi la précision de marche de la montre est-elle affectée lors du fonctionnement du chronographe.

[0004] Il a été proposé un remède pour s'affranchir des inconvénients cités ci-dessus. Le document EP1333345 propose un dispositif comportant une montre dont les indicateurs horaires sont entraînés par un premier barillet relié à un premier rouage et un premier organe régulateur, et un module chronographe autonome dont les indicateurs sont entraînés par un second barillet indépendants du premier, relié à un second rouage et un second organe régulateur.

[0005] Le dispositif décrit ci-dessus garantit bien l'indépendance des deux mouvements et donc une marche non perturbée de la montre lorsque le chronographe est en fonction. Cette indépendance cependant se fait au prix d'un système compliqué faisant appel notamment à un double barillet.

[0006] La présente invention remédie à cet état de fait. En effet la pièce d'horlogerie qu'elle propose, en plus qu'elle obéit à ce qui est exposé au premier paragraphe de cette description est originale en ce que les premier et second rouages sont entraînés à partir d'une seule source d'énergie.

[0007] L'invention va être expliquée maintenant en détail ci-dessous par un mode d'exécution donné à titre d'exemple non limitatif, cette exécution étant illustrée par les dessins annexés dans lesquels :
  • la figure 1 est une vue générale en plan de la pièce d'horlogerie exécutée selon la présente invention,
  • la figure 2 est une vue en perspective de la partie essentielle du mécanisme réalisé selon l'invention et incorporé dans la pièce d'horlogerie,
  • la figure 3 est une coupe dans la source d'énergie alimentant la pièce d'horlogerie selon l'invention, cette source d'énergie étant en prise d'une part avec le rouage de la montre et d'autre part avec le rouage du chronographe,
  • la figure 4 est une vue en perspective du rochet d'armage qui équipe la source d'énergie de l'invention, et
  • la figure 5 est une vue en perspective du rochet d'entraînement du chronographe qui équipe la source d'énergie de l'invention.


[0008] La pièce d'horlogerie 1 des figures 1 et 2 est composée d'un chronographe dont les aiguilles 2 et 3 sont entraînées par un premier rouage 4 entraînant à son tour un premier résonateur 5. En particulier et comme le montre la figure 1, le chronographe pris ici en exemple, est équipé d'une aiguille trotteuse 2 et d'une aiguille 3 équipant un compteur de minutes rétrograde. Les aiguilles 2 et 3 sont entraînées par le premier rouage 4 montré en figure 2 où l'aiguille trotteuse 2, non représentée, est montée sur le mobile de seconde 21 faisant partie de ce premier rouage 4. Le compteur de minutes entraînant l'aiguille rétrograde 3 n'est pas représenté au dessin, mais est lié d'une manière connue au premier rouage 4. Ce premier rouage 4 entraîne à son tour et en fin de parcours un premier résonateur 5. Ce résonateur comporte un balancier-spiral 22 sur l'axe duquel est fixé un plateau 23 muni d'une cheville actionnée par une ancre 24 coopérant avec une roue d'échappement 25 entraînée par la dernière roue 50 du rouage 4.

[0009] La pièce d'horlogerie des figures 1 et 2 comporte également une montre dont les aiguilles 6 et 7 sont entraînées par un second rouage 8, indépendant du premier rouage 4, ce second rouage 8 entraînant à son tour un second résonateur 9. En particulier et comme le montre la figure 1, la montre prise ici en exemple est équipée d'une aiguille de minute 6 et d'une aiguille d'heure 7. Les aiguilles sont entraînées par le second rouage 8 montré en figure 2. Lesdites aiguilles sont emmanchées de manière connue, mais non représentée sur la figure 2, sur un pignon de centre 26, ce pignon formant le premier mobile du second rouage 8. Ce second rouage 8 entraîne à son tour et en fin de parcours un second résonateur 9. Ce résonateur comporte un balancier-spiral 27 sur l'axe duquel est fixé un plateau 28 muni d'une cheville actionnée par une ancre 29 coopérant avec une roue d'échappement 30 entraînée par la dernière roue 31 du rouage 8.

[0010] Selon la caractéristique principale de la présente invention, les figures 1, 2 et 3 montrent clairement que les premier et second rouages 4 et 8 sont entraînés à partir d'une seule source d'énergie 10, ce qui distingue la présente invention du dispositif EP1333345 précédemment cité, où les rouages de chronographe et de montre sont entraînés chacun par une propre source d'énergie.

[0011] En particulier, dans la pièce d'horlogerie prise ici en exemple, la source d'énergie est un barillet 10 tournant librement autour d'un arbre 11, ce barillet 10 contenant un ressort moteur 12 comme le montre bien la figure 3. L'arbre 11 pivote entre une platine 44 et un pont 45.

[0012] Le barillet 10 porte de façon habituelle une roue de couronne 13 en prise directe avec le pignon de centre 26 départ du second rouage 8 entraînant le mécanisme de la montre. On peut imaginer faire partir également de cette roue de couronne 13 le premier rouage entraînant le mécanisme du chronographe auquel cas la caractéristique principale de la présente invention serait également satisfaite, à savoir entraîner les premier et second rouages 4 et 8 à partir d'un barillet unique. Dans cette configuration en effet, la mise en fonction du chronographe n'affecte en rien la marche de la montre car le rouage du chronographe n'est pas disposé en dérivation du rouage de la montre. Cette solution non décrite ici dans le détail, nécessite l'utilisation d'un embrayage déconnectant du barillet le rouage du chronographe quand ce dernier se trouve à l'arrêt.

[0013] On va décrire maintenant une solution originale permettant l'entraînement direct des premier et second rouages 4 et 8 par le barillet de construction particulièrement simple et qui évite l'utilisation de l'embrayage cité au paragraphe ci-dessus. On se référera pour cela plus particulièrement aux figures 3, 4 et 5.

[0014] Comme le montre la coupe de la figure 3, le barillet 10 porte une roue de couronne 13 en prise avec le second rouage 8. Le premier mobile de ce second rouage est le pignon de centre 26 sur lequel sont emmanchées une chaussée 32 portant l'aiguille des minutes 6 et une roue à canon 33 portant l'aiguille des heures 7. Le barillet 10 contient le ressort moteur 12 et tourne librement autour de l'arbre 11. Un premier ensemble 14 (voir aussi figure 4) composé d'un rochet d'armage 15 et d'une roue à dents de loup 16 est solidaire de l'arbre 11 et y est fixé au moyen d'une vis 34. Le rochet d'armage 15 permet le remontage du ressort 12 et se trouve donc lié à un mécanisme de remontage qui n'est pas représenté au dessin. Le barillet porte encore un second ensemble 17 (voir aussi figure 5) disposé entre le premier ensemble 14 et le barillet 10. Ce second ensemble tourne librement autour de l'arbre 11 et présente un rochet entraîneur 18 et au moins un cliquet 19 (ici deux cliquets 19 sont utilisés) coopérant avec les dents 20 que présente la roue à dents de loup 16. Des ressorts 38 appuient les cliquets 19 sur la roue à dents de loup 16. Le rochet entraîneur 18 est en prise avec le premier rouage 4, en l'occurrence avec le premier mobile 37 de ce premier rouage comportant un pignon 35 et une roue 36.

[0015] Le dispositif qui vient d'être décrit fonctionne de la façon suivante :

On remonte le ressort 12 de barillet 10 par la couronne 43 équipant le mécanisme de remontoir. Le premier ensemble 14 comprenant le rochet d'armage 15 et la roue à dents de loup 16 tourne dans le sens antihoraire. Lors de cette opération le second ensemble 17 comprenant le rochet entraîneur 18 et les cliquets 19 est maintenu immobile par un frein (non représenté au dessin) empêchant la roue de centre 40 appartenant au mobile de seconde 21 de tourner. Les cliquets 19 sautent sur les dents 20 de la roue à dents de loup 16 et aucun couple n'est imparti au rochet entraîneur 18. Pendant l'opération de remontage et après cette opération le ressort est armé de sorte que la roue de couronne 13 du barillet 10 tourne dans le sens antihoraire et entraîne le pignon de centre 26 de la montre dans le sens horaire et avec lui les aiguilles d'heure et de minute qui lui sont liées.



[0016] Lorsqu'on enclenche le chronographe on libère le frein agissant sur la roue de centre 40 dudit chronographe. Sous l'effet du ressort 12 de barillet 10, la roue à dents de loup 16 se met à tourner dans le sens horaire, c'est-à-dire dans le sens opposé à celui qu'elle avait lors du remontage. De ce fait les cliquets 19 sont pris par la denture de la roue à dents de loup 16 ce qui conduit le rochet entraîneur 18 à tourner dans le sens horaire et à entraîner le premier rouage 4 du chronographe. Le mobile de seconde 21 lié au rouage 4, va aussi tourner dans le sens horaire par l'interposition du mobile 37 composé du pignon 35 et de la roue 36.

[0017] Ainsi de la description qui vient d'être donnée, on a compris que les rouages 4 et 8 respectivement relatifs au chronographe et à la montre sont totalement indépendants l'un de l'autre et que la marche ou l'arrêt du chronographe n'a aucune influence sur la précision de marche de la montre. Tout au plus le fonctionnement du chronographe diminue-t-il la réserve de marche de la pièce d'horlogerie.

[0018] On s'est abstenu dans la description ci-dessus d'exposer comment se réalisent la mise en marche, l'arrêt et la remise à zéro des aiguilles du chronographe qui sont connus de l'homme du métier. En particulier on utilise couramment pour ces fonctions une roue à colonnes ou une came dont la description peut être lue dans l'ouvrage « Le Chronographe » cité dans le préambule de ce document. De même, le chronographe peut présenter un seul poussoir permettant le démarrage, l'arrêt et la remise à zéro de sa trotteuse ou deux poussoirs comme représentés sur la figure 1 où le poussoir de droite 41 permet le démarrage et l'arrêt des aiguilles 2 et 3 et où le poussoir de gauche 42 permet la remise à zéro des mêmes aiguilles.

[0019] La pièce d'horlogerie qui vient d'être décrite comporte deux résonateurs 5 et 9. Généralement le résonateur 9 de la montre est dimensionné de telle façon que son balancier 27 exécute 18'000 alternances à l'heure ce qui conduit à un affichage au 1 /5 de seconde. Le résonateur 5 du chronographe peut être dimensionné de telle façon que son balancier 22 exécute 36'000 alternances à l'heure ce qui permet un affichage au 1 /10 de seconde pour la trotteuse du chronographe. Ainsi on peut profiter de la présence des deux résonateurs distincts pour faire osciller le résonateur du chronographe à une fréquence plus élevée que la fréquence du résonateur de la montre.


Revendications

1. Pièce d'horlogerie (1) comprenant un chronographe dont les aiguilles (2, 3) sont entraînées par un premier rouage (4) entraînant à son tour un premier résonateur (5) et une montre dont les aiguilles (6, 7) sont entraînées par un second rouage (8) indépendant du premier, ce second rouage entraînant à son tour un second résonateur (9), caractérisée en ce que les premier (4) et second (8) rouages sont entraînés à partir d'une seule source d'énergie (10).
 
2. Pièce d'horlogerie selon la revendication 1, caractérisée en ce que la source d'énergie est un barillet (10) tournant librement autour d'un arbre (11), ce barillet contenant un ressort moteur (12).
 
3. Pièce d'horlogerie selon la revendication 2, caractérisée en ce que le barillet (10) porte une roue de couronne (13) en prise avec le second rouage (8) et qu'un premier ensemble (14) composé d'un rochet d'armage (15) et d'une roue (16) à dents de loup est solidaire de l'arbre (11) du barillet (10), un second ensemble (17) étant disposé entre le premier ensemble (14) et le barillet (10), ce second ensemble (17) tournant librement autour dudit arbre (11) et présentant un rochet entraîneur (18) en prise avec le premier rouage (4) et au moins un cliquet (19) articulé sur ledit rochet entraîneur (18), ce cliquet (19) coopérant avec les dents (20) que présente la roue (16) à dents de loup.
 
4. Pièce d'horlogerie selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisée en ce que le premier résonateur (5) présente une fréquence plus élevée que la fréquence du second résonateur (9).
 




Dessins













Rapport de recherche










Références citées

RÉFÉRENCES CITÉES DANS LA DESCRIPTION



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Documents brevets cités dans la description




Littérature non-brevet citée dans la description