[0001] La présente invention concerne un élément de timonerie de frein, couramment dénommé
triangle de frein, pour véhicule ferroviaire.
[0002] La dénomination "triangle de frein" provient de ce que cet élément de timonerie de
frein a la forme d'un triangle isocèle.
[0003] On a représenté sur la figure 1 en perspective de dessous un bogie 1 pour wagon de
marchandise selon l'art antérieur. Il comprend deux essieux 2 dont les extrémités
sont reçues dans des boîtes d'essieux 3, celles-ci étant montées sur la structure
du bogie. Cette structure comprend de manière classique deux longerons 4 qui s'étendent
dans le sens longitudinal (c'est-à-dire le sens de déplacement du wagon), deux traverses
de tête 5, 6 et une traverse pivot 7 qui s'étendent dans le sens transversal entre
les longerons 4. La traverse pivot 7 comporte dans sa partie centrale supérieure (non
visible sur la figure) une crapaudine destinée à recevoir un point d'appui du wagon.
[0004] Le bogie 1 comporte également des longeronnets 8 qui s'étendent dans le sens longitudinal
entre les longerons 6 et qui servent notamment de support à une timonerie de frein.
Il n'est pas nécessaire ici de détailler tous les éléments de cette timonerie. Il
suffit de noter qu'elle comprend, dans le mode de réalisation représenté, quatre éléments
de frein, dénommés triangles de frein 9. Les triangles de frein 9 sont des pièces
mécaniques permettant de transmettre les efforts appliqués à la tête des triangles
aux semelles de frein par l'intermédiaire des tourillons. Ainsi, lorsqu'ils sont actionnés
par la timonerie, ces triangles de frein 9, induisent un déplacement des sabots de
frein 10, ce qui provoque un freinage s'ils sont appliqués contre la roue et une absence
de freinage s'ils sont éloignés de la roue.
[0005] Traditionnellement, les différentes pièces constituant un triangle de frein 9 sont
sertis ou mécano-soudés. On a donc représenté en perspective sur les figures 2 et
3 un triangle de frein 9 du bogie 1, selon l'art antérieur, respectivement obtenu
par sertissage et par mécano-soudure.
[0006] Ainsi, en référence à la figure 2, les côtés de ce triangle forment des bras de traction
11 et la base un bras de compression ou de renfort 12. Les bras de traction 11 viennent
généralement de matière à partir d'une tige qui est coudée dans sa partie centrale.
Au sommet du triangle, une tête 13 destinée à être reliée à la timonerie est prévue.
Elle est soudée au niveau du coude de la tige. Les deux autres angles du triangle
comprennent une pièce de liaison 14 en Y dont les branches reçoivent une extrémité
d'un bras de traction 11 et une extrémité du bras de compression ou de renfort 12,
ces bras étant fixés par sertissage. Le pied du Y de la pièce de liaison 14 est pourvu
d'une bague 15 destinée à recevoir un sabot de frein 10.
[0007] De même, en référence à la figure 3, les côtés de ce triangle forment des bras de
traction 16 et la base un bras de compression ou de renfort 17. Les bras de traction
16 viennent généralement de matière à partir d'une barre de section globalement rectangulaire
présentant un coude dans sa partie centrale et traditionnellement obtenue par usinage.
Au sommet du triangle, une tête 18 destinée à être reliée à la timonerie est prévue.
Elle comporte une fente verticale médiane dont la largeur est légèrement supérieure
à la largeur de la barre, ladite fente permettant la mise en place de la tête 18 sur
ladite barre au niveau de son coude. La tête 18 est ensuite solidarisée sur la barre
par soudure. Les extrémités libres des bras de traction 16 sont solidarisées par soudage
au voisinage des extrémités du bras de compression ou de renfort 17 de manière à former
un triangle isocèle. Chaque extrémité du bras de compression ou de renfort 17 est
pourvue d'une bague 19 destinée à recevoir un sabot de frein 10. En outre, pour des
questions de rigidité, le triangle de frein 9 comporte des renforts et notamment un
renfort central 20 soudé entre le milieu du bras de compression ou de renfort 17 et
le coude de la barre formant les bras de traction 16.
[0008] On comprend bien que la fabrication de ces triangles de frein 9 est coûteuse en raison
du nombre de pièces et du nombre de sertissages et de soudures à réaliser. Par ailleurs,
contrairement aux sertissages qui ne servent qu'à maintenir les pièces entre elles,
les soudures participent entièrement à la résistance du triangle et doivent donc être
particulièrement soignées, ce qui a pour incidence d'accroître le coût de fabrication
de ces triangles de frein 9.
[0009] L'invention a pour but de remédier à ces inconvénients en proposant un triangle de
frein de type mécano-soudé plus simple à fabriquer notamment par usinage, pour lequel
les soudures ne sont plus sollicitées mécaniquement. Cette disposition permet d'avoir
un minimum de soudure à réaliser et par conséquent de réduire significativement le
coût de fabrication.
[0010] A cet égard, la présente invention a pour objet un élément de timonerie de frein,
couramment dénommé triangle de frein, pour véhicule ferroviaire comprenant une tête
destinée à être reliée à une timonerie, deux bras de traction, un bras de compression
ou de renfort et deux tourillons destinés à recevoir un sabot de frein, lesdits bras
de traction et de compression ou de renfort constituant un voile en forme générale
de triangle isocèle ayant comme base par le bras de compression ou de renfort, cet
élément de frein étant remarquable en ce que les bras de traction et le bras de compression
ou de renfort sont issus de matière et en ce que la tête et les deux tourillons sont
encastrés à chacun des sommets dudit voile puis solidarisés par des cordons de soudure,
les cordons de soudure ne servant qu'au maintien en position de la tête et des deux
tourillons.
[0011] En d'autres termes, l'élément de timonerie de frein selon l'invention est remarquable
en ce que le voile est obtenu d'une seule pièce et en ce que les cordons de soudures
ne sont pas sollicités mécaniquement.
[0012] Selon un mode de réalisation préféré, le voile est réalisé par usinage.
[0013] On décrira ci-après à titre d'exemple non limitatif, une forme d'exécution de la
présente invention, en référence aux dessins annexés sur lesquels :
- la figure 1, déjà décrite, représente en perspective de dessous un bogie de wagon
de marchandise, selon l'art antérieur, comprenant deux essieux et une timonerie de
frein,
- la figure 2, déjà décrite, illustre en perspective d'une première variante de réalisation
d'un triangle de frein du bogie de la figure 1,
- la figure 3, déjà décrite, illustre en perspective d'une deuxième variante de réalisation
d'un triangle de frein du bogie de la figure 1,
- la figure 4 représente une vue en perspective éclatée d'un triangle de frein selon
l'invention,
- la figure 5 représente une vue en perspective du triangle de frein de la figure 4.
[0014] On a représenté en perspective sur les figures 4 et 5 un élément de timonerie de
frein 30, désigné par la suite triangle de frein, selon l'invention.
[0015] Ledit triangle de frein 30 comprend deux bras de traction 31 et un bras de compression
ou de renfort 32.
[0016] Les bras de traction 31 sont reliés, d'une part, l'un à l'autre par une première
extrémité, reliée en outre à une tête 33 et, d'autre part, au bras de compression
ou de renfort par leur deuxième extrémité, lesdits bras de traction 31 et de compression
ou de renfort 32 constituant alors un voile 34 en forme générale de triangle isocèle
ayant comme base par le bras de compression ou de renfort 32.
[0017] Comme représenté sur les figures 4 et 5, le voile constitué par les bras de traction
31 et le bras de compression ou de renfort 32 est issu de matière et est donc formé
d'une seule pièce. Cette pièce est avantageusement de forme plane et obtenue par découpage
ou usinage dans une plaque.
[0018] L'homme du métier n'aura aucune difficulté pour déterminer la matière, l'épaisseur
e et les largeurs
l,
l' de ce voile 34 en fonction des paramètres tels que poids, rigidité, résistance mécanique
etc... qui lui sont imposés. La longueur L, c'est-à-dire la dimension de la base du
triangle, est en général imposée par la dimension du bogie.
[0019] Les sommets du voile 34 communs aux bras de traction 31 et de compression ou de renfort
32 sont destinés à coopérer avec un sabot de frein. A cette fin, le triangle de frein
30 comprend à chacun desdits sommets un tourillon 35. Chaque tourillon 35 est encastré
à un sommet du voile 34 selon un mode tenon-mortaise, et comporte pour cela un tenon
36 venant s'engager dans une fente 37 réalisée au droit de chacun desdits sommets.
Comme représenté sur la figure 5, le tenon 36 de chaque tourillon 35 est plus large
que l'épaisseur
e du voile 34 ainsi les tourillons 35 peuvent donc être solidarisés au voile 34 par
des cordons de soudures réalisés le long de la partie de leur tenon 36 dépassant de
part et d'autre du voile 34. Avec cette configuration, on comprend bien que les cordons
de soudures ne servent qu'au maintien des tourillons 35 et que les contraintes mécaniques
ne sont reprises que par l'encastrement tenon-mortaise. Cela a pour effet de permettre
de réaliser des cordons moins résistants et donc moins coûteux.
[0020] Une bague 38 est ensuite fixée sur chaque tourillon 35 pour recevoir un sabot de
frein.
[0021] De manière similaire, la tête 33 est de préférence encastrée sur le sommet du voile
34 commun aux deux bras de traction 31. Pour cela, la tête 33 est pourvue d'une fente
39, comme représenté sur la figure 4, dans laquelle ledit sommet du voile 34 vient
s'engager de préférence perpendiculairement à la direction de l'effort de traction.
[0022] A la lumière de la figure 1, on comprend bien que l'effort de traction agissant sur
le triangle de frein 30 est celui qui tend à serrer les sabots de frein 10 sur les
roues de l'essieu 2. Par conséquent, il s'agit d'une force qui tend à déplacer le
triangle de frein 30 dans le plan dudit triangle de frein 30 et suivant une direction
perpendiculaire au bras de compression ou de renfort 32.
[0023] Par ailleurs, la tête 33 est avantageusement plus large que l'épaisseur
e du voile 34 de sorte que, lorsque la tête 33 est en place sur le voile 34, cette
dernière dépasse de part et d'autre dudit voile 34. Ensuite pour solidariser la tête
33 au voile 34, on referme la fente 39 avec un élément 40 globalement parallélépipédique,
comme représenté sur la figure 5, en soudant ledit élément 40 à la fois sur la tête
33 et le voile 34. Avec cette configuration, on comprend bien que les cordons de soudures
ne servent qu'au maintien de la tête 33 et que les contraintes mécaniques ne sont
reprises que par l'encastrement de ladite tête 33 sur le voile 34. Cela a pour effet
de permettre de réaliser des cordons moins résistants et donc moins coûteux.
[0024] La tête 33 comporte en outre un orifice 41 destiné à recevoir un organe de commande
de la timonerie.
[0025] Le mode de montage par encastrement est particulièrement intéressant car il permet
un emboîtage des pièces, ce qui facilite notamment leur mise en position avant soudage.
[0026] L'homme du métier n'aura aucune difficulté pour déterminer les dimensions des fentes
37, 39 respectivement du voile 34 et de la tête 33 pour que les encastrements soient
sans jeu afin de ne pas solliciter mécaniquement les différents cordons de soudures.
[0027] Il va de soi que le procédé pour le maintien en position des différents éléments
constitutifs du triangle de frein 30 peut être de tout autre type connu, tel que,
par exemple, du collage, sans pour autant sortir du cadre de l'invention.
[0028] Enfin, il va de soi que la présente invention, n'est pas limitée aux variantes d'exécution
décrites ; mais elle peut être modifiée ou adaptée en fonction des besoins ou des
exigences particulières, sans pour autant sortir du cadre de l'invention.
1. - Elément de timonerie de frein (30), couramment dénommé triangle de frein, pour véhicule
ferroviaire comprenant une tête (33) destinée à être reliée à une timonerie, deux
bras de traction (31), un bras de compression ou de renfort (32) et deux tourillons
(35) destinés à recevoir un sabot de frein, lesdits bras de traction (31) et de compression
ou de renfort (32) constituant un voile (34) en forme générale de triangle isocèle
ayant comme base par le bras de compression ou de renfort (32), caractérisé en ce que les bras de traction (31) et le bras de compression ou de renfort (32) sont issus
de matière et en ce que la tête (33) et les deux tourillons (35) sont encastrés à chacun des sommets dudit
voile (34) puis immobilisés par des cordons de soudure, les cordons de soudure ne
servant qu'au maintien en position de la tête (33) et des deux tourillons (35).
2. - Elément de timonerie de frein (30) selon la revendication 1, caractérisé en ce que le voile (34) est formé d'une seule pièce obtenue par découpage ou usinage dans une
plaque.
3. - Elément de timonerie de frein (30) selon l'une des revendications 1 ou 2, caractérisé en ce que l'encastrement des tourillons (35) sur le voile (34) est de type tenon-mortaise.
4. - Elément de timonerie de frein (30) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que le voile (34) comporte une fente (37) réalisée au droit de chacun des sommets communs
aux bras de traction (31) et au bars de compression ou de renfort (32).
5. - Elément de timonerie de frein (30) selon la revendication précédente, caractérisé en ce que chaque tourillon (35) comporte un tenon (36) apte à coopérer avec la fente (37) du
voile (34).
6. - Elément de timonerie de frein (30) selon la revendication précédente, caractérisé en ce que le tenon (36) dépasse de part et d'autre du voile (34), lorsqu'il est encastré sur
ledit voile (34).
7. - Elément de timonerie de frein (30) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la tête (33) comporte une fente (39) dans laquelle le sommet du voile (34) commun
aux deux bras de traction (31) vient s'engager perpendiculairement à la direction
de l'effort de traction.
8. - Elément de timonerie de frein (30) selon la revendication 7, caractérisé en ce que la tête (33) est plus large que l'épaisseur e du voile (34) de sorte que, lorsque le voile (34) est en place dans la fente (39)
de ladite tête (33), cette dernière dépasse de part et d'autre dudit voile (34).
9. - Elément de timonerie de frein (30) selon l'une quelconque des revendications 7 ou
8, caractérisé en ce que, pour immobiliser la tête (33) sur le voile (34), on referme la fente (39) avec un
élément (40).
10. - Elément de timonerie de frein (30) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que la tête (33) comporte en outre un orifice (41) destiné à recevoir un organe de commande
de la timonerie.
11. - Elément de timonerie de frein (30) selon l'une quelconque des revendications précédentes,
caractérisé en ce que les tourillons (35) comportent une bague (38) pour recevoir un sabot de frein.